Europe

  • «  Données de santé : volontarisme ou vigilance » : débat le 18 décembre 2019, Paris

    Les Contrepoints de la santé organisent le mercredi 18 décembre 2019 à Paris un petit déjeuner autour des données de santé avec un accent sur la mise en place du Health Data Hub, officiellement constitué fin novembre 2019.

    Les inscriptions (gratuites) sont à effectuer sur ce lien ou par mail auprès de Madame Françoise Millet.

    Débat 

    Cette rencontre sera l’occasion de confronter les points de vue des acteurs en présence sur les enjeux de la donnée. Au centre de la discussion, les sujets suivants :

    • le Health Data Hub : apports et plus-value pour l’innovation en santé, relations avec les acteurs et les GAFA ;
    • les enjeux éthiques liées à la donnée : la question de la donnée comme appui ou remplacement de la décision médicale. 

    Intervenants

    Ce débat sera modéré par Philippe Leduc (LDC Santé) aux côtés de Pascal Maurel (Ortus) et Renaud Degas (La Veille des acteurs de la Santé). Ils recevront : 

    • Stéphanie Combes, directrice du Health Data Hub ;
    • le Pr Laure Fournier, service de radiologie, Hôpital européen Georges Pompidou ;
    • Pierre-Alain Raphan, député de l’Essonne ;
    • David Gruson, Comité pilote d’éthique du numérique, fondateur du think tank Ethik-IA.
  • La Cnil autorise le CHU Grenoble-Alpes à déployer un entrepôt de données de santé (Predimed)

    Le CHU Grenoble-Alpes (CHUGA) indique que ses projets de recherche et la qualité de prise charge des patients seront « bientôt boostés » par l’utilisation d’un entreprôt de donnée de santé, baptisé « Predimed« . Dans un communiqué publié le 11 décembre 2019, l’établissement annonce que la Cnil l’a autorisé le 10 octobre à mettre en œuvre un traitement de données à caractère personnel visant à la création de Predimed. Il s’agit du quatrième CHU français à obtenir cette autorisation, après l’AP-HP, le CHU de Nantes et le CHU de Lille. 

    L’entrepôt regroupera toutes les données générées pendant la prise en charge des patients du CHU grenoblois (données de soins, administratives et relatives au fonctionnement de l’établissement). Ces dernières seront stockées pour une durée de 20 ans, « dans le strict respect des textes en vigueur afin de garantir le respect des droits individuels« , indique le CHU, précisant qu’elle ne seront pas exploitées « à des fins de promotion des produits de santé ou à des fins d’exclusion de garanties des contrats d’assurance et de modification de cotisations ou primes d’assurance ».

    Elles seront la source principale pour des projets à des fins :
    • de recherche dans le domaine de la santé, menés par les professionnels du centre de santé et ses partenaires extérieurs ;
    • d’amélioration de la prise en charge des patients ;
    • de pilotage de l’établissement.

    Le projet Predimed a été initié par le Pr Jean-Luc Bosson, chef du pôle « santé publique », avec la participation des professeurs Alexandre Moreau-Gaudry et Pascal Mossuz, missionnés par la Direction générale et la Commission médicale d’établissement pour le mener à bien. Une gouvernance spécifique a été mise en place. Elle associe des professionnels de santé, des chercheurs et des représentants des patients.

    Un accès aux données limité

    « Une plateforme sécurisée, performante, dotée des capacités de stockage et d’analyse distribuées a été mise en place avec une architecture innovante », explique le CHU de Grenoble-Alpes. Elle est hébergée à la Direction des services numériques de l’établissement.

    Un groupe restreint d’experts associant médecins, ingénieurs en informatique et mathématiques appliquées, datascientists, data-analysts et statisticiens a accès aux données.

    Plusieurs projets prévus dans des thématiques diverses

    L’autorisation de la Cnil ouvre la possibilité de rentrer dans la phase opérationnelle du projet, note le CHU.

    Plusieurs projets sont déjà identifiés. Ils concernent des thématiques diverses (imagerie, observatoire des dispositifs médicaux, information médicale, etc.) et seront lancés à la fin de la campagne d’information des personnes concernées.

    Une plateforme en lien avec le le projet MIAI@Grenoble-Alpes

    Predimed « sera un élément important en faveur de la participation du CHU au projet MIAI@Grenoble-Alpes, labellisé dans le cadre de l’appel à projet 3IA en mai 2019, et qui a inscrit la santé comme un de ses deux domaines d’application privilégiés », indique l’établissement.

    Pour rappel, Grenoble est l’un des 4 sites universitaires français retenu au niveau national pour accueillir un institut interdisciplinaire d’intelligence artificielle (3IA) avec Nice, Paris et Toulouse. 

  • La Fondation Adréa lance un appel à projets pour une expérience patient améliorée (deadline : 2020)

    La Fondation d’entreprise Adréa, qui soutient et accompagne des initiatives humaines et innovantes dans le domaine de la santé en France, a pour objectif en 2020 de soutenir des projets permettant « un accompagnement plus humain des usagers du système de santé, pour une expérience améliorée ». Elle lance dans ce cadre un appel (AAP), dont la dotation s’élève au total à 130 000 euros.

    Les projets soutenus devront avoir pour finalité :
    • de faciliter les interactions et de renforcer le lien humain au sein de structures ou de services sanitaires ou médico-sociaux ; 
    • de faciliter l’expression des usagers du système de santé ;
    • de rassurer, d’apaiser et de détendre les usagers du système de santé.

    Ils devront être totalement ou partiellement à l’initiative d’usagers du système de santé, prévoir leur participation à toutes les étapes de mise en œuvre des projets et présenter un caractère innovant : dans le service, dans la technologie, dans le processus, dans l’organisation, dans l’usage, dans le caractère social.

    2 sessions de réponse sont prévues en 2020 (avant le 3 février 2020 pour la première session et avant le 3 avril 2020 pour la seconde session) pour offrir au maximum de porteurs de projets l’opportunité de déposer leur dossier de demande de subvention, à télécharger via ce lien.

    Entre 1 et 3 projets seront soutenus suite à chaque session de réponse.

    Contexte de l’appel à projets

    La Fondation Adréa met en avant é enquêtes qui ont permis de mettre en avant que la dimension relationnelle dans les processus de soins et d’accompagnement des usagers nécessite d’être approfondie et valorisée :

    • le Baromètre de l’expérience patient 2019-2020 réalisé par l’Institut français de l’expérience patient et BVA, avec le soutien de la Fondation d’entreprise Adréa : un des éléments prioritaires constituant l’expérience patient, du point de vue des usagers du système de santé, est la relaton avec les professionnels de santé devant le soutien des proches et l’organisation du parcours de santé/de la prise en charge ;
    • une autre enquête réalisée par la Fondation Adréa en 2018 avec Opinionway, qui portait sur la place et le rôle des patients dans le système de santé français. À la question « Selon vous, que manque-t-il aux patients pour leur permettre d’être davantage acteurs de leur parcours de soins ? », près d’1 Français sur 2 a répondu « une meilleure écoute des professionnels de santé ».

    « A l’heure où le manque de temps des professionnels de santé ou les contraintes organisationnelles des structures et services sanitaires et médico-sociaux limitent les temps d’écoute et d’échanges entre les patients, leurs proches, et les professionnels de santé, il apparaît nécessaire de soutenir des projets qui soient de nature à mettre l’humain au coeur de l’accompagnement des usagers du système de santé », commente la fondation d’entreprise.

    Objectifs, critères de recevabilité et sélection des AAP

    Dans le cadre de cet appel à projets (AAP), la Fondation d’entreprise Adréa soutiendra des projets qui permettent d’humaniser l’accompagnement des usagers du système de santé. Elle entend par « usagers du système de santé » toutes les personnes prises en charge ou accompagnées du fait d’une maladie ou d’un handicap ainsi que leurs aidants.

    Pour être éligible, le projet devra répondre aux critères suivants :

    • organisations concernées : organisations à but non lucratif mettant en œuvre des projets d’intérêt général. Les projets d’envergure nationale, ou s’inscrivant dans une dynamique d’essaimage, seront privilégiés ;
    • public bénéficiaire : les usagers du système de santé ;
    • durée du partenariat : il est possible de présenter une demande de subvention dans le cadre d’un partenariat d’1, 2 ou 3 ans ;
    • innovation : le projet devra être innovant dans le service, dans la technologie, dans le processus, dans l’organisation, dans l’usage et dans le caractère social.

    À l’inverse, ne seront pas retenus les projets :

    • portés par une personne physique ;
    • s’adressant à un public trop restreint ;
    • relatifs à des événements ponctuels ;
    • ne répondant pas aux thématiques définies ;
    • ayant trait à des actions de formation pouvant relever des dispositifs de formation professionnelle.

    Les dossiers seront étudiés et sélectionnés en 3 étapes

    Après une étude des conditions de recevabilité des dossiers reçus et une pré-sélection des projets, la sélection finale sera réalisée par le conseil d’administration qui appréciera les éléments suivants :

    • la qualité du projet présenté et la pertinence des conditions et du calendrier proposés pour sa mise en oeuvre ;
    • la pertinence, la clarté et le degré de détail du plan de financement du projet ainsi que sa comptabilité avec les enveloppes financières disponibles ;
    • la conformité du projet au regard des axes thématiques du cahier des charges ;
    • l’inscription du projet dans une dynamique partenariale avec des acteurs locaux, régionaux ou nationaux susceptibles de consolider et compléter les réalisations du projet ;
    • la pertinence du dispositif d’évaluation des réalisations et des bénéfices auprès du ou des public(s) cible(s).

    Informations et contacts

    Le dépôt du dossier de demande de subvention s’effectue uniquement en ligne avant le 3 février 2020 pour la première session de réponse et avant le 6 avril 2020 pour la seconde session de réponse. Les dossiers adressés par courrier ou email seront refusés.

    1ère session de réponse : du 9 décembre 2019 au 3 février 2020 inclus

    • instruction des projets : février 2020 ;
    • sélection des lauréats : mars 2020 ;
    • début du partenariat : fin mars 2020.

    2nde session de réponse : 20 février 2020 au 6 avril 2020 inclus

    • instruction des projets : avril-mai 2020 ;
    • sélection des lauréats : juin 2020 ;
    • début du partenariat : fin Juin 2020.

    Pour toute question, contacter l’équipe opérationnelle de la Fondation Adréa :

    • en envoyant un email à fondation@adreamutuelle.fr ;
    • par téléphone au 01 70 08 87 21 (Apolline Ledain) ou au 01 80 49 80 36 (Chris Grente).
  • Lancement de 100 000 Médecins.org, 1ère intersyndicale axée e-santé : un projet d’agence de notation

    « Fédérer les médecins libéraux pour leur permettre d’être au premier plan de leur propre transformation numérique. » C’est l’objectif de 100 000 Médecins.org, « premier mouvement intersyndical [lancé] autour de la e-santé » par la CSMF, la FMF, le SML, Le Bloc, MG France, Jeunes Médecins et le SNJMG. Association loi 1901, cette structure a pour objectif de devenir l’ »intermédiaire privilégié entre médecins et acteurs de la e-santé« .

    100 000 Médecins.org appelle les médecins libéraux à une forte mobilisation pour « représenter un levier d’actions auprès des éditeurs de logiciels » et inciter ces derniers à agir « en collaboration avec les médecins, avec prudence et respect ».

    Le mouvement souhaite également lancer en 2020 la première agence de notation en e-santé, avec l’objectif :
    • d’« aider la profession à faire les bons choix » en matière d’outils numériques ;
    • de promouvoir des solutions « bien conçues, respectueuses des bonnes pratiques et pérennes » ;
    • d’orienter les éditeurs de logiciels « vers les objectifs que les médecins souhaitent atteindre ».   

    « Pour éviter une déshumanisation des soins, il est urgent de s’approprier les initiatives d’aujourd’hui pour mieux maitriser notre avenir », commente le Dr David Azérad (SNJMG), médecin généraliste à Paris et président du mouvement.

    Des médecins unis contre le « Far West » de la e-santé

    Le communiqué se fait l’écho des « fortes réactions de la profession » constatées sur :

    • le « détournement de patientèle » avec le « DoctolibGate » dénoncé sur Twitter par les syndicats en octobre-novembre 2018 ;
    • la « mise aux enchères de rendez-vous médicaux » par le site DoctoChrono, suspendu en avril 2019 après saisine du Cnom ;
    • la notation des médecins avec le site MediEval4i de Medicine4i, dénoncé en avril 2019 par plusieurs praticiens  ;
    • les plateformes de télémédecine avec Livi.

    « Ce secteur est si prometteur qu’il est devenu un « Far West » numérique, où certaines start-ups vont chercher à forcer le passage », s’inquiète l’association sur son site.  Les intérêts des éditeurs « ne sont pas toujours d’améliorer nos conditions d’exercice », or ces outils sont « structurants pour le système de santé dans son ensemble », complète-t-elle.

    À l’origine du mouvement, la négociation conventionnelle sur la télémédecine

    L’idée de lancer le mouvement a germé lors des premières négociations conventionnelles sur la télémédecine, débutées en janvier 2018, lors desquelles David Azérad représentait le SNJMG.

    « Pour la première fois, les représentants des jeunes médecins, pour qui les innovations d’aujourd’hui représenteront le quotidien de demain, ont été invités à émettre leur avis », souligne l’association. Ces syndicalistes se sont accordés sur le constat que la e-santé bouleversait leurs pratiques ainsi que l’organisation du système de santé et les relations patients-médecins.

    L’Assemblée générale constitutive de l’association 100 000 Médecins a eu lieu le 10 avril 2019 et le compte Twitter @100KMed a été lancé en novembre 2019.

  • Jeunes Médecins s’allie à Synapse pour accompagner les praticiens dans leurs prescriptions via l’IA

    La start-up bordelaise Synapse Medicine, fondée en 2017 par des professionnels de santé, et l’organisation Jeunes Médecins collaborent afin d’aider les médecins dans leur activité de prescription, quels que soient leur spécialité et leur mode d’exercice. Dans le cadre de ce partenariat, annoncé le 3 décembre 2019 dans un communiqué commun, la plateforme Synapse va être proposée aux adhérents de Jeunes médecins « pour les accompagner dans le bon usage du médicament« .

    L’outil Synapse est une plateforme basée sur intelligence artificielle (IA) fonctionnant comme un assistant virtuel, conçue dans le but d’améliorer l’accès à une information médicale fiable et actualisée. La solution, soutenue par l’ANSM, a été élaborée avec le CHU de Bordeaux, l’Inserm et l’Université de Stanford, « indépendamment de l’industrie pharmaceutique », est-il précisé dans le communiqué.

    Des « milliers de médecins et internes » utilisent actuellement Synapse dans leur pratique quotidienne, avancent les 2 partenaires. La solution leur permet :
    • de « gagner du temps » : l’assistant délivre des réponses « concises, fiables et à jour » aux questions posées à l’oral ou à l’écrit par le praticien sur les médicaments (posologies, contre-indications, etc.) dans un contexte clinique donné ;
    • de « sécuriser leurs prescriptions  les plus complexes en temps réel » : par le biais d’une photo de l’ordonnance, Synapse vérifie automatiquement les prescriptions en prenant en considération le terrain clinique du patient et identifie toutes les interactions, les effets indésirables et les contre-indications ;
    • de « simplifier les recherches sur les médicaments » : toutes les informations synthétisées et contextualisées par Synapse « se réfèrent uniquement à des sources officielles toujours citées ».

  • Maladies rares : le futur institut GIPTIS disposera d’un système interconnecté de bases de données

    Le futur GIPTIS, dont l’ouverture est prévue à Marseille d’ici 2023, sera doté de « 6 plateformes technologiques de pointe, [d’]un système interconnecté inédit de bases de données et d’outils d’analyses performants« , et reposera sur des méthodes de management et des outils de collaboration « entièrement repensés ». Porté par l’Agence régionale de santé (ARS) PACA et l’Assistance publique-hôpitaux de Marseille (AP-HM), le GIPTS est présenté comme « le plus grand institut euroméditerranéen de lutte contre les maladies génétiques rares » (communiqué de novembre 2019). Son objectif est de relever les 4 défis suivants : accélérer les diagnostics ; accroître les capacités de recherche ; démultiplier le nombre de traitements efficaces et améliorer la prise en charge des malades et des familles.

    Pour cela, le modèle de l’institut s’appuie, en dehors de l’accès à des moyens techniques de pointe, sur 3 autres piliers :
    • une équipe de 500 experts : des médecins spécialistes et reconnus, des personnels paramédicaux engagés, des chercheurs de renommée internationale, 15 start-up issues des projets de recherche les plus prometteurs et une intégration précoce des experts du développement de médicaments ;
    • un lieu imaginé « pour faciliter la coopération entre les acteurs » : 21 000 m² accueillant des laboratoires de pointe, des espaces pensés pour le bien-être des malades et des familles, permettant une prise en charge « totalement personnalisée » des malades ;
    • « un territoire engagé dans un projet emblématique et citoyen » : la communauté scientifique et médicale mobilisée dès l’origine, les acteurs académiques, les associations de malades, les collectivités locales, le monde économique, les entreprises et la société civile.

    Imaginé par le Pr Nicolas Lévy, qui dirige le département de génétique médicale du centre hospitalier de Marseille, le GIPTIS sera une fondation reconnue d’utilité publique à but non lucratif composée d’une gouvernance mixte, « pour une coopération fructueuse des acteurs privés et publics », indique l’AP-HM.

    Modèle économique : un « autofinancement de l’exploitation »

    Le modèle économique du GIPTIS se veut novateur. Il permettra « de financer l’innovation et de garantir l’équité d’accès au soin pour tous les malades, sans surcoût pour les institutions publiques de soins et de recherche, grâce à l’autofinancement de l’exploitation par les revenus générés (propriété intellectuelle, activités de conseil, prestations technologiques, incubateur de start-up, exportation du modèle à l’étranger) et l’implication des donateurs, et au financement du bâtiment, assuré par les acteurs bancaires et investisseurs », note l’AP-HM (communiqué). 

    Maladies rares : 50 millions de personnes touchées autour de la Méditerranée

    Les maladies génétiques dites « rares » touchent actuellement environ 3 millions de personnes en France et 50 millions autour de la Méditerranée, contextualise le centre hospitalier marseillais, ajoutant que 95 % des malades sont sans traitement adapté et que 60 % d’entre eux sont des enfants.

    « Soigner mieux, plus vite [et] à plus grande échelle »

    L’objectif de l’institut GIPTIS est de « soigner mieux, plus vite [et] à plus grande échelle » en facilitant les collaborations « entre le meilleur des mondes public et privé, académique et industriel », synthétise l’AP-HM.

  • Gestion du Cnom : l’Ordre estime que la Cour des Comptes ignore son « énorme travail » sur la e-santé

    « Le Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom) conteste de nombreux points du contrôle effectué par la Cour des Comptes, tant sur le fond que sur la forme. » C’est ce qu’affirme le Cnom dans un communiqué daté du 9 décembre 2019 en réaction au « rapport public thématique » publié le jour même par la haute juridiction, qui épingle « des problèmes de gouvernance, de sérieuses défaillances de gestion, des insuffisances persistantes dans l’exercice de ses missions et un manque de rigueur dans le traitement des plaintes des patients ».

    L’Ordre regrette notamment que soit « purement et simplement ignorées » par le rapport de la Cour plusieurs de ses missions, et notamment celle concernant l’évolution des règles d’exercice : le rapport ne contient « rien sur la e-santé ou la télémédecine », alors que ce sont des sujets « absolument majeurs » sur lesquels l’institution affirme avoir « développé un travail de réflexion et de sensibilisation », qui fait d’elle « une référence au sein du monde de la santé », indique le Cnom. L’Ordre accuse le rapport d’ignorer « totalement » son « énorme travail » conduit en direction des plateformes de téléconsultation, alors que l’examen des contrats concernés a abouti à « obliger ces plateformes à revoir leur modèle ».

    La Cour demande « une remise en ordre urgente » de l’institution, avec 3 priorités, à savoir :
    • replacer la sécurité des patients au cœur des préoccupations de l’ordre ;
    • ouvrir sa gouvernance à des non médecins ;
    • achever la mutation de la justice ordinale.

    Le Cnom estime que la Cour « n’a pas reconnu [la] transformation profonde » dans laquelle il s’est engagé depuis 2013, « après l’élection d’une nouvelle équipe » : il dénonce « une volonté administrative de limiter [ses] missions et [ses] pouvoirs » et « d’affaiblir son ancrage territorial ». Il annonce qu’il « s’opposera fermement à toute tentative de cette nature ».

    Enseignements principaux du rapport de la Cour des comptes

    • La Cour des comptes remarque dans son rapport que l’Ordre « intervient fréquemment dans le champ de la défense des intérêts professionnels, empiétant ainsi sur le rôle des syndicats » en infraction aux « règles législatives qui encadrent son action depuis 1945 ».
      • Le Cnom annonce que, « parce qu’il est indépendant » et qu’« il est de sa responsabilité de donner l’alerte sur l’état du système de santé », il n’envisage pas de « modifier sa vision de son rôle institutionnel » mais « continuera d’assumer fortement ses combats éthiques et déontologiques », comme « ses propositions pour améliorer le système de santé, dans le débat public ».
    • La Cour pointe de « graves lacunes » du contrôle du respect par les médecins de leurs obligations de développement professionnel continu ou des règles déontologiques de la profession « au regard des relations avec l’industrie pharmaceutique notamment ».
      • L’Ordre invoque dans sa réponse « des comportements individuels condamnables de quelques élus ordinaux », qui « ne doivent pas cacher la réalité profonde qui est la très grande vigilance des conseils départementaux à assumer pleinement leur mission ».
    • La Cour des comptes dénonce également « des comptes souvent incomplets et insincères » pour des ressources « abondantes en augmentation rapide », « un contrôle interne défaillant », des dépenses « déraisonnables, parfois étrangères aux missions de l’ordre » et une politique salariale « hétérogène avec des niveaux de rémunération particulièrement élevés ».
      • L’Ordre indique que la Cour « s’appuie sur un choix comptable qui est différent de celui retenu par l’institution », regrette « une approche trop souvent parcellaire » et « une tendance à procéder par généralisation à partir de cas ponctuels » : il affirme avoir « diligenté des procédures disciplinaires et pénales à l’encontre des élus mis en cause » et « porté plainte à l’encontre des salariés impliqués ».
  • « L’intelligence artificielle : le médicament de demain ? » : débat le 17 décembre 2019 à Paris

    À l’ère de l’intelligence artificielle (IA), l’Association des cadres de l’industrie pharmaceutique (Acip) propose aux acteurs du secteur de s’interroger sur son utilisation dans le domaine pharmaceutique. Dans ce cadre elle organise une soirée conférence-débat intitulée « l’IA, le médicament de demain ? » le mardi 17 décembre 2019 à partir de 18h30 à Paris.

    Les personnes souhaitant participer à l’événement (payant) doivent retourner le bulletin d’inscription, téléchargeable via ce lien, par courrier au 183, avenue Charles de Gaulle – 92200 Neuilly-sur-Seine ou par email à contact@acip.asso.fr avant le 16 décembre 2019. Le règlement est à envoyer par voie postale à l’ordre de l’Acip.

    Programme et intervenants

    • « My Cite, 1er médicament connecté : innovation de rupture ou innovation incrémentale ? »

      • Avec Véronique Narboni, directrice médicale à Otsuka Pharmaceutical France
    • « Une lecture de l’avenir »

      • Avec Bertrand Rondepierre, research program manager, machine intelligence à Google AI
    • « Jumeaux numériques et produits pharmaceutiques »

      • Avec Pierre Tchoreloff, chercheur à l’Institut de mécanique et d’ingénierie de Bordeaux
    • « Renaissance des industries de santé par la 3DExperience Platform et l’intelligence artificielle »

      • Avec Alban Van Landeghem, senior business consultant life sciences industry à Dassault Systèmes.

    Débat animé par Michel Hannouin, président de l’Acip, et Agnès Devois, head of global medical information, global medical affairs, à Servier.

  • Pulsy lance une concertation sur le socle d’interopérabilité des services e-santé du Grand Est

    « Sans ce socle régional d’interopérabilité, nous ne serions pas en mesure d’offrir au Grand Est un écosystème favorable au déploiement rapide de solutions e-santé pérennes », explique le Grades Pulsy dans un communiqué publié le 5 décembre 2019. Dans ce cadre, il invite les acteurs de santé de la région à participer à une concertation pour la co-construction de ce socle, par le biais de 2 enquêtes en ligne : « utilisateurs », accessible via ce lien, et « technique », accessible ici.

    Pulsy met à la disposition de l’ensemble des acteurs de santé en région une plateforme en ligne ouverte pour qu’ils puissent accéder facilement à leurs services numériques. Le groupement rappelle que sa mission est de « mettre en œuvre le virage numérique en santé en région Grand Est, en cohérence avec la stratégie nationale de e-santé », une stratégie qui s’appuie sur des référentiels socles en matière d’éthique, d’urbanisation des systèmes d’information de santé, d’interopérabilité et de sécurité. Elle définit aussi 4 services socles nationaux : le dossier médial partagé (DMP), les messageries sécurisées de santé (MSSanté), la e-prescription et les services numériques d’appui à la coordination (Snacs).

    « La réalisation de cette mission nécessite un socle régional sécurisé et communicant », souligne Pulsy, qui ajoute que ce socle d’interopérabilité est complémentaires aux services et référentiels socles nationaux sur lesquels il repose :
    • il facilite l’usage des messageries MSSanté, permet d’alimenter le DMP, accélère le déploiement des Snacs ;
    • il permet de réduire les coûts d’intégration, d’accélérer le déploiement des solutions numériques en santé et d’augmenter les usages.

    Pour qu’ils soient accessibles à l’ensemble des professionnels de santé, les services numériques sont basés sur une infrastructure technique « fiable, ergonomique et sécurisée, constituée de briques socles », précise le Grades. Ces briques socles « doivent évoluer pour gagner en rapidité de connexion, en ergonomie d’utilisation [et] en facilité d’accès [et elles doivent aussi] s’enrichir en incluant de nouveaux besoins, comme le recueil centralisé du consentement des patients par exemple », indique André Bernay, directeur de Pulsy.

    Une infrastructure technique composée de briques socles

    L’infrastructure technique sur laquelle repose les services numériques du Grand Est permet :

    • d’offrir un point d’accès unique aux services numériques en santé ;
    • d’identifier les patients et les professionnels de santé sans risque d’erreur ;
    • de décrire l’offre de santé sur le territoire ;
    • d’éviter les ressaisies pour les professionnels de santé ;
    • de faire circuler les informations médicales pertinentes entre les professionnels habilités ;
    • de garantir la confidentialité des données transitant dans les applications e-santé.

    Cette infrastructure régionale est composé de briques socles, des éléments techniques que Pulsy opère pour le compte de ses membres.

    Actuellement, Pulsy met à disposition des utilisateurs les briques socles suivantes :

    • un site internet donnant accès à un bureau virtuel, « mes services », grâce à un système d’authentification unique sécurisée (Single Sign On – SSO) ;
    • un système d’échange de données informatisées (Enterprise Application Integration – EAI) ;
    • un service d’identitovigilance pour rapprocher les identités patients (Serveur de rapprochement d’identités – SRI) ;
    • un référentiel pour décrire l’offre de santé sur le territoire (ROR) ;
    • un annuaire des professionnels de santé (ANR).

    Présentation des briques socles :

    © Pulsy

  • Congrès télémédecine (SFSD) : une journée de formation pour tous les PS prévue fin janvier 2020 (ANS)

    « Il y a encore beaucoup de pédagogie à donner« , note Jacques Lucas, président de la future Agence du numérique en santé (ANS, actuelle Asip Santé). Intervenu lors du Congrès de la Société française de santé digitale (SFSD), qui se tient les 3 et 4 décembre 2019 à Paris, l’ancien président du Cnom annonce qu’une journée de formation dédiée à tous les professionnels de santé, « et non pas seulement les libéraux », sera organisée « vraisemblablement vers la fin janvier 2020 » sur la pratique de la télémédecine. La question de la formation des praticiens fait en effet partie des préoccupations centrales des acteurs au sujet de la télémédecine, une problématique qui ressort d’ailleurs régulièrement des échanges menés dans le cadre du Tour de France de la e-santé (Asip).

    • La session du congrès portant sur les organisations territoriales, Jacques Lucas rappelle que, dans le cadre des dérogations à l’avenant n°6, il serait possible de faire appel à des plateformes territoriales de télémédecine dans le cas où il n’y a pas de médecins à disposition dans une zone donnée. « Pour cela, vous devez avoir dans chaque CPTS les équipements nécessaires, note-t-il. Il existe alors les forfaits structures de l’Assurance maladie mais ce modèle n’est pas stable car les CPTS sont à géométrie variable, leurs besoins dépendent de leur extension. » Le président de l’ANS estime donc que des ajustements sont encore à réaliser sur ce point mais reste positif, constatant que, depuis 10 ans, « les mentalités ont changé [et] qu’il y a un alignement des planètes qui rendent les choses plus réalisables ».

    La Cnam insiste de son côté sur le fait d’être « attachée à la notion de territorialité ». « Dans le contexte du développement de l’exercice coordonné, des CPTS et des professions en pratique avancée, nous allons être amenés à reprendre le modèle de la télémédecine avec un engagement territorial« , indique Delphine Champetier, directrice de l’offre de soins au sein de la Caisse. Elle ajoute, de manière générale, que l’adhésion à la téléconsultation est en bonne progression depuis l’entrée de l’acte dans le droit commun : 65 000 actes remboursés en 1 an (NB : le PLFSS 2018 visait 500 000 actes dès 2019) et, depuis septembre, environ 3 500 téléconsultations en moyenne chaque semaine. « On ressent une forme d’appétence et de décollage », souligne Delphine Champetier.

    • En complément, Yann-Mael Le Douarin, conseiller médical télémédecine à la DGOS, fait un point sur le programme Etapes, dont le premier cahier des charges a été publié en 2016 et le premier patient engagé en 2018. « On constate une belle dynamique depuis : les professionnels de santé et industriels sont motivés et les patients sont en demande », commente-t-il. Conscient que l’enjeu ici est de savoir quel sera l’ »après Etapes », il rappelle que le programme prendra officiellement fin le 31 décembre 2021. « Y aura-t-il une généralisation des pratiques ? Et de quelle manière ? Des réflexions sont menées collectivement pour déterminer le point de sortie du dispositif et tirer des enseignement de ces évaluations, le but étant que, d’ici à fin 2021, nous parvenions à trouver le bon modèle, sur la base d’une coopération entre acteurs et d’une coordination ».
     
    À NOTER : La convention constitutive de la future ANS a été signée le 2 décembre 2019, annonce Jacques Lucas. La nouvelle instance devrait être officiellement lancée début 2020.