Des recommandations pour prévenir les dangers
Alors que l’utilisation des neurotechnologies, telle que la médecine bioélectronique ou l’imagerie cérébrale, est de plus en plus importante à cause de l’augmentation des personnes atteintes de troubles mentaux (1 personne sur 8 dans le monde) ou de maladies neurologiques (1 personne sur 3), l’aspect éthique de cette utilisation est aussi questionné. Après s’être penché sur cette question dans un rapport publié en 2021, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), souhaite mettre en place un instrument international pour développer un cadre autour de l’éthique des neurotechnologies.
Lors de la 42e session de la conférence générale de l’Unesco qui s’est tenue en novembre 2023, la Directrice générale de l’organisation, Audrey Azoulay, a rappelé les principaux dangers des neurotechnologies, à savoir la manipulation et l’émulation du cerveau ou encore leur combinaison avec l’intelligence artificielle qui peut “devenir une menace pour les notions d’identité et de dignité humaines, de liberté de pensée, d’autonomie, de vie privée et de bien-être”. Pour contrôler l’utilisation des neurotechnologies et bâtir un cadre éthique, elle a profité de cette conférence pour convoquer un groupe multidisciplinaire de 24 experts de haut niveau (GEAH), afin de préparer un premier projet de la recommandations sur la question.
Un texte international adopté en 2025 ?
Après avoir mis l’accent sur cinq grands défis éthiques – que sont l’intégrité cérébrale/mentale et la dignité humaine, l’intégrité personnelle et la continuité psychologique, l’autonomie, l’intimité mentale, l’accessibilité et la justice sociale – et avoir invité les états membres de l’organisation à garantir le respect des droits cérébraux par le biais de ses recommandations dans son rapport de 2021, l’Unesco est sur le point de franchir une nouvelle marche en matière d’éthique des neurotechnologies. En effet, les 24 experts convoqués par Audrey Azoulay en novembre 2023 se sont réunis du 22 au 26 avril 2024 à Paris au siège de l’Unesco pour commencer à préparer ce premier projet.
Cette préparation devrait continuer jusqu’au mois de juillet par le biais de consultations mondiales, régionales et nationales en vue de “recueillir les avis d’un large éventail de parties prenantes clés et d’intégrer des perspectives pluralistes dans le projet de recommandation, garantissant ainsi un processus d’élaboration ouvert et inclusif”, avant la deuxième réunion à Paris du GEAH en août 2024.
L’étape suivante sera la communication aux états membres de l’Unesco du premier projet d’instrument normatif, d’ici septembre 2024, “ouvrant ainsi le processus de consultation intergouvernementale qui se déroulera jusqu’en 2025”. Quatre ans après la première étape de ce projet éthique sur les neurotechnologies, l’Unesco indique que “le texte final de la recommandation sera présenté pour adoption en novembre 2025 lors de la 43e session de la conférence générale” par les 194 pays membres de l’organisation.

