Europe

  • 5 hôpitaux testent le programme HéMaVie, plateforme en ligne dédiée aux malades de myélome multiple

    Le programme HéMaVie, développé par le laboratoire Celgene et l’AF3M (L’Association des Malades du Myélome Multiple), lauréat du 28e Festival de la Communication Santé dans la catégorie « Communication Médicale », est testé depuis début février 2018 à l’hôpital Henri Mondor (AP-HP) à Créteil, le Centre Hospitalier Universitaire de Tours, le Centre Hospitalier Universitaire de Caen, le Centre Hospitalier Universitaire de Nantes et Centre Hospitalier Universitaire de Limoges.

    Cette plateforme en ligne, dédiée aux malades de myélome multiple (un cancer de la moelle osseuse), à leurs proches et à leurs professionnels de santé, doit contribuer à l’amélioration du parcours de soins.

    Observia, société de service experte dans l’expérience du patient et la mise en place d’actions d’accompagnement, est le maître d’œuvre du projet.

    Une phase pilote démarrée sur 5 sites pilotes

    Chaque année, 5 000 nouveaux cas de myélome multiple sont diagnostiqués en France. Cette pathologie apparaît en général chez des personnes âgées, en moyenne vers l’âge de 70 ans.

    Le programme HéMaVie vise à :

    • améliorer l’expérience vécue par les malades par la réduction de l’isolement face à la maladie et un accès facilité à des services existants, le renforcement du rôle des soignants et des aidants, une meilleure compréhension de la maladie et des solutions concrètes pour la gérer au quotidien ;
    • faciliter la communication entre les malades et les soignants ;
    • améliorer l’efficience du parcours de soins (coordination hôpital-ville) ;
    • faire évoluer les pratiques médicales pour qu’elles prennent davantage en compte ce qui compte pour les malades, et leur parcours de vie au sens large.

    Plus de 200 malades participeront à cette phase test dans 5 hôpitaux. L’objectif est un déploiement du service dans les centres qui en exprimeraient le besoin en France dès le deuxième semestre 2018.

    HéMaVie a vocation à s’ouvrir à d’autres pathologies en hématologie et à d’autres partenaires industriels et associatifs.

    Une plateforme en ligne et des outils personnalisés

    Pierre angulaire d’HéMaVie, une infirmière coordinatrice est disponible pour soutenir le malade tout au long de son parcours de vie. Elle répond à ses questions en temps réel, l’oriente vers des services personnalisés, et l’accompagne sur les volets administratifs, sociaux, et si besoin, peut être un relais dans le lien hôpital-ville.

    Via une plateforme en ligne, les malades, leurs professionnels de santé et leurs proches disposent chacun d’une interface qui leur est dédiée, où ils trouveront de l’information validée sur le myélome et son impact sur la vie quotidienne, des services de proximité (groupe de parole, associations locales, événements), et des outils personnalisés (journal de bord, SMS d’informations sur la maladie, agenda médical…).

    Une charte éthique pour sécuriser

    La charte éthique du programme HéMaVie vise à :

    • préciser le cadre éthique dans lequel il est développé ;
    • montrer l’engagement et la volonté des deux partenaires à s’inscrire dans une culture éthique partagée qui va au-delà du simple respect des réglementations en vigueur, qui montre combien au 21ème siècle la prise en charge des malades se doit d’être globale et non limitée aux seuls aspects médicaux.

    Le programme HéMaVie est également soutenu par deux associations de professionnels de santé partenaires, l’AFDET (Association Française pour le Développement de l’Education Thérapeutique) et l’AFSOS (Association Francophone pour les Soins Oncologiques de Support).

  • Appel à projets « handicap et accès aux soins » de la Fondation Malakoff Méderic Handicap et la FIRAH

    La Fondation Internationale de la Recherche Appliquée sur le Handicap (FIRAH) et la Fondation Malakoff Médéric Handicap ont conjointement ouvert début janvier 2018 un appel à projets de recherche appliquée commun sur le thème du handicap et de l’accès aux soins.

    Face au constat que les personnes handicapées ne sont pas accueillies de façon à facilement identifier leurs problèmes de santé, les deux fondations s’associent et sont à la recherche de projet pouvant apporter une réponse aux problématiques suivantes :
    • comment améliorer la connaissance du handicap dans le monde de la santé et du soin ?
    • comment améliorer la coordination médicale autour de la personne handicapée et de son parcours de soin ?
    • comment améliorer l’accès aux actions de prévention et leur accessibilité pour et avec les personnes handicapées ? 
    • comment améliorer l’accueil et l’accessibilité dans les services d’urgences ?

    Les lettres d’intention doivent être soumises avant le 23 mars 2018. Une phase de présélection aura lieu et les porteurs de projets retenus devront soumettre le dossier complet avant le 28 septembre 2018 à minuit. Les dossiers complets sélectionnés seront annoncés aux porteurs de projets le 5 décembre 2018.

    Critères de sélection

    Des porteurs de projets de nationalité française et ayant des terrains de recherche sont admissibles. À noter que les projets de collaboration internationale ou de recherche comparative sont également possibles.

    La recherche appliquée doit apporter des solutions concrètes aux difficultés rencontrées au quotidien par les personnes handicapées et leurs familles, fruit d’une collaboration réelle, tout au long du processus de recherche, entre les personnes handicapées, leurs familles, les accompagnants, les professionnels et les chercheurs, et qui au final fera l’objet d’une diffusion auprès des acteurs de terrain.

    • L’objectif général du projet: il doit s’inscrire dans une dynamique d’accès aux droits pour les personnes handicapées ;
    • L’originalité du projet et son caractère innovant : la prise en compte des nouvelles approches, de l’évolution des concepts et des changements de terminologie dans le champ du handicap sera recherchée et l’innovation dans les modalités de mesure de la qualité de vie, la qualité de la participation sociale, le degré de satisfaction, et l’autodétermination des personnes concernées;
    • Présentation du porteur de projet, de ses partenaires, de leurs rôles respectifs au sein du projet : des projets de recherche ciblés sur des problématiques identifiées par les personnes handicapées et leurs familles seront privilégiés et on évaluera le nom des chercheurs participants, leurs domaines de compétences et les projets de recherche et publications auxquels ils ont participé en lien avec le thème de la recherche proposé ;
    • La méthodologie et les résultats attendus : une méthodologie participative de recherche explicite et cohérente sur le plan scientifique est requise ;
    • Les supports réalisés pour diffuser et valoriser les connaissances produites par la recherche: une attention particulière sera portée aux supports réalisés pour permettre à la connaissance produite par la recherche d’être transférée ;
    • Le réalisme dans l’adéquation entre objectifs, activités et ressources .

    Objectifs des projets de recherche appliquée 

    • L’identification de la problématique par des acteurs de terrain (incluant les personnes handicapées – tout type de handicap – elles-mêmes et leurs familles) en lien avec l’accès à la santé
    • La transformation de cette problématique en une question de recherche appliquée par des chercheurs associés
    • La production de connaissances et/ou d’outils permettant de répondre aux besoins des personnes handicapées

    Les travaux réalisés permettront alors d’exposer les acquis de ces expériences et de proposer des dispositifs d’intervention pouvant être essaimés. Elles doivent déboucher également sur la réalisation de recommandations, d’actions et d’outils opérationnels et pédagogiques permettant aux personnes et autres organisations concernées de mettre en place des réponses adaptées.

    Soutien financier

    Un montant de 100 000 euros maximum pourra être alloué à chaque porteur de projet. Les projets ayant acquis l’ensemble des financements pour la mise en œuvre du projet dans son intégralité seront privilégiés, sachant qu’ils devront se dérouler sur une période de 2 ans maximum.

    Soumission et informations complémentaires

    Les informations supplémentaires sont disponibles ici.

    Un formulaire de lettre d’intention doit être utilisé pour postuler. Il est disponible ici.

  • En 2022, l’hôpital numérique contribuera à prodiguer des soins de meilleure qualité (étude Zebra)

    Zebra Technologies a publié le 29 janvier 2018 une étude prospective sur « le milieu hospitalier à l’horizon 2022 » pour déterminer les bénéfices de l’usage de la « mobilité clinique » au sein des hôpitaux. La « mobilité clinique » renvoie à l’usage de périphériques portables par les médecins et les infirmiers sur leur lieu d’exercice professionnelle.

    Pour réaliser son analyse, dont H&Ti s’est procuré la synthèse, Zebra a commandité trois études de recherche internationales, pour mieux comprendre les rôle joués par la technologie au sein des hôpitaux possédant des services d’urgence et leurs impacts sur les cadres de santé, les décideurs informatiques et les patients.

    Selon le document, l’utilisation des terminaux mobiles pourrait devenir une norme pour le personnel hospitalier avec 97 % d’utilisateurs d’ici à 2022.

    À ce jour, seuls 36 % des hôpitaux utilisent des périphériques mobiles : terminaux portables, tablettes, lecteurs de codes-barres sans fil ou encore imprimantes mobiles. L’étude révèle que ce taux devrait doubler d’ici 2022. 

    De la même manière, l’utilisation de périphériques portables augmenterait de 40 % pour l’ensemble du personnel hospitalier d’ici à 2020. Il s’agira pour ces professionnels d’utiliser des applications de surveillance des patients à distance ou l’intelligence artificielle pour mieux traiter les malades.

    Amélioration de la communication

    De façon générale, les personnes interrogées ont identifié des changements remarquables dans les services d’urgences, notamment en terme de qualité, de coûts et de résultats cliniques.

    Plus de 72 % des personnes interrogées citent l’amélioration de la communication et de la collaboration comme le principal avantage de la mobilité clinique dans les soins aux patients. De plus 61 % des hôpitaux indiquent une réduction des erreurs d’administration de médicaments et 52% citent une diminution des erreurs d’étiquetage lors de prélèvements d’échantillons liés à l’utilisation de périphériques portables.

    Alors qu’un infirmier parcourt en moyenne entre 6,5 et 8 km à pied lors d’un service de 12 heures, l’adoption des technologies mobiles peut représenter de multiples avantages pour la qualité des soins. En accédant aux dossiers médicaux électroniques via des terminaux mobiles, le personnel hospitalier pourrait notamment passer davantage de temps au chevet des patients.

    D’après Zebra, 67 % des cadres de santé indiquent, en outre, que la mobilité clinique améliore la collaboration et la communication entre membres du personnel.

    L’adoption des technologies mobiles pourrait également développer l’utilisation de l’analyse prédictive à partir des flux de données intégrés pour détecter des situations potentiellement dangereuses comme des septicémies ou des infections nosocomiales.

    Les médecins et les infirmiers ne sont pas les seuls concernés. D’après Zebra, le taux d’adoption des périphériques portables devrait bondir chez les pharmaciens, les techniciens de laboratoire, les radiologues et les sociétés de transport de patients, dépassant le plus souvent les 90 %.

    Des enjeux de cybersécurité

    Ces nouvelles méthodes de travail soulèvent des enjeux de cybersécurité. Dans le cadre de l’étude Zebra, les terminaux mobiles concernent à la fois les périphériques fournis par l’hôpital que ceux appartenant aux employés. Des membres du personnel hospitalier pourraient donc potentiellement rentrer chez eux avec un portable contenant des données médicales sur des patients.

    Si 95 % des patients interrogés se disent prêts à partager leurs mesures de santé électroniques, à ce jour, seulement 53 % des hôpitaux imposent des obligations précises quant aux données et mettent en œuvre des processus d’authentification et d’autorisation. “D’ici à 2020, 42 % des hôpitaux ajouteront à leur politique la gestion/maintenance des actifs, la gestion des terminaux portables, l’encryptage des données et l’effacement à distance des données de ces équipements”, note néanmoins l’étude.

    Du côté des patients

    70 % des patients interrogés ont vu leur infirmier ou autre personnel hospitalier utiliser un périphérique portable et pour 77 % d’entre eux cette expérience a été positive. D’ailleurs 57 % des patients interrogés utilisent des outils de technologies portables pour suivre leur santé.

    Les hôpitaux, adeptes des systèmes de localisation en temps réel

    Aujourd’hui les grands établissements ont mis en place des systèmes de localisation physique des équipements (41 %), des prélèvements (47 %), des patients (58 %) et des membres du personnel (40%).

    Ces taux devraient doubler en 2022, avec comme bénéfices, par exemple :

    • un gain de temps pour repérer un moniteur cardiaque au moment crucial ;
    • les étiquettes de suivi sur les bracelets des bébés ou sur la blouse d’un patient en gériatrie permet de s’assurer que seuls les patients autorisés ont la possibilité de quitter l’hôpital ;
    • l’identification de l’emplacement physique d’un membre du personnel lorsque sa présence est requise renforce la coordination des soins, etc.

  • Donnés de santé : Orpea se dote de la solution BlueFiles pour sécuriser la gestion de ses données

    Orpea, groupe spécialisé dans la gestion de la dépendance en Ehpad, cliniques ou à domicile, pour répondre aux enjeux posés par la gestion de données de santé, donc sensibles, et sécuriser leur transfert, a opté pour la solution BlueFiles de Forecomm, comme dévoilé dans un communiqué de presse du 6 février 2018.

    Une solution sur mesure répondant aux exigences du RGPD, fruit d’une démarche collaborative entamée en juillet 2017, a été développée et mise en œuvre.

    Objectifs de la collaboration placée sous le signe de la co-construction

    Face à la numérisation accrue des processus de soins, les objectifs d’Orpea auxquels ce partenariat devait répondre sont les suivants :

    • fournir une protection contre les ransomwares, qui peuvent rendre indisponibles des données médicales par la possible contamination de la messagerie ;
    • fournir une protection des données personnelles de santé pour répondre à l’exigence de la mise en conformité avec le RGPD applicable à partir du 25 mai 2018 ;
    • la protection des données médicales lors d’envois à des tierces personnes, notamment de la part de personnels habilités.

    Une solution adaptée au quotidien des professionnels de santé

    La préoccupation principale ayant marqué le processus d’élaboration de la solution, en sus de sa fiabilité et de son niveau de sécurisation garantissant un haut niveau de cybersécurité, est son adaptation aux usages par deux types d »utilisateurs notamment :

    • les médecins et les personnels soignants équipés en tablette ou autre type d’appareil susceptibles de faire du transfert de données ;
    • les managers d’Orpea gérant d’autres types de données confidentielles qui doivent les transférer à des partenaires externes (finances, achats, juridiques, ect.).

    La mise au point de la solution de gestion de données a été pilotée par le département d’information médicale (DIM) d’Orpea.

    La solution élaborée est dotée d’une interface simple d’utilisation et permet l’échange de données et de fichiers via la plateforme associée, ce qui procure à l’utilisateur une meilleure maîtrise de la chaîne de l’émetteur jusqu’au destinataire et les processus associés (authentification des destinataires, accès révocable, etc.). Par ailleurs, la solution permet de répondre à l’exigence de la transparence de la localisation géographique des données.

  • « Favoriser l’accès à l’innovation est crucial pour favoriser la recherche » (C. Durand, Alexion)

    Le groupe américain Alexion a annoncé le 29 janvier 2018 à la Maison de la recherche à Paris la mise à disposition de Strensiq®, un produit d’enzymothérapie substitutive visant à traiter l’hypophosphatasie (défaut de minéralisation osseuses) qui est une maladie ultra-rare, héréditaire, systémique et progressive.

    À cette occasion, Christophe Durand, le président-directeur général d’Alexion France a accordé une interview à Health&Tech Intelligence dans laquelle il aborde :
    • les difficultés d’un groupe pharmaceutique spécialisé dans les produits visant les maladies ultra-rares ;
    • l’excellence de la recherche française ;
    • la façon dont un groupe biopharmaceutique innove ;
    • les partenariats innovants qui lui permettent d’avancer, notamment avec l’Institut Imagine ;
    • les engagements publics qui pourraient soutenir les acteurs de la santé ;
    • la façon dont les outils numériques influent sur la recherche.

    Alexion prévoit de déménager son siège social vers Boston au cours de 2018 afin d’être au plus près de la dynamique d’innovation qui caractérise cette ville des États-Unis.

    Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez en tant que laboratoire spécialisé dans les produits visant les maladies ultra-rares ?

    Pour traiter les maladies rares ou ultra-rares, il nous faut d’abord comprendre les mécanismes biologiques complexes impliqués dans ces maladies, alors qu’en général peu de données sont disponibles. Cette recherche fondamentale est longue, difficile et incertaine. Au cours du développement clinique, nous sommes confrontés également à la difficulté du diagnostic et à la taille souvent très limitée des populations cibles. Le modèle économique de ces produits doit s’adapter à tous ces critères très particuliers. Depuis sa création, Alexion s’est donné comme mission, malgré tous ces obstacles, de mettre à disposition des patients en impasse thérapeutique, des traitements innovants et hautement transformatifs.

    Quel regard portez-vous sur l’état de la recherche médicale en France ?

    L’excellence de la recherche médicale en France est reconnue au niveau international. Notamment dans le domaine des maladies rares, la France est un leader mondial avec une organisation spécifique pour le diagnostic, l’accès aux soins, ou encore la recherche. Nous avons des collaborations importantes avec des équipes académiques et des équipes hospitalières en France. Nous avons déjà des projets de recherche ambitieux avec l’Institut Imagine et nous sommes le premier industriel à avoir signé une collaboration avec Necker et l’Institut Imagine en 2015.

    Est-il facile d’innover au sein d’un laboratoire pharmaceutique aujourd’hui ? De quelle façon innove-t-on ?

    Alexion investit plus de 20% de son chiffre d’affaires en R&D. Ce simple chiffre souligne l’importance de la recherche au sein de notre laboratoire, et donc des efforts consentis pour innover. D’autre part, nous sommes en recherche permanente de partenaires stratégiques pour renforcer notre offre thérapeutique. Notre siège social sera transféré dans les prochains mois de New Haven à Boston, capitale mondiale des biotechnologies.

    En France, nous avons une équipe au sein de l’IHU Imagine, lieu qui rassemble cliniciens, chercheurs et équipes industrielles pour explorer de nouvelles pistes diagnostiques et thérapeutiques innovantes en lien avec les maladies rares. L’innovation peut repousser les limites des connaissances scientifiques actuelles pour comprendre les pathologies complexes et trouver des moyens de changer le cours des maladies. Cela ne peut réussir qu’au travers d’une collaboration entre le monde universitaire, l’industriel et les cliniciens. Nos investissements en R&D couplés à cette recherche ouverte, et à notre expertise de pointe dans certains domaines, comme celui de la biologie du complément, sont des atouts qui doivent permettre à Alexion d’être un acteur clé dans les maladies rares.

    Dans un contexte de plus en plus globalisé, que manque-t-il pour faire avancer la recherche plus facilement et rapidement ? Quelles recommandations feriez-vous aux pouvoirs publics ou d’autres acteurs de l’écosystème pour mieux soutenir la recherche ?

    La France joue un rôle pionnier dans le domaine des maladies rares : elle est le premier pays en Europe à avoir élaboré et mis en œuvre un plan national (PNMR). La structuration de l’offre de soins autour des centres de référence maladies rares et des centres de compétence est un élément indéniablement positif pour le développement clinique.

    Dans le cadre du 3ème PNMR qui est en cours d’élaboration il pourrait être intéressant de poser la question de la mutualisation des efforts entre La banque Nationale de Données Maladies Rares et les études post inscriptions exigées par les autorités auprès des industriels afin d’améliorer les connaissances cliniques et la compréhension des maladies rares en conditions réelles et donc d’améliorer la prise en charge des patients et la planification des soins.

    Par ailleurs, une meilleure prédictibilité des politiques de santé permettrait aux industriels d’avoir une plus grande visibilité et d’arbitrer les investissements en faveur de la France. Enfin une  prise en compte plus importante des projets R&D locaux dans les décisions de prix et remboursement pourrait inciter des acteurs internationaux comme le nôtre à accélérer les investissements sur le territoire français. 

    Quelles sont les initiatives qui existent et qui facilitent la recherche en France et que vous appréciez ?

    Favoriser l’accès à l’innovation est un élément clé pour favoriser également la recherche.  La France est un leader mondial sur le plan des politiques publiques en faveur des maladies rares pour assurer aux patients un accès à des soins, à des centres de références pour le diagnostic et la prise en charge et enfin l’accès aux thérapeutiques innovantes. Les patients français bénéficient également d’un système d’accès précoce aux innovations grâce au mécanisme de l’Autorisation Temporaire d’Utilisation (ATU) qui permet un accès rapide dans un cadre contrôlé. Les plans maladies rares et les ATU sont deux éléments clés qui favorisent le développement de projets de recherche en France.

    Sous l’égide de l’Agence Nationale pour la Recherche (ANR), les programmes d’investissement d’avenir ont permis de proposer plusieurs appels à candidature aux plans RHU « Recherche Hospitalo‐Universitaire en santé » (RHU). Ces initiatives RHU permettent de fédérer des équipes de recherche du secteur académique, médical et industriel, et d’atteindre ainsi les investissements critiques nécessaires pour l’exploration de projets de recherche ambitieux. Cette structuration est clé dans le domaine des maladies rares.

    Dans ce cadre, Alexion RD France est un partenaire clé du projet C’IL-LICO qui vise l’identification de thérapies innovantes dans le domaine de maladies rénales pédiatriques rares et sévères. Ce partenariat a commencé en décembre 2017, et réunit des équipes de recherche de l’Hôpital Necker Enfants Malades, de l’Université Paris Descartes, de l’AP-HP, de l’École Polytechnique, de l’Université de Strasbourg, de l’Institut Imagine et du centre de recherche Alexion RD France situé dans les locaux d’Imagine à Paris.

    L’avènement d’outils numériques dans la santé impacte-t-il la recherche et la commercialisation de vos produits ?

    Les outils numériques s’intègrent à de très nombreuses étapes de la R&D (analyse de données, modélisation du mécanisme d’action, etc.) jusqu’aux applications ou outils créés pour développer le bon usage de nos médicaments auprès des professionnels de santé, ou pour faciliter l’observance des patients. Le numérique et l’analyse des données font partie du quotidien de nos activités, comme pour les autres acteurs de santé. Dans ce domaine, l’avènement de l’intelligence artificielle et les nouveaux algorithmes d’analyse des données génétiques et médicales permettront d’identifier plus encore de patients pouvant bénéficier des dernières thérapies innovantes. Le plan RHU CIL’LICO pour lequel Alexion participe en collaboration avec l’Institut Imagine s’inscrit d’ailleurs dans ces nouvelles perspectives.

  • Programme de travail de la Haute Autorité de Santé de 2018 : e-santé et chirurgie ambulatoire

    Le collège de la Haute Autorité de Santé a adopté le programme de travail de la HAS dans une décision datée du 31 janvier 2018. Il a été mis en ligne le 8 février 2018.

    Parmi les thématiques qui trouvent habituellement leur place dans le programme, des travaux en cours ou de nouveaux travaux concernant la e-santé et la chirurgie ambulatoire ont été répertoriés.

    e-Santé

    Des guides relatifs à la téléconsultation et à la télé-expertise

    De nouveaux travaux ont été ajoutés à la demande du ministère des Solidarités et de la Santé.

    L’élaboration de documents suivants doit être lancée au 1er trimestre de 2018, période lors de laquelle le premier doit être livré, alors que le second est attendu pour le 4e trimestre de 2018 :

    • Définition des situations cliniques, champs et publics pour lesquels les actes de TLC (téléconsultation) et de TLE (télé-expertise) devraient être exclus ;
    • Guide sur le bon usage et la qualité des pratiques de téléconsultation et de télé-expertise.

    Les deux documents suivants sont commandés, mais les dates de lancement et de livraison restent indéfinies à ce jour:

    • Guide sur les spécificités méthodologiques de l’évaluation clinique des dispositifs de télésurveillance et dispositifs médicaux connectés ;
    • Identification des situations cliniques pour lesquelles un déploiement de la télésurveillance permettrait d’améliorer l’efficience, la qualité et la sécurité des prises en charge.

    La préparation des guides et référentiels suivants est en cours et leur livraison est prévue à partir du second semestre de 2018 :

    • Certification des logiciels médicaux: élaboration d’un référentiel de certification des logiciels d’aide à la dispensation (LAD) de pharmacies à usage intérieur (PUI) ;
    • Actualisation du référentiel d’agrément des bases de données sur les médicaments (Version 3) ;
    • Applications et objets connectés – Document patient ;
    • Applications et objets connectés – Document professionnel de santé.

    Chirurgie ambulatoire

    Plusieurs travaux sont en cours sur le thème de la chirurgie ambulatoire et ils reposent sur la campagne nationale de recueil des indicateurs IQSS des établissements. Ils doivent tous être livrés au cours du quatrième trimestre de 2018 :

    • Thème qualité de la prise en charge en chirurgie ambulatoire : taux de réhospitalisations à 3 jours après CA ;
    • Thème qualité de la prise en charge en chirurgie ambulatoire (indicateurs de processus ;
    • E-satis en chirurgie ambulatoire (plateforme de l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation recueillant la satisfaction des patients au minimum deux semaines après leur sortie de l’établissement).

    La HAS publiera par ailleurs :

    • un guide intitulé « Guides méthodologiques : actes et techologies de santé » dans le cadre d’une auto-saisine, débuté au second semestre de 2017 et qui doit être livré au cours du premier semestre de 2018 ;
    • un rapport intitulé « Analyse prospective annuelle du système de santé » institué par l’Ordonnance n°2017-84 du 26 janvier 2017 relative à la Haute Autorité de santé, et qui doit paraître en juin 2018.

  • Pasteur et Inserm : une chercheuse récompensée pour sa recherche en oncogenèse par 1M$ (prix Sjöberg)

    La chercheuse Anne Dejean-Assémat, dirigeant l’Unité de Recherche Institut Pasteur « Organisation nucléaire et oncogenèse »/ Inserm U993, a été récompensée par le prix Sjöberg de l’Académie Royale Suédoise le 6 février 2018, associé à une subvention à hauteur d’un million de dollars, soit 820 000 euros.

    Cette annonce intervient au moment où les rencontres Internationales de Biotechnologies (RIB) mettant en valeur les start-ups de biotechnologie dans le domaine du cancer viennent de se terminer. Selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé, le cancer était la cause de 8,2 millions de décès en 2012, soit près de 13% de la mortalité mondiale.

    Traitement innovant contre une des formes les plus mortelles de leucémies

    Placé sous l’égide de l’Académie Royale Suédoise, le Prix Sjöberg a été créé en 2016 pour récompenser des chercheurs à l’origine de découvertes majeures dans le domaine du cancer.

    Le Pr Anne Dejean-Assémat (Institut Pasteur / Inserm) a travaillé en collaboration avec les professeurs Hugues de Thé (Collège de France) et Zhu Chen (Université de Jiao Tong à Shanghai), également récompensés, dans le cadre de ses travaux de recherche sur la leucémie aiguë promyélocytaire (LAP) qui constitue une des formes les plus sévères de leucémie.

    Anne Dejean-Assémat est membre de l’Académie des Sciences et de nombreuses autres sociétés savantes nationales et internationales.

    Leur collaboration mêlant recherche fondamentale et recherche clinique a permis :

    • d’élucider le mécanisme oncogénique de la LAP ;
    • de mettre au point un traitement innovant contre une des formes les plus mortelles de leucémies.

    Le nouveau traitement est basé sur une combinaison d’acide rétinoïque et de trioxyde d’arsenic, dont l’action efficace contre ce type de cancer a déjà été mise en évidence par les Pr Anne Dejean-Assémat, Hugues de Thé, Zhu Chen et le clinicien Laurent Degos dans les années 1990. 

    Il provoque la dégradation de l’oncogène responsable du cancer et constitue un traitement révolutionnaire contre la leucémie aiguë promyélocytaire.

    Le Pr Anne Dejean-Assémat pense que les travaux menés permettent d’espérer le développement de thérapies innovantes pour traiter d’autres formes de cancers qui seraient fondées sur des approches similaires.

    La dotation reçue permettra de financer les travaux de recherche des 3 chercheurs lauréats.  

  • Data : l’offre de santé mentale en France

    Près de 8 % des Français souffraient de dépression en 2010, selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques.

    Plus de 5 millions de personnes prenaient un traitement psychotrope en 2014 et près de 2 millions étaient suivies pour une maladie psychiatrique. Les maladies mentales représentent donc un fardeau économique et social important.

    La Drees a publié un Atlas de la santé mentale en France en ligne le 9 janvier 2018, qui montre, région par région, le manque de moyens pour la prise en charge sur le territoire.

    Une e-santé mentale innovante peut jouer un rôle pour faire face à ce défi sociétal.

    Retrouvez dans le rubrique Data du site, mercredi 7 février 2018, l’état de la prise en charge en France répertorié par H&TI.

  • La prise en charge de la santé mentale en France

    Près de 8 % des Français souffraient de dépression en 2010, selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees).

    Plus de 5 millions de personnes prenaient un traitement psychotrope en 2014 et près de 2 millions étaient suivies pour une maladie psychiatrique. Les maladies mentales représentent donc un fardeau économique et social important.

    L’Atlas de la santé mentale en France, publié en ligne par la Drees le 9 janvier 2018, montre une offre en dent de scie selon les territoires et, globalement, un manque de solutions pour une bonne prise en charge des malades. Une e-santé mentale innovante peut jouer un rôle pour faire face à ce défi sociétal.

    H&TI a répertorié des données au niveau national pour avoir un aperçu de la prise en charge de la santé mentale en France.

    Maladies et médications

    Un manque de moyens humains en psychiatrie

    Un système de soutien aux malades et aux aidants trop peu développé

  • La CPAM en Côtes d’Armor : déploiement de 32 000 DMP et généralisation prévue pour septembre 2018

    Le Groupement de Coopération Sanitaire e-santé Bretagne revendique la création de près de 32 000 DMP créés sur le département des Côtes d’Armor, dans un communiqué du 30 janvier 2018.

    L’expérimentation débutée en janvier 2017 se poursuit auprès de neuf caisses d’assurance maladie dans l’objectif de développer les usages du DMP sur le département et de promouvoir sa création auprès de nouveaux bénéficiaires.

    Parmi les bénéficiaires prioritaires, on compte les établissements de santé et les officines. La généralisation du DMP sur tout le territoire doit débuter à partir de septembre 2018.

    Le projet pilote lancé en janvier 2017 auprès de 9 caisses d’assurance maladie (Côtes d’Armor, Amiens, Besançon, Clermont-Ferrand, Créteil, Strasbourg, Toulouse et Tours) a permis d’identifier les bonnes pratiques associées au déploiement et de préciser la stratégie de déploiement national.

    Critères de succès

    • des acteurs engagés : établissements de santé, représentants des professionnels de santé libéraux, représentants d’associations de patients, acteurs du secteur médico-social, représentants des EHPAD, ARS Bretagne ;
    • l’accompagnement du GCS e-santé Bretagne sur l’ensemble du projet ;
    • des établissements de santé particulièrement engagés qui ont permis le déploiement du DMP dans leurs structures et développé l’usage du DMP par son alimentation automatique avec le compte-rendu d’hospitalisation ;
    • l’accompagnement de terrain pour les professionnels de santé libéraux par les Délégués de l’Assurance Maladie (DAM) et les Conseillers Informatique Service (CIS) qui ont assisté les professionnels libéraux dès le début de l’opération afin de les guider pour la mise à jour de leur logiciel métier ou pour la connexion via la plateforme www.dmp.gouv.fr. Cette action a débouché sur le raccordement de près de 500 professionnels de santé libéraux au DMP et son utilisation de fait dans la pratique de routine (consultation et alimentation).

    Bilan chiffré du déploiement

    Au cours de l’année 2017, les assurés du régime général d’assurance maladie des Côtes d’Armor ont procédé à l’ouverture de leur DMP :

    • en ligne, sur le site mon-dmp.fr : 6 174 ;
    • dans les accueils de la CPAM : 18 595 ;
    • par l’intermédiaire des établissements de santé du département : 3 429 ;
    • par l’intermédiaire des des professionnels de santé libéraux : 1 907.

    Les établissements de santé partenaires de l’expérimentation participent à la fois à la création des DMP et à leur alimentation. Ils sont actuellement 6 et sont complétements opérationnels : CH de Saint-Brieuc, CH de Guingamp, CH de Lannion, CH de Dinan, Hôpital Privé des Côtes d’Armor à Plérin et la Polyclinique du Trégor à Lannion.

    Les professionnels de santé libéraux ayant recours au DMP sont au nombre de 484 fin janvier 2018, alors qu’ils n’étaient que 74 au 31 août 2017. La progression fulgurante sur le 3e trimestre de 2017 est attribuable aux conseillers informatique service (CIS) de la CPAM qui faisaient de l’accompagnement pro-actif auprès des libéraux.

    Cap sur la généralisation du DMP au sein du territoire

    En 2018, un travail sera entrepris avec les hôpitaux de psychiatrie et les EHPAD et quelques établissements pilotes permettront de tester les procédures de déploiement et de création du DMP dans ces structures.

    Jusqu’à présent le DMP était créé aux ouvrants droit et un axe de développement supplémentaire consiste à procéder à la création d’un DMP pur les ayants droit en 2018.

    Établissements de santé

    Dans la catégorie établissements de santé, la priorité est donnée aux établissements de médecine-chirurgie-obstétrique (MCO). Cinq établissement de santé supplémentaires sont concernés par le déploiement (CH de Lamballe, CH de Quintin et la Polyclinique du Pays de Rance à Dinan), dont deux sont en attente de la mise à jour de leur outil informatique (CH de Paimpol et CH de Tréguier).

    Officines

    Au cours du 1er semestre 2018, les patients pourront également procéder à la création de leur DMP dans les pharmacies. La Cnam a souhaité s’appuyer sur le réseau des officines pour permettre une montée en charge encore plus importante du nombre de DMP créés en proposant aux pharmaciens une incitation financière à la création de 1€ par DMP ouvert.