L’enjeu de la prédiction des thromboses inexpliquées
Financé par l’Union européenne et coordonné par le Pr Francis Couturaud, pneumologue au CHU de Brest et coordinateur du réseau “Innovte” (Investigation network on venous thrombo-embolism) de F-Crin, le projet Morpheus se présente comme une étape importante pour l’innovation dans la prédiction des thromboses sans cause identifiable. Il vise à développer un outil prédictif qui sera capable d’identifier les patients à risque de récidive de MVTE.
Troisième cause de mortalité cardiovasculaire en Europe, cette maladie, qui consiste en des caillots sanguins obstruant une veine des membres inférieurs ou pulmonaires, touche en France entre 50 000 et 150 000 personnes chaque année et cause entre 5 000 et 10 000 décès. Elle survient souvent sans cause identifiable, compliquant ainsi sa prévention et son traitement. Environ 40 % des patients sont victimes d’une récidive après l’arrêt des anticoagulants, une situation mortelle dans 10% des cas.
Une approche de recherche multidimensionnelle
Pour la première fois dans le domaine, 14 cohortes regroupant 20 000 patients issus de 8 pays européens (France, Pays-Bas, Espagne, Allemagne, Suisse, Pologne, Suède et Danemark) sont fusionnées pour la réalisation de l’étude Morpheus. Dans le cadre de ces travaux, les chercheurs s’appuieront sur quatre catégories d’indicateurs :
- cliniques : âge, sexe, poids, antécédents médicaux ;
- biologiques : génétique, dosages de protéines, ARN ;
- morphologiques : imagerie pour analyser les caillots ;
- et socio-anthropologiques : préférences des patients, perceptions du risque.
Se distinguant par son ampleur et son approche multidimensionnelle, le projet Morpheus a un double objectif :
- créer un outil prédictif pour optimiser la durée et les modalités des traitements anticoagulants au-delà des trois premiers mois, et de personnaliser ces traitements en fonction des profils des patients ;
- et valider un outil adaptatif et multiniveaux, intégré à un processus de décision médicale partagée, prenant en compte à la fois les avis médicaux et les perceptions des patients pour une prise en charge personnalisée.

Un essai clinique dès décembre 2024
L’outil prédictif de Morpheus devra être finalisé d’ici octobre 2025, sur la base des 20 000 patients issus des cohortes fusionnées. Un essai clinique de validation débutera le premier décembre 2024 pour une durée de quatre ans. Il inclura 2 400 patients. Interdisciplinaire, le projet promet d’avoir des répercussions significatives sur les plans scientifique, clinique, économique et de santé publique. En effet, différentes disciplines cliniques et scientifiques sont impliquées, avec la participation :
- de cliniciens de diverses spécialités ;
- de scientifiques en biomolécules et imagerie ;
- ainsi que de spécialistes en sciences humaines (sociologie, anthropologie).
👉 Pour participer à l’essai, les inscriptions sont possibles sur ce lien.




