La mise en place et le fonctionnement des PTA ont été au coeur des expériences présentées lors de la journée du programme TSN (2014-2017) qui s’est tenue au ministère de la Santé à Paris le 6 novembre 2016.
« Au bout de trois ans, c’est une belle réussite », a souligné Franck Jolivadt, chef du bureau systèmes d’information à la DGOS en rappelant l’objectif de « faire émerger des services intégrés pour les professionnels de santé et les patients ».
Ces plateformes encadrées par l’article 74 de la loi de modernisation de la santé sur les fonctions d’appui aux professionnels pour la coordination des parcours de santé complexes ont été mises en place dans les 5 régions concernées par l’expérimentation « TSN »:
– pour la région Nouvelle Aquitaine : XL ENS (Landes espace numérique de santé)
– pour la région Bourgogne Franche Comté : E_TICSS (Territoire innovant coordonné santé social)
– pour la région Ile-de-France : TerriS@nté (« Le numérique au service de la santé en métropole du Grand-Paris »)
– pour la région Auvergne Rhône-Alpes : PASCALINE (Parcours de santé coordonné et accès à l’innovation numérique)
– pour l’Océan indien : OIIS (Océan Indien Innovation Santé).
Région Nouvelle Aquitaine, dispositif PTA Santé Landes
Plus de 1000 parcours de soins coordonnés depuis septembre 2015.
L’objectif des responsables du projet était de mettre en place « un dispositif pérenne et reproductible et une plateforme portée par les médecins traitants ».
Le but visé est de sécuriser la prise en charge en ville et à domicile avec le même niveau de sécurité que la prise en charge à l’hôpital.
Techniquement, la plateforme s’appuie sur l’outil numérique déjà utilisé par la plupart des médecins libéraux du territoire et déployée par le GCS Télésanté Aquitaine à partir duquel les améliorations ont été apportées pour en faire un outil de coordination entre les professionnels de santé.
L’outil de coordination est composé:
- d’une messagerie sécurisée,
- d’un agenda
- d’un gestionnaire de tâches pour l’organisation des parcours de soins
- d’une « pancarte patient » pour une vision d’ensemble de la situation du patient, dissier patient partagé par tous les professionnels intervenant autour de son cas
- de fiches métiers par pathologie
- d’une interface avec l’hôpital
Région Auvergne-Rhône-Alpes, dispositif « Pascaline »
Le dispositif a été conçu pour répondre au principal besoin exprimé par les libéraux: son intégration dans les outils déjà utilisés de gestion du cabinet.
Dans sa phase de conception, le dispositif a été présenté à 120 professionnels de santé. Une démarche qui a montré:
- leur méconnaissance des travail des autres professionnels
- leur manque de visibilité
- leur envie de co-construction
Les responsables de la plateforme ont organisé le 22 novembre 2016 une réunion de gouvernance regroupant les usagers, les professionnels de santé et les élus du territoire.
Région Bourgogne France Comté, PTA e-ticcs
Ce territoire de 350 000 habitants abritait 5 réseaux de santé à partir desquels s’est constituée la PTA afin d’aller vers la convergence sans démultiplier les outils.
Un numéro d’appel unique pour les patients et professionnels a été ouvert fin novembre 2016 qui renvoie vers les coordinateurs présents sur le territoire.
Selon les responsables de cette plateforme, « le numérique amène les professionnels à d’interroger sur comment travailler ensemble« .
Océan Indien, PTA OIIS
La mise en oeuvre de la plateforme a débuté par une phase diagnostic, le constat d’une absence de coordination et le fait que le médecin traitant travaille seul sur le terrain.
Les blocages identifiés ont été:
- le cloisonnement des acteurs de la prise en charge
- l’absence de coordination
- la faiblesse des échanges entre praticiens de ville, entre-eux et avec l’hôpital
- la méconnaissance des acteurs de terrain.
Les réponses apportées à cette situation ont été:
- Informer
- faciliter
- coordonner
- construire des parcours axés sur le sentiment du bien-être du patient.
La plateforme assure le suivi de 40 patients depuis août 2016.
Région Ile de France, PTA Terr-esanté
La plateforme est née à partir du « Réseau 94 » créé en 2003 sur l’impulsion de médecins généralistes pour une meilleure prise en charge des patients atteints de cancer.
En 2006, le réseau a créé une activité de soins palliatifs et, en 2010, a commencé à répondre aux besoins de prise en charge en gérontologie.
A partir de la loi de 2016, le réseau a étendu son activité à la prise en charge du diabète et de l’insuffisance cardiaque.
Les difficultés rencontrées par les responsables de a plateforme ont été:
- les relations avec la tutelle
- les relations de certains professionnels de santé avec leurs pairs
- l’adaptation à l’ouverture des salariés des structures
- l’accompagnement des systèmes d’information (équipement et utilisation)