54 % des professionnels de santé (PS) français utilisent l’intelligence artificielle (IA) dans leur établissement ou lieu d’exercice, contre 46 % au niveau mondial (31 % aux États-Unis, 41 % en Allemagne et 88 % en Chine) : la France se place ainsi en 5e position. C’est l’un des éléments clés qui ressort du Future Health Index (FHI) 2019, une étude sur l’usage du numérique en santé au niveau international commandée par Philips.
Par ailleurs, 88 % des PS exerçant en France se disent favorables à l’utilisation de l’IA dans certains domaines spécifiques. Dans le détail : 73 % des professionnels de santé français ont confiance dans l’usage de l’IA pour le signalement d’anomalies, contre 38 % des professionnels allemands, 36 % des professionnels chinois et 22 % des professionnels américains. Ils sont 68 % à partager la même opinion pur la recommandation des traitements, 66 % pour le suivi des patients et 63 % pour le diagnostic.
Autres informations centrales de l’étude côté français :
• « seuls 23 % des professionnels de santé (…) indiquent que le lancement du dossier médical partagé (DMP) a eu des répercussions positives sur leurs pratiques alors que pour 51 %, cela n’a rien changé et que pour 13 %, cela aurait même eu des conséquences négatives », indique Philips dans un communiqué présentant le FHI publié le 16 septembre 2019 ;
• l’usage par les Français des technologies numériques ou des applications mobiles de santé pour surveiller leurs indicateurs de santé (patients ou en bonne santé) « reste faible » ;
• les Français sont plus ouverts au partage de leurs données médicales avec des professionnels de santé lorsqu’ils ont eux-mêmes accès aux informations : 90 %, contre 68 % de ceux qui n’ont pas accès à leurs données.
Les PS français sont plus nombreux à faire confiance dans l’IA qu’en Chine
73 % des PS français ont confiance dans l’usage de l’IA pour le signalement des anomalies
IA et santé en France : de nombreux partenariats menés par les industriels avec les établissements
« Ce fort usage [de l’IA côté français] est certainement lié aux nombreux partenariats menés par les industriels avec les établissements de santé, commente David Corcos, président de Philips France (communiqué). À titre d’exemples, en juin [2019], nous avons signé un partenariat de recherche avec le CHU de Lille autour de nos algorithmes d’intelligence artificielle. Encore plus récemment, nous avons contractualisé, pour 10 ans, avec le CHU de Nancy afin de moderniser l’ensemble du système d’information d’imagerie en s’appuyant sur l’IA. D’autre part, il faut souligner que Philips consacre 60% de son effort en R&D à l’informatique de santé, à l’IA. »
Des pôles d’excellence scientifiques en IA présents en France
« Cette confiance des professionnels de santé français peut être expliquée par la présence en France de pôles d’excellence scientifiques en IA, qu’il s’agisse des pôles liés aux grandes écoles d’ingénieurs, aux facultés… mais également des pôles de recherche privés comme le Hub IA de Philips, intégré au sein de notre siège de Suresnes, analyse de son côté Nicolas Villain, directeur du Hub AI Paris Philips. Tous ensemble, nous participons à créer des connaissances – près de 10 % des dépôts de brevets mondiaux liés à l’IA en 2019 sont le fait de Philips – mais aussi une culture et une confiance propres à favoriser les usages de demain. »
84 % des PS français partagent des données
- 84 % des professionnels de santé français partagent des données au sein de leur établissement ou lieu d’exercice, contre 80 % pour l’ensemble des 15 pays étudiés, révèle le Future Health Index 2019 ;
- ils ne sont que 45 % à le faire vers l’extérieur, contre 32 % pour la moyenne des pays étudiés, est-il précisé.
Frein au partage des données : le manque d’interopérabilité cité par 61 % des PS
Le problème de l’interopérabilité des systèmes dissuade les professionnels de santé français à généraliser le partage des données médicales de leurs patients, bien qu’ils soient plus nombreux à le faire que la moyenne de leurs confrères étrangers, note Philips.
DMP : un bilan mitigé
- 23 % des professionnels de santé français indiquent que le lancement du dossier médical partagé (DMP) a eu des répercussions positives sur leurs pratiques ;
- pour 51 %, cela n’a rien changé ;
- pour 13 %, cela aurait même eu des conséquences négatives.
« Pourtant, ils sont 75 % à reconnaître que le DMP permet une meilleure coordination et continuité des soins et 65 % un meilleur suivi médical », complète Philips.
Techno numériques et applis mobiles : un usage qui reste faible
L’usage par les Français des technologies numériques ou des applications mobiles de santé pour surveiller leurs indicateurs de santé (patients ou en bonne santé) « reste faible », constatent les auteurs de l’étude :
- 21 % les utilisent dans le cadre d’activités physiques, contre 29 % pour la moyenne des pays étudiés ;
- 20 % pour surveiller leur poids, contre 25 % en moyenne ;
- 15 % dans le cadre d’un suivi de traitement médical, contre 18 % en moyenne ;
- 13 % pour suivre leur tension artérielle, contre 20 % en moyenne.
« Ce faible usage est directement lié au taux de recommandation de ces technologies par les professionnels de santé », analysent les auteurs du FHI :
- seuls 2/5e des professionnels de santé français ont déjà recommandé à leurs patients de surveiller des indicateurs clés tels que le poids (39 %) et la tension artérielle(44 %).
Par ailleurs :
- seuls 10 % des PS exerçant en France indiquent que la majorité de leurs patients partagent régulièrement leurs données de santé à l’aide de ces technologies numériques ou applications mobiles.
« La France a un environnement propice pour réussir cette transformation numérique »
« Cette nouvelle édition du FHI s’inscrit dans un contexte particulier : la transformation numérique de notre système de santé telle qu’elle est annoncée et décrite dans le plan Ma Santé 2022. Il est d’ailleurs intéressant de noter que si certains résultats semblent indiquer qu’il existe des marges de progression, je pense notamment au domaine de l’interopérabilité et du partage de données, d’autres résultats montrent clairement que la France a aujourd’hui un environnement propice pour réussir cette transformation numérique et même devenir l’un des leaders mondiaux dans différents domaines: l’IA, la télémédecine… », synthétise Frédéric Bouvier, directeur des activités systèmes de soins et solutions de Philips France.