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  • Etude : l’introduction de l’IA dans la pratique clinique peine, faute de cadre (Plos)

    L’IA en santé est à la traîne

    Les études sur la performance de l’intelligence artificielle (IA) en matière de santé ne manquent pas. Pourtant, à ce jour, seuls 600 outils d’IA ont été approuvés par la Food and Dru Administration (FDA). L’utilisation en pratique clinique est à la peine, comme le prouve le peu d’offres d’emploi dans le domaine de la santé exigeant des compétences en IA. Selon une étude portant sur la période 2015/2018, seuls 1250 offres exigeaient une telle compétence. Pour favoriser l’utilisation de l’IA en santé dans de bonnes conditions, des guidelines sont nécessaires.

    C’est pourquoi une équipe internationale de chercheurs a mené une revue systématique sur le sujet. Leur recherche bibliographique a donc pour but d’identifier des articles recommandant des pratiques, des cadres ou des lignes directrices pour l’acquisition, l’intégration, la surveillance et l’évaluation des outils d’IA. En effet, la mise en œuvre des outils d’IA est un processus en plusieurs phases qui implique tout d’abord « un processus de recherche avant l’intégration d’un outil d’IA, y compris les décisions de construire ou d’acheter l’outil, écrivent les chercheurs. L’intégration nécessite ensuite le déploiement d’un outil d’IA et son incorporation dans les flux de travail cliniques existants. La surveillance et l’évaluation se produisent après l’intégration et impliquent le suivi des métriques de performance de l’outil, la détermination de l’impact de l’intégration de l’outil et sa modification au besoin pour garantir qu’il continue de fonctionner au niveau de performance initialement prévu », poursuivent ces derniers.

    Ensuite, les données extraites de ces travaux ont été classées en fonction d’un outil d’évaluation de la qualité des soins : le cycle « Plan, Do, Study, Act », soit les étapes correspondant au fait de planifier, de développer, d’étudier puis d’ajuster un outil. La recherche a permis d’identifier 17 537 articles uniques, dont seulement 25 ont été inclus dans la revue.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 29 mai dans la revue Plos Digital Health.

    Résultats : un manque de recommandations sur les phases de l’aval

    • Des thèmes communs à ces différents cadres d’implémentation ont été relevés : la transparence, l’intégration dans les flux de travail existants, la validation de l’outil à l’aide d’indicateurs de performance prédéfinis et l’amélioration de l’algorithme et/ou l’ajustement de l’outil pour améliorer les performances.
    • Parmi les 4 domaines (Plan, Do, Study, Act), le domaine le plus courant était le Plan (84%), suivi par le Study (60%), le Do (52%), et le Act (24%).
    • Parmi les 172 auteurs, seulement 1 provenait d’un pays à faible revenu et 2 de pays à revenu intermédiaire.

    La justification de l’utilisation de l’IA trop peu abordée

    Les cadres visant à la mise en œuvre pratique de l’IA dans des contextes cliniques se concentrent clairement sur le « plan » et le « study ». Autrement dit les phases amont d’une implémentation. Pour les auteurs de l’étude, c’est « encourageant » dans la mesure où cela « peut aider à atténuer les risques potentiels liés à l’intégration des algorithmes, tels que le changement de jeu de données, l’ajustement accidentel des variables confondantes et les différences dans les métriques de performance dues à la généralisation à de nouvelles populations. » « Minimiser les effets indésirables » est, dans le domaine de la santé, une très forte exigence. Cependant, même dans cette phase amont, les chercheurs soulignent des lacunes. La justification de l’utilisation et la responsabilité légale en cas de préjudice n’étaient que très peu abordées, ce qui aux yeux des chercheurs rend « l’adoption de l’IA peu probable ».

    Dans le domaine Study, le thème le plus courant était la validation par rapport à des indicateurs de performance prédéfinis. En revanche, l’expérience utilisateur était relativement absente. « Seul un petit nombre d’études se sont concentrées sur l’acceptabilité par les utilisateurs, la formation des utilisateurs et les exigences en matière d’expertise technique, qui sont des facilitateurs clés d’une intégration réussie », regrettent-ils. Autre point faible mentionné : seulement 6 articles portaient sur l’amélioration de l’outil d’IA après intégration.

    Des guidelines peu généralisables aux pays à faible revenu

    Les chercheurs ont également tenu à souligner que les cadres existants ont été développé dans des pays riches, et donc pour des environnements riches en ressources et en capacités. Par conséquent, ces guidelines ne peuvent pas être généralisables ou applicables dans des pays à revenu faible ou intermédiaire.

    Enfin, ils pointent du doigt un autre aspect qui ralentit la mise en pratique de l’IA dans la santé : le décalage entre les développeurs et les utilisateurs finaux. « L’absence de ces “facilitateurs” de la technologie de l’IA signifie que la technologie émergente de l’IA pourrait rester confinée à une minorité de premiers adoptants, avec très peu d’outils gagnant une traction généralisée », prédisent les chercheurs.

     

    * Frameworks for procurement, integration, monitoring, and evaluation of artificial intelligence tools in clinical settings: A systematic review

    Sarim Dawar Khan, Zahra Hoodbhoy, Raja MHR, Kim JY, Hogg HDJ, Manji AAA, et al. (2024)

    PLOS Digit Health 3(5): e0000514. DOI: 10.1371/journal.pdig.0000514

  • Le dispositifs numériques « cuffless » pour la mesure de la pression artérielle : une solution d’avenir ?

    Actuellement, la méthode de référence pour la mesure de la pression artérielle est réalisée, au cabinet ou au domicile, par mesure de variation de pressions. En comprimant puis relâchant la pression sur l’artère à l’aide d’un brassard, on peut mesurer la contre-pression artérielle en écoutant les variations de bruit induites. Les tensiomètres utilisent différentes méthodes : en cabinet, automesure, auscultatoire automatisée… Les tensiomètres automatiques sont tous validés et leur usage est recommandé par la Société européenne d’hypertension (ESH), la Société européenne de cardiologie (ESC) et la Haute autorité de santé (HAS) depuis deux décennies.

    Le cuffless et la photopléthysmographie

    La photopléthysmographie (PPG),  terme proposé pour représenter les changements volumétriques de la vascularisation au niveau de la peau, est une technique de mesure optique non invasive permettant de détecter les variations locales du volume sanguin capillaire dans les tissus.

    Ces variations sont dues à la nature pulsatile du système circulatoire. La PPG génère une onde pulsatile, très similaire à celle obtenue lors de la prise de tension par analyse des variations de pression. La PPG en fait une technique connue depuis longtemps, mais pour obtenir des pressions, y a été associé des algorithmes, voire de l’intelligence artificielle, de la gestion, de la data. Différents types de capteurs sont utilisés pour réaliser ces mesures de PPG : bague, bracelet, montre, webcam…

    D’après le Pr Xavier Girerd, président de la Fondation de recherche sur l’hypertension artérielle (FRHTA), tous ces appareils n’en sont pas au même stade de la validation, et/ou de la commercialisation en 2024. C’est, d’après lui le bracelet Aktiia qui est le plus avancé, mais ses concepteurs doivent encore résoudre quelques points pour leur bon fonctionnement. Les montres connectées (même de marques très connues – Google a arrêté de proposer ce dispositif pour la tension) sont encore loin derrière concernant leur validation.

    Intérêt de la PPG :

    Le Pr Girerd voit plusieurs intérêts à cette technique de mesure (en particulier le bracelet AKTIIA qu’il a testé) qui permet :

    • une facilité d’utilisation ;
    • des mesures aujourd’hui fiables ;
    • des mesures quasi continues pendant des jours, semaines ou mois ;
    • de vraies mesures nocturnes (sans réveiller le patient) : c’est une nouvelle donnée particulièrement importante :
      • L’hypotension nocturne est une donnée importante du pronostic cardiaque ;
      • Les données nocturnes sont mal connues, c’est un nouveau domaine à explorer ;
    • le suivi précis de l’effet d’un nouveau traitement antihypertenseur.

    Mais restent des aspects à adresser :

    • la complexité de la calibration mensuelle du système (qui reste dédié à un seul patient) ;
    • pas de mesure possible pendant le sport, pendant les mouvements du bras ou des doigts ;
    • la lassitude des patients qui ressentent au bout d’un moment le système comme un fil à la pate ;
    • pas d’accès aux données sources…

    Une technique pas encore suffisamment validée

    En 2023 les experts Européens de l’ESH ont considéré que ces tensiomètres de nouvelle génération (les montres, les bracelets, les bagues, les caméras de visage) n’entraient pas encore dans la catégorie des « appareils médicaux validés » pour la mesure de la pression artérielle. Leur usage n’est donc pas actuellement recommandé pour réaliser le diagnostic ou la surveillance d’une hypertension artérielle. Pour le Pr Girerd, ces techniques de mesure pourraient devenir la norme dans une dizaine d’années.

    Des validations complémentaires seront nécessaires avant de pouvoir en recommander l’usage pour le soin médical.

    Peut être l’IA pourra-t-elle apporter des solutions de validation et calibrage plus solides que celles actuellement utilisées.

    Exemple de système cuffless : la bracelet Aktiia 

    Le kit Aktiia est composé du bracelet, d’un brassard pour calibrer le bracelet au patient utilisateur, et d’une app lisible sur son mobile.

    La calibration est nécessaire, pour mettre à l’échelle la courbe de volume (obtenue par PPG), et la courbe de pression, référence obtenue avec le brassard. Cette calibration reste complexe, en particulier chez les hypertendus, et est des points d’attention des sociétés savantes.

    👉 Un focus sur la solution d’Aktiia est accessible sur ce lien.

     

  • Numérique et hypertension artérielle : une dynamique naissante mais une adoption encore faible

    Quelles opportunités du numérique dans l’HTA ?

    Seulement 1 % des sujets avec une HTA traitée déclare utiliser une application dédiée à la prise en charge de cette maladie, selon une enquête de la Fondation de recherche sur l’Hypertension Artérielle(FRHTA) datant de 2022. Pourtant, de nombreuses applications mobiles dédiées existent. Souvent disponibles en anglais, certaines de ces solutions affichent de très hauts taux de chargement.

    Que pourrait aujourd’hui apporter le numérique aux patients hypertendus, au-delà des brassards de tension connectés, largement utilisés ? Quelles sont les applications et outils disponibles qui font sens ? La FRHTA a cherché à répondre à ce point et a développé avec l’éditeur Solutions santé digitale un certain nombre d’outils numériques, qu’a décrit le Pr Xavier Girerd dans un entretien exclusif avec Health & Tech Intelligence.

    Les différentes solutions proposées

    📌 Suivi des patients :

    Les solutions mettent à disposition des patients et des professionnels des solutions simples et didactiques, numérisant les outils existants (échelle de Girerd pour l’observance avec EvalObs et EvalObs Pro, évaluation de risques d’hypertension avec PredictHTA), mais aussi chatbot pour apporter des réponses aux patients, et de nombreuses vidéos en ligne pour apporter une information qualifiée aux patients et professionnels.

    L’application Suivi HTA permet d’accompagner le patient au quotidien dans le suivi de sa pathologie et la prise de tension correcte, avec conseils adaptés.

    Lancée dans sa première version en 2020, l’application SuiviHTA en est, en 2023 à plus de 180 000 téléchargements et 100 000 utilisateurs actifs. Didactique et simple d’utilisation, elle permet :

    • de réaliser une automesure ou l’autotest de la tension, selon les bonnes pratiques ;
    • de recevoir des conseils adaptés ;
    • de disposer d’une analyse et d’un rapport sur sa tension ;
    • d’envoyer le rapport de tension (en pdf) à son médecin par messagerie ;
    • et de conserver l’historique des données sur sa tension.

    Une demande pour l’inscription de SuiviHTA au catalogue de Mon Espace Santé a été déposée en 2022.

    📌 Téléexpertise :

    Utilisant l’outil Omnidoc, le Pr Xavier Girerd propose des téléexpertises aux professionnels. Il constate que cette pratique, très peu utilisée il y a quelques années (quelques téléexpertises par an) monte actuellement en puissance (quelques téléexpertises par semaine) du fait de la difficulté de l’accès aux spécialistes dans certaines régions de France.

    📌 Intelligence artificielle (IA) :

    Le Pr Girerd attend beaucoup de l’IA, utilisée avec les tensiomètres automatiques, pour synthétiser les données du patient, et faire gagner du temps aux professionnels.

    📌 Autres exemples :

    D’autres solutions ont été développées et proposées par des professionnels de santé, comme Hy-Résult (numérisation des feuilles de suivi de l’hypertension avec adaptation et personnalisation (8 paramètres) des seuils de normalité aux patients). Des solutions pour l’observance (rappels sms par exemple) ont également été expérimentées.

    👉 Pour accéder à la cartographie H&TI des solutions numériques destinées à l’HTA, cliquez ici.

    Attendre la maturité des acteurs ?

    Pour le Pr Girerd, il faut attendre une trentaine d’année pour que habitudes changent, et que l’adoption de nouveaux outils passent réellement dans la pratique.  L’arrivée de solutions très conviviales et personnalisées, utilisant l’IA pourrait peut être aider à accélérer ces usages, restent à valider également les modèles financiers associés.

     

  • IA : le bracelet connecté d’Aktiia pour le suivi continu de la pression artérielle

    Une surveillance continue et non invasive

    Aktiia utilise des capteurs photopléthysmographiques (PPG) pour mesurer la pression artérielle en continu, offrant une alternative confortable et précise aux méthodes traditionnelles. Ces capteurs, intégrés dans un bracelet, émettent de la lumière Led qui pénètre la peau et permet de détecter les variations du volume sanguin. Les données collectées sont ensuite traitées par des algorithmes pour fournir des mesures précises de la pression artérielle systolique et diastolique. Le dispositif, composé d’un bracelet et d’une application mobile, permet de mesurer la pression artérielle de manière non intrusive. Cette solution évite l’inconfort et les interruptions fréquentes liées aux brassards gonflables, tout en fournissant des données plus représentatives des conditions de vie quotidienne.

    L’entreprise rapporte des résultats positifs à la suite de plusieurs études cliniques visant à valider la précision et la fiabilité de sa solution. Elle déclare que les mesures de pression artérielle qu’elle réalise sont comparables à celles des appareils de référence utilisés en milieu clinique.

    Une amélioration de l’adhésion des patients :

    Le bracelet Aktiia, facile à porter et à utiliser, favoriserait une meilleure adhésion des patients au suivi de leur tension artérielle, réduisant ainsi les oublis et l’inconfort. Contrairement aux appareils traditionnels qui nécessitent des manipulations complexes et peuvent être gênants à utiliser en public, Aktiia se porte comme un accessoire de poignet assurant une surveillance constante et fiable. Les données sont automatiquement synchronisées avec une application mobile, éliminant la nécessité de noter manuellement les mesures, ce qui simplifie le suivi et le partage des informations avec les professionnels de santé.

    Un meilleur suivi grâce aux données :

    Les mesures prises par Aktiia sont enregistrées en continu, offrant une vue d’ensemble des fluctuations de la pression artérielle au cours de la journée et de la nuit. Cette richesse de données permet de détecter des schémas et des variations que les mesures ponctuelles en cabinet pourraient manquer.

    Tableau comparatif des méthodes de mesure de la pression artérielle - @ Aktiia
    Tableau comparatif des méthodes de mesure de la pression artérielle – @ Aktiia

    Le monitoring ambulatoire de la pression artérielle :

    Des études récentes montrent que la mesure de la pression artérielle à domicile ou en ambulatoire est plus fiable pour prédire les événements cardiovasculaires. L’étude Jamp (Japan Ambulatory Blood Pressure Monitoring Prospective), cette étude a examiné comment l’hypertension nocturne et ses schémas sont liés aux événements cardiovasculaires, y compris l’insuffisance cardiaque, chez les patients hypertendus. Les résultats indiquent que des niveaux élevés de pression artérielle la nuit et des schémas anormaux de pression nocturne sont associés à un risque accru de problèmes cardiovasculaires, soulignant l’importance de surveiller et de traiter la pression artérielle nocturne. Dans un contexte où la surveillance nocturne, souvent ignorée, peut révéler des épisodes d’hypertension nocturne cliniquement significatifs, l’intégration des données d’Aktiia avec les dossiers patients informatisée (DPI) permet une analyse approfondie des chiffres artériels et une personnalisation des traitements.

    Synchronisation des données par bluetooth :

    Le tensiomètre Aktiia se connecte par Bluetooth à une application mobile, permettant la synchronisation des données de tension artérielle et leur visualisation. Pendant que l’utilisateur mène ses activités quotidiennes, Aktiia prend des mesures toutes les heures en arrière-plan. Le port continu du tensiomètre permet ainsi de surveiller la pression artérielle en permanence via l’application, offrant une vue d’ensemble de l’impact des actions de l”utilisateur sur sa tension et sa santé cardiovasculaire. Collectées 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, les données permettent de mettre en évidence les tendances à long terme en fonction des changements d’habitudes. L’utilisateur peut aisément générer et partager des rapports numériques avec son médecin pour évaluer l’efficacité de son programme de gestion de l’hypertension.

    Avec plus de 300 millions de points de données collectés à travers le monde, la base de données sur la pression artérielle d’Aktiia augmente rapidement avec le temps, créant d’innombrables opportunités pour l’apprentissage profond sur les tendances et les modèles de santé publique.

    Fonctionnement du bracelet d’Aktiia :

    Fonctionnement de la solution - @ Aktiia
    Fonctionnement de la solution – @ Aktiia

    Un DM proposé au prix de 230 €

    La collecte de données sur la pression artérielle et la modélisation par apprentissage automatique proposée par Aktiia sont fondées sur plus de 20 ans de recherche. Utilisant l’intelligence artificielle, Aktiia fournit “des données personnalisées, continues et de qualité médicale sur la pression artérielle et le rythme cardiaque”. Grâce à son accessibilité et son efficacité pratique, cette technologie est actuellement utilisée par plus de 60 000 clients et des dizaines d’organisations dans le monde.

    Le tensiomètre Aktiia est proposé au prix de 229,99 euros. Le bracelet, disponible en trois coloris différents, est vendu au prix de 39,99 euros. Marqué CE, il est disponible sur sept marchés européens et approuvé en tant que dispositif médical (DM) dans 44 pays. Il est directement commercialisé auprès des consommateurs.

    Aktiia vise à convaincre les médecins et les assureurs de l’efficacité de son produit, espérant que son produit pourra, à terme, être remboursé par l’Assurance maladie. Selon Olivier Grossenbacher, Core technology lead chez Aktiia, l’entreprise travaille également à perfectionner son produit et à s’implanter sur de nouveaux marchés, notamment aux États-Unis.

    315 Mds€, coût annuel mondial de l’HTA

    Environ 30 % des adultes souffrent d’hypertension, mais 50 % d’entre eux n’en sont pas conscients. De plus, parmi ceux qui ont été diagnostiqués, 50 % ne parviennent pas à maîtriser leur hypertension. Face à cette situation, les directives récentes de la Société européenne d’hypertension et de la Société européenne de cardiologie recommandent de mesurer plus fréquemment la pression artérielle en dehors du cabinet médical pour plusieurs raisons :

    • le diagnostic de l’hypertension artérielle repose souvent sur des mesures éparses et non représentatives, ce qui peut nuire à la précision ;
    • le stress ressenti au cabinet médical peut entraîner des mesures anormalement élevées de la pression artérielle ;
    • certains patients souffrant d’hypertension ne sont pas détectés lors de visites épisodiques au cabinet médical ;
    • et le contrôle fréquent permet une gestion optimale de la santé.

     

  • État des lieux de l’hypertension artérielle : épidémiologie, facteurs de risques, médicaments remboursés…

    Chiffres clés de l’hypertension artérielle

    L’HTA est une maladie chronique caractérisée par une pression sanguine constamment élevée dans les artères. Elle est généralement définie par une pression systolique supérieure ou égale à 140 mmHg et/ou une pression diastolique supérieure ou égale à 90 mmHg (pour les patients de moins de 80 ans), mesurées lors de plusieurs consultations. Selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), publié en 2023 et intitulé “Global report on hypertension: the race against a silent killer” :

    • en 2019, la prévalence de l’hypertension parmi les adultes âgés de 30 à 79 ans était de 33 % (32 % dans les pays riches et 34 % dans les pays pauvres), ce qui représente environ 1,3 milliard de personnes souffrant de cette condition à travers le monde ; 
    • seulement 23 % des personnes hypertendues reçoivent un traitement efficace pour contrôler leur pression artérielle ; 
    • on estime que 10 millions de décès chaque année sont attribuables à des complications de l’hypertension, telles que les maladies cardiovasculaires ; 
    • augmenter le pourcentage de personnes dont l’hypertension est sous contrôle à l’échelle mondiale à 50 % empêcherait 76 millions de décès entre 2023 et 2050 ; 
    • une réduction de l’apport en sel de 30 % à l’échelle mondiale pourrait prévenir environ 1,7 million de décès par an liés à l’hypertension ; 
    • seulement 40 % des pays ont mis en place des systèmes de surveillance efficaces pour suivre la prévalence de l’hypertension et l’efficacité des interventions.

    Ces données soulignent l’urgence d’intensifier les efforts mondiaux pour améliorer la prévention, le diagnostic et le traitement de l’HTA. Il s’agit, en effet, de la maladie chronique la plus fréquente dans le monde. Souvent asymptomatique, elle est connue comme un “tueur silencieux” en raison de son association avec un risque accru de divers maladies : 

    • les maladies cardiovasculaires ; 
    • les accidents vasculaires cérébraux (l’HTA est responsable de 62 % des AVC selon l’OMS) ; 
    • l’insuffisance rénale ; 
    • et des maladies neurodégénératives telles que la maladie d’Alzheimer.

    Des objectifs mondiaux fixés par l’OMS en 2023 :

    En août 2023, l’Organisation mondiale de la santé a établi une série d’objectifs mondiaux pour la prévention et le contrôle des maladies non transmissibles, incluant des cibles spécifiques pour l’hypertension artérielle (HTA). Parmi ces objectifs figure une réduction relative de 25 % de la prévalence de l’HTA ou la stabilisation de sa prévalence d’ici 2025. Ces objectifs sont intégrés dans un cadre plus large visant à réduire les facteurs de risque associés à l’HTA, tels qu’une réduction de 30 % de la consommation de sel et une diminution de 30 % de l’usage du tabac. L’OMS vise également une réduction de 20 % de la consommation nocive d’alcool et une réduction de 15 % de l’insuffisance d’activité physique. En plus de ces objectifs, il est prévu que 50 % des personnes éligibles, notamment celles âgées de 40 ans et plus avec un risque cardiovasculaire élevé, reçoivent des traitements et des conseils pour prévenir les crises cardiaques et les AVC. Enfin, l’OMS aspire à garantir une disponibilité de 80 % des technologies de base et des médicaments essentiels pour le traitement de l’HTA dans les établissements de santé publics et privés.

    En France, 17 millions de personnes concernées

    Le panorama 2023 de Santé publique France sur l’HTA montre que cette maladie touche un adulte sur trois en France, soit 17 millions de personnes de plus de 18 ans. Parmi les hypertendus, seulement un sur deux reçoit un traitement pharmacologique, et un sur quatre parvient à contrôler sa pression artérielle. De plus, un hypertendu sur deux ignore qu’il souffre de cette condition. Chaque année, 1,6 million de Français commencent un traitement contre l’HTA, et 84 % de la population a une mesure de la pression artérielle au moins une fois par an. Parmi ceux qui sont traités, 60 % suivent une monothérapie, mais 93 % des patients expriment des réserves lors de la prescription de traitements antihypertenseurs. En termes de suivi médical, 11 % des hypertendus sont suivis par un cardiologue et les hypertendus consultent en moyenne dix fois par an chez leur généraliste. Malgré cela, seulement 43 % des patients reçoivent des conseils hygiéno-diététiques et 40 % des hypertendus traités sont observants. 

    Les femmes et les + de 65 ans sont les plus touchés :

    L’HTA est une maladie longtemps silencieuse, ce qui rend difficile d’avoir une estimation précise du nombre de personnes qui en souffrent. Selon l’étude ENNS (étude nationale nutrition santé), seuls 50 % des adultes ayant une pression artérielle élevée sont au courant de leur hypertension. La mesure de la prévalence passe donc par la mesure du nombre de personnes traitées par médicament anti-hypertenseur.

    L’hypertension artérielle constitue l’affection cardiovasculaire la plus fréquente selon l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), touchant environ 20 % de la population adulte. L’âge est facteur d’augmentation de l’incidence, qui atteint 40 % chez les personnes âgées de 65 ans et 90 % chez celles de 85 ans.

    🔍 Prévalence, connaissance, traitement et contrôle de l’HTA par âge et sexe en France :

    Source : Bulletin épidémiologique hebdomadaire, Santé publique France (16 mai 2023)

    Une prévalence élevée chez les femmes dans les Drom :

    Le Baromètre de Santé publique France 2021, mené auprès des populations des quatre départements et régions d’Outre-mer (Drom), a révélé une prévalence déclarée de l’hypertension artérielle (HTA) plus élevée dans les Drom qu’en métropole. Notamment, la Martinique affiche un taux de 31,5 % et la Guadeloupe de 29,39 %, avec une prévalence plus marquée chez les femmes. La proportion de patients traités par un médicament antihypertenseur parmi les adultes se déclarant hypertendus ne variait ni selon le territoire, ni selon le sexe, dépassant les 80 % comme en métropole. Entre 65 % et 73 % des adultes hypertendus dans les Drom déclaraient avoir reçu des conseils pour modifier leur mode de vie, contre 58,5 % en métropole. En Guyane, 51,5 % des hypertendus possédaient un appareil d’automesure tensionnelle à domicile, comparé à 53,8 % à La Réunion et plus de 70 % en Guadeloupe et en Martinique.

    Malgré que la prévalence de l’HTA reste très élevée dans les Drom et particulièrement chez les femmes, on constate que la prise en charge ne différait pas de la métropole avec plusieurs indicateurs comme la dispensation de conseils hygiénodiététiques ou la possession d’appareil d’automesure tensionnelle qui y sont plus fréquents dans certains Drom. Compte tenu de la fréquence et de la gravité de ses complications, l’HTA constitue un enjeu important pour une amélioration de la santé dans les Drom avec un effort tout particulier de prévention nutritionnelle à fournir chez les femmes.

    Comorbidités chez les patients hypertendus :

    Parmi les personnes traitées par antihypertenseurs en 2021, une large proportion présente des comorbidités significatives :

    • 26 % des patients ont également un traitement hypolipémiant ;
    • 21 % sont sous traitement psychotrope ;
    • 12 % des personnes sous traitement antihypertenseur ont également un cancer…

    🔍 Graphique témoignant de la complexité de la prise en charge des patients hypertendus, souvent confrontés à de multiples pathologies chroniques :

    Source : Sniiram/SNDS (tous régimes confondus)

    🔍 16 chiffres clés de l’hypertension :

    Panorama 2023 de l'HTA - @ Santé publique France
    Panorama 2023 de l’HTA – @ Santé publique France

    HTA “essentielle” et facteurs de risques

    Dans la grande majorité des cas, il est difficile de déterminer une cause précise de l’hypertension artérielle, aussi appelée HTA essentielle. Cependant, divers facteurs peuvent en favoriser l’apparition :

    📌 90 % des octogénaires touchés :

    Parmi les facteurs non modifiables, l’âge joue un rôle prépondérant. En vieillissant, la paroi des artères perd de sa souplesse, augmentant ainsi le risque d’hypertension. En effet, environ 40 % des personnes âgées de 65 ans et 90 % des octogénaires sont touchées par l’HTA. De plus, certaines populations, comme les Antillais et les personnes originaires du sud de l’Asie, sont plus susceptibles de développer cette condition. Les antécédents familiaux représentent également un facteur de risque important, certaines formes héréditaires d’HTA étant bien documentées.

    📌 Réduire la consommation de sel, d’alcool et de réglisse :

    L’alimentation joue un rôle crucial dans la gestion de la tension artérielle. Une consommation excessive de sel, souvent caché dans des aliments tels que le pain, les conserves et les produits industriels, peut favoriser l’HTA. Réduire le sel ajouté aux repas et à l’eau de cuisson est une mesure préventive efficace. Par ailleurs, une consommation excessive d’alcool et de réglisse est également associée à une augmentation de la tension artérielle. Le surpoids, l’obésité, et les anomalies du cholestérol sanguin sont des facteurs contributifs. 

    📌 Sédentarité excessive et stress comme facteurs aggravant :

    Le mode de vie influence également la tension artérielle. Une activité physique insuffisante et une sédentarité excessive augmentent le risque d’HTA. En revanche, pratiquer régulièrement une activité physique contribue à la réduction de la pression artérielle. Enfin, la consommation de tabac et un mode de vie stressant sont des facteurs aggravants qu’il est important de contrôler pour prévenir l’HTA.

    Facteurs de risque de l’HTA selon l’Inserm – @ Health & Tech Intelligence

    10 % des cas sont liés à une autre maladie :

    Selon l’Assurance maladie, beaucoup plus rarement, l’HTA est dite « secondaire » et peut être causée par diverses maladies comme par exemple  : 

    • une maladie des reins ou des glandes surrénales ; 
    • la prise de certains médicaments (corticoïdes, antidépresseurs…) ;
    •  la consommation de substances toxiques (cannabis, cocaïne) ;
    • un syndrome d’apnées du sommeil, particulièrement chez les personnes souffrant d’obésité…

    Dans ces cas, le traitement de la condition sous-jacente peut aider à réduire la pression artérielle.

    Prise en charge de la maladie

    3 nouvelles recommandations :

    Les recommandations 2023 introduisent plusieurs nouveautés importantes pour la gestion de l’HTA :

    1️⃣ Pour les patients dont le débit de filtration glomérulaire (DFG) est inférieur à 30 ml/min/m², il est désormais recommandé d’effectuer un double blocage en utilisant à la fois un diurétique de l’anse et un diurétique thiazidique (niveau de recommandation IIB).

    2️⃣ Pour les patients souffrant d’HTA résistante, prouvée malgré une trithérapie bien conduite et sans cause secondaire, la dénervation rénale peut être envisagée si le DFG est supérieur à 40 ml/min/m² (niveau de recommandation IIB).

    3️⃣ Enfin, le patient peut désormais choisir l’heure de prise de son traitement antihypertenseur, offrant ainsi une plus grande flexibilité. Les médecins sont également encouragés à simplifier les ordonnances en limitant le nombre de comprimés et de prises par jour pour améliorer l’observance thérapeutique.

    Prise en charge de l'HTA chez l'adulte, hors grossesse - @ HAS, SFHTA
    Prise en charge de l’HTA chez l’adulte, hors grossesse – @ HAS, SFHTA

    L’enjeu de l’observance médicamenteuse :

    Le baromètre 2021 de Santé publique France identifiait les 10 raisons les plus fréquentes chez les patients hypertendus qui avaient déclaré ne pas prendre systématiquement leur traitement :

    Source : enquête Baromètre de Santé publique France, 2021

    La place des médicaments génériques :

    Les thérapies initiales pour l’HTA incluent des modifications du mode de vie, telles qu’une alimentation équilibrée, une réduction de la consommation de sel, une augmentation de l’activité physique et la gestion du stress. Si ces mesures s’avèrent insuffisantes, des médicaments antihypertenseurs sont prescrits. Les principales classes de médicaments utilisées sont les diurétiques thiazidiques, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (IEC), les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II (ARA II), les inhibiteurs calciques et les bêta-bloquants.

    La dénervation rénale dans les cas les plus sévères :

    Les patients présentant une HTA résistante malgré une thérapie combinée optimale, des interventions plus invasives peuvent être envisagées. Parmi celles-ci, la dénervation rénale est une procédure prometteuse face à cette forme d’HTA qui ne répond pas de manière adéquate aux traitements pharmacologiques standard et aux modifications du mode de vie, nécessitant des approches thérapeutiques alternatives. Cette technique consiste à utiliser des ondes radiofréquences pour détruire les nerfs sympathiques situés autour des artères rénales, réduisant ainsi l’activité nerveuse qui contribue à l’élévation de la pression artérielle. La dénervation rénale est réservée aux cas d’HTA les plus sévères et résistants aux traitements conventionnels.

    La procédure de dénervation rénale consiste à interrompre l’innervation sympathique des reins, un mécanisme clé dans la régulation de la pression artérielle. Cette intervention est réalisée par voie endovasculaire, généralement via l’artère fémorale. Un cathéter équipé d’un dispositif d’émission d’ondes de radiofréquence ou d’ultrasons est utilisé pour délivrer de l’énergie ciblée aux nerfs sympathiques situés autour des artères rénales. En détruisant ces nerfs, la procédure vise à diminuer l’activité sympathique rénale excessive, contribuant ainsi à une réduction de la pression artérielle.

    Les études cliniques ont démontré que la dénervation rénale peut entraîner une réduction significative et durable de la pression artérielle chez les patients souffrant d’HTA résistante. Cependant, cette intervention comporte des risques potentiels, notamment des complications liées à la procédure endovasculaire elle-même, telles que des saignements, des infections ou des lésions vasculaires.

    La dénervation rénale est actuellement recommandée pour les patients présentant une HTA sévère et réfractaire, souvent après l’échec de multiples combinaisons de traitements antihypertenseurs. Les critères de sélection des patients et les protocoles de la procédure continuent d’évoluer à mesure que de nouvelles recherches et données deviennent disponibles. Les professionnels de la santé doivent suivre de près les développements dans ce domaine afin de fournir les meilleures options de soins à leurs patients.

    Coût et remboursement des médicaments

    🛈 Les chiffres suivants sont tirés du rapport publié en 2021 par la Caisse national d’assurance maladie (Cnam), intitulé “Les personnes traitées par antihypertenseurs”.

    630 € remboursés par personne en moyenne :

    Sur les 185 milliards d’euros de dépenses totales pour tous les régimes confondus de la Cnam, 4 562 millions d’euros (2,5 %) sont consacrés à la prise en charge des traitements antihypertenseurs (hors pathologies spécifiques) :

    • les soins de ville : 3 550 millions d’euros ;
    • les dépenses hospitalières : 238 millions d’euros ;
    • et les prestations en espèces (indemnités journalières maladie, AT/MP, maternité et invalidité) : 774 millions d’euros.

    La dépense annuelle moyenne remboursée est estimée à 630 euros par personne, tous régimes confondus.

    Source : Assurance maladie

    Évolution entre 2015 et 2021 :

    1️⃣ Entre 2015 et 2021, le nombre de personnes traitées par antihypertenseurs a diminué avec un taux de croissance annuel moyen (TCAM) de -0,27 %. La prévalence brute a diminué de -0,89 point, et après ajustement selon la structure de la population de l’Insee, la baisse est de -0,62 point.

    2️⃣ Pendant la même période, les dépenses annuelles moyennes liées aux traitements antihypertenseurs ont augmenté de 1,88 % par an. En 2021, l’âge moyen au décès des personnes traitées par ces médicaments était de 81 ans, avec un âge médian de 84 ans.

    7,26 millions de personnes traitée par antihypertenseurs en 2021 :

    En 2021, 7 265 100 personnes étaient traitées par antihypertenseurs, dont 59 % étaient des femmes. L’âge moyen des patients était de 68 ans, avec un âge médian de 69 ans.

    Les personnes âgées de plus de 75 ans représentaient 32% des patients, parmi lesquelles 68% étaient des femmes. Le taux brut de traitement antihypertenseur pour l’ensemble des régimes était de 105,73 ‰, calculé sur la base des 68 713 100 personnes ayant bénéficié de soins remboursés au moins une fois dans l’année. Après ajustement selon la structure de la population de l’Institut national de la statistique et des études économiques(Insee), ce taux était de 106,15 ‰.

    Chez les moins de 60 ans bénéficiant de la Complémentaire santé solidaire (C2S), 32,98 ‰ étaient traités par antihypertenseurs, contre 39,58 ‰ dans la population générale de même âge et de même sexe (taux standardisés : 43,68 ‰ contre 39,76 ‰).

    🔍 Tableaux des effectifs :

    Source : Sniiram/SNDS (tous régimes confondus)

    🔍 Âge moyen de décès :

    En 2021, l’âge moyen au décès des personnes traitées par antihypertenseurs était de 81 ans, tandis que l’âge médian était de 84 ans.

    Source : Sniiram/SNDS/Régime Général (hors Sections locales mutualistes)

    🔍 Médicaments les plus remboursés par la Cnam :

    Il existe plusieurs classes thérapeutiques pour traiter l’HTA, dont certaines peuvent être associées pour en cumuler les effets. Certains patients ne répondent à aucun traitement malgré l’association de plusieurs classes thérapeutiques incluant un diurétique. On parle d’hypertension résistante. Elle concernerait entre 10 et 30 % des hypertendus selon les études.

    Une nouvelle classe thérapeutique pour traiter les hypertensions résistantes, initialement découverte par des chercheurs du Collège de France, de l’Inserm et du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), est en cours de développement par une société privée : les inhibiteurs d’aminopeptidase A.

    Source : medic’AM 2022

     

  • Médicosocial : aller vers plus de lisibilité (lecture croisée des rapports Woerth et Ravignon)

    Partant du même constat, fait par tous, celui de la complexité et de l’illisibilité de l’action sociale décentralisée, les rapports d’Éric Woerth (“Décentralisation, le temps de la confiance“) et de Boris Ravignon (“Le coût des normes et de l’enchevêtrement des compétences entre l’État et les collectivités“) proposent des solutions tout à fait opposées. Alors que M. Woerth s’oriente vers un encadrement plus strict de l’action locale par l’État, voire une recentralisation partielle, B. Ravignon prône une clarification des compétences par un renforcement de l’échelon décentralisé.

    L’option du retour à l’État

    Sur le sujet du grand âge et de la perte d’autonomie et dans le souci commun d’unifier les compétences et les responsabilités, E. Woerth plaide en faveur d’une certaine recentralisation. Partant du principe que « l’État doit participer plus activement à l’élaboration des politiques sociales au regard des inégalités de traitement entre départements », il préconise la mise en place d’une forme de recentralisation de la tutelle des établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

    Constatant la complexité du système actuel, dans lequel les Ehpad dépendent des départements pour la section dépendance de leur budget et des ARS pour la section soins, ainsi que l’évolution naturelle vers l’augmentation de la part des soins, le rapport  préconise de « recentraliser le financement, les autorisations et la tutelle des Ehpad », ce qui conduirait à un pilotage unique par les agences régionales de santé (ARS).

    Sans méconnaître la discontinuité dans la répartition des responsabilités dans le parcours du domicile à l’établissement, la compétence sur les établissements étant retirée au département, E Woerth propose, en contrepartie, d’étendre la responsabilité du département dans le maintien à domicile, en lui adjoignant l’instruction et le versement du dispositif « Ma Prime Adapt’ » avec le transfert des ressources correspondantes.

    L’option d’une décentralisation complète

    A l’opposé de ces propositions, le rapport Ravignon propose, afin d’unifier la responsabilité de la politique du grand âge, de confier aux départements, déjà compétents pour l’autonomie, le maintien à domicile et le volet dépendance des établissements, la tutelle unique des Ehpad. Ils recevraient pour cela délégation des crédits de l’assurance maladie, actuellement gérés par les ARS.

    Une des principales difficultés liées à la répartition des compétences consiste en effet en un risque de rupture dans le suivi du parcours des personnes âgées entre domicile et établissements. Face à ce risque de discontinuité, B. Ravignon plaide en faveur de la tutelle unique du département sur les Ehpad, déjà compétent sur le maintien à domicile. Serait ainsi créé un bloc de compétence davantage responsabilisant et plus lisible pour les citoyens.

    Le copilotage de la politique du handicap

    Le rapport Woerth accorde un satisfecit à l’organisation actuelle avec les maisons départementales de l’autonomie (MDPH), au travers desquelles s’exerce le pilotage de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). Il se montre favorable également au nouveau dispositif mis en place par loi « Bien vieillir » d’avril 2024, qui prévoit l’instauration du Service public départemental de l’autonomie (SPDA), au travers duquel la CNSA est appelée à renforcer son pilotage de la politique de l’autonomie.

    Devant l’enchevêtrement des compétences entre l’État et le département en matière de handicap, le rapport Ravignon propose a contrario de confier l’intégralité de la politique du handicap au département, sauf l’allocation adulte handicapé (AAH) versée par la Caisse d’allocations familiales (Caf), avec le transfert des moyens correspondants.

    Un contrôle généralisé de l’action sociale des départements ?

    Dans les autres champs de l’action sociale décentralisée, la même logique est à l’œuvre dans le rapport Woerth, qui sonne comme un constat d’échec de la décentralisation de l’action sociale. Le rapport préconise ainsi la création d’un établissement public local 50/50 entre l’État et le département, le Service départemental des solidarités (SDS), à budget non fongible avec celui de la collectivité de rattachement, de façon à ce que l’État copilote désormais l’action sociale générale des départements, comme il le faisait avant les lois de 1982.

    L’Assemblée des départements de France, par la voix de son président, François Sauvadet, estime que « le rôle essentiel des départements est réaffirmé » dans le rapport Ravignon, tandis que « beaucoup de lignes rouges » seraient franchies dans le rapport Woerth, qui présente « une face recentralisatrice avec l’idée d’une reprise en main de l’État sur le social » notamment par la reconstruction des Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS) d’antan.

    Les propositions des deux rapports doivent faire l’objet d’une concertation avec les associations représentant les différents niveaux de collectivités, organisée par le Premier ministre. Un premier point d’étape est prévu fin juillet.

     

  • Nutrition : en quoi consiste le parcours de soins « surpoids et obésité » de Livi ?

    Répondre à des besoins français et internationaux

    Les derniers chiffres de l’Organisation mondiale de la santé montrent qu’une personne sur huit dans le monde était obèse en 2022 (soit 890 millions de personnes) et qu’un peu moins de la moitié (43 %) de la population adulte mondiale (soit 2,5 milliards de personnes) étaient en surpoids. Ces chiffres font de le surpoids et l’obésité le cinquième facteur de risque de décès, avec près de 5 millions d’adultes qui en meurent chaque année.

    Pour permettre une meilleure prise en charge de ces problèmes de santé public mondiaux qui concernent pour le surpoids, près d’un adulte sur deux en France (47,3 % selon une étude de l’Inserm) et pour l’obésité, 17 % des adultes français, la société Livi propose depuis peu un parcours de soins surpoids et obésité. Ce dernier doit notamment permettre de lutter contre les déserts médicaux qui empêchent une prise en charge rapide et efficace des patients atteints de ces deux pathologies. Pour se faire, il est disponible sur l’application mobile de Livi sur laquelle les patients en surpoids ou atteints d’obésité sont suivis à distance par des professionnels de santé, afin de permettre au plus grand nombre d’en bénéficier.

    Un point d’honneur à la formation des médecins

    Livi souhaite que les médecins qui vont s’occuper des patients dans le cadre de leur parcours obésité et surpoids puissent être formés à la meilleure manière d’aborder des discussions qui peuvent être délicates avec les patients. En effet, dans une enquête menée par la société en mars 2023 : “39 % des personnes obèses déclarent avoir des difficultés à parler de leur poids avec le corps médical et 35 % estiment que les médecins ont tendance à porter un regard critique sur les personnes en surpoids ou obèses”. Ces chiffres peuvent expliquer une réticence des patients à consulter pour parler de leurs problèmes de poids et peut conduire à un arrêt prématuré du parcours de soin.

    La filiale du suédois Kry a donc mis en place, en même temps que ces nouveaux parcours de soins, une formation spécifique des médecins pour améliorer la qualité de la prise en charge des patients. Toujours dans un objectif de qualité de la prise en charge, Livi souhaite que cette dernière soit personnalisée au maximum en fonction du profil du patient, mais aussi qu’elle soit pluridisciplinaire avec, en plus du médecin généraliste qui va suivre le patient, des psychiatres, des psychologues et des diététiciens pour l’aider dans tous les aspects de son parcours.

    Au-delà de la perte de poids

    L’objectif de Livi est donc simple avec la création de ce parcours de soins : aller au-delà de la perte de poids, notamment grâce à la mise en place de ces équipes pluridisciplinaires. L’entreprise explique qu’il est important de prendre en compte la situation de vie du patient dans son ensemble afin de “l’accompagner vers une amélioration de sa qualité de vie et non pas seulement vers un objectif de perte de poids”.

    Concrètement, ce parcours de soins va se dématérialiser par une première étape qui consiste en une évaluation de l’état de santé du patient, suite à laquelle il s’entretiendra avec le médecin “pour s’approprier les résultats et voir ensemble les conditions d’une prise en charge efficace” qui variera en fonction des modes de vie, les niveaux de risques et les éléments de prise en charge de chaque patient. Si ce parcours à vocation à être réalisé à 100 % de manière digitale, Livi n’exclue pas la possibilité d’une orientation vers un centre spécialisé en présentiel dès que nécessaire et explique même que les patients qui ont un médecin traitant peuvent choisir de leur transmettre les éléments de leur parcours permettant d’assurer la continuité et la coordination des soins.

     

  • UK : lancement de la phase pilote du « bac à sable » réglementaire pour les DM basés sur l’IA

    Sécuriser le développement et le déploiement de l’IA

    L’initiative AI Airlock de la MHRA est une approche proactive, collaborative et agile, conçue pour soutenir le développement et le déploiement sécurisés des DM utilisant de l’IA, afin que leurs fabricants puissent garantir la viabilité de ces dispositifs dans le monde réel. Il s’agit d’un bac à sable réglementaire – espace isolé et protégé dans lequel des scripts ou programmes sont exécutés – qui permet aux entreprises :

    • de détecter les menaces et les comportements malveillants sans compromettre la sécurité du système hôte ;
    • et, dans ce contexte, d’explorer et d’expérimenter de nouveaux produits ou services, sous la supervision du régulateur.

    Ce projet a été mis en place par la MHRA après une analyse des réussites d’autres régulateurs utilisant des bacs à sable réglementaires. Ce qui le distingue, c’est la collaboration nécessaire entre diverses organismes de régulation, de gouvernance et de certification dans le secteur de la santé. En utilisant des produits de vie réelle, l’AI Airlock réunira l’expertise de la MHRA et de ses partenaires, y compris le National health service (NHS). Les résultats nourriront les prochaines phases du projet à court terme, ainsi que les futures directives et politiques de la MHRA à long terme, tout en explorant les limites des approches existantes pour évaluer la conformité réglementaire des solutions d’IA.

    La MHRA précise que le projet AI Airlock est déjà en cours, dans un format de “pilote”, et qu’un appel à candidatures pour les produits sera bientôt lancé.

    Une stratégie globale de la MHRA pour l’IA

    Le lancement du bac à sable réglementaire fait partie d’une approche stratégique plus globale de la MHRA pour l’IA. En avril 2024 le régulateur britannique a publié ses orientations dans un livret intitulé “Impact of AI on the regulation of medical products. Implementing the AI White Paper principles“. Cette stratégie vise à “identifier et relever les défis de la régulation des dispositifs médicaux autonomes à IA, en recherchant et en soutenant initialement quatre à six projets virtuels ou réels à travers des simulations”.

    En 2023, le gouvernement britannique avait déjà publié un livre blanc intitulé “Une approche pro-innovation de la régulation de l’IA“, que la MHRA a accueilli favorablement en prenant, au cours des 12 derniers mois, des mesures significatives pour adopter ses recommandations qui reposent sur cinq principes clés :

    • sécurité et robustesse ;
    • transparence et explicabilité appropriées ;
    • équité, responsabilité et gouvernance ;
    • et contestabilité et réparation

    Face à l’augmentation du nombre de DM innovants basés sur l’IA entrant sur le marché britannique, la MHRA estiment que les bénéfices potentiels d’une telle stratégie sont doubles :

    • des gains d’efficacité amélioreront l’accès sécurisé des patients britanniques aux produits médicaux plus tôt qu’auparavant ;
    • tandis que l’Agence pourra se concentrer davantage sur des priorités telles que l’innovation et l’engagement des patients.

    C’est dans ce sens que le lancement de AI Airlock pourrait “améliorer la compréhension collective et accélérer les solutions vers de nouveaux défis réglementaires, améliorant finalement l’expérience des patients”. Le bac à sable permettrait de tester et de clarifier certaines de ces problématiques qui risquent de freiner des cas d’usage plus ambitieux de l’IA, permettant ainsi aux éditeurs d’investir dans le développement de nouvelles technologies avec plus de confiance et au système de santé d’adopter ces technologies avec assurance.

    Quel rôle de l’IA dans la sécurité des patients ?

    La MHRA met actuellement en œuvre son propre programme de réforme réglementaire lié aux DM pilotés par l’IA. Dans les années à venir, l’IA pourrait devenir essentielle dans la régulation efficace des produits et la sécurité des patients. Il est donc indispensable pour l’Agence d’anticiper et de comprendre son impact, afin de rester un régulateur efficace et innovant.

    Par ailleurs, en se basant sur des travaux fondés sur des preuves produits par d’autres organismes, la MHRA collaborera avec le NHS AI Lab et le Département de la santé et des soins sociaux (DHSC). Les résultats de ce partenariat orienteront les futurs projets AI Airlock et pourront influencer les futures directives autour des DM basés sur l’IA au Royaume-Uni et à l’international.

     

  • Assurance maladie : la nouvelle convention avec les médecins libéraux est signée

    Après des mois de négociations, l’Assurance maladie et les syndicats représentatifs de médecins ont signé, le 4 juin 2024, une nouvelle convention médicale. Celle-ci décline les 4 axes prioritaires définis par la lettre de cadrage du ministère de la Santé et de la prévention en novembre dernier :

    • améliorer l’accès aux soins ;
    • soutenir l’attractivité de la médecine libérale ;
    • renforcer la qualité et la pertinence des soins ;
    • faire évoluer les modes de rémunération des médecins libéraux.

    Des mesures phares pour soutenir l’attractivité de la médecine libérale

    Visant à valoriser l’exercice de la médecine libérale, des généralistes comme des spécialistes, la nouvelle convention médicale s’articule autour de différentes mesures emblématiques qui seront mises en œuvre dans les prochains mois.

    La consultation chez le généraliste passera à 30 euros :

    C’était l’une des principales revendications des médecins : la consultation chez le généraliste passera, en décembre 2024, de 26,50 euros actuellement à 30 euros.

    Certains spécialistes plus chers, mais en deux temps :

    Pour certaines spécialités en perte d’attractivité, les tarifs de consultation sont également revalorisés et entreront en vigueur en deux temps : une première augmentation en décembre 2024, puis une autre en juillet 2025. Cela concerne des spécialités cliniques comme la pédiatrie, la psychiatrie, la rhumatologie, la gynécologie médicale, la gériatrie ou encore l’endocrinologie, qui bénéficieront de revalorisations ciblées et importantes.

    • la consultation de psychiatrie passera à 57 euros ;
    • la consultation de pédopsychiatrie sera quant à elle revalorisée de 40 %, à 75 euros, et par ailleurs étendue aux adolescents et aux jeunes jusqu’à 25 ans ;
    • la consultation des gynécologues passera de 30 à 32 euros puis à 35 euros ;
    • en pédiatrie, les trois examens obligatoires de l’enfant pourront s’élever à 54 euros puis à 60 euros.
    • pour les gériatres, la facturation passera à 32 euros puis à 37 euros ;
    • et la consultation des médecins spécialisés en médecine physique et réadaptation passera à 31 euros puis à 35 euros.

    Une “consultation longue” pour les patients âgés :

    Afin de valoriser la prise en charge d’épisodes complexes et chronophages, une consultation longue du médecin traitant, tarifée à 60 euros, est créée pour les patients de plus de 80 ans. Ce tarif pourra être utilisé, en cas de besoin, à trois reprises dans l’année comme dans les cas :

    • de sortie d’hospitalisation ;
    • d’entrée dans un parcours médicosocial ;
    • ou de déprescription en cas de polymédication (janvier 2026).

    D’autres mesures à retenir :

    📌 Une “dotation numérique” est créée pour valoriser l’usage numérique des médecins libéraux.

    📌 Un nouveau forfait médecin traitant (FMT) est créé et sera mis en place en 2026. Le médecin bénéficiera d’une rémunération annuelle pour chacun de ses patients, individualisée selon la complexité du suivi de celui-ci. Le FMT sera ainsi calibré par patient selon son âge, son état de santé, sa situation sociale, et son parcours de prévention :

    • son montant socle ira jusqu’à 100 euros pour un patient de plus de 80 ans en ALD ;
    • pour tout bénéficiaire de la Complémentaire santé solidaire, le montant par patient sera augmenté de 10 euros ;
    • le respect effectif du parcours de prévention préconisé par la Haute Autorité de santé (vaccination, dépistage, examens de suivi des patients atteints de pathologies chroniques) aboutira à une majoration de 5 euros par indicateur validé par patient (que l’acte ait été réalisé par le médecin ou non).

    📌 Second recours et actes techniques :

    • le tarif de l’avis ponctuel de consultant (APC), valorisant l’expertise de second recours apportée par un médecin spécialiste à un médecin traitant, est porté à 60 euros en décembre 2024 ;
    • un soutien important (plus de 500 millions d’euros) est apporté à la valorisation des actes techniques avec des hausses de tarifs intervenant dès fin 2024 pour soutenir ces activités, une revalorisation spécifique des actes de chirurgie, d’anesthésie et d’obstétrique et le provisionnement d’une enveloppe de 240 millions d’euros allouée à la refonte de la nomenclature des actes techniques qui entrera en vigueur en 2026 ;
    • enfin, il sera désormais possible de cumuler sans décote certains actes techniques à des consultations, afin d’optimiser le temps médical et les déplacements des patients.

    Améliorer l’accès aux soins

    Les partenaires conventionnels ont défini 10 objectifs pour améliorer l’accès aux soins, notamment :

    • en stabilisant la part de patients ALD sans médecin traitant à 2 % d’ici 2025 ;
    • en augmentant le nombre de nouveaux médecins généralistes de 5 % par an ;
    • et en augmentant la patientèle moyenne de 2 % par an.

    Ils visent également à réduire le délai d’accès aux spécialistes, augmenter le nombre de contrats assistants médicaux à 10 000 en 2025, et accroître l’installation de médecins dans les zones sous-dotées de 7 % par an.

    Pour atteindre ces objectifs, des mesures telles que :

    • la création et le financement des équipes de soins spécialisés (ESS) avec un crédit d’amorçage de 80 000 euros et une dotation annuelle allant de 50 000 à 100 000 euros ;
    • le développement des consultations avancées dans les zones prioritaires avec un forfait de 200 euros par demi-journée ;
    • le renforcement de l’aide à l’emploi des assistants médicaux avec une revalorisation de l’aide de 5 % ;
    • et une majoration annuelle et pérenne du forfait médecin traitant de 10 % dans les zones prioritaires sont prévues.

    Des aides à l’installation seront également attribuées aux nouveaux médecins dans les déserts médicaux, allant jusqu’à 10 000 euros dans les zones prioritaires et 5 000 euros dans les zones d’activité complémentaires.

    Une juste allocation des ressources

    L’Assurance maladie propose 15 programmes d’actions chiffrés  sur la pertinence et la qualité des soins, fondés sur des recommandations scientifiques, couvrant des thèmes tels que le recours aux arrêts de travail, l’usage approprié des produits de santé, la sobriété des pratiques et l’amélioration des parcours des patients atteints de pathologies chroniques.

    Par ailleurs, deux observatoires seront mis en place pour surveiller de près ces engagements et proposer des mesures correctives si nécessaire, portant sur l’accès aux soins ainsi que sur leur pertinence et leur qualité.

     

  • Oncologie : Heva et GFPC lancent Matrixlung, un EDS dédié aux cancers thoraciques

    Fournir des alternatives aux essais cliniques randomisés

    Autorisé par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) en 2023, cet EDS, développé par Euris health cloud, a été officiellement lancé le 29 mai 2024. Heva y a apporté son expertise dans la constitution du dossier de demande d’autorisation, un élément clé pour garantir la conformité et la sécurité des données. Son savoir-faire a été déterminant dans le choix de l’environnement technologique et dans la mise en place des conditions d’accueil des données du Groupe français de pneumo-cancérologie (GFPC). Heva a également accompagné le GFPC dans la réalisation de diverses études exploitant ces données, notamment à travers :

    • l’appui dans la constitution du dossier de demande d’autorisation Cnil de l’entrepôt ;
    • l’expertise et le retour d’expérience dans les choix de l’environnement technologique métier pour la réalisation des études ;
    • ains que la mise en place des conditions d’accueil des données du GFPC.

    Une architecture souveraine et sécurisée :

    Le cadre juridique, organisationnel et technique de Matrixlung, garantit une gestion sécurisée des données de santé. Euris fournit une architecture souveraine et sécurisée, conforme au référentiel EDS de la Cnil, qui permettrait au GFPC et à Heva de se concentrer pleinement sur l’analyse des données, accélérant ainsi les avancées dans la recherche clinique. Souvent limités par des difficultés au recrutement de patients, les essais cliniques randomisés dans le domaine de l’oncologie thoracique pourront à l’avenir exploiter ce nouvel entrepôt qui se présente comme une alternative fiable, ouverte également à des projets de recherche externes, encourageant les collaborations internationales.

    État des lieux des EDS en France

    Depuis la promulgation du règlement général sur la protection des données (RGPD) en 2018, les EDS doivent obtenir une autorisation spécifique de la Cnil avant de commencer à collecter et à traiter des données de santé. En France, les infrastructures sont souvent hébergées sur des clouds souverains, respectant les normes de sécurité les plus élevées. Ces plateformes offrent des capacités de stockage et de calcul nécessaires pour traiter de grandes quantités de données, facilitant de la sorte des analyses complexes et des recherches de grande envergure.

    Pour maximiser l’impact des EDS, les autorités encouragent les collaborations entre différents acteurs du secteur de la santé (hôpitaux, centres de recherche, entreprises technologiques et autorités publiques). En témoigne le lancement en 2019 du Health data hub, qui regroupe de nombreuses bases de données de santé pour promouvoir la recherche et l’innovation. Toutefois, les EDS doivent encore surmonter plusieurs défis en France, dont notamment :

    • l’intégration des données de sources variées ;
    • l’équilibre entre l’utilisation des données pour la recherche et la protection des droits des patients ;
    • et la standardisation des formats de données qui restent des problématiques clés.