DMN

  • Intelligence artificielle : 3 mois gagnés pour anticiper les épidémies

    Détecter l’ampleur d’une épidémie trois mois avant qu’elle se déclenche, c’est ce que permet l’intelligence artificielle présentée en mai 2016 par la start-up californienne AIME et qui a été testée au Brésil et en Malaisie.

    Grâce à un algorithme, ce système repère le lieu de démarrage d’une épidémie du virus Zika ou de la dengue et la probabilité que ces maladies s’étendent sur des points donnés.

    Le seul moyen de se prémunir contre ces épidémies était jusque-là la surveillance des insectes qui en sont les vecteurs.

    Un algorithme qui utilise onze variables différentes

    Plutôt que tenter de stopper une épidémie, pourquoi pas éviter sa progression en repérant les zones où elle peut prendre naissance ? C’est à partir de cette approche que la start-up AIME Inc a développé un système d’intelligence artificielle qui permet de localiser le point de départ potentiel d’une épidémie et d’indiquer la probabilité de son extension.

    Cette intelligence artificielle repose sur un algorithme qui utilise onze variables différentes, comme les données météorologiques, les données sur les zones de construction, les données sur la mortalité due à des épidémies comme la dengue ou le virus Zika. Le traitement de ces données permet de localiser sur une carte avec 90% de précision dans un rayon de 400 mètres l’endroit d’où peut se, déclencher l’épidémie. Il permet aussi de prédire la probabilité d’extension géographique de la maladie.

    Développer la prévention et l’information

    Cette capacité de prédiction de maladies contre lesquelles il n’existe ni traitement ni vaccin permet aux responsables de territoires menacés par les épidémies de développer des stratégies de prévention et d’information des populations, selon les co-fondateurs d’AIME Inc.

  • IoT : GE inaugure son premier centre de R&D hors des Etats-Unis à Paris

    GE a inauguré le 13 juin 2016 à Paris son premier laboratoire de R&D dédié à l’IoT en dehors des Etats-Unis. GE digital, l’entité qui fournit des solutions et services numériques dédiés aux industriels, annonce que son centre parisien, la « Digital Fonderie », emploiera 250 experts du développement, des processus industriels, du Big Data et de la sécurité d’ici à 2018.

    L’objectif de GE est de développer son offre IoT aux industriels, axée principalement autour de sa plateforme Predix.

    Lancé en 2015, Predix se base sur Cloud Foundry, le Paas de l’éditeur de logiciels Pivotal. Ce dernier fournit des solutions et des services de développement agile d’application web et mobiles, une plateforme Paas cloud native, et une suite de solutions pour le stockage et l’analyse en temps réel des données Big Data.

    GE a investi 105 millions de dollars dans Pivotal (10% du capital) le 24 avril 2013, pour utiliser les technologies de Pivotal dans le cadre de son services d’analyse.

    Ce nouveau centre est conçu sur le modèle de celui mis en place à San Ramon (Californie), qui compte 1 400 ingénieurs (dont 250 data scientists et 80 spécialistes du design).

    GE annonce également son intention d’ouvrir deux autres centres de ce type à Shanghai et à Boston dans le courant du 2e semestre 2016.

    Paris reste attractive pour l’innovation

    L’inauguration lundi 13 juin 2016 à Paris de la Digital foundry de General Electric vient conforter les conclusions d’une étude de Capgemini menée entre juillet 2015 et février 2016 qui montre que Paris reste pour l’innovation une place attractive, en se maintenant à la troisième place du classement derrière la Silicon Valley et Londres.

    Le nombre de « tech talents », le dynamisme entrepreneurial et la présence d’acteurs du capital risque sont les principales motivations des entreprises dans leurs choix d’installation, selon Capgemini.

    La santé parmi les principaux secteurs d’innovation

    La tendance observée sur la période de l’étude est l’émergence de l’Asie qui a vu son nombre de centres d’innovation augmenter de 29 % depuis 2015. L’Inde est le pays asiatique le plus attractif pour l’innovation, selon cette étude.

    Les trois principaux secteurs ayant ouvert des centres d’innovation entre 2015 et 2016 sont l’internet des objets associé à la smart city, la fintech et la santé.

  • Applications et objets connectés de santé : les autorités françaises en faveur de la labellisation

    Amsterdam – Ehealthweek – 8 juin 2016.
    « Il faut un label pour les applications et les objets connectés qui ont un impact sur la santé des patients », telles sont les conclusions auxquelles sont parvenus les membres du Groupe de travail 28 du CSF (comité stratégique de filière) santé présentées lors d’un workshop de la délégation française le 8 juin à Amsterdam dans le cadre de la ehealthweek.

    Etat des lieux des usages et des attentes, méthodes d’évaluation, référentiel de bonnes pratiques, calendrier de mise en œuvre, telles sont les thématiques abordées par Brigitte Seroussi, DSSIS, Ministère des Affaires sociales et de la Santé.

    Créer un cadre vertueux pour permettre à la filière industrielle de décoller

    Le nombre d’applications santé augmente mais les médecins les utilisent moins, sauf celles concernant l’accès aux bases de données sur le médicament, selon le 4eme baromètre du CNOM et du Vidal sur l’utilisation des Smartphones chez les médecins d’avril 2016. En revanche, la recommandation d’applications aux patients augmente, notamment dans l’incitation à l’activité physique et l’arrêt du tabac. Parallèlement, le marché des objets connectés en santé ne décolle pas, excepté celui des tensiomètres et des glucomètres connectés.

    Dans ce contexte d’usages de ces technologies par les professionnels de santé et par les citoyens et face aux risques de mésusages et de sécurité,  se pose la question de la fiabilité des applications santé et des objets connectés.

    Le GT28 travaille ainsi à la mise en place d’un contrat de filière spécifique aux outils numériques en santé pour favoriser le développement des outils applications et objets connectés dans un cadre vertueux selon deux axes :

    1 – La protection des consommateurs 

    • Fiabilité médicale des datas et des conseils donnés

    • Protection des données : sont-elles limitées à l’usage nécessaire à l’objet du DM ou objet connecté

    • Réutilisation des données sans connaissance de l’utilisateur

    • Cybersécurité et lutte contre le hacking

    2 –  La promotion des solutions qui ont fait la preuve de bénéfices avérés

    • Communication sur les évaluations des applications et objets connectés

    • Mise en place d’un label pouvant être utilisé pour la communication  et la vente des solutions

     

    Un label pour les objets connectés et applications non dispositif médical

    Les dispositifs médicaux suivent la certification du marquage CE, suffisant pour les Dispositifs médicaux. Le GT28 a estimé que cet état de fait s’appliquait au champ des DM connectés. En revanche aucun cadre  n’existe pour les objets connectés non DM. Le GT28 recommande donc a mise en place d’un droit souple,  pas de système rigide,  pour ne pas freiner l’industrie et notamment, un Référentiel de labellisation non opposable.

    Ce référentiel s’appuiera sur les travaux de la HAS en cours et intègrera le cadre de référentiels de l’UE sur la protection des données.  Brigitte Seroussi a également indiqué que les critères devraient être quantitatifs et vérifiables. Leur évaluation devra être faite par des structures certifées cofrac et ne justifie pas d’un nouvel organisme.

    Un Tripadvisor public pour APPS et Objets connectés

    Le GT 28 a choisi un mode de communication basé sur l’évaluation des utilisateurs professionnels de santé ou grand public pour promouvoir les applications. Il n’a pas retenu la méthode de black list, ni celle de la recommandation d’applications par les pouvoirs publics mais propose un site internet présentant les solutions évaluées et leur score.

    Les travaux du GT 28 seront présentés cet été lors de l’assemblée générale du CSF et se poursuivront dès septembre 2016 sur la construction du référentiel.

  • « Un référentiel de bonnes pratiques sur les outils de santé mobile » en cours d’élaboration

    Amsterdam – Ehealthweek – 8 juin 2016
    Pierre Trudelle, chef de projet à la HAS présente à la Ehealtweek à Amsterdam un point d’étape des travaux menés sur commande du ministère de la santé (saisine de la DSSIS en septembre 2015) pour établir un référentiel de bonnes pratiques d’évaluation de la garantie des implications santé pour les objets connectés et applications.

    Les 5 critères d’évaluation retenus  :

    1. Les informations pour les utilisateurs ( description et recueil du consentement des données) / User informations (description, consent)

    2. Le contenu santé ( les étapes et méthodes de conception, standards de recueil des données, contenu généré par l’utilisateur pendant l’utilisation de l’outil, méthodes d’ interprétation des contenus) / Health content (conceptual stage, data standardisation, user-generated content, interpreted content)

    3. Le contenu technique ( étapes de conception techniques, flux de données) / Technical content (technical conceptual stage, dataflow)

    4. Sécurité, confiance et cadre de confidentialité /  Security, Reliability (cybersecurity, reliability, confidentiality)

    5. Ergonomie et facilité d’usage / Usability (design, acceptability, integration/import)

    Il y a à ce stade environ 100 critères retenus. Chaque critère devra être référencé et explicité pour un utilisateur ou pour  évaluateur externe. L’analyse fera apparaître trois niveaux de risques ( rouge, orange vert) en fonction du ou des  utilisateurs et de la catégorie de produits.

    Matrice d’analyse :  Exemple en cours de validation

    Utilisateurs / Users

     

    Ces travaux seront publiés en septembre2016. Ils sont en cours de révision par 3 groupes de relectures et sont partagés au sein d’un groupe de travail mis en place par la commission européenne. Le calendrier de publication du référentiel prévoit une diffusion fin septembre aux différentes cibles ( consommateurs, professionnels de santé, informaticiens et développeurs pour mettre en place un cahier des charges types. Pierre Trudelle souhaite que ce cahier des charges puisse être ensuite décliné et adapté par pathologie  par les sociétés savantes. 

  • Quatre services de e-santé lancés au Bangladesh

    De nouveaux services numériques visant à améliorer les problèmes de santé locaux grâce aux nouvelles technologies ont été inaugurés le 5 juin 2016 au Bengladesh par Telenor Health, la filiale dédiée à la santé numérique du groupe Telenor.

    C’est la première étape d’un vaste projet consacré au développement de l’e-santé dans les pays émergents.

    Le gouvernement bangladais soutient l’initiative. Le ministre de la Santé du pays, Mohammed Nasim, et la ministre d’État des Postes et Télécommunications, Tarana Halim, ont assisté au lancement officiel du programme à Dhaka, la capitale bangladaise.

    Telenor Health : la santé numérique pour tous

    Créée en 2015, l’unité Telenor Health a été lancée au Bangladesh afin de financer les services Tonic au sein du pays et, à terme, sur d’autres marchés si le succès est au rendez-vous.

    La direction n’a pas encore précisé quels autres États étaient visés. On sait néanmoins que le groupe est notamment présent en Inde, en Birmanie et au Pakistan.

    La société norvégienne décrit l’inauguration de Tonic comme son « premier pas officiel dans le secteur international de la santé ». « Exploiter la technologie pour relever les défis de santé est une mission de plus en plus chère à Telenor, en particulier dans des pays comme le Bangladesh, a déclaré Sigve Brekke, le P.-D.G. du groupe. Le domaine de la santé, et en particulier de la santé numérique, a le potentiel de devenir une partie intégrante de notre développement (…) »

    Tonic : une « porte d’entrée numérique »

    L’objectif de l’entreprise est de proposer une « porte d’entrée numérique [ouverte] à tous » à travers des outils accessibles car simples à utiliser et peu coûteux.

    « La santé est un connecteur universel qui permet d’aller au-delà des différences ethniques, de classe, de genre et religieuses, précise un porte-parole de Telenor à H&TI . Nous avons ici l’opportunité de faire une vraie différence dans la vie des gens (…) »

    Le groupe envisage d’adapter ses services, notamment en e-santé, aux besoins des citoyens locaux des pays dans lesquels il est implanté.

    Tonic : 4 services en e-santé adaptés aux besoins des Bangladais

    Tonic est une application mobile regroupant 4 services :

    • Tonic Jibon (life) : le premier portail gratuit d’informations scientifiques sur la santé et le bien-être en bengali (langue officielle du Bangladesh) – il est accessible par internet (www.tonic.com), par SMS et via une page Facebook dédiée ;
    • Tonic Daktar (médecin) : permet aux membres d’accéder à des conseils médicaux de haute qualité et sans attente via un service téléphonique, accessible 24 heures sur 24 (5 takas/5 centimes d’euro la minute) ;
    • Tonic Discounts : propose des réductions exclusives – jusqu’à 40 % – sur des services médicaux basiques dans plus de 50 hôpitaux du Bangladesh – en envoyant le code partenaire (789) par SMS, les membres Tonic peuvent accéder à des soins à moindre coût ;
    • Tonic Cash : prévoit d’indemniser à hauteur de 500 takas (5 euros/somme non négligeable au Bangladesh) les membres hospitalisés pendant trois nuits consécutives ou plus.- Le paiement s’effectue directement via un système mobile de portefeuille bancaire, réservé aux abonnés.- Les membres peuvent solliciter ce servir quatre fois par an, quel que soit le problème médical.- « Tonic Cash permet de limiter le risque de problèmes financiers pour les familles et de gagner en crédibilité aux près des fournisseurs d’assurances », précise Telenor sur son site officiel.

    Ces services sont pour l’instant réservés au 57 millions de clients Grameenphone, le plus important opérateur de téléphonie mobile du Bangladesh – filiale de Telenor.

  • Dossier pharmaceutique : 5 projets récompensés lors du hackathon

    Cinq projets qui éclairent le potentiel des données du DP et des données de santé de façon générale ont été récompensés le 7 juin 2016 lors du premier hackathon « Hacking pharma » lancé par l’Ordre national des pharmaciens et Docapost.

    117 équipes formées d’étudiants, de pharmaciens, de développeurs informatiques, de designers et de marketeurs ont monté des projets dédiés au DP

    A l’occasion de cet événement, Isabelle Adenot, présidente de l’Ordre des pharmaciens, a rappellé que «demain, la m-santé [santé mobile, NDLR] induira une nouvelle manière de concevoir le soin pharmaceutique, dans la prévention et le suivi des maladies en bouleversant la relation patient-soignant ».

    Dix des 117 équipes étaient finalistes. Cinq ont reçu des trophées pour leur « originalité, efficience, qualité et faisabilité ».

  • Reverse Challenge : Nice le 04/07/2016

    « Reverse Challenge », 1re édition du concours réservé aux start-ups de la e-santé, se tiendra à Nice le 4 juillet 2016.

    Lors cette édition, 10 entrepreneurs, fondateurs de start-up innovantes spécialisées dans le secteur de la e-santé et sélectionnés sur dossier présenteront leur activité face à un jury. Suite à cela, ils prendront la main afin de questionner le jury composé de 10 experts.

    Ce challenge, porté par M Capital Partners, permettra donc aux sélectionnés d’obtenir un point-de-vue externe afin de booster leurs projets.

  • Recherche sur le génome : comment protéger les données

    Comment assurer et garantir la protection des données hautement sensibles comme celles utilisées dans la recherche sur le génome? C’est la problématique sur laquelle travaillent les spécialistes de la sécurité informatique et qui a été abordée lors du Symposium de Lausanne sur la génomique en mai 2016.

    Jean-Pierre Hubaux, professeur à l’EPFL, est un pionner de la confidentialité des informations génomiques.
    Il a été mandaté pour sécuriser la Biobanque Institutionnelle de Lausanne, qui stocke l’ADN de plus de 20 000 Vaudois dans des congélateurs. Il insiste sur la vigilance nécessaire sur la sécurité de ces données mais souligne qu’elles doivent malgré tout rester en partie au moins accessibles aux chercheurs.

    Les données de santé constituent la première cible des hackers: deux attaques sont dénombrées tous les quinze jours aux États-Unis.

    Un défi gigantesque

    L’exploitation de notre matériel génétique par une médecine du Big Data est proche. Grâce à de l’ADN de volontaires, l’objectif est de résoudre les énigmes que présentent certaines pathologies, prédire leur évolution et développer des traitements personnalisés. « Protéger ces données est un défi gigantesque car elles sont extrêmement complexes, résume Jean-Pierre Hubaux. Le secret médical est en danger, cela paraît évident. La présence de données génomiques augmente ce risque».

    Sécurisation et anonymisation de ces données sont l’objet de la recherche de son équipe depuis cinq ans, en collaboration avec de nombreuses institutions aux États-Unis, dont la Standford University.

    Les échantillons sanguins de 23 536 personnes sont actuellement stockés à la BIL. La prochaine étape consiste à séquencer le génome, pour ensuite le mettre les données issues de ce travail à la disposition de la communauté scientifique, académique ou privée.

    L’ADN, ciblé par les hackers

    «Le risque de vol est réel», explique le professeur Hubaux. Ces data renferment une quantité infinie d’informations sur un individu et ne peuvent pas tomber entre les mains des assurances-maladies ou des employeurs.

    «Elles ont une capacité de prédiction, sont corrélées entre personnes de la même famille et sont identifiantes», énumère le professeur Hubaux. Elles sont aussi stables dans le temps; leur validité perdure tout au long de notre existence. «Leur protection est un grand défi à l’échelle de l’humanité, explique le spécialiste. Les techniques de cryptage vieillissent vite. Aucun système n’a une durée de vie d’un siècle.»

    «Il faut encrypter ces données pour faire en sorte que, même si elles étaient volées, elles soient inutilisables. Et qu’il ne soit pas possible pour un individu de les récupérer pour les revendre». Pour ce faire, la BIL utilise la technique d’encryptage du « chiffrement homomorphique. »

    Comment protéger ces données sur une très longue durée?

    Le deuxième enjeu crucial réside dans le fait d’inventer des modalités de partage entre acteurs de la santé. «Il faut définir des standards communs, insiste Jean-Pierre Hubaux. Parce que plusieurs biobanques de plusieurs pays voudront partager leurs données, et cela doit se faire de manière respectueuse des engagements pris à l’égard des donneurs».
    « Le monde de la bio­médecine s’intéresse peu à celui de la sécurité informatique et réciproquement», c’est le constat que fait le professeur Jean-Pierre Hubaux, qui s’est associé avec Sophia Genetics, société créée à l’EPFL spécialisée dans la gestion des data génomiques.
    Leur nouveau projet cryptographique en faveur de la confidentialité des données médicales, évalué à 1 million de dollars (880 036,67 euros), est financé notamment par la Confédération Helvétique.

  • Cancer du poumon : un gain de 7 mois de survie pour les patients qui utilisent MoovCare (ASCO)

    Un accroissement de la survie globale médiane de 7 mois, c’est le principal résultat de l’étude de phase III menée sur MoovCare, première application d’identification précoce des rechutes chez les patients atteints de cancer du poumon. Les résultats de cette étude ont été présentés le 6 juin 2016 en session orale par le cancérologue Fabrice Denis au congrés mondial sur le cancer de Chicago organisé par l’ASCO.
    MoovCare, développée par Sivan Innovation, est une application e-santé de surveillance des symptômes qui cible la détection des rechutes. Grâce à leur smartphone, les patients évaluent leurs symptômes une fois par semaine. Les données sont analysées par un algorithme et directement transmises à leur médecin. Les premières études ont confirmé l’efficacité de ce « diagnostic numérique ».

    Une approche innovante du suivi des rechutes dans le cancer du poumon

    Pour mettre au point l’application MoovCare, le Dr Fabrice Denis, cancérologue au Centre Jean Bernard (Le Mans), s’est appuyé sur une étude de la dynamique des symptômes observés chez les patients traités pour un cancer du poumon pour développer un algorithme de suivi.

    Deux études pilotes prospectives de phase II ont été conduites pour évaluer l’algorithme. Elles ont porté dans un premier temps sur 43 patients pendant un an, sur la base de 6 symptômes renseignés dans un questionnaire par le malade.

    Dans un second temps, 42 patients atteints de cancer bronchique ont renseigné chaque semaine 11 symptômes : variation de poids, douleurs, perte d’appétit, fatigue, etc. Après analyse, l’algorithme alertait le médecin s’il détectait une anomalie. Grâce aux contrôles ainsi anticipés, les rechutes ont pu être détectées environ cinq semaines avant le scanner inscrit dans le suivi classique.

    Les premiers résultats, en 2013, ont montré un accroissement de la survie de l’ordre de 27% à un an. De plus, ce test affiche une sensibilité de 86 à 100 % dans la détection des rechutes, supérieure à celle du scanner.

    L’impact sur la survie globale : les résultats prometteurs de l’étude de phase III

    Ces résultats ont conduit au lancement d’un essai clinique de phase III, avec une étude clinique randomisée multicentrique. Pendant un an, un groupe de patients a suivi le protocole habituel pour détecter la rechute d’un cancer du poumon (soit un scanner tous les trois mois), alors que l’autre groupe a consulté lorsque l’application a lancé une alerte.

    Le protocole mentionne comme critère de jugement principal la survie globale ; comme critères secondaires le PS (Performance Status), la survie sans progression et la qualité de vie.

    L’étude comporte deux bras, l’un de 60 patients utilisateurs de l’application et l’autre de 61 patients témoins suivis de manière classique. Les patients utilisateurs de l’application ont vu leurs rechutes détectées plus précocement entre deux visites de surveillance : 74% vs 33% (p<0,001).  Ce groupe présente un accroissement de sa survie globale médiane de 7 mois (HR = 0,33).

    En revanche, on n’observe pas de différence en termes de survie sans progression.

    Une diffusion internationale dans les prochains mois

    L’étude démontre donc que la régularité du suivi à distance permet un traitement plus rapide et impacte positivement la qualité de vie du patient.

    84% des patients du groupe utilisateur de l’application ont respecté la discipline de signalement hebdomadaire des symptômes et les patients du bras témoin ont mieux respecté leurs visites de consultation et leurs rendez-vous de scanner.

    Les oncologues ont vu le nombre d’appels téléphoniques inutiles diminuer et le nombre d’actes d’imagerie a été divisé par deux.

     A ce jour, l’application a été utilisée par plus de 300 patients atteints de cancer du poumon. D’autres études ont été initiées dans d’autres localisations tumorales.

    Le marquage CE est en cours. La diffusion internationale est prévue dans les prochains mois.

    Selon des informations recueillies par Health&Tech Intelligence, le modèle économique retenu pour la commercialisation de cette application serait un abonnement forfaitaire mensuel par patient. Les dirigeants de Sivan Innovation ont confié qu’ils « espéraient » une prise en charge dés 2017 par l’Assurance maladie et donc la fixation d’un tarif applicable à MoovCare.

  • E-Health: why Singapore is so attractive?

    In Southeast Asia, Singapore attracts e-health key-players for its reliability and its strategic location in the ASEAN (The Association of Southeast Asian Nations). The partnership between Philips and the dedicated corporate investment arm of the Singapore Economic Development Board (EDB), announced in January, is an example among others.

    The purpose of this collaboration is to help digital health firms in mid-to-late stage to set up their base in Singapore. How can we explain this attraction for the city-state? The investor Dr. Eddy Lee and Dr. Kevin Yap, lecturer at the University of Singapore and cyber-pharmacy expert, share their views on this niche market.

    Singapore: an open market on Southeast Asia

    “I think one of the reasons why e-health key-players are interested in the city-state is because we are well known for our excellent level of info-comm technology infrastructure,” Dr. Kevin Yap said.

    He also mentioned about the Singapore Healthcare 2020 Masterplan, a program launched by the Singapore government to improve its healthcare system, partially through digital tools. “One of the ways used to make Singapore a “Smart Nation” is to attract foreign companies to co-develop innovative solutions.” Philips has been seduced.

    “Our digital capabilities have the potential of making this country a pioneer in the e-health industry,” Dr. Yap noticed. As a matter of fact, Singapore is one of the first countries in the world to have launched a National Electronic Health Record (NEHR).

    “[Another strength of the city is] the strong global brand value associated with Singapore products in health, education or financial technology,” Dr. Eddy Lee said. The Singaporean investor – concurrently consulting professor at Stanford University – went back to the city-state last year, after spending years away from the country including stints in four years in Silicon Valley and Lyon in France. In January, he and his Indonesian partner Kevin Darmawanhas launched Coffee Ventures, a venture capital firm supporting early stage health start-ups and other technology start-ups with the potential to enter global markets.

    Dr. Lee explained to have chosen to set up their society in Singapore due to its unique location as the gateway to Southeast Asia (estimated 630 million potential consumers), the firm’s extensive networks in the region, and their ability to impact local start-up ecosystem with their investment experience from the Silicon Valley.

    SG imposes strict rules to gain the confidence of global companies

    Dr Kevin Yap and Dr Eddy Lee are enthusiastic about the future of “the little red dot” in the field of e-health technologies, but they remain realistic. “Digital health is a new product category that challenges existing business models in healthcare,” Dr. Lee highlighted. Would it be the electronic companies who sell a wireless ECG or blood pressure monitor directly to consumers, would it be the insurance company who must buy them and distribute them to the users, or should it be the role of hospitals to offer loans of devices for a monthly software service fee? Adopting the appropriate models to match both the purchasing power and the culture of the city would be critical to the widespread use of such devices.”

    For his part, Dr. Yap is particularly aware that there are some issues to resolve in terms of privacy and security. “The government takes it very seriously. In 2012, the PDPA (Personal Data Protection Act) was created. This law governs the collection and use of a person’s personal data and has strict implications with regards to e-health. This can be seen as a benefit from the consumer point of view – he can be assured that his private data is protected – but this may also be an obstacle.” These rules may be a reason why companies specialized in digital health and particularly in data analysis are more limited than those set up in other countries. “However, the PDPA also aims to strengthen Singapore’s position as a trusted, world-class hub for businesses.”

    Dr. Yap admits that Singaporean investors are very demanding. “They want to see that, whatever you do, they do will succeed. This way of thinking may slow down the development of start-ups but it is also a good thing. Companies will come to Singapore because they know that the projects launched here are promising. Our fundamentals are strong!” « 

    Anticipating demographic transition and making sense of big data

    The scientist identifies two key challenges in the medium term. The first is in anticipation of the elderly population in Singapore: the National Department of Statistics has indicated that the median age of the resident population has risen from 34.0 years in 2000 to 39.6 years in 2015. Dr. Yap fears that the growing population of older people may be resistant to the development of new health technologies. “I think we should focus on people who are currently around 40 and 50 years old. They know how to use a computer, they know about smartphone technologies. They could help us make the connection between generations.”

    The second challenge concerns big data. The expert believes that the industry players can work to “make sense of all this data for prediction to make it useful and usable for the healthcare industry.”

    E-health: Singapore is focusing on its specificity

    Could “the little red dot” be the Asian Silicon Valley of eHealth in the coming years? “There is no necessity to replace the Silicon Valley,” Dr. Eddy Lee said. “However, Singapore can become a center of excellence in the diagnosis, therapy and chronic management of Asian-genome specific diseases such as pre-diabetes or certain Asian prevalent cancers.” Dr. Kevin Yap shares the same opinion as him. “Each country may focus on a specific area. For instance, in Singapore, we are trying to tap on with telehealth and telemedicine in order to monitor any patient, any disease, anywhere.”

    According to the experts, the digital health market must be seen as a whole. Countries must work together, not against each other.