Les acteurs académiques de Nice-Sophia Antipolis préparent une candidature initiée par l’université Côte d’Azur (UCA), le CNRS et l’Inria pour accueillir un institut interdisciplinaire d’intelligence artificielle (3IA), ont annoncé fin août 2018 par communiqués l’Inria et l’UCA. Ils répondent ainsi au premier appel du plan « intelligence artificielle » lancé par le président de la République fin mars après la remise du rapport établi par le député de l’Essonne (LREM) Cédric Villani, qui préconisait la mise en place de ces 3IA.
Ces centres devront mener une recherche avancée sur l’IA et diffuser les connaissances acquises auprès d’acteurs extérieurs, tels que des étudiants ou des entrepreneurs.
L’Inria met en avant deux atouts majeurs de la Côté d’Azur à même de favoriser sa candidature :
• le territoire présente « une des plus importantes densités scientifiques en sciences du numérique et en mathématiques de France » ;
• la communauté d’agglomération Sophia Antipolis « est la plus importante et la plus ancienne technopôle d’Europe, fondée en 1969, avec près de 60 % des 36 000 actifs issus de plus de 60 nationalités liés aux technologies du numérique ». L’institut de Sophia compte 129 scientifiques dédiés à l’IA et porte un intérêt particulier pour la santé numérique et la biologie.
Dans le cadre ce projet, le 3IA regrouperait une centaine de chercheurs et d’enseignants-chercheurs spécialistes de l’IA et instaurerait un programme de laboratoires communs entre les acteurs académiques de la Côte d’Azur et des entreprises comme Accenture, Amadeus et Bosh.
Un institut pour 3 missions
L’institut présenté dans le cadre de la candidature UCA-CNRS-Inria rassemblerait les principaux membres de l’université Côté d’Azur en intelligence artificielle, tels que le CNRS, l’Inria et les autres institutions académiques du site comme les écoles d’ingénieurs Eurecom et Mines ParisTech.
Il regrouperait autour des trois missions suivantes une centaine de chercheurs et d’enseignants-chercheurs spécialistes en IA :
- une mission de formation ;
- une mission de recherche ;
- une mission de transfert vers les entreprises.
L’université Côté d’Azur (UCA) propose déjà des formations sur l’IA
L’UCA « bénéficie de nombreux atouts comme l’école universitaire de recherche (EUR) Digital System for Humans qui constitue la seule graduate school à la française centrée sur le domaine du numérique labellisée au niveau national », indique l’établissement.
Elle a déjà déployé des « formations de haut niveau » sur l’intelligence artificielle en formation initiale et en formation continue. L’UCA propose ainsi :
- une licence et un master informatique et mathématiques ;
- un MSc data sciences ;
- un cursus d’ingénieurs ;
- un programme via le réseau européen EIT Digital ;
- une école d’été en deep learning (apprentissage profond).
« L’institut se propose de former les spécialistes de la licence au doctorat et de permettre aux entreprises de son territoire d’être concurrentielles sur ces enjeux, notamment pour la formation continue des cadres des entreprises locales », précise l’Inria.
Un programme de laboratoires communs envisagé avec des entreprises privées
Les partenariats de recherche entre les acteurs académiques de la Côte d’Azur et des entreprises « sont en forte progression » avec notamment :
- Accenture ;
- Amadeus ;
- Bosch ;
- IBM ;
- NXP ;
- Qwant ;
- Renault Software Labs.
Dans le cadre du projet de 3IA, ils devraient être renforcés par la mise en place d’un programme de laboratoires communs.
Le développement des start-ups issues de la recherche, un « axe privilégié »
Le développement des start-ups issues de la recherche sera « un axe privilégié » et entrepris en partenariat avec la French Tech Côte d’Azur et le Cluster IA ainsi qu’avec l’association azuréenne centrée sur le numérique Telecom Valley, Sophia Club Entreprises qui a pour vocation de rassembler les différentes entreprises et établissements de Sophia Antipolis en Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’association Nice Starts Up ou les pôles de compétitivité tels que le pôle SCS ayant accompagné « la start-up Therapixel issue d’Inria qui a remporté plusieurs prix dont le prestigieux Digital Mammography Challenge sur le dépistage du cancer du sein ».
Soph.I.A Summit : 3 journées scientifiques dédiées à l’IA
« Le territoire abrite également de grands événements sur l’IA », argumente l’Inria.
Sophia Antipolis accueillera par exemple les 7, 8 et 9 novembre 2018 des experts en IA lors d’un sommet baptisé « Soph.I.A Summit » s’adressant aussi bien aux chercheurs, aux entreprises et aux partenaires économiques qu’aux étudiants et aux citoyens.