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  • Les exosquelettes en chiffres

    Les principaux utilisateurs potentiels :

    • 40 000 paraplégiques en France et 1000 de plus par an
    • 60 % sont paralysés des jambes et 40 % ont perdu l’usage de tous leurs membres
    • 75% ont moins de 35 ans au moment de l’accident
    • 273 000 blessés médullaires aux Etats-Unis
    • 130 000 AVC par an en France (40% des survivants gardent des séquelles importantes telles qu’une hémiplégie)
    • 2500 personnes touchées par la myopathie de Duchenne
    • 30 000 personnes atteintes des neuropathies de Charcot-Marie-Tooth

    Le prix d’un exosquelette complet :

    • 50 000 euros pour le 1er exosquelette vendu à des particuliers
    • 30 000 euros pour l’exosquelette Hercule de la société RB3D au stade des pré-séries
    • 130 000 euros pour l’exosquelette d’Ekso Bionic vendu à des centres de rééducation

    Poids, Autonomie, Vitesse de marche :
    • HAL
    23 kg
    2h30 d’autonomie
    4lm/h

    • Re-Walk
    20 kg
    8h d’autonomie
    3km/h

  • Des projets nombreux, des réussites spectaculaires, un marché encore limité

    Des acteurs français comme Clinatec ou Wandercraft se positionnent sur le marché des exosquelettes. Malgré des avancées spectaculaires pour redonner de la mobilité à des patients handicapés, ces dispositifs souffrent encore de limites techniques, d’un coût très élevé de plusieurs dizaines de milliers d’euros, des interrogations éthiques liées à ces technologies et d’une absence de bénéfice clinique reconnu par le régulateur.

    Les exosquelettes ne sont plus de la science-fiction. La production de combinaisons biomécaniques ou motorisés s’accélère. Le 1er brevet d’exosquelette motorisé a été déposé par un américain en 1964, visant à amplifier la force humaine a échoué. Dans le domaine de la santé, il a fallu attendre les années 2000 pour voir éclore des prototypes utilisables dans le cadre de la rééducation neuro-fonctionnelle. Ils ont rapidement bénéficié d’une forte exposition médiatique. En 2014, un paraplégique équipé d’un exosquelette a même donné le coup d’envoi de la coupe du monde de football.

    Des entreprises concentrées aux Etats-Unis

    Cette vitrine est cependant trompeuse. Tout d’abord, le secteur des exosquelettes autonome n’est pas l’eldorado que l’on croit. Il ne compte que quelques acteurs dans le monde. Si les projets de recherche sont nombreux, les entreprises qui se sont lancées dans cette aventure sont moins d’une dizaine, concentrées essentiellement aux Etats-Unis, au Japon. Des pays européens comme la Suisse et la France (avec Clinatec et Wandercraft) jouent aussi dans cette cour mais « nous sommes quasiment dans une situation de monopole, ce qui a évidemment des conséquences en terme de prix, » indiquait Nathanaël Jarrassé, chercheur à l’Institut des systèmes intelligents et de robotique (ISIR), lors d’un colloque sur la robotique organisé par l’Observatoire de l’hospitalisation privée.

    Un exosquelette coûte environ 100 000 euros. « Et les exosquelettes développés actuellement répondent à des besoins très spécifiques; ils sont sur des niches microscopiques alors que le marché global est gigantesque, déclare Samuel Veillerette, président du centre de transfert de technologie de l’université de Compiègne.

    Paraplégie, AVC, neuropathies…

    Derrière les exosquelettes, se cache tout le secteur de la robotique fixe. De nombreuses structures ont aujourd’hui investi dans des robots de rééducation, notamment pour les membres supérieurs, et surtout pour des victimes d’AVC. « Au milieu de toutes les techniques de rééducation, la robotique a une vraie place », déclare Agnès Roby-Brami, directeur de recherche au CNRS. Même si elle s’empresse d’ajouter qu’il n’existe pas vraiment de consensus sur l’utilisation de ces robots.

    Par ailleurs, les exosquelettes ne servent pas qu’à tenter de faire remarcher des paraplégiques. Leurs fonctionnalités sont multiples : ils peuvent amplifier la force, permettre la télé-opération à distance, l’immersion dans la réalité virtuelle et bien sûr la rééducation. En santé, les applications sont donc variées : réduire la pénibilité au travail et les troubles musculo-squelettiques, assister les personnes âgées ou fragilisées dans leur vie quotidienne, rééduquer le mouvement chez les patients ayant subi un AVC, souffrant d’une SEP ou le suppléer totalement chez des lésés médullaires ou des myopathes. Plus anecdotique : un exosquelette permet même de se mettre dans la peau d’une personne âgée et ainsi de sensibiliser au grand âge.

    L’autre mythe qui entoure les exosquelettes et la robotique en général, c’est celui du « Lèvre-toi et marche ! » « Ce ne sont que des outils d’assistance pour le thérapeute et le patient, rien de plus, affirme Nathanaël Jarrassé. Le Lokomat, un exosquelette suisse a par exemple fait naître beaucoup d’espoir. Il permet de faire des séances thérapeutiques plus longues. Mais, « l’enthousiasme est un peu retombé car il ne change pas le pronostic », précise Agnés Roby-Brami.

    Concrètement, ils sont de plus en plus utilisés dans les centres de soins mais encore loin d’être fonctionnels dans la vie quotidienne.

    Une efficacité qui peine à être démontrée

    La communauté médicale reste circonspecte. Et pour cause, la démonstration de leur supériorité par rapport à de la rééducation conventionnelle est loin d’être flagrante. Les études aboutissent à des résultats contradictoires. Les robots de membres supérieurs montrent malgré tout des résultats supérieurs à ceux des membres inférieurs. Une étude en cours menée par le Pr Olivier Rémy-Néris, chef du service de médecine physique et de réadaptation du CHU de Brest, devrait apporter des éclaircissements. Elle va comparer l’entraînement en autonomie (sans thérapeute) avec un robot à l’auto-rééducation chez 220 patients victimes d’AVC.

    Une étude randomisée contrôlée a permis de montrer l’efficacité de la rééducation via un robot par rapport à une thérapie classique, mais uniquement à cause de l’intensité des exercices. En fait, le robot permet de répéter 100 fois un geste contre seulement une dizaine de fois avec un rééducateur. Or, depuis une quinzaine d’années, il est démontré que la répétition favorise la plasticité neuronale et donc la récupération.

    Du côté des exosquelettes de marche, des bénéfices au niveau cardiaque, intestinal, veineux sont pour le moment espérés. Quant à la locomotion, elle reste balbutiante. Lourds, manquant souvent d’autonomie, ces appareils nécessitent l’emploi de béquilles. En revanche, des progrès technologiques ont été effectués sur le partage de commandes. Pour des patients possédant encore des capacités motrices, l’exosquelette doit pouvoir détecter les intentions de mouvement de la personne. Comme l’explique Agnès Roby-Brami, « plusieurs méthodes existent comme la mesure des signaux de contractions musculaires ou neuronaux et des forces d’interactions avec l’exosquelette ou simplement l’observation posturale. »

    Des prémices de remboursement

    Ces progrès ont conduit la FDA à autoriser la commercialisation du ReWalk en 2014 et de l’Indego en 2016. Des assureurs privés aux Etats-Unis mais aussi des caisses professionnelles en Allemagne commencent à les prendre en charge. En France, nous n’en sommes pas là. Le régulateur ne remboursera pas tant que les évaluations ne mettront pas en avant un réel bénéfice clinique. Tous les observateurs l’affirment : l’exosquelette est encore très loin de remplacer le fauteuil roulant. Pour Samuel Veillerette, « la révolution viendra des fibres textiles intelligentes. Des chercheurs ont déjà mis au point des fils de pêche torsadés qui soulevaient une masse 100 fois plus élevée qu’un muscle humain ! »

     

  • « Rien n’aurait été possible sans le financement de l’armée » (Serge Grygorowicz, Rb3d)

    « Nous avons des échanges techniques avec des fabricants d’exosquelette de rééducation », explique Serge Grygorowicz, PDG de la société française RB3D qui travaille sur des exosquelettes militaires.

    « Nos dispositifs détectent le mouvement et l’amplifient ensuite, je suis convaincu que certains progrès vont être utiles pour des personnes non-valides », ajoute-t-il à propos des applications en santé des travaux menés pour l’armée.

    Vous fabriquez des robots et des exosquelettes pour des industriels et pour l’armée. Ils développent la puissance et l’endurance de leurs utilisateurs. Mais, quels sont leurs bénéfices sanitaires ?

    Nos robots collaboratifs, et nos exosquelettes permettent de prévenir les troubles musculo-squelettiques, qui dépendent de 3 facteurs : la force, la fréquence et la posture. Ils sont par exemple très indiqués pour les personnes qui étalent le bitume sur les routes. Certaines tâches ne peuvent pas être déléguées à des machines. Ces hommes étalent donc environ 35 tonnes de bitume par jour et ces gestes font 20 kg de tirée et de poussée ! Equipés de nos robots, les ouvriers n’assurent plus que 10% de la force et peuvent ainsi se tenir droit. Nous avons aussi des bras de robot qui servent à tenir des outils de meulage. Ces machines filtrent toutes les vibrations.

    Comment avez-vous financé la recherche et développement de ces robots et exosquelettes ?

    En 2009, nous avons proposé à la direction générale de l’armement et au CEA un projet de partenariat. Les militaires ont besoin de partir loin, longtemps, en totale autonomie et de transporter des charges lourdes. Nous avons ensuite rapidement trouvé des applications civiles pour nos robots et exosquelettes dans des secteurs variés, tels que le BTP, l’automobile, la métallurgie… Sans le financement de la DGA, tout cela aurait été impossible. Certes, c’est un marché naissant mais la prise en charge de la pénibilité au travail suscite de plus en plus d’intérêt.

    Les robots industriels vont-ils avoir des applications dans le domaine de la santé ?

    Nous avons des échanges techniques avec des fabricants d’exosquelette de rééducation, et notamment avec l’américain Ekso Bionics. Bien sûr, notre technologie n’est pas directement transférable dans la santé. Et notamment chez les paraplégiques puisque nos dispositifs détectent le mouvement et l’amplifient ensuite.

    Cependant, je suis convaincu que certains progrès vont être utiles pour des personnes non-valides. Entre la V3 et la V4 de notre exosquelette pour l’armée, nous avons réussi à diviser par 3 le nombre de watts par kilo de charge.

    Les secteurs de la téléphonie mobile et de la voiture électrique contribuent aussi à l’amélioration des batteries. Tout cela devrait faciliter l’autonomie des personnes à mobilité réduite.

  • Le robot chirurgien STAR a réussi une intervention sur des tissus mous d’animal

    « Le marché de la robotique chirurgicale représentait 3,2 Mds€ en 2014 et devrait atteindre 20 Mds€ en 2021, d’après un rapport publié par WinterGreen Research en Avril 2015 », c’est ce qu’a indiqué Franck Latxague, éditeur spécialisé dans les robots et les drones, lors d’un entretien accordé à Atlantico le 15 juin 2016.

    D’après l’ANSM, la robotique médicale représente 40 % du marché professionnel, avec 20 % de croissance annuelle.
    Ces appareils à très haute valeur ajoutée peuvent se vendre à plus d’un million de dollars: c’est le frein majeur au développement de ce marché, mais l’évolution des technologies et la réduction des coûts de production annoncent de nouvelles perspectives. Le second obstacle réside dans le fait que les start-up ont besoin de réaliser d’importantes levées de fonds pour pouvoir développer des prototypes et, à terme, commercialiser leurs inventions.

    Dernier venu sur ce marché, le robot STAR, mis au point par une équipe pluridisciplinaire de l’université Johns-Hopkins de Baltimore (Etats-Unis) a réussi à opérer des tissus mous d’animal sans les altérer, une première médicale qui doit être suivie par des essais cliniques sur l’homme.

    Star, Smart Tissue Autonomous Robot, le robot chirurgien

    Développé aux États-Unis pour assister les chirurgiens pendant leurs opérations, équipé d’un bras télémanipulateur et disposant d’instruments chirurgicaux, d’un système d’imagerie et de marqueurs fluorescents qui ciblent les tumeurs, Star a relevé le challenge, dans le cadre d’un test réalisé sur des intestins de porc, d’opérer les tissus mous sans les altérer, notamment en intégrant plusieurs technologies différentes :

    • Système de vision reposant sur des marques fluorescentes proches de l’infra rouge (NIRF) localisés dans le tissu intestinal
    • Vidéo spécialisée NIRF traquant les marqueurs pendant qu’une caméra 3D enregistre les images du champ chirurgical entier

    La combinaison en temps réel de ces données autorise Star à se concentrer sur sa cible. Le robot planifie lui-même les sutures, ajustant ce plan au mouvement des tissus durant l’opération.

    Limiter voire éliminer l’intervention humaine permet de réduire via ces robots autonomes, les complications (nombreuses dans le domaine de la chirurgie délicate des tissus mous) et d’améliorer la sûreté et l’efficacité des interventions.

    Plus d’un million de ce type d’anastomoses gastriques sont effectuées par an aux États-Unis, de même qu’en urologie et gynécologie. Or, 30 % de ces opérations impliquent des complications : fuites ou blocages selon les chercheurs.

    Ces derniers estiment que la FDA n’autorisera pas la commercialisation de Star avant plusieurs années car des essais cliniques sont nécessaires afin de s’assurer qu’il ne présente pas de danger pour l’homme.

    Les robots médicaux déjà présents sur le marché

  • Un plan pour un accès à la médecine génomique en 2025 (Rapport d’Yves Lévy, INSERM)

    Faire de la France un leader de la recherche génétique et du séquençage à très haut débit de l’ADN humain, c’est l’objectif visé par les propositions du rapport d’Yves Lévy, directeur de l’Inserm, remis au Premier Ministre, Manuel Valls, et à la Ministre de la Santé le 22 juin 2016.

    Intitulé « France Médecine Génomique 2025 », ce rapport détaille les « conditions de mise en œuvre du génome à grande échelle dans le cadre du parcours de soins. »

    En pratique, le plan consiste à « mettre en œuvre un parcours de soins générique avec un accès privilégié, commun à tous les patients affectés par les cancers, maladies rares ou communes permettant, à l’horizon 2025, un accès à la médecine génomique pour l’ensemble des personnes concernées. »

    L’objectif du rapport est de proposer une vision à long terme du positionnement de la France, l’évaluation de ses enjeux (innovation, développement économique et technologique, implications éthiques).

    L’élaboration d’un modèle médico-économique « intégrant la prise en charge par l’Assurance maladie et le développement d’une filière industrielle pour soutenir cette initiative » et s’appuyant sur la mise en place d’une « task force public-privé » est préconisée dans le rapport.

    Le jour-même de sa présentation, Marisol Touraine a annoncé que 670 M€ seront consacrés à la création en France de 12 centres dédiés au séquençage du génome.

    Ingénierie génomique : une nouvelle dimension

    Malgré l’apparition des thérapies géniques dans les années 1990, on plonge dans une nouvelle dimension avec l’avènement en 2013 de l’édition génomique.
    Le 21 juin 2016, l’Institut National de la Santé américain a autorisé un essai clinique de thérapie génique anticancéreuse sur l’homme, une première, impliquant l’utilisation de CRISPR-Cas9.
    Découper, à la base près, des séquences d’ ADN choisies, réaliser une chirurgie du génome, inactiver ou supprimer un gène, voire le remplacer par un autre, est désormais possible.
    L’objectif est de prendre en charge, à l’horizon 2020, environ 235 000 séquences de génomes par an correspondant à 20 000 patients atteints de maladies rares, et leurs familles (environ 60 000 génomes) et 50 000 patients prioritaires car atteints de cancers métastatiques/réfractaires au traitement.

    Transmission irréversible à la descendance

    En 1997, la France et 28 autres pays signent la convention d’Oviendo, ratifiée en 2011 : elle consacre l’interdiction d’exercer des modifications génétiques transmissibles à la descendance.
    Pour l’heure, thérapies géniques ou CRISPR ne sont autorisées que pour une application thérapeutique sur les cellules somatiques du foie ou des muscles.

    Les trois outils d’ingénierie génomique existant

    • TALEN (Transcription activator-like effector nuclease) et ZFN (Zinc finger nuclease), nécessitant plusieurs mois de développement et faisant intervenir une protéine reconnaissant l’ADN à découper
    • CRISPR, courtes répétitions en palindrome regroupées et régulièrement espacées, identifiant directement l’ADN, via un ARN guide, élaboré en quelques heures

    Avril 2015 : première modification génétique d’embryon humain

    Optimisation de la précision, de la rapidité, du prix par rapport aux thérapies géniques classiques, les CRISPR se sont invités dans les laboratoires du monde entier : un millier d’études publiées en moins de deux ans d’existence, des millions d’euros investis dans des projets de recherche ou start-up.
    Avril 2015, le biologiste chinois Huang Junjiu réalise la première modification génétique d’embryon humain via la technique CRISPR-Cas9 : des ciseaux moléculaires sont utilisés afin de traiter une maladie monogénique : la bêta-thalassémie.

    Utilités et bénéficiaires

    L’édition génomique et ses nombreuses futures applications thérapeutiques ne se destinent qu’aux pathologies dont les gènes ont été parfaitement identifiés et caractérisés comme la myopathie de Duchenne par exemple, liée à une anomalie du gène DMD.
    A l’heure actuelle il est possible d’introduire chez la souris un CRISPR dans le muscle pour modifier le gène déclencheur de la maladie.
    VIH, leucémie ou mucoviscidose sont des pathologies pour lesquelles la technique est expérimentée.

    Obstacles techniques

    Avant de commercialiser ce type de traitement chez l’homme il est indispensable de pallier le fait que les CRISPR manquent parfois leur cible et découpent un autre gène que celui visé.
    Ce sont les effets dits « off-target », néanmoins prévisibles informatiquement.
    Il s’agit d’identifier les séquences ressemblant considérablement à la cible afin de prédire, limiter et idéalement éviter les cassures indésirables, impliquant par exemple la délétion d’un gène indispensable au fonctionnement du système immunitaire.
    La délivrance du système CRISPR-Cas9 relève du challenge : cibler les organes, introduire le bistouri génétique grâce à un virus ou en sortant les cellules de l’organisme pour les réimplanter modifiées ensuite.

    Limites éthiques

    Modifier de l’ADN avec des outils d’ingénierie génomique comme CRISPR-Cas9 implique l’émergence de questionnements éthiques et législatifs complexes.
    La thérapie génique, consistant à introduire un gène médicament dans un organisme, soulevait déjà les enjeux sociétaux des biotechnologies appliquées à la santé.

    • Peut-on modifier l’ADN d’embryons humains et donc celui des générations futures ?
    • Comment contrôler ces nouveaux OGM ?
    • Peut-on manipuler les embryons humains pour optimiser les taux de réussite des FIV ?
    • Doit-on réaliser des expérimentations pour créer de nouvelles formes de vie ou recréer des espèces disparues ?
  • Réalité virtuelle : MedInReal présente son « Youtube de la chirurgie »

    Des situations médicales reproduites en vidéo interactives : la start-up MedInReal a présenté le 18 juin 2016 à Paris son « Youtube de la chirurgie ». Ce système de réalité virtuelle pour la formation de chirurgiens et de médecins a fait l’objet de démonstrations à l’occasion du Up Fest, manifestation initiée à Paris par le mouvement UP, un projet collaboratif entreprenant de « réinventer le monde de demain ».

    La réalité virtuelle promet de révolutionner les professions médicales. De nombreuses start-up s’attaquent à ce marché avec un argument de taille: la diminution des coûts en réduisant les interventions humaines et les frais de mise à disposition des matériels.

    Sont notamment concernés par ces systèmes de réalité virtuelle: la formation médicale, la formation aux premiers secours, le traitement du stress post traumatique, de l’autisme, de l’anxiété, de la douleur, de la dépendance ou de certaines phobies.

    Franck Assaban, kinésithérapeute de formation spécialisé dans les troubles de l’équilibre et le mal du transport, utilise la réalité virtuelle afin d’optimiser la modernisation de sa profession. En mai 2016, il a créé Virtualis, une start-up développant des logiciels pour casques de réalité virtuelle afin de remplacer les équipements pesants que l’on trouve chez les praticiens.

    « On va vers le traitement des phobies en général et nous travaillons sur la rééducation des vertiges, les troubles de l’équilibre, l’acrophobie, la peur de la route; le but est de réhabituer le cerveau à subir des conflits sensoriels pour l’aider à mieux les tolérer. On arrive très souvent à tromper le cerveau ! », explique Franck Assaban.

    L’enjeu de la réalité virtuelle et de la réalité augmentée est considérable : Goldman Sachs estime que ce marché représente 80 Mds$ (environ 78 Mds€), d’ici à 2025, dont 35 Mds$ (31 Mds€) dans les solutions logicielles.

  • Un polymère électro-actif pour imprimer des muscles robotiques en 3D

    Des dispositifs permettant d’imprimer des muscles en 3D, c’est ce que proposent, selon un post de l’application 3D printing du 18 juin 2016, des chercheurs d’une équipe internationale regroupant des universités américaine, japonaise et coréenne.

    Ces travaux sont menés dans le cadre d’un projet de la Fondation de Science Nationale, l’agence indépendante du gouvernement des États-Unis, l’équivalent américain du CNRS en France, qui soutient financièrement la recherche scientifique fondamentale,.

    Cette technologie pourrait prochainement être utilisée pour fabriquer des muscles robotiques réalistes.

    Incorporer efficacement des robots dans l’organisme

    Plusieurs mains robotiques réalistes existent déjà, ainsi que des robors remplaçant d’autres parties du corps mais nombre d’entre eux sont dépourvus de réalisme biomimétique au bénéfice du réalisme kinétique. Conséquence: il demeure difficile d’incorporer efficacement ces robots dans l’organisme.

    Les chercheurs participant à ce projet collaboratif de création de muscles robotiques destinés à révolutionner les dispositifs prothétiques pour les personnes handicapées, ont du identifier le matériel le plus adéquat, le contrôler et le fabriquer au mieux, en sollicitant l’aide de l’impression 3D.
    Il a fallu trouver le matériau le plus flexible et assez solide pour fonctionner comme un muscle, tout en étant contrôlable par des moyens électroniques.

    Un matériau synthétique, polymère électro-actif

    Ils ont utilisé des composites de polymères synthétiques métalliques ioniques: un matériau synthétique, polymère électro-actif, c’est-à-dire que l’électricité peut être utilisée pour modifier sa forme, et capable de détecter le mouvement.
    Les chercheurs ont réussi à imprimer le matériel en 3D pour pouvoir créer des composants découpés précisément dans la forme souhaitée depuis le matériau.

    Le champ émergent des robots dits « softs » commence à embrasser de nouveaux matériaux flexibles et « designés » afin d’offrir d’infinies possibilités technologiques.

    Le gold-standard pour de nombreux roboticiens est la création de muscles artificiels pouvant un jour être utilisés pour créer des membres prothétiques réalistes et fonctionnels.

  • Maladie de Parkinson : amélioration des performances motrices par la stimulation cérébrale profonde

    Une amélioration notable de la qualité de vie des patients: rendu public par le CHU de Saint-Etienne le 20 juin 2016, ce résultat a été observé chez des parkinsoniens stéphanois ayant bénéficié d’une technique chirurgicale consistant à provoquer la stimulation cérébrale profonde grâce à deux électrodes implantées dans le cerveau. L’opération améliore de 70 % les performances motrices, symptômes les plus invalidants, des patients parkinsoniens et permet de réduire les traitements médicamenteux de 40 à 60 %.

    Mise au point par le CHU de Grenoble, cette technique est utilisée depuis mai 2015 au CHU de Saint-Étienne.

    La maladie de Parkinson touche 1 % des plus de 65 ans. Entre 100 000 et 120 000 personnes sont touchées en France, ce qui représente 8 000 nouveaux cas par an, selon l’Inserm. D’après l’OMS, l’estimation du nombre de personnes souffrant de cette pathologie s’élève à 6,3 millions au niveau mondial. C’est la deuxième cause de handicap moteur chez le sujet âgé après les accidents vasculaires cérébraux, et on dénombre 3 500 décès chaque année en France.

    L’incidence de cette pathologie augmente en lien avec le vieillissement de la population. Associée aux autres maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer, cette incidence devrait dépasser le cancer et se positionner au deuxième rang de la mortalité vers l’année 2040, selon l’OMS.

    D’un point de vue économique, les coûts directs et indirects de cette pathologie, incluant les coûts de traitement (environ 780 millions d’euros), sont « considérables », d’après l’OMS.

    Correction des symptômes parkinsoniens grâce à deux électrodes cérébrales

    L’intervention chirurgicale nécessité de placer le patient sous anesthésie générale. Elle consiste en l’implantation de deux électrodes dans chacun des deux hémisphères du cerveau. Ces électrodes sont connectées à un stimulateur logé sous la peau soit au niveau de la poitrine, soit au niveau du ventre.

    « Les électrodes sont positionnées dans une petite structure située en profondeur dans le cerveau, le noyau sous-thalamique, qui intervient dans la régulation des mouvements et dont la stimulation permet de corriger les symptômes moteurs de la maladie de Parkinson », explique le CHU de Saint-Étienne.

    D’autres maladies invalidantes, neurologiques, comme le tremblement essentiel, les dystonies, ou psychiatriques tels que les TOC (troubles obsessionnels compulsifs), pourraient bénéficier de cette technique de stimulation cérébrale profonde.

  • Insuffisance cardiaque : un prix de l’innovation pour un système d’assistance ventriculaire

    Le système d’assistance ventriculaire gauche HeartMate 3 fabriqué par Thoratec Corporation aux États-Unis a remporté le prix de l’innovation Cardiostim-Ehra Europace dans la catégorie amélioration des soins aux patients. C’est ce qu’a annoncé le 28 juin 2016 St Jude Medical, la société mondiale de dispositifs médicaux, lors du congrès international d’électrophysiologie et de technologie cardiaque à Nice.

    L’insuffisance cardiaque ventriculaire gauche est la troisième cause de mortalité cardiovasculaire, derrière les AVC et les infarctus du myocarde: d’après la Société européenne de cardiologie elle touche 1 à 2 % de la population adulte dans les pays développés et plus de 10 % des personnes âgées de 70 ans et plus. Cela représente environ 10 millions de personnes dans l’Union Européenne. Les dépenses liées à l’hospitalisation représentent les deux tiers du coût de la pathologie qui constitue 2 % des dépenses de santé dans les pays occidentaux.

    D’après Santé publique France, la prévalence de l’insuffisance cardiaque dans la population française est de 2,3 %. Cela représente 600 000 personnes avec plus de 100 000 nouveaux cas par an. Cette prévalence augmente en raison du vieillissement de la population.

    Le système d’assistance ventriculaire gauche HeartMate 3 permet aux médecins de bénéficier d’une assistance ventriculaire avancée, pour la prise en charge de la gestion des patients souffrant d’insuffisance cardiaque à un stade avancé.

    Utilisation expérimentale

    Le dispositif offre aux patients en attente d’une transplantation une assistance circulatoire ainsi que la diminution du traumatisme du sang qui passe à travers la pompe, améliorant par conséquent le résultat pour ces patients.

    Le taux de survie à 6 mois est de 92 % mais le dispositif n’est pas encore autorisé aux États-Unis, il est uniquement limité à une utilisation expérimentale.

    10 litres de sang par minute

    Techniquement, le HeartMate 3 est implanté au dessus du diaphragme, fixé à l’aorte, sans heurter la circulation naturelle en place mais en fournissant l’énergie nécessaire pour propulser le sang à travers l’ensemble du corps.

    Un contrôleur portable externe et un système de batterie alimentant la pompe sont portés par le patient.
    Le volume de pompe maximal est de 10 litres de sang par minute.

    Cette technologie à impulsion artificielle a pour objectif de diminuer au maximum les événements indésirables chez les patients, afin de remédier, en particulier à la formation de thrombus dans le dispositif.

  • Plateforme de séquençage à très haut débit : accord-cadre entre l’APHP et IntegraGen

    Un partenariat de recherche pour le développement d’une plate-forme de séquençage à très haut débit a été conclu le 29 juin 2016 entre l’APHP et la société IntegraGen, basée au Genopole d’Evry, spécialisée dans le décryptage du génome humain.

    Ce partenariat fait suite à l’annonce du plan France médecine génomique 2025 lancé par le Premier Ministre Manuel Valls, le 22 juin 2016 et à l’annonce le même jour par Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, d’une allocation de 670 M€ pour le développement de douze centres consacrés au séquençage du génome.

    Cet accord entre l’APHP et IntegraGen est un premier pas pour le développement de la médecine personnalisée et la déclinaison de l’ambition nationale portée par le plan France Médecine Génomique 2025.

    Ce partenariat de recherche, d’une durée de trois ans, est l’un des axes du Plan Stratégie 2015-2019 de l’APHP en termes d’accès à l’innovation en santé et au progrès technologique. Il a été adopté lors du directoire de l’APHP le 28 juin 2016.

    Après l’annonce de ce partenariat, la valeur du titre d’IntegraGen a enregistré une hausse de 10 % le 30 juin, selon Boursorama, passant de 2,93€ le 29 juin 2016 à 3,27€ le 30 juin 2016.

    Séquençage à l’échelle industrielle

    Cet accord triennal permet à l’ensemble des chercheurs, cliniciens et biologistes des CHU franciliens de «bénéficier du savoir-faire et de l’expérience d’IntegraGen en matière de séquençage à échelle industrielle et de mise à disposition de résultats de qualité ». Pour le moment, les ADN à séquencer sont envoyés en Chine.

    En pratique, les données issues des échantillons biologiques prélevés seront transformées en information génomique et outils de diagnostic. La plate-forme commune de séquençage à très haut débit sera utilisable dans le cadre de projets de recherche sur les cancers, maladies rares, microbiologies et potentiellement la psychiatrie.

    Cette structure fait partie de l’une des douze prévues au niveau national par le plan France Médecine Génomique 2025.

    Une solution intégrée

    Les deux nouveaux partenaires précisent que les chercheurs auront ainsi à disposition une solution intégrée couvrant toutes les étapes, du recueil de l’échantillon biologique à la remise des résultats de séquençage.
    «Nous comptons sur ce partenariat, articulé avec la mise en place prochaine d’une plate-forme APHP mutualisée de bio-informatique, pour renforcer notre expertise dans ce domaine », ajoute Bertrand Fontaine, vice-président recherche du directoire de l’APHP.