Europe

  • Présidentielle : les doyens de facultés de médecine proposent la suppression du numerus clausus

    Supprimer le numerus clausus et réorganiser les études de médecine en profondeur, telles sont les principales propositions présentées par la Conférence des doyens des facultés de médecine le 20 février 2017 dans la perspective de l’élection présidentielle.

    La suppression du numerus clausus, « qui a montré ses limites en termes de gestion de la démographie médicale et des déserts médicaux », s’accompagnerait d’une territorialisation de la formation :

    • décentralisation de l’évaluation des besoins en médecins, qui serait dorénavant faite avec les régions, le conseil de l’ordre des médecins et les acteurs de terrain ;
    • conclusion de contrats d’objectifs avec les universités afin de satisfaire les nouveaux besoins ;
    • mise en place de « territoires de santé universitaires » pour encourager les projets de recherche clinique en lien avec des enjeux locaux de santé publique.

    Les doyens proposent aussi d’instaurer de nouveaux parcours de formation plus souples, via :

    • le développement des alternatives au PACES, avec notamment la multiplication des passerelles avec les autres filières scientifiques ;
    • l’ouverture de voies parallèles aux épreuves classantes nationales (ECN) pour des projets professionnels originaux, validés très tôt en amont par des maîtres de stages et adaptés aux besoins du terrain.

    Selon les doyens, cet ensemble de mesures devrait permettre de combler le manque de professionnels de santé dans les zones sous-dotées.

    Enfin, les doyens appellent à développer la e-santé, la transdisciplinarité entre soignants, la recherche paramédicale et la formation continue.

  • Belgique : plus d’1million de patients inscrits sur le portail wallon de partage des données de santé

    Plus d’un million de patients se sont inscrits sur le Réseau Santé Wallon (RSW), plateforme d’échange des documents médicaux entre professionnels de santé, annonce la plateforme le 24 février 2017.

    Le Réseau Santé Wallon permet à l’ensemble des établissements hospitaliers et des généralistes de Wallonie de partager des documents médicaux dès lors que le patient s’est inscrit sur la plateforme.

    Ce sont les patients qui décident quels documents peuvent être partagés. Seuls les établissements et professionnels de santé pouvant justifier d’un lien thérapeutique avec le patient ont accès à ses données. Les patients ne peuvent en revanche pas voir le contenu des documents référencés.

    Le Réseau Santé Wallon couvre désormais près de 28 % de la population wallonne.

  • Simulation : inauguration du Medical Training Center du CHU de Rouen

    Le Medical Training Center du CHU de Rouen a été inauguré par le Président de la République le 24 février 2017. Ce centre a pour ambition de former les professionnels de santé à des procédures, à des gestes ou à la prise en charge de situations à risque par l’utilisation de matériel, de mannequins ou de simulateurs.

    Il doit également permettre aux professionnels de santé d’analyser et d’améliorer leurs pratiques et leurs capacités à faire face aux situations à risque.

    D’une surface de 3000 m2, le medical training center est situé entre le CHU de Rouen et la faculté de médecine et de pharmacie. Il contient des espaces de formation, des salles de réunions, de briefing et débriefing. Son amphithéâtre dispose d’une régie vidéo directement connectée aux blocs opératoires et aux laboratoires du CHU, permettant ainsi la diffusion d’interventions partout dans le monde.

    Le medical training center propose plus de 70 formations, en formation initiale et continue, dans une vingtaine de disciplines : cardiologie interventionnelle, imagerie médicale, chirurgie, obstétrique, etc.

    Il va également accompagner la diffusion de l’innovation avec les partenaires industriels, prioritairement les start‐up locales, au moyen de tests ou de démonstrations d’équipements en vue de leur commercialisation.

    Le medical training center, qui a coûté 14,4 millions d’€, a été financé par :

    • le CHU de Rouen : 6,2 millions d’€
    • l’État : 3 millions d’€
    • la Région Haute-Normandie : 3 millions d’€
    • l’Université de Rouen : 1,7 milllion d’€
    • la métropole Rouen Normandie : 500 000 €.

  • 83 % des Français pensent que la santé connectée est trop absente du débat politique (Sondage ODOXA)

    86% des Français sont satisfaits du système de santé, mais 83% d’entre eux pensent que la santé connectée est insuffisamment abordée lors des débats politiques : tels sont les principaux résultats le 7e vague du Baromètre santé d’Odoxa, publiée le 27 février 2017.

    L’enquête a été réalisée entre le 3 janvier et le 9 février 2017 auprès de 3046 Européens (Français, Italiens, Allemands, Espagnols, Britanniques) pour ce qui concerne la perception du système de santé; 428 médecins et 190 directeurs d’hôpitaux ont également été interrogés sur la santé connectée et la lutte contre les déserts médicaux.

    Les baromètres Santé 360 d’Odoxa sont réalisés en partenariat avec Orange, la Mutuelle Nationale des Hospitaliers, la Fédération hospitalière de France, Ramsay Générale de Santé, la chaire Santé de Sciences Po, Le Figaro Santé et France Inter.

    Des attentes fortes en matière de santé connectée

    La santé connectée représente, pour 77% des Français, une réelle opportunité de prévention, mais seulement 58% d’entre eux pensent qu’elle peut favoriser la qualité des soins.

    Ils s’accordent à dire que les nouvelles technologies ne sont pas suffisamment présentées aux médecins, notamment pour favoriser la prévention et pour améliorer la permanence des soins et diminuer leur coût (3 Français sur 4). 83% d’entre eux pensent que la santé connectée n’est pas suffisamment présente dans les débats politiques. 

    Enfin, 78 % des Français estiment que la santé connectée est une opportunité pour favoriser le maintien à domicile.

    Un système de santé plébiscité par les Français

    86% des Français sont satisfaits du système de santé et pensent même que c’est « un trésor » à fort potentiel. Cela explique que 77% d’entre eux soient sensibles aux discours des candidats sur le champ de la santé.

    En revanche, 39% des Européens perçoivent le système allemand comme le plus performant contre 23% pour la France.

    La nécessité de résoudre le problème des déserts médicaux et de réformer l’Assurance maladie

    Malgré un taux de satisfaction de plus de 4 Français sur 5, l’Assurance maladie doit être réformée pour

    • favoriser les soins ambulatoires (83%) ;
    • inciter les médecins à limiter les arrêts maladies (73%) ;
    • développer l’usage des médicaments génériques (72%).

    Ces mesures pour réduire le déficit de l’Assurance maladie sont généralement acceptées car elles n’engendrent pas d’effort financier de la part des usagers.

    Concernant les déserts médicaux, le problème est connu de tous les Français mais ils considèrent les mesures « peu convaincantes » dès lors qu’elles impliquent un effort de leur part. 70% des médecins refusent d’office de s’installer dans un désert médical; ce chiffre baisse à 46% « si les mesures proposées étaient suffisamment incitatives ».

  • La 1e édition du MedFIT aura lieu à Grenoble les 28 et 29 juin 2017

    La première convention d’affaires internationale dédiée aux partenariats d’innovation dans le domaine des technologies médicales et du diagnostic, MedFIT, aura lieu à Grenoble les 28 et 29 juin 2017 et réunira plus de 500 acteurs internationaux du secteur.

    Ce rendez-vous a vocation à identifier les produits, services et technologies innovants, faciliter les partenariats de recherche et d’innovation entre grands groupes industriels, start-up et académiques tout en intensifiant les flux de licences et l’accès au marché des innovations.

    Cet événement est organisé par Eurasanté et les clusters NHL (Nutrition Health Longevity), Medicalps et Alsace BioValley.

    Cet événement s’articulera autour de 4 activités :

    Une convention d’affaires

    La plateforme de partnering permet la planification de rendez-vous d’affaires en amont de l’événement, donnant ainsi l’opportunité aux participants d’identifier et rencontrer des partenaires et investisseurs potentiels.

    Des conférences spécialisées

    Établi par un comité stratégique d’experts et animées par 50 intervenants internationaux, le programme de conférences abordera les problématiques de recherche et d’innovation, le financement de l’innovation et les aspects réglementaires et d’accès au marché.

    Une exposition

    Permettant aux participants d’accroître leur visibilité auprès des leaders du secteur des technologies médicales.

    Des sessions de présentations

    Les sessions de présentations permettront aux jeunes entrepreneurs de pitcher lors de MedFIT face à de potentiels partenaires et investisseurs.

    Programme

    Le programme de la conférence MedFIT abordera les principaux aspects du secteur medtech.
    Les derniers avis sur les thèmes en évolution liés aux partenariats d’innovation collaborative seront présentés et  se concentreront sur l’accès au marché, le financement et la réglementation.

    Le programme s’organise autour de trois axes principaux:

    Créer

    • Évaluer les besoins: comment travailler avec les cliniciens et les hôpitaux ?
    • Comment partager la valeur de l’innovation?
    • Comment trouver une source d’innovation grâce à des collaborations avec le milieu universitaire de medtech ?
    • Comment adapter les collaborations à travers l’innovation ouverte ?

    Développer

    • Comment trouver le bon partenaire pour l’externalisation et les alliances stratégiques ?
    • La nouvelle législation européenne sur les dispositifs médicaux: une menace ou une opportunité d’innovation ?
    • Innovation dans la conception des essais cliniques: comment peut-on économiser temps et argent?
    • Comment surmonter les défis liés au financement, aux aspects réglementaires et aux enjeux de la chaîne d’approvisionnement ?

    Vendre

    • Comment un système de surveillance post-commercialisation efficace peut-il soutenir l’innovation ?
    • Comment pénétrer le marché ?
    • Où et pourquoi allons-nous d’abord lancer un produit ? USA versus Europe versus Asie
    • Comment évaluer au mieux les obstacles et les possibilités d’accès au marché ?

    L’inscription (payante) est réalisable via le lien ci-contre: MedFIT

    La liste des participants est accessible via le lien ci-contre : Participants

  • Renforcer la téléradiologie pour améliorer la prise en charge des cas sévères d’AVC

    Les CHU de Nantes et Angers et l’ARS Pays-de-la-Loire alertent dans un communiqué du 23 février 2017 sur la nécessité de réorganiser l’accès à la thrombectomie lors d’un AVC aigu.

    Le recours à ce traitement a augmenté de plus de 140 % par rapport à 2014. 150 interventions de ce type ont été pratiquées en 2016 par le service de neuroradiologie diagnostique interventionnelle du CHU de Nantes sur des patients victimes d’AVC en phase aigüe.

    La téléradiologie est utilisée pour identifier les patients nécessitant une thrombectomie mécanique et par conséquent un transfert en urgence (intervention chirurgicale visant à retirer un caillot sanguin au niveau d’une veine ou d’une artère, présentant un risque opératoire, cette intervention est réservée aux cas d’extrême d’urgence).

    La prise en charge de ces patients mobilise les équipes du service de neuroradiologie diagnostique et interventionnelle, d’anesthésie et de l’unité neurovasculaire de recours du CHU de Nantes.

    Le prochain schéma interrégional d’organisation des soins (SIOS) prévoit le renforcement de ces équipes et de la téléradiologie.

    Les CHU de Nantes et d’Angers organisent en partenariat avec l’ARS Pays-de-la-Loire un débat à destination des professionnels de santé le 2 mars 2017 sur les thématiques suivantes :

    • la place de la thrombectomie mécanique
    • l’acheminement via le centre 15
    • la prise en charge des AVC au SAU en télémédecine en lien avec l’unité neurovasculaire
    • les premiers éléments du projet régional de santé (PRS 2018)
  • « Nous servons d’interface entre le monde médical et le monde technologique » (W. Allègre)

    Ingénieur au laboratoire d’électronique du CMRRF de Kerpape, Willy Allègre a accordé un entretien à HTI dans lequel il explique comment l’ingénierie sert de support au développement de nouvelles technologies d’assistance pour les patients en situation de handicap.

    • Le pouvoir décisionnel du patient dans les projets R&D,
    • la cybersécurité des logiciels, algorithmes, systèmes intégrés en domotique,
    • l’évaluation de l’expérimentation sur le terrain : living-lab santé et autonomie,
    • living-lab : l’auto-évaluation du patient dans des appartements tremplins,
    • rehab-lab : fab-lab et impression 3D par le patient de ses aides techniques,
    • le modèle de financement des fab-lab,
    • l’adhésion des patients aux technologies d’assistance,
    • la veille technologique, démarche open source,
    • la réglementation des technologies d’assistance.

    tels sont les points essentiels abordés par Willy Allègre.

    Du point de vue de l’ingénieur, comment sont acceptées les technologies d’assistance par les patients ? Avez-vous des contacts directs avec eux ?

    Oui, principalement dans le cadre de prises en charge en équipe pluridisciplinaire (avec nos collègues médecins et thérapeutes). Mais avant cette étape, nous effectuons en amont beaucoup de veille technologique afin de savoir ce qui existe. Cela nous permet, à un moment donné pour un patient donné, ayant des besoins spécifiques, de proposer une solution. Cette solution technologique peut être en lien avec l’accès à l’informatique, l’aide à la communication, l’aide au déplacement, la domotique etc. Cette solution-là, nous la proposons en essayant de connaître les besoins et les ressources financières, les capacités de la personne à interagir, son appétence par rapport aux technologies. Cette première étape d’expression des besoins nous donne des idées de solutions que l’on teste puis valide.

    Comment réalisez-vous cette veille technologique ?

    Nous réalisons une veille « large » sur les produits en lien avec le handicap et la silver économie, auprès de revendeurs, newsletters et forums. Cette veille ne se limite pas à une veille produits spécifiquement dans le domaine du handicap, nous allons chercher plus loin et en dehors : par exemple nous recherchons dans le domaine du jeu vidéo des interfaces pour l’accès à l’informatique : il existe des « eye trackers » dans le domaine du médical qui coûtent des milliers d’euros mais ayant l’avantage d’être robustes pour l’aide à la communication notamment, pour pouvoir désigner des lettres à l’écran avec les yeux.

    Mais il existe également des interfaces d’eye-tracking low-cost développées dans le domaine du jeu vidéo : ce sont des solutions qui exploitent le mouvement des yeux. L’échelle de prix est différente, avec un coût d’environ 100$. La qualité et la fiabilité sont moindres mais ces solutions peuvent néanmoins répondre à certains besoins. Notre veille s’applique également aux méthodes, algorithmes et technologies développés dans les laboratoires de recherche.

    Nous devons en fait réaliser le grand écart entre des solutions concrètes, applicables aujourd’hui et les solutions de demain qui sont en cours de développement dans des laboratoires de recherche. On se doit donc de réaliser des partenariats avec les différents laboratoires de recherche qui travaillent par exemple sur la réalité virtuelle, l’interface homme-machine, la domotique… Cela peut être ciblé sur les interfaces BCI (Brain Computer Interface) pour exploiter les signaux électriques du cerveau pour utiliser l’informatique, comme sur la production de synthèses vocales ou sur le TAL (Traitement Automatique des Langues) pour permettre d’accélérer la vitesse d’écriture avec la prédiction de mots pour les personnes qui n’ont pas l’usage de la parole et qui doivent communiquer avec un clavier de lettres par exemple. Nous servons d’interface entre le monde médical et le monde technique. Nous pratiquons le bilinguisme entre ces deux mondes.

    Comment envisagez-vous la réglementation de toutes ces technologies d’assistance ?

    Dans les assistances technologiques au sens large, il y a des équipements qui répondent aux exigences réglementaires des dispositifs médicaux. Cela comprend la majorité des fauteuils roulants électriques par exemple. Dédiées au domaine de la santé, ces aides doivent être classées « dispositif médical ». C’est d’ailleurs le cas pour tous les systèmes robotiques dans lesquels il existe une boucle de rétro-action, c’est-à-dire qu’il y a un système mécanique, électronique qui peut influencer le comportement de la personne.

    Concernant les interfaces ou logiciels qui peuvent être proposés en tant qu’assistance technologique, cela dépend de leur origine : il existe des logiciels dédiés à la communication, des claviers virtuels développés dans le domaine de l’open source, libre ou gratuit : dans ce cas, ce n’est pas forcément un dispositif médical. Pour autant nous nous permettons de le proposer au patient si cela répond à ses besoins afin qu’il puisse l’utiliser tous les jours.

    Comment procédez-vous lorsque vous proposez une solution à un patient ? Au cas par cas, avec son consentement ?

    Toute solution technologique proposée est préalablement testée par le patient qui doit la valider. Dans la pratique quotidienne, notre objectif en tant que laboratoire dans un centre de rééducation est de prendre en compte les besoins, de proposer différentes solutions, en étant le plus neutre possible par rapport aux technologies, aux produits proposés aux patients. Par exemple si le critère numéro un à prendre en compte est le prix, ce qui arrive souvent, nous faisons en sorte que toutes les solutions répondent a minima mais sinon complètement aux besoins des patients. Des solutions peuvent être gratuites dans certains cas.

    Le patient a donc un pouvoir décisionnel sur les solutions qu’on lui propose ?

    Nous n’imposons rien. On se doit de proposer différentes possibilités. Concrètement, prenons l’exemple de deux personnes tétraplégiques, différentes, une jeune, un peu « geek » et une moins jeune n’ayant jamais utilisé l’informatique. Si l’on prend simplement en compte le profil tétraplégique on peut proposer une solution adaptée qui fonctionne pour un financement possible, identique pour ces deux personnes.

    La réalité est plus compliquée : pour le patient « geek » on va pouvoir mettre en place une solution d’head tracking qui repère les mouvements de la tête avec la webcam de la tablette ou de l’ordinateur : la personne est autonome quant à la sélection avec le curseur de la souris : le jeune patient tétraplégique pourra adhérer à cette solution-là. Mais la personne n’ayant jamais utilisé d’ordinateur va être mal à l’aise face au fait de ne pas avoir d’interface physique sur laquelle agir pour déplacer le curseur. Nous avons vécu cette situation et proposé un joystick au menton grâce auquel la personne tétraplégique comprenait que lorsqu’elle bougeait le menton cela faisait bouger le curseur à l’écran.

    Comment sont sélectionnés les patients qui participent à l’expérimentation de ces nouveaux outils technologiques ?

    Dans le cadre de projets collaboratifs, l’idée est de former une équipe à Kerpape pour participer au développement d’un robot, d’un système de déplacement, d’un logiciel etc. L’intérêt est d’inclure les patients dès le début du projet afin qu’ils puissent exprimer au mieux leurs besoins. Ils interviennent également principalement à la fin du projet (l’idéal étant qu’ils soient impliqués tout au long du projet), lorsque nous réalisons une expérimentation en conditions réelles, notamment dans notre living-lab où ils évaluent le dispositif développé.

    Pour les impliquer, nous appliquons une procédure classique dans laquelle il convient de définir dans le projet des critères d’inclusion, d’exclusion, une lettre d’information type pour la personne qui recrute les patients et leur explique le projet.

    Comment vous positionnez-vous en tant qu’ingénieur de terrain, avez-vous identifié des obstacles à la R&D en France ?

    A mon avis, et par rapport à ce que j’ai pu entendre des collègues chercheurs / partenaires, une des difficultés rencontrées par les laboratoires de recherche est le faible taux de sélection des appels à projets de type ANR-FUI : la concurrence est de plus en plus rude, c’est une tendance qui est également retrouvée au niveau des appels à projets européens.

    Avant même d’avoir débuté le projet, il faut réaliser un travail considérable de rédaction, de communication, pour la plupart du temps avoir des retours négatifs qui pourraient être contestables. Ce qui est à pointer plus généralement, c’est le financement contractuel de la recherche en France qui n’est pas évident pour pérenniser les savoir-faire, et avancer sereinement sur des projets de R&D.

    Concernant les logiciels et algorithmes utilisés traitant de nombreuses données : comment la cybersécurité est-elle intégrée dans vos solutions technologiques ? Comment éviter que quelqu’un d’autre que le patient puisse contrôler son robot ?

    Dans le domaine de la domotique, avec l’arrivée massive des objets connectés et de l’IoT, il y a des solutions pour le handicap qui sont intéressantes, mais cela implique de résoudre les problèmes de failles au niveau de la sécurité informatique. Sur le terrain, on se rend compte que tous les fabricants ne se sont pas assez posés la question de la sécurité du serveur domotique face aux menaces actuelles en termes de connexion à distance.

    Dans le domaine particulier du handicap, il faut être le plus vigilant possible puisque les situations peuvent être bien plus compliquées lorsqu’il est question de la domotique d’une personne tétraplégique ou alitée alors que les aidants ne sont pas là. Pour ces personnes-là, la sécurité du logement est essentielle. Par exemple, pour la télé-alarme : un patient se sent mal chez lui et est seul dans un appartement équipé aménagé, il doit pouvoir appuyer sur un bouton afin d’être en communication avec un opérateur qui puisse rediriger l’appel vers un proche ou les secours. Nous devons réfléchir également aux pires situations : en cas de panne de courant comment se comporte la domotique ? Une de nos préconisations est que la télé-alarme reste sur une ligne fixe pour qu’elle reste branchée en permanence. De même, pour la porte d’entrée nous proposons des ouvre-portes avec batteries intégrées en cas de coupure de courant…

    Concernant le living-lab, comment évaluez-vous l’expérimentation sur le terrain ? Avez-vous des indicateurs pour évaluer le bénéfice pour le patient ?

    Nous n’avons pas d’indicateurs-types, cela dépend des projets menés. Les appartements tremplins font partie du forum des living labs en santé autonomie. Nous avons 4 objectifs dans ce living-lab :

    • 1- Mises en situation de vie autonome : 115 séjours depuis 2012
    • 2- Démonstrations/Essais/Adaptations : 60 mises en situation ponctuelles par an
    • 3- Formation auprès d’artisans du bâtiment : 145 artisans formés depuis 2012
    • 4- Recherche appliquée / Innovation

    Le living-lab est d’abord un lieu de vie dans lequel on permet aux patients de séjourner pendant une semaine : l’objectif est que pendant leur période de rééducation au centre, ils puissent évaluer leur autonomie avant le retour à domicile, pour se rassurer.

    Ce sont les patients qui s’auto-évaluent dans ce milieu ?

    C’est l’objectif principal : les patients s’auto-évaluent de leur côté. Les appartements tremplins ont été conçus/prévus pour réaliser la transition entre la vie en rééducation et la vie à l’extérieur, ce qui représente un grand écart. C’est une étape intermédiaire durant laquelle le premier objectif est que le patient évalue sa propre autonomie. En parallèle il y a une évaluation clinique, des objectifs thérapeutiques définis par les ergothérapeutes: la confiance de la personne, les activités à réaliser (cuisine, recevoir d’autres personnes) il y a beaucoup d’items retenus. L’idée est de se servir de l’appartement comme une plateforme pour montrer les choses de la vraie vie, mais il faut faire le distingo entre :

    • le living-lab en tant que plateforme, lieu de simulation de la vraie vie pour développer des projets,
    • la méthode de co-création souvent associée au living-lab regroupant plusieurs acteurs pour avoir différents points de vue et aboutir à une solution.

    C’est l’ADN de Kerpape : avant même d’avoir un living-lab, lors de la prise en charge : le patient est intégré dans la boucle, entouré de professionnels ayant des regards différents qui proposent des solutions concrètes pour le patient.

    Le 4e objectif du living-lab pour les appartements tremplins est de servir de plateforme de recherche notamment pour des projets en lien avec la domotique, dont voici 2 exemples :

    • Un projet académique porté par Télécom bretagne et le laboratoire d’électronique breton lab-STIC : l’objectif était d’expérimenter un protocole XAAL ayant pour but faire communiquer différents produits en domotique entre eux. Les équipes sont venues expérimenter leur solution dans l’appartement en situation réelle à la fin du projet.
    • La Société Vity Technology : le projet ASIM consistait à tester un serveur en domotique avec des relevés biomédicaux : ce n’était pas une mise en situation mais une expérimentation technique. Ces expérimentations nous permettent d’évaluer le stade de développement sur le terrain des différents projets dont on peut ensuite commercialiser les solutions.

    Quid de votre FAB-LAB ?

    Nous avons lancé début 2016 un FAB LAB interne au centre de Kerpape, où autour de l’impression 3D nous proposons au patient d’être acteur de la création de son aide technique : aide à la manipulation, fauteuils, tablettes etc. pour les activités de la vie quotidienne. Par exemple, un patient tétraplégique a pu réaliser un support de verre pour permettre d’amener un verre à la bouche car il n’a pas la motricité suffisante au niveau de sa main. Il existe d’autres exemples comme la prise de stylet, embout de fauteuils, joystick au menton : tous ont été réalisés avec une imprimante 3D. En un an, nous avons impliqué 30 patients. Plus de 50 aides techniques ont été réalisées par les patients. Le stylet permet au patient dont la motricité des doigts a été altérée d’avoir accès à la technologie tactile: le stylet originel était trop fin, sa prise était impossible pour le patient. Il a pu adapter un stylet issu du commerce grâce à l’impression 3D. Nous sommes le seul centre de rééducation dans lequel c’est possible aujourd’hui. Nous avons trouvé un modèle de fonctionnement dans lequel le patient peut venir fabriquer son aide technique, accompagné d’une ergothérapeute experte dans ce domaine et d’un étudiant en stage au laboratoire.

    Contrairement à ce qui se fait en ergothérapie classique où l’on doit manipuler des matériaux, ici on passe par de la fabrication numérique : à partir du moment où la personne a un accès à l’informatique, elle a accès au logiciel de modélisation 3D et accès à la création d’objets physiques. Ce qui est très important pour nous, c’est l’aspect « partage des fichiers » : la fabrication est numérique donc le fichier est partageable : la personne peut l’imprimer : elle part avec son aide technique physique dont elle se sert directement, une fois sortie du centre Kerpape mais si jamais elle la casse, on lui donne aussi la version numérique. Localement elle pourrait ré-imprimer toute seule son aide technique en frappant à la porte d’un fab-lab ou demain d’un centre commercial.

    Quel est le modèle de financement des fab-lab ?

    Je ne pense pas qu’il y ait de modèle type de financement des fab-lab, il y a un modèle financement par fab-lab. Dans notre modèle, nous avons trouvé un fonctionnement dans lequel l’étudiant stagiaire accompagne techniquement les patients : ces derniers viennent sur leur temps libre, en dehors des prises en charge, de façon bénévole au fab-lab. En tant qu’ingénieurs nous nous assurons de l’organisation générale. L’ergothérapeute elle, vient dans le cadre de prise en charge pour apporter son expertise médicale. Par ailleurs, de manière plus globale, nous sommes dans une démarche d’open source, d’innovation par le partage, car nous sommes également des utilisateurs de solutions. Cela nous permet de bénéficier de logiciels qui ont déjà été développés. Le fait que d’autres laboratoires de recherche développent des solutions d’head-tracking dans cette démarche nous permet par exemple de proposer des solutions gratuites au patient. La seconde raison est, qu’en interne, nous n’avons pas la structure pour protéger ce que l’on fait.

    Quels sont vos projets à venir à court ou long terme ?

    Le Projet Robo-K est un projet dont la première version est terminée. La deuxième version devrait être commercialisée. C’est un robot d’aide à la rééducation de la marche, avec la mise en place d’un bio-feedback qui permet de relever un certain nombre d’informations sur l’utilisateur : sa position par exemple. Quant à PREDICT4ALL, c’est un projet qui n’a pas encore débuté, consistant à la prédiction de mots avec une tolérance aux erreurs orthographiques. Il n’existe pas aujourd’hui de système de prédiction de mots pour des logiciels d’aide à la communication qui prendraient en compte les erreurs orthographiques. Ce qui existe aujourd’hui c’est la prédiction d’inversion de lettres. Or en cas de troubles dyslexiques ou dysorthographiques chez les enfants ou adolescents en apprentissage par exemple on retrouve d’autres types d’erreurs à corriger.

  • HIMSS 2017- Mayo Clinic : retour d’expérience sur sa transformation digitale et principales metrics

    Dans le cadre de HIMSS2017, Cris Ross, directeur des systèmes d’information de la Mayo Clinic, dresse un état d’avancement de sa stratégie IT au sein de son groupe d’établissements.

    Fondation d’intérêt général créée en 1889 par les frères Mayo, la Mayo Clinic est aujourd’hui un des groupements hospitaliers les plus réputés des États-Unis.

    Dans cet hôpital de niveau EMRAM 7, le DSI Cris Ross mène depuis 2012 un programme global de transformation autour des 5 objectifs suivants :
    1. Garantir un bon niveau de service,
    2. Sécuriser les fonctions métiers de la Mayo,
    3. Mettre en place un système IT global,
    4. Construire des plateformes d’architecture innovantes,
    5. Optimiser l’organisation des fonctions IT.

  • 23 M€ de financement de l’Etat pour le projet de Biogénopôle de l’AP-HM

    23 M€, tel est le montant du financement apporté par l’État au projet de Biogénopôle annoncé par la directrice de l’AP-HM, Catherine Geindre, le 16 février 2017.

    Ce financement constitue une aide directe en investissement pour un projet global de 46 M€.

    Ce soutien du Comité interministériel de performance et de la modernisation de l’offre de soins (Copermo) intervient dans un contexte de redressement financier.

    L’objectif de la construction du Biogénopôle est de regrouper toutes les activités de laboratoire de l’AP-HM afin d’optimiser l’efficience organisationnelle, l’utilisation du plateau technique et les conditions de travail du personnel.

    Cette restructuration vise à garantir un accès à l’innovation et à renforcer la recherche translationnelle.

    Le projet va permettre de regrouper sur le seul site de la Timone l’ensemble des activités de biologie fonctionnant sur la base de plateformes spécialisées par techniques. Cependant, un laboratoire à réponse rapide demeurera implanté sur l’hôpital Nord afin de conserver une activité de proximité répondant aux besoins des activités d’urgence et de pointe comme les greffes pulmonaires par exemple.

    Il est prévu que les travaux débutent en 2017 et aboutissent à l’installation du plateau technique de biologie de l’AP-HM dans une partie du bâtiment de Timone adultes.

    L’investissement est estimé à 45,7 M€ dont :

    • 38,2 M€ de travaux,
    • 5,2 M€ d’équipements biomédicaux,
    • 2,3 M€ d’équipements informatiques.

    Le Biogénopôle s’inscrit dans le contrat de retour à l’équilibre financier (CREF) présenté en 2015 par l’AP-HM face à la dégradation de sa situation financière, avec 400 M€ de déficits cumulés et plus de 1 Md€ d’encours de dette.

    Le CREF comporte en effet 5 axes :

    • acheter mieux et moins cher,
    • réorganiser certaines fonctions logistiques et administratives,
    • optimiser les plateaux techniques (notamment regrouper les laboratoires),
    • améliorer la gestion des ressources humaines,
    • valoriser certaines activités.

    Il est prévu qu’en 2017 la marge d’exploitation de l’AP-HM passe à 15 M€ (contre 10 M€ en 2016) et que le déficit soit réduit à 61 € (contre 66 M€ en 2016).

  • Présidentielle : 72 % des Français estiment que les candidats ne parlent pas assez de santé (sondage)

    A l’occasion de la présentation des projets des candidats à la présidentielle en matière de santé qu’elle a organisée le 21 février 2017, La Mutualité française publie les résultats de l’enquête sur les attentes des Français dans ce domaine :

    • regard sur le système de santé ;
    • souhaits prioritaires pour le faire évoluer ;
    • attentes vis-à-vis de l’élection présidentielle de 2017 à cet égard.

    Cette enquête a été réalisée en ligne par Harris interactive du 30 janvier au 7 février 2017 sur un échantillon de 2 000 personnes représentatif des Français âgés de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas et redressement appliqués à plusieurs variables (sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

    Une inquiétude sur l’avenir du système de santé

    • 61% des Français considèrent que leur de système de santé fonctionne bien, mais 68% d’entre eux se montrent pessimistes quant à l’avenir de celui-ci.
    • 46 % estiment que le système s’est dégradé au cours des 5 dernières années (contre 11% estimant qu’il fonctionne mieux).
    • 68% d’entre eux se disent pessimistes pour l’avenir de leur système de santé alors que 32% s’avèrent confiants.

    La santé jugée trop peu présente dans la campagne

    • 3 Français sur 4 se déclarent intéressés par la campagne pour l’élection présidentielle de 2017 mais 72% estiment que les candidats ne parlent pas assez de santé.
    • En effet, seuls 27% des sondés pensent que les propositions des candidats correspondent à leurs préoccupations personnelles.

    Pour eux, les deux enjeux clés de ce campagne sont l’accès aux soins pour tous (32% de premier choix) et le financement de la protection sociale (29% de premier choix), devant la prise en charge des personnes dépendantes et la prévention en matière de santé.

    Le financement de la protection sociale

    • 85 % des Français estiment que le déficit de la Sécurité sociale est élevé, voire très élevé (38%).
    • Pour 73% d’entre eux, ce déficit peut même remettre en cause l’avenir de la Sécurité sociale.
    • 68% pensent qu’en moyenne cette dernière rembourse moins de 60% des dépenses de santé et que les soins seront moins bien remboursés à l’avenir.

    D’après l’enquête Harris interactive, de nombreux Français ont déjà le sentiment que leur « reste à charge » a augmenté depuis 5 ans, quel que soit le type de soins. Pour eux, la réduction du déficit de la Sécurité sociale passe en priorité par une meilleure organisation du système de santé (89% l’estiment prioritaire ou importante), la lutte contre les abus (88%) et le développement de la prévention (83%).

    En revanche, certaines mesures visant à réduire le déficit sont nettement moins populaires : l’augmentation des taxes ou des cotisations sociales des salariés est jugée prioritaire ou importante pour seulement 19% des sondés.

    L’accès aux soins

    • 52% des Français interrogés pensent que l’organisation actuelle du système de santé permet à toutes les personnes d’accéder à des soins de qualité.
    • 78% estiment facile d’obtenir un rendez-vous rapide avec un généraliste, et 22% pour un spécialiste.
    • Par ailleurs 77% d’entre eux se disent favorables à la généralisation du tiers payant.

    Les mesures jugées prioritaires pour améliorer l’accès aux soins sont l’implantation des médecins dans les déserts médicaux pour plus de 90% des sondés, et la limitation des dépassements d’honoraires par les professionnels de santé (87%). En revanche, la possibilité de se faire soigner dans un autre pays et la réduction des tarifs des généralistes ne sont pas considérés comme des leviers majeurs (39% et 40% seulement des Français estiment ces mesures prioritaires ou importantes, respectivement).

    Le maintien de l’autonomie : les Français insatisfaits

    • En moyenne, 63% des Français pensent que la prise en charge des personnes dépendantes et/ou vulnérables n’est aujourd’hui pas satisfaisante.
    • 58% d’entre eux estiment en effet que la prise en charge de la dépendance devrait peser davantage sur la Sécurité sociale que sur les proches.

    Pour les Français, les priorités sur ce sujet sont le développement de lieux adaptés aux personnes handicapées (privilégié à 92 %) et le maintien à domicile le plus longtemps possible (91%).

    Prévention, santé et environnement : une large adhésion des Français

    Les Français se montrent largement favorables à la plupart des actions de prévention, en particulier concernant le dépistage précoce de certaines maladies, jugé prioritaire ou important par 92% des sondés.

    Les complémentaires santé : les Français partagés

    Les Français interrogés se montrent partagés quant à la répartition idéale de la prise en charge des dépenses entre Sécurité sociale et mutuelles et les complémentaires santé :

    • 36% estiment que ces dépenses doivent être plus prises en charge par la Sécurité sociale, et moins par les mutuelles et autres complémentaires santé. 20% estiment l’inverse.
    • 42 % pensent que la répartition actuelle ne doit pas être modifiée.

    La santé du futur : une faible adhésion aux nouvelles technologies

    84% des Français admettent n’avoir jamais eu recours à un objet connecté pour se renseigner sur leur santé.

    Les sondés sont partagés concernant l’utilisation des nouvelles technologies dans les différentes pratiques de consultations et de soins (suivi quotidien à l’aide d’objets connectés, télémédecine, assistance par des robots etc.)

    Quant au partage de leurs données de santé aux mutuelles, les Français sont plus enclins à transmettre des informations médicales que des données relatives à leur vie quotidienne. Par ailleurs, les professionnels de santé, et dans une moindre mesure, les organismes publics, bénéficient de la confiance d’une majorité de Français (respectivement 79% et 55%) concernant le partage de données de santé personnelles via les nouvelles technologies.