Europe

  • Simplifier le paiement à l’hôpital par 3 modalités de règlement de la part patient (rapport Anap)

    L’Agence nationale d’appui à la performance (Anap) a publié le 3 juillet 2018 une synthèse d’expériences de nouvelles modalités de paiement de la part patient mises en œuvre par 64 établissements de santé entre 2015 et 2017 dans le cadre du programme Simphonie.

    L’objectif de ces expérimentations est de pouvoir, à terme, proposer au patient plusieurs procédés de règlement de sa facture dans une double visée de simplification des démarches administratives en établissement de santé et d’amélioration du niveau d’encaissement des recettes afférentes : chaque année, seuls 60 % des montants dus par les patients aux établissements publics dans lesquels ils sont pris en charge sont effectivement réglés.

    Aussi, trois modalités de paiement ont été testées :
    • le paiement à l’entrée dans l’établissement ;
    • le paiement à la sortie de l’établissement ;
    • l’encaissement automatique par débit carte.

    Les facteur clé de succès de la mise en place de ces mesures dans les établissements pilotes ainsi que quelques éléments de bilan ont été dégagés par les auteurs de la synthèse, disponible dans son intégralité via le lien ci-contre.

    Modalités du paiement de la part patient expérimentées

    Le paiement à l’entrée (PE)

    Dans le cadre du PE, un encaissement est proposé au patient dès son entrée dans l’établissement. Le montant de la facture correspond alors aux coût des soins prévisionnels : le paiement n’est donc pas exhaustif mais limité aux domaines où les actes peuvent être identifiés a priori.

    Le paiement à la sortie (PS)

    Dans le cadre du PS, un encaissement est demandé au patient à sa sortie de l’hôpital. Le montant de la note de frais correspond aux coût des soins dont a effectivement bénéficié le patient : le paiement n’est toujours pas exhaustif car il exclut les actes nécessaires au suivi du patient tels que des analyses biologiques réalisées après l’épisode de soins.

    L’encaissement automatique par débit carte (EADC)

    Dans le cadre de l’EADC, la venue du patient et la facturation sont dissociées : l’empreinte de carte bancaire du patient qui s’engage à payer est enregistrée lors de l’admission, puis le reste à charge est encaissé automatiquement par débit de carte après la sortie du patient, lorsque la facture est intégralement disponible.

    Impacts attendus

    5 bénéfices étaient en particulier attendus de ces expérimentations.

    Attente n°1 : simplification du parcours patient, au moyen par exemple :

    • de la disparition des démarches administratives a posteriori ;
    • d’un contact non plus multiple mais unique entre l’administration de l’établissement et le patient à sa sortie ;
    • d’une information anticipée du patient sur le montant de sa facture ;
    • d’une facturation sur la base de l’activité réelle, émise lors de la présence du patient : le temps de présence du patient doit être mis à profit.

    Attente n°2 : gains en coûts de gestion, soit :

    • une diminution significative du temps de traitement des dossiers, notamment au regard des montants recouvrés sur les factures de faible montant ;
    • l’automatisation du traitement de la facturation et l’optimisation du temps de traitement par les équipes ;
    • une baisse des coûts de gestion liés au traitement des chèques, premier moyen de paiement à l’hôpital.

    Attente n°3 : gains financiers permis par :

    • une amélioration de la trésorerie notamment grâce à une réduction des délais de recouvrement ;
    • une maximisation des montants encaissables grâce à l’automatisation des encaissements ;
    • une augmentaton des montants encaissés en présence du patient.

    Attente n°4 : amélioration de la qualité comptable et financière par :

    • une meilleure maîtrise du recouvrement et plus globalement de la chaîne AFR ;
    • la traçabilité des données dans les systèmes d’information sous-tendant l’automatisation des moyens de paiement.

    Attente n°5 : développement des compétences des agents telles que :

    • les compétence des agents sur l’accueil, le pré-codage, le codage, la facturation et le recouvrement ;

    Une diminution des tâches à faible valeur ajoutée liées à la facturation et à l’encaissement est par ailleurs attendue.

    Facteurs clé de succès prérequis 

    Recueillir des droits afin d’identifier les patients payants

    Le recueil des droits peut intervenir à plusieurs moments dans le circuit du patient (pendant la prise de rendez-vous, lors de la pré-admission, à la venue du patient à l’accueil, à sa sortie). Pour s’assurer au mieux de recevoir un paiement, cette étape doit avoir lieu le plus tôt possible.

    Inciter les patients à se doter d’un moyen de paiement adapté

    Ce facteur de réussite des modalités mises en place relève d’une stratégie de communication de l’établissement à destination de ses usagers. 

    Comptabiliser la totalité des actes dans la facturation

    Pour une facturation exhaustive, l’information recueillie pour chaque patient doit également être exhaustive et de qualité.

    Accessibilité des caisses

    Le paiement à la sortie suppose que les établissements disposent :

    • de personnes habilitées à encaisser ;
    • de moyens d’encaissement variés ;
    • d’horaires d’ouverture des caisses appropriés ;
    • de caisses facilement repérables dans l’établissement.

    Paiement a posteriori en dehors des trois modalités de paiement expérimentées

    S’il s’avère que la modalité de paiement testée dans un secteur ne peut être utilisée pour certains patients et en dehors des services pilotes, d’autres solutions peuvent être adoptées pour améliorer le délai de paiement et le taux de recouvrement après la sortie du patient.

    Bilan sur les expérimentations de 2015 

    Tout d’abord, la faisabilité tant technique que réglementaire de ces techniques a rapidement été confirmée.

    Puis, l’acceptation des solutions de paiement tant par les patients que par les agents s’est avérée satisfaisante. Concernant plus particulièrement lesdits agents, l’encadrement des employés réfractaires à l’introduction de ces nouveaux processus, la sensibilisation des équipes au recouvrement ainsi que la simplification des procédures administratives ont constitué des facteurs de succès majeurs à la mise en œuvre des trois méthodes.

    Ces trois solutions ont finalement permis d’améliorer le taux de recouvrement dans la plupart des établissements participant à Simphonie.

  • Trophées de l’hospitalisation privée 2018 – FHP : ouverture de l’appel à projets

    La Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) a lancé le 25 juin 2018 son appel à projets pour la 11ème édition des Trophées de l’hospitalisation privée, qui récompense chaque année les initiatives les plus innovantes instaurées par les 1 030 hôpitaux et cliniques privés de France qui soignent environ 9 millions de patients par an.

    Les établissements peuvent déposer leur dossier de candidature jusqu’au 14 septembre 2018 à 12h00 sur la plateforme en ligne officielle de l’événement (lien ci-contre).

    Une catégorie inédite est mise en avant pour cette nouvelle édition. Intitulée « organisations innovantes du parcours de santé », elle vise à récompenser toutes les initiatives novatrices améliorant et fluidifiant le parcours du patient.

    3 autres catégories sont à l’honneur :
    • « relations patients » ;
    • « excellence médicale » ;
    • « clinique socialement responsable ».

    « Organisations innovantes du parcours de santé » : modalités

    La FHP précise que « les projets ou réalisations qui peuvent être proposés dans la catégorie (…) organisations innovantes du parcours de santé » concernent :

    • des prises en charge innovantes et efficientes autour du parcours de soins du patient, portant sur la prévention, les soins, le suivi médico-social voire social ;
    • des organisations améliorant l’articulation ou l’intégration des soins ambulatoires, des soins hospitaliers et des prises en charge dans le secteur médico-social voire social ;
    • des coopérations interprofessionnelles au service du parcours de santé, entre établissement de santé, professionnels de santé et sociaux, aussi bien en ville qu’au sein des établissements de santé, médico-sociaux et sociaux, des maisons de santé, etc. ;
    • des zones rurales et sous-dotées, des publics particuliers (personnes souffrant de maladies chroniques, en fin de vie, etc.) ou des modalités de prise en charge spécifiques (prévention, rémunération forfaitisée d’un épisode de soins, etc.) ;
    • l’utilisation d’outils ou de services numériques favorisant des organisations novatrices du parcours de santé.

    Un concours réservé aux adhérents de la FHP

    Seuls les adhérents de la Fédération de l’hospitalisation privée peuvent soumettre leurs candidatures.

    L’année dernière, la FHP avait reçu 86 candidatures et récompensé 9 hôpitaux et cliniques privés lors de la cérémonie de remise des Trophées, qui avait été reportée au 19 juin 2018, dans les catégories :

    • « santé connectée » ;
    • « relations patients » ;
    • « excellence médicale » ;
    • « clinique socialement responsable ».

    Les projets 2018 seront départagés par un jury composé d’experts indépendants reconnus du secteur de la santé. La Cérémonie de remise des Trophées se déroulera au Carrousel du Louvre, à Paris, le soir du mercredi 12 décembre 2018, à la veille des Rencontres FHP, un événement qui réunit chaque année plus de 500 directeurs de cliniques et acteurs du secteur de la santé.

  • Le cabinet Ylios chargé de développer les services numériques de santé à Monaco

    Le département des Affaires sociales et de la Santé monégasque ainsi que Frédéric Genta, délégué interministériel chargé de la transition numérique de la principauté, ont organisé un séminaire le 26 juin 2018 devant une cinquantaine de médecins locaux pour expliquer la mise en œuvre à venir des premiers systèmes de santé numériques à Monaco, dont le développement a été confié à la société parisienne Ylios.

    Cet événement s’inscrit dans le cadre de l’engagement du département des Affaires sociales et de la Santé, qui a mis en place en décembre 2017 une démarche destinée à définir les grandes lignes de la politique de santé numérique monégasque.

    Ylios doit établir une stratégie pour le déploiement de la e-santé à Monaco

    Dans le cadre du contrat signé avec la principauté, une mission d’accompagnement à la mise en œuvre d’une stratégie pour le développement de la santé numérique à Monaco a été confiée à Ylios, cabinet de conseil indépendant intervenant auprès de grands groupes internationaux, d’entreprises et d’institutions en France et en Europe.

    Concrètement, la société parisienne doit établir une feuille de route de la stratégie de e-santé à Monaco et cibler les premières actions à mener à court et à moyen termes.

    Faciliter l’échange de données patients entre professionnels de la santé

    L’objectif est de faire en sorte que les caisses de sécurité sociale, les médecins, les infirmiers, les pharmaciens et les autres professionnels du secteur puissent échanger facilement les données de leurs patients et ainsi améliorer le suivi des soins.

    1ère solution à venir : la prise de rendez-vous médicaux en ligne

    À l’occasion du séminaire qui s’est tenu en juin 2018, l’ensemble des parties-prenantes de l’écosystème de santé monégasque ont pu apporter leur contribution à la construction de la feuille de route et s’accorder sur les premières solutions à mettre en place.

    Parmi elles : la prise de rendez-vous en ligne avec un médecin de ville ou du Centre hospitalier Princesse Grace depuis un ordinateur ou une application smartphone. Cette application, qui devrait être opérationnelle dans six à huit mois, permettra à terme d’accéder à une trentaine de services, précise Ylios.

  • La Fehap engagée pour la recherche et l’innovation : un guichet unique proposé aux industriels

    Pour favoriser le développement de la recherche clinique en France, les hôpitaux privés non lucratifs ont annoncé par communiqué le 9 juillet 2018 via le site de la FEHAP l’engagement d’une démarche de mise en commun de leurs forces visant à améliorer l’exploitation de leur potentiel de recherche.

    Afin de rendre cette évolution la plus efficace possible, les hôpitaux privés non lucratifs proposeront prochainement aux industriels un guichet unique afin d’articuler leur offre de recherche.

    Cette démarche s’inscrit en complément des partenariats déjà existants, qui pourront être renforcés, avec les Centres de lutte contre le cancer (CLCC) et les Centres hospitalo-universitaires (CHU).

    Un guichet unique, trois objectifs

    Cette proposition de guichet unique et cette démarche de mise en commun des ressources ont trois objectifs :

    • augmenter le nombre de patients inclus dans les études cliniques ; 
    • faciliter l’accès des personnes malades aux innovations, qu’il s’agisse de médicaments ou de dispositifs médicaux ;
    • améliorer les procédures et l’assurance qualité.

    Mettre en œuvre l’Article 51 : renouveler les organisations et élaborer de nouveaux modes de financement

    Dans l’esprit d’une approche transversale revendiquée par la FEHAP, les directeurs généraux d’établissements de médecine-chirurgie-obstétrique se sont regroupés au sein d’une Conférence des directeurs généraux d’établissements privés non lucratifs, selon une annonce de la FEHAP datant de fin avril 2018.

    En dehors des objectifs traditionnels de défense des intérêts des établissements privés non lucratifs auprès des autorités, la Conférence s’est proposée de mobiliser les atouts de ces structures autour des enjeux de transformation du système de santé.

    Dans ce cadre, l’un des axes de travail concerne l’innovation : la Conférence souhaite se placer à l’avant-garde des organisations innovantes en proposant de nouveaux modes de financements. Pour cela, elle souhaite utiliser les leviers suivants :

    • le parcours de vie et de santé ;
    • les épisodes de soins ;
    • les enjeux populationnels et territoriaux.
  • L’Université Catholique de Lille lance un DU en santé numérique

    La faculté de médecine et de maïeutique de l’Université Catholique de Lille (UCL) propose une nouvelle formation en santé numérique de 84 heures, présentée lors d’une journée spéciale organisée le 13 juin 2018.

    Ce diplôme universitaire (DU) s’adresse au personnel soignant et non soignant des établissements sanitaires et médico-sociaux mais également à tout acteur lié au secteur de la e-santé souhaitant approfondir ses connaissances. Il aura pour objectif d’apporter une vision d’ensemble du secteur, de son évolution future et de ses enjeux.

    « Consciente de l’importance des avancées dans le domaine de la santé, la faculté cherche à proposer des solutions et des outils innovants tout en anticipant les tendances des professionnels », explique Me Lina Williatte, co-titulaire de la Chaire « Droit et santé numérique » auquel est relié le DU.

    Pour valider la formation, les étudiants devront rédiger un mémoire et présenter une soutenance orale.

    Date limite de dépôt des dossiers d’inscription : 31 décembre 2018.

    Objectifs de la formation :

    • proposer une introduction générale au domaine de la santé numérique ainsi qu’une cartographie de ses différents secteurs ;
    • analyser les transformations des relations entre professionnels de la santé et patients mais aussi des organisations de soins induites par le numérique ;
    • identifier les enjeux éthiques, juridiques et politiques de la e-santé;
    • maîtriser les outils nécessaire à l’accompagnement des projets de santé numérique.

    Programme – du 24 janvier au 7 juin 2019 :

    Bloc de compétences 1 : Les enjeux normatifs (éthiques, déontologique et juridiques) de la santé numérique

    • Module 1 – 24 et 25 janvier : Cartographie générale de la santé numérique ;
    • Module 2 – 28 février et 1er mars : Éthique, droit et gouvernance de la santé numérique.

    Bloc de compétences 2 : Transformations des pratiques et des rôles en santé numérique

    • Module 1 – 21 et 22 mars : La santé numérique : transformation des pratiques et des rôles I (le patient) ;
    • Module 2 – 4 et 5 avril : La santé numérique : transformation des pratiques et des rôles II (pratique et organisations de soins).

    Bloc de compétences 3 : Usage de l’informatique médicale et des big data en santé

    • Module 1 – 9 et 10 mai : Enjeux de l’informatique médicale, système d’information et big data ;
    • Module 2 – 6 et 7 juin : Innovation et économie de la santé numérique.

    Tarif

    Formation complète :

    • à titre individuel : 2 500 € ;
    • à titre professionnel : 1 250 €.

    Bloc de compétences :

    • à titre individuel : 550 € ;
    • à titre professionnel : 1 100 €.

  • Le groupe australien de e-santé HealthEngine accusé de partager les données des patients

    HealthEngine, le plus grand service de rendez-vous médicaux en ligne d’Australie, a annoncé début juillet 2018 des « changements majeurs » dans son fonctionnement à la suite de révélations selon lesquelles il partageait les informations médicales des utilisateurs de sa plateforme avec des cabinets d’avocats spécialisés en dommages corporels et d’autres tiers.

    L’entreprise a déclaré qu’elle cesserait de partager les données des particuliers et arrêterait la publicité sur son site. Objectif : rétablir la confiance dans l’entreprise, a commenté son P.-D.G., Marcus Tan.

    Fin juin, the ABC – principale source d’information en Australie – a dévoilé que la société avait canalisé des centaines de données sur la santé de ses usagers vers le cabinet d’avocats multinational australien Slater and Gordon et expliquait aux annonceurs qu’elle pouvait cibler les utilisateurs grâce à une stratégie de marketing basée sur leurs symptômes et leurs conditions médicales.

    Le ministre de la Santé australien, Greg Hunt, a ordonné à la commissaire à l’information du pays d’enquêter sur l’entreprise et a demandé à l’Agence de la santé numérique australienne (ADHA) de procéder à un « examen urgent » de sa relation avec HealthEngine, avec qui elle avait établi un partenariat.

    Slater and Gordon avaient une relation étroite avec HealthEngine

    La relation de HealthEngine avec des tiers a été révélée dans des documents secrets obtenus par the ABC, montrant que Slater and Gordon avaient eu une relation étroite avec le service en 2017.

    Dans le cadre de son programme pilote, le groupe de santé numérique transmettait au cabinet une liste quotidienne de clients potentiels, en fonction de leurs informations médicales personnelles. Elle aurait envoyé des données sur 200 utilisateurs par mois en moyenne à Slater and Gordon entre les mois de mars et d’août l’année dernière. Au total, 40 personnes seraient devenues des clients du cabinet, ce qui représente des frais juridiques estimés à 500 000 AU$ (317 000 € ; 372 000 US$).

    L’entreprise d’avocats a refusé de commenter à the ABC ses liens avec HealthEngine.

    HealthEngine fait l’objet d’un examen de la part de la profession médicale 

    Plusieurs médecins du pays ont annulé leurs abonnements à la plateforme

    Cette annonce survient alors que HealthEngine fait l’objet d’un examen minutieux de la part de la profession médicale au sujet de sa gestion de l’information médicale sensible des patients.

    Plusieurs médecins du pays ont annulé leurs abonnements à la plateforme à la suite des récentes révélations.

    Des utilisateurs ont porté plainte

    Les informations de the ABC ont été étayées par le témoignage d’utilisateurs australiens ayant porté plainte, qui assurent avoir été contactés par des cabinets d’avocats après avoir utilisé l’application HealthEngine, les encourageant à réclamer des dommages corporels ou professionnels.

    Aucun des utilisateurs de l’application avec qui the ABC a échangé n’a déclaré savoir que ses informations seraient distribuées à des tiers.

    L’entreprise assure qu’elle n’avait transmis des données qu’avec le « consentement exprès » des utilisateurs

    • La société basée à Perth, qui appartient en partie au grand groupe de télécommunications australien Telstra et à SevenWest Media, la plus grande entreprise de médias du pays, a maintenu qu’elle n’avait transmis des informations médicales personnelles qu’avec le « consentement exprès » des utilisateurs (source : Abc.net.au). Son P.-D.G., Marcus Tan, a donc admis que la société avait fourni des informations aux avocats mais n’a pas précisé quand ils avaient cessé cet arrangement.
    • L’entreprise a insisté sur le fait que sa politique d’utilisation des données étaient clairement expliquées aux utilisateurs via un simple formulaire pop-up disponible sur l’application.
    • Elle a également conclu un accord de partage de données avec le système de dossiers médicaux numériques My Health Record du gouvernement fédéral, géré par l’Agence de la santé numérique australienne. Cependant, elle a affirmé qu’elle n’était pas en mesure d’accéder directement aux données sur les patients détenues par My Health Record ou l’ADHA.

    Réaction : HealthEngine annonce un changement de business modèle

    Des changements pour rétablir la confiance dans l’entreprise

    HealthEngine a toutefois récemment annoncé que l’entreprise cesserait de partager les données des utilisateurs et supprimerait la publicité de son site web.

    Dr Tan a déclaré dans un communiqué que ces changements visaient à rétablir la confiance dans l’entreprise.

    Les relations de HealthEngine avec des tiers ne représenteraient qu’une partie de son business modèle

    Marcus Tan a insisté sur le fait que les relations de HealthEngine avec des tiers ne représentaient qu’une partie de son business modèle. « Notre cœur de métier reste centré sur la mise en relation des patients et des praticiens et sur l’aide aux Australiens pour accéder plus facilement aux soins, ce qui ne changera pas et nous permettra de continuer à réussir. »

    Dans le cadre de son système de prise de rendez-vous en ligne avec des médecins généralistes, des dentistes, des physiothérapeutes et d’autres médecins, HealthEngine demande à ses utilisateurs de renseigner des détails concernant leurs symptômes et leurs conditions médicales, y compris des informations pour savoir s’ils ont été blessés ou victimes d’un accident de la circulation.

    En vertu des changements apportés à son business modèle, la société devrait :

    • supprimer de façon permanente les évaluations des cliniques de son site web à la suite d’une enquête réalisée par le grand groupe médiatique australien Fairfax qui a révélé plus tôt en juin qu’elle avait modifié les avis négatifs des patients pour les faire paraître positifs (l’entreprise a depuis présenté ses excuses et retiré les commentaires de son service) ;
    • mettre en place un groupe consultatif pour travailler avec les prestataires de santé, les groupes de consommateurs et les régulateurs afin de « s’assurer que [ses] futurs produits et services soient informés par le biais de consultations plus larges ».

    Interrogé par the ABC, l’analyste IT Justin Warren pense que l’entreprise n’a pas eu d’autre choix que d’entreprendre des changements après avoir été confronté à de fortes critiques à la fois des utilisateurs et des médecins. « Ils ont insisté sur le fait qu’ils n’avaient rien fait de mal et je ne vois pas pourquoi ils auraient changé leur business modèles à moins que cette réaction ne commence à [l’affecter]. »

    Le ministre de la Santé ordonne une enquête

    La profession soutient la décision du ministre

    L’Australian Medical Association (AMA) a soutenu la semaine dernière la décision du ministre de la Santé d’ordonner une enquête de la Commission de la vie privée. « Nous attendons avec impatience de voir le rapport [du Commissaire à l’information] sur HealthEngine et nous travaillerons en étroite collaboration avec le ministre et le gouvernement pour assurer la protection de la vie privée des patients, a déclaré le président de l’AMA, Tony Bartone. Se pose aussi la question sérieuse du potentiel des tiers à bénéficier de l’accès aux informations confidentielles et privées des patients. »

  • Australia: Digital health group HealthEngine accused of sharing patient data with lawyers

    Australia’s biggest online doctor-booking service HealthEngine announced in early July 2018 « major changes » in its business following revelations it shared medical information of users of its platform with plaintiff law firm Slater and Gordon and other third parties.

    The company said it will stop sharing personal data and will remove advertising from its website. The goal is to restore trust in the company, said its CEO, Marcus Tan.

    In late June, Australia’s leading source of information the ABC revealed that the company had funneled hundreds of users’ health data to the Australian multinational law firm Slater and Gordon and boasted to advertisers that it could target users with a marketing based on their symptoms and medical conditions.

    Australian Health Minister Greg Hunt has ordered the country’s Information Commissioner to investigate the company and asked the Australian Digital Health Agency (ADHA) to conduct an « urgent review » of its relationship with HealthEngine, with whom it has partnered.

    Slater and Gordon had a referral relationship with HealthEngine

    HealthEngine’s relationship with third parties was revealed in secret documents obtained by the ABC showing that Slater and Gordon had a referral relationship with the service in 2017.

    As part of its pilot program, the digital health group provided the firm with a daily list of prospective clients, based on their personal health information. It passed on details of an average of 200 users a month to Slater and Gordon between March and August last year. In total, 40 people would have become clients of the firm, yielding a projected AU$500,000 (€317,000; US$372,000) worth of legal fees.

    The law firm has declined to comment to ABC about its relationship with HealthEngine.

    HealthEngine is under review from the medical profession

    Several doctors in the country have canceled their subscriptions to the platform

    This announcement comes as HealthEngine is under scrutiny from the medical profession over its handling of patients’ sensitive medical information.

    Several doctors in the country have canceled their subscriptions to the platform following these revelations.

    Users have complained

    ABC’s information was supported by the testimony of Australian complainants who said they have been contacted by law firms after using the HealthEngine app, encouraging them to pursue personal or workplace injury claims.

    None of the users of the application the ABC spoke to said they were aware their information would be given to third parties.

    The company said it had transmitted data only with the « express consent » of users

    • The Perth-based company, which is partly owned by Australia’s leading telecommunications group Telstra and SevenWest Media, country’s biggest integrated media companies, has maintained that it has only ever passed on personal medical information with « express consent » of users (source: Abc.net.au). Therefore, its CEO Marcus Tan admitted the company had provided information to lawyers, but did not specify when they ceased that arrangement.
    • The company insisted that its data usage policy is clearly explained to users via a simple pop-up form available on the app.
    • It also has a data-sharing arrangement with the Federal Government’s My Health Record digital medical record system, managed by the Australian Digital Health Agency (ADHA). However, it  said it was not able to directly access patient data held by My Health Record or the ADHA.

    Action: HealthEngine announces changes in business model

    Changes to restore trust in the company

    HealthEngine, however, has recently announced that the company will stop sharing users’ data and will remove advertising from its website.

    Dr. Tan said in a statement that these changes were aimed to rebuild trust in the company .

    HealthEngine’s relationships with third parties were only a part of its business model

    Marcus Tan emphasized that HealthEngine’s relationships with third parties only ever accounted for a portion of its broader business model. « Our core business remains centred around [sic] connecting patients and practitioners and helping Australians access health care more easily. This will not change, and will enable us to continue to be successful. »

    As part of its online booking appointments system with general practitioners, dentists, physiotherapists and other medical practitioners, HealthEngine asks its users to provide details about their symptoms and medical conditions, including information on whether they have suffered a workplace injury or been in a traffic accident.

    Under the changes to its business model, the company will:

    • permanently remove reviews of clinics from its website, following an investigation made by the largest media companies in Australia and New Zealand Fairfax that revealed earlier in June that the firm had been tampering with negative patient reviews to make them appear positive (company has since apologized and removed the reviews from its service);
    • set up an advisory group to work with health providers, consumer groups and regulators to « ensure [its] future products and services are informed by consulting more widely. »

    Interviewed by the ABC, IT analyst Justin Warren believes that the company had no choice but to make changes after facing a backlash from both users and doctors. « They have been adamant that they’ve done nothing wrong, and I can’t see why they would have changed their business model unless this reaction was starting to affect that business model. »

    Health Minister has ordered investigation

    The Australian Medical Association backed the Minister’s decision

    The Australian Medical Association (AMA) last week backed the Health Minister’s decision to order the Privacy Commission investigation. « We look forward to seeing the [Information Commissioner’s] report on HealthEngine and we will work closely with the minister and the government to ensure that patient privacy is protected, » said AMA president Tony Bartone. « There is also the serious matter of the potential of third parties to profit from having access to confidential and private patient information. »

  • Rapport : recommandations pour aider la biologie médicale à s’adapter aux besoins de santé actuels

    L’Académie Nationale de Médecine ainsi que l‘Académie Nationale de Pharmacie ont adopté, les 19 et 20 juin 2018, un rapport intitulé « la biologie médicale face aux défis de l’évolution des besoins de santé » rédigé par des membres de ces Académies spécialisés en biologie médicale.

    Le point de départ du rapport est la publication de l’ordonnance du 13 Janvier 2010 ratifiée par la loi du 30 mai 2013. En effet, depuis la publication de cette réglementation « la biologie médicale en France a connu une restructuration massive avec apparition de regroupements pouvant atteindre plusieurs centaines de laboratoires », explique le rapport, selon lequel cette évolution qui aboutit à une « réduction considérable du nombre de structures » pose cinq problèmes majeurs.

    Ces problématiques, détaillées dans le corps du rapport, sont liées :
    – aux difficultés d’accréditation rencontrées par les laboratoires ;
    – à la financiarisation et l’industrialisation croissantes de la biologie médicale ;
    – à la disparition du lien de proximité entre biologistes, prescripteurs et patients ;
    – à la baisse d’attractivité de la biologie médicale pour les étudiants, causée par les phénomènes précédents.

    Health and Tech Intelligence propose dans le présent un article un résumé des conclusions de ce texte ainsi qu’une présentation des recommandations émises à la fin du rapport, disponible intégralement via le lien ci-contre.

    Conclusions du rapport

    « La biologie médicale a subi une restructuration brutale…

    D’après le rapport, une révision complète du rôle du biologiste médical dans le système de santé est imposée par :

    • « les contraintes financières et organisationnelles découlant de l’obligation d’accréditation et des réductions successives de la nomenclature des actes de biologie médicale » ;
    • « les regroupements et fusions de laboratoires autour de plateaux techniques de plus en plus automatisés mais éloignés des sites de prélèvement, pouvant allonger les délais d’acheminement des prélèvements et de rendu des résultats en urgence » ;
    • « l’introduction de plus en plus prégnante de groupes financiers et de fonds de pension dans le capital des laboratoires » ;
    • « la désaffection des étudiants en médecine et, dans une moindre mesure, en pharmacie pour cette spécialité » ;
    • « le développement rapide de l’automatisation et de l’intelligence artificielle ».

    …qu’il conviendrait de stabiliser. »

    Le rapport encourage à faire du biologiste médical un expert-consultant capable d’orienter la prise en charge et le suivi des patients. Si ce poids sur le traitement et le suivi nécessiterait évidemment une plus grande concertation avec le médecin prescripteur des analyses biologiques, le rapport rappelle que le biologiste médical pourrait influer sur les traitements « au même titre que ses confrères issus d’autres spécialités médicales ».

    Dans cet objectif, le rapport incite notamment à :

    • mieux valoriser l’excellence de la formation et des compétence des biologistes médicaux en renforçant leur capacité d’intervention dans l’aide au diagnostic et au suivi des patients ;
    • sensibiliser les biologistes à l’analyse critique des résultats rendus par les automates ;
    • faire des biologistes médicaux des acteurs de la prévention et du dépistage ;
    • développer la biologie interventionnelle.

    Recommandations

    À partir du rapport établi, les deux Académies ont émis des recommandations articulées en quatre axes.

    Concernant le rôle en santé du biologiste médical

    1- Affirmer le rôle indispensable du biologiste médical, soit :

    • associer les biologistes aux centres de santé et maisons de santé pluriprofessionnelles ;
    • inviter les biologistes à prendre part aux réunions de concertation pluridisciplinaire.

    2- Assurer un conseil biologique de proximité en maintenant l’obligation de la présence physique d’un ou plusieurs (en fonction du nombre de patients pris en charge) biologistes par site pour une surveillance étroite des conditions de prélèvement et de pré-traitement des échantillons, les échanges avec le prescripteur, l’information et le dialogue avec les patients, l’éducation thérapeutique, etc.

    3- En dehors des cas d’urgence, s’opposer à un envoi non validé par le biologiste des résultats du patient au prescripteur.

    4- Valoriser la contribution des biologistes aux activités de prévention et de dépistage par la mise en place d’une rémunération indépendante de l’acte technique proprement dit.

    Concernant la formation

    1- Maintenir l’unicité de formation des biologistes par la voie du Diplôme d’études supérieurs (DES) de biologie médicale et la possibilité de compléter cette formation des base par des autorisations d’exercice dans un ou plusieurs domaines restreints de la spécialité.

    2- Proposer aux étudiants issus d’une formation pharmaceutique une formation clinique.

    3- Restaurer l’attractivité de la biologie médicale pour les étudiants en :

    • communiquant plus et mieux à propos de la spécialité, par exemple au moyen de forums métiers, de visites de laboratoires, de stages en laboratoire pendant le deuxième cycle des études médicales ;
    • faciliter l’accès à une année-recherche pour les internes et améliorer la lisibilité des carrières hospitalo-universitaires ;
    • diversifiant la formation des futurs biologistes (communication, management, nouvelles technologies, etc.).

    Concernant l’accréditation de certaines analyses « rares »

    1- Supprimer l’obligation d’accréditation des analyses rarement effectuées ou très spécialisées et la remplacer par d’autres processus d’évaluation de ces analyses.

    2- Accorder plus d’importance aux évaluations techniques que normatives dans les procédures d’accréditation.

    Concernant la réglementation 

    1- Limiter la financiarisation de la biologie médicale en faisant respecter les dispositions réglementaires qui l’encadrent.

    2- Lutter contre les conflits d’intérêt et les abus de position dominante.

    3- Plafonner le nombre de dossiers qu’un biologiste est capable de valider au cours d’une journée de travail.

    4- Préserver un maillage territorial afin de restaurer une proximité suffisante entre le biologiste, le prescripteur et le patient ;

    5- Préserver la possibilité d’effectuer des analyses urgentes dans de bonnes conditions.

  • Santé Connect’ : les professionnels de santé multiplient l’usage des sources numériques (Ipsos)

    L’institut de sondages français Ipsos a publié au début du mois de juin 2018 une nouvelle édition de son enquête annuelle Santé Connect’, présentant les sources d’informations privilégiées par les pharmaciens, les médecins généralistes et les spécialistes.

    Résultats : les professionnels de santé multiplient leurs moyens d’informations et de formation numériques et les combinent en fonction de leurs besoins. Plus de 90 % des personnes interrogées utilisent quotidiennement leur ordinateur à titre professionnel, 80 % leur smartphone et près de 60 % leur tablette.

    • La presse spécialisée et les échanges directs avec leurs confrères sont leurs sources d’informations principales, tout comme la visite médicale, en particulier pour les médecins spécialistes, et les parutions des organismes officiels du secteur (généralistes et pharmaciens).

    • La moitié des professionnels de santé sondés a déjà suivi une formation en e-learning (hors FMC et DPC) et jusqu’à 30 % des médecins spécialistes ont déjà assisté à un e-congrès.

    • L’étude indique que l’usage des réseaux sociaux est peu répandue dans le milieu, excepté le réseau professionnel Linkedin, principalement utilisé par les spécialistes.

    Principaux résultats de l’enquête

    Utilisation quotidienne à titre professionnel

    • d’un ordinateur : 94 % (pharmaciens) ; 91 % (médecins généralistes) ; 84 % (médecins spécialistes).
    • d’un smartphone : 72 % ; 76 % ; 84 %.
    • d’une tablette : 54 % ; 59 % ; 57 %.

    Sources d’information professionnelle

    • presse spécialisée : 88 % (pharmaciens) ; 84 % (médecins généralistes) ; 86 % (médecins spécialistes).
    • échanges avec les confères : 71 % ; 76 % ; 86 %.
    • visite médicale : 58 % ; 60 % ; 79 %.
    • parutions des organismes officiels : 73 % ; 66 % ; 59 %.

    Motifs de consultation des sites internet

    • accéder à des informations scientifiques : 95 % (pharmaciens) ; 92 % (médecins généralistes) ; 96 %.
    • accéder à des formations : 91 % ; 76 % ; 82 %.
    • se tenir informé de l’actualité de la profession : 90 % ; 78 % ; 84 %.
    • réaliser des démarches administratives : 87 % ; 91 % ; 86 %.

    Réseaux sociaux, e-learning et e-congrès

    • utilisation de Linkedin : 14 % (pharmaciens) ; 30 % (médecins généralistes) ; 48 % (médecins spécialistes).
    • e-learning : 52 % ; 49 % ; 54 %.
    • e-congrès : 6 % ; 9 % ; 30 %.
  • La FESP et l’I2ML s’associent pour développer des services à domicile numériques en Occitanie

    La Fédération du service aux particuliers (FESP) et l’Institut méditerranéen des métiers de la longévité (I2ML) ont signé le 4 juillet 2018 une convention de partenariat pour développer conjointement des services à domicile innovants autour du numérique en Occitanie.

    Cette alliance témoigne de la volonté des deux acteurs à s’engager pour la conception d’offres de services à domicile construites avec et pour les usagers. La FESP est la première fédération professionnelle d’entreprises de services à la personne et l’I2ML est la fondation partenariale de l’Université de Nîmes consacrée au vieillissement et à la silver économie.

    En outre, les deux partenaires souhaitent agir comme le maillon reliant les acteurs technologiques et les fournisseurs de services à domicile autour de sujets comme la recherche, l’expérimentation et la formation professionnelle. Tout ceci afin de permettre l’émergence de projets transversaux porteurs d’innovation et structurants pour l’offre de la région.

    Bâtir une filière industrielle dynamisant la région

    Face à la réalité démographique de l’Occitanie caractérisée par une population parmi les plus âgées de toute la France, les deux associations regroupant des acteurs de la silver économie à l’échelle de toute la région, souhaitent renforcer la coopération entre leurs membres pour faire émerger des projets de recherche « vecteurs d’innovation ».

    Dans le cadre des projets visant à répondre aux besoins et usages du terrain, les deux partenaires espèrent aussi voir émerger des start-ups occitanes qui porteront différents projets de développement de services dans un « environnement toujours plus numérique ».

    L’Occitanie est en train d’élaborer sa feuille de route « silver économie ». La FESP tout comme l’I2ML sont partie prenantes de ce processus de réflexion régionale et souhaitent voir leur partenariat  intégré à la dynamique économique et sociale de la région.