Le ministère de la Santé a diffusé le 16 janvier 2017 le rapport du groupe de travail 28 (GT28) du Comité stratégique de filière Santé sur les objets connectés et applications de santé : ce dernier préconise la mise en œuvre d’un référentiel de labellisation avec un focus sur la fiabilité médicale, la protection des données et la cybersécurité. Le GT28 n’a pas inclus dans son analyse les dispositifs médicaux connectés, qui relèvent d’une réglementation spécifique.
Les travaux du GT28 se sont déroulés entre septembre 2015 et août 2016.
Créé en mai 2015 dans le cadre du Conseil national de l’Industrie, le GT28 du comité stratégique de filière Santé a été constitué pour travailler sur la thématique de la santé mobile, et identifier les conditions d’un développement vertueux des objets connectés et applications mobiles de santé.
Le GT28 rassemble :
- des représentants des pouvoirs publics : DSSIS, DGOS, DGE, DGRI, ASIP Santé, HAS, CNAMTS, ANSM ;
- des fédérations d’industriels, via l’Alliance eHealth France (SNITEM, LESSIS, Syntec Numérique, LEEM, FEIMA).
Il est co-présidé par Philippe Burnel et Pierre Leurent.
Un marché immature en France
Environ 103 000 applis de santé ont été recensées par le GT28, mais 60 % d’entre elles ont été téléchargées moins de 5000 fois. Elles sont majoritairement éditées par des PME et des TPE, issues du secteur informatique (50%) plus que du secteur de la santé (10 à 15 %), qui ont sorti leur premier produit il y a moins de trois ans.
Elles sont majoritairement orientées sur la prévention et l’accompagnement.
Conjuguer protection des consommateurs et création de valeur industrielle
Le GT28 souligne la nécessité de prendre en compte trois paramètres pour assurer la protection des consommateurs d’applis et d’objets connectés de santé :
- leur fiabilité médicale, c’est-à-dire la qualité et la précision des données collectées, ainsi que l’absence de nocivité des recommandations aux utilisateurs ;
- la protection des données des utilisateurs ;
- la cybersécurité.
Afin que la protection des consommateurs ne freine pas la création de valeur industrielle, le GT28 se prononce pour une mise en conformité volontaire basée sur un référentiel de labellisation co-élaboré par les pouvoirs publics, les industriels, et des représentants d’usagers et de professionnels de santé.
Ce référentiel pourrait s’appuyer sur une analyse de risque générique et les recommandations de bonnes pratiques pour les applis de santé élaborées par la HAS à l’automne 2016.
La labellisation pourrait consister en un socle de conformité assorti d’exigences graduées.
Enfin, le GT28 estime que la labellisation doit être effectuée par des organismes certificateurs.
Quelle promotion des solutions à bénéfice avéré ?
Si le GT28 propose des pistes pour la promotion des solutions à bénéfice avéré, comme une inclusion de ce critère dans les appels d’offres, ou un remboursement par l’Assurance maladie ou les complémentaires santé, ce sujet spécifique sera traité par le groupe de travail 12 du Comité stratégique de filière Santé.