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  • Symaris lance une version mobile de Cariatides et un projet de big data en santé mentale

    Le groupement d’intérêt public (GPI) Synergie et mutualisation des actions de recherche en informatique de santé (Symaris) a annoncé dans un communiqué datant de mai 2018 :
    – la mise en ligne de Smartides, application mobile dérivée de Cariatides (dossier patient informatisé et logiciel d’aide à la prescription hospitalier en psychiatrie développé et édité par Symaris, certifié conforme au référentiel HAS le 23/11/2015) ;
    – le lancement d’un projet de big data en santé mentale.

    Smartides et ce projet de big data s’inscrivent dans un objectif d’ « étude, conception, développement et mise à disposition de ses membres de tout système d’information de support aux activités et à la gestion hospitalières » affiché par le groupement.

    Le groupement a par ailleurs été officiellement agréé hébergeur de données de santé (HDS) par le ministère des Solidarités et de la Santé et l’Agence des systèmes d’information partagés de santé (Asips), le 20 avril 2018 et pour « une prestation d’hébergement de données de santé à caractère personnel collectées au moyen d’applications fournies par ses clients« , a indiqué Philippe Pospieszynski, directeur de Symaris, à la plateforme d’informations Hospimedia.

    Smartides Pro, application mobile à destination des professionnels

    Qu’est-ce que Smartides Pro ?

    L’application mobile Smartides Pro, première version de Smartides à destination des professionnels de santé, est disponible depuis le 9 mai 2018 sur iOs et Android.

    Cette application qui doit, d’après Symaris, donner la capacité « aux professionnels de santé d’accéder et de renseigner le dossier médical de leurs patients en situation de mobilité » propose des fonctionnalités permettant :

    • d’accéder aux informations permettant de contacter les patients (téléphone, adresse, contacts) ;
    • de visualiser les ordonnances des patients sur une période donnée ;
    • de visualiser les résultats d’analyses biologiques des patients sur une période donnée ;
    • de consulter, saisir et analyser les paramètres vitaux des patients, sous forme de listes ou de graphiques;
    • de filtrer et lister les observations saisies à propos des patients, ou d’en éditer de nouvelles.
    • de renseigner les questionnaires ou grilles d’évaluations disponibles, puis de visualiser les scores obtenus sous forme de graphiques.

    D’après le groupement, l’objectif de Smartides Pro est d’améliorer « l’accès aux soins et la qualité de la prise en charge du patient lors des consultations en extra-hospitalier ». 

    Conditions d’utilisation, confidentialité

    Le service Smartides Pro n’est ouvert qu’aux professionnels de la santé en possession d’un compte Cariatides expressément autorisé par l’administrateur fonctionnel de l’établissement.

    Le groupement précise par ailleurs que lors de l’utilisation de Smartides Pro, « l’établissement de santé collecte les données que vous choisissez de partager. L’utilisation de Smartides Pro fait partie d’un traitement de données à caractère personnel dont le responsable est l’établissement de santé. »

    Evolutions annoncées de Smartides

    « Un travail est mené [par les développeurs et en collaboration avec un groupe de médecins psychiatres] avec des infirmiers, afin d’enrichir Smartides avec des fonctionnalités dédiées à leur métier » a indiqué Philippe Pospieszynski, directeur de Symaris, le 15 mai 2018 à la plateforme d’informations Hospimedia. 

    Smartides devrait également connaître prochainement une évolution avec l’ajout d’une nouvelle extension à l’application : Smartides User, destinée aux patients, leur proposant de renseigner eux-mêmes sur ce dossier personnel informatisé certains éléments concernant leur santé. Pour le groupement, cette évolution devrait faciliter le dialogue entre les usagers du système de santé et les professionnels, de mieux répondre à leurs besoins et de les impliquer dans leurs soins. Dans ce cadre et d’après Hospimedia, un premier travail devrait concerner « la réponse à l’anxiété ».

    Lancement d’un projet de big data en santé mentale

    Ce projet, soutenu par l’Association des établissements du service public de santé mentale (Adesm), a pour but « l’amélioration du soin apporté aux patients par l’analyse prédictive des données et une exploitation des données médico-administratives », indique Symaris. Dans son communiqué, le groupement à ajouté que « l’enjeu est d’entrer dans une démarche de valorisation des données à grande échelle afin d’aider la décision médicale par l’analyse prédictive des données, et ce à dimension nationale ». Par ailleurs, Philippe Pospieszynski a indiqué que, dans ce cadre, le big data pourrait être alimenté par d’autres dossiers patients informatisés (DPI) que le DPI Cariatides spécialisé en santé mentale que développe Symaris.

    L’Unité de recherche et de développement de Symaris devrait commencer par mener une preuve de concept (POC). La prise de poids sous antipsychotique est le sujet qui a été retenu pour cette preuve de concept, qui sera réalisée en collaboration avec des médecins de quatre établissements publics en santé mentale. La réussite de ce POC conditionnera l’extension à l’échelle nationale de ce projet de big data et la création d’un groupe scientifique dont la visée sera de cibler d’autres projets de big data dans le domaine de la santé mentale.

  • PHW18 : P-A-D, une solution de gestion des prélèvements à domicile en pleine évolution

    A l’occasion de la Paris Healthcare Week 2018, Health & Tech Intelligence a rencontré Serge Payeur, CEO et co-fondateur de SIL-LAB Experts.

    Serge Payeur a été interrogé à propos de la solution P-A-D, application conçue par SIL-LAB Experts pour faciliter la gestion des prélèvements à domicile en pleine évolution.

    Qu’est-ce que P-A-D ?

    P-A-D est une application téléchargeable sur smartphone et sur tablette, qui permet :

    • de connecter les infirmiers aux laboratoires d’analyses médicales pour l’analyse de prélèvements réalisés au domicile du patient ;
    • de gérer le dossier de prélèvement biologique des patients.

    Autrement dit, cette application mobile digitalise la feuille de prélèvement en une sorte de petit dossier personnalisé, accessible au domicile du patient et connecté aux laboratoires.

    A qui s’adresse cette application ? Dans quel but a-t-elle été conçue ?

    Cette application s’adresse aux infirmiers d’une part et aux laboratoires d’analyses médicales d’autre part, soit aux professionnels et structures impliqués dans la gestion des prélèvements à domicile.

    En effet, effectuer un prélèvement à l’extérieur d’un laboratoire d’analyse est un acte fastidieux dans la mesure où il s’accompagne d’une grande charge administrative (de nombreux éléments tels que la date et l’heure du prélèvement, l’identité du préleveur, etc. doivent être renseignés sur la feuille de prélèvement) qui complique et ralentit l’analyse du prélèvement, et donc la prise en charge thérapeutique du patient (de nombreux traitements sont adaptés en fonction des résultats des analyses).

    Ainsi, en proposant à l’infirmier de nombreuses fonctionnalités (par exemple, il peut renseigner toutes les informations du patient en flashant un « QR Code » d’une de ses cartes de fidélité, photographier l’ordonnance, scanner les codes-barres des tubes prélevés, éviter d’écrire lui-même la date et l’heure du prélèvement : toute la feuille de prélèvement peut être renseignée automatiquement) qui lui évitent d’avoir à écrire manuellement au cours du prélèvement, nous souhaitons permettre à l’infirmier, via P-A-D, de gagner du temps et d’éviter de saisir des erreurs.

    Concernant les laboratoires, P-A-D remplit les objectifs que nous nous étions fixés : éviter la non-conformité du prélèvement et gagner du temps. En effet, l’application permet d’éviter 97% des non-conformités, souvent liées à une saisie erronée de la date et de l’heure du prélèvement, de l’identité du préleveur, à un mauvais ordre de prélèvement des tubes, à des pertes de prélèvements (P-A-D rend ces pertes plus visibles), à une mauvaise traçabilité des prélèvements. De plus, l’application permet un gain de temps, estimé à 2h en phase pré-analytique et à 1h en phase analytique.

    Cette solution est-elle déjà utilisée ? 

    Oui : en fait, la solution P-A-D est commercialisée depuis deux ans et demi.

    1 500 infirmiers libéraux l’utilisent dans toute la France (métropolitaine et outre-mer), ainsi que quelques préleveurs salariés.

    Ainsi, l’application permet d’aider à la gestion des prélèvements de plus de 500 000 patients.

    Nous pensons que ce chiffre est amené à grossir : notre start-up connait 10-12 % de croissance chaque mois et l’agence de notation EARLY Metrix a élu SIL-LAB première start-up contribuant à l’amélioration du parcours de soins en France.

    P-A-D est un outil qui semble évoluer rapidement. Toutes les modifications ajoutées à l’application sont-elles testées ?

    P-A-D continue en effet d’évoluer grâce à une étroite collaboration entre développeurs et utilisateurs.

    A chaque nouvelle version de l’application, les retours des utilisateurs – infirmiers ou laboratoires d’analyses médicales – sont pris en compte par les développeurs. Ces derniers soumettent alors une version bêta de l’application à un échantillon d’utilisateurs (généralement des infirmiers passionnés par les nouvelles technologies) volontaires pour tester cette version bêta. Si cette nouvelle version est validée par eux, alors elle est généralisée, mise à disposition de l’ensemble des utilisateurs, qui élaborent alors des commentaires à propos de cette version actualisée pour les développeurs, qui amènent d’autres modifications, etc. C’est un cycle d’échanges entre développeurs et utilisateurs qui fait évoluer P-A-D.

    Par ailleurs, pour estimer l’impact de notre application sur les pratiques et le parcours de soins, nous prenons en compte tous les retours qui nous sont faits au lieu de fonder nos analyses statistiques sur quelques laboratoires ou infirmiers pilotes. 

    Pouvez-vous nous parler des récentes évolutions de l’application ?

    Une évolution importante a été d’ajouter à l’application une fonctionnalité d’aide à la gestion des accidents d’exposition au sang (AES). En effet, nous nous somme aperçus que de nombreux préleveurs ne savaient pas bien réagir lors de ces situations particulières et fréquentes. Aussi, nous avons ajouté une fonctionnalité indiquant au préleveur la procédure à suivre en cas d’AES. L’information de la survenue d’un AES entre un infirmier donné et un patient donné est par ailleurs transmise au laboratoire, qui informe l’infirmier de la nécessité éventuelle d’une prise en charge en urgence.

    En outre, nous déployons en ce moment notre application dans des cliniques d’Ile-de-France et espérons conclure, à l’avenir, des partenariats avec de nombreuses autres cliniques. 

    Nous souhaitons également initier des collaborations avec des fournisseurs de tubes connectés, facilement traçables.

    La plus grande évolution qu’il nous tient à coeur de mettre en place et à laquelle nous travaillons intensément, est de connecter à notre application des lecteurs de type DMDIV (dispositifs médicaux de diagnostic in vitro) qui ont déjà fait leurs preuves en milieu hospitalier. Ces lecteurs, comme le lecteur Labpad d’Avalun, permettent en particulier de faciliter le calcul de l’INR (dosage et calcul sont réalisés en 40 secondes, directement transmis au laboratoire puis au médecin), et ainsi d’éviter des pertes de temps, de raccourcir le parcours de soins.

    Quel modèle économique soutient cette application et ces DMDIV ?

    Concernant l’application, le modèle financier est un modèle SaaS (Software as a Service) qui ne nécessite aucun investissement du Laboratoire de Biologie Médicale. Notez que les données sont hébergées par un hébergeur agréé de données de santé : les laboratoires n’ont pas à héberger eux-même les données liées à l’application. Toutefois, si le téléchargement par les infirmiers est gratuit, le laboratoire doit payer une somme en fonction du nombre de dossiers transmis par les infirmiers (si les infirmiers n’utilisent pas P-A-D et ne transmettent aucun dossier via l’application, le laboratoire n’a rien à payer).

    En outre, beaucoup de questions concernant les moyens de financer les DMDIV que nous souhaitons connecter à l’application demeurent sans réponse à l’heure actuelle (qui fournit ces dispositifs ? qui paye l’analyse ? etc.).

    Cependant, je peux citer un exemple concret de modèle de financement de ces dispositifs médicaux innovants ; en ce qui concerne l’utilisation de ces lecteurs dans les Ehpad, le modèle actuel est tel que : le laboratoire achète et fournit le lecteur à l’Ehpad, mais facture l’analyse du prélèvement à l’Ehpad. Des systèmes de forfaits journaliers – prenant évidemment en compte les tarifs fixés par la Sécurité sociale – peuvent par ailleurs être mis en place.

    Quelles autres évolutions prévoyez-vous pour cet outil ?

    Dans le futur, nous souhaiterions connecter à notre application d’autres DMDIV, tels que des DMDIV à même de doser la glycémie, la CRP, la NT-proBNP.

    Une véritable révolution consisterait à connecter à notre application un DMDIV capable de doser le potassium, ion peu stable et dont le dosage est de ce fait encore aujourd’hui très contraignant.

    Nous sommes cependant prudents.

    Conscients que l’automatisation de la gestion des prélèvements permise par notre application est mal vue, crainte par certains personnels de laboratoires d’analyses médicales, nous accompagnons les équipes vers cette transition.

    Dans ce même soucis, nous nous refusons à ajouter certaines extensions à l’application : nous ne soutenons pas une Uberisation du système de santé !

  • Trois solutions françaises de réalité virtuelle pour la prise en charge de l’anorexie mentale

    Au printemps 2018 sont parues de nombreuses études traitant des applications de la réalité virtuelle à la prise en charge de troubles du comportement alimentaire tels que l’anorexie mentale.

    Une étude intitulée The Use of Virtual Reality in Patients with Eating Disorders: Systematic Review, parue le 27 avril 2018 dans le Journal of Medical Internet Research valide le caractère prometteur de la réalité virtuelle comme outil thérapeutique dans la prise en charge de patients souffrant de troubles alimentaires tels que l’anorexie mentale.

    Par ailleurs, trois études et projets français illustrent l’utilisation de la réalité virtuelle pour traiter les troubles mentaux occasionnant l’anorexie :
    • le recours à un logiciel permettant d’animer et de transformer de façon continue une image en une autre au Centre Hospitalier Sainte-Anne, Paris ;
    • le recours aux avatars dans le cadre de la prise en charge de l’anorexie mentale de l’étude « Revam » (Réalité virtuelle et anorexie mentale) menée au Centre Hospitalier Universitaire de Brest ;
    • les logiciels thérapeutiques basés sur la réalité virtuelle à destination des professionnels de santé conçus par la start-ups C2Car.

    Les thérapies utilisant la réalité virtuelle

    Deux types d’approches…

    Les auteurs de The Use of Virtual Reality in Patients with Eating Disorders: Systematic Review évoquent en particulier deux grandes modalités d’utilisation de la réalité virtuelle dans la prise en charge des troubles du comportement alimentaire.

    Il a déjà été établi que ces patients aux habitudes alimentaires pathologiques ont tendance à déformer mentalement non seulement leur poids mais également leur silhouette (l’anorexie, par exemple, est donc non seulement un trouble du comportement alimentaire, mais également un trouble de la perception corporelle) : une première application de la réalité virtuelle au le traitement de ce type d’affections consiste en une confrontation du patient à diverses silhouettes d’individus fictifs lui ressemblant plus ou moins, caractérisées par un IMC plus ou moins faible.

    Un deuxième type d’outils utilisant la réalité virtuelle dans la prise en charge de ces troubles est représenté par des programmes permettant de placer le patient en présence de divers aliments associés à une valeur nutritionnelle plus ou moins importante.

    Dans les deux cas, c’est le casque de réalité virtuelle qui permet d’amener les patients dans des environnements immersifs peuplés de ces silhouettes et de ces aliments.

    … pour deux types de bénéfices

    Cette technologie semble prometteuse pour le traitement des troubles du comportement alimentaire dans la mesure où :

    • elle semble permettre d’évaluer régulièrement et individuellement chaque patient (quelle est la sévérité actuelle des troubles du comportement alimentaire du patient, sévérité corrélée aux aliments ou silhouettes que le patient accepte de voir ou choisit comme silhouette idéale, alimentation idéale ?) ;
    • elle semble permettre de traiter le patient par des confrontations répétées et graduelles avec les silhouettes ou aliments virtuels évoqués plus haut : la gradation des exposition peut être optimisée, de nombreux environnements sont disponibles (ce qui permet au professionnels d’adapter au mieux la thérapie utilisant la réalité virtuelle à un patient donné).

    Trois exemples français de prises en charge s’appuyant sur la réalité virtuelle

    Utilisation d’un logiciel de morphing pour modifier la perception corporelle (Centre Hospitalier Sainte-Anne, Paris) 

    Au CH Sainte-Anne, une étude annoncée le 31 mai 2018 rapportée par la revue Santé mentale étudie l’effet de l’utilisation d’un logiciel de morphing (logiciel permettant d’animer, de transformer de façon continue une image en une autre) sur la perception corporelle chez le patient anorexique : cent adolescents souffrant d’anorexie mentale ont été recrutés pour participer à cette étude. « Les inclusions sont aujourd’hui terminées et l’analyse statistique est en cours », indique Santé mentale. « Grâce au succès et à la bonne acceptabilité de ce dispositif, il a d’ores et déjà été généralisé et intégré à l’offre de soins » est-il précisé.

    Mené par une équipe infirmière de l’unité d’hospitalisation de la Clinique des maladies mentales et de l’encéphale (CMME) du CH, ce travail, financé par la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) dans le cadre des Programmes hospitaliers de recherche paramédicaux, consiste à proposer aux patients dix séances d’une heure d’utilisation du logiciel Anamorphic Micro guidées par un infirmier.

    Deux exercices sont possibles.

    D’abord, une photographie numérisée du patient est plus ou moins déformée et le patient doit retrouver ses dimensions corporelles sur l’écran (il choisit la photo de lui-même tel qu’il se perçoit, puis visualise sa photographie non truquée, soit les proportions réelles de son corps). Cette comparaison permet au sujet de prendre la mesure d’un écart éventuel entre image mentale et image réelle.

    Puis, le patient peut aussi, parmi un panel de silhouettes dérivées de la première photographie, rechercher sa silhouette idéale. Ce dernier exercice permet à l’infirmier de prendre connaissance de l’idéal de minceur éventuellement pathologique visé par le patient.

    Le dispositif est donc destiné à suivre ou traiter deux composantes du trouble de la perception corporelle que constitue l’anorexie : la distorsion corporelle et l’insatisfaction corporelle.

    Utilisation d’avatars et prise en charge de l’anorexie mentale (Centre Hospitalier Universitaire de Brest)

    Une autre étude destinée à évaluer les effets d’une méthode utilisant la réalité virtuelle dans la prise en charge des troubles de la perception corporelle liés à l’anorexie est conduite au CHU de Brest (service du Pr Walter), en collaboration avec le Centre européen de réalité virtuelle et avec le soutien de la Fondation de l’Avenir, d’après l’édition du 27 mars 2018 de la revue Santé mentale. Les résultats de l’étude sont attendus pour 2019.

    Cette étude, baptisée Revam (Réalité virtuelle et anorexie mentale) évalue l’efficacité de dispositifs immersifs censés corriger une perception corporelle erronée au moyen d’un avatar (représentation virtuelle d’une personne). Ainsi, lors d’une séance, le patient participant à l’étude est confronté à un environnement familier « neutre » tel qu’un bureau, où son avatar, choisi en fonction de la perception que le patient a de son corps, est projeté de dos (la représentation de dos est mieux acceptée par les patients tout en permettant de représenter des zones anatomiques problématiques pour cette population de patients telles que les hanches, les fesses, les cuisses). Pour une immersion optimale, les mouvements du sujet sont notamment reproduits par son double virtuel, dont la silhouette est graduellement modifiée selon les indications du patients. L’objectif du dispositif étudié est de favoriser la réappropriation corporelle au cours des régimes associés à la prise en charge de l’anorexie : l’objectif est d’aider un patient à l’IMC très bas à s’habituer à l’image de son corps en phase de prise de poids.

    L’application C2 Nutri de la start-up C2Care

    Depuis 2015, la start-up française C2Car conçoit des logiciels thérapeutiques basés sur la réalité virtuelle à destination des professionnels de santé. L’application C2 Nutri récemment développée trouve des applications dans la prise en charge de l’anorexie via trois fonctionnalités.

    • Une première fonctionnalité permet, par l’intermédiaire d’un casque de réalité virtuelle, de situer sa silhouette sur une échelle de formes corporelles associées à un IMC. Cette fonctionnalité a été conçue dans l’objectif de donner aux thérapeutes un outil de correction de la dysmorphophobie. « Le travail sur les silhouettes réelles, perçues, souhaitées est facilité avec la réalité virtuelle grâce à la comparaison avec un avatar et la possibilité pour le patient de faire évoluer sa silhouette en temps réel », indique C2Care.
    • Deux autres fonctionnalités permettent de confronter les patients souffrant de troubles alimentaires à des aliments plus ou moins caloriques, l’une en proposant au patient de composer des plateaux repas en temps réel, l’autre en proposant une immersion dans les rayons d’un supermarché virtuel. Ces fonctionnalités doivent aider les thérapeutes à définir les habitudes pathologiques des patients et à rééquilibrer progressivement l’alimentation.

  • PHW18 : la plateforme développée par Satelia à Bordeaux, outil de télésuivi en chirurgie ambulatoire

    A l’occasion de la Paris Healthcare Week 2018, Health & Tech Intelligence a rencontré Nicolas Pagès, co-fondateur de Satelia, start-up partenaire du CHU de Bordeaux pour le développement et le déploiement d’une plateforme de télésuivi en chirurgie ambulatoire.

    Cette plateforme de télésuivi permet d’informer le patient sur son intervention et ses suites d’une part, et les professionnels de la santé à propos des antécédents et des symptômes éventuellement présentés par le patient après l’opération chirurgicale d’autre part.

    Quelles sont les caractéristiques et fonctionnalités qui rendent selon vous cette plateforme de télésuivi originale et efficace ?

    Le maître mot qui a guidé le développement de la plateforme de télésuivi et qui, pour moi, fait son originalité, est « simplicité ».

    Afin de simplifier l’utilisation de cet outil pour les patients âgés ou en situation de précarité, il n’y a pas d’application à télécharger en ligne : le patient reçoit simplement un ou plusieurs SMS avant ou après son intervention, SMS comportant des rappels de RDV, des consignes hygiéno-diététiques, des liens vers des informations (parfois très simples, comme le plan de l’hôpital), des vidéos explicatives (à propos de sa pathologie, de l’intervention qu’il va subir et de son suivi post-opératoire) et des questionnaires à propos de son état physique ou psychologique, à renseigner lui-même et relié à un centre de contrôle infirmier. 

    Quelle est l’origine de cette plateforme : comment avez-vous eu l’idée de développer un tel outil ?

    Ce sont les demandes des professionnels de santé et des patients concernés par la chirurgie ambulatoire qui ont motivé le développement de la plateforme de télésuivi et la création de Satelia.

    En effet, la chirurgie ambulatoire tend à être de plus en plus pratiquée, et ce nouveau mode d’exercice s’accompagne d’un phénomène auquel on pouvait s’attendre et que de nombreux professionnels ressentent aujourd’hui de plus en plus intensément et de plus en plus négativement : une augmentation de la charge administrative qui pèse sur eux ; chaque patient opéré en ambulatoire fait l’objet d’un suivi complexe à mettre en oeuvre, notamment administrativement.

    Du côté des patients, la chirurgie ambulatoire, par la réduction de la durée d’hospitalisation qu’elle engendre, suscite parfois un inconfort lié à un manque d’informations : les patients réclament d’être mieux informés des soins qu’on pratique sur eux, parfois sans les y inclure.

    Enfin, tous – professionnels de santé comme patients – attendent une augmentation de la sécurité de la chirurgie ambulatoire, sécurité qui appelle une préparation optimisée de l’intervention chirurgicale ainsi qu’un suivi postopératoire efficace. 

    Quels professionnels sont intervenus dans le développement de ce dispositif ?

    Le développement de la plateforme a nécessité une grande pluridisciplinarité.

    Pour commencer, Paul Tiba, avec qui j’ai fondé Satelia, est pilote, spécialisé dans le rapatriement sanitaire, et je suis interne en anesthésie-réanimation : nous sommes donc tous deux issus de professions très différentes mais similaires dans la mesure où elles ont avoir avec l’innovation technologique en santé et avec l’urgence, où elles nous ont sensibilisés à la gestion des risques, paramètre important du suivi des patients en chirurgie ambulatoire (quel patient est à risque de complication en cas de retour prématuré à son domicile et quel patient ne l’est pas ?).

    Nous avons également collaboré avec des cardiologues. Depuis le 11 mai 2018, nous sommes également agréés par la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) en tant que solution de suivi de l’insuffisance cardiaque.

    Des ingénieurs et d’autres types de professionnels concernés dans leurs activités professionnelles par la e-santé ont également participé – et continuent de participer – au développement de la plateforme.

    A Satelia, nous sommes par ailleurs convaincus qu’une assise académique, universitaire, est nécessaire au développement de tels projets. C’est pourquoi nous tenons à remercier les universitaires du CHU et de l’Université de Bordeaux d’avoir testé et de continuer à étudier et développer notre dispositif.

    L’application a donc été testée, utilisée ?

    Le dispositif a été testé par le CHU de Bordeaux entre les mois de janvier et de mars 2018. Les résultats de ces tests, extrêmement concluants, ont permis au CHU de déployer notre outil dans tout l’établissement, à destination des professionnels pratiquant la chirurgie ambulatoire.

    Aujourd’hui, plus de 500 patients utilisent chaque mois la plateforme, soit la moitié des patients opérés en ambulatoire. D’autres tests devraient être réalisés, notamment en cardiologie et en oncologie.

    Quelles sont les évolutions que vous prévoyez  pour cette plateforme de télésuivi et pour Satelia ?

    Nous tendons à évoluer selon quatre axes majeurs :

    • proposer notre outil de télésuivi à d’autres établissements de santé que le CHU de Bordeaux : nous comptons en particulier nous adresser à des hôpitaux de l’Assistance publique des Hôpitaux de Paris (APHP) ;
    • étendre notre application à de nombreuses spécialités : cardiologie, oncologie (nous devrions initier prochainement une collaboration avec des oncologues, pour développer un télésuivi en oncologie). Notre application étant très simple, elle peut en fait être utilisable dans de nombreuses spécialités sans nécessiter trop de modifications ou d’adaptations ;
    • adapter notre application afin qu’elle puisse être utilisable par un plus grand nombre de patients : nous pensons en particulier aux patients malvoyants ou souffrant d’une perte de sensibilité digitale, pour qui l’utilisation d’un smartphone peut s’avérer difficile. Pour ces patients, nous pourrions être amenés à développer, avec le concours de cogniticiens, une fonctionnalité de synthèse vocale ;
    • rendre notre application intelligente afin qu’elle puisse apprendre quels patients sont à risque de complication ou non, et qu’elle puisse en avertir les professionnels de la santé.

    Quels sont les enjeux de votre application de télésuivi et de ses évolutions prochaines ?

    Nous pouvons dénombrer cinq types d’enjeux majeurs à l’utilisation des dispositifs que Satelia propose ou proposera, qui sont :

    • réussir à délivrer au patient les informations fiables dont il a besoin et qu’il ne sait pas toujours chercher ou reconnaître seul, après ciblage de ses attentes ;
    • réussir à faire gagner du temps aux professionnels et ainsi participer à une réduction des coûts de prise en charge en chirurgie ambulatoire et dans les spécialités dans lesquelles Satelia se déploira ;
    • réussir à toucher un maximum de patients, souvent difficiles à joindre ou à impliquer dans leurs soins à l’heure actuelle ;
    • réussir à sécuriser les patients et les professionnels de santé en proposant une analyse et une prédiction de plus en plus fines des risques liés à la prise en charge ambulatoire de pathologies parfois lourdes (et nécessitant des chirurgies tout aussi lourdes et à risque de complications hémorragiques comme la chirurgie menée sur les disques intervertébraux cervicaux, réalisée en ambulatoire à Bordeaux) : à quel patient proposer un retour à domicile et à qui conseiller une hospitalisation ?
    • réussir à réunir médecins, ingénieurs, chercheurs afin d’améliorer l’efficience des soins proposés aux patients : à titre d’exemple, en 2017, une étude (étude STAR) menée par le Pr Ethan Barns, a montré qu’une application à destination des patients cancéreux soignés par chimiothérapie et permettant de rapporter à l’équipe soignante, en temps réel, les effets indésirables vécus, est plus efficace (améliore la survie de 6 mois) que les derniers médicaments d’oncologie mis sur le marché. La médecine doit réinvestir l’espace entre la ville et l’hôpital, et ce, en faisant appel à des professionnels non hospitaliers, et parfois non inclus dans le système de santé !

    Où sont hébergées les données de santé traitées par la solution proposée par Satelia ?

    Actuellement, les données traitées par l’outil déployé dans le CHU de Bordeaux sont hébergées au CHU de Bordeaux. Dans le futur, nous proposerons aux établissements qui utiliseront notre solution et qui ne souhaiteront pas eux-même héberger les données, d’utiliser OVH Healthcare, hébergeur agréé de données de santé.

    Quel est votre modèle économique ? 

    Ce dispositif est en partie financé grâce à un partenariat avec le CHU de Bordeaux, qui a apporté par ailleurs beaucoup de ressources techniques et intellectuelles au projet, et qui en est co-propriétaire.

    Nous bénéficions également du soutien, en particulier financier, de la région Aquitaine, qui a permis un gain de temps non négligeable (de 6 mois) dans le développement de la plateforme.

    Par ailleurs, de nombreux acteurs de l’écosystème de e-santé bordelais se sont impliqués pour nous soutenir et nous aider.

  • Staff dématérialisé épilepsie grâce au service e-staff de la plateforme Therap-e

    Le 25 mais 2018 a eu lieu, au CHU de Caen et entre cinq établissements, « le premier staff dans le domaine de l’épilepsie via la plateforme de télémédecine normande Therap-e », le GCS Normand’e-santé, entité issue de la fusion des deux GCS Télésanté de Haute et de Basse Normandie.

    La plateforme baptisée Therap-e, utilisée par les acteurs de santé bas-normands pour développer les activités de télémédecine, propose plusieurs services (Domoplaies TéléAVC,  SCADHuman, eUSMP connectéf, Télé-Expert), dont e-staff.

    « Ce dispositif d’organisation permet aux spécialistes de préparer en amont des staffs médicaux, les télé-dossiers des patients », précise le GCS Télésanté Basse-Normandie (TSBN).

    e-staff, outil de préparation et de mise en œuvre de staff médicaux

    Les objectifs de ce service, d’après TSBN, sont notamment de permettre :

    • aux professionnels de préparer à distance les staffs médicaux ;
    • un hébergement sécurisé des données de santé : sécurisation du partage de documents entre les professionnels ;
    • un gain de temps, en évitant les déplacements de professionnels.

    En effet, via e-staff, les documents et le télé-dossier peuvent être partagés dans le cadre de réunions éventuellement pluridisciplinaires entre équipes situées à distance les unes des autres. Pour se faire, cet outil s’appuie sur l’ensemble des outils de travail collaboratifs à distance (traitement de l’imagerie médicale, pointeur partagé, visioconférences, etc.).

    Therap-e, plateforme des services de télémédecine portés par le GCS

    Mise à disposition des acteurs de santé bas-normands pour répondre aux défis en termes d’offre de santé inscrits dans le Plan Stratégique Régional de Santé, la plateforme Therap-e permet, via un accès web ou son application mobile, d’interconnecter des sites et acteurs distants. Le but revendiqué par TSBN est de permettre aux professionnels de santé d’échanger ou partager avec leurs patients :

    • en mobilité ou en établissement ;
    • en mode connecté ou hors-connexion ;
    • de façon synchrone ou asynchrone.

    La plateforme propose :

    • un télé-dossier (ensemble d’éléments liés au patient et déposés sur cet espace numérique le temps de la prise en charge par télémédecine) ;
    • un hébergement sécurisé des données de santé (système d’authentification fort, recueil du consentement patient, sécurisation de l’identification patient, traçabilité des accès) ;
    • des modules activables et des fonctionnalités modulables selon les besoins définis par les usages et les pathologies (fiche de liaison, audio/vidéo, photo, imagerie médicale, gestion des périphériques biomédicaux, agenda, messagerie instantanée et partage d’application, partage d’écran et prise en main à distance, travail collaboratif avec multi curseurs, etc.).

  • PHW18 : l’application de réalité virtuelle thérapeutique de Healthy Mind, contre douleur et anxiété

    A l’occasion de la Paris Healthcare Week 2018, Health & Tech intelligence a rencontré Malo Louvigné et Timothée Cabanne, co-fondateurs de la start-up Healthy Mind.

    Cette start-up propose aux professionnels de la santé, en particulier en milieu hospitalier, une application de réalité virtuelle thérapeutique, dispositif médical de type I certifié CE en mars 2018 et centrée sur la lutte contre la douleur et l’anxiété.

    Pouvez-vous présenter le dispositif que vous proposez ?

    Le dispositif développé par Healthy Mind s’appuie sur la réalité virtuelle pour proposer aux professionnels de la santé un nouvel outil, une nouvelle arme à ajouter à l’arsenal thérapeutique dont ils disposent pour lutter contre la douleur et l’anxiété, en particulier en milieu hospitalier : cette application de réalité virtuelle thérapeutique s’adresse aux professionnels de la santé désireux d’améliorer la prise en charge de la douleur et de l’anxiété des patients par des moyens innovants et non médicamenteux. Elle peut-être utilisée pour soulager la douleur en urgence, en préparation ou au cours d’une anesthésie loco-régionale, de soins douloureux. 

    Plus concrètement, l’application se présente comme un univers relaxant dans lequel le patient peut entrer à l’aide de lunettes de réalité virtuelle et d’un casque audio.

    Nous pensons par ailleurs qu’une telle application peut permettre de réduire les posologies d’antalgiques et d’anxiolytiques médicamenteux administrés aux patients, l’anxiété et la douleur en situations pré et post opératoires, et de ce fait les temps et les coûts des hospitalisations.

    Quelle est l’origine de cette application : comment avez-vous eu l’idée de développer ce dispositif ?

    Ce concept s’appuie d’abord sur des travaux de recherche : depuis les publications du Docteur Hoffman, en 1996, la bibliographie scientifique au sujet de la douleur, de l’analgésie et de l’hypnose comme moyen de soulager la douleur est très dense. Ce domaine de la recherche était donc suffisamment documenté pour nous permettre de développer un dispositif inducteur d’analgésie assez fiable pour être proposé à des professionnels.

    De plus, nous avons vu dans ce concept le moyen de concilier nos compétences et aspirations personnelles : si nous sommes ingénieurs spécialisés dans le domaine de la santé et diplômés d’une école de commerce, notre troisième collaborateur, co-fondateur et CEO de Healthy Mind, Reda Khouadra, dispose par ailleurs de compétences de réalisation 3D.

    Enfin, le contexte scientifique actuel facilitant l’accès au matériel de réalité virtuelle et augmentant les possibilités de cette technologie, il nous est apparu que notre dispositif pourrait être accessible aux structures de santé, et les images développées d’une qualité suffisante pour induire la relaxation et l’analgésie.

    Ainsi, par une collaboration avec des médecins, en particulier avec des psychiatres, des anesthésistes et hypnothérapeutes éventuellement rattachés à des services de soins palliatifs, nous avons pu développer ce projet, et pour le porter au mieux, créer la start-up Healthy Mind.

    Comment ce dispositif fonctionne-t-il ?

    Afin d’induire un rétro-contrôle efficace sur la douleur, notre application de réalité virtuelle est fondée sur les principes de l’hypnothérapie : induction hypnotique (entrée progressive dans l’hypnose), suggestion hypnotique (proposition d’images et de sons induisant et maintenant l’hypnose), sortie d’hypnose (transition vers un état de vigilance habituel).

    Nous nous sommes également servis d’outils théoriques tels que la color therapy (selon laquelle certaines couleurs influeraient sur l’état mental d’un individu donné) ou le principe de cohérence cardiaque (qui permet de comprendre comment suggérer un rythme respiratoire à même de relaxer, de détendre une personne). Tous ces principes ont conditionné le fonctionnement et la forme que prend notre dispositif : 

    • il fonctionne avec des casques de réalité virtuelle haut de gamme (Occulus Rift, HTC Vibes) connectés à un ordinateur : ces casques permettent une immersion hypnotique optimale grâce à un champs de vision large, une grande qualité graphique, et leur prix (environ 2500 euros) les rend accessible aux professionnels ;
    • le patient peut être installé par le praticien face à trois univers immersifs (montagne enneigée, jardin zen, forêt peuplée d’animaux), selon la sensibilité du patient, qui peut indiquer au professionnel sa préférence pour l’un ou l’autre des environnements disponibles ;
    • l’entrée et la sortie hypnotiques sont suggérées par une histoire thérapeutique (on passe d’un univers clos tel qu’une maison de bois à un environnement ouvert de pleine nature avant de retourner à un cadre fermé) ;
    • les couleurs mais également la musique, les bruitages, le rythme des plantes, des animaux, de la tombée de feuilles,etc. de l’univers ont été conçus pour favoriser l’état d’hypnose, et multipliés afin de correspondre à chaque patient ;
    • une interface de contrôle est accessible au praticien, qui peut par exemple faire intervenir dans l’univers de réalité virtuelle des éléments de distraction afin de détourner l’attention du patient d’un point particulier de l’espace réel, par exemple lorsqu’il doit réaliser un geste thérapeutique douloureux.

    Quel est votre modèle économique ?

    Nous proposons une licence d’utilisation payante, valable pour un an et pour un ordinateur. Cette licence comprend notamment la formation du personnel à l’utilisation de l’application et la maintenance de cet outil, dont la maintenance évolutive de l’application (nous nous engageons auprès de nos utilisateurs à ajouter des environnements de réalité virtuelle tous les 3 à 4 mois).

    Le dispositif a-t-il déjà été testé ? A l’heure actuelle, est-il utilisé par des structures hospitalières ?

    Une pré-étude a d’abord été réalisée à Brest, à la clinique Pasteur-Lanroze : nous cherchions à valider alors un effet de notre dispositif dans l’anxiété et les douleurs préopératoires, postopératoires ou induites par un geste thérapeutique douloureux. Nous avons également testé notre application dans le service de soins palliatifs de la clinique.

    Nous avons par ailleurs récemment gagné un appel à manifestation d’intérêt sur l’innovation intitulé « L’hôpital du futur », organisé par le CHU de Nantes. Ce prix nous permet de développer un partenariat avec deux hôpitaux de l’AP-HP (Hôpital Bicêtre, Hôpital Cochin), qui testent notre dispositif et mèneront prochainement une étude sur les effets de l’application dans le traitement de l’anxiété pré-opératoire en chirurgie orthopédique. Le CHU de Nantes réalisera également une étude sur les applications de notre dispositif dans le traitement de l’anxiété pré-opératoire et pré-opératoire en chirurgie orthopédique nécessitant une anesthésie loco-régionale chez l’adolescent, ce qui nous a amené, pour préparer cette étude, à étendre la durée de certaines séquences animées de réalité virtuelle.

    Le service d’urgences du groupe hospitalier Saint Joseph, à Paris, utilise par ailleurs notre application au quotidien. L’hôpital Saint-Joseph étudiera également le dispositif et ses bénéfices potentiels dans la mise en place et le retrait de sondes urinaires.

  • Le problème des déserts médicaux au cœur de la journée d’étude « Télémédecine » (Paris, le 19/06/2018)

    La Gazette santé social organise, le 19 juin 2018, une journée d’étude intitulée « Télémédecine », qui aura pour problématique centrale la question suivante : « La télémédecine, une solution contre les déserts médicaux ? ».

    Lors de cette journée de conférences et de tables rondes, animée par Laure Martin, journaliste à la Gazette santé social, la Gazette santé sociale se donne comme objectif de proposer aux participants des clés pour :
    – mesurer l’impact dans les territoires de l’intégration dans le droit commun de la sécurité sociale, de la téléconsultation et de la télé-expertise ;
    – s’approprier les nouveaux dispositifs législatifs et développer la télémédecine ;
    – s’inspirer de retour d’expériences sur des actes de télémédecine en structures de santé et en Ehpad afin de développer la télémédecine.

    Cette journée s’adresse à des professionnels du secteur privé (assurances, mutuelles, banques, établissements hospitaliers privés, sociétés fournisseurs de matériels et équipements pour centres et maisons de santé, associations et fondations dédiées à la santé,etc.) et du secteur public (élus et dirigeants territoriaux des communes, départements, EPCI, directeurs de l’action sociale ou des Ehpads).

    L’inscription à cet événement, payante, peut-être réalisée via le lien ci-contre.

    Pour répondre à la problématique centrale de la journée, l’événement est organisé autour de deux axes :

    « Télémédecine : quelle est cette pratique ? » – le matin (08h30-12h30)

    08h30-09h15 : Accueil des participants 

    09h15-10h00 : « Télémédecine : de quoi parle-t-on et quelles garanties ? »

    Cette conférence, présentée par Lina Williate, de la Société Française de Télémédecine, abordera :

    • les cinq catégories d’actes de télémédecine et leurs applications concrètes ;
    • les garanties à apporter aux usagers : respect des droits, confidentialité des données, etc.

    10h00-10h45 : « Quels fondements législatifs et juridiques ? »

    Cette conférence sera présentée par Yann-Maël Le Douarin, de la Direction générale de l’offre de soins et prendra pour sujet :

    • l’historique et les bases juridiques de la télémédecine ; 
    • les changements introduits par la loi et les défis à venir en 2018;
    • les enjeux autour de l’équipement des Ehpads et des établissements médico-sociaux.

    11h00-11h45 : « Ordre des médecins : comment expliquer et comprendre la déontologie médicale dans un monde numérique ? »

    Le Docteur Jacques Lucas, du Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM), interviendra pour exposer :

    • comment interpréter le code de déontologie médicale dans le monde du numérique en santé ;
    • les méthodes qui peuvent former les praticiens à la télémédecine, pour lever les résistances au changement ;
    • les solutions qui peuvent permettre d’échanger et de partager les informations médicales dans l’équipe de soins ;
    • comment assurer une prise en charge optimale du patient via la télémédecine.

    11h45-12h30 : « Retour d’expérience : ARS Centre Val-de-Loire ou comment accompagner le développement de projets de télémédecine »

    Dominique Pierre, de l’ARS Centre Val-de-Loire, présentera :

    • un programme de téléconsultation pour aider les structures de médecine générale isolées ;
    • un partenariat avec le Conseil régional pour financer les initiatives en télémédecine ;
    • une équipe dédiée à l’accompagnement des acteurs engagés dans des projets de télémédecine.

    12h30-14h00 : Déjeuner 

    « Panorama des solutions concrètes mises en oeuvre dans les territoires » – l’après-midi (14h00-17h15)

    14h00-15h00 : « Centre médical d’Oberbruck : un cabinet de télémédecine pour pallier l’absence d’un médecin »

    Jacques Behra et Cathy Hanser, d’Oberbruck et d’Asame et Resosoins : 

    • en quoi un cabinet de télémédecine peut constituer une réponse à la demande de soins ;
    • un décryptage des méthodes de travail à distance entre l’infirmier et le médecin.

    15h00-15h45 : « La télémédecine en maison de santé pluriprofessionnelle, une réponse au manque d’experts dans les territoires »

    Le Docteur Richard Champeaux, MSP de Terre Plaine de Guillon, interviendra en abordant les questions suivantes :

    • comment la télé-expertise en dermatologie et en cardiologie avec des professionnels libéraux à distance répond à un manque d’experts sur le territoire ;
    • la réévaluation des patients en Ehpad via la téléconsultation comme moyen d’éviter les déplacements des professionnels de santé et des résidents ;
    • un financement de la télémédecine par l’ARS, géré par la SISA.

    15h45-16h30 : Témoignage « Un Ehpad met en place des actes de télémédecine et ouvre ses portes à des patients extérieurs (Dordogne) »

    Marise Delibie, Directrice d’Ehpad à La Roche-Chalais, témoignera de :

    • comment la télémédecine peut répondre aux problèmes de déplacement et de renoncement aux soins des résidents ;
    • solutions pour favoriser l’accès aux soins des habitants de la commune face au manque de médecins ;
    • financements de ces deux expérimentations.

    16h30-17h15 : « La télémédecine dans une maison d’accueil spécialisée pour personnes autistes, une liaison réussie entre le médico-social et le sanitaire : retour d’expérience »

    Marie-Lucile Calmettes, de l’association « A tire d’ailes » – MAS La maison des oiseaux, présentera :

    • des réponses à la problématique de l’accès aux soins des personnes autistes en institution ;
    • des moyens de proposer des consultations plus efficientes ;
    • des clés pour éviter la mobilisation en personnel lors des déplacements.

  • Aviitam propose un carnet de santé intelligent pour prévenir et gérer les maladies chroniques

    Aviitam, plateforme créée par deux médecins du Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier, propose un carnet de santé connecté, imaginé comme un compagnon dans le changement d’habitudes et de modes de vie nocifs pour la santé et pouvant déboucher sur des pathologies chroniques, lancé dans sa nouvelle version le 18 mai 2018.

    Conçu comme un outil de prévention visant à accompagner les patients vers un mode de vie plus équilibré, il peut également être utilisé comme outil de suivi dans le cadre de maladies chroniques liées au mode de vie tels le diabète, l’obésité, le cholestérol et les troubles du sommeil.

    La start-up est en train de travailler sur le développement d’un service de télé-surveillance visant les établissements de santé notamment ainsi que de téléconsultation à destination des mutuelles et assureurs.

    Outil compagnon de prévention et de suivi pour les professionnels de santé

    Le Pr Antoine Avignon, médecin chef de service, et le Dr Vincent Attalin, médecin nutritionniste, du CHU de Montpellier (Hérault), ont travaillé conjointement pour développer une solution de carnet de santé intelligent et sécurisé aux patients leur permettant de centraliser, protéger et partager leurs données médicales avec leurs médecins.

    Le patient via l’application peut partager toutes ses données de santé avec le médecin au service d’un accompagnement plus efficace, une prise de conscience de l’impact de certaines pratiques quotidiennes sur la santé et préparer en amont les consultations en renseignant des paramètres. Toutes les données d’Aviitam sont protégées chez un hébergeur agréé de données de santé.

    Une solution pour les établissements de santé et les mutuelles

    Aviitam est un outil à destination des établissements de santé qui leur permet selon les fondateurs d’optimiser le parcours de soins, de préparer et suivre les séjours, d’optimiser des PMSI et de faire prochainement de la télésurveillance.

    Par ailleurs, vis-à-vis des mutuelles, la solution présente l’avantage d’organiser un parcours de soins coordonnés, de proposer des actions de prévention et de sensibiliser aux modes de vie nocifs et un suivi médico-chirurgical des personnes souffrant d’obésité, le cas échéant. Un service de téléconsultation est en train d’être préparé par la start-up et sera bientôt disponible.

    Projets de développement : une version payante et télé-surveillance

    Actuellement disponible gratuitement, le carnet de santé d’Aviitam avait été testé par 1 300 professionnels de santé et patients début 2018. Les fondateurs envisagent d’inclure leur solution dans des offres payantes dans le cadre desquelles elle serait associée à des programmes d’accompagnement et des formations en ligne.

    Néanmoins, une version payante est déjà proposée aux établissements de santé qui souhaitent pouvoir en bénéficier. Aviitam va également proposer un service de télésurveillance aux particuliers et aux médecins.

    Enfin, la start-up se projette comme prestataire de services pour la sécurité sociale en visant l’intégration au Dossier Médical Personnel de l’Assurance Maladie dans le cadre de l’optimisation du parcours de santé.

  • Prise en charge psychologique : Shamballa lance son appli de thérapie en ligne

    « Un psychologue dans votre poche », tel est le credo de Shamballa lancée en début d’année 2018, annonce la start-up dans un communiqué de presse du 18 mai 2018.

    Shamballa est une plateforme de soutien psychologique en ligne qui s’adresse à toutes les personnes désireuses de consulter un psychologue ou un psychanalyste, pour des problèmes de long terme (dépression, stress ou anxiété) ou des problématiques ponctuels (procrastination, rupture, etc.).

    Le service s’adresse à toutes les personnes qui ne peuvent pas prendre rendez-vous avec un thérapeute:
    • les personnes timides ou introverties qui n’osent pas franchir le cap de se rendre dans un cabinet de psychologue ;
    • les salariés travaillant la journée et jusqu’à tard le soir, ne pouvant pas se rendre disponible une heure en semaine ;
    • les personnes vivant en zone rurale, qui doivent faire des kilomètres en voiture pour se rendre chez le psy le plus proche ;
    • les personnes à mobilité réduite ;
    • les personnes qui déménagent mais qui souhaitent garder le même psychologue ;
    • les expatriés ;
    • les agoraphobes ;
    • les personnes assignées à résidence par décision de justice.

    Il ne s’agit pas d’une consultation par webcam, mais d’un contact quotidien via l’application. 

    Le communiqué précise que l’entreprise prépare une levée de fonds.

    Une mise en relation entre praticiens et personnes en souffrance

    « C’est après avoir appris que que 88 % des psychologues travaillent à temps partiel et que 42% des gens qui ne vont pas chez le psychologue ne le font pas parce qu’ils ont peur, qu’ils n’ont pas confiance ou qu’ils n’ont pas les moyens, nous nous sommes dit que nous devions mettre ces personnes en relation », explique Jean-Baptiste Jézéquel, co-fondateur et président de Shamballa.

    Le service a été lancé le 20 janvier 2018, mais la jeune équipe travaille sur l’application depuis mars 2017.

    Le patient – qui souhaite aborder un problème ponctuel ou une problématique de fond – se connecte sur l’application puis remplit un questionnaire. Shamballa le met alors en contact avec les psychologues, tous diplômés et certifiés, les plus à même de résoudre la problématique de la personne, avec qui elle peut échanger tous les jours en illimité à partir de 35 euros par semaine. 

    Le patient peut choisir de souscrire une première semaine d’évaluation gratuite, lui permettant de juger par lui-même la pertinence de ce mode de suivi.

    Les échanges ont lieu tous les jours par messages vidéo, audio ou textuel et sont sécurisés. Les conversations sont cryptées, afin que ni l’entreprise ni un tiers ne puissent y avoir accès.

    Lors de l’inscription, Shamballa ne demande ni le nom ni les coordonnées de l’utilisateur – celui-ci peut donc choisir un pseudo garantissant l’anonymat.

    Importance du présentiel ?

    Quid de la relation patient-psychologue sans contact direct ? « C’est vrai que c’est une dimension qui préoccupe certains psychologues qui découvrent notre application », reconnaît Jean-Baptiste Jézéquel, qui espère à terme pouvoir travailler avec une centaine de professionnels. « Cependant un nombre important de psychologues ont déjà bien pris conscience que ce mode de consultation peut être bénéfique à énormément de patients ».

    La plateforme est fonctionnelle depuis 4 mois, et la trentaine de personnes ayant déjà consulté sur des périodes de 1 à 8 semaines se disent satisfaites.

    Une étude de l’Université de Zurich a montré que la psychologie en ligne peut parfois s’avérer plus efficace que la thérapie en face-à-face sur le long terme, car elle responsabilise davantage le patient qui n’est pas assisté directement par le psychologue.

    « Nous souhaitons mener notre propre étude à l’horizon septembre 2018, lorsque nous aurons 6 mois de recul » précise Jean-Baptiste Jézéquel.

    Il précise que ce service ne peut se substituer à une consultation traditionnelle en face-à-face dans n’importe quel cas de figure. Le recours au suivi psychologique via Shamballa ne s’adresse qu’aux personnes souhaitant résoudre un problème qui ne nécessite pas une aide urgente. 

    L’entreprise souhaite dès la rentrée proposer son service aux entreprises afin de lutter contre le burn out ou encore le harcèlement.

    L’application est disponible sur GooglePlay, AppStore et https://shamballa.co/

  • Zentrum Überleben (Allemagne) développe 2 applis pour le soutien médico-psychologique des réfugiés

    L’association allemande Zentrum Überleben (littéralement, « centre de survie »), basée à Berlin et spécialisée dans le soutien médical et psychologique des personnes en provenance de zones de conflit, a développé deux applis mobiles dédiées au public qu’elle accompagne, annonce-t-elle dans un communiqué publié mi-avril 2018 sur son site internet.

    La première, ALMHAR, propose un soutien aux réfugiés face aux problèmes psychiques qu’ils rencontrent les plus fréquemment (troubles du sommeil, symptômes dépressifs, sentiment de culpabilité, stress, etc.) et leur donne des conseils pratiques. Elle est disponible gratuitement en anglais, en arabe et en farsi, sur Google Play.

    La seconde, SMILERS s’adresse aux réfugiés arabophones présentant de signes dépressifs. Il s’agit d’une application d’auto-surveillance en sept étapes contenant des informations sur l’origine et la persistance des symptômes. Elle permet également une mise en contact rapide avec des intervenants en cas de crise. Elle n’est disponible que sur l’AppStore pour le moment.

    Les développeurs de l’application expliquent que ce projet a vu le jour en réponse au nombre croissant de réfugiés provenant de zones de conflit et qu’il constitue une réponse économique à la prise en charge thérapeutique. « De plus, les réfugiés peuvent accéder à ce soutien depuis n’importe quel lieu, du moment qu’ils ont leur smartphone », indique le communiqué. Mais ces applis ne constituent pas un substitut à la psychothérapie, et elles ne doivent pas empêcher les personnes atteintes de graves troubles de se rendre à l’hôpital.

    Plus d’infos sur http://almhar.org/ et http://ilajnafsy.bzfo.de/portal/en/