Actualité

  • Recherche : lancement du projet Morpheus pour prédire les thromboses veineuses

    L’enjeu de la prédiction des thromboses inexpliquées

    Financé par l’Union européenne et coordonné par le Pr Francis Couturaud, pneumologue au CHU de Brest et coordinateur du réseau “Innovte” (Investigation network on venous thrombo-embolism) de F-Crin, le projet Morpheus se présente comme une étape importante pour l’innovation dans la prédiction des thromboses sans cause identifiable. Il vise à développer un outil prédictif qui sera capable d’identifier les patients à risque de récidive de MVTE.

    Troisième cause de mortalité cardiovasculaire en Europe, cette maladie, qui consiste en des caillots sanguins obstruant une veine des membres inférieurs ou pulmonaires, touche en France entre 50 000 et 150 000 personnes chaque année et cause entre 5 000 et 10 000 décès. Elle survient souvent sans cause identifiable, compliquant ainsi sa prévention et son traitement. Environ 40 % des patients sont victimes d’une récidive après l’arrêt des anticoagulants, une situation mortelle dans 10% des cas. 

    Une approche de recherche multidimensionnelle

    Pour la première fois dans le domaine, 14 cohortes regroupant 20 000 patients issus de 8 pays européens (France, Pays-Bas, Espagne, Allemagne, Suisse, Pologne, Suède et Danemark) sont fusionnées pour la réalisation de l’étude Morpheus. Dans le cadre de ces travaux, les chercheurs s’appuieront sur quatre catégories d’indicateurs :  

    • cliniques : âge, sexe, poids, antécédents médicaux ;
    • biologiques : génétique, dosages de protéines, ARN ;
    • morphologiques : imagerie pour analyser les caillots ;
    • et socio-anthropologiques : préférences des patients, perceptions du risque.

    Se distinguant par son ampleur et son approche multidimensionnelle, le projet Morpheus a un double objectif :

    • créer un outil prédictif pour optimiser la durée et les modalités des traitements anticoagulants au-delà des trois premiers mois, et de personnaliser ces traitements en fonction des profils des patients ;
    • et valider un outil adaptatif et multiniveaux, intégré à un processus de décision médicale partagée, prenant en compte à la fois les avis médicaux et les perceptions des patients pour une prise en charge personnalisée. 
    Organisation du projet Morpheus - @ Innovte
    Organisation du projet Morpheus – @ Innovte

    Un essai clinique dès décembre 2024

    L’outil prédictif de Morpheus devra être finalisé d’ici octobre 2025, sur la base des 20 000 patients issus des cohortes fusionnées. Un essai clinique de validation débutera le premier décembre 2024 pour une durée de quatre ans. Il inclura 2 400 patients. Interdisciplinaire, le projet promet d’avoir des répercussions significatives sur les plans scientifique, clinique, économique et de santé publique. En effet, différentes disciplines cliniques et scientifiques sont impliquées, avec la participation :

    • de cliniciens de diverses spécialités ;
    • de scientifiques en biomolécules et imagerie ;
    • ainsi que de spécialistes en sciences humaines (sociologie, anthropologie).

    👉 Pour participer à l’essai, les inscriptions sont possibles sur ce lien.

    Coordination stratégique du projet Morpheus et de son essai clinique - @ Innovte
    Coordination stratégique du projet Morpheus et de son essai clinique – @ Innovte
  • Gen AI : un nouvel outil de Google diagnostiquerait mieux certaines pathologies que des médecins

    Une IA qui comprend le vocabulaire médical

    Pour un professionnel de santé, le dialogue avec le patient est tout aussi important que les symptômes qu’il présente pour bien cerner le problème du malade. Malgré le développement croissant des applications et logiciels de Gen AI, les chatbots disponibles ne permettent pas toujours d’apporter des réponses concrètes aux médecins car le vocabulaire spécifique au domaine de la santé empêche une bonne compréhension par l’intelligence artificielle (IA). Jusque-là, les grands modèles de langage (LLM), même s’ils sont entraînés sur des millions de données, ne peuvent pas se mettre à la place du médecin et orienter leurs questions au patient de manière à pousser l’investigation à un niveau plus précis.

    Pour relever ce défi, Google a développé Amie, avec l’ambition de rendre la conversation avec le chatbot la plus proche possible d’une conversation réelle entre un médecin et son patient. Le géant américain de la tech s’est appuyé sur l’apprentissage automatique (machine learning) et le traitement du langage naturel (NLP). Amie analyse les symptômes et les antécédents médicaux des patients pour générer des hypothèses de diagnostic, mais aussi suggérer des examens complémentaires pour les vérifier.

    L’IA plus empathique que les médecins ?

    Comme tout chatbot, Amie interagit avec les médecins, avec la particularité qu’elle leur donne, selon Google, des réponses médicalement plus intelligibles à propos des pathologies de leurs patients. Mieux encore, elle poserait des questions pertinentes que le professionnel de santé ne penserait pas spontanément à poser au malade.

    Dans le cadre d’une étude publiée en janvier 2024 par des chercheurs de Google Research et Google Deepmind, Amie a montré une capacité à récolter une quantité d’informations similaire à celle d’un médecin lors d’entretiens médicaux réalisés par messages. Réalisée auprès de 20 “acteurs-patients” qui ont joué, à tour de rôle, 149 scénarios cliniques sans savoir s’ils échangeait des messages avec un médecin ou avec l’IA de Google, l’étude s’est également intéressée à l’empathie du médecin en comparaison avec celle de l’IA. Les patients ont été amené à évaluer cette dimension après leurs entretiens et, dans la majorité des cas, Amie a été perçue comme plus empathique que les médecins. Elle a même réussi à mieux diagnostiquer certaines pathologies cardiovasculaires ou respiratoires.

    ➡️ Amie utilise un nouvel environnement d’apprentissage de dialogue simulé, basé sur le jeu personnel, pour améliorer la qualité du dialogue diagnostique dans de nombreuses de pathologies et spécialités et dans différents contextes cliniques :

    Amie a surpassé les professionnels de santé sur plusieurs axes d'évaluation pour le dialogue diagnostique dans nos évaluations - @ Google
    Amie a surpassé les professionnels de santé sur plusieurs axes d’évaluation pour le dialogue diagnostique – @ Google

    D’autres études nécessaires pour éviter les dérives :

    Les équipes de Google soulignent le besoin de rester prudent face à cet outil qui pourrait être d’une grande utilité pour les médecins, en les aidant à établir un diagnostic plus rapidement. Une prudence exigée car Amie n’a encore été évaluée que par des acteurs jouant le rôle de patients, et devrait à l’avenir être testée sur des personnes souffrant réellement d’affections somatiques. Avant de la proposer aux professionnels de santé dans la vie réelle, Google prévoit de mener d’autres études qui viseront à évaluer les potentiels biais de sa technologie afin de les dépasser.

     

  • Remboursement : Moovcare retirée de la liste des activités de télésurveillance médicale

    La supériorité de Moovcare par rapport au suivi médical conventionnel non constatée

    Pour bénéficier de son inscription sur la LATM par la Commission nationale d’évaluation des dispositifs médicaux et des technologies de santé (Cnedimts), la solution Moovcare Poumon, de Sivan Innovation, avait été reconnue comme ayant un service attendu suffisant qui permet “une amélioration modérée du service attendu (ASA III) par rapport à la prise en charge conventionnelle seule, à savoir le suivi par imagerie et par consultations médicales en face à face”. Cependant, compte tenu du caractère “quasi monocentrique” de l’étude Sentinel réalisée, la Cnedimts avait insisté sur la nécessité pour la solution de télésurveillance du cancer du poumon de démontrer par d’autres études “l’extrapolation des résultats en termes de survie de l’étude Sentinel en situation réelle d’utilisation”. Condition sine qua non pour que son inscription sur la LATM puisse être renouvelée.

    Après avoir analysé les résultats des dernières études portant sur la solution de Sivan Innovation, la Haute autorité de santé (HAS) a publié, le 13 juin 2024, l’avis de la Cnedimts qui explique que “la supériorité de l’intérêt attendu de l’acti­vité de télésurveillance médicale avec Moovcare Poumon par rapport au suivi médical conventionnel ne peut être établie”. La Commission est, par conséquent, défavorable à l’inscription de cette activité sur la LATM.

    Des données insuffisantes et des événements indésirables

    Pourtant, la solution de Sivan Innovation a fait – et continue toujours de faire – l’objet de plusieurs études depuis le premier avis de la Cnedimts. Au total, cinq nouvelles études ont été menés sur la solution Moovcare Poumon, dont une par la European society for medical oncology. Mais la Cnedimts ne lui reproche rien sur la réalisation des études, mais plutôt sur leur pertinence : elle révèle ainsi que les données récoltées lors de ces études sont exploratoires et “ne permettent aucune conclusion en termes de survie globale en situation réelle d’utilisation”, et « ne permettent donc pas de confirmer les résultats de l’étude pivot initialement fournie”. Ceci même si les résultats peuvent “apporter des éclairages sur l’utilisation pratique et la satisfaction en lien avec l’utilisation” de la solution.

    En plus de ce manque de données prouvant la supérioté de la solution au suivi médical conventionnel, quelques événements indésirables ont été constatés : si la Cnedimts explique qu’aucun effet indésirable lié à l’utilisation de Moovcare Poumon n’a été reporté lors des études et depuis la commercialisation, “les données issues de la matériovigilance transmises par le demandeur rapportent un total de 18 évènements rapportés”. Il s’agit essentiellement de problèmes d’interface praticien (7 événéments) et patient (4) ou de compatibilité d’interface (4).

     

  • DGS : prévention, innovation, territoires et QVCT parmi les 20 nouveaux objectifs stratégiques fixés

    Des opportunités pour les nouvelles technologies

    Changements démographiques, avancées technologiques, défis environnementaux et économiques… Les transformations profondes et rapides que connait la société française, comme beaucoup d’autres à travers le monde, ont une influence directe sur la gestion et l’efficacité du systèmes de santé. La capacité de ce dernier à s’y adapter est essentielle pour garantir des soins de qualité et accessibles à tous.

    Dans son projet stratégique 2024-2026, destiné à guider les politiques de santé publique pour les trois prochaines années, la DGS met en lumière l’importance de l’intégration des nouvelles technologies dans le système de santé pour améliorer les services de soins, dans un contexte externe et interne qu’elle résume en quelques chiffres clés, comme suit :

    • espérance de vie en bonne santé : moins d’un Français sur deux atteint l’âge de 65 ans en bonne santé, conséquence du tabagisme, de la consommation d’alcool, de la sédentarité et d’une mauvaise alimentation ;
    • vaccination contre le HPV : en 2023, 117 000 élèves de 5e ont été vaccinés contre le papillomavirus humain (HPV) dans le cadre d’une campagne inédite dans 7 000 collèges publics et privés ;
    • couverture vaccinale : fin 2023, la couverture vaccinale contre les infections à HPV chez les adolescents de 12 ans a progressé de 17 points par rapport à fin 2022, atteignant 48 % (55 % pour les filles et 41 % pour les garçons) ;
    • personnel de la DGS : la DGS compte 287 agents (dont 68,64 % sont des femmes), parmi lesquels 86 % sont de catégorie A, 8 % de catégorie B et 6 % de catégorie C.

    Les principaux enjeux identifiés :

    📌 Des enjeux démographiques et sociaux :

    Avec une population vieillissante, la demande de soins de longue durée ne cesse d’augmenter, tout comme les maladies chroniques (cardiovasculaires, diabète…). Une telle situation pèse lourd sur le système de santé, tant en termes de capacité à y répondre que de coûts. De plus, avec l’explosion du nombre d’aidants, il est crucial de leur fournir un soutien adéquat pour prévenir l’épuisement et garantir une prise en charge de qualité pour les personnes dépendantes.

    📌 Des enjeux environnementaux et climatiques :

    La mondialisation des échanges et le changement climatique introduisent de nouveaux risques sanitaires. Les maladies émergentes et vectorielles deviennent plus fréquentes, et les événements climatiques extrêmes comme les canicules, les inondations et les désastres naturels affectent directement la santé publique. En raison de la pollution et des conditions environnementales défavorables, l’incidence des cancers et des maladies respiratoires, notamment, est en augmentation.

    📌 Des enjeux technologiques et numériques :

    Des technologies telles que la télémédecine, l’intelligence artificielle (IA) et les systèmes de gestion des données de santé peuvent améliorer la recherche médicale, permettre la détection précoce des maladies, faciliter le suivi des patients et fournir une aide à la décision clinique pour les professionnels de santé. Cependant, ces avancées apportent également de défis à relever en matière de sécurité des données, d’équité d’accès et d’éthique.

    Les 4 axes stratégiques du projet

    La DGS propose quatre axes stratégiques majeurs pour anticiper les défis futurs et agir efficacement pour une meilleure santé de la population :

    1️⃣ Anticipation des actions de santé publique :

    L’un des axes principaux du projet stratégique est l’anticipation. La DGS souligne l’importance de renforcer la capacité de détection, d’analyse et de gestion des alertes sanitaires, tout en intégrant les meilleures pratiques internationales. Une partie essentielle de cette stratégie est l’utilisation accrue des données et des technologies numériques pour prévoir et prévenir les crises sanitaires. Cela inclut le développement de capacités de modélisation et d’utilisation des big data pour identifier les tendances et les risques émergents.

    2️⃣ Promotion de la santé pour tous :

    Le deuxième axe, agir pour la santé de chacun, met en avant l’importance de la prévention et de la promotion de la santé. La DGS propose une approche intégrée et intersectorielle pour améliorer les déterminants de santé, comme la lutte contre les addictions, la promotion d’une alimentation saine, l’encouragement de l’activité physique et la protection de la santé mentale. La technologie joue un rôle clé dans ce domaine, en facilitant l’accès à l’information, en personnalisant les interventions et en soutenant les actions de santé publique à grande échelle.

    3️⃣ Inclusion et équité :

    Le troisième axe stratégique concerne la santé des plus vulnérables. Il met l’accent sur la réduction des inégalités sociales et territoriales de santé. La DGS insiste sur la nécessité d’adopter une approche de “l’universalisme proportionné”, où les actions sont intensifiées dans les zones les plus défavorisées. Les technologies numériques peuvent aider à atteindre cet objectif en améliorant l’accès aux soins dans les zones rurales et les quartiers prioritaires, et en facilitant la coordination des soins pour les populations vulnérables.

    4️⃣ Collaboration et partenariats :

    Enfin, le dernier axe, agir ensemble, souligne l’importance de la collaboration entre les différents acteurs de la santé publique, y compris les collectivités locales, les agences régionales de santé, les organisations de la société civile, et les partenaires européens et internationaux. La DGS envisage une approche participative et transparente, où les citoyens et les professionnels de santé sont impliqués dans la conception et la mise en œuvre des politiques de santé. Les plateformes numériques peuvent jouer un rôle crucial en facilitant la communication et la collaboration entre ces divers acteurs.

    🔍 Les 20 objectifs stratégiques fixés :

    Projet stratégique 2024-2026 - @ DGS
    Projet stratégique 2024-2026 – @ DGS

     

  • Conseil des ministres : généralisation de « Mon bilan prévention » au cours des prochains mois

    Une transformation en profondeur du système de santé

    Lors du Conseil des ministres du 12 juin 2024, Frédéric Valletoux, ministre délégué auprès de la ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités, chargé de la Santé et de la Prévention, a présenté une communication relative au déploiement de la prévention en santé. Y occupant une place de plus en plus importante, la prévention transforme le système de santé. Il s’agirait désormais pour le gouvernement de “franchir une nouvelle étape en prenant en compte, pour toute la population, et tout au long de la vie, un maximum des déterminants de la santé : des facteurs personnels, familiaux, sociaux, économiques et environnementaux qui conditionnent l’état de santé des individus ou des populations”.

    Plusieurs actions de prévention déjà lancées :

    Puisque “prévenir coûte toujours moins cher que guérir”, le ministère de la Santé exprime son ambition d’inscrire son action dans la continuité des efforts fournis ces dernières années, à l’instar de :

    📌 la vaccination et le dépistage :

    • les campagnes de vaccination, comme celle contre la bronchiolite et le HPV, continuent de protéger la population. Le traitement préventif contre la bronchiolite a réduit les hospitalisations, et la vaccination HPV a débuté pour les élèves de cinquième ;
    • les dépistages néonataux seront étendus à la drépanocytose dès l’automne ;
    • es dépistages organisés pour le cancer du sein, colorectal, et du col de l’utérus se poursuivent avec un objectif de 10 millions de dépistages par an d’ici 2025 ;

    📌 la lutte contre le tabac :

    • le Programme national de lutte contre le tabac (PNLT) 2018-2022 a montré des résultats prometteurs avec une baisse significative de la consommation de tabac ;
    • le nouveau PNLT (2023-2027) introduira des mesures supplémentaires, telles que l’interdiction des produits de vapotage à usage unique et l’augmentation du prix des cigarettes ;

    📌 la santé sexuelle et menstruelle des jeunes :

    • préservatifs et dépistages des infections sexuelles transmissibles (IST) : en 2023, 17 millions de préservatifs masculins ont été pris en charge intégralement ;
    • le dépistage des IST pour les moins de 26 ans est désormais remboursé par l’assurance maladie ;
    • protections menstruelles réutilisables : les protections menstruelles réutilisables seront remboursées pour les femmes de moins de 26 ans et pour les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S) ;

    📌 la prévention pour les personnes âgées :

    • le programme de détection précoce de la perte d’autonomie des plus de 60 ans (programme ICOPE) sera généralisé dès l’an prochain, après une phase d’expérimentation commencée en 2022.

    “Mon bilan prévention”, pilier d’une stratégie globale

    Le dispositif “Mon bilan prévention” vise ainsi à changer le rapport des Français à leur santé. Il permet à chaque citoyen adulte d’accéder à une nouvelle offre personnalisée pour prendre le temps, lors d’un échange avec un professionnel de santé de faire le point sur sa santé et ses habitudes de vie.

    En cours de déploiement, il “va être généralisé au cours des prochains mois”, accompagné de plans de communication en direction des professionnels de santé concernés et du grand public. Les 20 millions de personnes concernées par le dispositif sur l’année à venir recevront une invitation directement de l’Assurance maladie. L’objectif de cette généralisation est “que chaque Français puisse bénéficier de quatre rendez-vous au cours de sa vie”.

    Plus de 120 000 personnes déjà engagées :

    Pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie, sans avance de frais, “Mon bilan prévention” est accompagné d’une stratégie “d’aller-vers” qui sera mise en œuvre afin de “de ramener vers le système de santé les personnes qui en sont les plus éloignées” et de faire de chaque patient un “acteur de sa propre santé”. En amont de son rendez-vous de prévention, le patient est invité, s’il le souhaite, à remplir un auto-questionnaire adapté à sa tranche d’âge, une démarche possible via la plateforme “Mon espace santé“. Le ministère rapporte plus de 120 000 personnes qui ont déjà rempli leurs auto-questionnaires.

    Les 3 étapes de Mon bilan prévention - @ L'Assurance maladie
    Les 3 étapes de “Mon bilan prévention” – @ L’Assurance maladie

    8 thématiques de prévention prioritaires :

    En lien avec le Haut conseil de la santé publique, des thématiques de prévention ont été définies comme prioritaires pour ces bilans de prévention et dans les auto-questionnaires :
    • activité physique ;
    • sédentarité ;
    • vaccins et dépistage ;
    • sommeil ;
    • habitudes alimentaires ;
    • addictions (tabac, alcool, cannabis, autres drogues, jeux, écrans…) ;
    • bien-être mental et social ;
    • et santé sexuelle et reproductive. 

    Un plan dédié à l’infertilité chez les plus jeunes :

    En effet, les consultations des 18-25 ans seront ainsi l’occasion d’aborder avec les jeunes qui le souhaitent les questions d’infertilité, qui feront par ailleurs l’objet d’un plan national dédié afin de soutenir tous celles et ceux qui ont un désir d’enfant dans leur projet parental. Ce plan portera une attention particulière :
    • à l’amélioration de l’information ;
    • au développement d’une recherche dédiée ;
    • au renforcement de la formation des professionnels de santé ;
    • et à l’amélioration de l’offre et des parcours d’assistance médicale à la procréation. 

    Une feuille de route sur l’obésité à venir :

    Ces rendez-vous de prévention devront également permettre de lutter contre l’obésité, véritable épidémie qui touche aujourd’hui 8,5 millions de nos concitoyens. Une feuille de route sur l’obésité sera prochainement déployée et sera territorialisée, avec une attention particulière pour les départements et régions d’outre-mer.

    Autres actions de prévention présentées

    Prévention en santé de l’enfant :

    • La feuille de route 2024-2030 pour la santé de l’enfant vise à ce que 100 % des enfants bénéficient d’un dépistage en maternelle d’ici 2027. Un nouvel examen obligatoire à 6 ans est instauré pour renforcer le suivi médical des enfants. L’accès direct aux orthophonistes est facilité pour améliorer la détection des troubles.
    • Le rôle des maisons des adolescents sera amplifié grâce à des partenariats plus systématiques avec d’autres structures et à la formation du personnel aux premiers secours en santé mentale.

    Protection maternelle et infantile (PMI) :

    • En 2025, le rôle de la PMI sera renforcé par une nouvelle contractualisation entre l’assurance maladie, les agences régionales de santé et les départements, avec des objectifs de santé publique et des moyens supplémentaires dédiés.
    • La santé à l’école sera consolidée, permettant aux médecins de l’éducation nationale d’exercer en libéral. Une concertation sera ouverte pour rénover les missions et l’organisation des acteurs de la santé scolaire.

    Santé mentale des jeunes :

    • La santé mentale des jeunes est une priorité, avec des données alarmantes montrant que plus d’un tiers des 18-24 ans néglige leur santé mentale.
    • Le dispositif “Mon Soutien Psy” sera rénové pour devenir plus attractif pour les psychologues et plus accessible aux patients. Le tarif des séances sera revalorisé à 50 euros, la condition d’adressage par un médecin ou une sage-femme sera supprimée, et le nombre de séances remboursées passera de 8 à 12 par an.

    Innovation et prévention :

    • En lien avec l’Agence de l’innovation en santé (AIS), la feuille de route dédiée à la prévention dans le cadre de France 2030, dotée de 170 millions d’euros, visera à mobiliser l’innovation pour améliorer la santé et la qualité de vie. L’objectif des financement et de faire “émerger des innovations de rupture qui permettront de repenser nos stratégies de prévention et d’agir plus efficacement pour développer des environnements favorables à la santé”. Cela se fera via deux axes principaux : l’intensification de la recherche en prévention et la démonstration de la valeur clinique des dispositifs innovants.
  • Découverte de médicament par l’IA : Owkin s’apprête à lancer des essais cliniques en oncologie dès 2025

    Owkin démontre l’efficacité de l’inhibiteur grâce à l’IA

    Après des multiples levées de fonds, de nombreuses collaboration et l’amélioration de ses solutions d’intelligence artificielle (IA) pour la découverte de médicaments, Owkin est sur le point de commercialiser une thérapie qui n’a encore jamais été utilisée chez les patients souffrants de cancer, mais dont la découverte est très prometteuse. Il s’agit d’OKN4395, un double inhibiteur des récepteurs prostanoïdes EP2 et EP4, qui a été découvert par le suisse Idorsia Pharmaceuticals grâce à la chimie médicinale, mais dont l’efficacité a été démontré par l’utilisation de l’IA sur les données de patients. Owkin indique en effet que son pipeline dévoilé à la fin du mois de mai “résulte de l’intégration de plusieurs moteurs d’IA internes, alimentés par des données multimodales de patients provenant d’un réseau de 61 centres de recherche de renom, ainsi que par l’expertise avancée d’une équipe de 110 data scientists”.

    La licorne française a donc obtenu un accord de licence mondial exclusif avec Idorsia pour exploiter et commercialiser ce double inhibiteur. Mais avant d’être commercialisé, OKN4395 fera l’objet d’essais cliniques de phase 1 au premier trimestre de l’année 2025 pour démontrer son efficacité auprès des patients. L’entreprise se montre confiante quant à la réussite de ces essais, après que son moteur d’IA “a permis d’identifier les combinaisons thérapeutiques les plus prometteuses pour, en synergie avec les approches traditionnelles, fondées sur l’expertise”.

    Bloque le développement de la tumeur

    Owkin explique que la découverte de ce double inhibiteur est le fruit de 10 années de recherche de médicaments de la part d’Idorsia Pharmaceuticals et de ses collaborateurs. Grâce à leur accord exclusif avec Idorsia, Owkin pense être sur le point de commercialiser cette thérapie anticancéreuse, en estimant que cet actif “a le potentiel d’être le meilleur double inhibiteur de sa catégorie sur les cibles très complexes que sont les récepteurs EP2 et EP4”. L’IA d’Owkin a découvert “que la biologie EP2/EP4 perturbe de manière significative la connectivité des cellules T au sein du microenvironnement tumoral (TME) par des mécanismes directs et indirects”. L’utilisation de l’inhibiteur permettra ainsi d’empêcher le développement de cette biologie.

    L’utilisation de l’IA lors des essais cliniques :

    Lors des essais cliniques, Owkin utilisera l’IA pour “créer un bras de contrôle externe dans la phase 1B”, mais aussi les données multimodales des patients pour “sélectionner les critères d’inclusion/exclusion optimaux”. Ceci dans le but de réduire les risques d’échec des essais.

    En plus de son accord avec Isadoria pour l’utilisation d’OKN4395, Owkin annonce l’exploitation de ses moteurs d’IA “pour compléter la découverte de médicaments en interne avec des actifs sous licence dans les domaines de l’oncologie, et des maladies immuno-inflammatoires”.

     

  • Data : Codoc facilite une étude rétrospective de données étalées sur 15 années

    Accélérer la réutilisation des données

    L’entreprise parisienne Codoc a développé une suite de logiciels qui a pour objectif de faciliter et d’accélérer la réutilisation des données de santé. Elle propose 3 applications :

    • warehouse pour la stockage des données ;
    • research hub pour faciliter la recherche et la réutilisation des données ;
    • et transparancy pour simplifier l’information des patients et la gestion des oppositions.

    Dans le cadre d’un de ses projets, l’Hôpital Necker-Enfants malades (AP-HP), a choisi la suite Codoc pour évaluer son algorithme de traitement du syndrome des spasmes épileptiques infantiles, dit “syndrome de West”, qui a été mis en place entre 2000 et 2018. Le but de cette évaluation était d’avoir accès à toutes les données de l’entrepôt (ou de la base) de données de santé auquel l’hôpital parisien était connecté, pour retrouver les dossiers des patients atteints de ce syndrome et traitées par le biais d’un protocole séquentiel différent du protocole de traitement habituel. Il s’agissait ensuite d’en déduire l’efficacité de ce traitement sur une période de près de 15 années. Le protocole consistait à introduire le vigabatrin (VGB), un antiépileptique dont le mécanisme d’action est clairement défini, avant d’ajouter des stéroïdes en alternative à une approche combinée VGB-stéroïdes.

    Des patients trouvés efficacement

    Pour retrouver les patients, la solution de Codoc opère selon les deux étapes suivantes : d’abord, elle scanne informatiquement tous les documents récoltés lors des passages des patients à l’hôpital ; ensuite elle recherche des mots dans ces documents pour être sur qu’il s’agisse bien du bon patient qui a été traité pour la bonne pathologie.

    Dans le cadre de cette étude rétrospective, une combinaison de mots a été utilisée pour être le plus précis possible, avec le prompt le suivant : “spasmes OU West syndrome ET vigabatrin OU sabril”. Les résultats ont par la suite été analysés par un neurologue pédiatrique depuis l’application Codoc, afin de sélectionner les patients répondants aux critères d’inclusion de cette étude.

    Quadrupler le nombre annuel d’études rétrospectives :

    La solution research hub de la suite codoc a permis :

    • d’identifier 399 patients suivis pour un syndrome de spasme infantile dans le Centre de référence des épilepsies rares (Créer), entre 2000 et 2018 ;
    • d’identifier et d’inclure dans une cohorte 198 patients répondants aux critères d’inclusion de l’étude ;
    • d’accéder et de visualiser les dossiers médicaux de ces 198 patients identifiés ;
    • puis d’extraire et d’étudier les documents médicaux pertinents pour l’étude.

    Les chercheurs ont ainsi pu fouiller rapidement dans la mémoire collective de l’hôpital, grâce au moteur de recherche multimodal de la suite Codoc. Ils ont réalisé un préscreening des données en quelques minutes et, de ce fait, accéléré l’identification des patients et l’étude de leurs dossiers médicaux. En quelques clics, les dossiers médicaux d’un ou plusieurs patients peuvent être visualisés sur une même interface. Codoc explique que cette facilité de recherche et d’utilisation des données permet aux établissements de santé de multiplier jusqu’à 4 fois leur nombre d’études rétrospectives réalisées chaque année.

     

  • HDH : les 8 lauréats de l’AAP P4DP visant à créer le premier EDS national de médecine de ville

    Exploiter les données de médecine de ville pour développer la recherche

    Le 11 juin, lors de l’événement Campus Live organisé par Parisanté Campus, le Collège national des généralistes enseignants (CNGE), le Collège de la médecine générale (CMG) et le Health Data Hub (HDH) ont dévoilé les huit lauréats de l’appel à projets (AAP) P4DP (Platform for Data In Primary Care). Lancée dans le cadre du plan d’investissements d’avenir France 2030, cette initiative vise à créer le premier entrepôt national de données de santé en médecine générale, en réunissant les principaux acteurs français du numérique et de la recherche en soins primaires.

    Considérées comme des outils stratégiques pour améliorer l’efficacité du système de santé, les données issues de la médecine de ville restent encore largement sous-exploitées en France. Pour y remédier, le HDH, le CNGE et le CMG souhaitent mobiliser la communauté médicale autour de ces enjeux. Cet AAP qu’ils ont lancé ensemble, le premier du genre en France, a suscité un grand intérêt, avec 45 candidatures reçues.

    Les 8 projets lauréats

    Les projets sélectionnés, dont chacun bénéficiera d’un financement de 100 000 euros, sont portés par des équipes de soins et de recherche issues de structures publiques et privées, ambulatoires et hospitalières, distribuées sur l’ensemble du territoire national. Le HDH leur fournira, en plus, un accompagnement technique et humain pour une durée de 24 mois, avec l’aide du CNGE et du CMG.

    1️⃣ Cascadeuse :

    Mené par le département de médecine générale de l’université de Nantes, le département de Santé publique de l’université de Bordeaux et l’université de Toronto, ce projet vise à étudier la cascade de prescriptions d’un diurétique de l’anse pour traiter la survenue d’œdèmes des membres inférieurs causés par un inhibiteur calcique dihydropyridine (ICDH).

    2️⃣ Indigo :

    L’équipe recherche en soins primaires de Rennes, CIC Inserm 1414, et PELyon ont lancé ce projet dans le but de comparer les résultats cliniques et la consommation de soins ainsi que les coûts associés, dans une cohorte de patients avec un diagnostic précoce de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) par rapport à une cohorte de patients avec un diagnostic tardif de BPCO.

    3️⃣ Epice :

    Avec l’ambition de décrire la prescription des inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 (IPDE5), en lien avec la prévalence de la dysfonction érectile et l’évolution des comorbidités associées, ce projet est porté par l’AP-HP et le département de médecine générale de l’université Paris Cité).

    4️⃣ Obsantico :

    Ce projet a pour objectif d’obtenir une vision exhaustive des conséquences hémorragiques et des récidives thrombotiques lors de l’exposition d’un patient aux anticoagulants. Il a été lancé par le CNRS en partenariat avec le CHU Grenoble Alpes.

    5️⃣ Pathocarto :

    Ipso Santé ambitionne, à travers ce projet, de confronter les algorithmes de détection des pathologies développés par la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) avec les diagnostics de pathologies établis par les médecins généralistes.

    6️⃣ Tarir :

    Ce projet, porté par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), le département de médecine générale de l’université Lyon 1, le Centre Léon Bérard et les Hospices civils de Lyon (HCL), vise à étudier l’impact des tensions d’approvisionnement en antibiotiques sur la prise en charge ambulatoire des infections respiratoires aiguës.

    7️⃣ Stip :

    Améliorer la surveillance des infections bactériennes sexuellement transmissibles et à mieux décrire l’observance des patients et les pratiques des médecins généralistes, tel est l’objectif de ce projet lancé par Institut Pierre Louis d’épidémiologie et de santé publique (Iplesp), le département de médecine générale de l’université Paris Cité, Sentinelles, l’Inserm, Santé Sorbonne université, Santé publique France, le Centre national de référence (CNR) et Antibioclic.

    8️⃣ Teleconso :

    Avec ce projet, les départements de médecine générale des universités Paris-Est Créteil et Limoges, en partenariat avec l’Inserm unités Cepia et Viesanté, visent à comparer les potentielles différences de prescriptions entre une téléconsultation ou une consultation en cabinet de médecine générale.

     

  • HAS : un guide pour le recueil des IQSS à partir du dossier patient grâce au logiciel Alice

    Une avancée majeur pour les audits médicaux

    Développé par l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH) selon les spécifications de la HAS, le logiciel Alice représente une avancée significative dans le domaine des audits de dossiers médicaux. Son objectif est de faciliter l’identification et l’analyse des dossiers des patients à partir des données hospitalières du Programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI). Alice permet une standardisation des pratiques en offrant un outil commun à tous les établissements de santé pour analyser les informations nécessaires au calcul des IQSS.

    Ces indicateurs de qualité et de sécurité des soins évaluent :

    • l’état de santé des patients ;
    • les pratiques professionnelles ;
    • ainsi que la survenue d’événements à analyser.

    Ils visent, par ailleurs, à mesurer de manière fiable la qualité des soins et la sécurité des patients. Les départements d’information médicale utilisent désormais Alice pour identifier les dossiers à analyser, en coordination avec les responsables qualité des établissements de santé. Seuls les gestionnaires des fichiers du domaine PMSI sur la plateforme Plage de l’ATIH peuvent accéder au logiciel. Au vu du caractère sensible des données, un niveau de protection élevé des données a été établi. Il est à noter que le logiciel Alice remplace tous les logiciels Lotas utilisés jusqu’en 2023.

    Fonctionnement du logiciel Alice

    Ce logiciel permet d’apporter une aide aux établissements de santé pour identifier les dossiers des séjours hospitaliers à analyser, en générant des données de correspondance entre les identifiants de séjours anonymisés et les données locales des établissements.

    Plus précisément :

    • a partir du début de la campagne, Alice permet d’apparier les identifiants des séjours tirés au sort et ceux conservés dans les archives locales de l’établissement ;
    • une liste de correspondance entre le numéro de tirage au sort du séjour figurant dans QualHAS et les identifiants locaux du séjour est ainsi produite et permet de retrouver chaque dossier ;
    • le dossier du patient peut alors être audité par l’équipe en charge du recueil, qui renseigne les informations demandées dans QualHAS ;
    • dès la fin du recueil, les résultats peuvent être récupérés par l’établissement.

    Recueil de données opéré par le logiciel Alice – @ HAS

    Périodes d’utilisation

    Alice doit être utilisé à différentes périodes :

    • lorsque la HAS organise les campagnes de mesure des indicateurs à partir du dossier patient, sur des périodes déterminées ;
    • toute l’année, pour analyser les dossiers d’intérêt, dès que la HAS restitue les résultats des indicateurs calculés à partir du PMSI.

    Grâce à sa capacité à standardiser et sécuriser les audits des dossiers médicaux, ce logiciel ouvre des perspectives prometteuses pour l’amélioration continue de la qualité des soins en France. En facilitant l’analyse des données de santé, il devrait permettre aux établissements de santé de mieux identifier leurs lacunes et de mettre en œuvre des actions correctives plus ciblées.

     

    👉 Le guide “Recueils nationaux d’indicateurs de processus à partir des données du dossier
    patient. Méthode et outil”, publié par la HAS le 11 juin 2024, est accessible sur lien.
  • Télémédecine : H4D intègre un dermatoscope connecté à sa cabine pour la détection des mélanomes

    Compenser le manque de dermatologues

    En France, le délai médian pour obtenir un rendez-vous chez le dermatologue est de 36 jours. Cette attente peut atteindre jusqu’à plus de 3 mois Dans certains départements de l’Hexagone, comme c’est le cas dans le Tarn et dans l’Aude. C’est le constat qui a été dressé par l’étude publiée par Doctolib en mai 2023, alors que chaque année, 80 000 nouveaux cas de mélanome sont détectés à travers le pays. Un chiffre élevé mais qui pourrait être loin du nombre réel de Français qui contractent ce cancer de la peau. La difficulté d’accès à un dermatologue ne permet pas de diagnostiquer tous les patients, ce qui peut conduire à des aggravations dans certains cas.

    Dans un tel contexte, la société parisienne H4D a décidé d’équiper ses cabines de télémédecine, Consult Station clinic (CS clinic), de dermatoscopes intelligents et connectés pour faciliter la détection du mélanome de la peau à distance. À l’occasion du mois de mai violet, l’association France Asso Cancer et Peau et le Département des Yvelines se sont associés à H4D pour installer une cabine à l’intérieur de l’université de Versailles afin de permettre au plus grand nombre d’obtenir un avis expert sur leurs “lésions cutanées douteuses”.

    L’IA pour confirmer le diagnostic du médecin

    Si les cabines CS clinic proposent déjà aux patients de faire un bilan autonome de leur état de santé grâce à une variété d’objets connectés, comme des tensiomètres ou des thermomètres, l’examen des lésions cutanées douteuses se fait au cours d’une téléconsultation avec un dermatologue. Concrètement, après avoir discuté avec le patient, le dermatologue lui demande d’utiliser le dermatoscope connecté et de prendre en photo la ou les zone(s) où se trouve(nt) la ou les lésions(s) douteuse(s). Il analyse ensuite cette photo en s’appuyant sur une IA intégrée dans le logiciel de H4D pour confirmer son diagnostic. C’est alors que le médecin peut juger si le patient a besoin ou non d’être examiné en présentiel.

    Cette initiative du mois de mai violet va se poursuivre avec la tournée du bus de santé des Yvelines, qui embarque une cabine de télémédecine et qui sillonner le département jusqu’à la fin du mois de juin. Pour rappel, H4D est un partenaire privilégié du département des Yvelines puisque l’entreprise y déploie 50 cabines. Un contrat d’une valeur de 10 millions d’euros avait été signé entre les deux partenaires en avril 2023, autour des cabines CS, qui intègrent ainsi le réseau de téléconsultation des Yvelines, à l’issue d’un appel d’offre remporté par H4D.