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  • L’ARS Occitanie lance un AAP pour soutenir l’innovation numérique en santé (deadline : 28/02/2020)

    L’Agence régionale de santé (ARS) Occitanie organise la première édition d’un appel à projets (AAP) portant sur « le numérique, au service de la réduction des inégalités d’accès aux soins pour les personnes en situation de handicap et/ou les personnes âgées en perte d’autonomie ». Lancé le 24 décembre 2019, cet AAP a pour objectif de promouvoir les innovations existantes et à venir, dans le cadre de la démarche de convergence régionale numérique. 

    Plus précisément, l’appel soutient la création d’une synergie entre l’ensemble des acteurs de l’écosystème occitans pour répondre aux problématiques de santé publique mises en avant dans le projet régional de santé (PRS).

    Les projets sélectionnés bénéficieront du soutien financier de l’ARS et du conseil régional d’Occitanie (sur dossier) mais aussi, selon les résultats obtenus, d’un accompagnement du groupement e-santé de la Région au référencement de la solution numérique.

    Les dossiers de candidatures sont à envoyés au plus tard le 28 février 2020 à minuit. Le cadre de réponse est à télécharger via ce lien.

    Critères d’éligibilité des projets :

    Pour être retenues, les solutions numériques innovantes doivent : 

    • être en lien avec le projet régional de santé (PRS) ;
    • répondre aux exigences de leur utilisation par les personnes ciblées dans le cadre de l’appel à projets (AAP), à savoir : les personnes en situation de handicap et/ou les personnes âgées en perte d’autonomie (et leurs aidants) et/ou par des professionnels de santé du secteur sanitaires et/ou médico-social qui les prennent en charges ;
    • être adaptées à tous dans une logique d’accessibilité universelle aux technologies numériques, « design for all« , pour une société inclusive.

    Les projets devront également : 

    • inclure des méthodes de travail basées sur la co-construction et le co-développement avec les futurs utilisateurs : patients, usagers ainsi que professionnels de santé du sanitaire et du médico-social ;
    • tenir compte de la réglementation et des normes en vigueur dans le secteur du numérique et de la e-santé ;
    • durant la phase de déploiement, tester, sur un territoire significatif de la région, les possibilités de reproductibilités et de généralisation des usages de la solution numérique mise au point.

    Les solutions proposées devront suivre un modèle économique garantissant :

    • l’accessibilité financière de l’outil et des services associés ;
    • la pérennité du projet après le soutien financier apporté par l’ARS Occitanie et, le cas échéant, par le conseil régional d’Occitanie.

    Calendrier : 

    L’AAP est construit en 2 (deux) phases :

    phase 1 : présélection des projets :

    • lancement officiel : le 24 décembre 2019 ;
    • Date limite de dépôt des dossiers : le 28 février 2020 à minuit ;
    • instruction des dossiers, examen des candidatures et choix des projets présélectionnés : du 2 mars au 15 avril 2020 ;
    • information par email des consortia présélectionnés : du 16 au 17 avril 2020.

    phase 2 : sélection des projets :

    • complément des dossiers par les consortia : du 20 avril au 29 mai 2020 ;
    • date limite de dépôt des dossiers complétés : le 29 mai 2020 ;
    • instruction des dossiers complétés, auditions des consortia, examen des candidatures et choix des projets retenus: du 1er au 26 juin 2020 ;
    • annonce des résultats aux consortia : du 29 juin au 1er juillet 2020.

    Critères d’éligibilité des porteurs de projets :

    • le projet collaboratif doit être porté par un consortium comprenant à minima un industriel occitans et un collectif de professionnels de santé exerçant également en région ; 
    • le collectif membre peut être issu d’un ou de plusieurs établissements de santé, du monde libéral ou d’établissements ou structures médico-sociales.
    • Le consortium devra reposer sur un acte constitutif, précisant, entre autres, les modalités de représentation ainsi que la durée liée à la réalisation de l’opération.

    Les dépenses éligibles :

    Le financement de l’ARS Occitanie peut être utilisée pour couvrir les dépenses liées : 

    • au temps (jour/homme) de mobilisation de professionnels de santé impliqués dans l’équipe-projet ;
    • aux frais « techniques », notamment d’organisation de réunion entre les utilisateurs et l’entreprise liés au projet ;
    • aux frais d’adaptation des logiciels métiers des professionnels pour permettre l’interopérabilité avec la solution innovante ;
    • aux frais de déplacement et de repas engagés par les patients et/ou les usagers participants pour les besoins du projet à des ateliers de travail.

    Pour demander le financement complémentaire auprès du conseil régional d’Occitanie, les entreprises éligibles doivent se référer au cahier des charges de l’appel à projets. 

    Constitution du dossier de candidature :

    Pour candidater, le consortium doit présenter un dossier constitué :

    • du cadre de réponse complété et signé par tous les membres lors du dépôt de la phase 1 ;
    • de l’accord de consortium signé par tous les membres présélectionnés pour la fin de la phase 2 ;
    • du plan de financement à compléter par chaque membre souhaitant être subventionné ;
    • des 3 dernières liasses fiscales pour les entreprises membres éligibles.

    Dans le cas d’une demande de financement complémentaires auprès du conseil régional d’Occitanie, les entreprises éligibles doivent se référer au cahier des charges de l’AAP. 

    Des pièces administratives ou justificatives complémentaires pourront être demandées par l’ARS Occitanie et/ou le conseil régional d’Occitanie.

    Exemple d’innovations numériques en santé éligibles :

    Dans le document officiel de l’appel à projets, l’ARS Occitanie présente à titre indicatif et non prescriptif les exemples suivants d’innovations numériques éligibles :

    • une innovation permettant d’optimiser pour le médecin/professionnel et la personne en situation de handicap et/ou la personne âgée en perte d’autonomie le temps passé en consultation présentielle ;
    • une innovation améliorant la communication entre médecin/professionnel et la personne en situation de handicap et/ou la personne âgée en perte d’autonomie ;
    • une innovation facilitant l’adaptabilité des équipements les moins faciles à accéder par les personnes en situation de handicap et/ou les personnes âgées en perte d’autonomie.
  • IA : le Health Data Hub devrait créer un engagement citoyen sur les aspects éthiques (J. Lucas, ANS)

    La transformation du système de santé s’associe à une utilisation plus importante des outils numériques et à une intégration plus forte de l’intelligence artificielle (IA) dans les pratiques. Or, cette dernière présente des enjeux éthiques, qui doivent être traités dans ce nouveau contexte et s’inscrire dans un cadre réglementaire, actuellement insuffisant. C’est le point sur lequel insistent Jacques Lucas, président de l’Agence du numérique en santé (ANS), Judith Melh (Ethik IA) ou encore David Gruson, intervenus le 14 janvier 2020 lors du séminaire de la Chaire Santé de Sciences Po, animé par Etienne Grass.

    « Il existe un double impératif, un principe éthique de bienfaisance, de dignité de la personne, d’autonomie de la personne et de justice », note Jacques Lucas, qui annonce par ailleurs que le Heath Data Hub devrait créer un engagement citoyen sur les aspects éthiques. « Il faut une place dans l’interdisciplinarité dans un objectif de validation et de la fiabilité des algorithmes, et ce, à tous les stades de la conception de l’algorithme », sans oublier le patient, souligne de son côté le Pr. Marie-France Mamzer, PU-PH spécialisée en éthique et en médecine légale à la faculté de médecine de l’université Paris-Descartes.

    La nécessaire émergence des questions éthiques de l’IA dans le débat public

    Il existe un consensus sur la nécessité de traiter les questions afférentes à l’intelligence artificielle (IA). En effet, malgré les risques éthiques qu’elle sous-tend, l’IA est un outil fondamental dans la transformation du système de santé, autant pour le bénéfice des patients que pour les aspects médico-économiques, comme le rappelle Jacques Lucas en mentionnant l’avis 130 du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) : « On ne saurait adopter une position hostile à ces nouvelles technologies numériques. En raison des risques dont elles sont porteuses (…), il serait contraire de ne pas favoriser leur développement si elles peuvent bénéficier à la santé de tous et aider à la rationalisation des coûts ». Par ailleurs, l’IA est un outil de support non seulement facilitant le quotidien des professionnels de santé dans leurs diagnostics et qui constitue une opportunité pour détecter davantage de pathologies rapidement (Pr Marie-France Mamzer) mais également un accélérateur pour la recherche. 

    Le traitement de ces enjeux doit s’inscrire dans un cadre réglementaire, actuellement insuffisant

    Le traitement de ces enjeux doit s’inscrire dans un cadre réglementaire, aujourd’hui insuffisant. Il faut toutefois veiller à ne pas tomber dans la sur-réglementation, qui serait alors trop limitante. 

    Ces questions d’ordre éthiques sont d’autant plus importantes qu’il existe un enjeu pour gagner la confiance de la société, méfiante à l’usage des nouvelles technologies, qui doit être informée et éduquée sur ces enjeux. Jacques Lucas annonce que le Heath Data Hub devrait créer un engagement citoyen sur les aspects éthiques. 

    La nécessaire intervention du cadre réglementaire et juridique  

    Le cadre législatif se base sur deux principes (avis 129 du CCNE) :

    • l’information du patient de l’incorporation de l’IA dans son parcours de soins ;
    • la supervision de l’IA par l’humain pour assurer « un pilotage de qualité ».

    L’article 11 de loi bioéthique complète alors les principes énoncées par la loi RGPD.

    Le RGPD prévoit l’intervention humaine pour les cas de profilages et « les prises de décisions automatisées »

    Anaïs Person, doctorante en droit de la santé et déléguée à la protection des données, note que le traitement des données de santé est autorisé par le RGPD, dans un cadre limitant de légalité (chaque traitement de donnée doit avoir une base légale), de loyauté (hébergement agrée donnée de santé) et de transparence (sécurité). Information préalable, consentement et intervention humaine sont nécessaires pour l’utilisation des données personnelles de santé.

    Le RGPD prévoit l’intervention humaine pour les cas de profilages et « les prises de décisions automatisées ». Les personnes concernées ont « au moins le droit d’obtenir une intervention humaine (fait écho à la garantie humaine de la loi bioéthique) de la part du responsable de traitement, d’exprimer son point de vue ou de contester la décision », et ce, a posteriori du traitement et à la demande de la personne concernée, explique-t-elle, précisant que cette mention est prévue pour le développement d’offres individualisées de la part des assureurs, à l’instar d’autres pays, qui seront basées sur des données de santé et bien-être, fournies par les assurés. 

    La loi bioéthique prévoit la garantie humaine dans le cadre de l’utilisation de l’IA

    L’article 11 de la loi bioéthique prévoit la garantie humaine dans le cadre de l’utilisation de l’IA. Actuellement en cours d’examen au Sénat, le texte ne devrait pas être stabilisé après la première lecture, alors qu’il se concentre davantage sur les données de santé.

    David Gruson estime que certains alinéas sont imparfaits et qu’il existe 2 lectures de l’article relatif à la garantie humaine : 

    • le principe de garantie humaine s’appliquera à tous les concepteurs de façon immédiate ;
    • « Le législateur ne prescrit pas les modalités d’exécution du principe », c’est-à-dire que les modalités d’application seront souples. Il estime qu’elles seraient bénéfiques à tous si elles étaient établies en co-construction.  

    Ce principe de garantie humaine s’étend autant au national (application médicale) qu’à l’international : la task force « régulation de l’IA » à l’OMS devrait prochainement émettre une recommandation à ce sujet. Le concept est également actuellement repris par la FDA. David Gruson suggère que les modalités d’application de la loi soient rapidement définies pour ne pas « que le standard soit ré-interprété par les acteurs qui n’auraient pas le même degré d’exigence analytique que ce qui nous anime ». 

    La garantie humaine peut être vérifiée par le concepteur de l’algorithme et par un collège d’experts

    Judith Mehl explique que la garantie humaine peut être vérifiée notamment à 2 niveaux et à différents moments des processus de développement et d’utilisation de l’IA :

    • par le concepteur de l’algorithme ;
    • par un collège d’experts. 

    Elle mentionne une expérimentation de l’Union française pour la santé bucco-dentaire (UFSBD) dans certains Ehpad : un algorithme permet de détecter les risques bucco-dentaires des résidents via un logiciel qui photographie leur bouche. Ces résultats sont ensuite vérifiés par un dentiste et un Collège qui étudie des cas.

    Ethik IA encourage la mise en place de ses collèges par les utilisateurs des solutions algorithmiques. 

    La responsabilité du médecin pourrait être engagée s’il n’utilise pas l’IA

    Jacques Lucas revient de son côté sur la question de la responsabilité du médecin, qui pourrait potentiellement être engagée s’il n’utilise pas l’IA. Il appelle les différences instances compétentes, y compris savantes, à se prononcer sur ce sujet.

    L’IA pourrait paradoxalement être une parade aux biais cognitifs

    Les biais font partis des risques dans l’utilisation de l’IA. En effet, les logiciels auto-apprenants (machine learning) peuvent intégrer des codes discriminatoires. Il a été rappelé au cours du séminaire que les biais, imputés à l’IA, peuvent également émaner de la subjectivité de la personne. 

    Paradoxalement, l’IA pourrait être une parade aux biais cognitifs, de différentes natures et présents dans les décisions médicales que le Pr Marc Bardou (CHU de Dijon, Santé Publique France) étudie et qui correspondent à des déviations du cadre de la pensée involontaire. 

    Selon Mehdi Benchoufi, professeur d’épidémiologie, la reproductibilité est actuellement une problématique dans la qualité des études de recherche et qui pose la question de la généralisabilité. Cet enjeu est lié en particulier à la conception des algorithmes :

    • les algorithmes sont basés sur des données de la littérature scientifique qui sont actuellement de qualité faible voire controversée ;
    • les données manquantes ou corrompues sont remplacées par des données fictives ;
    • l’algorithme n’est pas pas préparé à toutes les situations envisageables ;
    • biais de contrôle : l’humain se considère comme infaillible alors que des biais de subjectivité sont à prendre en compte ;
    • la nécessité d’avoir une traçabilité forte : la blockchain assure la chronologie.

    Les solutions proposées sont l’accompagnement de la conception par l’humain comme le transfer flow de Google, une co-construction avec des professionnels de santé, un recours à l’open source ou à la blockchain ainsi que trouver des échantillons plus représentatifs.

    L’interdisciplinarité promue

    Les personnes présentes se sont accordées pour promouvoir l’interdisciplinarité dans le champ de l’éthique de l’IA, déjà explicités par différents engagements :

    • Chaire d’enseignement autour de l’IA en santé prévue pour différents professionnels de santé par Paris-Descartes et DU universitaire ouvert ;
    • engagement des professionnels de santé et interdisciplinarité : Pr Marie-France Mazmer et Pr Stéphanie Allassonnière (Paris-Descartes) ;
    • consultation publique ouverte par l’HAS sur la grille d’analyse pour l’évaluation des solutions d’algorithmes considérés comme dispositifs médicaux : 30 retours à ce jour ;
    • ouverture d’un séminaire interdisciplinaire par la Chaire Santé de Science Po sur les questions de l’éthique et l’IA.
  • Expo du fabriqué en France : Bioserenity, Carmat, Ergosanté et Robocath à l’Élysée (18-19/01/2020)

    « Montrer la diversité, la qualité [et] le dynamisme de ce qui est fabriqué partout en France. » C’est l’objectif affiché de l’exposition du fabriqué en France, organisée au palais de l’Élysée les 18 et 19 janvier 2020 (communiqué). « Ce sont 120 objets, ambassadeurs de nos départements de métropole et d’Outre-mer » qui seront exposés dans les locaux de la Présidence de la République, précise l’Élysée.

    Le secteur de la santé numérique sera représentée au cours de l’événement à travers plusieurs innovations phares du secteur :

    • Bioserenity représentera le département de l’Aube avec son « cardionaute pédiatrie » ;
    • Carmat représentera les Yvelines avec son cœur artificiel ;
    • Ergosanté représentera le département du Gard avec Shiva, un exosquelette multifonctions ;
    • Robocath représentera la Seine-Maritime avec un robot chirurgical.

    L’ensemble des produits de l’exposition sont présentés sur le site de l’Élysée, accessible via ce lien.

    Les inscriptions sont à réaliser en ligne ici (nombre de places limité).

  • Le Cercle Galien recommande de former rapidement les PS à l’IA avec une vision européenne (rapport)

    « Former rapidement les professionnels de santé aux évolutions de l’intelligence artificielle (IA), des technologies numériques basées sur l’utilisation des algorithmes et des bases de données, et de la réglementation en la matière avec une vision européenne. » C’est l’une des 6 recommandations du Cercle Galien, présentée dans son rapport annuel 2019 « La région, pivot de la gouvernance – Système de santé : Que faut-il nationaliser ? Que faut-il décentraliser ?« , publié le 16 janvier 2020.

    Alors que le Prix Galien met en lumière les innovations disponibles pour les patients en France, le Cercle Galien a été fondé pour soulever les enjeux de l’innovation en santé, identifier ses impacts sur le système de soins et suggérer des réponses pour en assurer l’essor.

    Dans ce rapport 2019, le groupe de réflexion émet 6 recommandations : 
    • 1. mettre en œuvre une gouvernance régionale décisionnaire avec notamment la nomination d’un directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) irrévocable conjointement par la ministre de la Santé et le président du conseil régional, avec l’édition d’une feuille de route ;
    • 2. contractualiser avec les conseils régionaux pour porter des objectifs nationaux et mettre en œuvre des projets issus des territoires ;
    • 3. déployer des services de proximité ;
    • 4. généraliser au niveau régional des expérimentations locales sur le financement (forfaits, capitation, épisodes de soins…) ;
    • 5. coordonner le secteur médico-social départemental avec les régions afin de garder une cohérence dans les prises en charge et les parcours ;
    • 6. valoriser la data et l’intelligence artificielle, et accompagner les évolutions des métiers des professionnels de santé au niveau national.

    Sont par ailleurs mis en avant dans ce document des exemples de nouveaux dispositifs déployés depuis quelques années au Danemark, au Portugal et aux Pays-Bas concernant la prise en charge du diabète. Des modèles à même d’inspirer le système français selon le Cercle Galien. A contrario, le rapport revient en détail sur l’échec du projet de centralisation du système de soins en Finlande.

    Les 6 recommandations du Cercle Galien

    6. valoriser la data et l’intelligence artificielle, et accompagner les évolutions des métiers des professionnels de santé au niveau national :

    • former rapidement les professionnels de santé aux évolutions de l’intelligence artificielle (IA), des technologies numériques basées sur l’utilisation des algorithmes et des bases de données, et de la réglementation en la matière avec une vision européenne.

    1. mettre en œuvre une gouvernance régionale décisionnaire avec notamment la nomination d’un directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) irrévocable conjointement par la ministre de la Santé et le président du conseil régional, avec l’édition d’une feuille de route :

    • objectif : renforcer l’autonomie des acteurs de santé et leur capacité d’initiative et de coopération au service du parcours en faisant évoluer le rôle des ARS.

    Afin d’encourager une véritable coopération des acteurs, le Cercle Galien estime que le rôle des ARS doit évoluer « vers une dimension moins régulatrice, privilégiant davantage l’accompagnement et la facilitation des projets, tout en conservant en ligne de mire l’équité d’accès aux soins et à l’innovation ».

    2. contractualiser avec les conseils régionaux pour porter des objectifs nationaux et mettre en œuvre des projets issus des territoires :

    • faire notamment évoluer les projets régionaux de santé (PRS) pour s’adapter aux spécificités des bassins de population au sein de chaque région ;
    • donner aux régions des compétences et des marges de manœuvre fortes en matière de prévention en s’appuyant sur leurs spécificités épidémiologiques et les acteurs régionaux :
      • le cercle cite les prérogatives actuelles (enseignement secondaire et supérieur, formation professionnelle, apprentissage et alternance, transports…) comme exemples possibles pour la mise en place des actions de prévention « ambitieuses et efficaces ».

    3. déployer des services de proximité :

    • développer des équipes mobiles régionales dédiées à des priorités sanitaires afin de favoriser un accès aux soins dans tous les territoires en s’inspirant des expérimentations en cours :
      • exemple : projet d’équipe mobile de soins bucco-dentaires en Ehpad pour mettre en place une prise en charge quand l’offre de soins est insuffisante ou quand les déplacements sont impossibles en mixant les approches (consultations à distance grâce à la télémédecine, par exemple, et unités mobiles avec prise en charge au plus près des patients isolés) ;
    • élaborer des registres de données de santé et les analyser afin de proposer au niveau régional des organisations innovantes type parcours, avec des degrés de recours adaptés en s’appuyant sur les data et l’intelligence artificielle (IA) et rendre obligatoire l’interopérabilité des systèmes pour accroître le partage des données ;
    • organiser des concertations par région, puis nationales, des professionnels de santé sur ces questions de services de proximité et les parcours.

    4. généraliser au niveau régional des expérimentations locales sur le financement (forfaits, capitation, épisodes de soins…) :

    • qualité et pertinence doivent être les fils rouges de toute prise en charge dans une logique de parcours et à toutes les étapes du parcours, en privilégiant la logique de résultat et les bonnes pratiques médicales ;
    • faire émerger un véritable modèle économique pour des centres de santé de premier recours, qui répondent aux besoins de proximité des patients :
      • des initiatives intéressantes ont été déployées sur les territoires mais leur modèle économique demeure fragile. Pourtant, de telles structures de proximité sont attendues par les citoyens : composées d’une équipe pluridisciplinaire, appuyée sur des pratiques avancées pour libérer du temps médical, avec imagerie et biologie médicale sur place, elles répondent aux besoins et désengorgent les urgences ;
    • diversifier les modes de financement en allant vers des forfaits mixtes plus ambitieux que ceux mis en place actuellement afin de décloisonner les financements, permettant ainsi d’éviter des forfaits séparés entre ville et hôpital, entre privé et public, etc., pour accompagner les patients tout au long de leurs parcours de soins.

    5. coordonner le secteur médico-social départemental avec les régions afin de garder une cohérence dans les prises en charge et les parcours :

    • la région est le bon niveau de décentralisation du fait de sa taille critique pour penser le système de santé et le secteur médico-social, dans un cadre général fixé par l’État portant sur la lutte contre les inégalités et l’équité d’accès aux soins. La région constitue une unité de référence car elle investit à la fois dans la santé, dans la mobilité et le logement, des déterminants forts et à part entière de la santé des citoyens ;
    • favoriser une pleine appropriation des outils d’organisation de l’offre de santé et médico-sociale par les acteurs, en privilégiant la liberté d’initiative et les modèles innovants ;
    • avec la loi de santé se développent des outils prometteurs (hôpitaux de proximité, CPTS, etc.) : ils ne seront pleinement opérationnels que s’ils :
      • communiquent entre eux, proposent une vision moderne du système de santé (réponse fine aux besoins des territoires, développement du « hors les murs »…) ;
      • s’affranchissent d’une vision territoriale centrée sur les seuls GHT pour permettre la coopération de tous les acteurs sanitaires et médico-sociaux sans distinction de statut.
  • Stratégie e-santé du Japon

    Pour remédier aux défis liés au vieillissement de sa population et à sa longévité (la plus importante du monde), le Japon cherche à exploiter tout le potentiel du numérique dans le secteur de la santé. Réciproquement, ces caractéristiques démographiques, liées au volume important de données de qualité et à une infrastructure solide de technologies de l’information, font du Japon un terrain de jeu idéal pour les acteurs de l’innovation en santé.  

    E-santé : multiples horizons
    Malgré l’absence d’une stratégie nationale e-santé spécifique, la santé numérique joue un rôle important dans les stratégies nationales qui façonneront le pays dans les années à venir :
    • « Japon 2035, transformer le système de santé » ;
    • « Société 5.0, s’appuyer sur l’IA, l’IoT, la big data et la robotique ».

    Grâce à son système de couverture universelle, la data au Japon est en quantité importante et de qualité : données administratives et médicales (notamment celles liées aux soins de longue durée). De plus, depuis janvier 2016, un identifiant unique (« My Number System ») renforce l’infrastructure et l’efficience administrative du système social.

    En 2014, le gouvernement a créé le Quartier général de la politique de santé. Mené par le Premier ministre, ce QG vise à proposer un système de santé plus centré autour du patient, en exploitant la data et en définissant les prérequis techniques, les règles et les standards des TIC. Quelques réglementations clés :
    • 2015 : autorisation à pratiquer la téléconsultation (jusqu’alors interdite, sauf en région rurale) ;
    • 2017 : révision de la loi sur la protection des informations personnelles, autorisant l’utilisation de la data, anonyme, par des tiers accrédités (avec possibilité de opt-out pour les patients) : institutions de recherche, agences gouvernementales, entreprises privées… ;
    • 2018 : augmentation du revenu de la téléconsultation autorisé aux hôpitaux et cliniques ;
    • 2020 : mise en place d’une plateforme de consolidation des données de diverses sources (assureurs, gouvernement, secteur privé…) et d’analyse de ce big data.

    En parallèle, l’Institut national de l’informatique pousse la recherche dans les domaines de la big data, de l’IoT et de la sécurité de l’information. Un groupe de travail a été mis en place par l’Agence japonaise du médicament et du dispositif médical pour établir les critères à respecter par les solutions utilisant l’IA. 

    Écosystème business
    Il y a entre 100 et 200 start-ups consacrées à la santé numérique au Japon. L’écosystème de l’innovation est fragmenté mais florissant : + 9,4 % de croissance du marché de la health tech entre 2017 et 2018. Depuis 2018, le gouvernement a mis en place un système de « bac à sable » pour soutenir des projets pilotes. Ces derniers peuvent impacter la réglementation japonaise. Le gouvernement organise également des challenges start-ups, dont une compétition organisée au cours du Well Aging Society Summit Asia-Japan (conférence internationale sur le thème du vieillissement). En 2019 a été créé InnoHub, un centre dédié aux acteurs de l’innovation.

    Challenges restants
    Malgré ces avancées, il reste d’importants challenges à relever au Japon, notamment le déploiement partiel des Electronic Medical Records (environ 34 %) et le faible niveau d’intégration des différentes systèmes IT entre institutions.

  • DATA – Stratégie e-santé du Japon

    Pour remédier aux défis liés au vieillissement de sa population et à sa longévité (la plus importante du monde), le Japon cherche à exploiter tout le potentiel du numérique dans le secteur de la santé. Réciproquement, ces caractéristiques démographiques, liées au volume important de données de qualité et à une infrastructure solide de technologies de l’information, font du Japon un terrain de jeu idéal pour les acteurs de l’innovation en santé.  

    E-santé : multiples horizons
    Malgré l’absence d’une stratégie nationale e-santé spécifique, la santé numérique joue un rôle important dans les stratégies nationales qui façonneront le pays dans les années à venir :
    • « Japon 2035, transformer le système de santé » ;
    • « Société 5.0, s’appuyer sur l’IA, l’IoT, la big data et la robotique ».

    Grâce à son système de couverture universelle, la data au Japon est en quantité importante et de qualité : données administratives et médicales (notamment celles liées aux soins de longue durée). De plus, depuis janvier 2016, un identifiant unique (« My Number System ») renforce l’infrastructure et l’efficience administrative du système social.

    En 2014, le gouvernement a créé le Quartier général de la politique de santé. Mené par le Premier ministre, ce QG vise à proposer un système de santé plus centré autour du patient, en exploitant la data et en définissant les prérequis techniques, les règles et les standards des TIC. Quelques réglementations clés :
    • 2015 : autorisation à pratiquer la téléconsultation (jusqu’alors interdite, sauf en région rurale) ;
    • 2017 : révision de la loi sur la protection des informations personnelles, autorisant l’utilisation de la data, anonyme, par des tiers accrédités (avec possibilité de opt-out pour les patients) : institutions de recherche, agences gouvernementales, entreprises privées… ;
    • 2018 : augmentation du revenu de la téléconsultation autorisé aux hôpitaux et cliniques ;
    • 2020 : mise en place d’une plateforme de consolidation des données de diverses sources (assureurs, gouvernement, secteur privé…) et d’analyse de ce big data.

    En parallèle, l’Institut national de l’informatique pousse la recherche dans les domaines de la big data, de l’IoT et de la sécurité de l’information. Un groupe de travail a été mis en place par l’Agence japonaise du médicament et du dispositif médical pour établir les critères à respecter par les solutions utilisant l’IA. 

    Écosystème business
    Il y a entre 100 et 200 start-ups consacrées à la santé numérique au Japon. L’écosystème de l’innovation est fragmenté mais florissant : + 9,4 % de croissance du marché de la health tech entre 2017 et 2018. Depuis 2018, le gouvernement a mis en place un système de « bac à sable » pour soutenir des projets pilotes. Ces derniers peuvent impacter la réglementation japonaise. Le gouvernement organise également des challenges start-ups, dont une compétition organisée au cours du Well Aging Society Summit Asia-Japan (conférence internationale sur le thème du vieillissement). En 2019 a été créé InnoHub, un centre dédié aux acteurs de l’innovation.

    Challenges restants
    Malgré ces avancées, il reste d’importants challenges à relever au Japon, notamment le déploiement partiel des Electronic Medical Records (environ 34 %) et le faible niveau d’intégration des différentes systèmes IT entre institutions.

    Le tableau présentant la stratégie e-santé du Japon est accessible dans la rubrique « Data » via ce lien. 

  • 12èmes rencontres de l’USPO : la pharmacie, une dynamique pour les territoires (29/01/2020, Paris)

    L’Union de syndicats de pharmaciens d’officine (USPO) organise ses 12ièmes rencontres le 29 janvier 2020 au ministère des Solidarités et de la Santé sur le thème « la pharmacie, une dynamique pour les territoires ».

    Au programme :
    • économie de l’officine : bilan 2019 ;
    • Ehpad/pharmacie : coordination renforcée ;
    • généralisation de la vaccination en officine : premier bilan ;
    • la pharmacie dans la nouvelle organisation du système de santé ;
    • la convention pharmaceutique, à l’origine des évolutions pour la pharmacie ;
    • Comment l’Ordre accompagne-t-il l’évolution de la pharmacie ? Quel regard les patients portent-ils sur cette réforme ? ;
    • lien ville-hôpital, coordination, prévention, dépistage : l’action des URPS Pharmaciens sur le territoire ;
    • la pharmacie en plein mouvement : le rôle des étudiants et des groupements ;
    • maintien à domicile : le pharmacien, un maillon essentiel du territoire.

    Les inscriptions sont à réaliser par email à uspo@uspo.fr jusqu’au 23 janvier.

    Programme

    • Journée d’échange animée par Tina Géréral, pharmacien, journaliste indépendante et co-fondatrice de l’agence de communication Ère Santé

    Accueil à partir de 8h30

    9h-9h30 : Économie de l’officine : bilan 2019

    • Dimitri Guillot, directeur « Supplier Relations », Iqvia

    9h30-10h15 : Ehpad/pharmacie : coordination renforcée

    • Paule Kujas, responsable du département des produits de santé, Cnam
    • Paul-Emile Haÿ, directeur médical et soins, Korian France Senior
    • Gilles Bonnefond, président, USPO

    10h15-10h30 : généralisation de la vaccination en officine : premier bilan

    • Carine Wolf-Thal, présidente, Conseil national de l’Ordre des pharmaciens
    • Gilles Bonnefond, président, USPO

    10h30-11h15 : la pharmacie dans la nouvelle organisation du système de santé

    • Katia Julienne, directrice générale de l’offre de soins (DGOS), ministère des Solidarités et de la Santé
    • Martine Berthet, sénatrice de la Savoie sous l’étiquette Les Républicains
    • Thomas Mesnier, député La République En Marche de la 1ère circonscription de Charente

    1h15-12h : la convention pharmaceutique, à l’origine des évolutions pour la pharmacie

    • Annelore Coury, directrice déléguée à la gestion et l’organisation des soins, Cnam ;
    • Pierre-Olivier Variot, vice-président, USPO
    • Gilles Bonnefond, président, USPO

    12h-12h15 : grand témoin

    • Guy Vallencien, pésident, CHAM

    Pause Déjeuner

    14h-14h20 :

    • Comment l’Ordre accompagne-t-il l’évolution de la pharmacie ?
      • Pierre Beguerie, président, Conseil central A de l’Ordre des pharmaciens
    • Quel regard les patients portent-ils sur cette réforme ?
      • Gérard Raymond, président, France Assos Santé

    14h20-15h : lien ville-hôpital, coordination, prévention, dépistage : l’action des URPS Pharmaciens sur le territoire

    • Christian Filippi, président, URPS Corse (sous réserve de confirmation)
    • Pascal Louis, président, URPS Bourgogne-Franche-Comté
    • Renaud Nadjahi, président, URPS Île-de-France (sous réserve de confirmation)
    • Olivier Rozaire, président, URPS Auvergne-Rhône-Alpes
    • Grégory Tempremant, président, URPS Hauts-de-France

    15h-15h40 : la pharmacie en plein mouvement : le rôle des étudiants et des groupements

    • Gautier Davrainville-Simonato, président, Anepf
    • Lucien Bennatan, président, Ma Pharmacie Référence
    • Jean-Baptiste de Coutures, président, Giphar
    • Laurent Filoche, président, UDGPO
    • Alain Grollaud, président, Federgy, syndicat de groupements et enseigne

    15h40-16h30 : maintien à domicile : le pharmacien, un maillon essentiel du territoire

    • Catherine Rumeau-Puchon, vice-présidente, CEPS
    • Linda Makhlouf, directrice du développement respiratoire, Philips
    • Philippe Montaner, président, Timkl

    16h30 : Clôture

    • Gilles Bonnefond, président, USPO
  • Appel à manifestation d’intérêt « sponsors des challenges IA » : derniers jours (deadline : 28/01/20)

    Lancé dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir (PIA), piloté par la Direction générale des entreprises (DGE) et opéré par Bpifrance, l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) « sponsors des challenges IA » vise à sélectionner des entreprises, des entités publiques et des associations basées en France (appelés « sponsors ») chargées de proposer des challenges en intelligence artificielle (appelés « challenges IA »). Pour rappel, l’État soutient le lancement de challenges IA dans 4 secteurs-clés identifiés comme prioritaires en matière d’IA : santé, transport-mobilité, environnement et défense-sécurité (plan national IA).

    Chaque « challenge IA » identifie une entreprise porteuse d’une problématique applicative précise et disposant de jeux de données (« sponsor »). Si le sponsor est un acteur public (administration, collectivité locale, établissement public…), le challenge aura pour but d’exploiter l’IA pour améliorer les services publics et le fonctionnement de la démocratie, précise Bpifrance sur son site web.

    Un challenge conduit à sélectionner une ou plusieurs PME ou start-up(s) (appelés « lauréat(s) »). Le ou les lauréats devront construire dans un délai limité (entre 3 et 12 mois) une solution innovante à la problématique posée basée sur l’IA. L’objectif est d’encourager l’innovation ouverte entre acteurs aux compétences complémentaires en :
    • permettant à des PME et start-ups de développer leurs offres de produits et services : en accédant à des jeux de données et en favorisant les opportunités commerciales ;
    • favorisant la transformation numérique des entreprises dans une démarche d’open innovation avec des PME et start-ups expertes en IA.

    Les dossiers de candidatures pour cet AMI « sponsors », téléchargeable ici, doivent être adressés sous forme électronique sur l’extranet des projets innovants collaboratifs de Bpifrance, accessible via ce lien, avant le 28 janvier 2020 à midi (date et heure de réception faisant foi).

    Coordination de l’AMI :
    • challenges@bpifrance.fr ;
    • Franck Bernard : 01 41 79 88 10

    Pour faciliter l’organisation de ces challenges, les accompagnateurs suivants ont été sélectionnés à l’issue d’un appel d’offres :

    • santé : Care Insight ;
    • transport-mobilité : Systematic, en partenariat avec Moveo et 4 PME ;
    • environnement : Wavestone ;
    • défense-sécurité : Safe Cluster en partenariat avec Solutions Communicantes Sécurisées.

    AMI « sponsors » : critères d’éligibilité

    Le challenge présenté doit être conforme aux critères d’éligibilité suivants :

    dossier :

    • 1. être soumis, dans les délais, sous forme électronique via l’Extranet des projets innovants collaboratifs de Bpifrance ;
    • 2. être complet, et respectant le format imposé ;

    challenge :

    • 3. porter sur des démarches d’innovation dans le domaine de l’IA dans l’un des 4 secteurs-clés identifiés ;
    • 4. prévoir la mise à disposition de jeux de données ;
    • 5. dans le cas d’une entité publique, mobiliser l’IA pour améliorer les services publics et le fonctionnement de la démocratie ;

    porteur(s) :

    • 6. être porté(s) par une (des) société(s) immatriculée(s) en France au registre du commerce et des sociétés (RCS) à la date de dépôt du dossier, ou une (des) entité(s)publique(s) (administration, collectivité locale, établissement public…) ;
    • 7. être porté(s) par une (des) société(s) à jour de ses obligations fiscales et sociales ;
    • 8. être porté(s) par une (des) société(s) ne faisant pas l’objet d’un contentieux avec Bpifrance.

    Les projets de challenge ne respectant pas l’un des critères d’éligibilité sont écartés du processus de sélection, sans recours possible, mais gardent la possibilité de concourir à une vague ultérieure.

    AMI « sponsors » : critères de sélection

    La sélection des challenges s’appuiera sur les critères suivants :

    pertinence du challenge :

    • attractivité du challenge pour le sponsor :
      • potentiel de retombées économiques significatives pour le sponsor,sous forme notamment d’amélioration de produits et services,d’optimisation de processus ou de création de nouveaux business models, etc ;
      • capacité du sponsor à dupliquer les solutions en interne (vers d’autres sites du sponsor…) ;
      • capacité de mutualisation des problématiques/besoins du sponsor avec d’autres sponsors ;

    Compétences et engagement du sponsor :

    • maturité de la réflexion IA et des connaissances en IA ;
    • niveau d’engagement du sponsor pour le challenge (challenge répondant à un réel besoin du sponsor) – cohérence avec la feuille de route du sponsor -budget d’engagement du sponsor ;
    • implication des équipes du sponsor ;
    • mise à disposition d’un interlocuteur pour favoriser les interactions avec le lauréat ;
    • mise à disposition d’un jeu de données ou niveau d’engagement et processus pour mettre à disposition les jeux de données, savoirs et autres informations ou outils favorisant les travaux ;
    • valorisation des résultats suite aux challenges par le sponsor ;
    • existence de critères de mesure du succès du PoC ;
    • perspectives et possibilités d’accompagnement (financier, industriel,expertises…) pour l’industrialisation du PoC avec la(es) startup(s) ou PME lauréat(s).

    Calendrier prévisionnel :

    AMI « sponsors » – vague 2 :

    • publication : 18 novembre 2019 ;
    • clôture : 28 janvier 2020 ;
    • présélections : fin février/début mars 2020 ;
    • auditions : semaine du 16 mars 2020 ;
    • COPIL de sélection : fin mars 2020 ;
    • rédaction des règlements : début avril 2020.

    AAP « lauréats » – vague 2 :

    • publication : mi-mai 2020 ;
    • clôture : mi-juillet 2020 ;
    • présélections : mi-septembre 2020 ;
    • auditions : fin septembre 2020 ;
    • sélection : fin-septembre 2020.
  • E-santé et maladies chroniques : ExactCure et Pheal, lauréats de l’AAP EDF-AG2R La Mondiale

    ExactCure et Pheal, deux start-ups qui développent des solutions de e-santé appliquées aux maladies chroniques, sont les lauréats de l’appel à projets (AAP) organisé par le corporate venture EDF Pulse Croissance et AG2R La Mondiale. Cet AAP avait pour objectif d’identifier des solutions innovantes et accessibles pour « la prévention, le dépistage et l’accompagnement des maladies chroniques, dans les différents lieux de vie de la personne : à domicile, au travail et en mobilité, avec une attention particulière pour les pathologies cardiovasculaires, ostéo-articulaires et respiratoires ainsi que pour la cancérologie », rappelle AG2R dans un communiqué publié fin décembre 2019. 14 finalistes avaient été retenus sur un total de 125 start-ups candidates.

    • ExactCure, prix lauréat : propose un « jumeau digital » qui simule l’efficacité et les interactions des médicaments d’un patient, notamment atteints de maladies chroniques et de polypathologies. La société va bénéficier d’une expérimentation rémunérée de sa solution par EDF Pulse Croissance et AG2R.

    • Pheal, prix « coup de cœur » : a conçu une application permettant de détecter des signaux faibles de symptômes de la mucoviscidose et de surveiller l’état de santé du patient. la start-up va bénéficier de son côté d’une visibilité accrue dans plusieurs supports de communication d’EDF et d’AG2R La Mondiale afin de promouvoir sa solution.

    Présentation des 2 start-ups lauréates

    « Le numérique va profondément modifier les usages » (EDF Pulse Croissance)

    « Après deux appels à projets réussis en 2018 dans le domaine des services à la personne, ce nouveau challenge en e-santé a permis d’explorer de nouvelles pistes pour améliorer le quotidien de nos clients, commente Michel Vanhaesbroucke, directeur d’EDF Pulse Croissance. Le numérique va profondément modifier les usages ; chez EDF Pulse Croissance nous sommes convaincus que nous devons accompagner cette transition identifiant et en développant des solutions dans tous les domaines d’activités. »

  • Pharma : les équipes des affaires médicales stimulent l’innovation via le numérique (livre blanc)

    Les équipes des affaires médicales, dont la fonction est en train d’évoluer, doivent s’engager plus fortement auprès des patients et des professionnels de santé (PS) tout en cultivant une nouvelle appréciation des défis commerciaux et stratégiques de l’entreprise. C’est l’un des éléments-clés qui ressort du livre blanc* publié par la société Eyeforpharma by Reuters Events fin 2019 et qui propose l’exploration du potentiel des outils digitaux dans le cadre de cette fonction, avec la présentation d’études de cas et d’idées pratiques déjà mises en place par certains laboratoires pharmaceutiques.

    Avec l’aide du numérique, cette fonction des affaires médicales permettra de stimuler l’innovation dans tous les domaines, indiquent les auteurs du rapport, citant notamment les technologies basées sur l’automatisation et l’intelligence artificielle (IA), telles que les chatbots, qui peuvent par exemple améliorer et rationaliser les services d’information médicale.

    Selon Eyeforpharma, les utilisations potentielles des outils numériques dans le domaine médical concernent 3 grands domaines : collecte de renseignements, engagement et  portée, et innovation agile. Divers cas d’usage sont présentés à ce propos par Pfizer, Roche, Medscape Education ou encore MSD, synthétisés par H&TI.

    Les outils numériques peuvent également aider à accélérer les progrès de la recherche, de la conception des essais et des améliorations de la sécurité en offrant de nouvelles perspectives, notent par ailleurs les auteurs, qui agrémentent leur propos par le point de vue des groupes Novartis et Sanofi. En utilisant une analyse de pointe de grands ensembles de données provenant de groupes coopératifs de patients aux États-Unis et en Europe, les affaires médicales peuvent par exemple aider à prévoir la progression de la maladie ou à identifier les patients qui pourraient bénéficier de médicaments spécifiques.

    Contexte : les affaires médicales remplissent une fonction stratégique et globale

    Les affaires médicales remplissent une fonction stratégique et globale dans les laboratoires pharmaceutiques, contextualisent les auteurs du livre blanc, expliquant qu’elles assurent une fonction unique et de plus en plus précieuse, à la fois en interne et en externe. Dans toutes ces entreprises, les affaires médicales doivent travailler avec de nouveaux types de connaissances et de données générées à partir d’une multiplicité de sources à l’intérieur et à l’extérieur de l’organisation, observent les analystes, précisant qu’elles sont particulièrement bien placées pour soutenir l’entreprise, de la découverte du produit au lancement et au-delà.

    Perspectives : stimuler l’innovation par le numérique

    Avec l’aide du numérique, cette fonction permettra de stimuler l’innovation dans tous les domaines, indiquent les auteurs :

    • les outils numériques peuvent rendre les interactions des équipes de visite médicale plus productives et conduire à une meilleure prise de décision en équipe avec des systèmes intégrés de perspectives numériques (pour aller plus loin : consulter l’article H&TI « Enquête : le numérique, catalyseur de la relation industriels-médecins (Aptus Health) ») ;
    • les technologies basées sur l’automatisation et l’intelligence artificielle (IA) telles que les chatbots peuvent améliorer et rationaliser les services d’information médicale ;
    • les affaires médicales peuvent accompagner les prestataires de soins et les patients avec une formation médicale multicanale quand ils le souhaitent, dans les formats qu’ils préfèrent, améliorant l’expérience d’apprentissage et les résultats, favorisant ainsi de meilleures prises de décision pour les patients et les professionnels de santé ;
    • les outils numériques offrent également de nouvelles façons de s’engager virtuellement avec les professionnels de santé et les principaux leaders d’opinion, rendant ces interactions plus simples, plus efficaces et plus utiles à tous ;
    • les innovations en termes de collecte de données en vie réelle du patient et leurs analyses sont encore naissantes mais promettent de grands progrès dans la prestation de soins de santé plus rapides, plus réactifs et personnalisés.

    Cas d’usages : collecte de renseignements, engagement et innovation agile

    Les utilisations potentielles des outils numériques dans le domaine médical sont nombreuses, englobant trois grands domaines, notent les auteurs du livre blanc :

    • collecte de renseignements ;
    • engagement et portée ;
    • innovation agile.

    Collecte de renseignements

    Collecter des informations sur les réseaux sociaux permet de comprendre les attentes des parties prenantes, que ce soit les payeurs, les patients, ce qui est recherché comme type d’information sur les réseaux, les pratiques médicales mais aussi les informations liées à la recherche.

    • Pfizer

    Les affaires médicales sont la seule fonction au sein de l’industrie pharmaceutique qui a le pouvoir de rassembler et d’aider à agir en fonction de ces informations, explique Juan Ovalle, médecin-chef des services médicaux et cliniques mondiaux au sein de la division Upjohn de Pfizer. « Les professionnels des affaires médicales et en particulier les MSL sont bien placés pour recueillir régulièrement ces informations sur toutes les interactions qu’ils entretiennent », note-t-il.

    • EMD Serono

    Par ailleurs, la collecte d’informations à grande échelle peut être augmentée et améliorée avec l’application d’outils d’automatisation, d’apprentissage automatique (machine learning) et d’intelligence artificielle. EMD Serono explore déjà le potentiel de notification « intelligente » des effets indésirables. « Nous avons vu de bonnes études de cas mais en tant qu’industrie, nous en aurons besoin de plus avant d’avoir la confiance nécessaire pour les appliquer », explique Jenny Zhang, directrice associée en charge de la stratégie de portefeuille mondiale et innovation à EMD Serono.

    Engagement et portée

    Une approche multicanale peut augmenter considérablement la portée et l’engagement. Plutôt que de simplement utiliser une multitude de canaux, le principe est de permettre aux prestataires de soins et aux patients de trouver facilement les informations dont ils ont besoin quand ils en ont besoin sous la forme dont ils ont besoin, grâce à une mise à disposition facile en ligne des informations clés en ligne, médias sociaux et autres.

    • Formation médicale continue

    Les portails web d’information, de conférence, etc., sont de plus en plus courants, ce qui réduit la nécessité pour les professionnels de la santé de consulter les affaires médicales par téléphone ou en face à face.

    • Chatbots au-delà du centre d’appels

    >> Roche

    TechieHealth, en collaboration avec Roche, a créé une application utilisant la technologie de chatbot appelée « KeBot » en avril 2018 pour la formation et l’auto-évaluation des délégués pharmaceutiques. L’outil permet à l’entreprise de comprendre les problèmes critiques, tels que ceux en rapport avec sa force de vente ainsi que les marges d’amélioration, et fournit les informations nécessaires pour améliorer les performances. Les résultats collectés permettent de personnaliser la courbe d’apprentissage des commerciaux.

    Par ailleurs, lorsqu’un centre d’appels ne dispose que d’un bureau dans un fuseau horaire particulier, les chatbots fonctionnent 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 et sont en amélioration constante.

    • Meilleure éducation et activation des patients

    Les outils numériques ont une utilité évidente pour aider à fournir un contenu meilleur et plus engageant, que les patients peuvent utiliser pour se renseigner, comme des applications ou des vidéos téléchargeables pour leur montrer comment utiliser des dispositifs médicaux ou pour clarifier les questions liées au dosage et à l’observance de leur traitement.

    >> Pfizer

    Le laboratoire a développé une plateforme de médias sociaux, appelée « oneSCDvoice », pour les patients atteints de drépanocytose afin de les aider à s’instruire et à partager leurs idées.

    >> Medscape Education

    Le dossier pédagogique de Medscape Education explore le potentiel de nouveaux outils de surveillance de la glycémie. Il comprend une vidéo de 30 minutes mettant l’accent sur les informations fondamentales liées aux progrès dans la collecte et l’interprétation des données de glucose ; une discussion de 15 minutes entre deux experts dans le domaine se concentrant sur les éléments clés de l’évaluation d’un profil de glucose ambulatoire ; et une table ronde de 30 minutes consacrée à des applications cliniques des nouvelles technologies d’interprétation des données et à l’éducation des patients.

    • Conférences et congrès virtuels

    Les webinaires, la vidéoconférence et d’autres outils numériques permettent aux acteurs de la pharma de réaliser des réunions virtuelles ou de mêler des meetings physiques avec des meetings à distance, augmentant considérablement leur portée et permettant aux médecins du monde entier d’accéder à leurs dernières informations et réflexions. Au lieu de convoquer des groupes de personnes du monde entier pour des réunions physiques pour des conférences ou des conseils consultatifs, cela peut être fait de manière numérique à la place.

    Innovation agile

    L’agilité – être capable d’itérer rapidement de nouveaux concepts, de développer davantage ceux qui fonctionnent et de laisser tomber ou de pivoter sur ceux qui ne fonctionnent pas – devient de plus en plus importante dans plusieurs départements de la pharma.

    >> MSD

    En Chine, l’équipe des affaires médicales de MSD utilise WeChat, l’équivalent local omniprésent de WhatsApp, comme canal d’information de plus en plus important et précieux pour l’enseignement médical. Cela a une portée significative dans un pays où l’adoption d’applications de chat sur les téléphones mobiles est désormais courante.

    C’est une indication claire de la direction à prendre pour s’éloigner des livres et des documents imprimés et des ordinateurs de bureau aux tablettes et aux smartphones lorsqu’il s’agit d’accéder à des informations médicales. L’équipe en Chine a compris quels outils numériques les médecins utilisent le plus et ont adapté leur numérique.

     « Il y a un besoin évident d’en savoir plus sur les clients et leurs outils numériques préférés et de les implémenter dans notre stratégie médicale », observe Daniel Ruzicka, directeur exécutif des affaires médicales à MSD KK au Japon.

    De nouvelles perspectives, notamment dans le domaine de la prédiction

    Les outils numériques peuvent également aider à accélérer les progrès de la recherche, de la conception des essais et des améliorations de la sécurité en offrant de nouvelles perspectives. En utilisant une analyse de pointe de grands ensembles de données provenant de groupes coopératifs de patients aux États-Unis et en Europe, les affaires médicales peuvent aider à prévoir la progression de la maladie ou à identifier les patients qui pourraient bénéficier de médicaments spécifiques.

    • Novartis

    Plus ambitieuse encore est l’utilisation d’outils numériques pour interroger des ensembles de données vastes et disparates susceptibles de développer in silico de nouveaux médicaments, comme l’initiative Data 42 de Novartis. « Il appartient aux affaires médicales de devenir des experts dans ce domaine, d’appliquer l’IA aux données, d’affiner ce qui est essentiel et d’aider à répondre à la question de la recherche », explique Vishal Bhatia, senior medical writer de Novartis. De telles applications pourraient transformer la gestion du cycle de vie des produits, révélant de nouvelles indications post-commercialisation par exemple, ajoute le spécialite. « Un autre domaine où l’IA et le machine learning peuvent aider est de prendre de très grands ensembles de données et de répondre aux questions de recherche numériquement, précise-t-il. Maintenant que les DSE deviennent moins cloisonnés, nous pourrons faire beaucoup plus. »

    • Sanofi

    De nouvelles perspectives tirées d’une meilleure interrogation des données pourraient même ouvrir la voie à des produits et services entièrement nouveaux, analyse de son côté Ameet Nathwani, directeur médical et directeur numérique de Sanofi. « Pouvons-nous créer de nouvelles thérapies basées sur des informations sur les données ? Des résultats entièrement nouveaux ? Pouvons-nous faire de nouvelles recommandations et solutions pour les systèmes de santé sur la base de nos données ? Et pouvons-nous activer les soins de santé virtuels ? Gérer la santé de la population ? Vous pouvez créer de nouvelles entreprises. C’est ma thèse en interne », note-t-il.

    En conclusion, alors que ce n’est que le début du voyage numérique pour les affaires médicales, certaines leçons ont déjà été apprises par les pionniers de l’industrie. En voici quelques-unes :

    • la sagesse d’aborder les implémentations numériques faciles ;
    • établir une solide analyse de rentabilisation pour les initiatives numériques ;
    • générer et capturer des informations à grande échelle ;
    • conserver la concentration stratégique en agissant toujours avec le client à l’esprit ;
    • transcender les silos, internes et externes.