Éduquer un algorithme au dépistage de la rétinopathie diabétique grâce à la technique du deep-learning, c’est ce à quoi sont parvenus des chercheurs de Google, qui revendiquent surpasser l’expertise ophtalmologiste humaine et dont les travaux sont publiés dans la MIT Technology Review le 29 novembre 2016.
Optimiser le dépistage des pathologies oculaires grâce à l’IA
Des chercheurs de Google ont « éduqué » un algorithme au dépistage de la rétinopathie diabétique aussi pertinemment que des ophtalmologistes hautement qualifiés. Cet algorithme établit lui-même comment détecter la pathologie : il examine des images rétiniennes et diagnostique la maladie.
Près d’un tiers des diabétiques présentent cette condition provoquée par la lésion des vaisseaux sanguins oculaires qui peut résulter en une détérioration progressive de la vision. Détectée précocement elle peut être traitée, mais un patient peut n’éprouver aucun symptôme, ce qui rend le dépistage vital.
Une forme de détection automatisée pourrait optimiser efficacité et fiabilité du diagnostic, et être particulièrement utile dans des régions où l’expertise requise se fait rare.
Une équipe de Google DeepMind, filiale d’Alphabet entièrement consacrée à l’IA, effectue un travail similaire en collaboration avec des chercheurs de l’Hôpital Moorfields à Londres, en éduquant des ordinateurs à détecter une cohérence de signes de dégénérescence maculaire et autres pathologies oculaires.
Éduquer un algorithme et surpasser l’expertise humaine
Les auteurs des travaux, ont développé cet algorithme qui, contrairement aux logiciels d’ophtalmologie existants, n’a pas été programmé pour reconnaître les caractéristiques pathologiques des images. Il a simplement observé des milliers d’images d’yeux sains et malades sélectionnées et classées par au moins 3 ophtalmologistes et a décidé lui-même comment repérer la maladie.
Les chercheurs ont testé la performance de l’algorithme « entraîné » sur 12 000 images et constaté qu’il égalait voire dépassait celle des experts dans l’identification de l’état pathologique et le classement de sa sévérité.
Un essai clinique issu de la collaboration entre les chercheurs de Google et des scientifiques de la Fondation Aravind en Inde impliquant de réels patients est en cours : ces derniers reçoivent une consultation normale, mais leurs images alimentent l’algorithme de deep-learning afin de réaliser la comparaison entre les résultats obtenus par l’œil humain et l’IA.
Un des défis consiste à fournir des preuves convaincantes de la fiabilité du système. Brendan Frey, professeur à l’Université de Toronto, PDG et cofondateur de la société Deep Genomics, avertit quant au fait que les chercheurs devront développer des systèmes de machine learning capables d’expliquer comment ils sont parvenus à une conclusion particulière.