Europe

  • PathAI, nouveau fournisseur d’IA pour la recherche en pathologie des laboratoires pharmaceutiques

    Les récents partenariats entre laboratoires pharmaceutiques et start-ups marquent une évolution des tendances dans la recherche et le développement : recourir à des fournisseurs permet aux industriels de renforcer leurs capacités de recherche et de développement clinique. Parmi ces industriels figurent PathAI (États-Unis), un fournisseur de solutions basées sur intelligence artificielle (IA) pour la recherche en pathologie des laboratoires pharmaceutiques, qui émerge sur le marché.

    Fondée en 2016, la société s’est déjà rapprochée d’entreprises pharmaceutiques américaines :

    • Bristol-Myers Squibb (BMS) et le Fonds mondial d’innovation pour la santé Merck, filiale de Merck & Co basée à Kenilworth, dans le New Jersey, financent PathAI à hauteur de 75 millions de dollars (environ 67,67 millions d’euros). Ils rejoignent ainsi d’autres investisseurs comme LabCorp, General Catalyst et General Atlantic, qui ont mené le tour dans son ensemble.

    • Gilead Sciences collabore de son côté avec PathAI dans le domaine du traitement de la NASH ou stéatose hépatique non alcoolique.

    BMS et Merck soutiennent PathAI pour aider les pathologistes à poser des diagnostics rapides et précis

    • Enjeu: BMS, Merck et d’autres partenaires stratégiques prennent conscience qu’il est important de disposer des données les plus pertinentes possibles pour continuer à progresser dans le domaine en évolution rapide de l’immuno-oncologie, permettant ainsi d’accélérer les traitements nouveaux et améliorés pour les patients.
    • Objectif : aider les pathologistes à poser des diagnostics rapides et précis.
    • Contexte : les pathologistes, qui analysent des échantillons de tissus vivant (branche de la biologie appelée « histologie ») pour diagnostiquer une maladie, ont historiquement analysé ces échantillons manuellement. Plusieurs études montrent qu’après avoir formé un modèle avec plus de 250 000 annotations fournies par des pathologistes à l’aide de la plateforme de recherche PathAI, les performances analytiques des algorithmes font consensus pour les 5 pathologistes évaluateurs.

    Gilead collabore avec PathAI pour améliorer la compréhension de la NASH via IA

    • Enjeux :
      • mieux caractériser la NASH qui a des formes diverses ;
      • adresser la meilleure thérapie possible pour impacter la progression de la maladie ;
      • analyser plus rigoureusement la réponse au traitement ;
      • explorer des solutions novatrices pour des patients présentant une fibrose avancée due à la NASH.
    • Objectif : recourir à des outils d’IA pour l’évaluation de l’histologie du foie et contribuer aux travaux de Gilead pour améliorer la compréhension de la NASH.
    • Le contexte : la plateforme de recherche PathAI a évalué des biopsies après un « entraînement » sur plus de 68 000 annotations de 75 pathologistes certifiés. Il s’avère que les modèles de machine learning (apprentissage automatique) et le consensus de lectures des pathologistes indépendants présentent une haute cohérence pour les paramètres histologiques essentiels de la NASH. Ces résultats soulignent le potentiel de l’apprentissage automatique pour caractériser les patients cirrhotiques au-delà de la détermination histologique classique du stade de la maladie. 

    Cette technologie prometteuse développée par PathAI devrait permettre aux laboratoires pharmaceutiques d’assurer des progrès scientifiques et thérapeutiques continus aux patients dans divers aires thérapeutiques.

     

  • L’AP-HP présente ses nouveaux robots du 2 au 13 décembre 2019 : rencontre des équipes et démo

    10 hôpitaux de l’AP-HP sont équipés de robots chirurgicaux dernière génération. À l’occasion du 1er anniversaire de leur installation, les centres de soins invitent à rencontrer les équipes qui les utilisent et à manipuler un robot de démonstration du 2 au 13 décembre 2019.

    Avec un parc total de 13 robots chirurgicaux, l’AP-HP représente actuellement environ 30 % du parc francilien. « En investissant 52 millions d’euros sur 7 ans dans l’acquisition et l’exploitation de ces nouveaux équipements ainsi que dans la formation des équipes, elle affiche sa volonté de développer un programme global de chirurgie assistée par robot », indique-t-elle. L’établissement souhaite « aussi contribuer au débat international sur l’impact et les bénéfices de ces nouvelles pratiques pour les patients et être plus attractive auprès des chirurgiens et des équipes de blocs ».

    Les équipes (chirurgiens urologues, gynécologues, thoraciques et cardiaque, ORL, digestifs, adultes et pédiatriques, anesthésistes, paramédicaux…) des 10 hôpitaux de l’AP-HP équipés de ces robots se coordonnent pour :
    • optimiser l’usage de ces solutions ;
    • mutualiser les expériences ;
    • accélérer la formation des équipes de bloc ;
    • mener des projets de recherche.

    Programme

    • Lundi 2 décembre à l’hôpital Henri-Mondor ;

    • Mardi 3 décembre à l’hôpital Necker – Enfants malades ;

    • Mercredi 4 décembre à l’hôpital Pitié-Salpêtrière ;

    • Jeudi 5 décembre à l’hôpital Tenon ;

    • Vendredi 6 décembre à l’hôpital Bicêtre ;

    • Lundi 9 décembre à l’hôpital Cochin ;

    • Mardi 10 décembre à l’hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP) ;

    • Mercredi 11 décembre à l’hôpital Bichat ;

    • Jeudi 12 décembre à l’hôpital Saint-Louis ;

    • Vendredi 13 décembre à l’hôpital Robert-Debré.

    Le programme détaillée est disponible sur le site de l’AP-HP, accessible via ce lien.

    Chiffres clés

    • 13 robots chirurgicaux installés dans les hôpitaux Bicêtre, Bichat, Cochin, Georges-Pompidou (2), Henri-Mondor (2), Necker – Enfants malades, Pitié-Salpêtrière (2), Robert-Debré, Tenon ;
    • 13 disciplines : chirurgie cardiaque, colorectale, digestive, hépatobiliaire, infantile, plastique, surrénalienne, thoracique et viscérale ; gynécologie ; ORL ; stomatologie et urologie ;
    • Au 30 septembre 2019, 37 chirurgiens formés, 125 IBODE, 3 formations stérilisation réalisées dans chaque établissement ;
    • 1 500 opérations réalisées en 2019 avec le robot Da Vinci (Intuitive Surgical).

    Des robots aux applications diverses

    • L’AP-HP a installé fin 2018-début 2019 dans ses hôpitaux 9 nouveaux robots chirurgicaux Da Vinci de dernière génération (hôpitaux Bicêtre, Bichat, Cochin, européen Georges-Pompidou, Henri-Mondor, Pitié-Salpêtrière, Robert-Debré, Saint-Louis et Tenon).
    • Ils s’ajoutent aux 4 robots déjà installés à l’HEGP, à la Pitié-Salpêtrière, Mondor et Necker-Enfants malades.

    Le robot permet aux équipes de réaliser des interventions complexes de chirurgie ablative (par exemple l’exérèse d’une tumeur) ou reconstructive, et notamment « d’améliorer la précision du geste opératoire pendant les interventions » et au chirurgien d’adopter « une position plus ergonomique » tout au long du programme de la journée :

    • meilleure vision en 3D de haute définition du champ opératoire grâce à un effet de grossissement ;
    • articulation des instruments à sept degrés de liberté et des mouvements intuitifs ;
    • contrôle de la caméra par l’opérateur ;
    • disparition du « fulcrum effect » ou effet levier au niveau des orifices de trocarts.

    13 disciplines actuellement concernées

    Le produit peut actuellement être utilisé dans 13 disciplines : chirurgie cardiaque, colorectale, digestive, hépatobiliaire, infantile, plastique, surrénalienne, thoracique et viscérale ; gynécologie ; ORL ; stomatologie et urologie.

    Un robot utilisé avec l’intervention des équipes pluridisciplinaires dédiées

    « Le robot n’est jamais utilisé seul (prolongement des mains du chirurgien), précise l’AP-HP. Il fait intervenir des équipes pluridisciplinaires dédiées composées notamment de chirurgiens, anesthésistes, infirmiers de bloc opératoire, instrumentistes, ingénieurs, agents de stérilisation… formées spécifiquement à l’utilisation de ces robots dans les semaines suivant leur installation. »

    Robots chirurgicaux : « l’ambition de l’AP-HP est mondiale »

    « L’ambition de l’AP-HP dans ce domaine est mondiale », note l’établissement, qui souhaite devenir « un centre important de prise en charge des patients, de formation des équipes et d’innovation en robotique chirurgicale ». Au-delà de la robotique, l’enjeu est « la généralisation de la chirurgie mini-invasive – robotique ou cœlioscopique – pour tous les patients éligibles et la formation des jeunes à ces techniques chirurgicales ».

    Les enjeux de la recherche sont, entre autres, :

    • d’identifier les indications les plus adaptées de chirurgie robotique dans les différentes disciplines ;
    • de valider de nouvelles indications ;
    • d’étudier les aspects médico-économiques.
  • IA et santé : une vision « décalée » des patients et des professionnels de santé (étude Ipsos/MACSF)

    « Les professionnels de santé et les patients ont une vision décalée sur l’intelligence artificielle (IA) et la santé de demain », observe la MACSF sur la base d’une étude commandée à Ipsos. La mutuelle d’assurance spécialiste des professionnels de santé relève que « les patients surestiment l’usage actuel de l’IA dans les pratiques médicales », tandis que les professionnels de santé (PS) « sous-estiment l’importance que les patients accordent à la sécurité de leurs données personnelles ».

    Enseignements clés de l’enquête :

    • Près de la moitié des personnes interrogées (45 %) déclarent penser que l’imagerie médicale automatisée est utilisée souvent par les professionnels de santé, alors que ces derniers ne sont que 4 % à déclarer avoir utilisé cette technologie. 18 % des patients croient également que les algorithmes d’aide à la décision sont « souvent » utilisés dans le domaine de la santé, alors que seuls 5 % des professionnels déclarent les avoir utilisés.

    • 39% des patients estiment que les consultations de demain « seront réalisées en majorité à distance » (contre 22 % des PS – mais 42 % des pharmaciens) et 27 % qu’elles seront effectuées « en majorité par des robots » (contre 14 % des PS – mais 23 % des pharmaciens).

    • En revanche, patients et professionnels « partagent la même crainte de déshumanisation de leurs relations dans l’avenir » : 47 % des patients et 34 % des professionnels de santé placent ce risque en tête des raisons pour lesquelles elles pourraient évoluer négativement.

    Le DMP, plus connu qu’utilisé

    Malgré les 69 % de notoriété du dossier médical partagé (DMP), seuls 32 % des patients déclarent en avoir ouvert un, et seuls 16 % des professionnels de santé (PS) l’ont déjà utilisé (37 % des généralistes, 8 % des spécialistes et 36 % des pharmaciens).

    Les pharmaciens sont les pionniers de la promotion du DMP : 81 % d’entre eux l’ont évoqué devant un patient (dont 50 % « d’eux-mêmes »), contre 77 % des généralistes (15 % spontanément) et 30 % des spécialistes (8 % spontanément).

    Parallèlement, 64 % des PS estiment que le DMP est capable d’apporter « une optimisation de la prise en charge » (« sans aucun risque » pour 49 % d’entre eux), contre 44 % des patients.

    Les données, une préoccupation des patients méconnue des médecins

    94 % des patients déclarent que la sécurité de leurs données personnelles de santé est importante pour eux, (58 % la jugent « très importante »), alors que seuls 73 % des professionnels de santé estiment que les patients y accordent de l’importance, « soit un écart de 20 points », notent les auteurs de l’étude. En revanche, 88 % des pharmaciens sont conscients de cette préoccupation.

    Le recours à l’IA, un risque de « déshumanisation »

    Professionnels de santé et patients sont peu nombreux (17 %) à estimer que le recours à l’intelligence artificielle (IA) dans la santé ne comporte aucun risque. Ils expriment en chœur une crainte de déshumanisation de la relation (44 % des PS et 30 % des patients) mais restent cependant convaincus que le recours à l’IA dans la santé présente des bénéfices : professionnels (38 %) comme patients (36 %) citent en premier lieu « une meilleure fiabilité des soins ».

    Les GAFAM, un risque pour les données plus que pour le système de santé selon les sondés

    Le rôle des GAFAM dans la santé n’est connu que par un tiers du grand public (34 %), contre 64 % des professionnels (88 % des pharmaciens).

    Les PS sont 62 % à estimer que les investissements de ces groupes en santé n’apporteront aucun bénéfice, contre seulement 44 % des patients.

    Pour 48 % des professionnels de santé, le risque que posent les GAFAM réside dans la baisse de la sécurité des données personnelles : seuls 28 % des patients sont du même avis. Par ailleurs, seuls 16 % des patients comme des professionnels placent en tête des risques potentiels la remise en cause du système de santé français.

  • TakeCareShow 2020, journée nationale sur la e-santé : le 10 octobre à Reims (inscriptions ouvertes)

    La 3ème édition du TakeCareShow, journée nationale de la e-santé organisée par Innovhealth et Hélium, aura lieu le 10 octobre 2020 au Centre des congrès de Reims.

    Le TakeCareShow a pour objectif de rassembler l’ensemble des professionnels de la santé et de la e-santé (hôpitaux, assurances, mutuelles, fabriquant d’objets connectés, acteurs de la silver économie, etc.), qui présenteront les dernières technologies développées au niveau mondial.

    La journée est rythmée par des conférences, des débats et des tables rondes portant sur la santé de demain à échelle internationale. Pour l’édition 2020, un espace salon sera mis en place pour proposer aux professionnels et au grand public de découvrir les dernières innovations du secteur.

    Le programme détaillé de l’événement sera dévoilé ultérieurement. Les inscriptions, gratuites, sont d’ores et déjà ouvertes. Elles sont à réaliser en ligne en suivant ce lien.

  • Paris : un DU de technicien santé connectée avec l’AP-HP et Air Liquide Healthcare

    Former « les futurs techniciens respiratoires de la prestation de santé à domicile qui accompagnent les patients atteints de maladies chroniques ». C’est l’objectif du premier diplôme universitaire (DU) « Technicien santé connectée » lancé par l’université de Paris (Institut universitaire technologique Diderot et l’UFR de médecine Diderot) en partenariat avec l’AP-HP et Air Liquide Healthcare. Dans le communiqué daté du 26 novembre 2019, il est souligné que « la multiplication des dispositifs médicaux connectés » représente « un enjeu majeur de l’évolution de ces métiers dans un contexte d’augmentation du nombre de patients chroniques suivis en-dehors de l’hôpital« .

    La création de cette formation témoigne de la volonté de la filière de « construire un référentiel et des standards communs » pour les techniciens chargés d’assurer l’initiation du traitement à domicile ainsi que « la mise en œuvre du dispositif médical, le suivi et la motivation du patient et de son entourage ».  

    Outre des enseignements médicaux et techniques en physiologie, physiopathologie, réglementation et métrologie, la formation proposera des cours pratiques en « oxygénothérapie, sommeil, ventilation » ainsi que des modules sur « le relationnel avec le patient, la protection des données ou la télésurveillance ». L’enseignement sera dispensé par des enseignants universitaires et des experts d’Air Liquide Healthcare sous la forme de modules e-learning, de cours magistraux et de travaux pratiques, avec dans ce dernier cas « une chambre qui simule le domicile du patient ». Le DU s’est vu attribuer la certification Cofrac « qualité des services en formation continue ». 

    Une promotion pilote (2019) a permis à une vingtaine de techniciens d’Air Liquide Healthcare, d’approfondir leurs connaissances et de valider à la fois les attentes des étudiants et le contenu pédagogique. Le DU sera accessible au public externe pour l’année universitaire 2020 – 2021.

  • SAS : la CN-URPS-ML propose 1 filière dédiée à la médecine de ville par un numéro d’appel spécifique

    « Créer une filière de prise en charge (PEC) par la médecine de ville des SNP/PDSA identifiée par un numéro d’appel dédié, le 116 117, et en informer massivement la population » : c’est l’une des 8 propositions émises par la Conférence nationale des URPS Médecins libéraux (CN-URPS-ML), en réponse à l’engorgement des urgences et au plan national établi par le ministère des Solidarités et de la Santé.

    Avec cette suggestion, la CN-URPS-ML réagit à l’une des propositions présentées par Agnès Buzyn en septembre 2019, qui est de « mettre en place dans tous les territoires un service distant universel pour répondre à toute heure à la demande de soins des Français : un « service d’accès aux soins » (SAS).

    Les présidents des URPS-ML jugent l’idée louable mais estime « impératif » d’instaurer « d’indispensables garde-fous compte tenu des volumes d’appels que la mise à disposition d’un SAS pourrait entraîner ». En outre, ils estiment que la mise en œuvre du dispositif tel qu’il est envisagé par le ministère risque « de créer, après l’engorgement des urgences, l’engorgement des SAS avec le risque supplémentaire que cette nouvelle organisation des SAS absorbe à elle seule les 340 millions d’euros du budget total alloué« .

    En résumé, la CN-URPS-ML suggère de mettre en place pour le SAS :
    • une filière dédiée à la médecine de ville par un numéro d’appel spécifique directement accessible par la population ;
    • des assistants de régulation médicaux (ARM) dédiés à ce numéro ;
    • une régulation médicale libérale de ces appels, pouvant notamment s’organiser en régulation délocalisée ;
    • une gouvernance de ce SAS par une cogestion paritaire (ville/établissement hospitalier) ;
    • une campagne pédagogique sur le bon usage de ce service qui rappelle que le médecin traitant doit être le premier sollicité.

    SAS : la CN-URPS-ML estime nécessaire d’instaurer des « garde-fous »

    « Créer une filière de prise en charge (PEC) par la médecine de ville des SNP/PDSA identifiée par un numéro d’appel dédié, le 116 117, et en informer massivement la population » : il s’agit de la proposition n°1 de la CN-URPS-ML, émise en réaction à la volonté du ministère de mettre en place un  service d’accès aux soins (SAS).

    Les présidents des URPS-ML adhèrent à la mesure mais estiment nécessaire d’instaurer des « garde-fous ».

    Créer une filière spécifique « médecine de ville »

    Selon eux, « l’appel d’air généré par ce SAS (ouverture du service à toute demande de soins, y compris les demandes de rendez-vous des patients auprès des médecins traitants, des spécialistes…) rend incontournable la nécessité de créer une filière spécifique « médecine de ville », sauf à noyer les urgences vitales qui nécessitent une réponse immédiate au milieu d’un afflux massif d’appels des patients et à ajouter ainsi une couche supplémentaire au « mille-feuille » déjà existant. »

    Un coût qui risque d’être « exorbitant »

    Le coût de l’organisation de ce SAS « sera exorbitant », juge la CN-URPS-ML, si « on crée un numéro unique, avec un décroché par un premier assistant de régulation médicale (ARM) qui dispatche vers le service jugé adéquat en fonction du type d’appel, que l’appel est ensuite décroché à son tour par l’ARM dudit service avant transfert au régulateur hospitalier et/ou libéral ».

    « Il le sera d’autant plus que pour garantir un décroché immédiat permanent sur les appels relevant d’une détresse vitale, l’organisation du numéro unique devra être calquée en permanence sur celle des pics d’activité », complète-t-elle.

    Le risque, selon les présidents des URPS-ML, est d’aboutir à un « engorgement des SAS » et que cette nouvelle organisation « absorbe à elle seule les 340 millions d’euros du budget total alloué ».

    La visite « oubliée » par le ministère dans les réponses apportées

    Dans le plan de refondation des urgences présentée par Agnès Buzyn, il est indiqué que parmi les réponses apportées figurent « un conseil médical et paramédical, une prise de rendez-vous pour une consultation avec un médecin généraliste dans les 24 h, une téléconsultation ou une orientation vers un service d’urgences ou de recevoir une ambulance » (dossier de presse).

    « Elle oublie ainsi de citer la visite en méconnaissant la réalité de terrain que les médecins régulateurs ont à traiter ainsi que les consultations chez les spécialistes », note la CN-URPS-ML.

    La problématique des CPTS

    Les présidents des URPS-ML reviennent également sur une autre précision du plan national : « Ce service devra être territorial et piloté de concert par les acteurs hospitaliers des Samu et les professionnels libéraux des CPTS (…) ».

    Le déploiement des CPTS est en cours, rappelle la CN-URPS-ML, et a pour objectif de couvrir l’ensemble du territoire d’ici à 2022, « ce qui est loin d’être gagné », commente l’organisation.

    Elle note surtout une « certaine redondance » avec le SAS puisque l’un des missions socles des CPTS est de mettre en place sur leurs territoires respectifs une organisation collective garantissant une réponse au demande de soins non programmés. « Il faudra en conséquence s’assurer à ne pas rajouter une nouvelle couche au mille-feuille », notent les présidents des URPS-ML.

    Ils ajoutent par ailleurs qu’il ne s’agit que de l’une des missions socles : « Tout projet de CPTS devra prendre des engagements sur l’ensemble des missions socles. Il sera donc impératif de trouver un cadre plus souple pour permettre aux territoires qui ne sont pas encore en capacité de se projeter sur un projet abouti de CPTS, de pouvoir se structurer pour la prise en charge des soins non programmés, tout en bénéficiant de financements ad hoc. »

    Ainsi, les CPTS, « dans leur forme actuelle et à court terme », ne peuvent pas selon le syndicat constituer l’unique réponse organisationnelle. Il note de plus qu’il faut également prendre en compte que, « parmi les outils et les éléments nécessaires à l’organisation d’une réponse aux SNP, certains peuvent être mutualisés sur plusieurs CPTS ».

    Selon la CNURPS-ML, « chaque territoire doit en conséquence pouvoir développer de façon souple, desorganisations qui tiendront compte à la fois :

    • de la démographie du territoire ;
    • de l’offre, qu’elle soit en zone rurale ou urbaine avec les associations locales de permanence des soins – sans oublier d’y associer SOS Médecin – qui contribuent largement, notamment en zone urbaine, à la réponse aux SNP et à la PDSA ».

    Les 8 propositions des URPS-ML pour réduire l’engorgement des urgences

    • Propositions des présidents des URPS-ML réunis au sein de la Conférence nationale URPS-ML.

    Proposition n°1 : créer une filière de prise en charge (PEC) par la médecine de ville des SNP/PDSA identifiée par un numéro d’appel dédié : le 116 117 et en informer massivement la population ;

    proposition n°2 : s’appuyer impérativement sur une régulation médicale libérale des appels qui permet l’évaluation du degré d’urgence ;

    proposition n°3 : déployer la possibilité de recours aux téléconsultations et/ou télé-expertises afin d’élargir le panel des offres de PEC des SNP par la médecine de ville ;

    proposition n°4 : mettre en place un dispositif d’admission hospitalière réservé aux médecins libéraux ;

    proposition n°5 : s’appuyer sur les organisations « d’amont » mises en place par la médecine de ville ;

    proposition n°6 : faire évoluer les modes de rémunération des médecins libéraux pour contribuer efficacement au désengorgement des urgences ;

    proposition n°7 : élargir les horaires de PDSA au samedi matin ;

    proposition n°8 : attribuer une compensation financière aux hôpitaux, lorsque leurs services d’urgences s’efforcent de réorienter vers la ville les patients ne nécessitant qu’une consultation simple.

  • Le Cnop en faveur d’un DP accessible aux patients : une consultation publique prévue en 2020

    « Nous nous mobiliserons [pour que le dossier pharmaceutique (DP)] trouve pleinement sa place dans l’espace numérique personnel de santé », notamment pour le rendre « accessible directement par les patients ». C’est ce qu’annonce Carine Wolf-Thal, présidente du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens (Cnop), intervenue à l’occasion de la Journée de l’Ordre le 25 novembre 2019 à la Maison de la Chimie à Paris. Elle fait part de son ambition de « lancer un prototype » ainsi qu’une consultation du grand public et des associations de patients sur ce sujet « dès le 1er semestre 2020 ».

    Carine Wolf-Thal s’est « réjouie » de voir le DP et les pharmaciens « en bonne place dans la feuille de route du gouvernement » sur les ruptures d’approvisionnement, avec la reconnaissance du DP-Ruptures comme « outil central » pour « améliorer les échanges d’informations entre les différents acteurs de la chaine ».

    Alors que le DP continue à se développer avec « plus de 38 millions de patients » concernés, « la prochaine évolution souhaitable » serait selon elle de le rendre « obligatoire dans les établissements de santé comme il l’est à l’officine » afin de renforcer la continuité des soins ville-hôpital.

    « Pleinement impliqué dans la transformation numérique du système de santé », le Cnop attend les textes d’application sur le Health data hub afin de déterminer comment les pharmaciens « pourront s’y inscrire ». Il plaide parallèlement pour « une mise en œuvre rapide de la prescription électronique ».

    Les multiples usages du dossier pharmaceutique (DP)

    Les premières officines seront connectées d’ici la fin 2019

    La mise en place de la sérialisation, issue d’une directive européenne visant à lutter contre les médicaments falsifiés, « représente un véritable défi [pour] l’ensemble des acteurs de la chaîne » du médicament, qui « se sont pleinement mobilisés » : l’Ordre des pharmaciens annonce que « dans la foulée des établissements de santé, les premières officines seront connectées d’ici à la fin de l’année ». Ce processus permettra au dossier pharmaceutique (DP) de démontrer son utilité selon l’organisation car il rendra possible la « pseudonymisation » et la sécurisation des données collectées grâce la mise à disposition en officine d’un connecteur.

    L’accès et les fonctionnalités du DP prochainement élargis

    Carine Wolf-Thal rappelle que le DP verra « prochainement » élargis « son accès et ses fonctionnalités » conformément à la loi santé avec « l’enregistrement des dispositifs médicaux implantables » par les professionnels de santé et la possibilité offerte aux biologistes médicaux d’y avoir accès.

    La présidente du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens (Cnop) relève que la fonction retraits-rappels du DP « se développe également », avec le blocage de la dispensation, objet d’un engagement pris par l’Ordre en janvier 2018 au moment du retrait de produits de nutrition infantile de marque Lactalis. Elle ajoute que le DP permet également à l’Ordre de fournir régulièrement aux autorités des études sanitaires, qui sont de « véritables outils d’aide à la décision » selon elle.

    Interprofessionnalité, décloisonnement, portail internet

    « Prendre le virage de l’interprofessionnalité »

    Carine Wolf-Thal estime que les nouvelles missions dévolues aux pharmaciens « ne pourront être déployées que dans un cadre d’exercice coordonné ». Estimant que c’est au sein des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) qu’ils pourront « pleinement les mettre en œuvre », elle les appelle à « prendre le virage de l’interprofessionnalité ».

    Un appel à un « rapprochement entre pharmaciens » 

    La présidente appelle parallèlement à un « rapprochement entre pharmaciens » dans le cadre du décloisonnement ville-hôpital, « autre axe de progression majeur en matière de coopération » : il s’agit de « garantir la continuité du parcours de soins des patients et la sécurité de leur prise en charge médicamenteuse (…) dans un contexte de vieillissement de la population et [de] recours accentué à l’ambulatoire », explique-t-elle.

    Bientôt de nouveaux services personnalisés en ligne via un portail dédié proposés aux pharmaciens

    Carine Wolf-Thal annonce enfin que le Cnop proposerait prochainement aux pharmaciens « de nouveaux services personnalisés en ligne via un portail dédié ». Celui-ci leur permettra de « consulter les données relatives à leur inscription au tableau » de l’Ordre et de « faire tout type de démarches auprès de leur section ».

  • Docaposte crée un think tank pour favoriser l’acculturation des professionnels de santé au numérique

    Docaposte, filiale numérique du groupe La Poste, lance un think tank sur la santé et le numérique réunissant des experts et des acteurs de la transformation du secteur. L’instance de réflexion et de proposition aura pour objectif de réfléchir aux solutions favorisant le déploiement à grande échelle de la e-santé en France et à l’international, précise la société, qui a présenté ce nouvel organisme le 25 novembre 2019 lors de son symposium « Les 3 sphères » consacré à la e-santé.

    « Convaincu que la santé de demain reposera sur l’interconnexion entre les trois sphères – familiale, médicale et médico-sociale – centrées sur le patient et sur la confiance dans le numérique, Docaposte, (…) hébergeur de 45 millions de dossiers pharmaceutiques, souhaite apporter sa contribution au développement de la e-santé », contextualise la société (communiqué).

    Les travaux du think tank « Les 3 sphères » viseront à « favoriser l’acculturation des professionnels de la santé au numérique et celle des professionnels du digital à la santé » afin de mieux faire aboutir les projets dans ce domaine et faire émerger une filière e-santé de référence en France. Les orientations et recommandations de l’instance « seront partagées avec les parties prenantes de la e-santé, à l’échelle nationale et internationale », indique Docaposte.

    L’instance a été créée sous l’impulsion de Régis Sénégou, directeur « e-santé » de Docaposte, et David De Amorim, directeur adjoint « e-santé » en charge de l’innovation et des partenariats au sein de la société. Elle compte actuellement 10 membres.

    Les membres fondateurs du think tank « Les 3 sphères » :

    • Dr Fabrice Denis
      • Oncologue à la clinique Victor Hugo au Mans, Chercheur au CNRS et ancien chercheur à l’Inserm en biologie, créateur de la première application au monde de dépistage et de prévention du cancer du poumon
    • Dr Gérard Friedlander
      • Médecin-chercheur, néphrologue, physiologiste, Doyen de la faculté de médecine de l’Université Paris-Descartes qui a créé la 1ère chaire d’intelligence artificielle en santé.
    • Dr Benoit Gallix
      • Professeur de radiologie à l’IHU de Strasbourg et à l’Université de Mac Gil, à Montréal, où il a réalisé des travaux pionniers sur l’intelligence artificielle et la santé
    • Anne Lalou-Schneider
      • Fondatrice et directrice de la Web School Factory, une des premières écoles sur le digital en France, Présidente de l’Innovation Factory, Membre du Conseil national du numérique (CNN)
    • Chahra Louafi
      • Directrice du Fonds « Patient Autonome » de Bpifrance, au cœur du financement de la deep tech santé en France
    • Pr Jean-Pierre Michel
      • Professeur émérite de la Faculté de Médecine de Genève, membre de l’Académie de Médecine Coordinateur d’un rapport européen sur le maintien à domicile des séniors
    • Dr Ludovic Moy
      • Gynécologue – obstétricien à Rennes, qui incarne la e-santé appliquée, trophée de télémédecine
    • Dr Alain Tolédano
      • Oncologue, Président du conseil médical de l’institut d’oncologie des Hauts-de-Seine et Président de l’Institut Rafael, précurseur en médecine intégrative
    • Régis Sénégou
      • Directeur e-santé de Docaposte
    • David de Amorim
      • Directeur adjoint e-santé de Docaposte en charge de l’innovation et des partenariats
  • Urgences : les médecins des centres de santé dénoncent l’idée de consultations par des MG (AP-HP)

    « Revoilà les consultodromes ? », s’inquiète l’Union syndicale des médecins de centres de santé (USMCS). Dans un communiqué publié le 18 novembre 2019, le syndicat critique l’appel à candidature (AAC) lancé par l’AP-HP en octobre (clos le 8 novembre) dans l’optique de proposer à des médecins généralistes de « participer à l’organisation de consultations non programmées en lien avec les équipes des services d’accueil d’urgence » pour des patients se présentant aux urgences et dont l’état de santé relève des soins de premier recours.

    « On s’en souvient, il fut un temps où l’AP-HP s’apprêtait à fermer les urgences de l’Hôtel-Dieu, rappelle l’USMCS. Elle avait imaginé de créer, à la place des urgences, une sorte de fast-food médical servant à volonté et à toute heure des consultations médicales sans régulation et sans contrôle. Et tout ça avec l’argent de la sécu (…). Funeste projet, rapidement abandonné. »

    Le Dr Éric May, président du syndicat, regrette que ce projet refasse surface, et notamment le fait que l’AAC fasse « fi des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) dont les soins non programmés font pourtant partie des missions socles » (source : Lequotidiendumedecin.fr).

    Il remet également en cause la pertinence des consultations proposées, estimant que « cela ne rend pas service aux usagers car hors du parcours de soins ». L’initiative de l’AP-HP est selon lui « une réponse facile et opportuniste là où il faudrait prendre le temps de réfléchir avec les acteurs existants« .

    « Consultodromes » : « l’inquiétude renait »

    L’inquiétude de voir se développer des « consultodromes » renaît, dénonce l’Union syndicale des médecins de centres de santé (USMCS) :

    • l’appel de l’AP-HP vise à ouvrir ces « corners » dédiés aux soins non programmés dans 4  hôpitaux dans les prochains mois : Antoine-Béclère, Bicêtre, Lariboisière et Tenon, contextualise l’USMCS ;
    • des opérateurs privés annoncent publiquement qu’ils vont « aller chercher les patients directement aux urgences », complète-t-elle.
    • « Pour en faire quoi ? », s’interroge le syndicat.

    Les revendications de l’USMCS :

    • « Non à une médecine productiviste d’un autre âge ;
    • non au gaspillage de l’argent de la sécurité sociale et oui au paiement au forfait ;
    • oui il faut organiser la réponse aux demandes de soins non programmés au niveau des territoires avec tous les acteurs ;
    • oui il faut intensifier les coopérations entre équipes hospitalières, équipes de centres de santé, médecins de ville et CPTS ;
    • oui à des moyens pour sauver l’hôpital public mais aussi, pour organiser et financer les coopérations ville-hôpital au service des usagers ;
    • oui à la refondation de notre système de santé. »

    Soins non programmés : descriptif de l’appel à candidature lancé par l’AP-HP

    En octobre 2019, l’AP-HP a lancé un appel à candidature (AAC) afin de créer des centres de soins non programmés tenus par des médecins de ville, en lien avec des services d’urgences. L’idée est de proposer aux patients qui se présentent aux urgences et dont l’état relève des soins de premiers recours d’être réorientés, s’ils l’acceptent, vers des consultations non programmées de médecine générale.

    Un appel à destination des hôpitaux Bicêtre, Antoine-Béclère, Tenon et Lariboisière

    4 AAC ont été lancés respectivement à Antoine-Béclère, Bicêtre, Lariboisière  et Tenon, à destination « des médecins, d’exercice libéral ou salariés des organismes médicaux de premier recours, ou les organismes eux-mêmes ». Dans chaque établissement, l’AP-HP propose de mettre à disposition des professionnels des locaux « au sein ou à proximité immédiate des structures de médecine d’urgence », contre « une redevance d’occupation ».

    L’appel est clos depuis le 8 novembre 2019.

  • Conférence sur les freins et leviers du déploiement de l’innovation en santé : le 04/12/2019, Paris

    Présenter les freins et les leviers du déploiement de l’innovation en santé, et partager les points de vue des acteurs sur le sujet : c’est l’objectif de la conférence « Comment mettre en musique les innovations en santé ? », organisée à Paris le 4 décembre 2019 à partir de 17 heures par l’association Alliance Voltaire, dont l’une des missions est d’accompagner les projets d’innovations dans le domaine de la santé, avec le Pôle Santé de l’université Paris Dauphine-PSL et Dauphine Executive Education (offre « formation continue » de l’université).

    Au cours de la soirée interviendront des universitaires, des professionnels de santé, des industriels et des représentants de patients.

    « Le système de santé subit de profondes mutations et doit faire face à de nombreux enjeux liés aux évolutions des besoins. Pour y répondre, l’organisation, la qualité et la pertinence des soins doivent être repensées, contextualise Alliance Voltaire. Les nouvelles technologies et la recherche d’efficience des soins ont permis l’émergence de nouveaux acteurs, générant ainsi des problématiques tout au long du parcours du patient. »

    Les inscriptions à l’événement, gratuites, doivent être réalisées sur le site Weezevent.com, accessible via ce lien.

    Programme

    17h : mots d’accueil

    • Béatrice Fermon, responsable de l’Executive MBA Santé Dauphine ;
    • Christian Anastasy, président, Alliance Voltaire

    17h15 : Comment le chef d’orchestre conçoit-il une interprétation innovante respectueuse des musiciens et de la partition ?

    17h40 : table ronde « Pourquoi l’innovation doit passer d’un fait ponctuel à son institutionnalisation ? »

    Avec :

    • Corinne Blachier Poisson, directeur général, Amgen France ;
    • Hélène Cart-Grandjean, directrice recherche AP-HP, Centre-Université de Paris ;
    • Michel Cremadez, membre fondateur, Institut français de l’expérience patient ;
    • Renaud Michel, directeur général, Office d’hygiène sociale (OHS) de Lorraine ;
    • Floréal Peix, directeur « méthodes études et qualité », Groupe Elior ;
    • André Rossinot, médecin, ancien ministre.

    18h15 : les défis du management de l’innovation et de son déploiement à grande échelle

    19h30 : cocktail dinatoire