L’activité physique, facteur de prévention des chutes
Le plan de prévention antichute des personnes âgées 2022-2024 a pour objectif de réduire de 20% le nombre de chutes chez les personnes âgées de plus de 65 ans. Conformément à l’axe 4 du plan, portant sur l’activité physique, la Prévention retraite Ile de France (PRIF) organise un parcours de prévention pour les seniors, comportant notamment des ateliers d’activité physique adaptée – 4800 participants en 2023 – , ainsi que des ateliers mémoire.
A la demande de Prévention Retraite en Ile-de-France (Prif), le Gérond’if, gérontopôle d’Île-de-France, a réalisé une étude pour démontrer l’efficacité des ateliers « équilibre en mouvement » pour la prévention des chutes. L’offre comporte 12 ateliers hebdomadaires de 2 heures, de 12 à 15 personnes. Ces séances, encadrées par un professionnel, portent sur l’équilibre, le renforcement musculaire, la proprioception, la vitesse de réaction, etc.
L’étude EMMAP (muscle, mouvement et activité physique), dirigée par le Pr Agathe Raynaud-Simon a porté sur les résultats obtenus par la population qui suivait ces ateliers. Pour authentifier ses résultats, ils ont été comparés à un groupe contrôle, celui des ateliers mémoire. Ces derniers suivaient le même protocole et portaient sur la concentration, l’attention, l’orientation dans l’espace et le temps, etc. Ils étaient assortis de conseils généraux sur l’alimentation et l’activité physique.
Résultats :
A l’issue des 12 semaines, l’étude montre une nette amélioration des indicateurs retenus (temps de marche, performances physiques, force musculaire, équilibre, mobilité) et une réduction des chutes chez les participants aux ateliers équilibre. Ces résultats positifs se maintiennent à 1 an, ce qui conforte l’impact positif des ateliers .
L‘étude fait ressortir que le groupe contrôle a également amélioré ses performances, augmentant son temps de marche et d’activité physique. Ce résultat inattendu prouve que les conseils dispensés par des professionnels ont eu un impact sur les comportements. La sociabilisation des personnes lors de ces ateliers constitue un autre facteur positif.
Au-delà du premier enseignement de l’étude, une conclusion du Pr Agathe Raynaud-Simon est qu’il faut miser sur la diversité des activités de prévention et laisser le choix aux participants d’aller d’un atelier à l’autre, en fonction de leur intérêt et de leur motivation. Convaincre, aller vers et la recherche de plaisir sont des facteurs qui renforcent l’efficacité des actions de prévention en direction d’un public hétérogène et qui ne se sent pas toujours concerné.
Cette étude locale s’inscrit totalement dans les recommandationsde l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui, dans son dernier rapport, rappelle que l’alimentation et l’activité physique sont les clés d’un vieillissement en bonne santé. Le respect de sa recommandation d’un minimum de 150 minutes par semaine d’activité physique modérée réduit de 28 % le risque de mortalité toutes causes confondues.
Une expérimentation dans 5 régions
L’axe 4 du plan de prévention des chutes prévoit l’expérimentation d’un « panier de soins » visant à proposer une prise en charge multifactorielle et coordonnée de plusieurs aspects du risque de chute chez les seniors.
Le panier de soins comprend l’intervention de 3 professionnels pour la prise en charge d’une personne âgée. Il comporte obligatoirement un intervenant en activité physique adaptée ou un kinésithérapeute, comme socle de la prévention des chutes. Peuvent être adjoints un diététicien, un ergothérapeute, une infirmière… Une consultation médicale en amont permet une évaluation des besoins de la personne et l’intervention coordonnée de ces professionnels.
La mise en place de cette prestation est en cours d’expérimentation dans 5 ARS (Auvergne-Rhône-Alpes, Centre Val-de-Loire, Hauts-de-France, Occitanie, Pays de Loire) sur des territoires délimités et sur la base d’un cahier des charges élaboré en 2023 avec l’appui de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). Le financement est assuré par la sécurité sociale ou, pour les prestations non remboursées, par des crédits spécifiques.







