Europe

  • Rapprochement CHU Saint-Etienne&CH Roanne : sécuriser l’offre de soins grâce à une direction commune

    Le Centre Hospitalier Universitaire de Saint Etienne et le Centre Hospitalier de Roanne ont annoncé mi-mars 2018 un rapprochement entre les deux structures au point d’en faire fusionner la direction. Cette opération commence par une période d’intérim qui prend effet à partir de mi-avril 2018.

    Une alliance qui doit avant tout bénéficier aux patients et aux professionnels de santé en permettant de sécuriser l’offre de soins. Ceci passera entre autres par la mise en place de nouvelles méthodes de soins qui font appel aux outils numériques ou à la télémédecine.

    L’intérim comme levier du renforcement de l’offre de soins

    C’est Clément Caillaux, actuel DGA du CHU de Saint-Etienne, qui est dépêché au CH roannais, pour diriger le CH sur place. Cette fusion des directions des deux établissements hospitaliers est une façon de rationaliser les finances, du CH de Roanne notamment, à l’issue d’une période de difficultés financières. Les finances redressées, le CH roannais va conforter sa place et son rôle dans le territoire d’établissement pivot.

    Par ailleurs, le rapprochement des deux établissements, membres du même GHT Loire, va permettre de sécuriser les activités, fluidifier les parcours de soins et développer durablement les synergies entre les deux hôpitaux.

    Les nouvelles technologies comme moyen de sécuriser l’accès aux soins et dynamiser l’offre

    Le renforcement de la coopération médicale favorisera la mise en œuvre du projet médical partagé. Mais elle n’est pas exclusive : les collaborations soignantes, administratives ou techniques seront aussi renforcées avec la possibilité de partager les expertises. 

    Une meilleure coordination pour les patients grâce au DPI et à la télémédecine

    Le rapprochement garantit l’offre de soins dans le territoire  :

    • la télémédecine sera développée autant que besoin afin de garantir une offre de soin la plus large possible, tant pour des prises en charge de première intention que pour des prises en charge plus complexes ;
    • le DPI (dossier patient informatique partagé), tout comme d’autres outils communicants, doit permettre des prises en charge garantissant la continuité et la sécurité de la prise en charge et cela commence par un adressage au CHU de Saint-Étienne dans un cadre coordonné.

    Une initiative impliquant des « patients traceurs » pour évaluer la coordination en cas de transfert permettra d’évaluer et d’harmoniser les pratiques de soin.

    Un projet médical partagé

    Des innovations organisationnelles visant en premier lieu les professionnels de santé sont déjà mises en place. Ainsi, les postes médicaux partagés dans différentes spécialités et l’émergence de parcours professionnels territoriaux ont été facilités par une direction des affaires médicales commune entre les deux établissements depuis avril 2017 déjà.

    Les professionnels de santé du CH de Roanne pourront bénéficier d’exercices professionnels partagés entre le CH de Roanne et le CHU et l’universitarisation de certains services cliniques du CH de Roanne est envisagée.

  • La FEHAP souhaite s’appuyer sur l’article 51 de la LFSS de 2018 pour innover et crée une task force

    L’article 51 de la loi financement de la sécurité sociale pour 2018 prévoit la possibilité d’expérimenter pour cinq ans de nouveaux modes d’organisation des activités de soins, de prévention et d’accompagnement social, médico-social ou sanitaire en dérogeant au cadre actuel.

    Dans un communiqué du 26 mars 2018, la Fédération des Etablissements Hospitaliers et d’Aide à la Personne (FEHAP) explique qu’elle considère cet article comme un puissant levier pour contribuer à la transformation du système de santé et de protection sociale afin qu’il puisse répondre à l’ensemble des attentes de nos concitoyens.

    « Les établissements et services privés non lucratifs doivent se saisir rapidement et largement de ce nouveau cadre légal qui va favoriser l’émergence d’organisations innovantes et permettre d’expérimenter de nouveaux modes de financement », explique Antoine Perrin, directeur général de la fédération, qui a décidé de mettre en place une task force nationale dont il a confié le pilotage à Christine Schibler, directrice de l’offre de soins et de la coordination des parcours de santé.

    Organisée autour d’une instance nationale constituée de correspondants désignés par chacune des délégations régionales de la fédération, cette task force s’articulera autour des deux directions métiers :

    • autonomie et coordination du parcours de vie ;
    • offre de soins et coordination du parcours de santé.

    La task force s’appuiera sur Nov’ap, l’observatoire FEHAP de l’innovation, via son groupe de réflexion sur l’innovation (GRI) composé d’experts et en puisant dans la richesse de sa base de données constituée de plus 700 projets innovants détectés depuis plus de 7 ans parmi les adhérents de la fédération.

    Une attention particulière sera apportée par cette task force aux systèmes d’information digitaux ainsi qu’aux nouvelles technologies au service des organisations innovantes qui seront proposées. 

  • L’hôpital digital, la télémédecine et les données au cœur de Paris Healthcare Week, 29-31/05, Paris

    Organisé par la Fédération Hospitalière de France, le Paris HealthCare week du 29 au 31 mai 2018, regroupe les salons HôpitalExpo, GeronthandicapExpo, HIT (Health-ITExpo) et le salon Infirmier avec environ 800 exposants.

    • HIT Expo est le salon dédié aux TIC, aux systèmes d’information et à la e-santé. Il regroupe, en 2018, 350 exposants (institutionnels, services, conseils, formations, éditeurs de logiciels, intégrateurs informatiques, fabricants IT, solutions e-santé, etc.) dans des villages thématiques, des start-ups, des parcours experts et des conférences ou tables rondes sur des sujets d’actualité. 
    Des agoras permettront des retours d’expérience portant, par exemple, sur l’Intelligence artificielle, l’Ehpad numérique, l’imagerie, la sécurité et les blockchains, les systèmes d’information et les GHT mais aussi sur les objets connectés, la télémédecine, etc.

    • HôpitalExpo regroupe des exposants représentant l’ensemble de l’écosystème hospitalier : institutionnels, services, conseils, formations, hôtellerie, logistique, équipements et matériels médicaux, aides techniques, bâtiments, plateaux techniques, architecture, hygiène… Des agoras et des débats y seront proposés ainsi que retours d’expérience entre professionnels pour parler des solutions pour répondre aux enjeux de l’hôpital : structuration des Groupements hospitaliers de territoire (GHT), construction des parcours et des filières de soins, développement de l’ambulatoire, essor de la télémédecine, maîtrise des problématiques de développement durable, etc.

    • GerontHandicapExpo regroupe des exposants représentant l’ensemble de l’écosystème médico-social. Des agoras et des débats seront organisés autour du management, de l’architecture, de la construction, de la transformation, de la prise en charge… Cinq espaces thématiques d’exposition : bâtiment et plateau technique ; hôtellerie et logistique ; équipement, matériel médical et aide technique ; service, conseil, formation et institutions ; IT, systèmes d’information et e-santé.

    • Salon Infirmier : des tables rondes, des conférences mais aussi de nombreux ateliers et démonstrations : simulation de situations de soins, ateliers pratiques de prise en charge des brûlures, soins à domicile pour l’exercice libéral, procédures au bloc opératoire etc. 

    Parmi les autres grands événements au cœur de ce grand rendez-vous francophone de l’écosystème de santé, le 38e séminaire annuel – Hospital 21 du groupe de travail Santé Publique de l’Union Internationale des Architectes (UIA), qui  réfléchira notamment  notamment le thème de l’hôpital digital tandis que Art of D.A.T.E abordera à la fois la question de l’évolution et performances des CHU français et le Big Data en santé, avec comme problématique clé : « Des hôpitaux peuvent s’avérer obsolètes le jour même de leur inauguration. Le temps nécessaire de la conception à la livraison des bâtiments est de plus en plus en décalage par rapport au rythme de l’innovation ».

    Pour obtenir un badge visiteur, suivre le lien ci-contre.

    Extrait du programme

    • Conférences libres, communes aux 4 salons

    Mardi 29 mai 2018

    11h15- 12h : Le virage numérique : quelles stratégies et quels services pour les patients et partenaires des établissements de santé ?

    13h15-14h E-santé : Etat des lieux et perspectives du point de vue de l’assureur

    Mercredi 30 mai 2018

    9h15-10h Cybermenaces : Votre système d’information est-il assez sécurisé ?

    10h15-11h SSO Enovacom : une solution d’authentification forte pour simplifier la vie de la DSI et de l’équipe soignante

    10h15-11h Malades chroniques : comment la télémédecine améliore la qualité de leur parcours de soin et de leur confort de vie

    11h15-12h De l’agrément à la certification, l’expérience du Mipih en hébergement de données de santé

    11h15-12h L’impact médico-économique de la télémédecine chez TokTokdoc

    13h15-14h Fluidification des parcours : préparer et sécuriser le retour à domicile via une plateforme digitale et un télésuivi infirmier (Maela et Santéos)

    14h15-15h Mise en place de Doctolib dans un CHU

    15h15-16h La mise en place du Télésuivi dans la prise en charge du patient atteint du syndrome d’apnées du sommeil (Philips)

    15h15-16h Les technologies de l’information et de la communication intégrées aux bâtiments au service des aidés et des aidants.

    16h15-17h Sécurisation des échanges de données patient entre professionnels de santé, expérience réussie en oncologie médicale (PandaLab)

    16h15-17h Comment le numérique participe à renforcer le lien humain entre les professionnels, les résidents et les familles, en établissement et à domicile ?

    Jeudi 31 mai 2018

    10h15-11h Innovation technologique & cas d’usages : depuis l’expérimentation jusqu’à la mise production de soins personnalisés (DELL)

    11h15-12h La santé connectée au service des patients : des appareils biomédicaux connectés à l’IoT, il n’y a qu’un pas (Enovacom)

    11h15-12h AI In Healthcare – How data science platform and AI will enable data scientists and clinicians to develop groundbreaking solutions for healthcare (Philips)

    11h15-12h Echange de données, identification, traçabilité : les standards en réponse aux enjeux des GHT (GS1 France)

    12h15-13h Valoriser les données hospitalières à l’aide de l’intelligence artificielle : enjeux, méthodes, cas concrets et retours d’expérience (Alicante)

    14h15-15h L’innovation en santé, une véritable réponse aux enjeux budgétaires ? (Ugap et DoctoLib)

    Conférences organisées par la FHF

    Mercredi 30 mai 2018

    14h – 17h – Piloter son territoire par les données de santé (Accès payant)

    • La gestion des données dans les systèmes de santé étrangers
    • Les enjeux du big data en santé
    • Les acteurs territoriaux devant la donnée : quelles innovations dans la gestion locale ?
    • Le traitement de la donnée de santé dans un territoire : l’expérience des ORS
    • L’éthique du traitement de la donnée
    • La donnée, un outil pour la médecine préventive
    • Big data et santé : quels usages futurs ?

    17h30 – 19h00 – Fonds FHF : l’innovation frugale : innover en faisant des économies ! (Accès gratuit)

    Découvrez cinq innovations qui améliorent l’efficience des établissements de santé tout en générant des économies :

    • Apitrak pour géolocaliser le matériel médical et optimiser son partage et son stockage.
    • Around Innovation sert à transformer le temps d’attente des usagers en le valorisant en temps administratif, de prévention et d’éducation thérapeutique.
    • Keldoc, permet de réduire le nombre de rendez-vous non-honorés.
    • SI-LAB, a pour objectif l’augmentaction de l’activité des laboratoires de biologie médicale.
    • Whoog, pour constituer l’équipe renfort d’un établissement et réduire l’impact de l’absentéisme.

    10 villages dont 3 d’intérêt pour les acteurs de la e-santé :

    •  Le Village & Showroom Catel : Solutions de télésanté, télémédecine, applications, plateformes web, objets connectés, 

    • Le Village start-up : Act&Care, Ambulines, Bipsoin, Cerebellis, Colnec Health, DirectoSanté, Dispo Matching, Galéon, Healthy Mind, Immersive Thérapy, InnovSanté, Mapui, Medelse, Medeo Health, Medgo, Medikstaff, Medipix, Medisanté, Mediveille, Mercidocteur, Mypl, Osimis, Pandalab, Santé Net, Tilak Healthcare, Waryme, Yello…

    • Le Village UGAP « Territoire de santé numérique ».

    Programme complet disp. via ce lien.

  • L’IGAS publie un cahier dédié à l’organisation et aux processus de travail dans un hôpital

    L’Inspection générale des Affaires sociales a publié le 21 mars 2018 un « Cahier d’aide à la construction du contrôle de l’organisation et des processus de travail dans une unité d’hospitalisation ». Etabli dans le cadre de la Mission Permanente Inspection Contrôle de l’IGAS et validé par l’Inspection en janvier 2018, le Cahier s’adresse à divers acteurs institutionnels, dont les Agences régionales de santé (pour exercer leurs missions de contrôle et de contractualisation) et les établissements de santé souhaitant disposer d’un outil d’auto-évaluation.

    Ce cahier s’inscrit dans l’accompagnement méthodologique des services d’inspection-contrôle des agences régionales de santé (ARS) par la Mission Permanente Inspection-Contrôle (MPIC) de l’IGAS. Il actualise le guide relatif au contrôle des établissements de santé.

    Conçu à la demande des ARS, le cahier concerne une unité de soins de médecine ou de chirurgie, en hospitalisation complète ou de jour. Il décrit les étapes de prise en charge d’un patient, et l’organisation des ressources et du système de management mis en place dans l’unité. Enfin, il aborde les processus liés à la prescription, la préparation et l’administration de produits pharmaceutiques.

    Le cahier est disponible au téléchargement sur le site de l’IGAS.

  • Les outils numériques du bon usage du médicament pour lutter contre l’iatrogénie médicamenteuse

    L’iatrogénie médicamenteuse est responsable chaque année de plus de 10 000 décès, plus de 130 000 hospitalisations et près de 1,3 million de journées d’hospitalisation, qui dans 45 à 70 % des cas seraient évitables – tels sont les constats du « Colloque Bon Usage » organisé par le Collectif bon usage du médicament, ce 22 mars 2018.

    C’était l’occasion d’exposer les résultats des 3 ans de travail écoulés, comme la création de l’application « HelloDoc Prévention », et à la fois de proposer de nouvelles pistes de réduction des conséquences liées à l’iatrogénie à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, qui a introduit le colloque.

    Le Collectif préconise, entre autres, le recours généralisé aux logiciels d’aide à la prescription, l’accélération du partage des données patients entre professionnels de santé grâce au DMP, et l’interopérabilité des messageries sécurisées entre professionnels de santé pour échanger en temps réel.

    Il propose également à horizon 2019, l’organisation d’un premier Congrès interdisciplinaire consacré au bon usage du médicament.

    Un Collectif pour le Bon Usage du Médicament

    Né en 2015, le Collectif Bon Usage du Médicament rassemble l’ensemble des acteurs de la chaîne du médicament : médecins, pharmaciens, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, acteurs de la protection sociale et du service à la personne, industriels, éditeurs de bases de données et de logiciels d’aide à la prescription.

    Durant 3 ans, le Collectif a mis en œuvre un vaste programme d’actions auprès du grand public et des professionnels de santé, qui a contribué à un meilleur usage du médicament.

    Des indicateurs ont été suivis et montrent qu’une coopération décloisonnée peut apporter des améliorations et générer des économies pour l’Assurance maladie :

    • la consommation médicamenteuse des personnes âgées de plus de 65 ans a diminué ;
    • de nombreuses associations médicamenteuses à risque ont diminué (anti-inflammatoires, diurétiques, anti-arythmiques, digitaliques, anticoagulants oraux, neuroleptiques, anxiolytiques, antidépresseurs, etc.) ;
    • des économies significatives pour l’Assurance maladie ont été générées. Selon le Collectif,  l’essentiel des économies potentielles (chiffrables en centaines de millions d’euros) provient de la diminution du nombre d’hospitalisations. Par ailleurs, sur la base de la réduction du nombre de boîtes de médicaments consommées chez les personnes âgées de plus de 65 ans dans la population française, le Collectif avance les chiffres suivants :
      • entre le 2ème semestre 2014 et le 2ème semestre 2015 : 74 millions d’euros ont été économisés ;
      • entre le 1er semestre 2015 et le 1er semestre 2016, 185 millions d’euros ont été économisés.

    Actions menées par le Collectifs s’appuyant sur le numérique

    Reflexeiatrogenie.com

    Le collectif a procédé à la création d’un site à destination des professionnels de santé pour le sensibiliser au sujet. « Reflexeiatrogenie.com » a été lancé en 2015 et met à disposition de l’ensemble des professionnels de santé les nombreux outils spécifiques existants ou élaborés par le Collecti. f• Fin 2018, le site va s’élargir au grand public et ambitionne de devenir le site référentiel du bon usage du médicament.

    HelloDoc Prévention et Memo Vidal, 2 apps à destination des médecins

    Le Collectif a conclu un partenariat avec les éditeurs de bases de données et de logiciels d’aide à la prescription pour développer des applications capables de détecter les interactions entre les médicaments quelle que soit leur source de prescription. Ceci permet permet aujourd’hui à la plupart des médecins généralistes de pouvoir réellement piloter l’ensemble des traitements pris par leurs patients.

    HelloDoc Prévention tient compte des traitements du patient prescrits par un médecin et les intègre au processus de vérification du LAP (Logiciel d’Aide à la Prescription) lors de la prescription d’un nouveau produit. Memo Vidal, quant à elle,  propose 22 mémos gériatriques contextuels, sélectionnés par le Comité scientifique VIDAL Recos pour leur pertinence, activables et désactivables en un clic.

    Enfin, pour sensibiliser et former les pharmaciens, un module de e-learning a été réalisé et déployé dans les officines en partenariat avec l’UTIP Association (association de formation professionnelle continue pour les pharmaciens).

    Les préconisations du Collectif en vue de réduire les décès et les hospitalisations dus au mauvais usage du médicament reposant sur les outils numériques

    À l’issue des travaux menés pendant 3 ans, le Collectif a abouti à la rédaction de 10 préconisations, dont trois portant sur l’usage du numérique :

    •  Généraliser dans les logiciels d’aide à la prescription, la détection des interactions médicamenteuses quelle que soit la source de prescription :
      • la plupart des logiciels d’aide à la prescription n’alertent le médecin que sur les interactions détectées parmi les médicaments prescrits par lui seul, alors que de nombreux patients, notamment âgés, ont recours à plusieurs médecins (généralistes, spécialistes) susceptibles de prescrire des médicaments ;
      • tous les logiciels d’aide à la prescription doivent intégrer les données fournies par l’assurance maladie afin d’alerter sur les interactions médicamenteuses contre-indiquées détectées parmi tous les médicaments prescrits, quel que soit le prescripteur.
    • Accélérer, via le DMP, la mise à disposition des outils de partage des données patients entre professionnels de santé et œuvrer à leur bonne utilisation. Le DMP permettrait de limiter le risque iatrogénique grâce à la connaissance partagée entre professionnels de santé de la liste exhaustive des médicaments prescrits et des paramètres biologiques des patients nécessaires à l’adaptation de la prescription ;
    • Rendre interopérables les messageries sécurisées entre professionnels de santé afin de permettre une confidentielle en temps réel :
      • rendre interopérables les différentes messageries sécurisées existantes sur le territoire, entre elles et avec la MSsanté (messagerie historique des professionnels de santé proposée par l’ASIP et les Ordres professionnels) ;
      • permettre que l’annuaire national des professionnels de santé puisse être accessible sur toutes les messageries.

  • La chaire Droit, Ethique de la Santé numérique de Lille officiellement lancée

    Une chaire de Droit et éthique de la santé numérique, coportée par Lina Williatte (professeur de droit et avocate au  barreau de Lille, à la tête d’un cabinet spécialisé en santé numérique), Jean-Philippe Cobbaut (juriste et philosophe, directeur du Centre d’Ethique Médicale de l’Université Catholique de Lille) et Alain Loute (philosophe) va être officiellement ouverte le 13 juin 2018 au sein de l’Université catholique de Lille.

    Elle est portée par la faculté de droit, la faculté de médecine et le centre d’éthique médical, avec pour partenaire la Société Française de Télémédecine (SFT).

    Les philosophes en éthique médicale qui ont une approche clinique (des éthiciens cliniques) membres de la Chaire ont commencé à travailler sur les implications et les modifications que peuvent engendrer les algorithmes de diagnostic dans l’approche de la médecine, de la prise en charge du patient et dans l’organisation des soins.

    Les enjeux éthiques et juridiques de la santé numérique

    « Le numérique en santé n’est pas qu’une question de technique ou de protocole médical, c’est aussi une question de modification de l’approche humaine du soins et par l’intrusion du tiers technologique dans la relation de soins, une question de responsabilité qui créé de nouveaux droits en partant de nouvelles obligations », explique Lina Williatte à H&TI.

    Celle qui est également vice-présidente de la Société Française de Télémédecine ajoute : « La Chaire existe déjà depuis quelque temps mais nous avions besoin de financements pour avancer sur nos travaux universitaires. Des financeurs privés – universités et écoles privées – ont été trouvés mais nous sommes encore à la recherche de mécènes pour continuer à financer nos projets ».

    Lina Williatte précise que la Chaire a déjà avancé sur des travaux universitaires, a publié des articles et organisé des journées d’études. La journée du 13 juin 2018 sera l’occasion de la lancer officiellement lors d’un événement scientifique sur « Les enjeux éthiques et juridiques de la santé numérique », où interviendront des universitaires, des acteurs de terrain, des éthiciens, des juristes, des médecins, Thierry Moulin, président de la SFT et des représentants de la CNIL. 

    La Chaire a plusieurs objectifs :

    • Développer du savoir et le diffuser pour permettre aux acteurs qui veulent mettre en place des projets de santé numérique de savoir d’un point de vue des sciences humaines ce à quoi il faut faire attention ;
    • accompagner les acteurs qui veulent monter des projets de santé numérique et de télémédecine ;
    • proposer de la formation continue et initiale.

    Le site web de la Chaire est en cours de construction. Il permettra de s’inscrire à l’événement.

  • Télémédecine : Soins aux Professionnels en Santé s’associe à CATEL pour aider les médecins ruraux

    L’association SPS – Soins aux professionnels en santé, qui défend la santé des professionnels de santé rendus vulnérables, veut également accompagner et soutenir ceux exerçant dans les territoires « oubliés ».

    Lors d’une conférence de presse, à Paris, le 14 mars 2018, l’association a annoncé le lancement du « Care des territoires ruraux oubliés », une mission visant, grâce à l’intelligence artificielle et la télémédecine, à améliorer la qualité de vie des professionnels de santé gênés dans leur exercice, et à optimiser leur activité et la prise en charge des patients, en apportant de l’acte, de l’avis médical, de l’expertise et de la surveillance et en premier lieu dans les zones rurales dites « déserts médicaux ». 

    Ce nouveau modèle de coopération et de coordination est mis en place avec l’accompagnement du Club des Acteurs de la TELésanté.

    Améliorer l’attractivité du territoire pour de nouveaux soignants

    « Le Care permettra d’apporter, dans les territoires ruraux oubliés, les actes et avis médicaux physiques et virtuels ainsi que les experts attendus depuis 10 ans », explique le Dr Eric Henry, président de SPS. Le principe consiste à doter les professionnels de santé d’outils d’analyse et de décision en intelligence artificielle, leur permettant de recueillir la problématique de chaque patient, et d’en transmettre les éléments à un médecin coordinateur distant dans le cadre de la télémédecine.

    L’objectif commun de ce projet, qui regroupe plus de 60 acteurs de tous horizons, est :

    • d’améliorer l’attractivité du territoire pour de nouveaux soignants en faisant évoluer les mentalités;
    • de réorganiser, en partenariat avec les professionnels de santé locaux, les élus et les patients, l’offre territoriale de soins ;
    • de rendre le nouveau système plus simple et plus lisible ;
    • d’apporter de nouvelles techniques de la e-santé et d’intelligence artificielle ;
    • de faire réapparaître des médecins consultant physiquement aux côtés de consœurs et confrères locaux ou aux côtés des infirmières de pratiques avancées locales, via le partage des compétences ;
    • de s’occuper au mieux des pathologies lourdes, chroniques et du handicap tout en augmentant le temps médical et la prise en charge des troubles aigus ;
    • de diminuer les déplacements, avis d’experts et hospitalisations inutiles, en favorisant la pertinence des soins et le bon acteur face au bon usager.

    Parmi les partenaires, on trouve Medaviz, Medical Intelligence Service, Mediveille, la Fédération nationale des infirmiers, les Universités des Déserts Médicaux et Numériques, etc.

    Les cibles du projet : une communauté des 50 territoires ruraux « oubliés »

    « La mise en œuvre de la nouvelle mission SPS passe par la constitution d’une communauté de 50 territoires ruraux oubliés. C’est à ce prix que la légitimité de la démarche initiées par SPS sera respectée« , explique le Dr Henry. Ces 50 territoires recrutés (5 par région) devront accepter de financer une partie du projet et d’inscrire – par territoire – un nombre déterminé de patients lourds et chroniques et/ou handicapés sur le réseau de surveillance.

    Cette action des 50 territoires permettra de créer un fonds financier suffisant pour motiver la créativité des 60 acteurs à l’origine de la plateforme, en cours de conception. « Grâce à ce fond financier, les médecins coordinateurs de la plateforme, qui fonctionnera 24h/24 et 7j/7 pourront assurer le règlement des dossiers décompensés alimentés dans des conditions optimales« , explique le président de l’association.

    Par la masse qu’ils représenteront, ces 50 territoires ruraux oubliés regroupés en communauté seront considérés comme un groupe repérable. Selon la SPS, cette « nouvelle région de France », devra pouvoir bénéficier comme toute région de moyens et d’une administration propre. Même dispersée, cette nouvelle région sera entendue comme une vraie entité territoriale.

    Sont pressentis dans ce recensement les espaces les plus gravement touchés : les îles, le grand bassin parisien, le cœur du Massif central (Aubrac, Margeride), le Jura, les Vosges, le bocage vendéen, le nord et certaines zones de la Nouvelle Aquitaine.

    Les moyens : plateforme nationale avec e-santé, intelligence artificielle et unités mobiles

    « Le Care des territoires oubliés » s’appuie sur quatre niveaux :

    • une plateforme nationale de recueil de données e-santé, d’analyse de ces données par l’intelligence artificielle, de coordination des dossiers décompensés avec ses coordinateurs ;
    • les praticiens en santé locaux, des élus et des citoyens ; 
    • la mobilité médicale (unités mobiles de professionnels de santé assurant des consultations et visites physiques) ;
    • l’évaluation pertinente.

    Fonctionnement de la plateforme de recueil des données

    La plateforme filtre les données objectives (tension artérielle, poids, hémoglucotest, chute, mouvements…) et subjectives (plaintes provenant des patients eux-mêmes ou des acteurs de terrain, aidants, auxiliaires de vie, ambulanciers, HAD, téléassistance, résidences services seniors…), les demandes connectées des professionnels. Elle les répartit en « aiguës » ou « chroniques ».

    Les données, rentrées par le patient dans un questionnaire standardisé, sont analysées par un logiciel permettant d’envisager des hypothèses diagnostiques avec une pertinence de 87%. Celles issues d’appels téléphoniques sont traitées via l’application MEDVIR, celles issues des mails, sms, Twitter ou Facebook via une interface Semdee.

    Le compte-rendu de synthèse de ces données est fabriqué automatiquement par l’application et envoyé au médecin coordinateur SPS qui prend alors la décision qui s’impose.

    Les patients aigus de ces territoires ruraux oubliés peuvent bénéficier de consultations virtuelles de différentes sociétés de télémédecine interconnectées.

    Les patients porteurs de pathologies lourdes, chroniques et de handicaps nécessitent d’être hyperconnectés. C’est grâce à ces connexions que les informations patients (données objectives par le biais des outils de e-santé, données subjectives recueillies dans les tablettes au domicile des patients âgés et les demandes des professionnels empêchés, ordonnances, biologie, certificats…) peuvent être recueillies. Ces données brutes initiales remontent vers la plateforme nationale d’analyse SPS. De leur analyse et de leur tri (conservation des données pertinentes) partira ensuite une alerte (classée selon l’urgence à agir).

    À la recherche de partenaires

    L’objectif est d’activer tous les leviers qui permettront de mettre en place le projet et le faire monter en puissance pour le rendre opérationnel courant 2018. Le projet le « Care des territoires » sera guidé par une charte d’engagement et de méthodologie.

    L’association SPS appelle toutes les structures impliquées et motivées par la mise en œuvre à devenir partenaires de ce projet : mairies, départements, présidences de région, caisses primaires d’assurance maladie, mutuelles, fondations, pouvoirs publics régionaux, ministères, caisse nationale d’assurance maladie, etc.

  • Médecine de précision-USA : Medicare finance désormais les tests génétiques pour les cancers avancés

    Le Centers for Medicare & Medicaid Services américain a annoncé le vendredi 16 mars 2018 que le programme fédéral Medicare financerait désormais les tests génétiques de dépistage du cancer approuvés par la Food and Drug Administration. L’utilisation du séquençage génétique permet d’élaborer un protocole de soins ciblés et adaptés aux besoins du patient. Ces tests financés par Medicare sont utilisés exclusivement dans le cas de cancers avancés.

    Cette autorisation s’inscrit dans le cadre de l’avènement de la médecine de précision (precision medicine), que le programme fédéral Centers for Medicare & Medicaid Services a érigée en priorité. L’Institut Curie rappelle sur son site internet que « la médecine de précision s’appuie sur l’analyse des caractéristiques moléculaires et génétiques pour permettre un traitement et un suivi individualisé ou personnalisé des patients atteints de cancer ».

  • États généraux de la Bioéthique : l’appel à contribution de France Biotech sur 4 thèmes

    Dans le cadre des États généraux de la Bioéthique, France Biotech a lancé un appel le 14 mars 2018 aux biotechs et medtechs françaises à contribuer au débat sur quatre thèmes primordiaux pour l’innovation en santé.

    France Biotech souhaite se positionner en tant que porte-parole des entreprises innovantes de la french HeathTech et pour cela espère recueillir les commentaires, propositions et réflexions de celles-ci autour des thématiques suivantes :
    • cellules souches et recherche sur l’embryon ;
    • examens génétiques et médecine génomique ;
    • neurosciences ;
    • données de santé.

    Thématiques et axes d’intérêt

    Cellules souches et recherche sur l’embryon

    Comment favoriser et encadrer le développement de la recherche sur les cellules souches et sur l’embryon ?

    Examens génétiques et médecine génomique

    Comment éviter que la recherche sur le génome, qui permet d’anticiper l’éventuelle survenue de maladies, n’aboutisse à sélectionner ou déterminer les individus ?

    Neurosciences

    Comment orienter l’application des neurosciences pour qu’elle reste au service de l’être humain ? 

    Données de santé

    Comment mieux réguler la collecte et l’utilisation des données relatives à notre santé ?

    Contribuer

    Pour partager ses réflexions, interagir avec France Biotech sur ces thèmes ou soumettre des préconisations, les contributions peuvent être envoyées à cette adresse : contact@france-biotech.org.

  • « Global Digital Health Partnership », un réseau mondial des agences de santé lancé en Australie

    L’Australie a récemment joué un rôle central dans le domaine de la santé numérique à échelle internationale avec l’annonce du lancement d’un réseau mondial d’agences et d’organisations de santé visant à soutenir la mise en place des technologies numériques au sein des différents systèmes de soins du monde entier.

    Lors d’un sommet organisé les 18 et 19 février 2018 à Canberra par l’Agence de la santé numérique australienne (ADHA), des représentants de treize pays d’Asie, d’Europe et d’Amérique ainsi que de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) se sont associés pour créer le Partenariat mondial pour la santé numérique (Global Digital Health Partnership).

    Les axes de travail de cette nouvelles assemblée pour l’année qui arrive sont l’interopérabilité, la cybersécurité et l’engagement des patients.

    Réunir les expertises du monde entier pour innover plus rapidement

    Des spécialistes venus d’Asie, d’Europe et d’Amérique

    L’événement a rassemblé des acteurs de l’industrie provenant de Nouvelle-Zélande, de Singapour, d’Indonésie, de Corée du Sud, de Hong Kong, d’Inde, d’Arabie Saoudite, du Royaume-Uni, d’Italie, de Suède, d’Autriche, des États-Unis, du Canada et de l’OMS.

    Cette coalition, qui permettra aux experts internationaux de partager leurs connaissances, d’apprendre les uns des autres et de collaborer sur des projets dans le domaine de la health tech, satisfait « un appétit mondial », a commenté le Dr Meredith Makeham, conseillère médicale en chef de l’ADHA (source : Healthcare IT News Australia).

    Mis en place après diverses discussions multilatérales, le GDHP rassemble des spécialistes en e-santé issus de gouvernements, d’organismes gouvernementaux et d’organisations multinationales responsables de la législation, du financement et de la prestation des services de santé.

    Le Dr Makeham estime qu’avec une telle collaboration internationale les gouvernements, les agences gouvernementales et les organisations de santé pourront apprendre des essais et réussites de leurs homologues étrangers sans avoir besoin de « réinventer » tout le processus.

    « Une initiative très importante pour soutenir (…) les initiatives locales »

    « C’est un grand honneur pour nous d’avoir obtenu de si nombreux retours positifs après notre premier appel à des personnes partageant les mêmes idées dans le monde entier, [des personnes] qui ont également senti qu’il s’agissait d’une initiative très importante pour soutenir leurs politiques et leurs initiatives locales, a-t-elle ajouté. [Notre proposition de lancer un Partenariat mondial pour la santé numérique] a été très chaudement accueillie dans le monde entier par de nombreux pays. »

    Un focus sur l’interopérabilité des systèmes, la cybersécurité et l’engagement des patients

    « Nous reconnaissons qu’en Australie nous sommes confrontés à de nombreux défis au niveau de notre offre de services numériques et nous savons que [ces problèmes sont partagés] par de nombreux pays à travers le monde [et] que nous sommes tous confrontés aux mêmes problèmes pour rendre nos systèmes interopérables, proposer aux patients des services de soins accessibles en ligne, donner aux consommateurs un accès à leurs informations de santé, soutenir les cliniciens et aider les patients à mener une vie plus heureuse et plus saine. »

    Pour sa première année d’activité, le GDHP se focalisera sur des questions centrées sur les soins connectés et l’interopérabilité des systèmes de santé, la cybersécurité, le soutien aux politiques, l’engagement des cliniciens et des usagers ainsi que sur la mise en place d’essais et d’évaluations des solutions novatrices.