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  • Fondation HCL : plus de 140 000 € récoltés au profit de l’innovation médicale, l’IA mise à l’honneur

    Améliorer et accélérer le diagnostic des lymphomes grâce à l’intelligence artificielle (IA) est l’objectif de l’un des projets soutenus par la Fondation Hospices Civils de Lyon, présenté à l’occasion du 3ème grand dîner annuel de la fondation. 2 autres solutions ont été mises en avant lors de la soirée, là encore par de jeunes chercheurs, dans l’optique de témoigner de la dynamique de la recherche médicale au sein des HCL :
    • tumeurs de la base du crâne : cartographier les nerfs crâniens pour éviter les séquelles neurologiques ;
    • RéAnimal : surmonter l’épreuve de la réanimation via la thérapie assistée par l’animal.

    Au cours de l’événement, qui s’est tenu début avril 2019 et a rassemblé plus de 445 participants, plus de 140 000 euros ont été récoltés au profit de l’innovation médicale.

    Parmi les autres initiatives mises à l’honneur pendant le dîner figure un projet de recherche en neurochirurgie sur les tumeurs cérébrales. L’idée est d’étudier une nouvelle technique inédite en France, la microscopie confocale, pour permettre une ablation plus précise des gliomes (tumeurs cérébrales agressives infiltrantes) et ainsi donner plus de chance de survie aux patients.

  • FASN Cancérologie : vers des traitements sur mesure grâce à la santé numérique (2/04/19)

    L’avènement des thérapies ciblées, puis de l’immunothérapie, a considérablement bousculé la prise en charge en oncologie. En effet, de plus en plus de patients bénéficient de rémissions à long terme, y compris sur certaines localisations jusque-là délétères. Par ailleurs, la cancérologie est le domaine qui semble avoir le plus bénéficié des évolutions numériques et en intelligence artificielle (IA).

    Ces dernières s’accompagnent d’une importante quantité de production de données : génomiques, médicales, d’imagerie… Les algorithmes et solutions d’IA permettent une analyse prédictive et, par là même, une personnalisation de la prise en charge, du diagnostic, du pronostic, des traitements et du suivi. Pour autant, les professionnels de santé ont encore du mal à appréhender ces outils en raison notamment des questions éthiques ou organisationnelles qu’ils induisent. De nombreuses études sont en cours pour valider le modèle, la valeur ajoutée et déterminer les meilleures guidelines.

    Cette réflexion a clos les Rencontres nationales de la santé numérique, qui se sont tenues le 2 avril 2019 à Paris. L’événement était organisé dans le cadre de la campagne #FASN sur le thème de la cancérologie à l’ère du numérique, en partenariat avec Unicancer, afin d’accompagner la transformation numérique et organisationnelle de l’offre de soins. Exemples.

    Impliquer tous les acteurs pour améliorer les soins

    Le Dr Michel Angué, consultant médical de la société Parsek, propose Vitaly, une solution applicative web pour les patients et les médecins. Il s’agit d’un portail avec une entrée patient et une pour les praticiens.

    La première brique de ce système est de centraliser les données médicales, accessibles à tous. l’outil rassemble des applications pratiques d’agenda partagé et de prise de rendez-vous avec un accès sécurisé pour des téléconsultations. En sortant de consultation, le patient a accès à toutes les informations « pour mieux comprendre et intégrer ce qui a été dit ». La plateforme comprend environ 20 millions d’utilisateurs, tous usages confondus, dans une dizaine de pays d’Europe. « Cela fonctionne d’autant mieux dans les petits pays où un dossier médical personnel est fonctionnel comme la Slovénie », indique le Dr Michel Anqué. L’enjeu en cancérologie est la diversité des parcours de soins.

    L’Institut des sciences et technologies de Vienne, en Autriche, utilise la plateforme pour de la télé-expertise sur les cancers pédiatriques rares qui réunit des experts. Un autre cas d’usage est la confirmation du diagnostic grâce à des réunions de concertation pluridisciplinaire virtuelle pour ne pas avoir à se déplacer et avoir accès à l’ensemble des documents du patient de manière sécurisée. « Cette méthode permet notamment d’envisager d’intégrer le patient à la RCP », .

    Enfin, la plateforme génère des alertes pour faciliter le régulation des consultations et hospitalisations de routine. « Notre démarche n’est pas basée sur des solutions complexes mais sur les usages. »

    Surveiller et anticiper

    Un autre axe de l’atout de la santé numérique dans le parcours de soins est le suivi. Le Dr Fabrice Denis, oncologue à l’institut interrégional de cancérologie Jean Bernard, en est persuadé. « Depuis 7 ans, je travaille sur une solution pour que les patients rapportent eux-mêmes leurs symptômes. Ces remontées ne se réduisent pas à empiler les applications. » Le Dr Denis a travaillé sur Moovcare, une application pour anticiper le diagnostic de récidive de cancer du poumon. L’équipe a suivi une démarche d’evidence based medecine avec une analyse et une exigence équivalente à celle du développement d’un médicament. « Cela coûte, prend du temps mais le résultat est implacable ».

    La procédure de fiabilité et de démonstration de la preuve ouvre la porte à la reconnaissance comme dispositif médical. « Cette preuve d’efficacité et de sécurité est essentiel ». Le dossier de cette application est maintenant en demande de remboursement ; ce qui devrait être acté prochainement. Le modèle économique est un enjeu du déploiement de ces outils. « Ce n’est pas le patient qui doit payer pour ne pas aggraver les inégalités déjà existantes avec la fracture numérique. »

    En effet, les patients les plus isolés sont ceux qui ont le plus besoin de ces outils. « En terme de pronostic, le fait d’être isolé est un facteur aggravant. On rechute et on meurt beaucoup plus quand on n’est pas connecté ». L’idée est donc d’aller chercher ces patients isolés avec l’aide de l’intelligence artificielle en créant des robots qui vont appeler les patients pour les aider à remplir les formulaires de suivi. « C’est en cours de développement et d’évaluation. »

    Analyser et utiliser les données générées

    En cancérologie, les traitements sont personnalisés à l’analyse génomique de la tumeur. La prise en charge de certaines tumeurs a ainsi été révolutionnée. La dynamique actuelle est de personnaliser les pronostics. Dans le cancer du sein, des signatures moléculaires permettent de prédire les risque. Cela permet de personnaliser les examens, les analyses et surtout, le parcours de soins.

    Les solutions numériques qui facilitent cette personnalisation crée une masse de données numériques, nécessaires à l’apprentissage de l’intelligence artificielle. Les modèles mathématiques se nourrissent de ces données, d’abord génomique mais aussi cliniques. Autant de données à récupérer, intégrer, analyser pour le bénéfice du patient, à qui les données appartiennent. « C’est l’objectif du projet ConSoRe, initié par une consœur, explique le Dr Pierre-Etienne Heudel, oncologue au centre Léon Bérard de Lyon. Il va permettre de valoriser et d’exploiter les données cliniques noyées dans les compte rendu. » Plusieurs centres utilisent déjà quotidiennement ce moteur de recherche pour le big data en cancérologie.

    La troisième source de données est l’analyse automatique d’images. « Il reste des difficultés pratiques pour monter ce genre de projet en termes d’archivages et numérisations des lames. Cela demande un travail de fourmi », explique le Dr Pierre-Etienne Heudel. Enfin, pour être efficace, les solutions de santé numérique doivent prendre en compte les organisations hospitalières. « Concernant le télé-suivi, les infirmières de coordination qui suivent les réponses, sont bien souvent appelées dans les services pour pallier une absence dans l’équipe dans les services », ajoute-t-il.

    L’intelligence artificielle en chirurgie

    Dernier exemple, le projet d’intelligence artificielle en chirurgie cancérologique, présenté par le Dr Charlotte Ngo de l’Hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP). « Il faut des ingénieurs un peu partout en Europe notamment de l’AP-HP et de l’Inserm », commente-t-elle. Il s’agit de construire un outil d’aide à la décision médicale grâce aux données cliniques, génétiques, d’imagerie et de survie. Les recommandations de pratiques internationales et nationales sont également intégrés pour fournir la conduite à tenir en fonction du moment de la prise en charge.

    L’intelligence artificielle de type deep learning (apprentissage profond) participe à cet outil d’aide à la décision médicale concrète et adapté. « Les cas des patients ne fonctionnent pas tous pareils et pour certains, l’algorithme ne va pas fonctionner », précise le Dr Charlotte Ngo. Mais le système va apprendre et, au final, fournir pour une patiente donnée, ce que recommandent les guidelines mais aussi ce qui a pu être fait ailleurs pour un même type de patients.

    Le système est également équipé d’un module d’analyse informatisée des images et un de prédictions du résultat de la chirurgie. « Nous chargeons les images de la patiente pour localiser la tumeur et des photographies des patientes et une petite vidéo de la patiente pour avoir une idée de son anatomie », explique la spécialiste. En fonction de l’anatomie, de la tumeur, de l’acte chirurgical prévu, le résultat cosmétique peut être prédit. « C’est intéressant pour informer les patientes et affiner notre pratique, d’adapter les gestes », note le Dr Charlotte Ngo. Cet outil complet d’aide à la décision médicale permet également de réduire l’hétérogénéité des pratiques entre les centres et les inégalités de prises en charge.                                                                                                        

  • Étude : une molécule cruciale dans le traitement du cancer décryptée et modélisée en 3D (Nature)

    Des scientifiques de la Columbia University, en collaboration avec des chercheurs de Nimbus Therapeutics, ont déterminé pour la première fois la structure 3D d’une enzyme métabolique qui pourrait constituer la prochaine cible moléculaire majeure dans le traitement du cancer. Les résultats de leur étude*, publiés le 3 avril 2019 dans Nature, représentent le premier pas vers une meilleure compréhension de l’enzyme afin de créer des thérapies moléculaires efficaces pour les patients.

    Une technique d’imagerie révolutionnaire

    La thérapie ciblée est un domaine actif de la recherche sur le cancer qui consiste à identifier des molécules spécifiques dans les cellules cancéreuses afin de les aider à croître, à se diviser, à se propager et à interférer avec la progression des cellules cancéreuses. Pour mettre au point de telles stratégies thérapeutiques, une étape essentielle du processus de découverte de médicaments consiste à comprendre le fonctionnement des composés au niveau moléculaire.

    Des chercheurs de l’Université Columbia ont mis au point une technique d’imagerie appelée microscopie électronique cryogénique (cryo-EM) afin de résoudre la structure complexe d’une enzyme qui joue un rôle clé dans la prolifération des cellules cancéreuses. La cryo-EM permet l’imagerie haute résolution d’échantillons biologiques congelés au microscope électronique. Une série d’images bidimensionnelles est ensuite reconstruite par calcul en modèles 3D précis et détaillés de structures biologiques complexes telles que les protéines, les virus et les cellules.

    La structure d’une molécule modélisée en 3D

    En collaboration avec le Nimbus Therapeutics, une société de biotechnologie américaine pionnière dans l’application de technologies informatiques très avancées à la conception et au développement de nouveaux traitements, ces chercheurs ont utilisé cette technique d’imagerie pour modéliser en 3D la structure de l’ACLY, « une enzyme métabolique qui contrôle de nombreux processus cellulaires, y compris la synthèse des acides gras dans les cellules cancéreuses », explique Liang Tong, principal auteur de l’étude. Dans le cancer du sein et du poumon, on observe une activité accrue d’ACLY. « En outre, des inhibiteurs de cette enzyme pourraient être utiles pour contrôler les niveaux de cholestérol », ajoute Lian Tong.

    Jusqu’à maintenant, seuls des fragments de cette enzyme avaient pu être décryptés. Mais la cible semblait déjà très prometteuse. Un essai clinique a déjà démontré qu’un inhibiteur d’ACLY pouvait réduire de 30 % le cholestérol (LDL) lorsqu’il était pris seul et de 20 % supplémentaire en association avec des statines. Et il a été constaté que ACLY était surexprimé dans plusieurs types de cancers. Des expériences ont montré que le fait de l’inhiber empêchait les cellules cancéreuses de croître et se diviser.

    Une nouvelle cible thérapeutique dans le cancer ?

    La microscopie électronique cryogénique et la mise à jour de la structure en 3D d’ACLY ont révélé un mécanisme inattendu d’inhibition. L’équipe a découvert qu’un changement significatif de la structure de l’enzyme était nécessaire pour que l’inhibition soit efficace. Ce nouveau mécanisme d’inhibition d’ACLY pourrait constituer une meilleure approche pour la mise au point de médicaments destinés à traiter le cancer et les troubles métaboliques.

    « Cette étude est un excellent exemple de la façon dont notre travail chez Nimbus combine une technologie de pointe, des approches informatiques et une découverte approfondie de médicaments afin de générer de nouvelles connaissances scientifiques », a déclaré Jeb Keiper, P.-D.G. de Nimbus.

  • FASN Cancéro : « Hospitalink a été créé pour optimiser la communication patient-soignant » (L Karcenty)

    « Hospitalink a été créé pour optimiser la communication entre le patient hospitalisé et le personnel soignant. Concrètement, ils communiquent via une application installée sur le smartphone du patient et les outils des soignants, avec des pictogrammes simples et des requêtes pré-programmées », explique à Health & Tech Intelligence Louis Karcenty, chargé d’affaires de la société, qui a remporté le start-up challenge des Rencontres nationales de la santé numérique.
    L’événement était organisé le 2 avril 2019 par la société Care Insight dans le cadre de la campagne #FASN (Faire avancer la santé numérique) sur le thème de la cancérologie à l’ère du numérique, en partenariat avec Unicancer, afin d’accompagner la transformation numérique et organisationnelle de l’offre de soins.

    Fondé en 2016, Hospitalink propose une application mobile pour faciliter les échanges entre le patient hospitalisé et le personnel soignant. La solution est actuellement en fin de phase d’expérimentation dans plusieurs centres de soins et ne génère du chiffre d’affaire que depuis 2019. La société a jusqu’à présent bénéficié de subventions publiques pour mener à bien ses expérimentations et son développement R&D.

    Comment est née l’idée de cette application ?

    Louis Karcenty : La genèse de cette solution est l’expérience de Florent (Bossert-Castelli), fondateur d’Hospitalink, diagnostiqué d’une leucémie à l’âge de 18 ans. Il a constaté la difficulté de communiquer avec les soignants avec comme seul outil à disposition, le bip soignant qui ne distingue pas une demande pour un verre d’eau, pour utiliser la télévision ou pour une urgence. En tant que patient, il se sentait en danger. Les données montrent qu’un quart des patients est insatisfait de sa prise en charge en terme d’hospitalisation.

    Il a aussi discuté avec les soignants et s’est rendu compte que le fait de ne pas savoir qu’elle était la demande des patients était générateur de stress pour eux. Les soignants ont des arrêts maladie 60 % plus fréquent que la moyenne nationale. 82 % des patients souhaitent mieux interagir avec les personnes soignant et 81 % des médecins pensent qu’ils peuvent améliorer la qualité des soins.         

    Il existe de nombreuses solutions et applications de suivi mais l’angle du moment de l’hospitalisation est insuffisamment mis en avant. Paradoxalement, nous avons à disposition des solutions techniques extraordinaires mais pas pour faciliter la communication du patient hospitaliser avec le soignant du service.

    Que propose donc Hospitalink ?

    Hospitalink a été créé pour optimiser la communication entre le patient hospitalisé et le personnel soignant. Concrètement, ils communiquent via une application installée sur le smartphone du patient et les outils des soignants, avec des pictogrammes simples et des requêtes pré-programmées. Le patient fait sa demande et peut suivre l’avancement. Les soignants la reçoivent. Elle est hiérarchisée afin de répondre de manière optimisée et personnalisée et d’être proactif.

    Cela aboutit à un gain en termes d’efficience, avec une optimisation des allers-retours dans le service mais aussi de sécurité en réduisant le taux d’erreurs et d’oubli. Dans « Hospitalink », il y a « link » (lien), pour créer du lien mais aussi « ink » (encre), pour écrire une nouvelle page de l’hospitalisation.

    Quelle est le modèle économique ?

    Déjà, l’investissement est très léger car les prérequis matériels sont déjà existants et l’installation est aussi simple qu’une application classique. L’efficience est estimé à 170 000 euros par patients sur 100 lits. Nous travaillons avec des établissements de santé partenaires sur la base du nombre d’identifiants. Nous démarrons par un audit pour installer Hospitalink de manière personnalisée, au plus près des besoins de la structure. Et proposons une mise à jour, la maintenance ainsi que le développement de nouveaux modules.

    Ou en êtes-vous aujourd’hui ?

    La société a été fondée en 2016. Une première version est en test dans 3 centres de soins de l’hôpital Paul-Brousse (AP-HP) ainsi que dans des service de maternité et d’hématologie.

    Les premiers retours montrent que les patients sont satisfaits, notamment de l’ergonomie de l’application. Les soignants y voient également un gain en termes de relation avec le patient.

    L’objectif est de lancé officiellement la solution au quatrième trimestre 2019 avec de nouveaux modules et une intensification de la partie intelligence artificielle et machine learning (apprentissage automatique) pour améliorer encore le reporting.

  • FASN Cancérologie : La direction Data dirigée par le Dr. Livartowski à l’Institut Curie (2/04/19)

    « Nous suivons des patients sur de très longues périodes. D’où l’idée de la création d’une direction des data, pleinement opérationnelle depuis 18 mois. L’objectif est de valoriser ces données accumulé depuis des années pour la recherche et pour la santé en utilisant notamment les algorithmes de l’intelligence artificielle », explique à Health & Tech Intelligence le Dr Alain Livartowski, oncologue et chargé des programmes de e-santé à la direction des Data de l’Institut Curie, à Paris. Il est membre du comité scientifique des Rencontres Nationales de la Santé Numérique, qui se tiennent le 2 avril 2019, à Paris.

    L’événement est organisé dans le cadre de la campagne #FASN sur le thème de la cancérologie à l’ère du numérique, en partenariat avec Unicancer, afin d’accompagner la transformation numérique et organisationnelle de l’offre de soins. Le programme de ces 36 heures chrono mettra en lumière les retours d’expériences d’acteurs de santé sur les grands programmes et expérimentations déployés au sein des établissements de santé et sur les nouvelles formes de coordination mises en place pour les professionnels impliqués dans la prise en charge des patients atteints d’un cancer.

    En quoi, l’Institut Curie a été pionnier dans le développement de la santé numérique ?

    L’Institut Curie a eu un projet d’hôpital numérique dès la fin des années 90 et nous étions totalement informatisé au début des années 2000. Nous avons, à ce moment-là, décidé d’abandonner complètement les dossiers papiers. Nous avons numérisé tous nos documents en 2007 et arrêté d’utiliser les films radiologiques.

    En 20 ans, nous avons accumulé un nombre considérable de données, comptes rendus, images et autres données. Elles sont constitués pour optimiser les soins. Cependant, nous avons aussi réfléchi à comment pouvoir utiliser ces données pour la recherche clinique, fondamentale et transnationale. Nous suivons des patients sur de très longues périodes. D’où l’idée de la création d’une direction des data, pleinement opérationnelle depuis 18 mois. L’objectif est de valoriser ces données accumulé depuis des années pour la recherche et pour la santé en utilisant notamment les algorithmes de l’intelligence artificielle.

    Il s’agit de la dynamique qui a abouti à la création de MyCurie ?

    En effet. L’intérêt d’être totalement numérique, et de développer des projets de e-santé est de s’ouvrir vers l’extérieur avec la messagerie sécurisée de santé, le DMP. Le partage s’effectue entre professionnels mais aussi avec les patients, qui sont de plus en plus hors les murs. D’où l’idée de l’application MyCurie pour que les patients puissent recevoir l’information complète les concernant.

    Une première partie d’outils pratiques donne accès aux rendez-vous, aux comptes rendus. Les patients sont très demandeurs, pas tant pour les consulter tous les jours, mais d’être sécurisés. L’autre possibilité très appréciée est de pouvoir communiquer avec les médecins. C’est encore assez nouveau et cela entraîne deux implications pratiques : une modification de l’organisation, notamment pour répondre aux patients quand le médecin n’est pas là, et une réflexion sur le modèle économique.

    Les informations récoltées en vie réelle par les patients alimentent leur dossier mais aussi la recherche, avec leur accord bien sûr. Le projet d’intelligence artificielle pour identifier des risques prédisposant aux thromboses chez les patients, annoncé en février 2019, est également un exemple de la dynamique volontariste de mettre la santé numérique au service du patient.

    Justement comment la e-santé change-t-elle la prise en charge des patients ?

    Le numérique devient un outil indispensable. Nous ne pouvons plus admettre de gérer la relation avec le patient uniquement par téléphone. Les patients eux-mêmes ne comprennent pas qu’un hôpital ne soit pas 100 % numérique. Ils veulent communiquer par les moyens modernes et numériques.

    Il est encore tôt pour voir un changement radical dans la prise en charge des patients. Nous avons plus de 5000 patients qui utilisent MyCurie. C’est à la fois beaucoup et peu. Souvent, les applications sont utilisées par quelques centaines de patients. Mais, sachant que nous avons entre 200 et 300 nouveaux patients par mois, nous sommes loin de notre objectif de 50 % des patients connectés.

    Les professionnels adhérent-ils à totalement à cette évolution ?

    Je ne conçois pas aujourd’hui un hôpital qui ne devienne pas 100 % numérique malgré la contrainte d’avoir à la fois un dossier papier et un dossier numérique, dans une phase transitoire. La prescription doit être totalement numérique, ainsi que le suivi du circuit des chimiothérapies, des médicaments, des examens, notamment d’imagerie. L’objectif est d’avoir un suivi complet du circuit du patient.

    Actuellement, personne ne reviendrait en arrière. En 2004, au démarrage, il a fallu échanger avec les équipes, les accompagner dans ce changement mais aujourd’hui, ils sont convaincus.

    Au point d’être moteur dans le développement et le déploiement ?

    Au démarrage du développement de l’application par exemple, quand il s’agissait d’information allant de l’hôpital vers le patient, ils n’étaient pas opposés mais ne se mobilisait pas beaucoup. Dans l’autre sens, pour l’information transmise par le patient, à gérer, analyser, intégrer dans les dossiers… les médecins se sentent plus concernés et sont très partie prenante. Ils ont été moteurs dans le changement d’organisation de pratiques pour répondre à cette nouvelle approche de la relation aux patients.

    Les patients sont-ils plus impliqués ?

    Tout à fait. Nous nous sommes beaucoup appuyés sur les patients eux-mêmes pour savoir identifier leurs besoins, leurs souhaits, notamment via des enquêtes. Plus que les associations de patients, je m’appuie sur les patients suivis actuellement, dans mon service, pour être au plus près de leurs problématiques. Nous avons diffusé aussi des enquêtes.

    Pour MyCurie, nous avons d’abord demandé aux médecins de proposer l’application aux patients. Cela a démarré timidement. Puis, quand nous nous sommes débrouillés pour que les patients accèdent directement à l’application, sans passer par les médecins, nous avons eu 5 000 téléchargements en un an.

    Quels sont les freins à lever ?

    L’investissement en informatique coûte cher et pas seulement en matériel. Le volet fonctionnement d’un tel système, avec la mobilisation des médecins, soignants et administratifs n’est pas négligeable. Une organisation est à mettre en place alors que l’acte de télésurveillance n’existe pas. C’est un frein majeur. Quand, après la consultation, j’échange avec un patient par mail, ce n’est pas à côté de lui. Tant que cela arrive de temps en temps, il n’y pas de problème mais cette pratique se multiplie.

    Outre la dimension économique, nous sommes face aux freins habituels de changements des organisations et des pratiques. Certains sont très tournés vers ces nouveautés. Nous avons une grande base de personnes prêtes à changer mais qui ne sont pas forcément moteurs et une partie, de plus en plus restreinte, est plus à la traîne. Nous sommes en train de changer d’organisation hospitalière, de modèle de parcours de soin. Cela va se faire avec le temps.

    Certains patients également sont réfractaires à ce système. Nous devons le respecter en gérant les deux systèmes en parallèle.

    Vous restez optimiste ?

    Je suis optimiste car je suis dans un hôpital tourné vers l’innovation. J’ai été soutenu par ma direction qui m’a donné du temps, une équipe. Je pense que la santé numérique peut améliorer l’organisation, donner plus d’efficience. Pour que cela fonctionne à grande échelle, il faut rapidement lever les freins et trouver le modèle économique efficace.

  • ExclusifFASN Cancérologie : la Fédération Leucémie Espoir dévoile sa plateforme Globulo Quest (2/04/19)

    La Fédération Leucémie Espoir présentera son projet Globulo Quest – Le Chemin vers la guérison, à l’occasion des 36 Heures Chrono de la Cancérologie, le 2 avril 2018. Globulo Quest est une plate-forme ludique innovante, pour informer, accompagner et améliorer la qualité de vie des jeunes enfants atteints de leucémie et leur proches, via des jeux d’éducation thérapeutique. En maturation depuis 2 ans, la plate-forme sera en ligne d’ici l’été.

    La santé numérique représente une opportunité d’amélioration du système de santé. Le projet Globulo Quest montre, qu’à coté des start-ups, les associations de patients sont aujourd’hui capables d’initier des initiatives innovantes. Il sera présenté dans le cadre des Minutes de l’Innovation, lors des 36 heures Chrono. Elles font la promotion de projets innovants avec une dimension numérique ayant un impact sur l’organisation et les soins des établissements spécialisés en cancérologie et valorisent les organisations et acteurs qui font bon usage de la technologie au service d’un système de santé plus efficient.

    Aurélie Scheer-Danton, a une formation de biologiste, en pharmacologie. Elle a eu une carrière dans le secteur privé, dans une PME, à différents postes, dans le domaine de la recherche et de la prestation de services pour les chercheurs. « J’ai eu envie de m’orienter vers la santé digitale pour être plus proche du terrain et des patients. En suivant l’actualité du secteur, j’ai entendu parler de l’Hack A Fond de la fondation B-Braun et j’ai rencontré la Fédération Leucémie Espoir. J’ai tout de suite adhéré au projet qui émergeait tout juste ».Aurélie Scheer-Danton est aujourd’hui coordinatrice du projet. Rencontre.

    Comment est née l’idée de cette plateforme d’information pour les enfants leucémiques ?

    La genèse du projet vient de la rencontre entre Michel Catard, vice-président de la fédération et un pharmacien, Romain Penager qui a fait sa thèse sur les outils pédagogique sur la leucémie. Il s’est rapproché de la fédération. L’objectif de FLE est l’aide aux patients en termes d’informations sur le traitement mais aussi le quotidien, le vécu de la maladie, les soins de supports, les droits sociaux… C’était une démarche assez nouvelle pour la fédération, mais le projet leur à tout de suite plu.

    L’idée a donc été de construire une plateforme d’information, adaptée, évolutive, accessible aux enfants comme aux parents. En octobre 2017, la Fondation B-Braun organisait son premier hackathon, appelé Hack A Fond. L’équipe a planché pendant 24h sur une solution ludique, accessible, ouverte et facile à partager. En effet, la fédération est un réseau d’associations régionales ayant une actions de terrains, localisées. Le pitch de cinq minutes a convaincu le jury d’experts de la santé médicale. Globulo Quest a reçu le deuxième prix. Et surtout, la fédération m’a convaincue de les rejoindre ce jour-là.

    Quelle est l’originalité de cette initiative ?

    Il s’agit d’une plate-forme avec diverses fonctionnalités de calendrier, de notifications et surtout des mini-jeux. La première partie, centrale est en effet un jeu fil rouge, évolutif. Il va accompagner l’enfant dans les longues semaines d’hospitalisation. La communauté proche de l’enfant, sa famille élargie, les copains y ont aussi accès. Ils jouent et échangent avec lui. Un système de badge encourage l’enfant.

    La seconde partie est plus propre à l’enfant et à sa famille, dans une démarche d’éducation thérapeutique. Via le calendrier, les parents saisissent les rendez-vous et les moments importants du parcours de soins et ont accès à une série de ressources documentaires. Nous voulons dispenser de l’information adaptée au public, vulgarisée. L’information est organisée selon les moments-clés du parcours de soins, la chimiothérapie, les moments difficiles, les actes douloureux, le retour à domicile. Il s’agit aussi de dédramatiser.

    Par ailleurs, nous ne voulons par reproduire du contenu mais plutôt de centraliser l’existant. Par exemple, nous sommes en lien avec l’association Sparadrap, pionnière dans l’information, avec des outils, des guides adaptés, illustrés, ludiques. Notre espoir est de pouvoir rassembler et valoriser les ressources existantes notamment des autres associations pédiatriques.

    Les soignants sont-ils partie prenante ?

    Ce sont les parents qui administreront la plate-forme pour ne pas surcharger les soignants. Mais, ces derniers peuvent faire partie de la communauté et créer ainsi un autre lien avec l’enfant. Elle complète l’accompagnement des équipes soignants, du psychologue. L’outil est un moyen d’entrer en contact avec l’enfant de manière détournée, de rentrer dans son univers.

    Nous avons aussi imaginé un moyen de sonder son moral pour alerter, relancer si besoin la communauté, des parents, des soignants et les relancer et les inciter à venir sur la plate-forme. Il pourra jouer aussi une fois de retour chez lui.

     Et depuis le « Hack A Fond », comment le projet avance -t- il?

    Depuis un an et demi, nous avançons doucement, au rythme des possibilités des bénévoles, mais sûrement. Entre octobre 2017 et l’été dernier, nous avons peaufiné la présentation, validé le concept auprès des utilisateurs, professionnels de santé, malades, familles. Nous avons activé nos réseaux personnels, professionnels et ceux des associations en lien avec les structures de soins locales. Nous avons eu des retours très positifs. Nous avons monté un groupe de travail notamment avec les hôpitaux parisiens de Trousseau, Robet-Debré et Saint-Louis, avec des assistantes sociales, des psychologues, des infirmières coordinatrices, réseaux. Nous devrions ouvrir une première version, basique, en mai-juin pour tester les premières fonctionnalités.

  • Philips et Microsoft créent un environnement de réalité virtuelle pour une chirurgie peu invasive

    Philips coopère avec Microsoft pour créer « le bloc opératoire du futur », a annoncé le groupe néerlandais lors du salon Mobile World Congress (MWC) de Barcelone, qui s’est tenu du 25 au 28 février 2019. Le partenariat des deux sociétés a abouti à un prototype associant la plateforme de thérapie guidée par l’image Azurion de Philips au casque de réalité virtuelle Hololens 2 de Microsoft, dans l’optique de développer des techniques de chirurgie peu invasives.

    Il s’agit de permettre au médecin de ne pas toucher directement la zone de traitement, en s’appuyant sur la technologie de navigation Azurion pour voir à l’intérieur du corps du patient. En ajoutant au dispositif le casque Hololens 2, le praticien passe de données affichées sur de grands écrans en deux dimensions à un environnement de réalité virtuelle holographique 3D. Philips affirme que le casque permet au chirurgien de voir le monde réel superposé avec les données en direct et de contrôler le système par la reconnaissance vocale et un suivi visuel.

    « Le passage d’une chirurgie ouverte à une procédure guidée par l’image a entraîné une amélioration radicale pour les patients et une réduction des coûts, notamment en raccourcissant considérablement le séjour du patient à l’hôpital après l’opération », souligne le radiologue Atul Gupta, médecin-chef chargé de la chirurgie guidée par l’image à Philips.

    Depuis son lancement mondial en février 2017, la plateforme Azuriona a aidé à opérer plus de 500 000 patients dans plus de 80 pays, indique Philips.

  • IA : Verily (Google) lance en Inde un algorithme de détection des maladies oculaires

    Google annonce que sa société-sœur Verily Life Science a lancé à l’Aravind Eye Hospital de Madurai (Inde) la première application clinique de son algorithme de dépistage de maladies oculaires par apprentissage automatique. Cet outil concerne les complications ophtalmologiques du diabète, comme la rétinopathie diabétique et l’œdème maculaire diabétique, qui comptent parmi les principales causes évitables de cécité chez l’adulte.

    Cette expérience pilote, annoncée le 25 févier 2019, est l’aboutissement d’un programme de recherche mondial initié il y a trois ans par le géant du numérique. Google a concentré ses efforts sur l’Inde, conscient de la forte augmentation des cas de diabète dans ce pays, dans lequel feraient défaut quelque 100 000 ophtalmologistes. Le Docteur R. Kim, médecin-chef de l’hôpital Aravind, estime que l’apprentissage automatique est en mesure d’augmenter exponentiellement le nombre de patients dépistés, qui n’est aujourd’hui que de 6 millions sur les 72 millions de personnes diabétiques que compterait le pays, indique le communiqué.

    Dans le cadre de ce projet, la firme de Mountain View a créé une base de 128 000 images d’yeux dont chacune a été examinée par un panel de 3 à 7 ophtalmologistes, de façon à exercer un réseau de neurones dédié. Lors des tests de validation, les résultats obtenus par l’algorithme étaient comparables à ceux obtenus par des médecins, et parfois « légèrement meilleurs ».

  • La plateforme d’assistance R-One obtient le marquage CE : une première en cardio interventionnelle

    La start-up française Robocath vient d’obtenir le marquage CE pour R-One, sa plateforme d’assistance robotique qui vise à assister les cardiologues interventionnels dans la pose de stents (angioplastie) par le biais de technologies de précision complétant les méthodes existantes.
    C’est la première fois qu’une plateforme robotique est approuvée en Europe dans le domaine de la cardiologie interventionnelle, commente la société dans un communiqué publié le 26 février 2019.

    Robocath est en train de préparer une nouvelle campagne de financement, avec le soutien de ses actionnaires historiques, pour la commercialisation de sa solution au cours des prochaines années sur le marché européen et du Moyen-Orient.

    « Notre entrée sur le marché de la robotique vasculaire interventionnelle représente une opportunité importante de croissance, commente Philippe Bencteux, président et fondateur de Robocath. La solution R-One pourrait être installée dans plus de 3 000 salles de chirurgies, réalisant environ 1,6 million d’interventions chaque année en Europe seulement. En nous appuyant sur notre marquage CE, nous prévoyons de finaliser très prochainement un certain nombre de partenariats pour des distributions stratégiques [de notre technologie] dans des zones géographiques à fort potentiel, un lancement à l’échelle européenne et moyen-orientale étant prévu pour 2020. »

    En janvier, le Medical Training and Testing Center (MTC) du CHU de Rouen annonçait avoir intégré dans son établissement un robot de formation développé par Robocath. Il s’agit de la première vente du dispositif conclue par la start-up.

  • Congrès MWC 2019 : le Bordelais SimforHealth présente son simulateur médical numérique avec HTC Vive

    SimforHealth, fabricant de technologies médicales basé à Bordeaux, présente un nouveau simulateur numérique dédié à la formation médicale à l’occasion du MWC 2019 à Barcelone, qui se tient du 25 au 28 février. La technologie est disponible sur le casque autonome de réalité virtuelle (RV) Vive Focus Plus.

    Plus précisément, elle met en avant un simulateur basé sur la RV pour former des infirmiers(ères) libéraux(ales). Développé par Orion Santé, organisme de formation continue des professionnels de santé, l’outil reconstitue l’environnement en 3D du domicile d’un patient virtuel, l’objectif pédagogique soulignant « l’importance de la simulation numérique pour améliorer l’ancrage de procédures et de situations spécifiques de soins de santé », explique SimforHealth dans un communiqué publié le 24 février 2019.

    Seule entreprise française à avoir été choisie par HTC Vive pour participer à ce congrès, SimforHealth expose pour la 2ème année consécutive au MWC de Barcelone. Elle vise à illustrer « tout le potentiel de la réalité virtuelle dans le domaine de la formation en santé », indique la société.

    Ce simulateur numérique est désormais disponible sur la boutique de la plateforme MedicActiV de SimforHealth.

    Un enseignement « actif et immersif »

    L’utilisateur se met dans la peau d’un(e) infirmier(ère) libéral(e) venu(e) au domicile du patient changer son pansement de PICC line*. Il découvre toutes les étapes de cette procédure par l’intermédiaire d’un enseignement « actif et immersif » dans l’optique d’acquérir et de renforcer des compétences qui seront appliquées en situation réelle, commente SimforHealth.

    MedicActiV : une plateforme pour diffuser les simulateurs numériques dédiés à la santé

    La solution est disponible par le biais de la plateforme de formation MedicActiV, utilisée par plus de 50 000 professionnels de santé dans le monde selon les chiffres de l’entreprise. Elle permet aux établissements de formation en santé de créer et de diffuser leurs propres simulateurs numériques.