Mutuelles

  • #FranceIA : la filière santé doit établir sa stratégie sectorielle en IA avant fin 2017

    • Une cinquantaine de propositions issues du rapport élaboré par les groupes de travail thématiques mobilisés entre janvier et mars 2017,
    • Une liste d’actions qui seront engagées en 2017,
    • Une cartographie des entreprises françaises de l’IA, des formations et des équipes de recherche,
    et 250 millions d’€ d’investissements dans des startups françaises sur 5 ans,

    Telles sont les orientations présentées le 21 mars 2017 par France Stratégie en présence du Président de la République, François Hollande.

    Lancée le 20 janvier 2017, #FranceIA visait à mobiliser la communauté française de l’intelligence artificielle pour valoriser ses capacités et élaborer une stratégie nationale en la matière. La santé fait partie des secteurs à haut potentiel ciblés par la démarche.

    Les grandes recommandations issues du rapport

    • Affirmer l’excellence de la recherche française en préservant sa diversité, en développant l’interdisciplinarité, et en valorisant les talents.
    • Améliorer l’environnement et l’appropriation des questions d’IA dans la société, pour permettre la compréhension des enjeux de l’IA et créer des vocations, susciter l’envie d’innover, et pour former à des métiers transformés en continu.
    • Permettre un transfert efficace de la recherche vers les applications industrielles et économiques.
    • Développer une stratégie industrielle fondée sur les écosystèmes d’innovation et une «verticalisation » de l’IA dans chaque filière.
    • Poursuivre le débat public sur l’IA et développer des outils en facilitant la compréhension.

    Les mesures engagées en 2017

    • Mise en place d’un comité stratégique FranceIA, rassemblant sphère académique, scientifique, économique et société civile, pour mettre en œuvre les recommandations des groupes de travail.
    • Candidature à un « projet phare de technologie émergente » (« FET flagship ») sur l’IA, co-financé par l’Union européenne (1 milliard d’euros).
    • Lancement d’un nouveau programme mobilisant les institutions de recherche pour identifier, attirer et retenir les meilleurs talents en IA, dans le cadre de l’action Programmes prioritaires de recherche du PIA3.
    • Financement d’une infrastructure mutualisée pour la recherche.
    • Constitution d’un consortium public-privé en vue de l’identification ou de la création d’un centre interdisciplinaire pour l’intelligence artificielle.
    • Inclusion systématique, d’ici fin 2017, de l’IA dans les priorités de l’ensemble des dispositifs publics de soutien à l’innovation.
    • Mobilisation des ressources publiques (Bpifrance, PIA) et privées pour atteindre l’objectif d’ici 5 ans d’investir dans 10 start-ups françaises pour plus de 25 M€ chacune.
    • Mobilisation des filières automobile, relation client, finances, santé et transport ferroviaire pour que chaque filière définisse une stratégie sectorielle IA d’ici fin 2017.
    • Lancement d’un appel à projets pour des plateformes sectorielles de partage de données pour 3 à 6 secteurs, d’ici la fin 2017.
    • Conclusion du débat éthique sur les « algorithmes » animé par la CNIL en octobre 2017
    • Lancement d’ici l’été d’une concertation de France Stratégie sur la question des effets de l’intelligence artificielle sur l’emploi.

    Les principaux points de la cartographie de l’IA

    La cartographie de l’IA réalisée dans le cadre du rapport permet de dégager les points suivants :

    • 270 start-up dans l’IA ont été créées entre 2000 et 2016, dont 25 dans la santé ;
    • 80 ETI et PME spécialisées dans l’IA en France, dont, 5 PME et ETI pour la santé : Arcan, Medasys, H2AD, Carestream et Synovo.
    • Environ 250 équipes de recherche en intelligence artificielle pure mais aussi en sciences humaines et sociales.
    • La France compte parmi les 4 premiers pays au monde pour la production mondiale d’articles sur l’intelligence artificielle, avec la Chine, les Etats-Unis, et le Royaume-Uni.
  • Adoption des innovations : l’institut du Québec recommande un système fondé sur la valeur (rapport)

    Explorer les lacunes du système de santé québécois dans l’adoption des innovations et de la mise en place de mesures qui permettraient de réduire l’augmentation des coûts de santé, telle est l’ambition du rapport de l’Institut du Québec, publié le 15 mars 2017. En s’appuyant sur les expériences de l’Australie, du Danemark, des Pays-Bas, de la Suède, du Royaume-Uni et des États-Unis, le rapport vise à favoriser l’intégration de l’innovation dans le système de santé en termes de méthodes d’achats et de financements.

    D’un système fondé sur les coûts à un système d’approvisionnement fondé sur la valeur

    L’institut du Québec pointe le fait que le système d’approvisionnement fondé sur la valeur a déjà été mis en place dans certains pays. Il s’agit d’une approche centrée sur le patient et sur l’intégration du système mettant l’accent sur la qualité de l’approvisionnement plutôt que sur la minimisation de ses coûts et sa quantification. Ces solutions sont notamment des:

    • paiements groupés pour l’ensemble de l’épisode de soins;
    • définition d’un appel de solutions par la présentation d’un cas hypothétique – exemple d’appels d’offre en Suède fondé sur l’évaluation de coûts de traitements pour des plaies;
    • essais préalables de produits avant de procéder aux appels d’offres;
    • ententes de partage de risques;
    • évaluation globale des coûts-bénéfices;
    • mise en place de registres de patients dont les données sont accessibles pour favoriser la transparence de l’efficacité des prises en charge;
    • ouverture au dialogue avec les entreprises avant les appels d’offres

    Le constat posé par l’IdQ est que la réalité économique du pays vis-à-vis de l’innovation fait face à une croissance faible et à une baisse de l’investissement. Parallèlement, le vieillissement de la population va exercer des pressions certaines sur les coûts.

    Les définitions de la valeur varie en fonction des acteurs. Pour les patients, par exemple, « elle peut signifier des soins accessibles qui les aident à rester en bonne santé et à améliorer leur qualité de vie ». Ainsi, les méthodes d’approvisionnement fondés sur la valeur donne « une perspective plus globale de l’approvisionnement qui prend en compte la qualité, les coûts totaux qui s’étendent sur l’ensemble du cycle de vie du produit, et des considérations socio-économiques plus larges lors de l’achat de produits de medtech ».

    Selon l’IdQ, ces méthodes sont avantageuses pour:

    • Les patients: modèles sont davantage axés sur la prévention plutôt que sur le traitement;
    • Les parties prenantes:
      • Les professionnels de la santé: méthodes plus sûres et efficaces, qui offrent un meilleur rendement en matière de prestation des soins;
      • Les systèmes de santé: améliore la transparence qui encourage les améliorations cliniques;
      • Les fournisseurs: intégration de leurs activités en aval et à la construction d’un modèle holistique des soins (exemple de la dialyse en Allemagne par Fresenius Medical Care)

    Recommandations pour le gouvernement du Québec

    • Coordination des groupements d’achats: mettre l’accent sur « une compréhension commune de la valeur et de la perspective de l’utilisateur quant à la création de la valeur, plutôt que sur une vision traditionnelle axée sur la livraison de résultats »
    • Mise en place d’appels de solutions: élaborer des contrats d’approvisionnement axés sur les résultats
    • Transparence des données: partager des données sur les résultats en matière de santé afin de mesurer et à communiquer les informations pertinentes tout en respectant la vie privée; 
    • Mesures facilement applicables dès maintenant: redéfinir des ententes de partage de risques
  • Standards d’interopérabilité dans la e-santé : appel à réactions de l’Union européenne

    La DG CONNECT de la Commission européenne a diffusé le 16 mars 2017 un appel à contributions sur l’interopérabilité dans la e-santé. Les parties prenantes sont invitées à réagir à un rapport sur l’efficacité de l’interopérabilité dans la e-santé en termes de coûts lorsqu’elle est conçue à partir de standards, avant le 31 mars 2017.

    Le rapport a été élaboré dans le cadre du projet eStandards, qui travaille à une feuille de route pour élaborer des standards de façon collaborative, en s’appuyant sur les preuves et les retours d’expérience.

    Le rapport, « Cost effectiveness of the use of standards-driven toolsets for designing, developing and deploying interoperable solutions or products », fait état d’un accord général parmi les participants sur le rôle des outils élaborés à partir de standards dans le renforcement de la qualité des produits et des services de e-santé, grâce à l’amélioration constante des spécifications.

    D’un point de vue économique, les parties prenantes indiquent que le recours à des standards permet de diminuer le temps d’accès au marché, lorsqu’ils sont clairs et de bonne qualité.

    Les réactions au rapport peuvent être transmises à la DG Connect via le lien suivant, avant le 31 mars 2017.

  • Colloque annuel de la European Health Telematics Association (EHTEL) – 16 mars 2017

    Le colloque annuel 2017 de la European Health Telematics Association (EHTEL) aura lieu le 16 mars 2017 à Bruxelles, sur le thème : « Going all digital – making it happen for health ».

    Programme

    • 9h15-10h45 : Promises of Data-Driven Health and Care: Smart Routes to Patient Safety and Quality
    • 10h45-11h15 : coffee break
    • 11h15-12h20 : Organisational and Change Management Models for Data Driven Healthcare
    • 12h20-13h20 : lunch break
    • 13h20-14h10 : Digital Health: Innovate while Standardising or Standardising while Innovating?
    • 14h10-15h15 : Co-Creation of Innovative Services as an Enabler of Co-Creation of Health
    • 15h15-15h45 : coffee break
    • 15h45-16h45 : Putting Digital Health toWork: Digital Skills for the Health Work Force
    • 16h45-17h15 : Outlook and Closing: Way Forward for Digital Innovation and Transformation of Health and Care
  • Ecosystèmes innovation : Toulouse White Biotechnology noue 8 nouveaux partenariats industriels

    Accélérer le passage de la recherche académique aux applications industrielles, telle est la vocation du démonstrateur pré-industriel Toulouse White Biotechnology qui a annoncé le 14 mars 2017 l’arrivée de 8 nouveaux partenaires industriels au sein de son consortium public-privé : Bgene, BioAster, Heurisko, Servier, Micropep Technologies, Syngulon, ab7 Industries et Naturamole.

    Le consortium est désormais composé de 53 partenaires (dont 11 grandes entreprises, 10 PME, 16 TPE, 7 fonds d’investissement et structures de valorisation, 9 partenaires publics) intervenant dans les secteurs suivants: solutions de biotechnologies, pharmacie, agro-industrie, chimie (matériaux et produits), équipement, arômes, parfums et cosmétologie.

    TWB précise par ailleurs son ambition de favoriser davantage la création et l’accompagnement de start-up pour l’année 2017.

    L’activité de TWB repose sur l’utilisation d’outils biologiques innovants (enzymes, microorganismes, consortia microbiens) qui seront implantés au cœur de procédés industriels performants, jouant ainsi le rôle d’accélérateur du transfert d’innovation.

    Ses deux objectifs sont de :

    • Favoriser le développement de nouvelles voies de production durable par l’utilisation de ces outils et de procédés compétitifs.
    • Faciliter l’interface recherche publique / industrie dans le domaine des biotechnologies industrielles.

  • Signalement des effets indésirables : ouverture du portail signalement-sante

    Signalement-sante.gouv.fr, tel est l’adresse du portail ouvert le 13 mars 2017 par le ministère de la Santé pour le signalement des événements sanitaires indésirables. Prévu par la loi de modernisation du système de santé, le site simplifie les démarches à effectuer en la matière, pour les usagers comme les professionnels.

    Trois cas de figure sont prévus selon l’événement indésirable ou la situation identifiée :

    • déclaration en ligne directe ; 
    • renvoi vers des systèmes de télé-déclaration existants, comme par exemple le portail vigie-radiothérapie de l’Autorité de sûreté nucléaire et de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé ;
    • renseignements sur la démarche à suivre pour certains signalements spécifiques qui nécessitent d’être effectués soit par un professionnel de santé (côté usager) ou par un professionnel spécialisé (côté professionnel).

  • SI : 12 logiciels labellisés par l’Asip pour les maisons et centres de santé

    L’Asip Santé a indiqué le 9 mars 2017 avoir labellisé 12 logiciels pluri-professionnels destinés aux maisons, pôles et centres de santé à l’issue du processus de renouvellement des labels V1 en labels V2 du référentiel fonctionnel. Les labels obtenus sous la V1 du référentiel ne sont plus valables.

    Une visite sur site sera réalisée courant 2017 pour chacun des logiciels labellisés.

    Les logiciels labellisés sont :

    • HYPERMED de MEDASSIST SAS
    • AxiSanté MSP de CompuGroup Medical Solutions
    • Maidis-Amies de MAIDIS
    • Chorus de ICT
    • Médimust de MEDIMUST
    • Crossway-Galaxie de Cegedim Logiciels Medicaux
    • monLogicielMédical.com de Cegedim Logiciels médicaux
    • éO de SILK Informatique
    • Mon Premier Chorus de ICT
    • Hellodoc de Imagine Edition
    • Weda de WEDA
  • Le congrès e-Health World Monaco 2017 aura lieu les 1er et 2 juin 2017

    Le congrès e-Health World Monaco tiendra sa troisième édition en Principauté les 1er et 2 juin 2017.

    Cet événement abordant les thèmes de la e-santé, des technologies médicales, de la Recherche et de l’innovation, sera présidé par Israël Nisand, Président du Forum Européen de Bioéthique de Strasbourg.

    Il s’articulera autour de débats (impression 3D – 4D, l’IA au service de la médecine, l’homme augmenté, les robots) d’ateliers (blockchain, business et économie en e-santé), de conférences (bioéthique de l’e-santé, e-santé : et l’Afrique ?) et d’une « nuit connectée » de challenge de start-up.

    Les débats

    • La création de tissus, les biomatériaux au service de l’humain
    • Impression 3D, 4D
    • Les organes de synthèse
    • Le patient connecté
    • L’intelligence artificielle au service de la médecine
    • L’homme augmenté, les robots
    • La Simulation, les Serious Games, la Réalité virtuelle et l’impression 3D pour Apprendre, Enseigner, Opérer.
    • Présentations de start-ups
    • La beauté connectée en partenariat avec l’Oréal et la Samcep

    Les ateliers

    • Blockchains
    • Science et Recherche
    • Business et économie en e-santé
    • e-santé en Afrique
    • Le patient connecté en partenariat avec BeWell Connect

    Les conférences

    • Bioéthique de l’e-santé Pr Israël Nisand Directeur du Forum de Bioéthique de Strasbourg
    • e-santé : et l’Afrique ? Pr Dinard Kouassi Directeur de l’Institut National de Santé Publique de Cote d’Ivoire Samir Abdelkrim Fondateur de StartupBRICS.com

    La « nuit connectée » sera un moment d’échange entre start-uppers et partenaires et, pour les congressistes, la découverte en avant-première des innovations qui préfigurent la médecine de demain.

    La liste des conférenciers est accessible via le lien ci-contre : Conférenciers

    L’inscription (payante) peut s’effectuer via le lien ci-contre : Inscription

  • Innovation en santé : HEC Montréal appelle à mettre en place une politique de la demande (rapport)

    Le CIRANO (Centre interuniversitaire de Recherche en analyse des organisations) et le Pôle santé HEC Montréal, ont publié, le 28 février 2017, un rapport dans lequel ils font des recommandations pour améliorer la mise en place des innovations de santé. Ce rapport fait suite à un premier rapport faisant état des « Catalyseurs et freins à l’innovation en santé au Québec » publié en juin 2016.

    L’étude porte sur des juridictions similaires au système de santé Québécois : l’Australie, le Danemark, la Grande Bretagne et les Pays-bas. L’analyse a ensuite porté sur les politiques favorables à l’innovation en santé dans ces pays, qui s’inscrivent la plupart du temps dans un plan d’investissement. L’équipe de recherche s’est ensuite fondée sur les données de l’OCDE, du Commonwealth fund, de l’observatoire des systèmes et des politiques de santé européen.

    Une faille dans la chaîne de l’innovation

    Le constat est l’existence d’une faille dans la chaîne de valeur de l’innovation. En effet, l’étude pointe un décalage entre l’offre d’innovation et la demande. Originellement, les politiques visent à faciliter l’offre en finançant par exemple la recherche ou les infrastructures en favorisant:

    • la formation du capital humain,
    • le financement de la R&D.

    Les efforts des gouvernements des pays étudiés incluent les parties prenantes à l’innovation, l’écosystème et les conditions favorables à l’innovation, les facteurs qui affectent la demande et l’intervention publique.

    Seulement, le catalyseur de l’innovation, c’est la demande. Les intérêts se sont davantage tournés vers la demande et le cycle d’innovation.

    Les obstacles à l’intégration de l’innovation

    L’étude constate qu’a contrario l’obstacle vient du manque de demande en innovation de santé. Les responsables des services de santé ne sont ainsi pas incités à améliorer le système. Cela va de pair avec l’effort sur le contrôle des coûts qui empêche l’amélioration de la valeur des services et par conséquent de l’innovation. Ainsi, la productivité du système est décroissante.

    Les constats de l’étude: des politiques exhaustives et miser sur l’innovation comme levier de richesse

    Les pays, selon l’étude, qui réussissent le mieux leurs politiques d’innovation:

    • se dotent d’un plan stratégique,
    • se dotent d’une politique de formation, d’éducation et de mesures complémentaires à la R&D,
    • ont des politiques qui couvrent l’entièreté du cycle d’innovation,
    • misent sur les politiques publiques,
    • créent une synergie entre les acteurs et les usagers pour mieux répondre aux besoins,
    • soutiennent une culture de l’innovation au sein du service public.

    Le rapport conclut sur la timidité des politiques canadiennes en matière d’innovation et interpelle les acteurs et les décideurs de la santé à favoriser la mise en place d’une politique publique d’innovation.

  • Implants : « Chercheurs et industriels doivent se rapprocher pour soutenir l’innovation » (Pr Mondain)

    L’implant cochléaire a 40 ans. Le brevet a été déposé le 16 mars 1977. A cette occasion, Health&Tech Intelligence a interrogé le Pr Michel Mondain, responsable de l’équipe médicale ORL et audiologie pédiatrique au Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier, qui met en évidence le rythme d’innovation soutenu de ce secteur.

    La première implantation d’un implant cochléaire a eu lieu en France. A quoi ressemblait ce 1er implant électronique ?

    Au tout début, l’appareil n’était doté que d’une électrode, l’implant était réservé aux adultes, souffrant d’une surdité profonde. Dans les années 1980/1990, les électrodes et le matériel se sont miniaturisés, les stratégies de codage du son se sont sophistiquées, les batteries sont devenues plus autonomes. Progressivement, nous avons pu implanter des enfants présentant une surdité congénitale, à partir de 2 ans au début, puis aujourd’hui dès 9 mois. Dans les années 2000, nous avions suffisamment de recul pour démontrer que l’implant cochléaire donnait de très bons résultats auditifs. La parole peut être reconnue facilement dans le silence.

    Grâce à cela, l’extension d’indication à des surdités incomplètes est devenue possible. D’autant que parallèlement, la chirurgie a elle aussi progressé. Le travail sur le design des électrodes et bientôt le recours à des robots chirurgicaux permettent de réaliser des actes moins agressifs. La pose d’un implant cochléaire chez une personne sourde d’une seule oreille, qui n’est pas totalement handicapée, est maintenant en cours de diffusion.

     Aujourd’hui, les implants cochléaires sont des objets connectés. Est-ce un gadget ou un vrai plus pour le patient ?

    Bien sûr, être capable de fournir au cerveau un signal sonore le plus proche possible de la réalité, c’est l’essence de la recherche. Mais nous devons aussi favoriser le confort du patient et répondre à ses besoins. Un implant relié à un smartphone en bluetooth permet d’écouter de la musique. Pour les personnes âgées, un implant communicant présente aussi des avantages : il devient possible de réaliser des réglages à distance, par des systèmes de télé-audiologie.

    Par ailleurs, recueillir des « data » via l’implant fait l’objet de développements intéressants. En effet, le succès de l’appareillage repose sur le réglage des paramètres de stimulation. Pour cela, un examen s’impose : le recueil des potentiels évoqués auditifs. Si nous sommes capables de les réaliser en continu, nous pourrons affiner le réglage et faire du sur-mesure.

    La France a été pionnière dans l’implant cochléaire. A-t-elle réussi à maintenir son avance ?

    Nous avons des scientifiques, des structures de recherche et des cliniciens de renommée internationale. Mais, quand vous allez en Allemagne; en Australie, ou aux États-Unis – des pays en pointe dans le secteur -, vous vous rendez compte que les industriels et les chercheurs travaillent vraiment ensemble. Les moyens financiers des industriels arrivent directement. En France, ce rapprochement est en train de s’opérer mais il n’est pas encore optimal. C’est un handicap pour notre développement industriel. Si nous voulons accélérer les phases de développement et accéder plus rapidement au marché, nous devons améliorer l’interpénétration des mondes universitaire et industriel.

    Dans le secteur du dispositif médical, la majorité des entreprises sont des PME. Est-ce le cas dans l’audition et est-ce un handicap pour soutenir l’innovation ?

    Les compagnies qui fabriquent des implants cochléaires pèsent lourd. Par ailleurs, le marché est en train de se restructurer. Depuis quelques années, nous assistons à des rachats d’entreprises qui modifient le paysage économique. Il y a eu la fusion de Phonak et d’Advanced Bionics puis en 2013, la PME française Neurelec, spécialiste de l’implant cochléaire, a été rachetée par le groupe danois William Demant, qui fabrique des aides auditives. Ces rapprochements de professionnels de la restauration auditive permettent des convergences de compétences, de mieux valoriser l’innovation et de proposer un éventail de solutions plus large, allant de la simple déficience auditive à la surdité profonde.  Enfin, des regroupements vont peut-être « booster » la phase de développement industriel.