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  • EHDS : un calendrier de 2 à 6 ans et 800 M€ pour la mise en application du nouveau règlement

    Libérer le potentiel des données de santé

    Présenté le 25 avril par Hela Ghariani, déléguée au numérique en Santé​, Emilie Passemard et Isabelle Zablit, directrices de projets à la DNS, et Fulvia Raffaelli, responsable de l’unité santé numérique de la direction générale de la santé de la Commission européenne ,  le règlement européen EHDS est un aboutissement de deux années de concertation et construction au sein des 27 pays de l’Union Européenne.

    Fulvia Raffaelli a tenu à rappeler que le règlement s’inscrit dans le cadre de la décennie numérique européenne et vise plusieurs objectifs clés : “Les espaces européens sectoriels de données visent à créer un marché unique de grande taille dans l’UE”. Selon elle, cette initiative est cruciale pour faciliter l’accès aux données de santé pour les citoyens, en permettant leur stockage dans tous les pays européens, mais pour les chercheurs en santé publique. Il s’agit d’un “accès direct, gratuit et facile au dossier médical électronique”. Pour mieux répondre aux besoins de leurs patients, Fulvia Raffaelli a également mis en avant le besoin des professionnels de santé d’accéder à des données de haute qualité et les plus complètes possibles. Elle a enfin souligné la nécessité d’encadrer et d’harmoniser ces échanges de données conformément aux règles européennes en matière de protection des données et de droit de la concurrence.

    Bénéfices attendus :

    ➡️ pour les patients, le règlement relatif à l’EHDS promet une meilleure prise en charge transfrontalière et un contrôle renforcé sur leurs données de santé ;

    ➡️ pour les professionnels, il simplifie l’accès aux dossiers médicaux, facilite la recherche grâce à une disponibilité accrue des données, et favorise l’innovation en simplifiant l’accès au marché européen.

    Points clés du règlement relatif à l’EHDS

    • Partage des données en Europe et droits des patients :

    Dans le cadre du partage des données en Europe et des droits des patients, plusieurs mesures sont mises en place pour faciliter l’accès des citoyens à leurs données de santé et améliorer la qualité de la prise en charge transfrontalière des patients. Ces mesures incluent notamment un accès direct aux dossiers médicaux, le droit d’opposition au traitement des données, ainsi que des règles de localisation des données. De plus, les professionnels de santé bénéficieront d’un accès simplifié aux données des patients, avec des catégories minimales de données partagées à l’échelle de l’UE, et ce via un point de contact national (dénommé H-DAB) .

    Avec 13 États membres déjà impliqués et la France connectée à 9 pays de l’UE pour l’échange de données médicales ( via le service Sesali et l’infrastructure européenne MyHealth@EU : Espagne, Luxembourg, Portugal, République Tchèque, Croatie, Estonie, Malte et Lettonie), ce réseau devrait s’étendre à 30 pays d’ici 2030.

    • Construction d’un marché unique des DPI :

    Les premiers chapitres du règlement se concentrent sur deux éléments : l’interopérabilité et la traçabilité des accès. Ces critères définissent qui peut se connecter, pour quelle raison et à quel moment il peut le faire. Ainsi, pour pénétrer le marché de l’UE, les éditeurs de logiciels doivent garantir que leurs produits respectent ces normes. Cette conformité est évaluée via une procédure d’autocertification des logiciels de dossier patient informatisé (DPI), des dispositifs médicaux et des intelligences artificielles (IA) liés à ces systèmes.

    • Accélération de l’usage secondaire des données à l’échelle européenne : 

    Les données de santé détenues par les acteurs du secteur de la santé et du médicosocial doivent être rendues accessibles pour une réutilisation secondaire. Cela passe par

    • la connaissance des données disponibles par les utilisateurs à travers des catalogues de données décrites par les détenteurs,
    • le maintien des procédures d’accès nationales existantes ;
    • le respect des conditions réglementaires pour la réutilisation des données.

    Le règlement EHDS prévoit, par ailleurs, la création d’un nouveau rôle de régulateur dans chaque État membre, chargé de superviser l’accès aux données de santé et de contrôler leur réutilisation.

    De plus, une infrastructure technique sera mise en place à l’échelle européenne pour faciliter le partage des données.

    • Gouvernance européenne renforcée sur les enjeux du numérique en santé :

    Le règlement renforce la gouvernance européenne et nationale pour le numérique en santé, en exigeant la création d’autorités nationales compétentes dans chaque État membre pour superviser son application. Il remplace le réseau “eHealth Network” par un comité de l’EHDS, où les parties prenantes seront impliquées dans la prise de décision. Pour une collaboration efficace entre les États membres et les parties prenantes, cette gouvernance associera :

    • un comité de l’EHDS ;
    • un forum des parties prenantes ;
    • des comités de pilotage ;
    • et la Commission européenne.

    Préparer l’écosystème pour l’application du règlement

    Hela Ghariani souligne que le règlement EHDS entrera en vigueur à l’automne 2024, avec une mise en application étalée sur deux à six ans. En France, il s’appuiera sur les pratiques existantes pour l’utilisation primaire et secondaire des données de santé, d’où l’importance, selon la déléguée au numérique en Santé​, de se préparer en capitalisant sur les acquis actuels. Les préoccupations concernant l’accès restreint aux données de santé ont été portées à l’attention de la Commission européenne. Les établissements bénéficieront d’une protection proportionnelle au niveau de risque, dans le cadre des mesures de cybersécurité.

    Les dates clés du calendrier :

    • Entrée en vigueur du règlement en Automne 2024, puis entrée en application progressive
    • + 2 ans pour les actes d’exécutions adoptés par la Commission Européenne,
    • + 4 à 6 ans pour les articles relatifs à l’usage primaire des données de santé (MyHealth@EU)
    • + 4 ans pour les articles relatifs à l’utilisation secondaire des données (HealthData@EU)
    • + 6 ans pour la certification des dossiers médicaux électroniques
    • + 2 ans pour les autres dispositions.

    L’EHDS, qui représente un pilier crucial de la souveraineté numérique de l’Europe en matière de santé, vise ainsi à offrir une impulsion européenne aux initiatives nationales. Ses enjeux stratégiques étant considérables, son application au niveau des États membres se construira avec les différents acteurs de l’écosystème de la santé.

     

     

  • IA et cancer : deux annonces majeures, fruit de la collaboration entre Intrasense et Guerbet

     

    L’IA prostate de Guerbet intégrée dans les solutions Intrasense

    L’intégration de l’Intelligence Artificielle (IA) prostate de Guerbet dans les solutions Intrasense représente une avancée majeure dans la collaboration entre ces deux acteurs. François Nicolas, senior vice-président R&D et Innovation et chief digital officer du groupe Guerbet, explique : “Notre IA prostate est le premier algorithme développé par nos équipes à bénéficier de la pleine synergie issue de notre rapprochement avec Intrasense. La combinaison de la pertinence médicale de notre IA et de l’ergonomie de Myrian permet de commercialiser une solution unique qui offre aux radiologues une aide au diagnostic et un gain d’efficience pour ce cancer très fréquent”.

    Des diagnostics plus performants du cancer de la prostate :

    Avec 1,4 million de nouveaux cas chaque année dans le monde selon une étude*, le cancer de la prostate est le deuxième cancer le plus répandu chez les hommes. L’IRM joue un rôle crucial dans sa détection et son suivi, mais son analyse reste complexe pour les radiologues. L’IA intégrée à la routine clinique permet de gagner en performance diagnostique en segmentant automatiquement la prostate pour fournir son volume, simplifier le calcul de la densité du PSA (antigène spécifique de la prostate) et mettre en évidence des zones suspectes grâce à une carte de probabilité.

    Myrian 2.12 s’enrichit de nouvelles fonctionnalités

    Par ailleurs, Myrian 2.12 enrichit son portefeuille d’IA avec Veolity LungCad et Icobrain. L’IA de détection des lésions pulmonaires appelée Veolity LungCAD, développée par MeVis Medical Solutions AG, est intégrée nativement à l’application dédiée aux nodules pulmonaires, fournissant aux cliniciens une technologie de pointe. L’IA Icobrain, développée par Icometrix, permet une quantification précise des structures cérébrales, ouvrant des possibilités dans le domaine de la neurologie diagnostique.

    Le CE pour accélérer le déploiement au niveau international :

    La certification CE de Myrian 2.12 permet sa commercialisation en Europe, renforçant ainsi la stratégie d’expansion d’Intrasense sur le marché européen et international. Cette certification facilite l’interprétation des examens d’imagerie médicale pour les radiologues, tout en renforçant la visibilité internationale grâce au partenariat avec Guerbet.

    DuOnco, nouvelle marque IA de Guerbet

    Enfin, DuOnco, la nouvelle marque commerciale d’intelligence artificielle de Guerbet, regroupe tous les algorithmes d’IA du groupe. Ces algorithmes seront intégrés au portefeuille produits d’Intrasense et pourront également être commercialisés de manière autonome auprès de partenaires.

     

     

    * Global Cancer Statistics 2020: Globocan Estimates of Incidence and Mortality Worldwide for 36 Cancers in 185 Countries

    Hyuna Sung , Jacques Ferlay , Rebecca L Siegel, Mathieu Laversanne, Isabelle Soerjomataram, Ahmedin Jemal , Freddie Bray.

    CA Cancer J Clin. 2021 May;71(3):209-249. doi: 10.3322/caac.21660. Epub 2021 Feb 4. PMID: 33538338.

     

  • Pathologie numérique : une avancée majeure pour le diagnostic au CHU de Nîmes

    Améliorer la précision des diagnostics

    La pathologie numérique implique la capture, la gestion, l’analyse et l’interprétation d’informations numériques à partir d’une lame de verre. C’est une technologie de pointe pouvant intégrer des algorithmes d’intelligence artificielle (IA). Le CHU de Nîmes espère en tirer plusieurs avantages, notamment :

    • l’amélioration de la précision du diagnostic : l’analyse des images numériques est plus précise que l’observation au microscope traditionnel, réduisant ainsi le risque d’erreurs médicales ;
    • la facilitation du partage des dossiers patients : les lames numérisées peuvent être facilement partagées entre professionnels de santé, favorisant la collaboration et permettant ainsi une prise en charge plus efficiente des patients ;
    • l’ouverture vers plus d’usages de l’IA: la numérisation des lames ouvre la voie à l’utilisation de l’IA pour l’analyser des images et l’assistance au diagnostic, promettant des avancées considérables dans le futur.

     

    Un environnement de travail plus attractif :

    Cette évolution au sein du CHU s’inscrit dans une démarche d’attractivité, visant particulièrement les jeunes pathologistes. La pathologie numérique offre, en effet, un environnement de travail plus dynamique, favorisant l’épanouissement professionnel et la recherche scientifique.

    Faciliter la prise en charge du cancer

    L’anatomie pathologique peut jouer un rôle essentiel dans le diagnostic et le suivi des patients atteints de cancer. Elle permet à l’hôpital :

    • de confirmer le diagnostic de cancer: en analysant les cellules prélevées lors d’une biopsie, l’anatomopathologiste peut déterminer s’il s’agit d’un cancer et de quel type il est, le cas échéant ;
    • de caractériser la tumeur: l’analyse des tissus permet de préciser le type de cancer, son stade d’évolution et ses caractéristiques agressives – des informations cruciales pour déterminer le traitement le plus adapté pour le patient ;
    • ainsi que d’évaluer la réponse au traitement : en analysant des biopsies effectuées après le traitement, l’anatomopathologiste peut évaluer l’efficacité du traitement et détecter une éventuelle progression de la maladie.

     

    Le CHU de Nîmes franchit une étape clé en adoptant la pathologie numérique, avec l’ambition d’offrir des soins de qualité.

  • ESMS : La Poste Santé & Autonomie lance sa messagerie sécurisée

    Accélérer la digitalisation des ESMS

    Souhaitant répondre “aux besoins de transformation numérique des établissements médico-sociaux”, la messagerie sécurisée de santé, proposée par La Poste Santé & Autonomie, est conforme au référentiel « opérateur MSSanté » de l’ANS. Solution clé en main, elle est commercialisée par les éditeurs de dossier usager informatisé (DUI) : des partenariats avec Evolucare et Arche MC2 permettront à de nombreux établissements d’y accéder facilement.

    Afin d’être aligné avec le Ségur du numérique, MonMailSanté permettrait aux ESMS :

    • de protéger les données sensibles de santé et sociales des usagers grâce à un hébergement souverain en France et conforme aux exigences réglementaires ;
    • de simplifier les échanges d’informations entre professionnels de santé et médico-sociaux grâce à trois types de boîtes aux lettres (BAL) adaptées aux besoins des établissements ;
    • de faciliter le travail des professionnels avec une intégration optimisée du DUI, une interface webmail et des outils d’administration intuitifs ;
    • ainsi que de s’approprier sereinement MSSanté avec une tarification attractive et un accompagnement par des experts de La Poste Santé & Autonomie et de ses partenaires.

     

    Une disponibilité dans plus de 8 000 ESMS

    Grâce à ses partenariats stratégiques avec des éditeurs majeurs de DUI, La Poste Santé & Autonomie met sa nouvelle solution à la disposition de plus de 8 000 ESMS. Elle souhaite par ce lancement confirmer son engagement auprès des acteurs du secteur médicosocial, à travers le soulagement de leurs difficultés en terme de sécurité des messageries.

    Pour ce faire, MonMailSanté propose :

    ➡️ 3 types de boîte aux lettres (BAL) au choix :

      • une BAL applicative pour automatiser l’envoi et intégrer des documents au DUI ;
      • une BAL organisationnelle pour s’adapter aux organisations, aux pratiques des professionnels et assurer une continuité de service ;
      • et une BAL personnelle pour les professionnels voulant disposer de leur propre boîte ;

    ➡️ une solution clé en main en mode saas (software as a service) pour un déploiement facilité ;

    ➡️ une simplicité de souscription, l’établissement souscrivant directement auprès de son éditeur de DUI ;

    ➡️ une intégration optimisée au DUI pour simplifier les usages des professionnels ;

    ➡️ la possibilité de mettre une interface de messagerie webmail pour utiliser la MSSanté à tout moment et en mobilité ;

    ➡️ une grille tarifaire adaptée aux contraintes budgétaires des établissements ;

    ➡️ une solution souveraine hébergée en France sur la plateforme HDS Maincare Hosting Services ;

    ➡️ une conformité aux exigences du Ségur garantie : la solution est référencée et l’API LPS en production ;

    ➡️ des outils d’administration permettant aux éditeurs puis aux établissements de gérer leurs BAL (ajouter ou supprimer l’accès d’un professionnel à une BAL organisationnelle par exemple).

     

  • Soins dentaires : 3 expérimentations « Art 51 » en Ehpad avec un usage limité des nouvelles technologies

    L’enjeu des soins dentaires chez les personnes âgées

    Alors que différentes études montrent qu’une part importante des personnes âgées hébergées en ESMS a un besoin de soins dentaires important, l’accessibilité à ces soins est rendue difficile en raison de leur situation de dépendance. Par ailleurs les professionnels peuvent ne pas porter suffisamment d’attention à cet aspect de la prise en charge, qui a pourtant une incidence sur la santé globale avec des risques de complication et d’hospitalisation.

    Deux projets expérimentaux ont été lancés en 2019 par les agences régionales de santé (ARS) de Bretagne et d’Auvergne-Rhône-Alpes pour répondre à ces difficultés en mobilisant des financements dérogatoires de l’article 51, pour une durée de 5 ans. L’ARS Centre-Val-de-Loire a lancé une troisième expérimentation en 2023 pour deux ans, bénéficiant de l’expérience des premières.

    Des unités odontologiques mobiles :

    Les projets sont portés par les fondations (Ildys en Bretagne et Texier-Gallas en Eure-et-Loir) avec l’appui de l’Union française de santé buccodentaire (UFSB) et par l’Union régionale des professions de santé (URPS) en Auvergne-Rhône-Alpes. Les publics concernés sont les personnes âgées hébergées en Ehpad, auxquels s’ajoutent, dans le Finistère et en Eure-et-Loir, les personnes en situation de handicap hébergées en foyer d’accueil médicalisé (FAM), institut médico-éducatif (IME) et maison d’accueil spécialisé (MAS).

    Les trois projets prévoyaient la création d’une unité odontologique mobile, installée dans un véhicule de type bus ou camion, se déplaçant auprès des établissements volontaires. L’aspect novateur de ces expérimentations consiste en l’utilisation des nouvelles technologies pour des soins de qualité (télémédecine, nanotechnologies).

    Plus de prévention buccodentaire :

    L’intervention de l’unité mobile est toujours précédée d’un temps de bilan par établissement pour connaître la situation buccodentaire des personnes hébergées. Des référents sont désignés dans chaque site parmi les infirmiers et agents de service hospitalier (ASH), qui sont formés à l’hygiène buccodentaire. Ils sont en charge du suivi et de l’accompagnement des soins, ainsi que de la mise en place des bonnes pratiques de prévention. Ces référents préparent la venue du bus en indiquant les soins nécessaires.

    Des difficultés à déployer la télémédecine

    Les soins sont prodigués par des praticiens, salariés à plein-temps au sein des associations, et par des dentistes libéraux qui se relaient dans le Puy-de-Dôme.

    L’expérimentation conduite dans le Puy-de-Dôme est la seule à utiliser les nouvelles technologies, avec l’aide du groupement régional d’appui au développement de la e-santé (Grades). Des caméras transmettent des images vers une plateforme, par messagerie sécurisée, pour une consultation asynchrone. Le chirurgien-dentiste dispose ainsi des informations pour préparer les soins nécessaires (diagnostic clinique et radiologique, soins conservateurs, adaptation des prothèses) qu’il exécutera ensuite lors du passage de l’unité mobile. La liaison avec le dossier médical personnel par messagerie sécurisée, initialement prévue, n’a pu être réalisée.

    La télétransmission des images abandonnée :

    Les expérimentations menées dans le Finistère et en Eure-et-Loir n’ont pas utilisé les technologies prévues. L’usage des caméras endobuccales, pour transmettre des images et préparer les soins, n’a pas été retenu en raison de la qualité insuffisante des images. L’aspect novateur du projet se limite donc au caractère mobile d’un cabinet dentaire parfaitement équipé dans un espace très limité. Le rapprochement entre le monde de la chirurgie-dentaire et les Ehpad peut être considéré comme innovant.

    Des financements dérogatoires

    Les projets ont reçu des financements du fonds pour l’innovation du système de santé (Fiss) et un soutien des collectivités pour l’achat du véhicule et du matériel de télémédecine.

    Les consultations et les actes réalisés par les chirurgiens-dentistes en itinérance bénéficient d’une majoration de 40 euros pour tenir compte des conditions particulières de leur exercice. L’acte de téléexpertise dans le Puy-de-Dôme est financé à hauteur de 23 euros.

    En Eure-et-Loir, il est demandé aux patients une participation forfaitaire aux soins de 10 euros par personne.

    Des premiers retours positifs malgré tout :

    Les premiers retours sur ces expérimentations sont positifs du point de vue de l’amélioration de la santé buccodentaire des personnes hébergées, qui ne bénéficiaient pas de soins réguliers jusque-là. L’utilisation des nouvelles technologies pour des soins plus efficients apparaît difficile à mettre en place. Une évaluation complète est prévue fin 2024 ou début 2025, avant une éventuelle généralisation.

    Cahiers des charges des expérimentations :

    Les cahiers des charges des expérimentations d’un service de soins bucco-dentaires mobile à destination des résidents d’Ehpad, dans le cadre de l’article 51, sont à retrouver sur les liens suivants :

    • pour l’Auvergne-Rhône-Alpes : ici.
    • pour la Bretagne : ici.
    • et pour le Centre-Val-de-Loir : ici.

     

  • Données de santé : lancement du premier entrepôt dédié aux maladies rares de l’œil

    Un projet issu d’un AAP France 2030

    S’il existe une prise en charge des rétinites pigmentaires, soit par des injections intravitréennes de corticoïdes retard ou de triamcinolone, soit par des injections d’anti-VEGF, ces deux classes thérapeutiques ont montré une efficacité qui reste cependant inconstante et toujours transitoire, car aucune thérapie ne peut pour le moment soigner complètement cette pathologie qui est une cause majeure de malvoyance. De plus, cette maladie rare est caractérisée par une grande hétérogénéité au niveau des phénotypes, des modes de transmission et des génotypes, ce qui empêche actuellement d’établir un diagnostic médical précis et donc de traiter la maladie en amont.

    Cependant, les outils d’intelligence artificielle (IA) peuvent offrir d’excellents résultats quant au diagnostic des maladies communes en ophtalmologie, grâce à une analyse par apprentissage profond (deep learning) de photographies du fond de l’œil. C’est dans ce contexte que l’Inserm porte son projet RaReTiA, lauréat de l’appel à projets France 2030 “accompagnement et soutien à la constitution d’entrepôts de données de santé hospitaliers”, qui a pour objectif de mettre en place le premier entrepôt de données de santé dédié à la maladie rare de l’œil. Lancé en septembre 2022 pour une durée de 4 ans, ce projet a permis le lancement de l’entrepôt de données de santé, FREDD (French Rare Eye Disease Database), le 9 avril 2024, après son autorisation par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil).

    L’IA pour trouver de nouveaux outils d’aide au diagnostic médical

    Compte tenu des récents résultats permis par l’IA en matière de diagnostic des maladies de l’œil, cet entrepôt de données de santé doit permettre de “favoriser la recherche sur les maladies rares de l’œil et en particulier les dystrophies héréditaires de la rétine”. Pour ce faire, l’entrepôt de données de santé FREDD va réutiliser les données de soins des patients atteints de maladies rares de l’œil qui sont collectées en routine par les centres de référence – de la filière de santé maladies rares SENSGENE (maladies rares sensorielles) – qui suivent ces patients.

    Les types de données qui vont être utilisés sont des données de patient non identifiantes, affirment l’Inserm et la filière SENSGENE. Leur réutilisation sera utile pour faire “des études épidémiologiques, dans le but d’améliorer le parcours de soins, la prise en charge des patients”, mais aussi pour “réaliser des projets de recherche utilisant notamment l’IA [intelligence artificielle] pour le développement d’outils d’aide au diagnostic médical”.

     

  • Hologramme 3D : un financement européen de 8,9 M€ pour le projet Holosurge

    Faciliter le travail des chirurgiens

    La technologie développée par la start-up norvégienne Holocare crée des hologrammes 3D en temps réel des organes du patient, permettant ainsi aux chirurgiens de planifier et de personnaliser avec précision les opérations en fonction de l’anatomie spécifique de chaque personne. La subvention de 8,9 millions d’euros servira à financer le développement de la technologie de l’hologramme 3D interactif d’HoloCare,  via le consortium HoloSurge.

    L’objectif est d’améliorer les taux de réussite des opérations du cancer du foie et du pancréas en s’appuyant sur des technologies innovantes et des approches multidisciplinaires. En donnant aux chirurgiens une meilleure perception de l’espace, ces derniers pourront effectuer des opérations plus efficaces et plus précises, ce qui permettra :

    • d’améliorer le temps d’attente, les résultats pour les patients et le bien-être des cliniciens ;
    • de réduire le risque de complications chirurgicales pour les patients ;
    • ainsi que d’améliorer leurs résultats globaux en améliorant les perceptions spatiales des chirurgiens.

     

    La technologie a été initialement testée pour les opérations du foie dans cinq hôpitaux en Europe, dont le Leeds Teaching Hospitals NHS Trust, dans le cadre du projet HoloSurge. Jusqu’à présent, ces essais ont montré une réduction de 74 % du temps nécessaire pour aligner les organes pendant l’opération avec les images AR d’HoloCare, par rapport aux scanners IRM.

    La technologie est fournie par l’intermédiaire de casques de réalité augmentée. Elle permet aux chirurgiens de déplacer, de faire pivoter et d’agrandir l’hologramme afin d’obtenir une vue d’ensemble d’un organe. De plus, toute personne portant le casque peut accéder à l’hologramme et interagir avec lui, même si elle ne se trouve pas physiquement dans la pièce avec le patient.

    Holocare, une entreprise à la pointe de la technologie des hologrammes

    La pierre angulaire du projet consiste à tirer parti de la technologie interactive d’hologrammes d’organes en 3D d’HoloCare pour améliorer la planification et l’exécution des opérations chirurgicales. En exploitant la puissance de l’imagerie holographique, les chirurgiens obtiennent des informations inégalées sur les structures anatomiques uniques des patients, ce qui facilite une prise de décision éclairée et des interventions chirurgicales précises.

    Pendant 4 ans, les partenaires du projet HoloSurge soutiendront l’intégration de cette technologie dans les flux de travail chirurgicaux existants. Le projet assurera également :

    • la conformité réglementaire ;
    • la validation clinique ;
    • l’optimisation technique en vue d’une adoption généralisée dans les chirurgies du cancer du foie et du pancréas.

     

    Pour les membres d’HoloSurge, la fusion des sources de données disponibles (tomodensitométrie, imagerie par résonance magnétique, échographie) en hologrammes mis à disposition des cliniciens, dans le cadre de procédures peu invasives (chirurgie laparoscopique, endoscopie flexible, etc.), “changera la façon dont les cliniciens travailleront à l’avenir”.

  • Espagne : 519 start-ups de la santé numérique recensées

    Un écosystème favorable à l’innovation

    L’écosystème espagnol des start-ups compte 519 start-ups et scale-ups dans le domaine du numérique en santé, selon la base de données de start-ups et d’investisseurs, Ecosistema Startup. Cela fait de la santé l’un des secteurs qui comptent le plus grand nombre d’entreprises innovantes en Espagne, avec deux principaux pôles d’innovation :

    • la Catalogne, qui compte 172 start-ups ;
    • et la communauté de Madrid qui compte 119 start-ups.

     

    Un grand nombre de start-ups dans le domaine de la santé en ligne proviennent de centres de recherche médicale, c’est-à-dire de projets incubés dans leurs installations et transformés en entreprises indépendantes. De plus, Madrid et la Catalogne sont les sièges et les principaux centres d’intérêt d’un grand nombre d’investisseurs qui, grâce à leurs contributions financières et à leurs réseaux, stimulent la croissance des start-ups dans divers domaines, notamment en santé.

    Une augmentation exponentielle des investissements dans les start-ups de la e-santé :

    L’évolution du nombre de start-ups coïncide avec les années les plus difficiles de la pandémie de Covid-19. Cette crise a fortement accéléré l’adoption des technologies numériques en santé, conduisant à une croissance exponentielle du nombre de start-ups et d’investissements dans ce secteur. En 2020, le nombre de cycles d’investissement dans les start-ups de santé a pratiquement triplé en un an, avec un capital investi multiplié par 4,6. Cette tendance s’est poursuivie en 2021 et 2022, faisant de la santé l’un des secteurs les plus attractifs pour les investisseurs en Espagne.

    Evolution de l’investissement dans les start-ups de la e-santé en Espagne, entre 2017 et 2023 - @ El Referente
    Evolution de l’investissement dans les start-ups de la e-santé en Espagne, entre 2017 et 2023 – @ El Referente

    Selon Astrazeneca, la création de start-ups a particulièrement augmenté entre 2020 et 2021, comptant respectivement 70 et 76 start-ups en santé, comparé à 54 en 2019 et 40 en 2022, puis « seulement » 20 en 2023.

    Par ailleurs, selon une étude publiée par Accenture en 2022, seuls 25 % de la population espagnole n’utilisaient aucune technologie numérique pour gérer leur santé en 2021. Un chiffre qui illustre la bonne adoption du numérique dans le secteur de la santé.

    Nombre de start-ups de santé numérique créées par an en Espagne, entre 2017 et 2023 – @ El Referente

    Quel avenir de la e-santé en Espagne ?

    La croissance de l’écosystème espagnol des start-ups de santé inclut plusieurs facteurs :

    • une adoption croissante du numérique par les patients et les professionnels de santé ;
    • une augmentation du besoin de solutions innovantes pour améliorer l’efficacité et la qualité des soins ;
    • la présence de centres d’innovation en santé (à Madrid et Barcelone) reconnus mondialement et soutenus par le gouvernement ;
    • ainsi que l’augmentation des investissements dans les start-ups de santé digitale.

     

    Au niveau européen, EIT Health estime que l’Espagne se trouve dans “une position privilégiée pour capitaliser stratégiquement sur son leadership dans l’écosystème européen de la santé numérique”. Il est également souligné l’amélioration de la numérisation progressive des systèmes de santé du pays, à la fois en termes d’efficacité et de qualité.

    Les efforts combinés de tous les acteurs du secteur, l’accent mis sur la formation scientifique et entrepreneuriale, ainsi que le soutien financier sont autant de critères nécessaires pour promouvoir une médecine efficace, personnalisée et intégrée. Si l’Espagne parvient à renforcer ces liens, elle continuera à occuper une bonne position à l’avant-garde de la santé et renforcera ainsi son écosystème pour maintenir et attirer les talents, favorisant ainsi la croissance.

     

    Cartographie des start-ups de la santé en Espagne, au Portugal et en Amérique Latine (2024) - @ El Referente
    Cartographie des start-ups de la santé en Espagne, au Portugal et en Amérique Latine (2024) – @ El Referente
  • USA : 24 % des partenariats entre hôpitaux et entreprises du numérique concernent la Gen AI (rapport))

    Des partenaires majoritairement américaines

    Comprendre les relations entre les entreprises spécialisées dans le numérique en santé et les systèmes de santé américains, qui comprennent les hôpitaux, ainsi que les assurances privées : tel est l’objectif du rapport “Digital Health Innovation” publié par Galen Growth en partenariat avec l’événement Vive grâce à la plateforme de données HealthTech Alpha de Galen Growth. Dans ce rapport qui montre que les systèmes de santé américains ont le vent en poupe en ce qui concerne le numérique, Galen Growth explique qu’ils sont les partenaires préférés des sociétés de santé numérique créées aux États-Unis, puisqu’en 2023 : 26 % des partenariats de ces entreprises sont conclus avec ces systèmes, soit plus un peu plus d’un quart.

    Mais les acteurs du numérique en santé étasuniens ne sont pas les seuls partenaires de ces systèmes de santé. En effet, même si les sociétés américaines sont celles qui concluent le plus de partenariats avec les hôpitaux et assurances de leur pays (94 % avec plus de 1 100 partenariats), les acteurs du numérique en santé du reste du monde ne sont pas en reste. Entre 2019 et 2023, sur plus de 1 200 partenariats, les systèmes de santé américains ont conclu 30 partenariats avec des sociétés du Moyen-Orient, 32 avec des sociétés de l’Asie-Pacifique, 20 avec des sociétés européennes et un seul avec une entreprise d’Amérique du Sud (Chili). Le français Withings est le deuxième acteur européen a avoir conclu le plus de partenariats avec les systèmes de santé américains avec 3 partenariats (contre 4 pour l’entreprise européenne a avoir conclu le plus de partenariats de 2019 à 2023), loin derrière l’américain Truveta et ses 29 partenariats en 5 ans.

    Les partenariats des systèmes de santé américains avec des sociétés du numérique en santé entre 2019 et 2023 - Galen Growth
    Les partenariats des systèmes de santé américains avec des sociétés du numérique en santé entre 2019 et 2023 – Galen Growth

    L’oncologie est l’aire thérapeutique la plus représentée

    Parmi ces plus de 1 200 partenariats répartis sur 5 années, les segments de la santé numérique les plus représentés sont les solutions de gestion de la santé (25 %), les solutions pour les patients (13 %), les solutions de gestion de santé populationnelle (13 %), les solutions de diagnostics médicaux (12 %) et les solutions de télémédecine (10 %). Les aires thérapeutiques les plus représentées à travers ces partenariats sont quant à eux l’oncologie (29 %), la santé des femmes (22 %), les maladies cardiovasculaires (18 %), la santé mentale (18 %) et la neurologie (13 %).

    Le rapport montre aussi que les partenariats avec des sociétés privées sont préférés (76 %) à ceux conclus avec des sociétés publiques (7 %) et que les start-ups sont les types de sociétés qui concluent le plus de partenariats avec les hôpitaux et les systèmes de santé américains (32 %).

    Les aires thérapeutiques les plus représentées dans les partenariats systèmes de santé - sociétés du numérique en santé de 2019 à 2023 - Galen Growth
    Les aires thérapeutiques les plus représentées dans les partenariats systèmes de santé – sociétés du numérique en santé de 2019 à 2023 – Galen Growth

    Un intérêt grandissant pour l’IA générative

    L’un des autres points marquants de cette étude est le nombre de partenariats conclus avec des sociétés qui utilisent de l’intelligence artificielle (IA) : sur ces 5 dernières années, 55 % des partenariats conclus entre des systèmes de santé américains et des sociétés du numérique en santé étaient conclus avec des sociétés qui utilisent de l’IA. Malgré un nombre croissant de partenariats depuis ces 5 dernières années, les partenariats conclus avec des sociétés qui utilisent de l’IA représentent presque toujours au moins la moitié des partenariats conclus chaque année, avec un pic à 60% des partenariats en 2021 (sur 216 partenariats) et une intensité minimale à 46 % en 2020 (sur 131 partenariats).

    Mais ça ne s’arrête pas là, puisque de plus en plus de partenariats concernent aussi l’IA générative qui a le vent en poupe depuis l’avènement de ChatGPT (OpenAI) en novembre 2022. 24 % des partenariats conclus entre des systèmes de santé et des sociétés du numérique en santé entre 2019 et 2023 concernaient la Gen AI et 5 % des sociétés partenaires des systèmes de santé américains développent même leurs propres modèles de Gen AI.

    Le rapport montre que les hôpitaux sont les partenaires privilégiés des entreprises de santé numérique qui utilisent de l’IA entre 2019 et 2023 , ex-aequo avec l’industrie pharmaceutique (24 %). Les autres partenaires les plus représentés sont les entreprises de la tech (12 %), les instituts (7 %), les start-ups (7 %) et les assurances (4 %).

    Les partenaires préférés des entreprises qui utilisent de la Gen IA entre 2019 et 2023 - Galen Growth
    Les partenaires préférés des entreprises de santé numérique qui utilisent de la Gen IA entre 2019 et 2023 – Galen Growth

     

  • Hôpital : le numérique au secours des pharmacies à usage intérieur ?

    Chiffres clés de la pharmacie hospitalière en France

    Les pharmacies hospitalières jouent un rôle essentiel dans les établissements de santé, leur principale fonction étant de fournir des médicaments, des dispositifs médicaux et autres produits de pharmaceutiques aux patients hospitalisés. Elles sont notamment responsables de :

    • la gestion des stocks des médicaments ;
    • leur préparation ;
    • leur dispensation ;
    • ainsi que leur distribution sécurisée aux différents services de leur établissement.

     

    Une prédominance féminine et un nombre de PUI en baisse :

    Selon les derniers chiffres datant du janvier 2023, on compte environ 2 500 PUI, en France, et 7 749 pharmaciens inscrits au tableau de l’Ordre, avec un âge moyen de 45,2 ans. Les femmes représentent 73 % de cette population. Ces effectifs continuent de progresser (+0,8% en 2022), tandis que le nombre de PUI diminue (-2,1 %), tant dans le secteur public (-1,7 %) que dans le secteur privé (-2,3 %).

    La gestion des ruptures d’approvisionnement trop chronophage :

    Selon une étude réalisée en 2023 par la branche “médecine, chirurgie et obstétrique” de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP-MCO) auprès de 181 PUI, 55 % d’entre elles consacrent plus de 20 % de leur temps pharmacien à traiter les ruptures d’approvisionnement. De plus, parmi les PUI interrogées, 35 % des absences de pharmaciens prévues dans le cadre de l’éducation thérapeutique du patient (ETP) ne sont pas couvertes et 27 % ne le sont que partiellement.

    Pour toutes ces raisons, la question de la digitalisation des PUI est légitimement posée. Une telle évolution pourrait permettre de rendre plus efficiente la gestion de ces structures mais aussi d’optimiser le temps consacré par les pharmaciens et les préparateurs à des tâches répétitives et pouvant être automatisées.

    Rupture d'approvisonnement par région et par établissements - @ FHP-MCO
    Rupture d’approvisonnement par région et par établissements – @ FHP-MCO

    Les enjeux de la digitalisation des PUI en France

    Au cours des dernières décennies, la digitalisation des PUI a pris de l’ampleur et s’est particulièrement intensifiée avec l’avènement de technologies efficaces et adaptées au domaine de la santé. Bien que le numérique en santé ait fait l’objet d’une production littéraire importante, la problématique de la digitalisation du circuit du médicament est quant à elle moins traitée. Il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’un enjeu capital qui pourrait sauver la vie de milliers de patients en France et dans le monde. Il convient donc de faire ressortir les principaux enjeux relatifs à cette question :

    • concernant la sécurité des patients, en France, le mauvais usage des médicaments serait à l’origine de plus de 10 000 décès par an, ce qui pose la question de la fiabilité du circuit du médicament. Selon plusieurs spécialistes, ces erreurs surviennent principalement aux étapes de transition du parcours de soins du patient (entrée et sortie de l’établissement, transferts interservices). Les erreurs médicamenteuses sont de plusieurs types et résultent dans 54,4 % d’une erreur d’administration, dans 23,3 % d’une erreur de dispensation et enfin dans 15,9 %  d’une erreur de dispensation ;
    • concernant l’optimisation des processus de gestion des médicaments, qu’il s’agisse de de gaspillage de stocks, de coûts RH liés à une mauvaise mise à disposition des personnels de soins ou encore d’hospitalisations inutiles, tous ces écarts ont des conséquences aussi bien sur le budget de la sécurité sociale que sur celui des établissements de santé. Les erreurs liées aux médicaments représenteraient 42 milliards de dollars à l’échelle mondiale selon l’OMS et en France, 1,5 % des hospitalisations sont dues à des erreurs médicamenteuses ;
    • concernant la gestion des données et des dossiers médicaux, les pharmacies hospitalières sont chargées de gérer une grande quantité de données sur les médicaments, les patients et les prescriptions. Cela inclut les détails sur les médicaments, tels que les dosages et les interactions, ainsi que les dossiers des patients avec leurs antécédents médicaux et les schémas de traitement.

    Le numérique comme palliatif aux carences des PUI

    La digitalisation et l’automatisation de la pharmacie hospitalière seraient dès lors le moyen de palier aux carences observées :

    • La numérisation du circuit du médicament permettrait d’administrer le bon médicament avec le bon dosage et au bon moment et ainsi de réduire de 50 % les erreurs médicamenteuses.
    • L’automatisation permettrait d’optimiser la gestion des stocks et permettrait ainsi une réduction de 20 à 50% du taux de doses manqués et une réduction de 11 % des dépenses en médicament.
    • L’automatisation des PUI serait un moyen de faire gagner aux équipes de pharmacie plusieurs heures de travail par semaine. Du temps qui pourrait être réinvesti à d’autres tâches notamment dans le suivi du patient.

    Il est également important de souligner que ces pharmacies disposent de produits pharmaceutiques onéreux qui suscitent un engouement particulier pour le milieu du banditisme. Ainsi, une gestion automatisée des stocks permettrait d’éviter les vols :

    • à la pharmacie des hôpitaux franciliens c’est près de 2 millions d’euros de médicaments qui ont été volés en début d’année. Il s’agissait en l’occurrence de l’anticancéreux Keytruda vendu 2,400 le flacon de 4ml ;
    • en 2022, le tribunal de Vannes avait également condamné 3 préparateurs de commandes de l’Hopital de Vannes. Ces derniers avaient volés pour plusieurs milliers d’euros de comprimés entre 2015 et 2018.

    Enfin, notons que le passage progressif vers une médecine personnalisée pour une population vieillissante et bien souvent multipathologique confronte les pharmaciens à la gestion de cas de plus en plus en plus complexe.

    Des formations sur l’IA pour les pharmaciens

    La nécessité de former des professionnels de santé sur les enjeux spécifiques de l’IA a fait émerger plusieurs offres de formation en France, notamment 2 diplôme universitaires (DU) et une formation non diplômante :

    • l’Université Paris Cité propose un DU en IA appliquée à la santé ;
    • l’Université Côte d’Azur permet également de se former avec son DU spécialisé en IA et santé ;
    • l’Université Paris Saclay dispense une formation en ligne non diplômante en IA et sciences du médicament.

     

    Exemple d’un projet de PUI innovante, à la Fondation Santé Service

    La fondation santé service a pour ambition d’ici de transformer sa pharmacie à usage intérieur (PUI) dans l’objectif de répondre aux besoins croissants de l’hospitalisation à domicile (HAD). Le projet devrait voir le jour dans les mois prochains.

    Le projet comprend une solution de stockage automatisé ainsi que de nouveaux équipements (convoyeurs, formeuse automatique de carton…)

    La fondation ne dispose pour l’instant que d’une unique pharmacie centrale pour 1900 patients par jour. Ce projet novateur chiffré à 23 millions devrait donc permettre d’installer une solution automatisée où 25 robots s’atteleront à traiter les besoins de 3000 patients par jour (d’ici 2030). Plus précisément, les robots serviront à empiler 12 000 bacs de stockage, formant ainsi un damier au dessus de la structure qui s’étalera sur 460 m2.

    Les commandes urgentes seront livrées le jour même en moins de 5h dans tous les points en Île de France, la fondation se répartissant sur 3 pôles de soins avec 8 antennes départementales en région Île de France. À noter que sera également automatisé le convoyage.

    La futur PUI comprendra donc une formeuse automatique de carton afin d’en réduire le nombre tout en améliorant les conditions de travail. La solution Autostore de l’entreprise norvégienne Element Logic s’ajoutera au projet. Cette dernière permettra de compacter le stock de la PUI.