Europe

  • La Fehap mise sur les TIC pour relever le défi de l’inclusion des personnes handicapées

    « Penser et accompagner autrement le handicap », tel était le thème de la Journée nationale handicap de la Fédération des Etablissements Hospitaliers et d’Aide à la Personne qui s’est déroulée le 24 janvier 2018 à Paris.

    La Fehap estime que pour réussir le « virage inclusif » des personnes en situation de handicap, les nouvelles technologies et l’apport du numérique ouvrent de nouvelles perspectives.

    Une table-ronde animée par Philippe Jourdy, président de la commission Adultes Handicapés de la fédération, a permis de découvrir des projets innovants mis en place dans des établissements adhérents :
    • Des exosquelettes intelligents à l’APAJH Pionsat (Puy-de-Dôme)
    • La domotique au foyer APF de Meaux (Seine-et-Marne)
    • Des applications pédagogiques pour tablette numérique à l’Adapei 17 (Poitou-Charentes)

    Sophie Cluzel, Secrétaire d’Etat en charge des personnes handicapées, a clôturé cette journée.

    Quand Microsoft vient en aide au handicap

    Philippe Trottin, référent Handicap chez Microsoft, est également intervenu durant cette journée d’échange pour montrer toutes les applications disponibles gratuitement sur Windows qui peuvent venir en aide aux personnes ayant des handicaps physiques permanents ou temporaires. Il a notamment expliqué que ces applications, « d’abord conçues pour les personnes handicapées, peuvent s’étendre à tous » :

    • Windows Hello pour s’authentifier facilement
    • Cortona, assistant vocal
    • Skype pour communiquer sans se déplacer
    • Edge, navigateur accessible
    • dans Word, des outils pour aider les personnes ayant des handicaps visuels
    • dans OneNote, le disctaphone Speak to Text qui vient en aide aux enfants « dys »
    • dans Powerpoint, le Translator qui permet de traduire et sous-titrer des visuels
    • Microsoft Cognitive Services

    A venir, également, le développement du projet Kophosight pour assister les sourds, un outil de détection de la dyslexie basée sur le mouvement des yeux ou encore la modélisation de pictogrammes pour permettre aux personnes autistes de mieux communiquer.

    L’exosquelette de Wandercraft en test dans le Puy-de-Dôme

    Comment « dépoussiérer l’activité de rééducation » dans un foyer d’accueil médicalisé ? Jean-Christophe Janny, directeur de l’APAJH Pionsat a présenté les résultats d’une année d’expérimentation des exosquelettes de la société Wandercraft. Des orthèses des membres inférieurs et des membres supérieurs sont en test dans l’établissement et permettent, notamment, à des personnes paraplégiques de retrouver la verticalité. Une étude clinique démarre auprès de 35 patients en mars 2018. Il s’agit de vérifier les aspects physiologiques qui visent à être améliorés grâce à la station debout : reconstruction osseuse, voie respiratoire, transit, problèmes cutanés… A l’issue de ces tests, Wandercraft pourra bénéficier, ou pas, du marquage CE pour commercialiser ces machines.

    L’APAJH Pionsat a déposé un projet à l’Union européenne baptisé MEMO (Memory  Motion) en lien avec Wandercraft, Airbus et les universités de Barcelone, Edinburgh et Oxford pour implanter du Big Data dans l’exosquelette afin que le robot devienne intelligent et dispose de ses propres réflexes. Une deuxième étape très attendue.

  • GHT 77 Nord et GHT Nord Yonne digitalisent les remplacements grâce à la plateforme de MedGo

    MedGo annonce dans une communication du 15 janvier 2018 que sa plateforme de gestion des remplacements des cadres de santé a été adoptée par deux GHT, le GHT du Nord de la Seine-et-Marne et le GHT du Nord de l’Yonne.

    Le service déjà déployé au sein du premier GHT a été retenu afin de digitaliser la gestion des remplacements des établissements de santé adhérents. Il contribue à faciliter l’organisation des soins et réduire le recours à l’intérim.

    Une solution 100% digitale

    Medgo met à disposition de chaque établissement sanitaire son outil 100% en ligne afin que celui-ci puisse gérer et solliciter son propre réseau de remplaçants, c’est-à-dire des vacataires externes et des agents souhaitant faire des heures supplémentaires.

    Quelques clics suffisent pour diffuser une mission de remplacement à destination des agents ou vacataires disponibles et désireux d’en effectuer une. À cet effet, le donneur d’ordre est guidé par un système conversationnel intelligent par SMS et en 30 secondes il peut faire connaître auprès de son réseau de remplaçants son besoin ponctuel.

    Ces derniers peuvent manifester leur intérêt en répondant au SMS reçu depuis leur téléphone, sans devoir passer par des coups de fils considérés comme intrusifs.

    Temps de traitement divisé par quatre

    Cette procédure a permis à 3 établissements du Grand Hôpital de l’Est Francilien (Meaux, Marne-la-Vallée, Coulommiers), qui ont adopté la solution depuis 6 mois, de diviser par quatre le temps consacré par les cadres à la gestion des absences et des remplacements. Cette constatation a donné lieu au projet de déploiement à l’échelle du GHT.

    Solution intuitive et facilitant la mobilité du personnel

    Les retours des confrères ont convaincu le service des ressources humaines du GHT Nord Yonne qui va déployer la plateforme de MedGo dès ce début d’année dans tous les établissements associés (Centres Hospitaliers de Sens, de Joigny et l’Hôpital de Villeneuve sur Yonne).

    La simplicité de la solution a joué un rôle déterminant dans le choix des responsables qui ne souhaitent pas recourir à un logiciel nécessitant une formation. La solution permet une prise en main jugée rapide, ce qui constitue un avantage pour les deux parties.

    Déployée au sein de chaque établissement, la plateforme de Medgo permettra à tous les établissements équipés de partager leurs remplaçants et de relever le défi de la mobilité du personnel au sein des GHT.

  • Le Leem veut garantir à chaque citoyen français un accès précoce aux innovations thérapeutiques

    Lors de ses vœux à la presse, Patrick Errard, Président du Leem, ce 18 janvier 2018 a commencé par déplorer le manque d’engagement politique et de mise en œuvre de mesures annoncées lors du programme politique d’Emmanuel Macron.

    Il a réaffirmé l’attachement de l’industrie pharmaceutique à l’innovation et notamment les objets connectés. Étant donné que son mandat expire courant 2018, il a réaffirmé sa détermination personnelle à défendre les entreprises et les citoyens en leur garantissant l’accès précoce aux innovations thérapeutiques.

    Néanmoins, Patrick Errard a tiré la sonnette d’alarme en signalant la position défavorable de la France, notamment face à ses concurrents européens tels l’Allemagne, le Royaume-Uni ou l’Italie, mais appelle à une mobilisation sans relâche pour renverser cette tendance en dynamisant les mécanismes de régulation et en ayant une politique de santé favorable à l’innovation thérapeutique.

    L’innovation comme cœur  du moteur de croissance de l’industrie pharma

    Patrick Errard a souligné que l’industrie pharmaceutique était prête à relever les défis liés au digital et que son modèle économique repose sur l’économie de l’intelligence, le big data et des collaborateurs hautement qualifiés ainsi que des écosystèmes de partenariats public-privé à fort potentiel.

    Il a souligné que si son potentiel n’était pas bridé, l’industrie pharmaceutique pourrait être à l’origine de la création de nombreux emplois.

    La France devancée par ses voisins sur la scène internationale

    Le président du Leem a dressé un état des lieux démontrant la position défavorable de la France en comparant le contexte politico-économique des pays européens.

    Dans un contexte général où la compétition ne fait que s’accroître, il a mis en lumière les facteur ayant contribué à reléguer la France dans les acteurs de second ordre, puisque l’industrie pharmaceutique française est désormais distancée par l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie ou l’Irlande.

    Patrick Errard dresse une analyse comparée de l’industrie pharma a France à travers le prisme des démarches administratives et le soutien institutionnel :

    • l’Allemagne:
      • a mis en place le programme « Bureaucracy Reduction and Better Regulation » dans le cadre duquel les démarches administratives des industriels sont simplifiée et qui a permis de réduire les coûts de bureaucratie des entreprises de 12 millions d’euros par an depuis sa création en 2012 ;
      • a une politique incitative vis-à-vis des biotechnologies depuis quelques années afin d’encourager des coopérations entre les industries et les institutions universitaires de recherche, grâce à « l’Initiative pour l’innovation dans les biotechnologies industrielles » ;
    • au Royaume-Uni,  la Première ministre Theresa May a lancé un plan de dynamisation industrielle (« Building a Britain fit for the future ») pour relancer l’attractivité du pays et rassurer les investisseurs, et qui à bénéficié à plusieurs grandes firmes pharmaceutiques qui ont déjà confirmé des investissements significatifs sur le sol britannique ;
    • en Italie, la mise en place de mesures de régulation incitatives visant au développement de l’industrie pharmaceutique a permis à cette dernière d’afficher un taux de croissance annuelle de production pharmaceutique nationale à hauteur de 5 %, ce qui devrait faire de l’Italie, leader du marché courant 2018.

    Les mesures françaises handicapantes : mécanismes régulateurs défavorables

    Voici les mesures politiques françaises et les procédures des autorités compétentes qui ralentissent la progression de l’industrie française :

    • des prélèvements disproportionnés pèsent sur le secteur : le PLFSS 2018 exige une contribution record pour les entreprises du médicament avec 1,8 milliard d’économies ;
    • adoption de politiques budgétaires de court terme plutôt que des stratégies industrielles de long terme ;
    • des mécanismes de régulation illisibles, imprévisibles et inadaptés au retour de l’innovation ;
    • instabilité réglementaire préoccupante ;
    • fiscalité générale et sectorielle la plus élevée d’Europe ;
    • multiplication des barrières d’accès au marché :
      • durcissement du régime des Autorisations Temporaires d’Utilisation (ATU) ;
      • durcissement des critères d’évaluation de la Commission de la Transparence de la Haute Autorité de Santé (HAS) ;
      • durcissement des négociations de prix et multiplication des mécanismes de décision unilatérale qui se substituent à la négociation conventionnelle ;
    • complexification de l’environnement des essais cliniques au travers de la désignation aléatoire des comités de protection des personnes (CPP) jugée bancale ;
    • modèle d’évaluation du médicament inadapté aux conditions d’arrivée des innovations sur le marché, en particulier les biomédicaments dans le cancer empêchant les patients de profiter des traitements innovants ;
    • le prix de l’innovation encadré de façon trop stricte ;
    • la lenteur de la disponibilité de traitements innovants.

    Il souligne la nécessité de rendre les mécanismes d’accès à l’innovation plus souples par les pouvoirs publics et suggère l’adoption des contrats de performance.

    Les grands chantiers de 2018 : prix et remboursement portés par le CSIS, PLFSS 2019 et l’Accord cadre avec le CEPS

    Pour stimuler la croissance de l’industrie pharmaceutique, Patrick Errard appelle à :

    • tirer bénéfice de la reprise des travaux du Conseil stratégique des industries de santé (CSIS) et réviser en profondeur les modalités de régulation du secteur et en particulier la régulation par les prix qui montre aujourd’hui ses limites ;
    • concilier la politique industrielle et la politique de santé, réduite à une politique tarifaire exclusivement, dans un contexte de profonde mutation des outils de production et de transformation des métiers ;
    • rompre avec une « régulation punitive » et inscrire l’accès à l’innovation dans le PLFSS 2019 visant à faciliter l’accès précoce des patients aux traitements les plus innovants et les plus efficaces ;
    • dans le cadre du renouvellement de l’Accord cadre avec les Comité économique des produits de santé (CEPS), ouvrir de nouveaux chantiers conventionnels tels la recherche de nouvelles modalités de financement de l’innovation thérapeutique ou la détermination du prix des stratégies thérapeutiques associant plusieurs molécules innovantes.

  • « Adopter une stratégie d’open innovation pour l’hospitalisation privée » (F-P. Pic, Elsan)

    Lors première édition de son Live d’Innolab, le 30 janvier 2018, le groupe d’hospitalisation privée Elsan présente 4 start-ups avec lesquelles il collabore. H&TI a rencontré François-Philippe Pic, son Directeur général délégué Ressources et Transformation, à quelques jours de l’événement.

    L’occasion de présenter le living lab du groupe – qui accompagne des start-ups dans des projets de nouveaux services de télémédecine, d’outils pour aider les établissements à gérer les plannings ou bien améliorer le parcours de soin – et la stratégie d’Elsan en terme d’innovations.

    Pourquoi le groupe Elsan s’intéresse-t-il à l’innovation ?

    Elsan, co-leader de l’hospitalisation privée, innove pour répondre aux attentes des patients, dans un contexte où la digitalisation révolutionne beaucoup de secteurs en créant de nouvelles offres et de nouveaux services. Les patients souhaitent être mieux informés, mieux soignés, mieux considérés et mieux accompagnés, avant et après leur passage dans un établissement de santé. C’est le défi de notre promesse « Notre santé autrement ». Elsan place au cœur de sa stratégie d’une part, l’excellence d’un accompagnement santé qui se veut personnalisé et connecté et d’autre part une médecine de précision.

    Dans quels domaines peut-on innover, selon vous, dans le secteur de l’hospitalisation privée ?

    Sachant que les Français plébiscitent un meilleur suivi de leur santé à l’hôpital mais aussi à leur domicile (sondage Elsan/OpinionWay de mars 2017), et que 6 Français sur 10 (59%) seraient prêts à être suivis à distance par leur équipe médicale, notamment grâce à des objets connectés, cela laisse la voie libre à l’innovation dans de nombreux domaines ! Nous travaillons par exemple sur le parcours de soin, notamment pour donner plus de visibilité au patient et lui offrir les services complémentaires dont il peut avoir besoin. Je peux citer comme exemple l’accompagnement des futures mamans à chaque étape de leur grossesse avec Materniteam. Nous accompagnons également les praticiens pour leur permettre d’accéder aux technologies de pointe, comme la chirurgie mini-invasive. Enfin nous mettons en place de nouveaux outils, souvent digitaux, pour simplifier le quotidien des collaborateurs dans les établissements, en facilitant les process.

    Comment agit Elsan pour générer des innovations ?

    Nous avons adopté une stratégie d’open innovation afin de pouvoir répondre aux besoins très divers des patients, des professionnels soignants et médecins et des établissements. Via Innolab, notre living lab, nous identifions et évaluons des opportunités de collaboration avec des start-ups ou porteurs de projets innovants. Plus de 200 projets ont été examinés en 2 ans et nous avons établi une dizaine de partenariats.

    Cela va de nouveaux services de télémédecine pour les patients à des outils pour aider les établissements à gérer les plannings du personnel soignant et les remplacements en cas d’absence. Les propositions reçues sont toujours évaluées avec un expert métier afin de transformer le produit ou service de la société en un projet collaboratif apportant de la valeur au groupe et au partenaire.

    Que pouvez-vous nous dire sur le Live d’Innolab, programmé le 30 janvier 2018 à Paris. Qu’attendez-vous de cet événement ? À qui s’adresse-t-il ?

    Le Live est une occasion, après 2 ans d’activité d’Innolab, de partager un bilan avec la communauté d’innovations en santé. Nous témoignerons avec quatre de nos partenaires sur des manières de collaborer qui nous ont permis de développer de nouveaux produits ou services et de générer de la valeur ensemble. L’objectif est également d’illustrer la diversité des thématiques sur lesquelles nous travaillons et pour lesquelles nous sommes toujours à la recherche de nouveaux partenaires. Enfin c’est un moment d’échange pour tous ceux qui souhaitent apporter de nouvelles solutions aux patients et aux médecins en France. 

    Vous y présenterez 4 innovations du living lab. Pourquoi avoir choisi celles-ci en particulier parmi celles que vous accompagnez ?

    Les projets de Schoolab, Theodo, Bepatient et Collective Thinking sont des collaborations sur lesquelles nous avons un peu de recul puisqu’elles ont déjà donné lieu à de nouveaux produits ou services opérationnels à ce jour dans nos établissements.

    Quels sont les projets à venir d’Elsan dans le domaine de l’innovation ? 

    Nous travaillons activement sur les sujets de parcours patient et de lien ville-hôpital. Nous souhaitons faciliter la prise en charge et la coordination par les personnels soignants et les médecins tout en permettant à chaque patient d’avoir accès à l’information et aux services dont il a besoin au bon moment. Nous allons par exemple proposer aux patients en rémission d’un cancer du poumon de les suivre à distance afin de détecter au plus tôt une rechute le cas échéant. Nous développons également des programmes de suivi personnalisés pour les patients opérés d’une chirurgie bariatrique afin de les aider à maintenir les bénéfices de cette chirurgie et de coacher sur les plans nutritionnel, sportif et psychologique. 

  • 58 % des Français convaincus que les TIC favorisent la relation patients/médecins (Baromètre Odoxa)

    Lors d’une réunion organisée à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, lundi 22 janvier 2018, l’institut de sondage Odoxa a présenté les résultats de la dixième édition de son baromètre d’opinion consacré à « l’humain dans la santé » et réalisé auprès de 991 personnes en décembre 2017.

    La méthodologie de ce baromètre 360° consiste à interroger les patients et professionnels de santé sur des sujets identiques, dans le but d’appréhender un phénomène (prise en charge des patients hospitalisés, usage des nouvelles technologies, etc.) de manière globale, au prisme de l’ensemble des acteurs concernés.

    Le baromètre met en évidence le potentiel des technologies innovantes en santé : elles peuvent être utilisées, selon l’enquête, comme variables d’ajustement permettant aux médecins de consacrer plus de temps à leurs patients et ainsi, de renforcer la qualité de la relation médecins/patients.

    Le sondage a interrogé 991 personnes représentatives de la population française, ayant fréquenté un établissement de santé au cours des trois dernières années pour elles-mêmes ou pour accompagner un proche hospitalisé. Les médecins font également partie des sondés, pour mesurer en miroir leurs perceptions et retours d’expérience. Les avis ont été recueillis par internet.

    Les résultats ci-dessous permettent d’étayer l’une des conclusions de l’enquête (« les médecins hospitaliers et de ville estiment ne pas avoir suffisamment de temps auprès de leurs patients ») à l’aune d’un autre critère évalué dans le sondage : la manière dont les outils connectés et technologies innovantes sont perçus par les patients et médecins, et leur propension (ou non) à « humaniser » la relation soigné/soignant.

    Les perceptions des médecins et des patients de la qualité de leur relation diffèrent sensiblement

    • Les patients ont une perception globalement positive de leur consultation en établissements de santé : plus de 9 Français sur 10 se disent satisfaits de leurs médecins et des informations données lors des consultations ou hospitalisations. 
    • En revanche, seuls 29% des praticiens hospitaliers et 53% des médecins en cabinet estiment qu’ils ont suffisamment de temps avec leur patient en consultation.
    • 31% des médecins pensent que leurs patients sont suffisamment informés à l’issue des consultations.

    Les outils digitaux peuvent-ils, dès lors, contribuer à humaniser la relation patients-médecins ?

    Les nouvelles technologies, selon l’étude, constituent un premier levier permettant d’accorder une plus grande place à l’humain dans la santé et de renforcer la qualité du dialogue médecins/patients. L’enquête retient plusieurs indicateurs pour le démontrer.

    Les outils digitaux recueillent l’assentiment des Français 

    • Ils permettent aux patients d’être mieux informés sur leurs conditions de prise en charge, avant leur hospitalisation ou consultation, selon 69% des médecins et 79% des patients ;
    • Les patients (à hauteur de 70%) et les médecins (76%) considèrent que les données médicales concernant les patients peuvent être conservées et archivées en toute sécurité.

    Les patients pensent que les nouvelles technologies favoriseront la relation patients/médecins

    • 58% des personnes interrogées (les patients et leurs proches) en sont convaincues ;
    • En revanche, 55% des médecins pensent que les nouvelles technologies détériorent la relation patients-médecins, en limitant les contacts humains et les possibilité d’interactions. 

    Les bénéfices des outils digitaux n’emportent toutefois pas toujours l’adhésion des médecins 

    • Seuls 37% d’entre eux jugent que les outils digitaux vont simplifier la gestion administrative des dossiers et leur ménager davantage de temps avec leurs patients ;
    • Un peu moins de la moitié des médecins interrogés (48%) considèrent que les outils digitaux permettront d’assurer un accueil davantage personnalisé aux patients.

    Les outils digitaux recueillent 70% à 90% d’adhésion sur différents items

    • 75% des Français jugent le dossier personnel informatisé utile ;
    • 70% d’entre eux jugent que les applications de suivi des maladies chroniques sont utiles.
    • A l’exception des robots, les outils connectés sont plébiscités pour « humaniser les soins ».

    Deux exceptions notables sont toutefois mises en évidence par le sondage 

    • Les robots humanoïdes inspirent la méfiance de 79% des personnes interrogées. Ces dernières estiment que les robots ne permettront pas d’apporter plus d’humanité dans la relation patient.
    • En conséquence, 6 Français sur 10 ne seraient pas prêts à interagir avec eux.

    Les résultats du baromètre sont accessibles sur le site internet d’Odoxa. 

  • Canada : l’Ontario incite à l’innovation dans le secteur de la e-santé

    William Charnetski, stratège en chef de l’innovation en santé au sein du gouvernement de l’Ontario (OCHIS), a déclaré qu’il ferait de l’encouragement à l’innovation dans le système des soins une de ses priorités.

    Le 13 décembre 2017, il a annoncé le lancement du Value-Based Innovation Program (VBIP), dont l’objectif est d’augmenter la capacité d’innovation des fournisseurs de services de soins afin de mieux soutenir le développement des nouvelles technologies dans le système de santé de la province canadienne.

    Vers une modernisation du système de santé de l’Ontario

    L’Ontario est la province canadienne qui comptabilise le nombre le plus important de start-ups de santé numérique au sein du pays.

    L’Office of the Chief Health Innovation Strategist (OCHIS) s’est engagé à favoriser le passage à un système de santé axé sur la valeur des soins. En clair, il invite les start-ups de l’industrie à développer des solutions novatrices dans l’optique :

    • d’améliorer les résultats pour les patients ;
    • d’optimiser l’impact de l’investissement dans l’innovation en santé ;
    • de permettre aux entreprises d’innovation en santé d’être à la pointe des nouvelles tendances technologiques.

    Un programme pour accélérer l’adoption de nouvelles technologies en santé

    « Dans ce cadre, je suis heureux d’annoncer officiellement le [VBIP], a déclaré M. Charnetski dans un communiqué publié le 13 décembre 2017. En tant que programme phare [de notre bureau], le VBIP associera des pratiques d’approvisionnement modernes, telles que l’approvisionnement fondé sur la valeur et l’approvisionnement fondé sur les résultats, avec [le déploiement de nouveaux] modèles de financement du système de santé. S’appuyant sur le travail de création d’un écosystème axé sur la demande, le VBIP augmentera la capacité d’innovation des fournisseurs de services de soins afin d’accélérer l’adoption et la diffusion de nouvelles technologies et de nouveaux processus de santé dans le système de santé de l’Ontario. »

    2 projets en cours

    L’OCHIS est en train de tester différents projets de validation et prévoit d’ouvrir le programme à de nouvelles applications au printemps 2018.

    • Le premier projet, qui est une première pour l’Ontario, consiste à approvisionner tous les centres cardiaques de la province de défibrillateurs automatiques implantables, permettant aux médecins de détecter et de traiter les troubles du rythme ventriculaire.
    • Le deuxième projet mettra à l’essai un modèle d’approvisionnement afin de trouver de nouvelles solutions pour réduire le nombre d’infections post-chirurgicales.

    Une nouvelle approche qui renforcera l’efficacité des services de santé

    Cette nouvelle approche améliorera les résultats de traitement et l’efficacité des services de santé :

    • en tirant parti du système de santé de l’Ontario en tant que moteur de la demande de solutions novatrices qui répondent à certains des défis les plus pressants de l’industrie ;
    • en utilisant des techniques d’approvisionnement modernes qui prennent réellement en compte les besoins des patients, des soignants et des fournisseurs de services de santé ;
    • en s’alliant avec les leaders de l’industrie de la santé et en encourageant ouvertement le déploiement de solutions permettant de résoudre les problèmes de santé complexes ;
    • en supprimant les freins à la prestation des soins tout au long du parcours du patient à travers la réforme du financement du système de la santé ;
    • en partageant les risques et les avantages que représentent les nouvelles technologies et les nouveaux modèles de soins avec l’industrie et les fournisseurs de services de santé et en cherchant de nouvelles approches pour financer l’innovation.
  • Voeux de Martin Hirsch : les solutions numériques au coeur du projet de l’AP-HP pour 2018

    Directeur général de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, Martin Hirsch a prononcé le 15 janvier 2018 son discours de vœux, présentant le bilan de l’année 2017 et les trois priorités pour 2018, à savoir : l’amélioration de la qualité de vie au travail pour l’ensemble des professionnels de l’AP-HP.

    L’établissement public de santé s’emploiera également à garantir l’égalité d’accès aux soins de qualité aux patients et à viser l’excellence dans la compétition mondiale en matière de recherche et de soins.

    M. Hirsch a notamment déclaré vouloir entériner le déploiement des services et outils numériques au sein de l’AP-HP, afin de faire gagner du temps aux professionnels et de faciliter les démarches des patients. Parmi les projets annoncés figurent également :
    – le lancement d’un appel à projet pour l’acquisition de robots chirurgicaux ;
    – le développement de la bio-informatique ;
    – la recherche scientifique sur la santé connectée.

    Martin Hirsch annonce vouloir parachever la « révolution numérique et digitale » au sein de l’AP-HP.

    Finaliser le déploiement de services en ligne aux patients

    • Finaliser le déploiement d’ORBIS :  outil de prise en charge du patient conçu par l’entreprise Agfa HealthCare, ORBIS est composé de 22 modules (dossier médical, dossier de soins, dossier social, etc.). Il permet de suivre le parcours intégral des patients de l’AP-HP. Engagé en 2011, le déploiement se poursuit au sein de l’AP-HP : 37 hôpitaux (sur 39) en sont désormais dotés. Les deux derniers l’adopteront en 2018.
    • La généralisation de la prise en ligne de rendez-vous sera achevée en 2018 : à compter de cette année, les demandes de consultations seront systématiquement traitées en ligne sur la plateforme Doctolib. L’AP-HP avait retenu la start-up pour mettre en place ce service à l’issue d’un appel d’offre lancé en 2016, avec pour objectif de faciliter les démarches des patients et faire gagner du temps aux professionnels de santé.
    • Martin Hirsch annonce également vouloir développer la pré-admission administrative en ligne et poursuivre la dématérialisation des démarches avec l’inauguration du nouveau portail patient.
    • Reconnaissance vocale : Le Directeur général de l’AP-HP entend enfin donner « accès à tous les médecins à un dispositif de reconnaissance vocale » sans préciser toutefois en préciser le calendrier de mise en oeuvre.

    Prioriser la e-santé en matière de recherche et de soins

    Martin Hirsch a identifié plusieurs sujets prioritaires en matière de recherche, qui seront « déterminants » au cours des prochaines décennies : « l’utilisation des données (…), la génomique avec la plateforme SéquOIA en partenariat avec l’IGR Curie, l’Institut Imagine et l’ensemble des universités, le développement de la bio-informatique, une vision académique de la recherche sur les objets connectés ». 

    Parmi les mesures annoncées, M. Hirsch explique notamment avoir décidé de lancer un appel d’offres d’ensemble sur toute l’AP-HP, pour doter ses équipes d’une douzaine de robots chirurgicaux.

  • DPI : Agfa Healthcare France revendique plus de 10 000 connexions simultanées au DPI Orbis

    Selon Agfa Healthcare, le 11 janvier 2018, l’utilisation de sa solution de dossier patient informatisé (DPI), Orbis, affichait un taux record en France, à la fois considéré comme record mondial, de 10 249 connexions simultanées.

    Pour rappel, Orbis, mis au point par Agfa Healthcare, avait été déployé dans une trentaine d’établissements de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris fin 2016 et il est prévu que l’ensemble des établissements de l’AP-HP en soit équipé au cours du premier trimestre 2018 (il en maque deux).

    Actuellement, on compte 37 hôpitaux utilisateurs du DPI Orbis, géré sur une base unique, au sein de l’AP-HP seule, ce qui équivaut à environ 79 000 utilisateurs. Ce cap est selon l’éditeur une « preuve de scalabilité et de robustesse ».

    L’éditeur se fixe d’ores et déjà l’objectif des 14 000 connexions simultanées pour fin 2018 et se projette déjà en pariant sur les 25 000 connexions simultanées en 2021.

  • Télémédecine : Philips et American Well s’associent

    Philips a annoncé dans un communiqué aux États-Unis daté du 8 janvier 2018 la signature d’un partenariat stratégique de coopération avec la société américaine American Well, fournisseur de services de télémédecine.

    Philips va progressivement intégrer les solutions et services de American Well qui est la société la plus représentée auprès des plus grands financeurs, établissements de santé et employeurs aux États-Unis.

    L’objectif du partenariat pour Philips est d’intégrer les solutions de soins numériques proposées par American Well à sa propre offre de services de santé numériques à destination des individus et des professionnels. L’intégration va se faire progressivement et la première étape sera marquée par l’intégration de l’application uGrow, le perfectionnement de la plateforme Philips HealthSuite Digital Platform pour la gestion de données et enfin l’accès à la bourse des services numériques des services, American Well Exchange.

    S’appuyer sur le pouvoir de la donnée pour développer les solutions existantes

    Les deux sociétés comptent s’appuyer l’une sur l’autre pour développer des services de santé numérique à échelle internationale et partout dans le monde. Elles partagent déjà une offre de services de vidéoconsultation permettant aux patient d’accéder à un médecin 24h/24 et 7j/7.

    Philips propose déjà des solutions, des dispositifs et des programmes étayés d’une capacité analytique conséquente appréciée par les fournisseurs de soins et les payeurs dans le cadre de leur démarche d’amélioration de leur modèle économique.

    Intégration échelonnée : app uGrow, Philips HealthSuite Digital Platform et American Well Exchange

    Application uGrow, app des parents

    La première intégration d’application concerne l’application nommée uGrow, destinée aux parents pour le suivi du développement et de la croissance de leurs bébés. C’est une application qui permet de recueillir l’ensemble des données générées par des appareils de la gamme Philips que les parents sont en mesure de partager avec des professionnels de santé afin d’obtenir des conseils personnalisés.

    Au cours de l’année cette application sera dotée d’une nouvelle fonctionnalité, activée par la voix grâce au système Amazon Echo, et qui permettra aux parents de suivre automatiquement le temps, le volume et la durée de l’allaitement.

    Par ailleurs, grâce au service de télémédecine de American Well, les parents utilisateurs pourront faire appel et avoir accès en temps réel à un médecins spécialiste qui pourra éventuellement les orienter vers un spécialiste de la lactation.

    Philips HealthSuite Digital Platform pour la gestion des données

    La plateforme de Philips sera améliorée afin d’offrir aux patients un service de gestion autonome de leur données de santé personnelles y compris celles recueillies par les objets connectés afin de sélectionner celles qu’ils souhaitent partager avec des professionnels de santé pour des soins plus personnalisés.

    American Well Exchange, une place du marché de services cliniques  numériques

    American Well Exchange est une place ouvert aux sociétés partenaires et qui permet aux fournisseurs et prestataires de soins partenaires de s’échanger entre eux des services de santé numériques et de les redistribuer à de nouvelles populations de patients par l’intermédiaire des assureurs en santé, des employeurs et les systèmes de santé de l’écosystème d’American Well.

  • Angleterre : 6 trusts du NHS vont collaborer pour fournir des soins numériques à 3 M de personnes

    Six trusts du National Health Service ont annoncé début décembre 2017 qu’ils allaient s’unir pour fournir des soins numériques à trois millions de personnes dans le nord-est de l’Angleterre.

    Tous se sont engagés à rejoindre le programme Health Call, dont l’objectif est d’aider les professionnels de la santé issus d’organismes de santé différents à partager leurs connaissances et à mettre en place des soins numériques à grande échelle.

    Health Call a été créé à la suite de travaux réalisés dans le cadre d’un partenariat établi par le fournisseur de technologies d’e-santé Inhealthcare, qui fournit l’infrastructure numérique, et le County Durham and Darlington NHS Foundation Trust.

    Ce trust utilise des solutions d’Inhealthcare depuis 2013. Il a décidé d’élargir le partenariat à des trusts voisins afin de permettre à davantage de patients de bénéficier de leurs innovations.

    Les autres trusts impliqués dans le programme Health Call sont :

    • Newcastle Hospitals NHS Foundation Trust ;
    • Northumbria Healthcare NHS Foundation Trust ;
    • Gateshead Health NHS Foundation Trust ;
    • North Tees and Hartlepool Hospitals NHS Foundation Trust ;
    • South Tees Hospitals NHS Foundation Trust.

    Favoriser le suivi des patients à domicile

    La première vague de services Health Call est centrée sur la prévention des AVC, le diabète gestationnel, la gestion du cancer, le renoncement au tabac et la sous-nutrition.

    Un prélèvement sanguin à la maison

    L’un des services mis au point par le comté de Durham et Darlington consiste en la mise en place d’un test à réaliser à domicile (piqûre) pour les patients qui utilisent de la warfarine, un anticoagulant permettant de traiter la fibrillation auriculaire.

    Au lieu de se rendre à l’hôpital pour un suivi régulier, les malades peuvent prélever chez eux un échantillon de sang puis le soumettre à l’équipe médicale à l’aide du dispositif portatif Roche d’Inhealthcare. Le prélèvement est ensuite analysé par une infirmière spécialiste, qui est également disponible pour des conseils et qui contactera le patient si les résultats sont préoccupants.

    Les patients apprécient d’être plus autonomes

    « Nos patients gagnent du temps et n’ont pas à s’embêter à aller à la clinique – ils peuvent même soumettre leurs analyses à l’étranger s’ils partent en vacances, note Ian Dove, directeur de Health Call (source : Digitalhealth.net). Un avantage que nous n’avions pas anticipé est le sentiment d’autonomie que les [malades] ressentent lorsqu’ils contrôlent eux-mêmes leur état – ils s’investissent vraiment sérieusement pour gérer au mieux leur condition afin d’obtenir de bons résultats. »

    Par ailleurs, le Gateshead Health NHS Foundation Trust a développé un service numérique qui aide les personnes essayant d’arrêter de fumer en leur envoyant des messages de soutien et en les mettant en contact avec des cliniciens.

    La collaboration entre différents trusts permet de proposer des soins plus efficaces

    Bryn Sage, chef de la direction d’Inhealthcare, a déclaré que Health Call permettrait aux trusts d’éviter de gaspiller des ressources en développant en double certains services et de réduire le nombre d’admissions chez les médecins généralistes et dans les hôpitaux.

    « D’après notre expérience, nous croyons que le déploiement [du service] dans le nord-est [du pays] libérera des centaines de milliers de rendez-vous en permettant aux patients de prendre soin de leur santé à domicile sous la supervision de leurs équipes de soins », a déclaré Bryn Sage à Digitalhealth.net.

    L’émergence d’un réseau régional pour inciter le partage des informations

    Jusqu’ici, la collaboration entre les trusts de l’Angleterre du Nord était assez floue. En novembre 2017, le Great North Care Record (GNCR) a instauré un réseau régional afin d’encourager un meilleur partage des informations de santé dans le nord-est et le nord du comté de Cumbria.

    L’objectif du projet est de faire de la région un acteur majeur des secteurs de la santé et de la recherche médicale.