Europe

  • HDW19 – H&TI Webinar : les challenges IA en santé (visionner l’échange)

    Faire un état des lieux des challenges IA en santé et présenter les modes d’emploi à suivre pour mieux intégrer l’intelligence artificielle dans le secteur. Tel était l’objectif du webinar organisé par Health & Tech Intelligence le 19 novembre 2019 dans le cadre de la Health Data Week, une semaine d’événements dédiés aux données de santé (18-22 novembre 2019). La session était animée par le Dr Béatrice Falise-Mirat, directrice scientifique de Care Insight. Hugo Mania, chargé de mission cloud & datacenter au ministère de l’Économie et des Finances, était l’invité spécial de cette session. 

    Les intervenants ont abordé la stratégie économique française fondée sur la diffusion de l’IA dans les entreprises mais également au sein des enceintes européennes et internationales. L’idée était de donner des éléments de réponses pour savoir comment faire émerger et structurer une offre française, et comment la rendre accessible pour ainsi développer sur le long terme une économie française et européenne de la donnée.

    La conférence a été l’occasion de présenter plus en détail le fonctionnement du dispositif « Challenges IA », dont l’objectif est de favoriser des démarches d’open innovation entre les entreprises ou les entités publiques confrontées à des enjeux numériques et les start-ups ou PME, qui proposeront des solutions innovantes.

    La vidéo de cet échange, disponible en ligne ici et visionnable ci-dessous, permet d’en savoir plus sur la manière de participer à ces challenges.

    Visionner le webinar : « les challenges IA en santé acteurs de santé – start-ups/PME : une opportunité d’open innovation« 

  • Serenice, réseau de radiologues ville/hôpital : une prise en charge centrée sur les nouvelles technos

    Un réseau regroupant radiologues libéraux et hospitaliers pour aider les spécialistes à se recentrer sur leur activité médicale. C’est l’objectif central de Serenice, un groupement d’intérêt économique (GIE) présenté par des radiologues à l’occasion des Journées francophones de radiologie (JFR) en octobre 2019, et mis en place en partenariat avec le groupe Nehs (partie industrielle du GIE). Environ 80 radiologues sont rassemblés dans ce réseau, sur quelques 8 800 praticiens recensés en France.

    Plus précisément, Serenice vise :
    • à apporter une réponse « concrète, moderne et innovante » aux enjeux actuels rencontrés par les professionnels de l’imagerie médicale, libéraux et hospitaliers, au service d’une meilleure qualité de prise en charge des patients ;
    • à proposer aux radiologues un « réseau d’excellence », basé sur un projet médical partagé et d’un bouquet de services leur permettant de se consacrer « à 100 % au médical en déléguant le reste aux partenaires du réseau », avec notamment un accès à une plateforme de téléradiologie dédiée ;
    • à proposer aux patients « un label de qualité » identifiable dès la prise de rendez-vous, « garantie d’une qualité d’accompagnement et d’une prise en charge repensée », réalisée via les technologies et les équipements les plus innovants disponibles, avance le GIE.

    N’importe quel radiologue peut rejoindre le groupement à condition de s’engager à adhérer à la charte Serenice. Il est accompagné pour se mettre en conformité avec les objectifs fixés par cette charte. Après 2 années d’adhésion à la démarche, un audit est mené « afin de garantir le niveau d’excellence et la réponse aux critères fixés », explique Serenice. Cet audit est conduit par le comité de la labellisation indépendant du GIE.  

    Sernice souhaite rassembler d’ici à la fin de l’année 2021 près de 1 000 radiologues dans toute la France.

    Contexte : l’imagerie médicale, un paysage « morcelé et concentré »

    Serenice est né d’un constat partagé par plusieurs radiologues hospitaliers et libéraux, et notamment le Pr Frank Pilleul, responsable du  centre de radiologie au Centre de Lutte contre le cancer Léon Bérard à Lyon, président de Serenice :

    • « le paysage de l’imagerie médicale en France est extrêmement morcelé et concentré : plus de 50% des effectifs sont répartis sur 4 régions » :
      • cela entraîne la création de déserts médicaux spécifiques au secteur, complexifiant le parcours de soins des patients ;
    • de plus en plus de jeunes radiologues choisissent le salariat en raison :
      • des contraintes imposées par la gestion quotidienne ;
      • l’évolution de la réglementation ;
      • l’ampleur des investissements à réaliser.
        Conséquence : les cabinets disparaissent petit à petit, faute de repreneurs.
    • le secteur hospitalier connaît en répercussion une pénurie de candidats :
      • plus de 40 % des postes de radiologues à l’hôpital sont vacants.

    Un projet médical partagé, une volonté de préserver l’indépendance financière et capitalistique des structures membres du réseau

    Face à ce contexte, « il est donc urgent d’agir, à la fois pour simplifier la gestion courante des professionnels de l’imagerie médicale et apporter des solutions concrètes pour fluidifier le parcours des patients, en assurant un meilleur accès aux soins radiologiques », souligne Serenice (dossier de presse).

    Dans ce cadre, les radiologues fondateurs du GIE ont mis au point une structuration dédiée, adaptée aux attentes de la profession. « Au cœur de Serenice figurent un projet médical partagé et une volonté claire de préserver l’indépendance financière et capitalistique des structures membres du réseau, à une époque où les fonds d’investissements cherchent à consolider le secteur sans en maîtriser les enjeux, précise le groupement. Le sens de Serenice est précisément d’éviter la concentration de la profession aux mains d’un nombre réduit d’acteurs, et de remettre l’humain et la qualité de la prise en charge du patient au cœur. »

    3 niveaux de labellisation

    Une offre de services pour regagner du temps médical

    Serenice repose également sur l’accès à une offre de services pour permettre au radiologue de consacrer l’intégralité de son temps à l’activité médicale, avec :

    • un accès à une centrale d’achat dédiée (mutualisation des achats assurance, téléphonie, énergie, équipement informatique bureautique, entretien et hygiène…) et de référencement (solutions et équipements médicaux) ;
    • un accès à des services de gestion experte externalisés (juridique, RH, comptabilité, fiscalité, télésecrétariat…) ;
    • un accès à une plateforme de téléradiologie dédiée ;
    • un accès à un portail de services et d’échanges : forum, messagerie sécurisée, job board, fil d’actualités, partage de cas didactiques, prise de rendez-vous en ligne et consultation des résultats… ;
    • une participation à la gouvernance du GIE via notamment l’accès aux commissions thématiques.

    Le réseau met aussi à disposition de chaque adhérent un conseiller dédié qui lui suggère les solutions les plus adaptées pour atteindre ses objectifs, notamment en proposant des services complémentaires à la carte.

    Serenice : 80 radiologues répartis dans toute la France

    Cartographie des radiologues hospitaliers et libéraux qui composent Serenice à l’automne 2019 :

    • le réseau regroupe à date près de 80 praticiens dans toute la France sur quelques 8 800 praticiens en France.

    Une prise en charge réalisée via les technos et équipements « les plus innovants »

    « La seconde vocation clé de Serenice est de proposer aux patients un label de qualité immédiatement identifiable dès la prise de rendez-vous », ajoute le réseau, l’idée étant de les guider dans leur parcours de soins.

    L’objectif du GIE est de « devenir un sceau reconnaissable synonyme de qualité et d’accompagnement personnalisé, dans le cadre d’une prise en charge des patients repensée et personnalisée ».

    Serenice propose plus précisément au patient :

    • un accueil personnalisé, adapté à son âge et à son état de santé ;
    • la garantie d’une intégration accrue de l’imagerie médicale dans le parcours de soins : les résultats du patient et le compte rendu du praticien lui sont accessibles via un espace digital dédié ;
    • un label d’excellence dans le secteur de l’imagerie médicale : en passant par le réseau, les patients ont « la garantie de disposer d’une prise en charge réalisée via les technologies et les équipements les plus innovants disponibles », indique le GIE.
  • Un Observatoire territorial pour mesurer la contribution de la radiologie à la M4P+ (Snitem et SFR)

    « Mettre en lumière, au niveau du territoire, le rôle contributif de la radiologie aux parcours de prise en charge » et à la médecine 4P+ (prédictive, préventive, personnalisée, participative, populationnelle), entre autres à travers les innovations déployées au sein du secteur et notamment le développement de l’usage de l’intelligence artificielle (IA). Tel est l’objectif de l’Observatoire territorial de la radiologie créé par le Snitem Imagerie et la Société française de radiologie Innovation (SFR innovation), qui se sont engagés à l’occasion des JFR de printemps (juin 2019, Nîmes) dans un partenariat visant au développement de cette « structure virtuelle ».

    « La radiologie apporte une contribution indiscutée à la médecine 4P+ mais elle était jusqu’alors difficilement mesurable, contextualisent les 2 partenaires dans un communiqué publié le 19 novembre 2019, annonçant la création de l’observatoire. L’accès aux données du territoire et leur analyse sont essentielles à la radiologie si l’on souhaite qu’elle soit en capacité d’évaluer avec justesse, de simuler avec précision et de piloter avec pertinence ses contributions. »

    Dans le but de permettre aux radiologues de « rendre tangibles » leurs apports à la médecine 4P+, l’observatoire vise « à colliger, à classer, à qualifier et à mettre à disposition » informations et recommandations dans le domaine de la radiologie au sein d’un territoire.

    3 projets pilotes ont été identifiés entre industriels et professionnels de la radiologie, dont 1 (Canon Medical – CHU de Dijon) portant spécifiquement sur le rôle de l’innovation, et notamment de l’IA, en radiologie. Les autres projets allient respectivement GE Healthcare et le CH de Valenciennes (mesures de l’efficacité de la radiologie de territoire) ainsi que Siemens et le CH de Châlons-sur-Saône (focus sur la filière insuffisance cardiaque).

    À noter : le Snitem Imagerie et la SFR Innovation prévoient de présenter l’avancée de leurs travaux menés conjointement à l’occasion des prochaines JFR de printemps, qui se tiendront à Nîmes les 4 et 5 juin 2020.

    Objectifs principaux de l’Observatoire territorial de la radiologie :

    • illustrer la contribution de la radiologie à une démarche de qualité et de pertinence des soins, de sécurité des prises en charge et d’efficience ;
    • favoriser une « structuration territoriale robuste » de l’offre au regard des besoins, appuyée par un « solide corpus d’indicateurs clés de performance définis de concert avec les professionnels concernés ».

    Les 3 projets pilotes

    • Canon Medical – CHU de Dijon :

      • rôle de l’innovation en radiologie (intelligence artificielle, type de scanner…) dans la qualité de la prise en charge des urgences du point de vue diagnostic et économique ;
    • GE Healthcare – CH Valenciennes :

      • mesures plurifactorielles de l’efficacité de la radiologie de territoire (attractivité des établissements, délais d’accès à l’IRM sur 2 pathologies marqueuses, mise en œuvre des plans de soins post-imagerie, qualité du diagnostic avec ou sans IA en mammographie) ;
    • Siemens – CH Châlons-sur-Saône :

      • évaluation de la pertinence des demandes d’imagerie pour la filière insuffisance cardiaque.
  • Rapport Medicus AI : les biologistes médicaux doivent s’impliquer dans la biologie délocalisée

    La biologie délocalisée, mode d’exercice de la biologie médicale à l’extérieur du laboratoire, se développe rapidement en France malgré une réglementation insuffisante. Ses dispositifs de prélèvements connectés échappent aux organismes d’accréditation comme aux biologistes médicaux qui, depuis les laboratoires d’analyses médicales, devraient en prendre le contrôle selon un rapport rédigé par Medicus AI.

    Ce document, publié en octobre 2019 et intitulé Le biologiste Augmenté, analyse les raisons pour lesquelles les biologistes médicaux devraient s’emparer de cette biologie délocalisée d’après les témoignages de nombreux experts de la spécialité et des nouvelles technologies, tels que François Blanchecotte, Philippe Cart-Lamy, Sylvie Cormont, Sylvain Gabuthy, Jean-Philippe Galhaud, Bruno Gauthier, David Gruson, Eric Laine, Yvon Merlière, Serge Payeur et Eric Sevin.
    Il aborde l’émergence de ce nouveau mode d’exercice, contexte marqué par la fusion des laboratoires, l’émergence de la médecine 4P, une perte de contact avec les patients et la nécessité d’une réaffirmation de la place centrale des biologistes médicaux dans le parcours de soins.
    Les auteurs du rapport proposent également plusieurs exemples de nouvelles technologies pleinement adoptées par les biologistes médicaux ayant posé les bases d’une biologie augmentée voire délocalisée, et mettent en avant les problèmes posés par la biologie délocalisée.

    Afin d’ouvrir les réflexions proposées par ce rapport, Health & Tech Intelligence revient par ailleurs sur une expérimentation de biologie délocalisée constituant un modèle contrôlé par des biologistes médicaux : Di@pason.

    Contexte : fusion des laboratoires et médecine 4P

    La biologie médicale évolue dans un contexte marqué en particulier par la fusion des laboratoires d’analyses médicales et l’émergence de la médecine 4P (préventive, prédictive, personnalisée et participative).

    Fusion des laboratoires 

    En première partie de son rapport, Medicus AI relève d’abord une évolution du nombre et de la taille des laboratoires d’analyses médicales : ceux-ci sont de moins en moins nombreux mais de plus en plus importants. Cette tendance est en particulier liée à la fusion des laboratoires, fusion motivée par le nombre croissant d’examens à réaliser quotidiennement au moyen de nouveaux automates de plus en plus variés, complexes et coûteux ainsi que par la financiarisation de ce type de structures.

    Selon les biologistes médicaux interrogés dans le cadre de ce rapport, ces fusions pourraient se poursuivre et faire de la biologie médicale une discipline de plus en plus « technique », « industrielle » et soumise « à des échéances financières capitalistiques ». Cette issue qu’aucun ne souhaite pourrait conduire au recrutement de plus en plus de sous-traitants non issus de professions de santé en particulier pour la réalisation des tâches administratives et techniques liées à l’exercice de la biologie médicale (administration, maintenance, contrôle qualité, etc.). Le risque d’une telle évolution serait alors de faire du biologiste médical un spécialiste  prestataire de service mis à disposition des médecins non biologistes et privé du contact avec les patients. L’utilisation des nouvelles technologies par les biologistes médicaux devrait alors non éloigner la patientèle mais au contraire faciliter le contact des patients comme des autres spécialités médicales et pharmaceutiques avec ces biologistes médicaux, réaffirmant la place centrale de ces derniers dans les parcours de soins.

    L’un des interviewés, président d’un syndicat de biologistes libéraux, François Blanchecotte, évoque par ailleurs, dans la continuité des fusions, la possibilité d’une transformation des laboratoires d’analyses médicales en « pôles diagnostics [réunissant autour des biologistes] anatomo-pathologistes et radiologues ». Si de tels pôles centraliseraient en un même point de nombreux spécialistes, déformant un maillage territorial déjà peu dense et hétérogène, ils renforceraient cependant, d’après François Blanchecotte, « la fonction centrale [des biologistes médicaux] auprès des médecins [prescripteurs] ».

    La fusion des laboratoires d’analyses médicales pose donc au moins 2 questions :

    • celle de l’égalité d’accès à la biologie médicale sur le territoire – égalité perturbée par la concentration de laboratoires de taille importante dans les grandes villes que des solutions numériques et la télémédecine pourraient permettre de compenser en partie ;
    • celle de l’affirmation de l’importance du biologiste médical dans le parcours de soins – position centrale affaiblie par la technicisation de la spécialité mais que des contacts renouvelés avec d’autres professions de santé ou l’utilisation de solutions permettant de libérer plus de temps médical au bénéfice des patients permettraient de réaffirmer.

    Décennie de l’innovation et de la médecine 4P 

    • Innovations techniques

    D’après les experts du domaine de la biologie médicale interrogés, la discipline sera transformée en profondeur au cours de la prochaine décennie par des innovations technologiques telles que de nouvelles plateformes mobiles permettant notamment d’optimiser le suivi des patients, des intelligences artificielles et logiciels d’aide à la prise de décision médicale de plus en plus performants, etc.

    Pour ce faire, la spécialité devra cependant dépasser les difficultés liées au stockage et au traitement des données générées de plus en plus massivement lors examens biologiques. En effet, la révolution de la data se trouve en biologie médicale « freinée par une mauvaise gestion des données des patients » ainsi que par un équilibre encore précaire entre l’exploitation et la protection de celles-ci. Cette mauvaise gestion des données est d’abord liée à une formation encore insuffisante dans le domaine : aux yeux des interviewés, « la connaissance de l’écosystème des datas pourrait constituer un enjeu majeur pour l’avenir de la profession, et à ce titre faire partie du programme d’enseignement et de la formation continue à l’innovation ».

    Le développement de ces technologies amène au moins deux préoccupations. D’abord, le recours à des technologies de l’information pourrait, au lieu de rapprocher biologistes et patients, détériorer la relation patient-professionnel de la santé. Puis, la multiplication des technologies à destination des patients et visant pourtant à faciliter la gestion de leur dossier médical, leurs rendez-vous médicaux, etc. pourrait au contraire être perçue comme une difficulté par certains malades comprenant déjà mal un écosystème de santé complexe.

    • Innovations organisationnelles

    « Les systèmes de santé sont de façon globale impactés par l’émergence des maladies chroniques comme première cause de mortalité et de coûts. Or, ces maladies ont en commun de se développer en partie sur des comportements à risques », rappellent les auteurs du rapport.

    Cette émergence des maladies chroniques, en santé publique, a pour conséquences :

    • la nécessité de mettre en place plus de programmes de dépistage et d’actions de prévention des risques ;
    • le besoin de rendre les individus acteurs de leur santé afin que les programmes et actions précédents parviennent à modifier durablement les comportements ;
    • la complexification de parcours de soins de plus en plus longs et pluridisciplinaires ;
    • finalement, l’émergence d’une médecine des 4 P : prédictive, préventive, personnalisée, participative.

    Dans ce contexte et en accord avec la loi HPST, David Gruson note que le biologiste médical « doit pouvoir redéployer [son rayon d’action] à l’échelle des territoires afin d’accompagner au mieux [les patients] dans [leur] parcours de soin » et de devenir un acteur de cette médecine des 4 P. Pour réaliser cette évolution, le biologiste médical peut alors s’appuyer sur le numérique qui :

    • permet d’analyser au mieux de nombreuses données permettant de réaliser la composante « prédictive » de la médecine des 4 P ;
    • propose, par le recours aux nouvelles technologies de l’information, de diffuser très largement des informations de santé au sein d’une population de plus en plus connectée et ainsi d’optimiser certaines stratégies de prévention tant primaire que secondaire ;
    • peut soutenir la tendance à la personnalisation de la médecine en recourant à différents capteurs connectés et à des applications mobiles de santé permettant de connaître plus précisément chaque patient et ainsi d’adapter finement sa prise en charge ainsi que les informations à délivrer ;
    • tend à rendre les individus de plus en plus acteurs de leur santé par des dispositifs connectés (applications mobiles, serious games, etc.) permettant à la fois de prendre le contrôle de sa prise en charge et d’intégrer activement – et non de recevoir passivement – diverses informations de santé.

    Philippe Cart-Lamy et Eric Sevin ajoutent que pour promouvoir ces potentiels nouveaux rôles du biologiste médical, des investissements pourraient dans le futur émaner des assurances et des mutuelles.

    Des solutions pour rapprocher les patients du laboratoire et libérer du temps médical pour le biologiste

    Dans ce contexte marqué par la fusion des laboratoires d’analyses médicales et l’apparition d’innovations tant techniques qu’organisationnelles, de nouvelles solutions de e-santé ont été conçues et continuent d’être développées dans le domaine de la biologie médicale.

    Objectifs de ces solutions

    Les dispositifs de biologie connectée visent en particulier à :

    • rapprocher les patients du laboratoire ;
    • restaurer des liens avec d’autres professionnels de santé, c’est-à-dire développer la complémentarité interdisciplinaire en particulier entre biologistes médicaux, prescripteurs et infirmiers ;
    • libérer du temps médical pour le biologiste, permettant au spécialiste de dépasser des contraintes structurelles et de concentrer ses efforts sur l’interprétation et l’explication des informations : les biologistes recherchent donc des solutions caractérisées par une simplicité d’usage et une certaine « cohérence des données » ;
    • proposer des aides à l’analyse et au diagnostic ;
    • évaluer les risques et augmenter le niveau de sécurité des décisions médicales.

    Exemple de solutions

    Les solutions numériques développées en biologie médicale « vont de simples applications qui reproduisent les services existants à des fonctions plus complexes enrichissant les parcours de santé que ce soit dans le domaine de la gestion de la maladie ou de la prévention », indique le rapport. «  Dans ce dernier domaine, la préservation et l’exploitation du capital-santé exige un contrôle continu et gardé en mémoire (“quantified self“) », précise par ailleurs David Gruson.

    Plus concrètement, un premier exemple d’application du numérique à la biologie médicale est le compte rendu augmenté. Ce compte-rendu augmenté, espèce d’équivalent de la prescription électronique en biologie médicale, vise à rendre les résultats plus accessibles, plus transparents et clairs à la fois pour le patient et le prescripteur de l’examen (adjonction possible de conseils vers une première action à réaliser).

    Le dossier médical partagé (DMP) peut par ailleurs être utilisé par les biologistes médicaux afin de proposer aux patients de visualiser plus facilement leur historique biologique. L’utilisation du DMP par les biologistes médicaux permet également de faciliter l’information des médecins prescripteurs et des pharmaciens d’officine puisque ceux-ci peuvent également avoir accès, via le DMP et après recueil du consentement du patient, à l’historique biologique du patient.

    De nombreuses solutions permettant une analyse rapides des prélèvements à distance du laboratoire sont également développées, permettant à la télémédecine d’émerger également en biologie médicale et de créer la biologie délocalisée.

    Émergence de la télémédecine en biologie médicale : l’avènement de la biologie délocalisée

    François Blanchecotte présente la biologie délocalisée comme une « biologie hors-les-murs » tout juste naissante et encore peu contrôlée : les actes de biologie réalisés à distance ne sont pour la plupart ni accrédités par des organismes reconnus ni contrôlés par des biologistes médicaux. Bruno Gauthier affirme pourtant que ces actes relèvent de la biologie médicale, et qu’ainsi « le biologiste doit [se rendre] responsable de cette nouvelle façon de faire » afin de garantir la qualité des résultats rendus. A cette fin, des expérimentations telles que le projet Di@pason sont mises en place.

    Flou juridique

    Les débuts de la biologie délocalisée ont lieu « dans une déréglementation totale », affirment plusieurs interviewés.

    « Le domaine de la biologie délocalisée est relativement flou. La législation, le mode de fonctionnement, les différents acteurs, les différents responsables, ce qui est réalisable ou non par le patient, etc. : tant que toutes ces questions ne sont pas [résolues], la biologie délocalisée n’aura pas d’avenir fiable, et ça serait une énorme opportunité ratée pour la France », déclare Sylvain Gabuthy, directeur de développement pour Les Biologistes Indépendants.

    En fait, le développement de la biologie délocalisée semble « irréversible ». Elle pourrait, dans le futur, permettre de répondre aux problèmes liés à la désertification médicale et la mobilité de populations vieillissantes. Il ne s’agit pas d’interdire des pratiques mais, afin de répondre correctement à un engouement pour la télémédecine, de s’engager dans ce nouveau mode d’exercice afin de le contrôler.

    Exemple du projet Di@pason

    Le projet Di@pason est une expérimentation qui vise à intégrer la biologie délocalisée dans les parcours de soins des patients chroniquement sous traitements anti-vitamine K (AVK) pour la mesure régulière de la valeur de leur INR (rapport normalisé international).

    • Objectif du projet

    L’expérimentation Di@pason vise d’abord à moderniser le parcours de soins des patients sous AVK en ville. Il s’agit plus précisément de recourir à la biologie délocalisée et à diverses solutions numériques (logiciels d’aide à la prescription d’examens complémentaires, logiciels d’aide à l’analyse de l’interprétation des prélèvements, logiciels d’aide au traitement des prélèvements, transmission électronique sécurisée de protocoles de prélèvements, etc.) afin :

    • de renforcer la coordination des professionnels de santé ;
    • d’assurer un maillage territorial le plus dense et homogène possible, et de ce fait une plus grande égalité d’accès aux soins ;
    • d’augmenter le niveau de qualité et de sécurité des prises en charge ;
    • de diminuer la durée du parcours de soins (de plus de 6 heures actuellement à environ 15 minutes).
    • Principes de mise en œuvre du projet

    Concrètement, selon les principes de la télémédecine ce projet propose de ne plus réaliser les prélèvements au laboratoire mais au domicile du patient. Avec l’aide d’un infirmier équipé d’un dispositif portable connecté (type LapPad INR d’AVALUN) permettant de prélever une goutte de sang capillaire et de communiquer de façon continue avec un laboratoire d’analyses médicales (par l’intermédiaire d’applications métier telles que PAS de SIL-LAB INNOVATION), un résultat de mesure d’INR peut être rendu rapidement au patient.

    Afin de rendre cet exemple d’application de la biologie délocalisée plus efficient, le programme Di@pason prévoir par ailleurs d’inciter les médecins prescripteurs de la mesure d’INR à fournir à l’infirmier en amont du prélèvement un protocole permettant d’adapter immédiatement, en cas d’urgence et sous la supervision du biologiste ou du prescripteur, la posologie du traitement AVK.

    • Modèle économique

    La prise en charge de ce nouveau type de parcours est prévue sous la forme d’un « forfait rattaché au patient permettant d’inclure […] l’ensemble des actes biologiques et infirmiers réalisés ».

    • Déploiement de Di@pason

    Ce projet a fait l’objet de premières expérimentations de petite échelle impliquant des biologistes médicaux, des médecins et des infirmiers de la région Auvergne Rhône-Alpes : en 2017, ces phases précoces d’expérimentation ont en particulier été cofinancées, via le projet TSN CORINNE, par l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, l’ARS Grand-Est, E-Meuse Santé et  le Conseil départemental de la Meuse.

    Di@pason a par la suite été autorisé pour 18 mois à compter de l’inclusion du premier patient par un arrêté paru le 4 octobre 2019 au journal officiel dans le cadre de la loi de financement de la sécurité sociale. Ce projet s’inscrit par ailleurs dans les axes de la Stratégie nationale de Santé 20118-2022 visant une prise en charge modernisée et plus accessible des patients souffrant en particulier de maladies chroniques sur l’ensemble du territoire.

    Cette expérimentation pourrait dans le futur servir de modèle à la réorganisation des parcours de soins des patients souffrant de maladies chroniques nécessitant la mesure régulière de constantes biologiques.

  • HDW19 : Recherche, IA et santé – focus sur les 3IA Pr[AI]rie à Paris, Côte-d’Azur et MIAI Grenoble

    Un jumeau numérique pour anticiper le diagnostic ; analyse des données et médecine de précision ; intelligence artificielle (IA) et recherche translationnelle. Tels sont les thématiques centrales des projets respectivement portés par les instituts interdisciplinaires d’intelligence artificielle (3IA) Pr[AI]rie (Paris), Côte-d’Azur et MIAI Grenoble, présentés dans le cadre du colloque « Données de santé et intelligence collective », organisé le 18 novembre 2019 par le ministère des Solidarités et de la Santé en ouverture de la Health Data Week, une semaine d’événements centrés sur les données de santé.

    Health & Tech Intelligence revient en détail sur les 3 instituts, chacun portant un projet spécifique axé sur la recherche et l’IA appliquées au domaine de la santé :
    • 3IA Pr[AI]rie (Paris) : un jumeau numérique pour anticiper le diagnostic ;
    • 3IA Côte d’Azur (oncologie) : utiliser les données pour améliorer la santé grâce à la médecine de précision ;
    • 3IA MIAI Grenoble : la recherche translationnelle au cœur du projet.

    Pour rappel, les 3IA ont été lancés en avril 2019 par le ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, dans le cadre de la stratégie nationale de recherche en IA présentée en 2018.

    3IA Pr[AI]rie (Paris) : un jumeau numérique pour anticiper le diagnostic

    • Présenté par Stéphanie Allassonière, Chaire 3IA PRAIRIE Paris, professeure de mathématiques à l’université Paris Descartes, professeure associée à l’École polytechnique.

    L’Institut Pr[AI]rie : informations clés

    • 5 partenaires académiques : CNRS, Inria Paris (coordinateur), Institut Pasteur, université Paris Sciences & Lettres (PSL) et université de Paris ;
    • 17 industriels mécènes de la recherche et aussi des start-ups ;
    • engagements de collaboration bilatérales avec des laboratoires internationaux (NUS, NYU, etc.) : échange d’étudiants et de chercheurs ;
    • soutien de l’AP-HP, de l’Inserm et d’instituts comme Imagine, l’ICM et Parcc ;
    • lien avec le Health Data Hub.

    La santé dans l’institut 

    • thématiques diverses :

    Focus sur le programme de jumeau numérique

    3IA Côte d’Azur (oncologie) : utiliser les données pour améliorer la santé grâce à la médecine de précision

    • Présenté par Olivier Humbert, Chaire 3IA Côte-d’Azur – MCU-PH médecine nucléaire et biophysique, université de Côte d’Azur.

    3IA Côte d’Azur : 4 axes scientifiques

    • 1. L’IA fondamentale ;
    • 2. la médecine numérique ;
    • 3. la biologie computationnelle et l’IA bio-inspirée ;
    • 4. les territoires intelligents et sécurisés.

    67 entreprises sont partenaires de l’institut. Il y a une forte thématique « santé » dans le cadre de l’axe 2 et 3 (médecin numérique).

    La médecine de précision en oncologie :

    Exemple avec le cancer du sein :

    Projet 1 : cancer broncho-pulmonaire traité par immunothérapie

    Projet 2 : cancer du sein traité par chimiothérapie néoadjuvante

    3IA MIAI Grenoble : la recherche translationnelle au cœur du projet

    • Présenté par Alexandre Moreau-Gaudry, Chaire 3IA MIAI Grenoble, PU-PH biostatistique, informatique médicale et technologies de communication, université de Grenoble Alpes.

    3IA MIAI : 1 axe « santé »

    Un focus sur la deep care : une volonté de faire de la recherche translationnelle

    Une vision « intégrée » de la santé

    Des données en vie réelle pour améliorer l’engagement des patients dans leur santé

    • Exemples de projets :
    • Focus sur le projet sur les données des bases de la MSA :

  • Estonie : le volontariat pour le partage des données permet la mise à disposition de solutions

    La bio-banque d’Estonie (Estonian Biobank), créée en 2000, est basée sur le volontariat de la population. Actuellement, elle rassemble des données sur la santé et la génétique d’environ 20 % de la population adulte estonienne, soit près de 200 000 personnes. L’Estonian Genome Center de l’université de Tartu (EGCUT), qui gère cette base, a utilisé les données disponibles de cette dernière dans le cadre de projets de recherche nationaux et de collaborations internationales.

    Le Pr Andres Metspalu, directeur de l’EGCUT, est revenu en détail sur cet outil lors du FD Health Day, organisé le 13 novembre 2019 à Paris par France Digitale. L’occasion pour Health & Tech Intelligence de faire le point sur ce modèle centré sur la collaboration étroite entre citoyens et professionnels de santé.

    En résumé, le fonctionnement de cette bio-banque repose sur :
    • un enrôlement de volontaires basé sur le volontariat et l’engagement des médecins ;
    • un cadre législatif : le Human Genes Research Act (HGRA), soit la loi relative à la recherche sur les gènes humains, permet à la bio-banque d’accéder au système de santé en ligne, aux registres nationaux et aux bases de données hospitalières afin de mettre à jour en continu les informations sur la santé de tous les participants ;
    • une vision internationale : partenariat avec le consortium européen BBMRI, qui a pour objectif de préparer une infrastructure paneuropéenne de recherche sur les bio-banques et les ressources biomoléculaires pour la recherche biomédicale et biologique en Europe et dans le monde ;
    • un retour éclairé assuré auprès des patients.

    Un enrôlement de volontaire basé sur le volontariat et l’engagement des médecins

    Les volontaires sont recrutés par des médecins généralistes et par des médecins hospitaliers formés. Après enregistrement de leur consentement (« gene donor consent form« ), leur profil est documenté (antécédents personnels et familiaux, facteurs de risques, habitudes de vie, métier, …) avec le médecin pendant une consultation de près de 2 heures à travers :

    • le remplissage d’un questionnaire CAPI (Computer Assisted Personnal Interview) ;
    • la prise d’un certain nombre de mesures (taille, poids, paramètres physiologiques…).

    Engagement : fournir des commentaires personnalisés aux participants

    Le programme national de médecine personnalisée estonien (2015-2018) prévoit que la génomique devienne partie intégrante du système de santé national. Les données générées à la bio-banque permettent de prédire le risque de maladie, d’identifier des facteurs de risque pouvant faire l’objet d’une action médicale et d’optimiser la prescription de médicaments et potentiellement retarder l’apparition de la maladie.

    La restitution des résultats génomiques individuels aux participants de la bio-banque a commencé en 2016. L’hypercholestérolémie familiale a été utilisée comme modèle au cours de cette première étape. D’autres axes sont explorés (cancer du sein et pharmaco-génomique). Il est prévu d’intégrer ces données au système médical dans les années à venir.

    Le système national intégrera donc les données des différents prestataires de soins estoniens avec leur profil génétique afin de créer un dossier de santé commun pour chaque patient.

    Une population informée et favorable :

    Un effort continu a été réalisé depuis la création de la bio-banque et de l’EGCUT pour communiquer largement sur les objectifs de cette démarche, en particulier à travers des conférences, des événements, des sessions de questions-réponses et des publications.

    Une enquête annuelle est réalisée pour évaluer la connaissance de l’EGCUT et l’opinion de la population estonienne sur le sujet. Selon le sondage réalisé à 2010 :

    • 85 % des Estoniens indiquent être au courant des activités de l’EGCUT ;
    • 59 % disaient par ailleurs fortement soutenir le projet : le nombre de personnes opposées a toujours été inférieur à 4 %.

    Exemples de retours faits aux patients :

    Un retour personnalisé est réalisé aux participants à la bio-banque :

    • type d’informations transmises :
    • exemples de rapports fournis aux participants :

    Un cadre législatif rapidement mis en place

    Le Human Genes Research Act (HGRA), soit la loi relative à la recherche sur les gènes humains, a été mis en place dès janvier 2001.

    Elle a pour objectif :

    • de réglementer la création et le maintien d’une banque de gènes ;
    • d’organiser les recherches génétiques nécessaires ;
    • de garantir le caractère volontaire du don de gènes et la confidentialité de l’identité des donneurs de gènes ;
    • de protéger les personnes.

    Cette loi et le consentement signé par tous les participants permettent à la bio-banque d’accéder au système de santé en ligne, aux registres nationaux et aux bases de données hospitalières afin de mettre à jour en permanence les informations sur la santé de tous les participants.

    La recherche : un engagement international

    L’EGCUT a utilisé les données disponibles dans la bio-banque estonienne pour des projets de recherche nationaux et dans le cadre de collaborations internationales.

    La bio-banque est partenaire du consortium européen BBMRI, qui a pour objectif de préparer une infrastructure paneuropéenne de recherche sur les bio-banques et les ressources biomoléculaires pour la recherche biomédicale et biologique en Europe et dans le monde.

  • Journée de mobilisation pour l’hôpital public : soignants et managers demandent une hausse de l’Ondam

    « Seuls une réponse à la hauteur des enjeux et un investissement important permettront de répondre au désarroi des médecins et des soignants », affirme le Cnom dans un communiqué publié ce 14 novembre 2019, à l’occasion de la journée de mobilisation organisée « pour l’hôpital public » à l’appel du collectif inter-hôpitaux. L’Ordre estime que « les difficultés que rencontre depuis longtemps l’hôpital public, et qui se cristallisent aujourd’hui », ne pourront être réglées sans « briser les frontières trop longtemps hermétiques entre l’hôpital et le monde libéral et entre les différents professionnels de santé ».

    70 directeurs médicaux des départements médico-universitaires de l’AP-HP alertent dans une tribune publiée dans Le Monde du 14 novembre sur des « difficultés croissantes » qui leur « font craindre un point de rupture irréversible ». « Nous ne sommes plus en mesure d’assurer nos missions dans de bonnes conditions de qualité et de sécurité des soins », déclarent ces professionnels, jugeant que le « système s’écroule ».

    Le collectif appelle à une « refonte complète du mode de financement et de la place de l’hôpital public dans notre système de santé » et demande en « urgence » :
    • de réviser à la hausse l’Ondam ;
    • de revaloriser le salaire des personnels paramédicaux, infirmiers en premier lieu, et des médecins ;
    • de faciliter l’accès aux logements à proximité des lieux d’exercice des agents et de créer pour eux des places en crèche.

    Le SMPS veut « (re)faire l’hôpital »

    Le Syndicat des managers publics de santé (SMPS) propose pour sa part dans une tribune intitulée «(Re)faire hôpital » : 

    • une « régionalisation de la gouvernance en santé » avec la mise en place d’un véritable Ordam (Objectif régional des dépenses d’assurance Maladie) ;
    • « un statut nouveau pour les hôpitaux » garantissant « une plus forte autonomie pour les dirigeants hospitaliers », avec « une convention collective de secteur » ;
    • une T2A « complétée par un financement au forfait par mission ou par objectif ».

    Le texte est signé par Jérémie Sécher, président du SMPS, Laurent Bertoletti, pneumologue au CHU de Saint-Etienne, et Philippe Denormandie, directeur des relations santé du groupe Nehs (et père du ministre de la Ville et du Logement, Julien Denormandie).

    La FHF demande « un plan Macron pour l’hôpital public »

    « Les arbitrages budgétaires envisagés par les pouvoirs publics pour l’année 2020 mettent en péril l’hôpital », abonde la Fédération hospitalière de France (FHF) dans un communiqué daté du 14 novembre, soulignant que le plan Ma Santé 2022 ne pourra ni se faire « dans la pénurie », ni « se résumer à des actions de communication ».

    La Fédération demande « un plan Macron pour l’hôpital public » et plus précisément :

    • « une hausse significative de l’enveloppe financière allouée en 2020 » ;
    • « un choc d’attractivité pour les personnels » car « les écarts de rémunérations et de contraintes des professionnels, entre le privé lucratif et le public, ne sont plus tenables », insiste-t-elle ;
    • Une relance de l’investissement « après des années de cure d’austérité » ; 
    • Des mesures concernant « la pertinence », car « 30 % des dépenses de l’Assurance maladie ne sont pas pertinentes [et] les réduire de 1% par an permettrait de dégager 2 milliards d’euros », à affecter « prioritairement [à]l’investissement ».

  • AMI ARS Île-de-France : « des solutions innovantes pour faire face au défi du grand âge » (31/01/2020)

    L’ARS Île-de-France et l’ensemble des conseils départementaux se mobilisent en faveur des personnes âgées en perte d’autonomie afin de construire collectivement les réponses d’aujourd’hui et de demain, et lancent dans ce but un appel à manifestation d’intérêt (AMI) sur la thématique « des solutions innovantes pour faire face au défi du grand âge ». 

    Dans le cadre de cette démarche globale d’évolution de l’offre, il est demandé aux acteurs territoriaux intervenant dans le champ des personnes âgées en perte d’autonomie de s’engager pleinement dans cette démarche, en mobilisant leur expertise, celle des usagers et des aidants, en s’alliant avec les partenaires de leur territoire, et en faisant preuve de créativité afin de contribuer à l’évolution du système de santé, contextualisent les initiateurs de l’AMI. 

    L’ARS Île-de-France et les conseils départementaux mobilisent pour cet appel l’ensemble des crédits disponibles et mobilisables pour les personnes âgées. L’agence engagera pour le financement de ces solutions territoriales, coordonnées et innovantes, 22 millions d’euros de crédits pérennes supplémentaires dès 2020.

    Cet AMI s’adresse à l’ensemble des établissements et services médico-sociaux ainsi qu’aux unités de soins de longue durée mais aussi aux professionnels de santé libéraux s’associant à des acteurs du secteur médico-social ou sanitaire, et aux autres dispositifs accueillant ou accompagnant des personnes âgées en risque de perte d’autonomie. 

    Cet appel s’attachera également à favoriser l’innovation comme levier puissant de construction des parcours de santé, décloisonnant les secteurs et promouvant la coordination des acteurs.

    Les candidats ont jusqu’au 31 janvier 2020 pour déposer leur dossier de candidature :
    • sous forme dématérialisée à l’adresse suivante : ars-idf-aap-medicosocial-pa@ars.sante.fr ;
    • et par voie postale ou par porteur en 2 exemplaires sous format papier dans la délégation départementale ARS du territoire concerné (cf. tableau page 15 de l’AMI).
    La phase de sélection finale des projets est prévue en juin 2020.

    Les objectifs de l’appel à manifestation d’intérêt

    Afin de faire émerger des projets issus des territoires, et dans une démarche participative avec les usagers et les aidants, les projets devront prendre en compte :

    • les souhaits des personnes âgées de rester vivre chez elles aussi longtemps que souhaité et souhaitable ;
    • le besoin de disposer d’une palette diversifiée d’offres pour répondre de façon adaptée à chaque situation individuelle ;
    • la place des aidants familiaux dans le quotidien des personnes âgées ;
    • le défi démographique à venir, en accordant notamment une place plus importante aux services proposés à domicile ;
    • la nécessité de mieux articuler/coordonner les offres entre elles, sans rupture pour les usagers et leurs familles ;
    • les contraintes liées à la démographie des professionnels de santé, en pensant dès à présent les mutualisations/coopérations possibles, dans un souci d’améliorer également l’attractivité du secteur pour les professionnels.

    L’ARS Île-de-France souhaite accompagner la mise en place d’organisations innovantes, adossées ou non à des technologies notamment de e-santé, favorisant la préservation de l’autonomie et le soutien sur le lieu de vie des personnes âgées.

    Les actions innovantes identifiées

    L’ARS Île-de-France et les conseils départementaux de la région ont identifié un certain nombre d’actions innovantes et non exclusives, à partir des besoins exprimés sur leurs territoires et des expérimentations déjà en cours :

    • dispositif innovant de services renforcés à domicile ;
    • habitat inclusif pour personnes âgées ;
    • plateforme d’accueil temporaire pour faciliter la poursuite de la vie à domicile ;
    • différents modes d’accueil séquentiels ;
    • hébergement temporaire en sortie d’hospitalisation ;
    • hébergement temporaire en sortie d’hospitalisation ;
    • l’Ehpad territorial ;
    • plateforme ressource territoriale centrée sur des acteurs du domicile ;
    • télémédecine et innovations technologiques.

    Concernant spécifiquement la télémédecine, les acteurs du domicile (SSIAD, SPASAD, IDEL…) sont encouragés à avoir recours à une téléconsultation dans l’objectif de faciliter le parcours de soins de leurs patients et les Ehpad à développer leurs usages en télémédecine en lien avec les acteurs de la filière gériatrique mais également avec le monde libéral.

    Les projets présentés, en coopération avec les acteurs locaux et en articulation avec une organisation territoriale des soins, pourront bénéficier d’un financement pour des dépenses d’ingénierie de projet, de formation des professionnels et d’équipement informatique (en dehors des cas déjà couverts par l’avenant n°6 à la convention médicale).

    L’ensemble des projets proposés devront s’inscrire dans la stratégie régionale des systèmes d’informations en santé et l’intégration dès que possible avec l’outil Terr-eSante devra être recherchée.

    Critères de sélection des projets 

    Les projets devront être largement concertés avec l’ensemble des partenaires du territoire et démontrer une analyse des besoins et des prestations existants en faveur des personnes âgées en perte d’autonomie afin de s’inscrire en complémentarité des dispositifs déjà en place.

    L’association des usagers à la constitution des projets est un facteur clef de réussite.

    Chaque solution nouvelle proposée sera analysée en tenant compte de :

    • la solidité et la qualité de la gouvernance de projet ;
    • l’expérience des candidats ;
    • la mobilisation partenariale (associations d’usagers, familles, professionnels des secteurs sanitaires, médico-social et social…) ;
    • le respect des priorités territoriales définies par l’ARS Île-de-France et les conseils départementaux ;
    • le potentiel en termes de mise en œuvre d’innovations ;
    • la capacité de l’opérateur à mettre en œuvre rapidement les solutions proposées ;
    • la capacité financière du candidat, du budget de fonctionnement proposé et de l’éventuel projet d’investissement ;
    • le modèle économique viable et reproductible des expérimentations proposées ;
    • la compatibilité avec la procédure d’autorisation et les dérogations potentielles.

    Projets prioritairement attendus par départements

    Modalités de candidature

    Le processus de sélection fera l’objet :

    • d’un dépôt de dossier de candidature (dossier complet + fiche de synthèse) avant la date limite du 31 janvier 2020 ;
    • d’une phase de pré-sélection conjointe ARS et conseil départemental compétent début avril 2020 ; 
    • de possibles échanges avec l’ARS Île-de-France et le conseil départemental compétent pour une co-construction du projet ;
    • d’une phase de sélection finale des projets en juin 2020. 
  • Séminaire « innovation, co-conception et dynamiques collectives en santé » : le 26 novembre 2019, Paris

    Le Conseil général de l’économie, de l’industrie, de l’énergie et des technologies (CGE) et le Forum des Living Labs en santé et en autonomie (LLSA) organisent un séminaire le 26 novembre 2019 à Paris sur la thématique « innovation, co-conception et dynamiques collectives en santé ». L’événement est parrainé par le ministère des Solidarités et de la Santé.

    Axé sur les processus d’innovation et sur l’importance des pratiques interdisciplinaires et collaboratives, le CGE a publié en février 2019 un rapport sur la politique industrielle en matière de dispositifs médicaux (DM), en lien avec le ministère des Solidarités et de la Santé. Ce dernier a en parallèle publié sa feuille de route stratégique du numérique en santé, qui « met également l’accent sur ce type de démarche et l’importance des expérimentations en conditions réelles », commente le CGE dans un communiqué présentant le séminaire.

    À noter que le Forum des Living Labs en santé et en autonomie (LLSA) est un réseau associatif composé en majorité de living labs et de diverses parties prenantes (représentants de patients, de professionnels, de laboratoires de recherche, d’organisations à but lucratif ou non). Ses missions sont d’élaborer, de partager et de diffuser les idées, les connaissances et les meilleures pratiques dans le domaine de l’innovation participative. Cette action inclut notamment le développement et la mise en œuvre de la méthodologie « Concept Maturity Level en Santé » ou « CML Santé », note le CGE. Cette méthodologie permet notamment de mesurer le plus précisément possible la maturité des projets innovants.

    « Lors du séminaire du 26 novembre, les porteurs de projets collaboratifs, des living labs, des entreprises, des laboratoires de recherche ayant expérimenté ces nouvelles approches partageront leur expérience, leurs difficultés et leurs réussites, explique le CGE. L’approche méthodologique « CML santé » sera également présentée à partir de cas concrets. Des intervenants des ministères de l’économie et des finances ainsi que des solidarités et de la santé témoigneront de l’importance des collaborations interministérielles sur un tel sujet. »

    Les inscriptions, gratuites mais obligatoires, sont à réaliser en ligne via ce lien.

    Programme

  • Les dépenses de santé dans la zone OCDE devraient dépasser la croissance du PIB d’ici 2030 (rapport)

    Les dépenses de santé par habitant augmenteront à un taux annuel moyen de 2,7 % dans la zone OCDE et atteindront 10,2 % du PIB d’ici 2030, par rapport à 8,8 % en 2018 : elles dépasseront ainsi la croissance du PIB au cours des 15 prochaines années dans la quasi totalité des pays de la zone. C’est ce que révèle le Panorama de la santé 2019 de l’OCDE, publié le 7 novembre 2019.

    Dans le détail, l’organisation indique que les États-Unis est le pays qui a dépensé le plus dans le secteur de la santé en 2018, avec 16,9 % de son PIB. Suivent ensuite :
    • la Suisse : 12,2 % de son PIB ;
    • l’Allemagne, la France, la Suède et la Japon : 11 % de leur PIB.
    A contrario, certains pays affichent des dépenses de santé inférieures à 6 % de leur PIB, comme le Mexique, la Lettonie, le Luxembourg et la Turquie, avec un taux à 4,2 %.

    Les auteurs du rapport notent que les dépenses pourraient, de manière générale, être plus efficaces dans les domaines des médicaments génériques, de l’organisation des professionnels de santé (en transférant certaines tâches des médecins vers les infirmiers ou d’autres profesionnels) et de la sécurité des patients.

    La panorama met par ailleurs en avant « des tendances préoccupantes pour ce qui est des résultats sur le plan de la santé et des modes de vie malsains », relevant que l’espérence de vie progresse moins vite dans la plupart des pays de l’OCDE, en particulier aux États-Unis, en France et aux Pays-Bas. La consommation d’alcool, de tabac et d’opioïdes ainsi que l’obésité sont notamment pointés du doigt.

    À noter : Les indicateurs de l’édition 2019 de ce panorama ainsi que les notes par pays seront disponibles ldébut décembre.

    « les systèmes de santé peuvent et doivent faire mieux pour améliorer la santé de nos populations, commente Stefano Scarpetta, directeur de l’emploi, du travail et des affaires sociales à l’OCDE. Il est essentiel, si nous voulons affecter des ressources là où elles auront le plus d’impact, d’évaluer comment les systèmes de santé transforment la vie des individus pour le meilleur. »

    Génériques, organisation et sécurité des patients : des améliorations possibles

    Dans son panorama, l’OCDE indique que les dépenses pourraient globalement être plus efficaces dans les domaines suivants :

    • les médicaments génériques : le recours à ces produits pourraient permettre de réaliser des économies, note l’OCDE, mais actuellement ils ne représentent que la moitité du volume des produits pharmaceutiques vendus dans les pays de la zone.
      •  En 2017, « les génériques ont représenté plus des trois quarts du volume des produits pharmaceutiques vendus au Chili, en Allemagne, en Nouvelle-Zélande et au Royaume-Uni, mais moins d’un quart au Luxembourg et en Suisse », précise l’organisation ;
    • la répartition des tâches des professionnels de santé : selon le rapport, transférer certaines tâches effectuées par les médecins vers les infirmiers et d’autres professionnels de santé peut atténuer la pression des coûts et permettre de gagner en efficacité. « Les systèmes de santé et de protection sociale emploient aujourd’hui plus de travailleurs que jamais auparavant, les soins et les services sociaux représentant environ un emploi sur dix dans les pays de l’OCDE », contextualise l’organisme.
    •  la sécurité des patients : l’améliorer est bénéfique pour la santé et peut aussi permettre de réaliser des économies, commentent les auteurs du rapport, relevant que près de 5 % des patients hospitalisés ont contracté une infection nosocomiale en 2015-2017.

    L’espérance de vie progresse moins vite dans la plupart des pays

    L’espérence de vie moyenne dans la zone OCDE est de 81 ans. L’organisation note que, depuis peu, elle progresse moins vite dans la plupart des pays, notamment aux États-Unis, en France et aux Pays-Bas. « L’année 2015 a été particulièrement mauvaise, l’espérance de vie ayant reculé dans 19 pays », indique-t-elle.

    Une augmentation de l’obésité et du diabète

    Cette évolution est notamment liée à la prévalence croissante de l’obésité et du diabète, « qui n’a pas permis de maintenir les progrès accomplis précédemment en matière de réduction des décès dus aux maladies cardiaques et aux AVC », analyse l’OCDE. Les taux d’obésité continuent d’augmenter dans la plupart des pays de l’OCDE : 56 % des adultes sont en surpoids ou obèses et près d’un tiers des enfants âgés de 5 à 9 ans sont en surpoids.

    À noter également que les maladies respiratoires, comme la grippe et la pneumonie, ont entraîné davantage de décès ces dernières années, notamment chez les personnes âgées.

    Le nombre de décès liés aux opioïdes est élevé dans certains pays

    Le problème des opioïdes est également mis en avant dans le rapport. Depuis 2011, les décès liés à ces substances ont augmenté d’environ 20 % dans les pays de l’OCDE, faisant environ 400 000 victimes aux États-Unis. Le nombre de décès dus aux opioïdes est également assez élevé aux au Canada, en Estonie et en Suède.

    La consommation de tabac et d’alcool reste préoccupante 

    « Le tabac [et] l’alcool continuent de tuer prématurément et de dégrader la qualité de vie », observe par ailleurs l’OCDE :

    • les taux de tabagisme diminuent mais 18 % des adultes fument encore quotidiennement ;
    • la consommation d’alcool atteint en moyenne 9 litres d’alcool pur par personne et par an dans les pays de l’OCDE, soit près de 100 bouteilles de vin : près de 4 % des adultes sont dépendants à l’alcool.

    La pollution atmosphérique également pointée du doigt

    La pollution atmosphérique est responsable d’environ 40 morts pour 100 000 habitants dans les pays de l’OCDE. Les taux de mortalité sont beaucoup plus élevés dans des pays comme l’Inde et la Chine, avec environ 140 décès pour 100 000 habitants.

    Facteurs de risques pour la santé dans les pays de l’OCDE

    Panorama de la santé 2019 dans les pays de l’OCDE (en anglais)