DMN

  • Etude : des algorithmes détectent mieux des métastases que des pathologistes (Jama)

    La détection automatique de métastases chez des femmes souffrant de cancer du sein s’est révélée parfois plus efficace que le dépistage humain. Les résultats d’une étude* publiée le 12 décembre dans le Jama montrent que certains algorithmes affichent des taux inférieurs de faux-négatifs et de faux-positifs par rapport à ceux des pathologistes.

    L’anatomopathologie à l’heure de l’intelligence artificielle

    Evaluer la propagation d’un cancer fait partie des examens essentiels pour décider du protocole de soins. Or, dans le cancer du sein, l’analyse histologique des ganglions sentinelles par les pathologistes n’est pas fiable à 100%. En outre, elle est très consommatrice de temps. C’est pourquoi le recours à l’intelligence artificielle suscite de l’espoir. La numérisation complète de l’évaluation microscopique des coupes histologiques de ganglions lymphatiques est aujourd’hui possible techniquement.

    Algorithme contre humain

    Des chercheurs néerlandais ont donc mis sur pied le « Cancer Metastases in Lymph Nodes Challenge ». Les résultats de cette expérimentation ont été publiés dans le Jama du 12 décembre. Concrètement, un ensemble d’images avec et sans métastases a été confié à différentes équipes internationales afin qu’elles puissent construire des algorithmes. Ensuite, ces algorithmes ont été évalués sur 129 images (49 avec et 80 sans métastases). Afin de comparer leur efficacité, ces coupes histologiques ont aussi été analysées par un panel de 11 pathologistes qui avaient deux heures pour analyser ces images et enfin avec un pathologiste qui n’avait aucune contrainte horaire. Les machines comme les hommes devaient repérer dans un premier temps des foyers métastatiques et dans un second temps l’absence ou la présence de métastases ganglionnaires dans une lame ou une image.

    Résultats

    • Sur les 32 algorithmes évalués, 7 d’entre eux sont parvenus à une meilleure discrimination des métastases que les 11 pathologistes sous contrainte horaire
    • Le meilleur algorithme a obtenu un résultat similaire au pathologiste qui n’avait pas de contrainte de temps
    • Les meilleurs pathologistes sont passés à côté de 37,1% des micrométastases

    Une étude à relativiser

    « A notre connaissance, c’est la première étude qui montre que l’interprétation d’images pathologiques peut être réalisées par des algorithmes d’apprentissage à un niveau de précision qui rivalise avec les performances humaines », ont déclaré les auteurs de ce challenge. Ils concèdent cependant des limites à l’exercice, notamment parce qu’il s’agit d’un exercice de simulation. Les conditions ne sont donc pas comparables à celles de la pratique clinique.

    Un éditorial critique

    Dans un éditorial**, Jeffrey Alan Golden, pathologiste au Brigham and Women’s Hospital de Boston, souligne quant à lui que deux heures représente « un laps de temps irréaliste pour l’évaluation des 129 lames ». Cependant, le fait que l’intelligence artificielle permette de détecter les micrométastases aussi bien, voire mieux que les pathologistes est « excitant ». A ses yeux, cette étude montre que l’intelligence artificielle pourrait, en quelque sorte, « seconder » les spécialistes. Des étapes restent malgré tout à franchir. L’auteur de l’éditorial cite notamment deux obstacles majeures : la formation des professionnels et l’évaluation économique de l’IA.

  • AG2R La Mondiale et l’IoT Valley lancent un appel aux projets autour de l’observance et du diabète

    AG2R La Mondiale, via sa mutuelle Viasanté, en partenariat avec l’IoT Valley lance pour la 3 année consécutive leur appel aux projets innovants et ayant recours aux objets connectés, annonce AG2R sur son site web ce 13 décembre 2017.

    Dans le cadre de l’édition 2018, le groupe recherche des projets pouvant :
    • améliorer l’observance des traitements médicaux ;
    • faciliter la vie quotidienne des diabétiques.

    À la clé, un contrat d’expérimentation et un accompagnement de 9 mois au sein de l’accélérateur de l’IoT Valley – Connected Camp, pour les start-ups lauréates.

    Les solutions retenues doivent aider à faire pénétrer l’innovation au sein d’un grand groupe

    AG2R LA MONDIALE et sa mutuelle ViaSanté souhaitent favoriser l’émergence de nouveaux services et solutions en matière de e-santé, issus des nouvelles technologies de l’Internet des Objets (IoT),

    Intégrer des solutions innovantes est une tâche difficile, c’est pourquoi AG2R LA MONDIALE fait appel à un tiers de confiance, l’IoT Valley et son accélérateur le Connected Camp, qui fournit son expertise et accompagne l’exécution du projet pilote en vue d’un déploiement à plus grande échelle.

    Combattre la non observance

    Avec cet appel à projet le groupe souhaite traiter le problème de l’observance médicamenteuse et notamment les coûts liés à la non observance et aux complications induites, qui s’élèverait à 9 milliards d’euros en France.

    L’auteur de l’appel à projets spécifie néanmoins ne pas prendre en compte les solutions de piluliers connectés.

    Un parcours pour bien vivre son diabète

    Des projets éligibles au titre de cette thématique doivent proposer des services autour de :

    • la nutrition ;
    • l’auto-mesure (ou quantified self);
    • exercices physiques ;
    • l’agrégation de données issues des différents objets connectés.

    Date limite de candidature

    Les start-ups souhaitant candidater sont invitées à remplir le formulaire dédié avant le 31 décembre 2017 via le site ci-contre.

  • « Mon génome », « Mon corps réparé » et le numérique au cœur des 3e Journées de l’innovation en santé

    Implanter un dispositif cardiaque sous une fausse peau, manipuler un bistouri électrique, tester un casque de réalité virtuelle servant à la chirurgie de l’obésité sont les innovations qui seront mises en démonstration pour le grand public lors des Journées de l’innovation en santé qui se tiendront du 26 au 28 janvier 2017 à la Cité des Science, à Paris.

    Cette 3ème édition a été présentée aux journalistes lors d’une conférence de presse, le 11 décembre 2017, au Ministère des affaires sociales et de la santé par le Pr Jean-Yves Fagon, délégué ministériel à l’innovation en santé. Alors que le programme et la liste des intervenants ne sont pas encore finalisés, le Ministère a souhaité communiquer autour de cette manifestation qui est amenée à être renouvelée jusqu’en 2022 à Paris et – éventuellement – à sillonner en régions.

    L’an dernier, la Cité des Sciences avait accueilli 25 000 visiteurs dans le cadre de ces journées dont l’objectif premier est de faciliter la rencontre de chercheurs, porteurs de projets et industriels avec le public, mais aussi de susciter des vocations scientifiques et démonter les préjugés de genre dans les sciences.

    Des villages dédiés à l’innovation en santé quotidienne

    • Mon génome est une exposition produite par l’INSERM pour présenter la médecine génomique et ce qu’elle va changer dans le parcours de soins.

    • Mes deux cerveaux est le village coordonné par le CNRS. Il présentera les avancées scientifiques autour du cerveau cérébral grâce à la présence du robot Pepper ou de la démonstration de l’application Stop-cannabis. Une quinzaine d’autres innovations seront en lien avec le second cerveau : le ventre.

    • Mon corps réparé, coordonné par le Snitem, présentera des dispositifs médicaux de haute technologie et tentera de prouver au public que, grâce au digital ou à la miniaturisation, l’homme aura une meilleure qualité de vie.

    • Ma santé numérique, mon bien-être dans mon environnement est un village coordonné par le ministère de la Santé. Y seront présentés des Living Labs autour du diabète ou encore des innovations organisationnelles comme celle du réseau de santé RevesDiab et sa télésurveillance des patients diabétiques ayant du mal à se déplacer. Seront également présentés les apports des technologies spatiales dans le domaine de la santé.

    Dans ce village des travaux de télé-épidémiologie – croisement de données d’observation de l’environnement par satellites avec des données sanitaires recueillies au sol qui permet d’établir des modèles de prédiction des risques d’épidémies  – seront présentés. 
    Kappa Santé fera une démonstration de son boîtier connecté Connect’Inh pour les patients asthmatiques et des solutions d’analyse des réseaux sociaux destinés à améliorer le parcours de soins.

  • Assurance santé en ligne : la banque singapourienne OCBC se lance avec Early Cancer Care

    La banque singapourienne OCBC Bank a annoncé en novembre 2017 que les consommateurs pourront acquérir des plans d’assurance santé via ses canaux bancaires mobiles et internet.

    « Habituellement, les régimes d’assurance-maladie concernant les maladies graves, l’invalidité, l’hospitalisation et les opérations chirurgicales ne sont pas vendus en ligne car ils nécessitent un bilan de santé pour évaluer l’état de santé du demandeur. (…) Avec [le service] « Early Cancer Care », les clients admissibles de la banque OCBC ont simplement besoin de faire une déclaration de santé en cliquant sur un bouton », a déclaré l’organisme.

    « Le début de « la démocratisation de l’assurance » » (OCBC)

    Early Cancer Care est le premier produit d’assurance maladie à être déployé sur les canaux bancaires mobiles et Internet d’OCBC. Il proposera davantage de contrats d’assurance, qui seront ajoutés progressivement au dispositif.

    Il s’agit d’un « changement de stratégie » et « le début de ce que j’appelle « la démocratisation de l’assurance » », a déclaré Aditya Gupta, responsable de la division « e-business » à Singapour à OCBC (source : Bankingtech.com).

    Adopté par la compagnie d’assurance singapourienne Great Eastern Life, le programme d’assurance contre le cancer offre au consommateur une couverture en cas de diagnostic précoce ou si un cancer est détecté à un stade avancé.

    Un environnement sécurisé

    La question de la protection des données personnelles des usagers est prise très au sérieux. Le processus sera « privé et confidentiel » et mis en place « dans un environnement sécurisé », assure le groupe bancaire.

    Une fois que le client se sera connecté à la plateforme par le biais d’une double authentification, ses informations personnelles seront pré-remplies sur le formulaire de demande de produit d’assurance et il pourra effectuer le paiement à partir de ses comptes bancaires ou de ses cartes de crédit OCBC.

    OCBC mise sur l’high tech pour renforcer la sécurité de ses services

    La banque singapourienne a récemment montré un fort intérêt pour les nouvelles technologies afin de moderniser et d’améliorer ses services.

    Elle a notamment investi dans l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique (machine learning) dans l’optique de mettre en place des systèmes plus efficaces pour mieux lutter contre les crimes financiers.

    Par ailleurs, les clients des services bancaires aux particuliers et aux entreprises d’OCBC peuvent désormais se connecter à l’application de la banque via un selfie s’ils utilisent l’iPhone X. La banque affirme qu’elle est la première à offrir une telle technologie biométrique à Singapour.

  • Online health insurance : OCBC Bank (Singapore) launches Early Cancer Care

    Singapore’s OCBC Bank announced in November 2017 the possibilty for users to purchase health insurance plans via its mobile and internet banking channels.

    « Typically, health insurance plans like critical illness, disability, hospitalization and surgical are not sold via online channels as they require a health check-up to evaluate the applicant’s medical condition. (…) With [the] « Early Cancer Care » [service], eligible OCBC Bank customers simply need to make a health declaration with the click of a button, » the group said.

    « The start of ‘democratization of insurance’ » (OCBC)

    Early Cancer Care is the first health insurance product to be deployed on OCBC’s mobile and internet banking channels. It will offer more non-general insurance plans, which will be added gradually to the device.

    This is a « game changer » and « the start of what I call ‘democratization of insurance’, » said Aditya Gupta, head of e-business Singapore at OCBC (source: Bankingtech.com).

    Adopted by the Singaporean insurance company Great Eastern Life, the cancer insurance plan provides coverage in the event early or major cancer is detected.

    A secured environment

    Personal data protection is taken very seriously by OCBC. The process will be « private and confidential » and set up « in a secured environment », the banking group assures.

    Once the customer has logged into the platform via two-factor authentication, his/her personal information will be pre-populated on the insurance product application form, and he/she will be able to make the payment from his/her OCBC Bank accounts or credit card.

    OCBC invests on high tech to enhance the security of its services

    The bank recently showed a strong interest in the field of new technologies in order to modernize and improve its services.

    The company has recently invested in artificial intelligence and machine learning to put in place more effective systems in order to fight against financial crime.

    Moreover, OCBC’s retail and business banking customers can now log in to the bank’s app via a selfie if they use the iPhone X. The bank says it’s the first to offer such a biometric technology in Singapore.

  • Le programme « NHS Innovation Accelerator » soutient une série de solutions de santé numérique

    Onze projets sont soutenus dans le dernier cycle du programme du NHS England, le NHS Innovation Accelerator, visant à développer et à diffuser des solutions innovantes permettant au système de santé anglais de sauver davantage de vies et d’économiser des millions de livres sterling, révèle l’organisme dans un communiqué publié le 22 novembre 2017.

    Parmi les technologies ayant retenu l’attention du NHS England, se solutions de e-santé :
    • une application pour aider les femmes enceintes à surveiller leur hypertension ;
    • un service mobile guidant les patients atteints de blessures mineures vers les centres de soins où le temps d’attente est le plus réduit au moment où ils sollicitent le service.

    Des solutions de santé mobiles pour mieux surveiller les patients à distance

    Les 15 réseaux universitaires des sciences de la santé du NHS (AHSN) vont promouvoir l’adoption des ces solutions à travers l’ensemble du NHS (système de santé publique).

    Cette troisième édition du programme NHS Innovation Accelerator (NIA) met notamment à l’honneur les dispositifs suivants :

    HaMpton : une appli smartphone pour les femmes enceintes

    La solution se présente sous la forme d’une application mobile facilitant la surveillance à domicile de l’hypertension pendant la grossesse. Grâce à elle, les femmes enceintes présentant un risque de pré-éclampsie peuvent mesurer leur pression artérielle et effectuer des tests d’urine à domicile, par l’intermédiaire d’une même application mobile.

    Elles ont ensuite la possibilité de répondre à un questionnaire pour affiner les résultats et mieux connaître l’évolution de leur état.

    L’application est reliée à un système informatique hospitalier où les données peuvent être surveillées en temps réel par les cliniciens, qui peuvent ainsi intervenir rapidement en cas de besoin.

    RespiraSense : mieux détecter les problèmes respiratoires

    Il s’agit d’un appareil sans fil capable de mesurer la respiration en analysant les mouvements de la poitrine et de l’abdomen, fournissant ainsi aux médecins des données continues et très précises.

    RespiraSense aidera à détecter de manière précoce d’éventuels problèmes respiratoires et ainsi à proposer un traitement plus efficace aux patients atteints de sepsis (septicémie), souffrant de pneumonie ou ayant été victimes d’un arrêt cardiaque.

    WaitLess : un dispositif pour éviter une attente trop longue avant une prise en charge

    WaitLess est une application mobile qui indique aux patients présentant des blessures mineures où ils peuvent se rendre pour bénéficier de soins le plus rapidement possible.

    L’outil analyse en temps réel des informations diverses, telles que le temps d’attente actuel des différents centres de soins et la progression des séjours hospitaliers (entrées, sorties).

    Dip.io : réaliser un test d’urine très précis à domicile

    Le dispositif permet aux patients de réaliser une analyse d’urine précise à domicile en quelques minutes afin d’identifier une maladie rénale chronique, une infection urinaire ou un risque de pré-éclampsie chez les femmes enceintes.

    L’utilisateur doit effectuer le test à l’aide d’une bandelette puis, en utilisant l’application, prendre une photo de la jauge contre un support spécial. L’analyse est ensuite envoyée via l’application directement au médecin du patient pour qu’il puisse établir un diagnostic.

    Vers une médecine mobile

    « La médecine moderne est sur le point de connaître un énorme changement dans la manière dont les soins sont dispensés, a déclaré Simon Stevens, directeur général du NHS England (source : communiqué). Des innovations pratiques comme celles-ci montrent comment les patients du NHS bénéficieront directement [de cette évolution]. Davantage de tests et de suivis médicaux seront effectués à domicile ou lorsque le patient est en déplacement, sans qu’il ait besoin de consulter [physiquement] un médecin ou de se rendre à l’hôpital. »

    Des soins plus sûrs et des créations d’emplois

    « Depuis son lancement, [le programme] NHS Innovation Accelerator n’a cessé de fournir des services aux patients et aux contribuables. (…) Grâce à [ce] petit investissement, nous constatons déjà de très grands avantages, soit la délivrance de soins plus sûrs pour les patients, l’émergence d’une plus-value pour les contribuables, la création de nouveaux emplois et des exportations gagnantes », se réjouit de son côté Ian Dodge, directeur national de la stratégie et de l’innovation au NHS England.

    Des innovations prochainement déployées au niveau national

    Le réseau universitaire de sciences de la santé du NHS (AHSN) est déterminé « à soutenir le NIA pour que le plus grand nombre possible de résidents, de patients et de membres du personnel de la santé puissent accéder à ces innovations, qui renforcent les services de soins primaires et d’urgence, assure Mike Hannay, président du AHSN. Nous avons hâte de travailler avec de nouveaux collègues au cours des prochains mois afin de livrer ces innovations à l’échelle du pays. »

    NHS England multiplie les initiatives pour favoriser le développement de la health tech

    En plus du développement du NIA, NHS England a récemment ouvert un système de paiement centré sur l’innovation technologique pour aider les organismes du système de santé national à développer rapidement des solutions novatrices.

    La liste des premières technologies soutenues par cette initiative sera dévoilé en 2018.

  • E-santé et IA : quelles perspectives pour l’avenir ? (Etude Terra Nova)

    Terra Nova a publié le 5 décembre 2017 une note sur « La santé à l’heure de l’intelligence artificielle ». Les experts du think tank esquissent des perspectives pour l’avenir en partant des systèmes, programmes et algorithmes déjà existants dans le champ de la santé.

    L’idée est aussi de proposer une réflexion sur les politiques publiques à mettre en oeuvre pour faire émerger une stratégie française de santé en intelligence artificielle, et ainsi permettre la transformation du secteur médical à moyen et long terme dans les meilleures conditions.

    H&TI a résumé les grandes lignes de cette note.

    Les impacts envisageables dès à présent sur les métiers médicaux

    L’AI pourrait contribuer à hauteur de 15 700 milliards de dollars à l’économie mondiale en 2030, selon le cabinet de consultants Pricewaterhouse-Coopers, soit une hausse respective de 26 %, de 14,5 % et de 9,9 % des PIB de la Chine, des États-Unis et de l’Europe du Nord. Le monde de la santé est  l’un des secteurs où ces enjeux sont les plus forts. « Comme beaucoup d’autres innovations numériques, va transformer, déplacer les métiers du monde médical, au risque de bouleverser certains schémas qui semblaient acquis, pointe Terra Nova. Mais elle le fera aussi en améliorant les conditions de vie des patients, voire en contribuant à sauver des vies, ce qui donnera de ces nouveaux moyens techniques une perception moins impersonnelle ou menaçante ». Quelques exemples :

    • L’imagerie médicale : Mammographie, dermatologie, rétinopathie diabétique… sont autant de domaines où l’IA accélère le travail médical et fournit des résultats plus affinés que ceux apportés par le seul regard expert du clinicien. On peut citer en exemples ce qui est déjà développé par Aidoc Medical, Zebra Medical Vision, Therapixel, MedyMatch, le programme dédié aux diabétique de Google, programme dédié aux diabétiques ou encore Tilak Healthcare.
    • Le diagnostic : L’analyse, à un moment « t » ou de façon constante, de données de santé facilite l’émergence d’alertes en temps réel aux fins d’établir des diagnostics de plus en plus précis ou d’assurer un suivi exhaustif des patients, notamment ceux qui souffrent de pathologies chroniques. Parmi les avancées celles de Your.MD, chatbot de prédiagnostic, Clustaar, experte sémantique, Syllabs, qui propose de rédiger certains documents à la place du praticien grâce à une IA. DreamQuark, propose des solutions d’analyse de données pour détecter des phénomènes rares et invisibles pour l’homme, ou encore Cardiologs, solution web de lecture des électrocardiogrammes. On peut encore citer Implicity, dont la solution doit permettre de gérer à distance les pacemakers et WinterLight Labs, programme de diagnostic de maladies mentales et cognitives.
    • La recherche : Si l’on a accès à la totalité de la littérature scientifique, aux résultats des centaines de milliers de recherches existantes, aux comptes rendus cliniques mais aussi aux données génétiques des patients… il ne faut que quelques jours, voire quelques heures à des IA pour mettre en évidence de premiers résultats, détecter une pathologie, proposer une molécule utile ou sortir des médicaments du circuit au regard de leurs dangers potentiels ou avérés. Travaillent sur ce créneau, le programme Watson d’IBM qui s’est illustré en diagnostiquant en dix minutes un cas rare de leucémie. La CNAM et l’École polytechnique se sont quant à elles alliées dans l’objectif de développer, d’ici 3 ans, des technologies autour du Big Data dans le champ de la santé.

    Ces quelques exemples montrent à quel point les IA semblent déjà supérieures à la capacité technique humaine ou tendent à la dépasser dans certains domaines spécifiques. 

    Une articulation du médecin avec les autres professionnels de santé bouleversée

    Au-delà du médecin dans sa propre activité, les IA pourraient bouleverser la gradation des réponses apportées aux patients, à travers les rapports entre le médecin et les autres professionnels de santé.

    Terra Nova estime que, dans  dans la perspective d’une démographie médicale qui se contracte, avec la persistance des déserts médicaux et de contraintes budgétaires lourdes, une éventualité serait d’évoluer, pour les tâches les plus simples, souvent chronophages, vers un duo pole infirmiers praticiens/cliniciens et IA, y compris dans le cas de pathologies lourdes ou chroniques.

    Le médecin serait alors plus attendu sur d’autres champs d’activité, les taches les moins automatisables, l’écoute et le conseil et la maîtrise des machines complexes. 

    Cette délégation de tâches pourrait aussi se faire envers une autre IA, experte cette fois-ci : les chatbots qui collaborent avec les médecins pour se charger des premières questions à poser lors d’un rendez-vous médical. Ces même chatbots peuvent aussi aider à poser les premiers diagnostics pour aiguiller un patient vers tel ou tel spécialiste ou hôpital ou service hospitalier.

    Vers une stratégie française de santé en intelligence artificielle

    Afin de mieux appréhender les transformations à venir des métiers de la santé et préparer les évolutions futures, il est nécessaire de développer des politiques publiques adaptées.

    L’anticipation et la réactivité comme philosophie de régulation

    La France doit dès aujourd’hui, selon Terra Nova, affirmer son ambition au niveau européen en matière d’IA et en faire un facteur d’attractivité grâce à une meilleure compétitivité de ses entreprises. Cet objectif doit guider l’action des pouvoirs publics comme des acteurs économiques : il s’agit de permettre à la France d’être connue et reconnue comme l’un des pays les plus en pointe en matière d’IA et offrant les meilleures conditions à son développement.

    Anticipation et réactivité doivent être par ailleurs au fondement de notre modèle de régulation. Il est indispensable de pouvoir questionner en permanence la manière dont les hommes et leurs pratiques vont évoluer au contact de cette « espèce inorganique » que sont l’IA et ses diverses incarnations robotiques.

    Les évolutions technologiques et techniques vont nous imposer de renégocier, collectivement et progressivement, un compromis entre nos valeurs et le surcroît de puissance que nous apportent ces nouveaux outils.

    Vie privée et secret médical : les lignes rouges à ne pas franchir

    Être volontariste sur le développement des IA ne signifie pas suspendre toute forme d’interdiction : respect de la vie privée et du secret médical, droit individuel d’accès, de rectification et de suppression des données personnelles, limitations dans l’accès aux données non anonymisées de santé pour les assureurs et les industries pharmaceutiques… sont autant de principes qui méritent d’être affirmés et défendus.

    Il faudra envisager de travailler notamment au plan technique à la définition de solutions sécurisées et respectueuses de la vie privée, en renforçant la compréhension de ce que font réellement les systèmes reposant sur l’IA, et en améliorant la transparence sur les traitements réalisés par ces derniers. Mais trouver un équilibre entre précaution et progrès ne doit pas conduire à des réglementations trop rigides. Il faut au contraire demeurer pragmatique.

    L’éducation, un levier de développement

    Pour développer ce nouveau domaine technologique en France , il est nécessaire de s’appuyer sur :

    • La formation initiale et continue des professionnels de santé ;
    • Une action éducative plus globale auprès du grand public pour favoriser dès le plus jeune âge l’acquisition de certaine compétences.

    Faciliter le transfert des travaux de recherche vers l’industrie

    La stratégie #FranceIA a fait de nombreuses propositions jugées intéressantes par Terra Nova :

    • Étudier la possibilité et l’intérêt de favoriser, via une défiscalisation, le rachat de start-ups de l’IA par les grands groupes français afin qu’ils s’approprient plus rapidement des technologies innovantes et pointues pour garder leur avantage compétitif.
    • En prolongement de l’action de la BPI, soutenir la mise en place de fonds pour des investissements unitaires en capital supérieurs à 25 millions d’euros pour aider à la transformation des start-ups de l’IA en futurs champions.
    • Faciliter les transferts recherche-entreprises grâce à des démarches d’open innovation.
    • Attribuer un financement de recherche, sur une période de cinq ans, pour des projets innovants.
    • Détecter, soutenir et accompagner les talents entrepreneuriaux.
    • L’investissement dans l’innovation directe pour produire de nouvelles machines.
    • L’investissement en équipement.

  • Douleur chronique : déploiement du programme numérique de l’Institut Analgesia prévu en 2018

    L’Institut Analgesia qui participe à l’émergence d’innovations dans le domaine de la douleur, a annoncé le lancement de la phase pilote de sa solution numérique pour la prise en charge de la douleur chronique à l’occasion de la journée mondiale contre la douleur, fin octobre 2017.

    Fruit de son partenariat avec bepatient conclu à l’été 2017, l’Institut Analgesia a mis au point un dispositif de e-santé innovant pour l’évaluation et la gestion de la douleur chronique au cœur duquel elle place le patient.

    L’outil en développement fait appel à la gamification et intègre une communauté de spécialiste gravitant autour du patient. La phase pilote est entamée et l’outil sera testé tout au long de la première moitié de 2018 avant d’être déployé à plus grande échelle.

    Selon la directrice opérationnelle de l’Institut Analgesia, Alice Corteval, l’objectif du programme consiste à :

    • caractériser la douleur ;
    • établir un lien entre l’ensemble des acteurs du parcours patient ;
    • permettre une gestion de la douleur par le patient lui-même.

    Gamification et réseau social pour in fine améliorer le parcours de soins

    Le programme numérique développé doit faciliter la gestion quotidienne de sa douleur par le patient lui-même. Pour cela, le programme a recours à la gamification qui embarque le patient dans différents challenges visant à diminuer son appréhension face à la douleur et le motiver à agir de façon à diminuer le ressenti de la douleur.

    Par le biais de l’application dédiée, le patient pourra avoir accès à une communauté réunie sous forme de réseau social incluant l’ensemble des patients recourant au programme et la communauté scientifique (généralistes, algologues, soignants et autres spécialistes).

    Actuellement en phase pilote, le programme sera testé en 2018 au sein d’une dizaine de centres antidouleur. Cette seconde phase de tests contribuera à amélioration de l’outil avant qu’il ne soit déployé à plus large échelle au deuxième semestre de 2018.

  • Etude : la réalité virtuelle dope les compétences et la confiance en soi des étudiants en médecine

    Former de futurs chirurgiens à des actes complexes grâce à la réalité virtuelle, c’est l’expérience qui a été conduite par des chercheurs de l’Université d’Huddersfield au Royaume-Uni.

    Les résultats de leur étude* qui ont été publiés dans le Journal of Oral and Maxillofacial Surgery apportent la preuve que l’apprentissage d’une intervention grâce à un casque de réalité virtuelle, un dispositif de reconnaissance de mouvements et des modèles anatomiques en 3D donnent davantage confiance aux étudiants que des cours traditionnels.

    La simulation numérique à l’université

    « Jamais la première fois sur le patient »… Ce principe éthique qui veut qu’un médecin ne doit jamais réaliser un acte pour la première fois sur un vrai patient dope actuellement la réalité virtuelle. Le secteur de la simulation numérique est en effet en plein développement. Presque tous les CHU disposent aujourd’hui d’un centre de simulation. Les étudiants en médecine vont donc de plus en plus pouvoir se former grâce à ces nouveaux outils. Et la qualité des soins devrait s’en trouver améliorée comme le prouve une dernière étude parue dans Journal of Oral and Maxillofacial Surgery.

    De la chirurgie maxillo-faciale virtuelle

    Des chercheurs de l’Université d’Huddersfield au Royaume-Uni ont créé un simulateur numérique de chirurgie dentaire destinée aux étudiants. But de l’opération : leur apprendre les gestes d’un intervention visant à corriger les déformations maxillo-mandibulaires. Le cours durait 45 minutes et les étudiants ont été randomisés en deux groupes : 51 suivaient un cours avec des outils de réalité virtuelle et 44 un cours traditionnel reposant sur des powerpoint. Tous les étudiants avaient le même niveau de connaissance au début de l’étude.

    Les étudiants en médecine du groupe « réalité virtuelle » se sont formés à cette chirurgie maxillo-faciale grâce à :

    • un casque Oculus Rift ;
    • un dispositif de reconnaissance des mouvements ;
    • des modèles anatomiques en 3D ;
    • la manipulation virtuelle d’instruments chirurgicaux ;
    • une vidéo en 360° d’une intervention chirurgicale en cours.

    Résultats :

    • les membres du groupe « réalité virtuelle » (RV) auto-déclaraient une meilleure confiance en soi que les étudiants formés classiquement (différence significative) ;
    • le contrôle des connaissances révèle une meilleure acquisition des procédures chirurgicales grâce à la RV ;
    • le temps de formation par RV était moindre, alors que le résultat final était meilleur.

    Cet essai randomisé témoigne de la pertinence de la réalité virtuelle dans la formation médicale. Elle agit à la fois sur la confiance en soi et sur l’apprentissage technique des compétences. Cependant, cet essai ne compte qu’une centaine d’étudiants en médecine.

    D’autres travaux de recherche devront être menés pour évaluer la VR en formation initiale et continue, et le bénéfice économique notamment devra être mesuré, d’autant que des résistances subsistent dans la communauté médicale.

  • HAD : la HAS met à disposition l’outil ADOP-HAD pour aider à l’orientation des patients

    L’HAD reste sous-utilisée et encore trop peu connue par les professionnels de santé, pointe la Haute Autorité de Santé, qui a développé un outil en ligne d’aide à la décision pour les médecins prescripteurs. ADOP-HAD va leur permettre d’estimer si un patient est éligible ou non à cette modalité d’hospitalisation.

    L’outil est disponible en ligne (voir lien ci-contre) et est compatible avec les ordinateurs, les téléphones portables et les tablettes.

    La HAS a présenté ce nouvel outil le 6 décembre 2017 à l’occasion d’un atelier lors des Universités d’hiver de l’hospitalisation à domicile organisées par la Fédération Nationale des Établissements d’Hospitalisation à Domicile – FNEHAD.

    Améliorer la connaissance de cette forme d’hospitalisation auprès des professionnels de santé

    L’hospitalisation à domicile – mise en place uniquement sur prescription médicale et avec l’accord du patient et du médecin traitant – permet d’éviter ou de raccourcir une hospitalisation conventionnelle en offrant aux patients la possibilité d’être soignés sur leur lieu de vie. Depuis 2009, elle est reconnue en France comme une modalité d’hospitalisation à part entière. Les soins prodigués se différencient de ceux habituellement dispensés à domicile par la complexité et la fréquence des interventions, mais la modalité d’hospitalisation offre les mêmes conditions de sécurité et de qualité des soins que celles exigées dans un établissement hospitalier.

    Malgré une dynamique volontariste des pouvoirs publics de développer cette modalité d’hospitalisation sur l’ensemble du territoire, l’hospitalisation à domicile occupe encore une place marginale dans le parcours de soins en raison notamment d’une méconnaissance de sa spécificité de la part des professionnels de santé. Face à ce constat, la HAS s’est proposé de clarifier les critères d’orientation des patients et, par le développement d’un outil en ligne, d’aider à la décision d’orientation des patients en HAD à destination de l’ensemble des médecins prescripteurs (de ville ou à l’hôpital).

    Objectifs :

    • sensibiliser les professionnels de santé à l’existence de cette alternative et à la possibilité d’y recourir quand cela est justifié ;
    • répondre à la demande croissante des patients qui souhaitent être soignés à domicile. 

    Mieux évaluer l’éligibilité d’un patient à une hospitalisation à domicile

    Facilement accessible, ADOP-HAD permet aux prescripteurs d’identifier rapidement les patients pour lesquels une demande de prise en charge en HAD est pertinente. Grâce à cet outil, les médecins peuvent tester l’éligibilité à cette modalité d’hospitalisation de tous les patients quelle que soit leur provenance : domicile, hôpital et établissements médico-sociaux ou sociaux avec hébergement.

    L’outil peut être utilisé en amont de la décision d’orientation du patient pour permettre :

    • d’envisager la sortie du patient le plus tôt possible au cours d’une hospitalisation conventionnelle avec hébergement afin de favoriser un retour précoce à domicile ;

    • d’éviter une hospitalisation conventionnelle avec hébergement au profit d’une prise en charge du patient sur son lieu de vie.

    Un outil simple d’utilisation

    ADOP-HAD se présente sous la forme d’un algorithme avec différents critères de sélection à cocher visant à déterminer la pertinence du recours à l’hospitalisation à domicile.

    Centrés sur les besoins en soins des patients, les critères prennent en compte sa situation clinique, mais aussi d’autres aspects tels que le niveau de dépendance ou la vulnérabilité psycho-sociale.

    Ces critères ont été définis à partir de la spécificité des soins administrés en HAD et de façon à englober la diversité des modes de prise en charge qui y sont autorisés.

    En pratique

    Le prescripteur répond à des questions successives (maximum 8 clics) du type « l’état de santé du patient nécessite-t-il l’administration de médicaments de la réserve hospitalière ? »,  « l’état du patient répond-il à l’une des situations suivantes « , etc.

    Au terme de l’évaluation, un document PDF est proposé qui récapitule le résultat et les différents critères sélectionnés. Celui-ci peut être conservé dans le dossier patient et utilisé dans les échanges avec l’équipe de l’hospitalisation à domicile pour décider de l’admission effective du patient.