Europe

  • La NHSA (UK) s’allie à l’accélérateur Zicom (Singapour) pour booster la medtech en Angleterre

    La Northern Health Science Alliance (NHSA), basée dans le nord de l’Angleterre, a signé début février 2018 un protocole d’entente avec l’accélérateur de technologies médicales singapourien Zicom MedTacc afin de renforcer le lien entre les entrepreneurs health tech des deux pays.

    Booster le développement mondial des sociétés medtech d’Angleterre et de SG

    • Ce partenariat signifie que les entreprises singapouriennes soutenues par Zicom MedTacc seront en mesure de baser leurs activités au nord de l’Angleterre lors du développement et l’internationalisation de leurs solutions health tech.

    Les sociétés anglaises seront en lien avec les partenaires stratégiques de la NHSA à Singapour

    • L’Angleterre, de son côté, pourra accéder à des technologies innovantes venues d’Asie et ainsi mieux soutenir le secteur de la e-santé dans le nord du pays.

    Concrètement, les sociétés de diagnostic et de e-santé de la région du Nord pourront utiliser les partenaires stratégiques de la NHSA à Singapour comme tremplin pour déployer leurs activités vers le marché singapourien et plus largement vers le marché d’Asie-Pacifique, dont la croissance est « phénoménale », commente le Dr. Hakim Yadi, P.-D.G. de la NHSA (source : Prolificnorth.co.uk ).

    NHSA et Zicom MedTacc : une collaboration née il y a deux ans

    La Northern Health Science Alliance est une alliance des huit universités, des trusts NHS et de quatre réseaux universitaires de sciences de la santé de la région. Basée dans le nord de l’Angleterre, elle couvre une population d’environ 15 millions d’habitants.

    « Nous travaillons avec Zicom MedTacc depuis deux ans, ce protocole formalise nos relations de travail existantes et nous aidera à établir un partenariat plus durable », a expliqué le Dr. Yadi.

    Zicom MedTacc fait partie de Zicom Innovations Group, une société qui regroupe tous les investissements technologiques avec les filiales d’ingénierie de précision de Zicom Holdings en un seul groupe.

  • NHSA (UK) teams up with Zicom accelerator (Singapore) to boost medtech in England

    The Manchester-based Northern Health Science Alliance (NHSA) signed a memorandum of understanding with Singapore medical technology accelerator Zicom MedTacc in early February 2018 to strengthen the link between health tech entrepreneurs in both countries.

    Fostering the international development of companies from northern England and Singapore

    • This partnership means that Zicom-supported Singapore companies will be able to head to the North of England when developing and internationalizing their medical technology solutions.

    UK companies to link with NHSA’s strategic partners in Singapore

    • North of England, for its part, will get access to innovative new technologies in order to help support the region’s medtech and digital sector.

    Concretely, Northern medtech diagnostic and digital health companies will benefit from the NHSA’s strategic partners in Singapore as a launching pad into the Singaporean and wider Asia Pacific markets, the Asia-Pacific market, both of which are growing « phenomenally quickly, » said Dr Hakim Yadi, CEO of the NHSA (source: Prolificnorth.co.uk).

    NHSA and Zicom MedTacc: a collaboration born two years ago

    The Northern Health Science Alliance is an alliance of the eight universities, NHS teaching trusts and four academic health science networks in the North of England. It covers a population of approximately 15 million people.

    « We have been working with Zicom MedTacc for the last two years, this MoU formalises our existing working relationship and will support us in establishing a more enduring partnership, » said Dr Yadi.

    Zicom MedTacc is part of Zicom Innovations Group, a company which brings all the technology investments together with the precision engineering subsidiaries under one group.

  • Le NHS England envisage d’introduire le modèle américain des ACOs en Grande-Bretagne (Consultation)

    Le NHS England lance une seconde concertation publique à destination des professionnels de santé et des usagers du système de santé pour évaluer les modalités de transposition des Accountable Care Organizations (ACOs) au modèle britannique. Des voix se sont élevées en Grande-Bretagne contre ce mode d’organisation des soins.

    Introduits aux Etats-Unis pour Medicare par l’Affordable Care Act (2010), les ACOs sont des groupes de prestataires de soins (médecins, hôpitaux, etc.), qui se réunissent sur la base du volontariat pour dispenser des soins coordonnées de qualité à l’échelle d’un territoire et bénéficient de financements publics annuels.

    Les Accountable Care Organizations (ACO) aux Etats-Unis

    Le système de santé américain présente le niveau de dépense de santé le plus élevé au monde (17,2% du PIB en 2016 selon l’OCDE) et par habitant, pour des résultats de santé globalement inférieurs aux autres pays développés. Les ACOs ont été créées par le Patient Protection and Affordable Care Act (2010) pour Medicare pour tenter de contenir l’augmentation des dépenses de santé aux Etats-Unis.

    Le Center for Medicare and Medicaid Services (CMS) définit les ACOs comme des groupes de médecins, hôpitaux ou autres offreurs de soins, qui se réunissent volontairement pour délivrer des soins coordonnées de haute qualité à leurs patients Medicare. Les ACOs américains relèvent exclusivement du programme fédéral Medicare traditionnel (Part A & B) et s’adressent aux assurés pris en charge par des offreurs de soins payés à l’acte.

    Les participants de l’ACO, sélectionnés par le CMS à l’issue d’un appel à candidature annuel et signataires d’un contrat de trois ans, sont collectivement responsables (accountable) de l’intégralité de la prise en charge des patients qui leur sont assignés. Les prestataires de soins sont payés à l’acte par Medicare au cours des trois années. Le financement est indexé sur des indices de performance et de qualité. Les ACOs se démarquent des modèles d’organisation des soins antérieurs à plusieurs titres : 

    • une ACO est responsable de l’intégralité de la prise en charge de ses patients, que cette prise en charge soit assurée par un membre de l’ACO ou non;
    • 75% de l’instance dirigeante est constituée de professionnels de santé membres de l’ACO;
    • les modalités d’organisation internes sont laissées à l’appréciation de chaque ACO.

    Le CMS dénombre aujourd’hui 561 ACOs aux Etats-Unis, aux contours et formes variables. La France s’y intéresse de près, l’article 35 du Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 proposait d’offrir une base légale permettant d’expérimenter un dispositif d’ACO à la française. Un rapport administratif publié en novembre 2017 par le Ministère des Solidarités et de la Santé interrogeait les « modalités de transposition au système de santé français » des ACOs.

    La Grande-Bretagne envisage pour sa part de le transposer en droit britannique et de l’intégrer au système de soins national, non sans difficulté.

    Le NHS (re)lance une consultation sur la transposition des ACOs en Grande Bretagne

    Le National Health Service britannique s’est saisi de la question dès 2014, en faisant de l’intégration des offres de soins l’un des objectifs prioritaires de son programme Five Year Forward Review. Le gouvernement britannique juge que les ACOs constituent à ce jour l’un de vecteurs d’intégration des soins les plus pertinents.

    Chaque ACO signe un contrat pluriannuel définissant les objectifs qui lui sont assignés dans le respect du budget imparti. En août 2017, le NHS England a publié un projet de contrat permettant aux Clinical Commissioning Groups (agences rattachées au NHS en charge de la planification et de la délivrance des soins sur un territoire donné) de constituer des ACOs sur leur territoire respectif.

    Le gouvernement britannique a lancé une consultation publique de près de deux mois entre le 11 septembre et le 3 novembre 2017 pour amender la version initiale du projet de contrat établi par le NHS. Point de désaccord majeur : la clause qui prévoyait la dissolution du contrat qui relie un médecin généraliste au NHS s’il rejoint une structure ACO.

    Les membres de l’opposition parlementaire travailliste ont déploré l’insuffisance des débats autour des ACOs. Le 25 janvier 2018, le NHS a annoncé le lancement d’une seconde consultation de trois semaines aux termes de laquelle le contrat dans sa version amendée deviendra effectif. Deux procédures judiciaires ont été ouvertes contre l’initiative, illustrant les difficultés de transposition du modèle américain en Grande-Bretagne. Les réticences portent sur le contenu du projet de contrat et sur les modalités pratiques de consultation :

    • 999 Call for the NHS : les membres de cette campagne contestent la légalité du dispositif ACO. Le fait de substituer au mode de financement actuel fondé sur le paiement à l’acte, un budget annuel alloué à un ACO (comme le prévoit le projet de contrat) constitue à leur sens une violation de la législation en vigueur. 
    • JR4NHS : quatre requérants (médecins et/ou professeur de médecine) contestent la légalité de la procédure consultative engagée par le NHS entre septembre et novembre 2017.

    Les requérants seront auditionnés les 14 mars et 28 avril 2018. L’issue des auditions ne devraient pas compromettre la mise en oeuvre du contrat ACO, qui laisse présager d’évolutions profondes du système de santé britannique.

  • CNOM : la télémédecine des mutuelles est une rupture concurrentielle dans l’organisation du soin

    Le Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom) s’inquiète d’une potentielle « ubérisation des prestations médicales » – tel est un des points principaux qui ressort d’un rapport publié sur le site de l’Ordre le 14 février 2018.

    L’Ordre exprimes ses inquiétudes et ses interrogations :
    • une concurrence par les plateformes de télémédecine privées et leur soustraction aux obligations réglementaires et déontologiques appliquées aux autres pratiques médicales ;
    • le statut de cette pratique remettant en cause le rôle des acteurs de l’écosystème et appelant à une révision et actualisation du décret sur la télémédecine de 2010 ;
    • la nécessité d’une réponse politique rapide.

    Par la même occasion, le Cnom a salué les propositions de changement annoncées par le gouvernement le 13 février 2018, auxquelles il adhère globalement étant donné qu’il en avait déjà formulé une partie au cours de son travail.

    Accompagner, mais encadrer le déploiement de la télémédecine

    Concernant la télémédecine, l’Ordre rappelle maintenir la position exprimée par les médecins dans le cadre de la grande consultation menée par l’Ordre des médecins en 2015, dont la majeure partie s’était déclarée défavorable à l’ouverture de la protection sociale à la concurrence assurantielle et pour un système « piloté par l’État et l’Assurance maladie » dans lequel des acteurs privés, qui ne sont pas des offreurs direct de soins, peuvent avoir un rôle complémentaire dans le remboursement financier des actes médicaux. 

    L’Ordre réaffirme qu’il doit y avoir une porte d’entrée unique dans le système de soins garantissant le respecte du principe de solidarité.

    Tout en saluant la rémunération pérenne de la téléconsultation et de la télé-expertise inscrite dans la LFSS de 2018 et en encourageant toute forme d’exercice médical rendu possible par la e-santé et présentant un bénéfice pour les patients, l’Ordre rappelle qu’elle doit être parfaitement conforme à la déontologie médicale et à la réglementation en vigueur.

    Deux points notamment suscitent des inquiétudes au sein du CNOM…

    …à propos des offres de télémédecine par des complémentaires santé, mutuelles et assureur en santé via des plateformes :

    • les prestations proposées directement installent de fait une rupture concurrentielle dans l’organisation territoriale des soins et le parcours de soins ;
    • l’accessibilité de ces prestations 7j/7 et 24h/24 soulèvent la question de leur cohérence avec les Centres 15 ou interconnectés ;
    • la sécurité des prises en charge dans le cadre des offres des plateformes privées et l’application des mêmes obligations réglementaires et déontologiques qui vaut pour les autres formes de pratiques médicales dans un parcours de soin.

    Le Cnom liste également une liste d’obligations à prendre en compte :

    • l’information de l’usager et son consentement exprès ;

    • la confidentialité des données de santé recueillies et leur non exploitation à d’autres fins que celles pourquoi elles ont été collectées ; 

    • l’inscription de la conclusion de l’acte dans le dossier du patient ;

    • la continuité des soins entrepris ;

    • l’information des médecins habituels du patient, et en particulier son médecin traitant, sauf opposition formalisée de la part du patient ;

    • l’absence de publicité de nature commerciale ;

    • le non détournement de patientèle ;

    • l’absence de rémunération « à la minute ».

    Soutien des mesures gouvernementales annoncées par le chef du gouvernement

    Le Cnom salue l’annonce par le gouvernement du plan de transformation du secteur de la santé et souligne que la réforme est un objectif et que la vision globale est un moyen. Il rappelle les questions qui nécessitent des réponses en urgence : formation, décloisonnement et travail collaboratif entre les différents acteurs.

    Patrick Bouet, le président du Cnom, souligne que « l’Ordre est satisfait de voir plusieurs de ses propositions reprises par le gouvernement. Attention néanmoins, nous devons très vite obtenir des réponses sur la restructuration de notre système de santé à l’horizon 2018-2019, faute de quoi il explosera. »

  • Artificial intelligence: NHS encourages collaboration between India and the United Kingdom

    A UK delegation composed of representatives from top NHS hospitals and leading healthcare providers in the UK visited India from February 4-8th to encourage innovation in the field of health.

    Led by chairman of NHS England Sir Malcolm Grant, the delegation focused on disruptive health technologies such as artificial intelligence (AI) and promoted collaboration between the two countries.

    NHS would like to support India to transform its health industry

    A special focus on AI and virtual reality

    The British High Commission in India stated that the mission was focused on « innovation in healthcare » and it was intended to « address the changing needs of medical provision as disruptive technologies such as artificial intelligence (AI), wearable sensors, and virtual reality become increasingly commonplace. »

    To reduce costs, improve access to health and offer more personalized care via new technology

    The UK healthcare delegates explained to their Indian counterparts how they could reduce costs in the industry, increase access to care in remote areas, and provide more personalized care solutions through new technology.

    Health Tech : NHS wants to work closely with India to deploy new solutions

    The NHS has a « strong heritage in science and technology development »

    « As the National Health Service reaches its 70th anniversary year it continues to be ranked amongst the foremost health systems in the world, » Sir Malcolm Grant said in a statement (source: Digitalhealth.net). « We are proud of our strong heritage in science and technology development, but we continue to invest in innovation to improve patient care and meet the challenges of the 21st century. »

    India: Healthcare industry increasingly focused on health tech

    The trade delegation attended the following events:

    • A conference in Delhi focused on the future of healthcare with senior management of hospitals, medical institutes, colleges and healthcare companies;
    • A round-table meeting in Delhi with ten local hospitals’ CEOs;
    • The India-UK Createch Summit, held in Mumbai on February 6th 2018. The event aimed to explore the convergence of creativity and technology (Createch) and how it’s enabling the creation of new value-added products, services and experiences.
    • It also visited the site of an Apollo hospital in Hyderabad (southern India). Apollo Hospitals are the country’s leading super specialty hospital which give patients the best of modern healthcare.

    Through this trade visit, NHS wants to « nurture the common and growing interest between India and the UK regarding the latest smart systems and pioneering new healthcare solutions, » Sir Malcolm Grant added.

  • Santé populationnelle : est-elle transposable au modèle français ? La FHF s’interroge

    Un sondage rendu public le 6 février 2018 réalisé par le Deloitte Center for Health Solutions pour le compte de NEJM Catalyst, révèle que les financeurs et pourvoyeurs de soins américains concentrent désormais l’essentiel de leurs efforts sur le « population health management ». 

    Le concept de population health management (PHM) consiste à suivre la trajectoire d’une population présentant un même profil de santé et à adapter les stratégies de soins et de suivi en fonction de ses besoins. Si ce concept a été développé aux Etats-Unis, le Canada francophone, au début des années 2000, a adopté une notion similaire – celle de « responsabilité populationnelle en santé – dont la France et la Grande-Bretagne s’inspirent actuellement.

    La Fédération hospitalière de France a fait de la santé populationnelle une priorité politique pour la période 2017-2022. Elle élabore actuellement un guide sur le sujet à l’usage des acteurs du système de santé, à paraître en mai 2018.

    Dans un entretien accordé à H&TI en juillet 2017, Antoine Malone, directeur de projets à la FHF, définissait l’approche populationnelle en santé de la manière suivante : « La responsabilité populationnelle vise à suivre la trajectoire du patient sur l’ensemble de la chaîne de création de valeur, et à répondre ainsi au défi posé par la triple transition épidémiologique, démographique et technologique via des systèmes intégrés. Elle se distingue donc de la notion de parcours par une intégration complète de l’ensemble des services et acteurs autour des besoins des patients et de la population, avec eux et pour eux. »

    Genèse nord-américaine du concept de population health management 

    Un concept développé aux Etats-Unis pour structurer un système de soins intégrés

    Développé aux Etats-Unis au cours des années 1990, le concept de population health management (PHM) est l’extension du disease management (qui renvoie au ciblage de patients atteints d’une maladie définie) à une population spécifique pour une pathologie donnée, par exemple tous les assurés diabétiques d’une région.

    Le PHM est un mode d’organisation et de financement des soins, dont la finalité première est d’aider les professionnels de santé et les financeurs à évaluer le profil de santé et les besoins de populations présentes sur un territoire défini, dans une logique curative et préventive. L’objectif du PHM est de segmenter des populations de patients atteints de la même maladie, d’évaluer leurs besoins et de leur dispenser des soins adaptés.

    L’objectif financier du modèle, tel qu’il a été développé aux Etats-Unis, consiste à réduire les dépenses en prévenant les risques d’apparition de pathologies au sein de populations « bien-portantes » et d’améliorer le suivi et l’état de santé de populations atteintes de maladies chroniques. La logique inhérente au dispositif est préventive : le ciblage de population doit permettre d’identifier et de combler les failles dans la prise en charge de populations à risque ou « bien-portantes ».

    Rôle fondamental des outils numériques dans l’approche populationnelle

    Le concept de « Population Health Management » a été consacré en droit américain par le Patient Protection and Affordable Care Act (PPACA) promulgué le 30 mars 2010. Il repose sur plusieurs leviers technologiques, financiers et institutionnels : 

    • technologiques : le PHM repose sur de puissants systèmes d’agrégation et de traitement des données issues de sources multiples, permettant d’identifier et de segmenter les populations selon leur profil médical sur un territoire défini, d’analyser leurs besoins, de dispenser les soins appropriés, d’assurer leur suivi de long terme et de prédire l’évolution de leur état de santé. 
    • financiers : le système repose sur des indicateurs de performance et des leviers financiers incitatifs visant à encourager les médecins à faire porter leurs actions sur les populations les plus malades ou reléguées aux marges du système de soins (car défavorisées, ou mal informées, etc.).
    • institutionnels : les données permettant de faire émerger le profil sanitaire d’une population donnée à l’échelle d’un territoire proviennent de multiples sources : les acteurs institutionnels pourvoyeurs de données doivent accepter de mutualiser ces données et d’engager une dynamique partenariale.

    Une approche québécoise centrée sur la « responsabilité des parties prenantes » 

    Le Québec a développé au cours des années 2000 un concept proche intitulé « responsabilité populationnelle en santé », qui met en avant la notion de responsabilité des acteurs du systèmes de santé (médecins, assureurs, acteurs de la prévention). L’objectif de la « responsabilité populationnelle » est d’assurer un état de santé maximal chez la population d’un territoire, compte tenu des ressources disponibles. Elle est destinée à coordonner l’offre de soins et de services médico-sociaux en fonction d’une population donnée plutôt qu’en fonction d’un individu. 

    La notion de « responsabilité » constitue la clé-de-voute de ce modèle. Elle est fondée sur l’idée que les autorités locales ont une responsabilité vis-à-vis de leurs administrés, et doivent garantir l’accessibilité aux services concernés, mener des actions de prévention et prévenir les ruptures dans la prise en charge. La responsabilité populationnelle en santé et ses déclinaisons canadiennes ont fait l’objet de plusieurs travaux d’évaluation.

    L’imputabilité change avec la responsabilité populationnelle : les acteurs du territoire doivent s’organiser pour améliorer l’expérience de soins du patient et la santé de la population. L’approche populationnelle doit permettre de générer une triple amélioration de la prise en charge, du bien-être au travail et de l’équilibre budgétaire du système. C’est une modalité de transformation du système, comme l’expliquait Antoine Malone dans l’entretien accordé à H&TI en juillet 2017.

    Un concept transposable au contexte français ?

    La FHF s’est saisie de la question et l’a érigée en priorité politique pour la période 2017-2022

    La Fédération hospitalière de France (FHF) a repris à son compte le concept de « responsabilité populationnelle » – inspiré du modèle québecois.

    La FHF publiait le 28 mars 2017 sa « plateforme politique » pour la période 2017-2022, en vue d’impulser « un nouvel élan rassembleur au sein du système de santé » dans le contexte de l’élection présidentielle de 2017. La Fédération identifiait ainsi 12 priorités, dont la deuxième proposait « d’engager une révolution dans l’organisation de notre système en le fondant sur le principe de la responsabilité populationnelle ».

    La FHF a dégagé cinq lignes directrices permettant de mettre en oeuvre la santé populationnelle en France

    La responsabilité populationnelle recouvre plusieurs enjeux. La FHF en retient une définition analogue au modèle canadien. La responsabilité populationnelle en santé implique selon elle « l’engagement de l’ensemble des acteurs du territoire autour d’objectifs communs pour l’amélioration de la santé de la population sur leur territoire. Elle leur demande d’agir collectivement afin de rendre accessible un ensemble de services sociaux et de santé pertinents et coordonnés ».

    La Fédération dégage cinq lignes directrices pour traduire le concept de responsabilité populationnelle en action : aligner les standards de qualité sur les standards mondiaux, placer les professionnels de santé au coeur de la démarche populationnelle, intégrer la qualité aux objectifs des territoires de santé, développer « massivement » les enquêtes et recherches médico-économiques territorialisées, développer à l’échelle territoriale les outils incitatifs nécessaires à l’atteinte des objectifs qualité.

    Responsabilité populationnelle en santé dans le contexte français : un guide en préparation, à paraître en mai 2018

    Antoine Malone, directeur de projet à la FHF, prépare actuellement un guide dédié à la responsabilité populationnelle, à l’usage des professionnels de santé et des acteurs institutionnels. Elaboré en collaboration avec trois étudiants et un tuteur de l’Executive MBA Santé Paris Dauphine (Université Paris Dauphine), ce document examinera la mise en oeuvre pratique de la responsabilité populationnelle dans un contexte français. Ce guide sera rendu public en mai 2018, à l’occasion de Hôpital Expo.

    Ce guide interrogera les modalités de transposition de ce modèle nord-américain au contexte socio-sanitaire français et ses applications possibles en France à travers, notamment, les GHT.

  • Services en ligne : Mondocteur.fr et WEDA annoncent la signature d’un partenariat stratégique

    La start-up WEDA, spécialisée dans la gestion des dossiers patient en ligne, unit ses forces à MonDocteur, acteur de la prise de rendez-vous médicaux, annoncent les deux entreprises dans un communiqué commun daté du 1er février 2018

    « L’enjeu consiste, en proposant une intégration totale des deux solutions, à proposer un quotidien simplifié pour plus de 20 000 professionnels de santé », explique Fabrice Greenbaum, PDG et fondateur de WEDA, qui a déjà signé, en mars 2017, un contrat national avec Doctolib.

    Concrètement, l’ensemble des rendez-vous gérés via MonDocteur sont désormais accessibles depuis la plateforme WEDA en un clic. « Cette intégration permet ainsi aux praticiens de gérer toute la chaîne du parcours de soins : prise de rendez-vous en ligne, prise d’information plus précise avant celui-ci et communication de consignes, dossier patient, messagerie MSSanté, module de prescription certifié (HAS), module d’adressage et tout cela 100% en ligne grâce aux plateformes WEDA et MonDocteur », précise Fabrice Greenbaum.

  • L’URPS Médecins libéraux Ile-de-France signe une charte de bonnes pratiques e-RDV médicaux

    Alors que de nombreux médecins et patients utilisent des plateformes de rendez-vous en ligne, par Internet ou par Appli mobile, la commission Nouvelles technologies de l’URPS Médecins Ile-de-France, a souhaité promouvoir un contexte de confiance dans l’usage de ces nouveaux outils.

    Ainsi, ses représentants ont signé, jeudi 15 février 2018, la première charte pour la protection des utilisateurs et des patients, en présence des éditeurs de plateformes de prise de rendez-vous en ligne.

    L’objectif de la charte e-RDV Médicaux est d’engager les plateformes à adopter les principes du Conseil de l’Ordre des médecins et de bonnes pratiques.

    Genèse du projet

    Fin 2016 : constat de l’apparition d’un marché non structuré, avec plus de 50 outils disposonibles du le marché et une dificulté pour les médecins libéraux de choisir.

    Courant 2017 : L’URPS Médecins décide de recenser ces solutions en lançant une étude de marché de 15 plateformes de rendez-vous en ligne.

    Il s’agit de Allodocteur.fr, Doc.fr, Docavenue.com, Docteuralphonse.fr, Accueilpro.fr, Doctolib.fr, GPSsante.fr, KelDoc.fr, Madeformed.com, MonDocteur.fr, Pagesjaunesdoc.fr, Rendezvousfacile.com, Rdv-med.fr, Rdvmedicaux.com, RDVsanté.fr.

    Le constat de cette étude est qu’il y a « un manque de transparence, un flou contractuel et que certains annuaires présentent des zones d’ombre ».

    Il est décidé de co-construire une charte de bonnes pratiques avec les plateformes.

    Les points clés de la charte de confiance e-RDV médicaux

    • Pour le médecin, un espace de présentation accessible  à tout moment pour mise à jour ;

    • un médecin ne doit pas être associé à un contenu publicitaire ;

    • pas de dépôt d’avis de patients ;

    • accès facile à l’annuaire de médecins du Conseil de l’Ordre des médecins ;

    • pas de mise en avant de certains médecins contre rémunération ;

    • respect des spécialités médicales définies par le Conseil de l’Ordre ; 

    • respect du secret médical et confidentialité des données; 

    • accessibilité de la plateforme (pas de coût supplémentaire pour le patient). 

    En plus, l’URPS demande une transparence quant aux sources de financement des sites et les liens capitalistiques éventuels avec des structures publiques ou privées en relation avec le domaine de la santé.

    Enfin, la Charte e-RDV Médicaux précise qu’un contrat doit être signé entre la plateforme et le médecin, contenant la durée d’engagement, un préavis de résiliation de 30 jours maximum et la réversibilité des données au terme du contrat. 

    Les signataires de la charte au 15 février 2018 sont : Alaxione.fr, AlloDocteur.fr, Calendovia.com, DocAvenue.com, Doctolib.fr, Docteur-rendez-vous.fr, Keldoc.com, LogicRdv.fr, Madeformed.com, MonDocteur.fr.

    3333tel.com et Pagesjaunesdoc.fr signeront dans les prochains jours. 

    L’URPS actualisera son étude de marché en 2018 et  effectuera un suivi détaillé de l’évolution des plateformes suite à la signature de la charte.

  • Intelligence artificielle : le NHS encourage la collaboration entre l’Inde et le Royaume-Uni

    Une délégation britannique, composée de représentants des meilleurs hôpitaux du National Health Service (NHS) et des principaux fournisseurs de soins du Royaume-Uni, s’est rendue en Inde du 4 au 8 février 2018 pour encourager l’innovation dans le domaine de la santé.

    Dirigée par le président du NHS England, Sir Malcolm Grant, la délégation a concentré son attention sur les technologies de santé novatrices telles que l’intelligence artificielle (IA) et la promotion de la collaboration entre les deux pays.

    Le NHS souhaite soutenir l’Inde dans la transformation de son industrie de santé

    Une attention particulière portée sur l’IA et la réalité virtuelle

    Le haut-commissariat britannique en Inde a déclaré que la mission était focalisée « sur l’innovation dans les soins et [qu’elle avait pour objectif de répondre] aux besoins changeants de l’offre médicale car les technologies (…) telles que l’intelligence artificielle (IA), les capteurs portables et la réalité virtuelle [devenaient] de plus en plus courantes. »

    Réduire les coûts et proposer des soins plus personnalisés grâce à aux nouvelles technos

    Les délégués médicaux britanniques ont expliqué à leurs homologues indiens comment ils pouvaient réduire les coûts au sein de l’industrie, augmenter l’accès aux soins dans les zones reculées et fournir des solutions de soins plus personnalisées grâce aux nouvelles technologies.

    Health tech : le NHS collaborera avec l’Inde pour déployer de nouvelles solutions

    Le NHS dispose d’un « solide héritage dans le développement (…) de la technologie »

    « Alors que le National Health Service fête son 70e anniversaire, il continue d’être classé parmi les plus importants systèmes de santé au monde, a déclaré Sir Grant dans un communiqué (source : Digitalhealth.net). Nous sommes fiers de notre solide héritage dans le développement de la science et de la technologie mais nous continuons à investir dans l’innovation pour améliorer [l’offre de soins délivrée] aux patients et relever les défis du XXIe siècle. »

    Inde : une industrie de la santé de plus en plus tournée vers la health tech

    La délégation commerciale britannique a assisté aux événements suivants :

    • une conférence organisée à Delhi sur l’avenir des soins avec des directeurs d’hôpitaux, des instituts médicaux, des universités et des sociétés de soins ;
    • une table ronde à Delhi avec dix directeurs d’hôpitaux locaux ;
    • au sommet India-UK Createch, qui s’est tenu à Bombay le 6 février 2018. L’événement avait pour but d’explorer les avantages de la convergence de la créativité et de la technologie (Createch) au sein de l’industrie de santé et plus précisément la manière dont cette fusion permet la création de nouveaux produits, services et expériences à valeur ajoutée.
    • Elle a également visité à Hyderabad (sud de l’Inde) le site d’un hôpital Apollo. Les hôpitaux Apollo sont les premiers centres de soins hyper spécialisés du pays à proposer des services axés sur la médecine moderne.

    Par le biais de cette visite commerciale, le NHS souhaite « développer l’intérêt commun et croissant entre l’Inde et le Royaume-Uni en ce qui concerne les derniers systèmes intelligents et les nouvelles solutions novatrices [disponibles sur le marché] en matière de soins », a ajouté Sir Malcolm Grant.

  • Les complémentaires santé et leur offre de téléconsultation

    En 2018, les mutuelles sont de plus en plus nombreuses à proposer la téléconsultation à leurs adhérents.

    Cette offre est souvent incluse dans le contrat d’adhésion, sans coût additionnel.

    Axa a investi ce marché la première en 2015. Gan Eurocourtage (Groupama) est la mutuelle qui s’est lancée le plus récemment avec une offre disponible depuis le 1er février 2018.

    Health&Tech Intelligence vous propose un panorama des acteurs positionnés – nous en avons identifié 15 au 14 février 2018 – sur la téléconsultation en France, la plateforme avec laquelle ils ont signé un partenariat, l’offre proposée et le lien vers le site web.