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  • Le HCSP préconise de poursuivre le programme national pour la sécurité des patients (PNSP)

    Le Haut conseil de la santé publique (HCSP), en conclusion de son rapport d’évaluation du programme national pour la sécurité des patients (PNSP) mis en ligne le 3 août 2018, préconise de poursuivre le déploiement de ce programme initialement lancé pour la période 2013-2017.

    Le HCSP affirme que le PNSP 2013-2017 « représente le premier programme déployé en France porteur d’une vision transversale de la sécurité des patients tout au long de leur parcours de soins » et a pu permettre l’élaboration d’un cadre réglementaire fort, avec la rédaction de textes juridiques et de guides pédagogiques publiés par la Haute autorité de santé (HAS) à destination des acteurs de terrain.

    Le HCSP propose d’organiser la poursuite du PNSP 2013-2017 d’autant plus rapidement que les enjeux actuels de santé publique sont importants : 20 000 à 30 000 décès sont potentiellement associés à des effets indésirables associés aux soins chaque année en France (source : HCSP). 

    À l’issue de son rapport et pour la poursuite du programme, le HCSP formule en particulier 9 préconisations principales concernant notamment la mise en place de systèmes d’information (SI) adaptés, l’intégration plus systématique des questions de sécurité dans les parcours patients, la construction d’une culture commune de sécurité des patients, etc.
    « Ces préconisations, dont certaines dépassent le périmètre traditionnel de la sécurité des patients, témoignent de l’évolution des connaissances sur les conditions de la sécurité des patients », précise l’HCSP, dont l’ambition est « de préserver une visibilité forte sur la sécurité des patients tout en conservant son inscription dans toutes les initiatives de transformation du système de santé ».

    Préconisations innovantes pour une future politique de sécurité des patients

    Définir a priori le système d’information (SI) nécessaire au suivi et à l’évaluation des risques

    Afin de décider du caractère approprié ou non de tel ou tel SI, le HCSP préconise de définir des objectifs quantitatifs de réduction des risques, des méthodes de mesure incluant des indicateurs importants pour les usagers, des modalités de suivi des actions et du budget, etc.

    Intégrer les questions de sécurité dans les parcours de patients

    Dans ce cadre, le HCSP préconise notamment d’ »inscrire systématiquement un volet sécurité des soins dans la définition de l’organisation et du fonctionnement des parcours (productions de la HAS et de l’Assurance maladie, contrats entre ARS et offreurs de soins, expérimentations […]) ».

    Poursuivre la construction d’une culture commune de la sécurité des patients

    Le HCSP demande, en plus de respecter la charte de non-sanction consécutive à un signalement, de s’interroger comme au Danemark, en Suède, en Norvège, en Finlande et en Nouvelle-Zélande » sur la pertinence du régime de responsabilité médicale pour faute« , en particulier pour :

    • promouvoir la déclaration et l’analyse des événements indésirables liés aux soins ;
    • favoriser une appréciation par les experts moins centrée sur le comportement personnel d’un professionnel de santé donné et plus attachée à « l’utilisation des données scientifiques » ou « la mise en place d’une organisation et d’un management favorisant la sécurité des patients » ;

    De plus, d’après le HCSP, c’est la formation des professionnels de la santé ainsi que la sensibilisation des usagers aux questions de sécurité qui doivent permettre de soutenir la construction d’une culture de la sécurité. Aussi, le haut conseil recommande d’ »homogénéiser » et de « pluriprofessionnaliser » les formations, de fonder des actions sur les résultats d’une enquête nationale sur la culture de sécurité dans le domaine de la santé et de co-construire les évaluations et les actions avec les usagers.

  • CPTS : les professionnels mobilisés, mais un pilotage national et des financements manquent (Igas)

    Le rapport du 6 septembre 2018 publié par l’Igas sur le déploiement des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) rend compte d’une « réelle mobilisation » des professionnels de santé pour ces CPTS malgré des soutiens organisationnels et financiers « très modestes » de la part des autorités publiques.

    En effet, la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, avait saisi l’Igas le 21 mars 2018 d’une « mission de définition d’une stratégie de déploiement des CPTS, en appui à la Directrice générale de l’offre de soins (DGOS) », rappelle l’introduction du rapport.

    Aussi, après avoir consulté les acteurs institutionnels nationaux (administrations, organisations professionnelles, fédérations hospitalières, représentants du secteur médico-social), des ARS, les Unions régionales des professionnels de santé (URPS) et des professionnels de santé membres de CPTS, la mission a constaté une « réelle » mais hétérogène mobilisation des professionnels de santé, ne disposant d’aucun cadre pré-défini, de peu de soutiens financiers par exemple pour se doter de SI appropriés. Aussi, l’Igas préconise dans ce rapport de dresser un cadre pour le déploiement des CPTS, de former et d’accompagner les professionnels de santé à l’exercice en CPTS, de proposer des outils d’évaluation continue des actions des CPTS, et de soutenir financièrement ces coopérations.

    À la suite de la publication du rapport, ces préconisations ont été très commentées par les syndicats de professionnels, notamment par le Syndicat des médecins libéraux (SML), qui redoute notamment que « les financeurs, l’État, l’Assurance maladie et les ARS [ne cèdent] à la tentation du saupoudrage » des financements.

    Le rapport est disponible dans son intégralité via le lien ci-contre.

    Bilan du déploiement des CPTS : cadre et soutiens insuffisants

    Des initiatives à attribuer aux professionnels et non à un cadre fixé a priori

    • Souplesse du cadre législatif : entre difficultés pour les professionnels et dynamisme des initiatives

    « Les dispositions de la loi du 26 janvier 2016 ne permettent pas d’identifier et de valoriser les CPTS dans l’ensemble des coordinations » constate la mission.

    En effet, cette loi, qui laisse une grande liberté d’initiative et de manœuvre aux professionnels de santé, engendre par exemple une difficulté pour les acteurs à « situer les responsabilités et les rôles respectifs des CPTS et des Plates-formes territoriales d’appui (PTA) ».

    Cependant, une telle absence de rigidité et de pilotage central des CPTS a permis l’émergence d’une grande variété de projets, dont 200 ont été recensés par les ARS, témoignant du dynamisme des professionnels de santé, dont certains se seraient approprié « l’idée de CPTS ». « Toutefois, il s’agit souvent de professionnels de santé engagés de longue date dans la coordination ou l’innovation de pratiques, maîtrisant les montages financiers et la gestion de projet, et connaissant les réseaux d’interlocuteurs et leurs pratiques », prévient la mission.

    • Absence d’accompagnement national stimulant

    « Le pilotage national des CPTS est peu stimulant, à l’inverse de celui des PTA« , indique la mission, d’après laquelle les incitations nationales au soutien des CPTS sont restées très modestes alors que les PTA sont « mieux outillées et mieux suivies par l’administration ».

    En outre, le rapport indique que « tout s’est passé comme si l’État, ayant dû concéder le caractère ascendant et non planifié de la création des CPTS, avait renoncé ensuite à organiser […] le cadre stratégique, les attendus et le déploiement de cette nouvelle modalité d’exercice ». Aussi, les acteurs de terrain auraient donc « fait au mieux » selon les enjeux propres à leur territoire, voire leurs tropismes personnels ou leurs habitudes de fonctionnement et d’organisation.

    • Accompagnement local insuffisant

    « L’accompagnement régional est généralement modeste et peu structuré », constate la mission.

    Si la création par la loi des CPTS a donné lieu à la rédaction de guides, cahiers des charges, et autres documents de cadrage par les ARS, la communication autour de ces documents par ces dernières est inégale : alors que, par exemple, l’ARS Ile de France a largement diffusé son guide, les documents d’autres régions sont restés « relativement confidentiels » – pour plusieurs ARS, la mission n’a ainsi pas pu trouver de documentation relative aux CPTS.

    Soutien financier très modeste

    • Le financement des CPTS par les ARS reste « extrêmement modeste »

    « À ce jour, le soutien financier des ARS aux CPTS est extrêmement modeste », déplore la mission, qui estime à environ 500 000 d’euros les soutiens accordés aux projets de CPTS en 2017.

    En 2018, elle anticipe à 1 ou 1,5 million d’euros les montants alloués aux CPTS, montants à rapprocher des 150 millions d’euros octroyés, hors PTA, aux réseaux en 2016.

    En outre, il est précisé dans ce rapport que ces soutiens ne sont que des financements d’amorçage : « la pérennité du financement de la CPTS n’est actuellement pas organisée au-delà de la signature de la convention avec l’ARS, hormis le cas échéant pour des actions spécifiques, par exemple de santé publique pour lesquelles les crédits sont identifiés au sein du FIR ».

    • Incitations financières par l’Assurance maladie

    « Depuis 2017, l’Assurance maladie incite financièrement les professionnels de santé à adhérer à une CPTS », rappelle la mission, qui précise que les médecins, pharmaciens, masseurs-kinésithérapeutes, sages-femmes et chirurgiens-dentistes peuvent recevoir un forfait annuel d’un montant de 100 euros à 400 euros au titre de la participation à une équipe de soins primaires, à une CPTS ou MSP.

    « Ainsi, au total, en 2017, les médecins ont été indemnisés par ce biais à hauteur de 950 000 euros pour leur participation à l’exercice coordonné », indique la mission, insistant sur le caractère « très modeste » de ces incitations financières, qui peuvent toutefois envoyer un « effet-signal » et faire connaître les modes d’exercice coordonné aux professionnels.

    Conséquence : pas de déploiement coordonné de systèmes d’information (SI) adaptés

    D’après la mission, alors que le décloisonnement entre ville, hôpital et secteur médico-social suppose la mise en place de SI à mêmes de faciliter la communication entre professionnels des trois domaines, « le déploiement et l’usage des outils socles nationaux sont très progressifs« , l’usage du DMP demeurant par exemple encore très faible.

    Le rapport souligne par ailleurs le « retard d’équipement, d’organisation et de pratique du secteur médico-social, en partie en raison de moyens insuffisants ».

    En effet, cette non adoption de ces SI appropriés ne semble par de la responsabilité des professionnels, qui mettent localement en place des SI sans disposer d’un cadre de cohérence et expriment une « demande forte d’outils de partage et d’échange de données (dossier partagé, messagerie sécurisée, messagerie instantanée, prise de rendez-vous en ligne, annuaire et répertoires communs, prescription électronique) [répondant] aux obligations de mobilité de certaines professions ». Ils demandent en particulier des solutions accessibles sur ordinateur comme sur téléphone, directement compatibles avec leur logiciel métier et immédiatement opérantes.

    Proposition d’une stratégie de déploiement

    Fixer une ambition et un cadre

    Pour fixer une ambition et un cadre au déploiement des CPTS, l’Igas recommande :

    • la fixation par la DGOS dès la fin 2018, d’un objectif partagé entre les professionnels et la puissance publique, qui pourrait être formulé ainsi : « à terme, tout patient doit pouvoir accéder à un parcours de soins organisé. La CPTS est l’organisation de référence des parcours ambulatoires » ;
    • la définir par la DGOS dès la fin 2018, au niveau national des impératifs que devront respecter les CPTS ;
    • la clarification par la DGOS dès la fin 2018 de l’articulation entre CPTS, ESP et PTA : l’ESP assure la prise en charge d’une patientèle en proximité, la CPTS est un mode coordonné d’exercice ambulatoire au service d’une population, la PTA intervient en tant que de besoin sur la gestion des cas complexes ;
    • de laisser le dimensionnement territorial, ainsi que l’organisation et la gouvernance des CPTS à l’initiative des porteurs de projets et des professionnels de santé.

    Fonder le déploiement sur l’accompagnement et l’évaluation permanente

    Pour fonder le déploiement sur l’accompagnement et l’évaluation permanente, l’Igas préconise : 

    • dès la fin 2018, de promouvoir une posture de soutien et de progressivité de la puissance publique (État et Assurance maladie) auprès des porteurs de projet ;
    • à partir du premier semestre 2019, de développer des synergies entre ARS et Assurance maladie pour l’accompagnement des CPTS, notamment dans le cadre du guichet unique créé à l’attention des professionnels de santé ;
    • d’organiser à partir de 2019, parallèlement aux décisions relatives au déploiement des CPTS, l’évaluation nationale et régionale de cette politique publique.

    Les leviers clés du développement des CPTS

    D’après la mission, les levier-clés du développement des CPTS sont : 

    • la promotion des dynamiques interprofessionnelles des CPTS dans le cadre du DPC notamment par un budget qui pourra atteindre en 2021 15 % de l’enveloppe actuelle aux actions de transformation de l’organisation territoriale de l’offre de soins ;
    • la définition de conditions de financement des CPTS et du déploiement du dispositif ;
    • l’élaboration de profils-types de CPTS selon une typologie territoriale ;
    • la confirmation de la réorientation du programme e-parcours vers l’outillage numérique des CPTS, et l’organisation de l’accompagnement territorial à l’usage des outils socles de coordination (DMP, messagerie sécurisée, e-prescription, etc.) ;
    • l’organisation d’un processus collectif d’animation de réseau et d’apprentissage s’appuyant sur des outils collaboratifs.

    Réactions du SML 

    Pour le Syndicat des médecins libéraux (SML) « les recommandations [que ce rapport] contient soulèvent à la fois des espoirs et des inquiétudes« .

    En effet, si le SML « partage l’ambition de créer un cadre général pour l’exercice en CPTS » et reconnaît également un caractère insuffisant aux soutiens alloués aux CPTS, il redoute une « dérive technocratique et coercitive » ainsi qu’un « saupoudrage des financements » ; pour le syndicat, l’élaboration d’un cadre général d’exercice en CPTS devrait :

    • faire l’objet d’une « véritable co-construction entre les syndicats médicaux […] et les pouvoirs publics » ;
    • nécessiter la conservation d’une certaine souplesse « pour que soit laissé aux médecins libéraux leur libre arbitre en matière d’organisation » ;
    • nécessiter des soutiens financiers plus importants que ceux avancés dans le rapport, « à la hauteur des enjeux » ;
    • favoriser la coordination et la coopération entre professionnels de santé libéraux sans « transfert sec des compétences » : « le médecin devra rester pilote du parcours de soins », prévient le SML, qui ajoute qu’il sera « particulièrement vigilant à ce que les CPTS n’ouvrent pas la voie au démantèlement des compétences des médecins libéraux ».

  • La DREES va mener des études sur le parcours et la qualité des soins, le SNDS et le Big Data

    La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) a publié le 23 août 2018 une présentation détaillée de son programme de travail.

    Construit autour des missions de la Direction – production de données par la production d’enquêtes en propre et mobilisation d’enquêtes existantes ou de données administratives, réalisation d’outils de chiffrage, de simulation et de projection, publication d’études, etc. – ce programme encadre l’élaboration de « plus de 60 publications […], dont 6 panoramas (ouvrages de synthèse regroupant des dizaines de fiches d’analyse), auxquels s’ajoutera la parution […] du rapport de l’Observatoire national du suicide », précise la préface.

    Parmi les axes d’analyse du système de santé qui y sont détaillés, figurent notamment des thématiques telles que :
    • la qualité des soins ;
    • le parcours de soins ;
    • l’exploitation des données du système national des données de santé (SNDS).

    Parcours de soins et convergence des dispositifs d’appui à la coordination des soins

    Parcours de soins des patients en hospitalisation à domicile (HAD)

    Pour analyser le parcours des patients en hospitalisation à domicile, la DREES prévoit d’explorer deux axes : les déterminants du recours à une HAD suite à une hospitalisation en médecine-chirurgie-obstétrique (MCO) ou en remplacement intégral d’une hospitalisation classique, et le devenir des patients après HAD (retour à une hospitalisation conventionnelle ou maintien à domicile ?).

    « Les disparités territoriales de pratiques seront examinées en contrôlant des caractéristiques individuelles », ajoute la DREES.

    Parcours de soins des patients dans des situations particulières

    La DREES étudiera en particulier le parcours de soins de patients après un accident vasculaire cérébral (AVC) ou après une tentative de suicide. 

    Convergence des dispositifs d’appui à la coordination des soins

    « De nombreux dispositifs d’appui à la coordination existent en France, souvent développés dans le cadre expérimental avec une mise en place successive depuis 1997 : réseaux, Centres locaux d’information et de coordination (CLIC), Paerpa (CTA), Prado, MAIA, PTA, etc. […] La convergence des dispositifs d’appui à la coordination constitue une mesure du plan d’accès aux soins« , rappelle la DREES.

    Aussi, à partir d’évaluations existantes et de résultats de travaux sur la coordination des soins dans d’autres pays, des études de la DREES viseront à proposer une méthode d’évaluation de ces dispositifs d’appui à la coordination.

    La qualité des soins

    Impact de la chirurgie ambulatoire sur la qualité des soins

    Une étude visera à mettre en évidence une relation entre chirurgie ambulatoire d’une part et qualité et sécurité des soins d’autre part.

    Le critère de qualité des soins d’une hospitalisation retenu pour l’étude sera la réadmission à 30 jours.

    Études exploratoires des corrélations entre les indicateurs de qualité et de sécurité des soins des établissements de santé et le devenir des patients à 30 jours

    « Une étude exploratoire des corrélations entre les indicateurs de qualité et de sécurité des soins (IQSS) recueillis au niveau établissement par la Haute Autorité de santé (HAS) dans les établissements de court séjour et des indicateurs de résultats tels que les réhospitalisations et la mortalité à 30 jours sera réalisée en partenariat avec la HAS », annonce la DREES.

    Cette étude débutera avec des pathologies telles que les AVC et l’infarctus du myocarde car la HAS collecte déjà un ensemble spécifique d’indicateurs à ces sujets. Puis, l’examen de la relation entre séjours avec des actes chirurgicaux fréquents – par exemple pour motif de colectomie – et infections nosocomiales sera réalisé.

    Le système national des données de santé (SNDS)

    « Le bureau réalisera de nombreuses études à partir du SNDS », annonce la DREES.

    Certaines d’entre elles, comme un travail sur les inégalités sociales et territoriales de santé de recours aux soins ou sur la morbidité hospitalière et les parcours de soins, mobiliseront les données du SNDS seules.

    D’autres au contraire mobiliseront les données du SNDS appariées à des données d’enquête, comme une étude sur l’état de santé et le recours aux soins des personnes âgées à domicile ou en institution, ou d’autres sur les bénéficiaires et les professionnels de santé participant à l’élaboration des Plans personnalisés de santé (PPS).

    En outre, la DREES participera à l’animation d’un groupe des utilisateurs du SNDS, qui vise « à créer une communauté dynamique au sein de la DREES pour encourager et faciliter l’appropriation du SNDS et son utilisation pour des études », précise la DREES. La mission d’un tel groupe est de réaliser un suivi régulier sur les différents travaux menés sur les données, de produire des documents sur l’utilisation du SNDS et de relayer les informations transmises par la Cnam sur la base de données.

  • La prévention et l’innovation au Health Care Summit de Politico, les 8 et 9 octobre 2018 à Genève

    Politico, média politique basé à Washington, organise en partenariat avec le quotidien suisse Le Temps son 3ème Annual Health Care Summit, qui se tiendra les 8 et 9 octobre 2018 à Genève.

    Cet événement, qui rassemblera des acteurs des systèmes de santé tels que des décideurs politiques, des scientifiques, des représentants de patients, etc., vise à donner des clés pour relever les défis mondiaux en matière de santé préventive à la lumière des nouvelles technologies et des modes d’organisations innovants à même de rendre les systèmes de santé plus proactifs. 

    Lors du sommet seront abordées les problématiques suivantes :
    • « Soins de courte durée, soins à domicile, prévention – comment trouver le bon équilibre ? » ;
    • « Quelles sont les nouvelles organisations et les nouveaux modèles de financement qui permettront un changement systémique ? » ;
    • « Comment tirer parti des nouvelles technologies pour rendre les systèmes de santé plus proactifs, préventifs et centrés sur le patient ? » ;
    • « Des applications de cybersanté en nutrition, activité physique, etc., et de la télémédecine aux tests prédictifs – comment allouer les ressources de la manière la plus durable et la plus efficace possible entre les différents niveaux de prévention ? » ;
    • « Quelles sont les questions les plus urgentes à résoudre pour s’assurer que les nouveaux progrès de la médecine et de la technologie ne créent pas plus de problèmes qu’ils n’en résolvent ? ».

    Pour s’inscrire, il suffit de se rendre sur le site officiel du sommet, accessible via le lien ci-contre.

    Programme

    Lundi 8 octobre 2018

    18h00 : Accueil des participants et cocktail de bienvenue

    18h40 : Interview « Restaurer la confiance pour inciter à la prévention »

    19h15 : Cocktail networking

    Mardi 9 octobre 2018

    08h30 : Accueil des participants et café de bienvenue

    09h00 : Interview d’ouverture « Soigner en amont : quels enjeux ? »

    09h45 : Conférence « La prévention dans toutes les politiques »

    10h30 : Pause networking

    11h00 : Débat « Favoriser la prévention et le diagnostic précoce par les nouvelles technologies et les dispositifs innovants »

    11h50 : Débat « Nouveaux fonds et modèles économiques : des échanges internationaux »

    14h00 : Tables rondes (au choix) : « Vaccination : quelles opportunités et quels défis en période de méfiance ? » ou « Data : qui devrait pouvoir les utiliser, y accéder, les héberger, les posséder, etc. ? » ou « Ralentir la protection et favoriser le diagnostic précoce des maladies chroniques ».

    15h00 : Tables rondes (au choix) : « Antibiothérapie : comment agir sur le mésusage des antibiotiques, changer les habitudes de prescription et trouver de nouveaux traitements ? » ou « Qu’est-ce que la valeur dans le domaine des soins et comment mesurer la valeur de la prévention ? » ou « Encourager des modes de vie sains : la simplicité des messages (« mangez mieux », « pratiquez une activité physique régulièrement », etc.) diffusés dans la population est-elle appropriée ? »

    16h00 : Clôture de l’événement

  • Handicap : appel à manifestation d’intérêt pour l’identification des « territoires 100 % inclusifs »

    La secrétaire d’État auprès du Premier ministre chargée des Personnes handicapées Sophie Cluzel, en lien avec l’Assemblée des départements de France (ADF), a lancé cet été un appel à manifestation d’intérêt pour l’identification des « territoires 100 % inclusifs » (en lien ci-contre). L’objectif est de « mobiliser les territoires départementaux témoignant d’un engagement politique fort, partenarial et innovant, pour conduire la transformation attendue, et cela dans une approche globale et citoyenne », précise le communiqué.

    La démarche vise à favoriser l’avancée « à un rythme plus soutenu » vers une société inclusive sur des territoires « démonstrateurs ». « En élargissant le cercle du partenariat autour de la réponse aux attentes et besoins des personnes en situation de handicap, on peut viser non seulement « une réponse territorialisée pour tous » mais bien une « réponse territorialisée 100 % inclusive pour tous », en phase avec l’ambition gouvernementale », indique le communiqué.

    Les courriers de manifestation d’intérêt doivent être envoyés au secrétariat d’État avant le 30 novembre 2018 à l’adresse suivante : territoiresinclusifs@pm.gouv.fr.
    Une réunion nationale des territoires engagés dans la démarche est prévue au printemps 2019.

    Devenir un territoire inclusif

    Les territoires (urbains, semi-urbains ou ruraux) qui souhaitent manifester leur intérêt pour cet appel devront adresser avant le 30 novembre 2018 une lettre d’intention au secrétariat d’État chargé des personnes handicapées à territoiresinclusifs@pm.gouv.fr. Le document sera signé par le président du conseil départemental ou par le directeur général de l’Agence régionale de santé.

    Dans la lettre d’intention, les territoires doivent expliciter les facteurs favorables au déploiement de la démarche et matérialiser l’engagement conjoint d’un ensemble d’acteurs institutionnels le plus large possible.

    La reconnaissance comme territoire inclusif sera signifiée par une lettre de la secrétaire d’État auprès du Premier Ministre chargée des personnes handicapées. Elle permettra de lancer la démarche et de finaliser la feuille de route.

    À l’issue de la phase de lancement de la démarche, au plus tard le 30 mars 2019, les territoires feront parvenir au secrétariat d’État concerné une feuille de route co-construite entre les acteurs, identifiant les chantiers à mener.

    Les 3 fondements clés d’une société dite « inclusive »

    Cette démarche « des territoires 100 % inclusifs » doit permettre :

    • « d’identifier les conditions de réussite de la transformation de la société et ce qu’elles peuvent impliquer par exemple en termes de souplesses d’action et d’évolutions du cadre législatif et règlementaire actuel, y compris sur les aspects budgétaires : ce qui fait que c’est possible / facilité, que cela fonctionne (en termes d’organisation de prises de décisions, de programmation des politiques, de règlementations, de financements, et de partage des responsabilités) » ;
    • « d’identifier des bonnes pratiques généralisables : comment faire pour que cela fonctionne » ;
    • « d’identifier des freins à lever: pourquoi cela peut bloquer ou ralentir et comment lever ces obstacles » ;
    • « d’imaginer et de construire des solutions et réponses aux blocages identifiés ».

    Les projets déployés par les territoires 100 % inclusifs doivent permettre « d’apporter des réponses aux ambitions et prérequis d’une société inclusive ». Une attention particulière sera portée à trois dimensions prioritaires d’une société inclusive :

    • Tout d’abord, une société inclusive, soit « ouverte à tous », doit reconnaître toutes les personnes qui la composent. « Pour cela, elle va aux devants des personnes quel que soit leur âge, leur situation de handicap ou de santé pour recueillir et analyser leurs souhaits et leurs besoins. La personne concernée est centrale et au cœur de l’anticipation, de la construction et de l’évaluation de la réponse. » Les territoires 100 % inclusifs devront s’assurer que les réponses apportées sont choisies par les personnes concernées et n’excluent pas certains citoyens.
      Les territoires démonstrateurs proposeront des moyens pour recueillir et analyser les souhaits et les besoins de chacune des personnes.
    • Ensuite, au sein d’une société inclusive, le domicile de la personne, le « chez-soi », détermine sa capacité à vivre au cœur de la société. « Quel que soit le lieu de vie de la personne, le lien social est préservé et son accès au droit commun, parce qu’il est accompagné, y est garanti. »
      Les projets portés par les territoires démonstrateurs devront, par exemple, proposer des éléments de réponses aux questions suivantes :
      • La réponse permet-elle à la personne d’exercer sa citoyenneté en disposant d’« un chez-soi », quel que soit le lieu de vie, qu’il soit en établissement ou à domicile ?
      • La réponse s’inscrit-elle dans une logique domiciliaire ? Respecte-t-elle la vie privée de la personne, y compris en établissement ?
      • La personne peut-elle faire ce qu’elle souhaite dans son lieu de vie : meubler, fermer à clé, avoir des animaux, recevoir qui elle souhaite quand elle en a envie ?
    • Enfin, une société inclusive doit s’adapter aux singularités de la personne « en aménageant et en faisant évoluer son environnement pour faciliter l’accès géographique, physique, communicationnel et financier à tous les citoyens ».
      Les projets devront garantir l’implication de toutes les composantes de la société pour penser les cadres de vie autrement dans toutes les dimensions : technique, écologique, sociale, loisirs, culture, paysage, transports, etc.

    Concrètement, la situation cible recherchée est la suivante :

    • Des services publics effectivement accessibles à tous, avec une large diffusion du « Facile à lire et à comprendre » (méthode européenne permettant une accessibilité des informations aux personnes déficientes intellectuelles), une accessibilité de tous les sites d’information et de services publics, un accès facilité et renforcé aux droits et ressources mobilisables.
    • Une organisation permettant de faciliter le choix de vie des personnes et en particulier l’accès au milieu ordinaire sur l’ensemble des composantes du parcours de vie : petite enfance, école, emploi, logement, soin, loisirs, vie sociale pour les personnes à la retraite, etc.
    • Une offre médico-sociale :
      • graduée par niveaux de spécialisation dans une logique de subsidiarité et de priorité au milieu ordinaire, et de disponibilité des ressources les plus adaptées pour accompagner les personnes en situation complexe-diversifiée, comprenant de véritables plateformes de services avec des accueils à la carte, de jour, de nuit, temporaires, séquentiels à temps partiel, etc.
      • au fonctionnement suffisamment flexible pour garantir la personnalisation des accompagnements et la continuité des parcours de vie.

    « Cette situation-cible doit être envisagée dans une perspective de durabilité au-delà de la réponse au présent appel à manifestation d’intérêt », précise le secrétaire d’État.

    Les avantages d’une reconnaissance en tant que « territoire 100 % inclusif »

    Selon le secrétariat d’État, l’obtention de la reconnaissance en tant que « territoire 100 % inclusif » ouvre aux territoires les opportunités suivantes :

    • valorisation de la démarche engagée ;
    • interlocuteurs nationaux identifiés au sein notamment du secrétariat général du Comité interministériel du handicap (SGCIH), du secrétariat général des ministères Sociaux (SGMAS), de la direction générale de la cohésion sociale (DGCS), de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) ;
    • association privilégiée aux chantiers nationaux relatifs à la transition vers une société inclusive ;
    • appui de chaque ministère et des services déconcentrés sur le terrain, notamment par l’intermédiaire des hauts fonctionnaires au handicap, aux différents acteurs de son champ dans la mise en œuvre des actions (information, sensibilisation, formation, appui technique, conseil, mise en place d’un cadre légal propice aux dérogations et expérimentations, etc.) ;
    • engagement des interlocuteurs nationaux à rechercher des possibilités de souplesses et de dérogations (en termes de cadre juridique, de modalités de financement, etc.) à partir des besoins exprimés par les territoires et après examen et ingénierie par les services nationaux compétents. Cette souplesse doit aussi , « et en premier lieu », être mise en œuvre par chacun des acteurs locaux co-responsables de la transition vers une société inclusive.
  • 3 jours de formation des jeunes talents de l’innovation en santé (26-28/09/2018, Paris)

    Le mouvement yeti.h (young entrepreneurs talented of innovation in healthcare), réseau d’acteurs de formation, d’entreprises innovantes et d’associations animé par Medicen Paris Région, organisera à Paris du 26 au 28 septembre 2018 la yeti.h school, « 3 jours de formation des jeunes talents de l’innovation en santé ».

    Cet événement s’adresse aux étudiants, aux chercheurs, aux entrepreneurs, etc., porteurs d’un projet innovant en santé : la mission que se fixe le mouvement yeti.h consiste en la valorisation des talents de l’innovation en santé, de l’entrepreneuriat et des approches multi-disciplinaires.

    L’inscription à cette formation peut être réalisée via le lien ci-contre.

    Programme de l’événement

    Jour 1 (26/09/2018) : « Idéation : qu’est-ce qu’innover dans le secteur de la santé ? »

    • Matin

    Table ronde : « Qu’est-ce qu’une innovation en santé ? »

    Intervention inspirante : « L’innovation multidisciplinaire »

    Atelier : « Qu’est ce que le Design Thinking ? » ; exercices sur l’observation

    • Après-midi

    Atelier pratique de design thinking, en petits groupes 

    Keynote et échanges, animés par l’Institut Roche

    Témoignage : « Start up ou PME : la naissance de l’idée »

    Jour 2 (27/09/2018) : « Création : comment créer ou gérer un projet innovant ? »

    • Matin

    Intervention inspirante : « Pourquoi j’ai choisi de monter ma start-up ? »

    Table ronde : « Création de projets innovants: quoi/quand/comment ? »

    Tutoriel : « Créer sa start-up, les grandes étapes »

    Atelier : « Outils de gestion de projets »

    • Après-midi

    Atelier/Formation de montage de projet (session coachée) 

    Témoignage  : « Start up : incubation/accélération, retour d’expérience »

    Intervention et échanges, animés par Servier

    Jour 3 (28/09/2018) : « Interaction : comment faire vivre un projet innovant ? »

    • Matin

    Table ronde : « Entrepreneurs, intrapreneurs ou collaborateurs ? »

    Intervention inspirante : « Les industriels vous cherchent ! »

    Atelier : « Pitcher comme une start-up ou comme un candidat »

    • Après-midi

    Atelier pratique : « Préparer un pitch »

    Keynote et échanges, animés par InterSystems

    Présentation de programmes/formation des partenaires 

    Mot de la fin ; avis des participants par sondage

  • Coordination des parcours : création de la Société française des sciences pharmaceutiques officinales

    La Société française des sciences pharmaceutiques officinales (SFSPO) a été créée officiellement le 28 août 2018. Il s’agit d’une société savante pharmaceutique qui vise à émettre des recommandations de bonnes pratiques, à « promouvoir l’ensemble des dimensions de la pharmacie d’officine à la croisée de nombreux domaines de compétences et l’exercice coordonné entre différents professionnels de santé, afin d’améliorer les connaissances, la prise en charge et les soins de premiers recours, la prévention à l’officine et l’information » (dossier de presse).

    Outre deux commissions « exercice officinal » et « communication », la SFSPO a rapidement constitué, pour atteindre ses objectifs, une commission « exercice coordonné », qui devra s’attacher au développement de l’interdisciplinarité et de la pluriprofessionnalité et promouvoir un « savoir ensemble » avec les partenaires officinaux.

    En effet, la loi HPST a contribué à faire du pharmacien d’officine un acteur majeur de la coordination du parcours de soins. Dans ce cadre et pour que le virage ambulatoire que tend à prendre le système de santé réussisse, il doit continuer à travailler au développement de la complémentarité et de la collaboration entre les professions de santé.

    Aussi, la SFSPO souhaite s’engager dans « l’organisation des soins de premier recours, notamment les soins non-programmés non-urgents et dans toute élaboration de projet conjoint pour un parcours de soin sécurisé des patients« .
    C’est pourquoi cette nouvelle société savante a déjà choisi d’ouvrir trois chantiers, intitulés : 
    – « le premier recours et la place coordonnée du pharmacien d’officine », en collaboration avec les médecins généralistes et les urgentistes ;
    – « l’ambulatoire, le défi est aussi en ville », en association avec les anesthésistes réanimateurs ;
    – « participer à la création du parcours de soin coordonné dans les douleurs chroniques », en association avec les médecins de la douleur.

  • La FDA modernise ses méthodes d’évaluation pour s’adapter à l’innovation

    La Food and Drug Administration (FDA) a fait part le 29 août 2018 de sa volonté de se moderniser afin de s’adapter aux innovations en santé.

    Le rôle de l’administration est de permettre à chaque patient d’accéder au médicament qui lui convient le mieux, au moment où il en a besoin. Cet idéal tend à devenir possible grâce à la mise sur le marché de nombreux produits innovants relevant de la santé digitale, du soin personnalisé, des technologies connectées, des thérapies géniques, etc., qui, s’ils ouvrent des perspectives de transformation des systèmes de soins, constituent un défi pour la FDA : celle-ci doit moderniser ses approches d’évaluation des innovations.
    « Nous devons refonder notre approche réglementaire afin de créer plus de plateformes de pointe à même de soutenir au mieux l’évaluation efficaces des avancées scientifiques », précise Scott Gottlieb, commissaire de la FDA.

    L’agence américaine d’évaluation et d’autorisation des nouveaux médicaments et dispositifs médicaux compte en particulier moderniser les protocoles d’investigations cliniques en y intégrant des nouvelles technologies, mettre en place des standards d’évaluation adaptés aux nouvelles technologies et exploiter plus de données produites en conditions réelles pour justifier ses décisions réglementaires.

    Par ailleurs, contribuent à aider la FDA dans ses efforts de modernisation :
    – les nouvelles autorités et ressources mises en place par le 21st Century Cures Act ;
    – le budget alloué à la FDA par l’État américain en 2019 ;
    – les partenaires publics et privés de la FDA.

    La nécessaire modernisation de l’évaluation des produits de santé

    Pour tester les nouveaux médicaments comme les dispositifs médicaux, les études prospectives randomisées constituent souvent la méthode la plus performante dont dispose un promoteur d’essai clinique pour répondre à des questions sur la sécurité d’emploi et l’efficacité de nouvelles molécules ou dispositifs médicaux.

    Toutefois, dans un contexte d’augmentation des coûts et de la complexité de mise en place des investigations cliniques, il devient nécessaire d’augmenter l’efficience des méthodes d’évaluation.

    En outre, de nombreux produits innovants que la FDA a à évaluer ne peuvent être facilement étudiés au moyen d’approches traditionnelles telles que des essais randomisés, en double aveugle, etc., alors que les nouvelles technologies et sources de données ouvrent la voie à de nouvelles méthodes.

    Mettre en place des standards pour les nouvelles technologies

    La mise en place par l’agence américaine de standards d’évaluation des nouvelles technologies médicales (applis destinées aux patients, intelligences artificielles, dispositifs générateurs de données patients, etc.) a pour but d’aider l’innovation à avancer dans des domaines où aucun standard d’évaluation ne fait encore consensus à l’heure actuelle.

    Par exemple, les plateformes logicielles destinées aux patients jouent un rôle de plus en plus central pour les patients désireux d’être acteurs de leur santé : ces outils aidant de nombreuses personnes à prendre le contrôle de leur propre santé, la FDA ne doit pas les négliger.

    De plus, à l’heure où les logiciels d’intelligence artificielle deviennent de plus en plus sophistiqués, la FDA conçoit que la médecine du futur s’appuiera de plus en plus sur ce type d’outils et qu’elle doit contribuer à promouvoir l’innovation dans ce domaine. C’est pourquoi l’agence travaille au développement d’un nouveau cadre réglementaire d’évaluation des technologies assistées par une intelligence artificielle et de machine learning (apprentissage automatique).

    Enfin, les technologies portables telles que les applications pour smartphones pourraient, en générant en temps réel des données objectives, enrichir les méthodes traditionnelles de suivi des patients et améliorer l’efficience des traitements prescrits à ces derniers. Aussi, encore une fois, la FDA prévoit de mieux en encadre la mise sur le marché.

    Exploiter des données de vie réelle dans la prise de décision réglementaire

    La FDA travaille activement à évaluer l’utilité des données de vie réelle et leur potentiel de soutien à ses décisions réglementaires.

    Par « données de vie réelle », la FDA entend des data provenant de sources telles que des dossiers patients électroniques, des registres et procédés de facturation numériques, des dispositifs connectés de santé, etc.

    Ces données pourraient aider à :

    • examiner l’interaction de paramètres extérieurs exclus des essais cliniques classiques avec le nouveau traitement ou dispositif à étudier ;
    • répondre à des problématiques à l’échelle d’une population plus grande qu’un lot de patients recrutés dans le cadre d’une expérimentation traditionnelle ;
    • améliorer l’efficience de la phase IV (post-marketing) des essais (pharmacovigilance après la commercialisation) ;
    • faciliter l’extension d’indications.
  • Les anesthésistes-réanimateurs s’impatientent du lent déploiement de la télémédecine à l’hôpital

    Le 2 septembre 2018, treize jours avant l’entrée en vigueur de l’avenant n°6 à la convention médicale encadrant la télémédecine, le Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes-réanimateurs (SNPHARe) a communiqué son regret de ne pas voir la télémédecine se développer aussi rapidement à l’hôpital qu’en ville.

    Pourtant, la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn avait rejoint les idées du SNPHARe à l’égard de ce nouveau mode d’exercice, en déclarant le 29 mai 2018, lors de l’ouverture de la Paris Healthcare Week, que la télémédecine constituait une avancée organisationnelle majeure dans le système de santé français. En effet, selon le syndicat, la télémédecine peut favoriser l’égalité d’accès aux soins dans tout le territoire, permettre la prise en charge précoce des patients, éviter des transports ainsi que des passages aux urgences injustifiés et ainsi « réaliser, à court et long terme, des économies pour la santé, dans l’intérêt des patients ».
    En outre, « la ministre s’est engagée à transposer à l’hôpital les mesures de l’accord conventionnel dans les mêmes délais d’entrée en vigueur« , rappelle le syndicat. Cependant, cet accord n’a été signé qu’avec des syndicats de professionnels exerçant dans le secteur privé.

    Aussi, afin de mieux articuler le réseau ville-hôpital et de garantir la fluidité des parcours de soins au bénéfice des patients, le SNPHARe demande une organisation opérationnelle de la télémédecine […] à l’hôpital public : « À l’heure où le gouvernement veut la mise en place des groupements hospitaliers de territoire (GHT) […] et où l’on raisonne en filière de prise en charge et en parcours patient, […] l’absence des acteurs publics dans les négociations est un non-sens », estime le syndicat.

  • L’université nationale de Singapour soutiendra la création de start-ups en e-santé

    L’Université nationale de Singapour (NUS) devrait consacrer 25 millions de dollars singapouriens (15,62 M €; 18,16 M USD) sur une période de cinq ans à l’incubation et au lancement de 250 startups spécialisées dans les technologies de pointe, co-créées avec ses étudiants diplômés et son personnel de recherche. Ce projet s’inscrit dans le cadre d’une nouvelle initiative annoncée le 4 septembre 2018 par le ministre des Finances singapourien, Heng Swee Keat, à l’occasion de la cérémonie d’ouverture du nouveau bâtiment de l’établissement : « innovation4.0 » (i4.0), la dernière contribution de la NUS à l’initiative « smart nation » de la cité-État.

    Installé au sein du innovation4.0, le Graduate Research Innovation Programme (Grip) de la NUS fera appel aux étudiants des cycles supérieurs, aux boursiers postdoctoraux et aux personnels de recherche de l’université pour fonder et développer des start-ups à fort potentiel basées sur des technologies novatrices qui leur donneront un avantage durable sur les acteurs historiques de leur secteur ou leur permettront de créer de nouveaux marchés. La santé numérique fait partie des domaines clés de ce programme.

    Le processus de sélection du premier lot de start-ups est actuellement en cours et devrait être finalisé d’ici le mois d’octobre 2018. Les sociétés retenues suivront un programme intensif de validation et de création d’entreprise de trois mois, en collaboration avec des acteurs expérimentés de l’entrepreneuriat, et pourront recevoir un financement total de 100 000 SGD (environ 62 500 €), en partie versé par la NUS, afin de les aider à déployer leurs solutions sur le marché.

    100 000 SGD (62 500 €) seront versés aux start-ups sélectionnées

    Le premier appel à candidatures pour le Graduate Research Innovation Programme (Grip) sera lancé au cours du mois de septembre 2018, a déclaré le président de l’université nationale de Singapour (NUS), Tan Eng Chye.

    Dans les trois à six mois suivant la sélection des dossiers, et une fois le processus de création d’entreprise achevé, les start-ups retenues seront évaluées par un panel d’experts dans l’optique d’obtenir un premier soutien de 50 000 dollars singapouriens (31 266 € ; 36 321 USD), qui leur permettra de financer le développement de leurs prototypes et de poursuivre leur formation auprès d’acteurs expérimentés de leur secteur.
    Les jeunes sociétés recevront ensuite 50 000 dollars supplémentaires de la part de la NUS afin de poursuivre le déploiement de leur projet commercial et de se lancer sur le marché.

    Dans le cadre du programme, l’université nationale de Singapour fournira également des conseils en gestion de projet, des services de prototypage, et permettra aux start-ups de tester leurs solutions en laboratoire.

    Des « espaces de travail interactifs » centrés, entre autres, sur la santé numérique

    Le bâtiment innovation4.0 (i4.0) est centré sur six domaines et abrite 12 entités de recherche, y compris le NUS Smart Nation Research Cluster et le Cybersecurity Laboratory, ainsi que des équipes spécialisées dans l’intelligence artificielle (IA) et la science des données. La NUS a indiqué que jusqu’à huit équipes de recherche supplémentaires devaient s’installer dans les nouvelles installations d’ici la fin 2019.

    Des « espaces de travail interactifs » destinés à alimenter des idées dans des domaines tels que la santé numérique (digital health), la mobilité intelligente (smart mobility), la vie intelligente (smart living) et la logistique intelligente (smart logistics), vont être mis en place au sein de l’i4.0.

    Lorsqu’il sera pleinement opérationnel, d’ici deux ans, le bâtiment devrait abriter plus de 1 000 chercheurs, inventeurs et personnels de soutien, a avancé l’université.

    Le gouvernement singapourien veut investir massivement dans le numérique

    Le ministre des Finances singapourien, Heng Swee Keat, a déclaré que le gouvernement singapourien avait déjà beaucoup investi afin de pouvoir exploiter les nouvelles opportunités offertes par la convergence numérique et qu’il était prêt à investir davantage mais qu’il devait « se différencier et [explorer] en profondeur » le secteur car de nombreuses autres grandes entreprises et pays investissaient également massivement dans les technologies numériques. « Nous allons donc investir stratégiquement et jouer sur nos points forts », a-t-il expliqué.

    Un MoU signé entre le programme national AI Singapore et une société experte en IA

    M. Heng a également assisté à la signature d’un protocole d’entente entre le programme national AI Singapore et Element AI, l’une des principales sociétés mondiales d’applications d’intelligence artificielle (IA).

    Element AI aidera les entreprises locales à comprendre et à adopter l’IA plus rapidement et de manière significative afin de « créer ensemble à un impact mondial » sur le marché, a ajouté le ministre.