« Instent », la société qui a mis au point un stent connecté permettant de réguler les traitements anti-coagulants, a été récompensée par le MIT. Les chercheurs français qui ont travaillé sur ce dispositif seront présents lors de l’édition 2016 du congrès EmTech du MIT à Boston qui se tiendra du 18 au 20 octobre 2016.
Ils ont mis au point un stent muni de capteurs permettant de contrôler de manière non invasive la réparation d’une artère après l’implantation et qui permettent d’estimer si une couche trop importante de cellules musculaires recouvre le stent, ce qui pourrait mener à une resténose fatale, ou de détecter la formation des caillots de sang sur le dispositif, pouvant entraîner un nouvel infarctus.
La transmission de ces données est réalisée via une communication sans fil, permettant aux médecins et patients d’y avoir accès ce qui autorise un ajustement très précis des traitements. Ce dispositif pourrait être commercialisé à partir de 2019.
Le marché des stents est évalué à 7 Mds€ par an dans le monde et concerne 7 millions d’implants.
Des anticoagulants pour éviter les caillots
La stratégie thérapeutique la plus habituelle est d’utiliser des stents coronaires : dispositifs en maillage tissé, souvent métallisé, introduits dans les artères bouchées puis déployés en gonflant un ballon à l’intérieur du stent pour maintenir le vaisseau ouvert. Cela permet un suivi de l’évolution de la lésion de l’endothélium.
La problématique réside dans l’endommagement de la paroi artérielle (en particulier l’endothélium sévèrement touché) par le placement du stent dans l’artère qui génère la présence de sang coagulé à la surface du stent. La formation de caillots lors de ce processus peut provoquer l’effet contraire à celui espéré : un nouvel infarctus voire un AVC.
La prescription d’anticoagulants remédie couramment à ce problème mais la durée du traitement demeure difficile à évaluer (quelques semaines suffisent à la guérison de certains patients, les personnes âgées requièrent habituellement jusqu’à plusieurs années). De plus, aucune autre opération chirurgicale ni aucun acte dentaire n’est réalisable pendant ce traitement.
Le moment opportun de l’arrêt du traitement
Le stade de guérison de l’artère, indiquant au médecin le moment opportun de l’arrêt de traitement, c’est l’information essentielle qu’apporte le dispositif d’Instent.
Les capteurs sont alimentés par induction et placés sur les différentes entretoises du stent, encapsulés dans un film biocompatible.
Une fois recouverts de tissu artériel, ils sont capables de distinguer trois scénarios et envoyer ensuite le signal correspondant :
- Le premier : la thrombose ou formation de caillot de sang
- Le deuxième : guérison normale de la paroi artérielle, caractérisée par le recouvrement du stent par de nouvelles cellules endothéliales
- Le troisième : resténose, prolifération incontrôlée de cellules musculaires lisses sur le stent, pouvant conduire au rebouchage de l’artère
« L’élément clé pour nous est de pouvoir déterminer si les capteurs sont recouverts de cellules endothéliales, de cellules musculaires lisses, d’un caillot sanguin ou de rien du tout », explique le professeur Barakat, conseiller scientifique d’Instent.
Optimisation de la conception du stent
« L’approche big data/apprentissage automatique permettra la mise au point d’une approche sur-mesure de la pose de stent, qui fait défaut aujourd’hui. A terme, nous devrions pouvoir concevoir des stents plus efficaces, et abandonner les modèles qui posent le plus de problèmes», précise Ulrich Sigwart, spécialiste de l’utilisation du stent en cardiologie.