Actualité

  • Neurotechnologies : vers l’élaboration d’un cadre éthique mondial pour 2025 (Unesco)

    Des recommandations pour prévenir les dangers

    Alors que l’utilisation des neurotechnologies, telle que la médecine bioélectronique ou l’imagerie cérébrale, est de plus en plus importante à cause de l’augmentation des personnes atteintes de troubles mentaux (1 personne sur 8 dans le monde) ou de maladies neurologiques (1 personne sur 3), l’aspect éthique de cette utilisation est aussi questionné. Après s’être penché sur cette question dans un rapport publié en 2021, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), souhaite mettre en place un instrument international pour développer un cadre autour de l’éthique des neurotechnologies.

    Lors de la 42e session de la conférence générale de l’Unesco qui s’est tenue en novembre 2023, la Directrice générale de l’organisation, Audrey Azoulay, a rappelé les principaux dangers des neurotechnologies, à savoir la manipulation et l’émulation du cerveau ou encore leur combinaison avec l’intelligence artificielle qui peut “devenir une menace pour les notions d’identité et de dignité humaines, de liberté de pensée, d’autonomie, de vie privée et de bien-être”. Pour contrôler l’utilisation des neurotechnologies et bâtir un cadre éthique, elle a profité de cette conférence pour convoquer un groupe multidisciplinaire de 24 experts de haut niveau (GEAH), afin de préparer un premier projet de la recommandations sur la question.

    Un texte international adopté en 2025 ?

    Après avoir mis l’accent sur cinq grands défis éthiques – que sont l’intégrité cérébrale/mentale et la dignité humaine, l’intégrité personnelle et la continuité psychologique, l’autonomie, l’intimité mentale, l’accessibilité et la justice sociale – et avoir invité les états membres de l’organisation à garantir le respect des droits cérébraux par le biais de ses recommandations dans son rapport de 2021, l’Unesco est sur le point de franchir une nouvelle marche en matière d’éthique des neurotechnologies. En effet, les 24 experts convoqués par Audrey Azoulay en novembre 2023 se sont réunis du 22 au 26 avril 2024 à Paris au siège de l’Unesco pour commencer à préparer ce premier projet.

    Cette préparation devrait continuer jusqu’au mois de juillet par le biais de consultations mondiales, régionales et nationales en vue de “recueillir les avis d’un large éventail de parties prenantes clés et d’intégrer des perspectives pluralistes dans le projet de recommandation, garantissant ainsi un processus d’élaboration ouvert et inclusif”, avant la deuxième réunion à Paris du GEAH en août 2024.

    L’étape suivante sera la communication aux états membres de l’Unesco du premier projet d’instrument normatif, d’ici septembre 2024, “ouvrant ainsi le processus de consultation intergouvernementale qui se déroulera jusqu’en 2025”. Quatre ans après la première étape de ce projet éthique sur les neurotechnologies, l’Unesco indique que “le texte final de la recommandation sera présenté pour adoption en novembre 2025 lors de la 43e session de la conférence générale” par les 194 pays membres de l’organisation.

     

  • USA : Walmart ferme ses 51 centres de santé et son offre de téléconsultation faute de rentabilité

    Pas de rentabilité, gestion trop complexe et hausse des coûts de production :

    Cette décision de fermeture intervient après l’annonce en mars 2024 de l’ouverture de 22 nouveaux sites en 2024. Après l’arrêt de l’activité de Amazon Care en 2022, CVS Health a commencé aussi en 2024 à fermer des dizaines de ses pharmacies dans les magasins Target, et Walgreens a annoncé qu’elle fermerait 160 de ses centres de soins  primaires en 2024.

    La construction et le lancement de centres de soins primaires à partir de zéro a toujours été difficile, demandant un fort investissement initial. La rémunération à l’acte pour les soins primaires est une activité à faible marge et axée sur le volume. La rentabilité peut être atteinte soit par une large consommation de soins par une population très large, soit par un suivi régulier et sur toutes les pathologies des patients. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas.

    Walmart a également annoncé la fermeture de son service de télésanté Walmart Health Virtual Care, lancé en 2022.  Cette décision intervient alors que les téléconsultations sont en baisse constante depuis la pandémie, malgré des mesures élargissant les prises  en charge des télésoins adoptées en 2023, notamment pour la télésurveillance  et la santé mentale. Des données récentes des Centers for Medicare et Medicaid Services montrent que les visites de télésanté diminuent en 2023 sur l’ensemble des Etats-Unis.

     

  • Note aux abonnés : IA et excellence opérationnelle – étude premium, conférence et webinaire les 22, 23 et 28 mai 2024

    Nous profitons de ce second jour férié du mois de mai pour vous présenter en avant première les prochains travaux qui seront mis à votre disposition par les équipes Health&Tech. Partenaire de la conférence des DG de CHRU pour cet axe sur l’intelligence artificielle, l’étude vise à éclairer les directions des établissements de santé et les entreprises qui proposent des solutions d’IA pour améliorer les fonctionnements des organisations hospitalières et trouver des marges d’efficience en apportant plus de confort aux équipes.

    Health & Tech Intelligence vise à forunir un cadre et des outils utiles aux établissements de santé pour les aider à intégrer avec succès les technologies d’IA dans leurs flux de travail. Les équipes médico-soignantes ainsi que les différents personnels hospitaliers peuvent tirer parti de ces outils et dispositifs intelligents, afin de produire de meilleurs résultats cliniques, opérationnels et financiers.

    De l’avis des experts, une telle transformation nécessitera probablement des changements significatifs dans la composition et les compétences des effectifs de soins ainsi que dans les organisations.

    Une étude  “premium” à paraître le 22 mai 2024 :

    La deuxième étude Premium 2024 se consacre à l’impact des applications de l’IA dans les établissements de santé notamment sur l’organisation du travail et l’évolution des personnels. Technologie souhaitable pour faciliter certaines tâches répétitives, anticiper et adapter les organisations, l’IA s’invite et s’embarque de plus en plus dans les pratiques et les outils des personnels de santé. Nous tenterons à travers cette étude de répondre aux questions
    clés :
    • quel état des lieux aujourd’hui des besoins et des offres d’IA pour améliorer les organisations dans les établissements de santé ?
    • quels sont les cas d’usage de l’automatisation en santé et comment faire face aux  défis et opportunités de son impact sur les ressources humaines des établissements de santé ?
    • existe-t-il des solutions, en France et ailleurs, déjà déployées sur le marché qui améliorent l’organisation du travail et l’efficacité des équipes ?
    • à quoi ressemblerait l’avenir des personnels hospitaliers et médico-soignants selon la littérature scientifique ?
    • Comment évaluer et financer ces solutions, quelles sont les conditions de leur efficacité ?

    Retenez les prochaines échéances  :

    • Des réponses et des pistes de réflexions vous seront proposées dans l’étude publiée par  Health&tech Intelligence , le 22 mai 2024.
    • Une conférence organisée à Santexpo  le 23 mai à 11h15, en partenariat avec la Conférence des directeurs généraux de CHRU :  “Quand les CHU se mettent à l’IA” ;
    • Un webinaire pour vous présenter les points clés de cette étude sera organisé le 28 Mai 2024 à 9h00. Vous pouvez vous inscrire dès maintenant en suivant ce lien, le nombre de participants est limité. 

     

    Soyez au rendez-vous ! Au plaisir de vous y retrouver.

    L’équipe Health & Tech Intelligence.

     

  • PLFSS 2025 : le Snitem appelle à sortir du modèle actuel de régulation des produits de santé

    Coconstruire le PLFSS avec les pouvoirs publics ?

    En attente d’informations sur les modalités de calcul et la mise en oeuvre de la “clause de sauvegarde pour 2022”, le secteur industriel des technologies de santé ne cesse de solliciter, selon le Syndicat national de l’industrie des technologies médicales (Snitem), “un arbitrage de son accord-cadre”.

    Désaccords à propos de l’accord-cadre :

    Les négociations autour d’un nouvel accord-cadre relatif au secteur du dispositif médical (DM) sont toujours en cours. Comme d’autres organisations professionnelles représentants les acteurs du DM, le Snitem est, depuis un an, en attente d’un arbitrage sur quatre principaux désaccords avec le Comité économique des produits de santé (CEPS) :

    1. la décote systématique des nouveaux produits : perçue comme injuste ou désavantageuse pour les nouveaux entrants sur le marché, la décote automatique appliquée aux nouveaux produits entrant dans un groupe de produits similaires ne fait pas l’unanimité ;

    2. les exceptions insuffisantes pour protéger les prix sur les améliorations du service attendu (ASA) : selon le Snitem, les mécanismes existants ne sont pas suffisamment robustes pour maintenir les prix justes pour les services améliorés ;

    3. la nécessité d’un reste à charge pour certaines catégories de produits : le Snitem estime qu’un reste à charge “est nécessaire pour certaines catégories de produits afin d’intégrer la préférence du patient” ;

    4. et les dispositions des lois de financement de la Sécurité sociale : certaines modalités de conventionnement avec le CEPS pouvant être modifiées, notamment en matière de tarification, de remises et de construction des prix et marges, une concertation et une révision de l’accord-cadre serait nécessaire, selon le Snitem.

    L’appel au dialogue du Snitem :

    A travers leur syndicat, les entreprises du secteur soulignent par ailleurs la nécessité “’un dialogue juste, responsable et basé sur des données opposables et transparentes avec les pouvoirs publics”, en prévision de la construction du PLFSS pour 2025.

    Inquiet du manque de lisibilité concernant ses modalités de régulation, le Snitem explique que l’enjeu, pour le secteur, tourne également autour des “modalités de gestion de la liste en sus”.

    Sortir du modèle de régulation actuelle

    Intégrer les recommandations de la “mission de régulation” :

    En août 2023, la mission interministérielle sur la régulation des produits de santé publiait son rapport “pour un new deal garantissant un accès égal et durable des patients à tous les produits de santé”, en vue de moderniser le système de régulation. Pour le Snitem, ses recommandations devraient être prises en compte dans la construction du PLFSS 2025. Pour rappelle, la mission avait souligné l’existence d’”incertitudes importantes sur la trajectoire financière des prochaines années, notamment sur le coût de la dynamique de l’innovation”. Pour y répondre elle recommandait :

    • de prendre en compte les enjeux globalement (préservation de la capacité à innover, réindustrialisation, responsabilité sociétale des entreprises (RSE), etc.) en vue de la régulation ;
    • d’imposer une rigueur toute particulière sur la régulation, en s’appuyant sur “des leviers combinés et déployés malgré les réticences de certains acteurs car la régulation ne peut uniquement s’appuyer sur le prix ou la clause de sauvegarde” ;
    • mais aussi de déployer les travaux sur la qualité des prises en charge “de façon aussi volontariste que ceux sur la maîtrise des coûts”.

     

    Pour une régulation utile :

    Le Snitem a déjà formulé des propositions “pour sortir d’un modèle de régulation qui aujourd’hui n’est plus ni efficient pour les finances publiques, ni soutenable pour les entreprises qui contribuent à l’offre de soins et à sa solvabilisation”. C’était en réaction à la lettre adressée à l’Inspection générale des finances (IGF) et l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), en novembre 2023, par Elisabeth Borne, alors Première ministre. Cette lettre prévoyait ne revue de dépenses des DM.

    Aujourd’hui, le Snitem met en avant l’idée d’une régulation qui “doit être utile et non pas uniquement financière”. Son objectif est de réaliser des “améliorations durables” dans les modes de gestion du système de santé, avec pour ambition à long terme de réindustrialiser les territoires. Dans ce sens, le Snitem salue également l’initiative voulue par Frédéric Valletoux, ministre délégué en charge de la Santé et de la Prévention, d’une feuille de route relative au bon usage des produits de santé .

     

  • USA : la FDA lance un projet de « domiciles innovants » pour réduire les inégalités d’accès aux soins

    Réduire les inégalités d’accès aux soins

    Les systèmes de santé des États-Unis – comme dans de nombreux pays dans le monde – font face à des pénuries de médecins, une augmentation du coût des soins et a un système basé autour des hôpitaux, des cliniques et des prestataires, de nombreuses personnes qui ont besoin d’être suivies et/ou soignées ne peuvent pas bénéficier des meilleurs soins à cause d’inégalités d’accès. Ces inégalités apparaissent par le biais de difficultés d’accès en raison des coûts que représentent les soins, ou alors parce que certains patients situées dans des zones rurales des États-Unis, n’ont pas de cliniques ou d’hôpitaux à proximité de leur domicile.

    Le domicile comme centre de soins :

    La Food and Drug Administration (FDA) a constaté que de plus en plus d’options de soins connectées sont développées et utilisées pour le domicile du patient, sans pour autant prendre en compte les éléments structurels et critiques du domicile qui sont nécessaire pour faire du domicile une véritable “clinique virtuelle”. Pour répondre à la problématique de difficulté d’accès aux soins qui touche des millions de citoyens américains et à l’accroissement des dispositifs crées pour être utilisés au domicile des patients, la FDA a lancé le 23 avril 2024 l’initiative “Home as a Health Care Hub” (le domicile comme centre de soins). Avec cette dernière, la FDA souhaite “aider à réimaginer le domicile en tant que partie intégrante du système de santé, dans le but de faire progresser l’égalité d’accès aux soins pour tous aux États-Unis”.

    Des bâtiments innovants

    Dans le cadre de cette initiative, le centre des appareils et de la radiologie de la FDA noué un partenariat avec un cabinet d’architectes qui conçoit des bâtiments innovants qui prennent en compte les besoins des habitants et qui s’adaptent aux nouvelles solutions numériques. Le hub sera conçu comme un prototype domestique compatible avec la réalité augmentée/réalité virtuelle dont le premier modèle devrait être achevé d’ici la fin de l’année 2024.

    Ce prototype servira “de laboratoire d’idées”, non seulement pour créer le meilleur environnement de santé pour les populations les plus touchées par des inégalités en matière d’accès aux soins, mais également pour permettre aux développeurs de dispositifs médicaux, aux décideurs politiques et aux prestataires de commencer à développer des solutions à domicile qui font progresser l’équité en santé.

    Un premier hub consacré au diabète :

    Le premier prototype du hub sera construit en intégrant des technologies pour les personnes atteintes de diabète. La FDA indique que plusieurs dizaines de millions d’américains sont atteints de cette pathologie chronique et qu’en 2022, plus de 300 millions de dollars ont été dépensés par les patients atteints pour couvrir leur frais médicaux liés à cette maladie, ce qui représente une augmentation du coût des soins de plus de 35 % en 10 ans.

    L’initiative de la FDA doit permettre de créer un environnement propice aux soins des personnes atteintes de diabète, accessible à moindre coût que les soins classiques. Cela permettra de réduire les inégalités d’accès aux soins pour des personnes qui sont dans l’obligation d’être traités s’ils ne veulent pas que leur maladie se transforme en maladies cardiovasculaires, insuffisance rénale, cécité, ou qu’elle les oblige à avoir recours à des amputations.

     

  • Cybersécurité : quels enjeux de sécurité des données pour l’hôpital de Cannes ?

    Paralysie des systèmes et demande de rançon 

    La cyberattaque dont a été victime l’hôpital de Cannes, le 16 avril, a paralysé plusieurs systèmes informatiques de l’établissement. Elle l’a également contraint à reporter les opérations non urgentes ainsi que les consultations médicales. Pour faire face à cet incident, une cellule de crise a été activée.

    Le 30 avril, le groupe de cybercriminels Lockbit a revendiqué l’attaque et a exigé une rançon. Face au refus de l’établissement de la payer, en respect de la loi, les hackers ont rendu publiques une importante quantité de données sensibles sur le “dark web“, le premier mai 2024, mettant ainsi en péril la vie privée des patients et du personnel de l’hôpital. 

    Chronologie de la communication par la cellule de crise durant la cyberattque du CH de Cannes - @ H&TI d'après les informations du CH de Cannes
    Chronologie de la communication par la cellule de crise durant la cyberattque du CH de Cannes – @ H&TI d’après les informations du CH de Cannes

    Enjeux de sécurité des données de santé :

    Les données divulguées comprennent des informations médicales et personnelles des patients, ainsi que des données financières et administratives du personnel de l’hôpital. Cette fuite de données expose les patients à des risques de phishing ciblé, d’usurpation d’identité et d’autres formes de cybercriminalité. 

    L’attaque contre l’hôpital de Cannes s’inscrit dans une tendance inquiétante de ciblage des établissements de santé par les cybercriminels. Les données de santé sont devenues une cible lucrative pour les hackers, qui exploitent les failles de sécurité des systèmes informatiques des hôpitaux pour extorquer des rançons. 

    Renforcer la cybersécurité, collaborer, prévenir :

    Face à cette menace croissante, les établissements de santé se rendent compte de la nécessité de prendre des mesures concrètes pour renforcer leur cybersécurité. Cela comprend notamment :

    • la mise en place de pare-feu robustes ;
    • la sensibilisation du personnel aux risques de sécurité informatique ;
    • et la sauvegarde régulière des données sensibles.

     

    Une collaboration étroite entre les institutions de santé, les autorités de régulation et les experts en cybersécurité est essentielle pour prévenir et contrer les cyberattaques. Des exercices de simulation d’attaques et des audits de sécurité réguliers peuvent aider les établissements de santé à identifier et à corriger les failles de sécurité de leurs systèmes informatiques. La cyberattaque contre l’hôpital de Cannes met en lumière les risques croissants auxquels sont confrontées les données de santé.

     

  • Note aux abonnés : Journée mondiale du mot de passe (06/05)

    Lorsque l’on parle de données, la question de l’accès aux données et de la sécurisation de celui-ci se pose rapidement. Une des premières réponses à émerger est le mot de passe. En France, selon la Commission nationale informatique et libertés (Cnil), environ 60 % des notifications qu’elle reçoit sont liées à du piratage, et un grand nombre pourrait être évité par le respect de bonnes pratiques en matière de mots de passe. Pour ce faire, la Cnil a publié en 2022 des recommandations qui sont mises à jour régulièrement.

    Chez Care Insight, il ne vous aura pas échappé que nous avons récemment mis à jour notre plateforme Health & Tech Intelligence. Lors de cette migration de plateforme, nous avons conservé vos identifiants mais, pour des raisons évidentes de confidentialité et de respect de la loi, nous n’avons pas pu conserver votre mot de passe. Si la majeure partie de nos abonnés ont bien renouvelé leur clé d’entrée, certains ne l’ont pas encore fait et ne peuvent donc pas se connecter et accéder à nos contenus. Si vous en faites partie, cette journée mondiale est l’occasion de vous le rappeler.

    Pour les autres, nous vous invitons à changer régulièrement vos mots de passe ici et ailleurs – et pourquoi pas aujourd’hui ?

     

    L’équipe Health & Tech Intelligence

     

  • USA : mise à jour de l’accord commun pour le partage des données de santé, FHIR intégré

    Un meilleur partage des données nécessaire

    Pensé par l’Office of the National Coordinator for Health Information Technology (ONC) – institution fédérale américaine chargée de l’élaboration de la stratégie en matière de technologie de l’information pour la santé – et publié dans sa première version en janvier 2022, le TEFCA est un contrat signé par les grands réseaux de santé américains qualifiés (QHIN) pour mettre en place un ensemble commun de principes et de conditions générales visant à avoir un meilleur échange des données de santé à travers tous les états du pays.

    Cet accord commun est défini par l’ONC comme étant un cadre regroupant “les exigences juridiques et techniques de base pour un partage sécurisé d’informations à l’échelle nationale”, qui met aussi en place une infrastructure pour permettre aux utilisateurs de différents réseaux d’information sur la santé (HIN) de partager des informations en toute sécurité entre eux.

    Les principaux objectifs du TEFCA :

    • établir une gouvernance, une politique et un socle technique universels pour l’interopérabilité à l’échelle nationale ;
    • simplifier la connectivité et ainsi permettre aux organisations d’échanger en toute sécurité des informations afin d’améliorer les soins aux patients, d’améliorer le bien-être des populations et de générer de la valeur pour les soins ;
    • et permettre aux patients d’avoir un meilleur accès à leurs données de santé.

     

    Les plus grands réseaux d’information de santé engagés :

    La force de cet accord est qu’il a été signé par 7 grands réseaux d’information de santé américains (QHIN), dont Epic Nexus, qui couvrent la plupart des hôpitaux du pays, ainsi que des dizaines de milliers de fournisseurs. Ces réseaux traitent des milliards de transactions annuelles dans tous les Etats américains.

    Intégration du standard FHIR pour une meilleure interopérabilité

    Le 22 avril 2024, l’ONC a publié la mise à jour 2.0 du TEFCA, dans laquelle il annonce que l’accord commun va intégrer le standard FHIR pour une meilleure interopérabilité dans le partage des données de santé grâce à une standardisation sous un format ouvert, neutre et sans imposition sémantique de l’ensemble des données de santé.

    Grâce à ce standard qui propose aussi une interface de programmation d’application (API), les dossiers de santé informatisés pourront être partagés à un niveau national entre les différents acteurs de la santé, sans compromettre la sécurité de leurs données. L’ONC explique que toutes les entités qui signent cet accord, qu’elles soient concernées ou non par la loi Hippa (Health Insurance Portability and Accountability Act) – qui définit les normes américaines pour la gestion électronique de l’assurance maladie – doivent accorder des protections suffisantes des données en matière de confidentialité, notamment en ce qui concerne les informations individuellement identifiables.

    Avec cette mise à jour, les données pouvant être partagées dans le cadre de l’accord commun TEFCA sont les données de traitement, de paiement, de délivrance des soins, de santé publique, les services qui permettent aux individus d’accéder, de contrôler et de gérer leurs informations personnelles de santé (IAS), et celles liées à la détermination des prestations gouvernementales.

     

  • Etude : un système d’IA améliore le diagnostic des maladies rares (NEJM AI)

    Des “besoins urgents” d’améliorer le diagnostic des maladies rares

    “Le taux de diagnostic des troubles génétiques rares n’est que d’environ 30 %, et en moyenne, il s’écoule six ans entre le début des symptômes et le diagnostic. » L’état des lieux, établi par Dr Pengfei Liu, professeur agrégé de génétique moléculaire et humaine et directeur clinique associé chez Baylor Genetics, est sans appel. « Il y a un besoin urgent de nouvelles approches pour améliorer la vitesse et la précision du diagnostic », ajoute-t-il. C’est à cette tâche que le Dr Liu s’est attelé. Une équipe de chercheurs du Baylor College of Medicine (Texas) a donc développé un nouveau système d’IA appelé AI-MARRVEL (AIM) qui a pour mission de diagnostiquer des maladies génétiques rares, et ce indépendamment des connaissances cliniques sur le gène d’intérêt.

    Une IA nourrie avec 3,5 millions de variants :

    Concrètement, ils ont utilisé la base de données publique du Baylor College, Model organism Aggregated Resources for Rare Variant ExpLoration (MARRVEL) pour former AIM. Plus de 3,5 millions de variants de milliers de cas diagnostiqués sont inclus dans cette base de données. Les chercheurs fournissent à AIM les données de séquence d’exome des patients et les symptômes, et AIM se charge ensuite d’établir un classement des candidats géniques les plus susceptibles de causer la maladie rare. Les résultats ainsi obtenus ont par ailleurs été comparés à ceux d’autres algorithmes utilisés dans des articles de référence récents et les modèles ont été testés sur trois cohortes de données, dont celle du Baylor Genetics.

    Les résultats de l’étude ont été publiés le 25 avril dans le NEJM AI.

    Résultats : 2 fois plus de diagnostics

    • AIM a atteint un taux de précision de 98 %.
    • Elle a systématiquement classé les gènes diagnostiqués comme le premier candidat dans deux fois plus de cas que toutes les autres méthodes de référence.
    • Dans le cas de maladies rares restés insolubles pendant des années, la réanalyse de l’exome par AIM a permis de diagnostiquer 57 % des cas sur une collection de 871 cas.

     

    “AIM est un grand pas en avant dans l’utilisation de l’IA pour diagnostiquer les maladies rares. Il réduit les diagnostics génétiques différentiels à quelques gènes et a le potentiel de guider la découverte de troubles inconnus jusqu’alors”, a déclaré le co-auteur, le Dr Hugo Bellen, professeur de service distingué en génétique moléculaire et humaine à Baylor et titulaire de la chaire en neurogénétique au Duncan NRI. “Nous avons formé AIM pour imiter la façon dont les humains prennent des décisions, et la machine peut le faire beaucoup plus rapidement, plus efficacement et à moindre coût », ajouté le Dr Zhandong Liu, professeur associé de pédiatrie – neurologie à Baylor et chercheur à l’Institut de recherche neurologique Jan et Dan Duncan (NRI) à l’hôpital pour enfants du Texas.

    2 nouveaux gènes porteurs de maladies découverts :

    Les performances en matière de réanalyse ont également été soulignées. En effet, des centaines de nouveaux variants causant des maladies, pouvant être la clé de la résolution de ces affaires non résolues, sont signalés chaque année. Cependant, déterminer quels cas justifient une réanalyse est difficile en raison du grand nombre de cas. L’IA s’avère prometteuse en la matière car selon les chercheurs, cet outil serait capable de “récupérer un nombre sans précédent de cas qui n’étaient pas considérés comme diagnostiquables auparavant.”

    En outre, les auteurs de l’étude ont voulu tester les performances de leur modèle d’IA sur la découverte de nouveaux candidats géniques qui n’ont pas encore été reliés à une maladie. AIM a correctement prédit deux nouveaux gènes de maladies rapportés comme meilleurs candidats dans deux cas dans le réseau de maladies non diagnostiquées. Maintenant, Baylor Genetics va développer la prochaine génération d’intelligence diagnostique pour l’introduire dans la pratique clinique.

     

     

    * AI-MARRVEL — A Knowledge-Driven AI System for Diagnosing Mendelian Disorders

    Dongxue Mao,Chaozhong Liu, Linhua Wang, Rami AI-Ouran, Cole Deisseroth, Sasidhar Pasupuleti,  Seon Young Kim, and Zhandong Liu
    Published April 25, 2024
    NEJM AI 2024;1(5)
    DOI: 10.1056/AIoa2300009
  • IA et médecine : 61 % des essais cliniques randomisés sont menées aux USA et en Chine

    L’imagerie médicale en tête

    Cette publication du Lancet est le fruit d’une collaboration entre plusieurs institutions, notamment le Department of Biomedical Informatics de la Harvard Medical School, et le Department of Computer Science de la l’université de Stanford, ainsi que d’autres institutions. Visant à évaluer l’état actuel des essais cliniques randomisés portant sur l’IA dans la pratique clinique, les auteurs identifient les résultats des essais, les spécialités médicales concernées ainsi que les lieux où ils sont menés. Ils mettent, par ailleurs, en évidence les défis associés, tels que la “généralisabilité” des résultats, les biais de publication et l’efficacité opérationnelle. Ils soulignent enfin l’importance des preuves issues de la pratique en vie réelle, pour mieux évaluer la valeur des algorithmes d’IA dans les soins.

    Résultats :

    • un intérêt croissant pour l’utilisation de l’IA en pratique clinique dans le monde : les essais cliniques ont doublé entre 2021 et 2023 ;
    • cet intérêt porte principalement sur l’imagerie médicale, en particulier en gastroentérologie et en radiologie générale ;
    • les Etats-Unis et la Chine sont les deux leaders mondiaux en nombre d’essais menés entre 2018 et 2023, avec 27 et 26 essais respectivement ;
    • la majorité de ces essais cliniques font état de résultats favorables en termes de diagnostic ;
    • certains essais mettent en lumière une préoccupation en matière d’efficacité opérationnelle : les systèmes d’IA peuvent aussi bien rationnaliser que compliquer les flux de travail ;
    • un biais concernant les premières publications est souligné : certains résultats d’essais cliniques peuvent avoir été exagérés ce qui compromettrait la preuve objective de l’efficacité de l’IA dans la pratique clinique.

     

    Ainsi, les auteurs insistent sur la nécessité de réaliser davantage d’essais cliniques multicentriques, en prenant en considération des mesures de résultats plus diversifiées et relatives au patient.

    Répartition géographique des essais

    61 % des essais cliniques randomisés évaluant l’usage de l’IA en pratique clinique ont donc été menés dans 2 pays : les États-Unis et la Chine. Aux USA, les essais ouvrent diverses spécialités, tandis qu’en Chine, une partie importante de ces essais est liée à l’usage d’algorithmes de deep learning basés sur la vidéo en gastro-entérologie. Les pays européens ont également participé à des essais, le plus souvent dans le cadre de collaborations multinationales.

    Pour les auteurs de l’article du Lancet, cette concentration du nombre d’études réalisées dans une poignée de pays montre le besoin d’une coopération internationale plus large et d’une diversification dans les applications cliniques de l’IA.

    Répartition géographique des essais cliniques randomisés sur l’IA, entre 2018 et 2023, selon la spécialité médicale. – @ Han et al, 2024.

    65 % des essais en gastro-entérologie menés par 3 entités :

    Parmi les 86 essais cliniques inclus dans cette “scoping review“, 37 (soit 43 %) étaient liés à la gastro-entérologie. Tous les essais en gastro-entérologie ont testé des algorithmes de deep learning basés sur la vidéo dans le but d’assister les cliniciens.

    Quasiment tous les essais en gastro-entérologie ont mesuré un critère d’évaluation principal lié au diagnostic, tels que le taux de détection ou le taux d’erreur. Par ailleurs, 27 essais en gastro-entérologie ont été menés par seulement 4 organisations : l’université de Wuhan, Wision AI, Medtronic et Fujifilm.

    Mise en perspective de l’étude

    Plusieurs limites aux études portant sur l’usage de l’IA dans la pratique clinique ont été mises en avant par les auteurs de cette revue, notamment :

    🚩 le biais de publication : les essais avec des résultats positifs sont plus susceptibles d’être publiés et communiqués, ce qui peut fausser la perception globale de l’efficacité de l’IA dans la pratique clinique – en effet, le nombre d’essais impliquant l’IA peut être plus élevé et les résultats négatifs ne sont pas forcément publiés dans des journaux scientifiques ;

    🚩 l’efficacité opérationnelle : les résultats concernant l’efficacité opérationnelle varient selon les spécialités, avec un nombre important d’essais rapportant des augmentations ou des diminutions du temps opérationnel – cela met en évidence le potentiel des systèmes d’IA autant pour simplifier que pour compliquer les flux de travail des soignants (les auteurs soulignent que la réussite de l’adoption des outils d’IA en routine clinique dépendra de facteurs tels que l’efficacité opérationnelle, la rentabilité et le niveau de formation requis, tout autant que de la performance du système d’IA) ;

    🚩 et la généralisabilité : la prédominance des essais menés dans un seul pays (Etats-Unis ou Chine), ainsi que le manque de diversité démographique dans ces mêmes études, soulèvent des inquiétudes quant à la représentativité des résultats – les auteurs posent la question de la généralisation de ces systèmes d’IA, car les preuves que ces derniers peuvent apporter pourraient être biasiées.

    * Randomised controlled trials evaluating artificial intelligence in clinical practice: a scoping review

    Ryan Han, Julián N Acosta, Zahra Shakeri, John P A Ioannidis, Eric J Topol, Pranav Rajpurkar

    The Lancet Digital Health, May 2024, DOI: https://doi.org/10.1016/S2589-7500(24)00047-5