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  • Essais cliniques : Novartis lance une appli permettant des évaluations en ophtalmologie à domicile

    Novartis a annoncé par communiqué, le 25 avril 2018 le lancement d’une application destinée à permettre à des patients de participer à des études cliniques en ophtalmologie depuis leur domicile. Ce produit, baptisé FocalView, s’appuie sur la plateforme Apple ResearchKit.

    L’application n’est pour l’heure disponible que sur l’AppStore aux États-Unis.

    Mesure de l’acuité visuelle et de la sensibilité aux contrastes

    FocalView fait appel au concept du crowdsourcing : le recueil de données auprès de patients consentants vise à permettre aux chercheurs de faire progresser les connaissances des maladies oculaires et, potentiellement, accélérer le développement de nouveaux traitements.

    En adaptant la conception des essais cliniques à la routine quotidienne des patients (qui dans le cas des maladies oculaires, sont souvent peu mobiles), l’application peut réduire les obstacles à la participation aux recherches dans le domaine, souligne Novartis. Via FocalView, les patients effectuent des évaluations et obtiennent en retour des commentaires sur leurs capacités visuelles et la façon dont elles évoluent.

    Les mesures comprennent notamment l’acuité visuelle et la sensibilité au contraste. «Dans la phase suivante, l’application sera validée pour accomplir les tests visuels traditionnels qui ont lieu dans les cliniques classiques », est-il précisé dans le communiqué.

    Le développement d’appli par Novartis

    En collaboration avec Microsoft, le groupe pharmaceutique avait déjà lancé fin 2017 ViaOpta Hello, une appli mobile destinée aux personnes malvoyantes, qui identifie les personnes et objets du quotidien via un système de reconnaissance d’images. Dans un communiqué du 1er mars 2018, le groupe pharmaceutique a également annoncé avoir initié un partenariat avec Pear Therapeutics pour développer des applications thérapeutiques (mobile ou sur ordinateur) pour les patients atteints de schizophrénie et de sclérose en plaques.

  • Etude : un algorithme détecte avec précision la rétinopathie chez les prématurés (Jama Ophtalmology)

    Un dépistage automatisé de la rétinopathie chez le prématuré est possible. Des chercheurs américains ont mis au point un algorithme qui dépiste la maladie avec une sensibilité de 100% et une spécificité de 94%. L’étude* parue le 2 mai 2018 dans le Jama Ophthalmology montre donc que dans ce contexte, l’intelligence artificielle est aussi efficace que des experts médicaux.

    L’IA au secours du dépistage de la rétinopathie

    La rétinopathie du prématuré est une des principales causes de la cécité dans l’enfance. Cette pathologie affecte deux tiers des nouveaux-nés pesant moins d’1,2 kg. La plupart des cas sont modérés et ne nécessitent aucune intervention. Cependant, dans 5 à 10% des cas, la maladie évolue vers une forme grave qui risque d’évoluer vers une cécité faute de traitement. Le dépistage de la rétinopathie chez le prématuré doit se faire dans les 4 à 6 semaines qui suivent la naissance grâce à un fond d’oeil. La dilatation et l’aspect tortueux des vaisseaux rétiniens sont un signe typique de la pathologie. Malheureusement, les ophtalmologistes formés à cet examen de dépistage ne sont pas assez nombreux. Et le diagnostic clinique est très variable d’un médecin à l’autre.

    Un algorithme testé sur 6 000 images

    Des recherches associant l’apprentissage automatique ont donc été menées. Des chercheurs américains ont tenté d’évaluer une approche basée sur un réseau de neurones convolutifs capable de diagnostiquer trois stades : normal, pré-rétinopathie, rétinopathie.

    Pour mettre au point leur algorithme, les chercheurs ont utilisé 6 000 images de rétine. Chacune d’entre elles a été comme normale, pré-rétinopathie, ou rétinopathie après avoir été analysée par 3 experts indépendants (2 ophtalmologistes et un membre de l’étude).

    • 82,3% étaient normales
    • 14,6% étaient au stade pré-rétinopathie
    • 3,1% étaient au stade de la maladie

    L’algorithme a été évalué par une validation croisée 5 fois et testé sur un ensemble indépendant de 100 images. Chaque expert participant avait plus de 10 ans d’expérience clinique dans le traitement de la rétinopathie chez le prématuré et avait publié plus de 5 articles revus par des pairs sur cette pathologie. Les résultats de leurs travaux ont été publiés le 2 mai dans le Jama Ophthalmology.

    Résultats

    Les capacités de dépistage de l’algorithme ont été comparées à celles des experts médicaux.

    • Le deep learning a permis de diagnostiquer correctement 91% des images contre 82% des experts.
    • La sensibilité et la spécificité de l’algorithme étaient respectivement de 93 et 94% grâce pour la détection de la rétinopathie
    • La sensibilité et la spécificité étaient respectivement de 100% et 94% pour le grade pré-rétinopathie

    Un algorithme plus précis que des experts

    L’algorithme a surpassé non seulement la plupart des experts de cette étude mais aussi tous les systèmes antérieurs d’analyse d’images basés sur l’informatique. De plus, les autres systèmes étaient semi-automatisés. « Ces résultats peuvent changer la façon dont la rétinopathie du prématuré sera diagnostiquée à l’avenir et sont largement pertinents pour d’autres domaines médicaux », ont affirmé les auteurs de l’étude.

    L’intégration de cette technologie dans les appareils réalisant des fonds d’oeil ou les systèmes de télémédecine pourrait améliorer la qualité, l’accessibilité et le coût du dépistage de cette pathologie dans le monde entier », pronostiquent-ils.

  • IA, robotique et santé : séminaire en 8 sessions pour une vision pluridisciplinaire et éthique

    La Chaire de philosophie à l’hôpital GHT Paris Psychiatrie et neurosciences, Limsi – CNRS / Sorbonne université, l’Institut des Hautes Etudes, de L’Innovation et de l’Entrepreneuriat (Mines-ParisTech) et ILumens (Université Paris-Descartes) a annoncé début mai 2018 l’organisation de huit séances consacrées à l’IA, la puissance algorithmique et la robotique dans le domaine de la santé.

    Ce séminaire, organisé sous la direction de Cynthia Fleury, Laurence Devillers, David Gruson, 
    Sophie Sakka et Antoine Tesnière, se déroulera les jeudi 24 mai, 7 juin, 14 juin, 5 juillet, 13 septembre, 4 octobre et 18 octobre 2018, à la faculté de médecine Paris-Descartes.

    Jeudi 24 mai, 18h30-20h : Séance introductive du séminaire IA, robotique et santé

    Définition des concepts, des enjeux éthiques de l’IA et de la robotique dans la santé. Focus sur l’arrivée des robots sociaux et affectifs pour le soin : quelles avancées réelles ? Quelles réflexions éthiques sont nécessaires pour ces machines apprenantes ?

    Il s’agit d’expliquer les mythes, les fantasmes et la réalité autour de l’arrivée des robots dans la société. Les questions éthiques se posent déjà et sont nombreuses. Le robot n’est pas juste une mécanique, l’humain projette sur ces objets des capacités humaines, il les anthropomorphise.

    Avec Cynthia Fleury et Laurence Devillers.

    Jeudi 7 juin, 18h-20h : Les robots sociaux et conversationnels dans l’accompagnement thérapeutique non médicamenteux

    Les robots bavards, aussi appelés robots conversationnels ont été conçus pour converser avec l’homme. D’Eliza à Tay de Microsoft ou Google home et Alexa d’Amazon, quelles sont les réelles avancées et les enjeux actuels ? À partir d’exemples d’application, les risques, bienfaits et limites actuelles dans les applications dans la société seront montrés.

    Les robots dits sociétaux sont conçus dans l’objectif de s’intégrer dans l’environnement sociétal humain. Ils ont une forme humanoïde et sont destinés à terme à pouvoir réaliser les mêmes actions que l’humain et de s’y substituer dans l’accomplissement de tâches en interaction. Aujourd’hui, ils en sont encore à leurs balbutiements et sont principalement utilisés pour l’image des entreprises et pour la démonstration technologique. Du côté médical cependant, dans certains troubles mentaux ou psychiques, des pistes ont été proposées. Ils seront explorés notamment à travers leurs effets sur les patients dans les cas de l’autisme et d’Alzheimer.

    Avec Laurence Devillers et Sophie Sakka.

    Jeudi 14 juin, 18h-20h : Algorithmique génétique et génétique algorithmique : quelle régulation ?

    Avec David Gruson.

    Jeudi 5 juillet, 18h-20h : Les robots d’assistance aux soins

    Certaines tâches, incontournables et quotidiennes, peuvent générer des TMS, rendant l’accomplissement du travail difficile voire impossible. Les robots ici peuvent apporter une aide non négligeable, dans la manipulation des corps, la distribution et l’enlèvement des repas, la régulation des tâches quotidiennes au sens large. Cette mise en place allègera la prise en charge des patients. L’existant, les perspectives, les apports et les limites, et l’éthique associée seront discutés.

    Avec Sophie Sakka.

    Jeudi 13 septembre, 18h-20h : Prothèses et exosquelettes robotiques

    Dans le cadre du handicap physique, l’utilisation de robots pour l’assistance ou le remplacement d’un organe humain trouve toute son utilité. Il couvre un large éventail allant du soutien au sens à celui de la mobilité : prothèses robotiques, exosquelettes instrumentés ou stimulateurs.

    Les limites de tels robots sont encore grandes, comparées aux espoirs qu’ils portent et à la complexité que les organes humains impliquent. La sécurité et l’éthique sont des freins majeurs à l’expérimentation quand le coût est un frein majeur au développement. Les sujets des prothèses de membres, leur mode de connexion au corps humain et des possibilités et limites qu’elles offrent seront abordés.

    Avec Sophie Sakka.

    Jeudi 4 octobre, 18h-20h : Vers une délégation du consentement à l’intelligence artificielle ?

    Avec David Gruson.

    Jeudi 18 octobre, 18h-20h : Relire « La réalité de la réalité » de Watzlawick à l’heure de l’IA apprenante

    Avec David Gruson et Cynthia Fleury.

  • 2e édition du Forum franco-québécois de l’innovation en santé, Paris, 15-16 mai 2018

    La 2e édition du Forum franco-québécois de l’innovation en santé, organisée par Medicen Paris Région, Medteq, Aviesan et l’ensemble de leurs partenaires, se tiendra à Paris les 15 et 16 mai 2018.

    L’événement qui rassemble chercheurs académiques et cliniciens, universitaires, entreprises de toute taille, hôpitaux, pôles, organismes publics, investisseurs et experts, met à l’honneur les thématiques suivantes :
    • santé numérique ;
    • imagerie médicale ; 
    • écosystèmes d’innovation
    • biomatériaux et médecine régénératrice ;
    • santé musculo-squelettique et biomécanique.

    Tous les détails sont disponibles via ce lien.

    Informations pratiques

    L’inscription est gratuite.

    Contacts :

    Olivier Fontaine : ofontaine@medicen.org

    Alexandra Da Costa : adacosta@medicen.org

    Natasha Brachet : natasha.brachet@innovitech.com

    Edith Lamoureux : edith.lamoureux@economie.gouv.qc.ca

    Le programme

    • MARDI 15 MAI 2018

    8h00 ACCUEIL CAFE

    8h30 MOTS DE BIENVENUE Alexis GENIN, Head of Research and Technology Development, ICM ; Line BEAUCHAMP, Déléguée générale et représentante personnelle du premier ministre du Québec pour la Francophonie ; Claire GIRY, Directrice Générale Déléguée de l’Inserm, Jacques MILETTE, Président du Conseil d’Administration, MEDTEQ ;Christian LAJOUX, Président, Medicen Paris Region

    9h00 CONFÉRENCES INTRODUCTIVES

    Carl-Eric AUBIN, Professeur, Département génie mécanique, Polytechnique Montréal / Chercheur, CHU Sainte-Justine / Directeur exécutif et scientifique, Institut TransMedTech ; François BERTRAND, Professeur, Directeur Recherche, Innovation et Affaires Internationales, Institut TransMedTech, Polytechnique Montréal ; Franck LETHIMONNIER, Directeur Institut Technologies pour la Santé, Aviesan

    10H00 IMAGERIE DIAGNOSTIQUE ET INTERVENTIONNELLE – session québécoise

    Modérateur: Diane CÔTÉ, Présidente Directrice Générale, MEDTEQ

    Gilles SOULEZ, Professeur Titulaire, Directeur du Département de Radiologie, Radio-Oncologie et Médecine Nucléaire, Centre hospitalier Universitaire de Montréal; Samuel KADOURY, Professeur responsable de la Chaire de recherche du Canada en interventions assistées et imagerie médicale, Polytechnique Montréal ; Roger LECOMTE, Professeur titulaire, Université de Sherbrooke – Département de médecine nucléaire et de radiobiologie & Guillaume POIRIER, Président IR&T (Sherbrooke) – le point de vue de l’industriel

    11H00 PAUSE CAFÉ

    11H15 IMAGERIE DIAGNOSTIQUE ET INTERVENTIONNELLE – session française

    Modérateur: Pr Guy FRIJA (HEGP, AP-HP)

    Hélène VERNHET-KOVACSIK, PU-PH, Chef du Département de Radiologie, Centre Hospitalier Arnaud de Villeneuve de Montpellier ; Mickaël TANTER, Directeur de l’unité Physique des ondes pour la médecine, Directeur adjoint de l’Institut Langevin (Paris) ; Jérôme KNOPLIOCH, Chief Engineer, Director of Architecture, GE Healthcare (Buc)

    12H15 DÉJEUNER RÉSEAUTAGE

    13H30 SANTÉ NUMERIQUE – session québécoise

    Modérateur : François BERTRAND (Polytechnique Montréal)

    Alan EVANS, Professor of Neurology and Neurosurgery, Psychiatry and Biomedical Engineering, McGill, Scientific Director of Healthy Brains for Healthy Lives (à confirmer) ; Alexandre LE BOUTHILLIER, Fondateur d’Imagia

    14H30 APPROCHES TECHNOLOGIQUES – SANTÉ NUMÉRIQUE – session française

    Modérateur : Philippe GESNOUIN (EIT Health and EIT Digital, INRIA), Jean MARTY, PU-PH, Chef de pôle Réanimation & anesthésie, CHU Henri Mondor, AP-HP ; Xosé M FERNANDEZ, Chief Data Officer, Institut Curie ; Carlos JAIME, Country Manager France, InterSystems 

    15h30 RENCONTRES B2B En parallèle, visite des plateformes de l’ICM

    18h30 COCKTAIL RÉSEAUTAGE

    • MERCREDI 16 MAI 2018

    8h00    ACCUEIL CAFÉ

    8h30 SANTÉ MUSCULOSQUELETTIQUE – BIOMÉCANIQUE ET BIOLOGIE MOLÉCULAIRE – session québécoise

    Modérateur : Pr Carl-Eric AUBIN (Polytechnique Montréal)

    Antonio NANCI, Chaire de recherche du Canada en Tissus calcifiés, biomatériaux et imagerie structurale / Directeur du Département de stomatologie, Faculté de médecine dentaire, Université de Montréal ;  Maxime RAISON, Professeur agrégé au Département de génie mécanique, Polytechnique Montréal ;  Alain MOREAU, Professeur, Faculté de médecine dentaire et Chercheur CHU Sainte-Justine / Co-fondateur et directeur scientifique, Inception Therapeutic

    9H30 APPROCHES TECHNOLOGIQUES – MÉDECINE RÉGÉNÉRATRICE ET BIOMATÉRIAUX – session française

    Modérateur : Didier LETOURNEUR, Directeur, INSERM 1148, Laboratoire de Recherche Vasculaire Translationnelle, Hôpital Bichat (Paris)

    Emmanuel MARTINOD, PU-PH, Chirurgie thoracique et pulmonaire, Hôpital Avicenne, AP-HP (Bobigny) ; Alain LAMPROYE, Directeur Général, Laboratoire pharmaceutique YposKesi (Evry) ; Joelle AMEDEE, Directrice de recherche,  Laboratoire Inserm U1026, Université de Bordeaux, Bioingenierie Tissulaire (BioTis)

    10h30 PAUSE CAFÉ

    10h45 SESSION DE PITCHS ACADÉMIQUES / CLINIQUES

    12h00 DÉJEUNER RÉSEAUTAGE

    13h30 TABLE RONDE « LE QUÉBEC : UN ÉCOSYSTEME D’INNOVATION EN SANTÉ UNIQUE »

    Modérateur : Alexandre LE BOUTHILLIER, Fondateur d’Imagia

    Philippe JOUVET, Professeur titulaire, Chef du service des Soins Intensifs Pédiatriques et responsable scientifique de l’Unité d’évaluation des technologies et modes d’intervention en santé, CHU Sainte-Justine (Montréal) ; Jacques DE GUISE, Directeur du laboratoire de recherche en imagerie et orthopédie (LIO), CRCHUM (Montréal) ; Carl-Éric AUBIN, Professeur titulaire, Département de génie mécanique (Polytechnique Montréal), CHU Sainte-Justine, Directeur exécutif et scientifique de l’Institut TransMedTech (Montréal) ; Diane CÔTÉ, Présidente Directrice Générale, MEDTEQ (Montréal) ; Marie MEYNADIER, Présidente, EOS Imaging Montréal ; Don OLDS, CEO, Neomed Institute

    14h30 SESSION DE PITCHS INDUSTRIELS

    15h30 PAUSE CAFÉ

    15h45 TABLE RONDE « LE SYSTÈME D’INNOVATION FRANÇAIS »

    Modérateur : Représentant de Medicen Paris Region, Valérie VILGRAIN, PU-PH, Chef de service de radiologie, Hôpital Beaujon, AP-HP

    Christophe CANS, Directeur Senior Marketing stratégique, INSERM Transfert, Marc BONNEVILLE, Président de l’ARIIS – Alliance pour la Recherche et l’Innovation des Industries de Santé; Marco PINTORE, Délégué Général, Alsace BioValley ; Alexandre LE GUILCHER, Direction Innovation R&D, Evolucare Technologies ; Jean-Marc GROGNET, Directeur Génopole (Evry)

    16h45 CONCLUSIONS – MEDTEQ, Aviesan et Medicen Paris Région

    17h00 CLÔTURE DU FFQIS

  • Appel à projets européen : les technologies de l’aérospatial et de l’énergie pour la santé de demain

    Un appel à projets, intitulé Cross4Health financé par le programme européen Horizon 2020, est ouvert jusqu’au 16 mai 2018 à destination de start-ups œuvrant dans les secteurs de l’aérospatial ou de l’énergie et dont les technologies innovantes peuvent être transposées au secteur des dispositifs médicaux et des biotechnologies ou être traduites en solutions numériques (TIC) pour la santé.

    Les innovations issues de l’aéronautique et de l’énergie pour les soins de demain doivent être mises au service des soins personnalisés centrés sur le patient et ce dans un des trois domaines suivants :
    – soins à distance sécurisés dans le cadre de maladies chroniques afin de maintenir l’autonomie des patients ;
    – soins d’établissements de santé optimisés grâce à une approche prédictive, préventive, personnalisée et participative ;
    – processus de diagnostic accéléré.

    Un programme d’accélération de 9 mois et un soutien financier à hauteur de 60 000 euros par structure, sous forme de financements directs (jusqu’à 25 000 euros) et de prestation de services innovants (jusqu’à 30 000 euros), sont à la clé.

    Cross4Health

    Il s’agit d’un projet financé par la Commission européenne dans le cadre du programme H2020, doté d’un budget global de 5 millions d’euros et qui s’étendra sur 2 ans et demi.

    3,5 millions d’euros seront directement investis dans les start-ups en vue de développer la collaboration et le transfert de technologies propres aux secteurs de l’aérospatial et de l’énergie vers les biotechnologies, les dispositifs médicaux et les TIC en santé.

    L’appel à projets sera décomposé en deux appels à projets et des événements tels 2 concours d’innovation, 3 hackathons, un camp d’innovation et des ateliers additionnels.

    Il s’agit du premier appel à projets organisé dans ce cadre.

    Toutes les informations sont accessibles en anglais via le site dédié : https://cross4health.eu/opencall.html

    Critères d’éligibilité et processus de sélection

    • Peuvent candidater les start-ups résidentes de l’Union européenne ou de pays associés au programme H2020.
    • Les projets présentés doivent être portés par des consortiums impliquant au minimum deux start-ups de deux pays européens différents. À cet effet, un outil pour réseauter, assister aux événements de construction d’équipes ou établir un jumelage est disponible ici.
    • Dix projets au maximum, pour un maximum de 20 porteurs de projets, seront retenus à l’issue de la sélection.
    • La maturation de l’idée doit être justifiée et la capacité des porteurs de projets à traduire l’idée en solution commercialisable et son passage à échelle sur un marché internationale démontrées.
    • Les projets sélectionnés seront annoncés à la mi-juillet 2018 après un examen par deux assesseurs externes et indépendants et en fin de processus un comité d’évaluation qui devra valider le processus d’évaluation, vérifier qu’il n’y a pas de conflit d’intérêts, de fraude ou de double financement.

    Candidature

    Le guide de candidature est disponible en anglais via ce lien.

    Le dossier de candidature doit être soumis en anglais et se compose de :

    • un formulaire de 10 pages est à remplir après avoir été téléchargé via ce lien ;
    • 10 diapositives en guise de pitch ;
    • une vidéo de 2 minutes de présentation de l’équipe ;
    • une déclaration sur l’honneur pour chaque candidat de l’équipe ;
    • déclaration interne du consortium.

    Les candidatures sont à soumettre via la plateforme accessible via le lien suivant.

  • Maladies chroniques : Medopad lance un système pour recueillir des données biométriques en Chine

    Un système de surveillance conçu pour recueillir des données biométriques sur les patients souffrant de maladies chroniques sera testé courant 2018 dans les hôpitaux de la Chine continentale, a annoncé mi-avril 2018 Medopad, à l’origine du programme.

    Le groupe britannique recherche des investisseurs stratégiques à long terme en Chine pour l’aider à financer ses projets pilotes qui seront lancés au cours de l’année 2018.

    Une e-plateforme pour collecter des données à partir de dispositifs portables

    « La Chine est de loin le marché le plus important pour nous, a déclaré le co-fondateur et Pdg de Medopad, Dan Vahdat, en marge du Forum de Boao pour l’Asie qui s’est tenu du 8 au 11 avril 2018 (source : Scmp.com). Nous sommes venus en Chine il y a quatre ans pour apprendre et faire des erreurs jusqu’à ce que nous trouvions les bons partenaires. »

    Medopad ouvrira un bureau à Shanghai qui accueillera jusqu’à 50 personnes, dans le cadre d’un plan visant à multiplier ses effectifs mondiaux par 10, pour ainsi atteindre 500 employés dans les dix-huit prochains mois.

    Des données partagées avec les hôpitaux, les groupes pharmaceutiques et les assureurs

    L’entreprise, déjà présente en Europe et aux États-Unis, a pour objectif de développer une plate-forme numérique en Chine pour collecter des données à partir de dispositifs électroniques portables sur des patients souffrant de maladies chroniques.

    Ces informations seront partagées avec les hôpitaux, les groupes pharmaceutiques et les compagnies d’assurance pour économiser les frais médicaux et améliorer l’efficacité du traitement.

    Medopad a signé des accords commerciaux en Chine d’une valeur de 100 M. $

    Dans le cadre de la visite officielle effectuée en Chine par la Première ministre britannique Theresa May début février, Medopad a annoncé avoir signé des accords commerciaux d’une valeur de 100 millions de livres (114,5 M. € ; 139 M. US$) avec des entreprises telles que le géant informatique Lenovo, le conglomérat chinois China Resources Group et l’unité chinoise du groupe pharmaceutique britannique GSK.

    Le groupe britannique a par ailleurs signé un accord de coopération avec Tencent Holdings sur la prévision de la santé. Il a également établi un partenaire technologique avec le fournisseur de produits de santé et de service de télémédecine Ping An Healthcare and Technology, une unité du conglomérat financier Ping An Insurance.

    Depuis le début de l’année, Medopad a levé plus de 28 millions de dollars US (23 M. €). L’entreprise espère recueillir au total 120 millions de dollars dans les prochains mois (99 M. €). Ses bailleurs de fonds actuels incluent le géant pharmaceutique allemand Bayer, la compagnie d’assurance médicale anglaise Bupa et NWS Holdings, une entreprise immobilière basée à Hong Kong .

    Un partenariat avec une dizaine d’hôpitaux

    La société britannique prévoit de déployer ses logiciels en Chine courant 2018 dans plus de dix hôpitaux affiliés à l’Université de Pékin et à la Capital Medical University.

    Les frais varieront en fonction du nombre de patients

    Ces projets pilotes concerneront initialement quelques centaines de patients, en particulier ceux atteints de la maladie de Parkinson. Les gestes des patients et leur temps de réaction seront mesurés pour améliorer le diagnostic.

    « Monétiser [les données de santé] peut prendre plus de trois ans »

    Medopad facture des frais annuels qui varient en fonction du nombre de patients et des fonctionnalités, qui sont payés par les assureurs, les sociétés pharmaceutiques ou les patients.

    Selon Fabio La Mola, responsable de la pratique des sciences de la vie en Asie du Sud-Est au sein du cabinet de conseil L.E.K. Consulting, les sociétés health tech ont tendance à facturer des frais peu élevés initialement pour encourager l’adoption de leur technologie, ce qui leur permettra de développer des sources de revenus supplémentaires.

    « Les données sont une mine d’or lorsque l’échantillon est assez important et peuvent être combinées avec d’autres données telles que les dossiers médicaux électroniques, les essais cliniques et les données d’assurance et de remboursement, a-t-il déclaré. Monétiser ces données peut prendre plus de trois ans car des [informations] sur le même patient doivent être collectées pendant une longue période [pour que le résultat soit intéressant]. »

  • Chronic diseases: Medopad to launches system to collect biometric data in China

    A monitoring system designed to collect biometric data on outpatients with chronic diseases will be tested this year in hospitals in mainland China, announced in April 2018 Medopad, which initiated the program.

    The British software developer is seeking long-term strategic investors in China to help fund pilot projects to be launched in 2018.

    A digital platform to collect data from wearable devices

    « China is the most important market for us by far, » Medopad co-founder and CEO Dan Vahdat said on the sidelines of the Boao Forum for Asia held from 8 to 11 April 2018 (source: Scmp.com). « We came to China four years ago to learn and make mistakes until we found the right partners. « 

    Medopad will set up an office in Shanghai that will house up to 50 staff, as part of a plan to boost global headcount by 10-fold to reach 500 in the next 18 months.

    Data shared with hospitals, pharmaceutical and insurance companies

    The company, which has operations in Europe and the US, aims to develop a digital platform in China to collect data from wearable electronic devices on patients suffering from chronic diseases.

    This data will be shared with hospitals, pharmaceutical and insurance companies to save medical costs and improve treatment efficiency.

    Medopad has signed trade deals worth £100 million in China

    As part of Prime Minister Theresa May’s official visit to China in early February, Medopad announced that it has signed trade deals worth 100 million pounds (€114.5m; US$139m) with companies including computer giant Lenovo, China Resources Group and the China unit of British pharmaceutical group GSK.

    The British group has also signed a cooperation agreement with Tencent Holdings on health prediction and has established a technology partner with online doctor consultations and health care products provider Ping An Healthcare and Technology, a unit of financial conglomerate Ping An Insurance.

    Since the beginning of the year, Medopad secured US$28 million (€23m) of private equity capital. The company aims to raise in total US$120 million (€99m) in the coming months. Its current backers include German pharmaceutical giant Bayer, British medical insurance company Bupa and Hong Kong property group NWS Holdings.

    A partnership with a dozen hospitals

    The company plans to deploy its software in China later this year at more than 10 hospitals affiliated with Peking University and Capital Medical University.

    Fees will vary according to the number of patients

    These pilot projects will initially involve a few hundred patients, with a focus on those with Parkinson’s disease. Patient movement and reaction time will be measured to improve diagnosis.

    Medopad charges annual fees that vary depending on the number of patients and functionalities, that are paid by insurers, pharmaceutical companies or patients.

    According to Fabio La Mola, head of Southeast Asia life sciences practice at L.E.K. Consulting, health tech companies tend to charge low fees initially to encourage adoption of their technology, which will allow them to develop additional revenues sources.

    « Monetizing [health data] can take over three years »

    « The data is a gold mine when the sample is large enough, and can be combined with other data such as electronic medical records, clinical trials and insurance and reimbursement data, » he said. « Monetizing this data can take over three years as data on the same patient for a long time needs to be collected. »

  • Etude : moniteurs d’activité et coaching à distance n’améliorent pas les capacités de marche (Jama)

    Des exercices à domicile avec un moniteur portable et un coaching téléphonique n’ont pas eu l’effet escompté chez des patients souffrant d’artérite des membres inférieurs. Leurs résultats au test de marche de 6 minutes ne s’étaient pas améliorés après 9 mois d’entrainement. Les résultats de ces travaux*, publiés le 24 avril 2018 dans le Jama, mettent en évidence les limites d’une intervention à distance pour modifier des comportements.

    Le coaching à distance pour développer l’exercice physique chez des malades

    Le cholestérol se dépose sur toutes les artères, pas seulement celles qui mènent au coeur. Quand des plaques commencent à diminuer l’apport de sang et d’oxygène dans les pieds, les jambes et les cuisses, cela signifie que la personne souffre d’une artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI). Cette pathologie, qui touche 3% de la population française, se manifeste surtout par des douleurs musculaires et une diminution du périmètre de marche. L’obstruction des artères peut provoquer une gangrène ou une thrombose aiguë qui nécessite un traitement en urgence.

    Pour éviter ces complications, le traitement médicamenteux est souvent complété par une rééducation de reconditionnement à l’effort. Les exercices sur tapis roulé supervisés et réalisés dans ces centres spécialisés ont démontré leur efficacité. Ils sont donc recommandés en traitement de première intention. Cependant, beaucoup de malades ne se rendent pas 3 fois par semaine dans un centre pour réaliser ces exercices. Les exercices à domicile, avec des visites au centre toutes les 1 à 4 semaines, sont donc conseillés.

    Un essai avec fitbit et conseil téléphonique

    Des chercheurs américains ont donc mis au point un programme de réentrainement qui se voulait attractif avec un moniteur d’activité portable et du coaching téléphonique. Ils ont ensuite mené un essai clinique randomisé auprès de 200 patients pour évaluer l’impact d’un programme sur leurs capacités d’endurance au bout de 9 mois. Le programme de réentrainement dans le groupe d’intervention se déroulait de cette façon :

    • 4 séances hebdomadaires pendant 4 semaines dans un centre avec un coach pour fixer les objectifs de marche
    • A partir du 2ème mois : contacts téléphoniques avec le coach qui s’espacent progressivement jusqu’au 5ème mois
    • les conseils étaient individualisés mais les participants devaient en général faire 5 exercices par semaine
    • les participants étaient équipés d’un moniteur type FitBit pour surveiller leur activité physique. Les résultats étaient envoyés par bluetooth sur le site de l’étude
    • les participants étaient encouragés à partager leurs réussites entre eux

    Les membres du groupe contrôle ne se rendaient pas au centre pour effectuer des exercices physiques.

    Pour évaluer l’impact du programme, les auteurs de l’étude disposaient de plusieurs outils : le test de marche de 6 minutes, les données objectives d’activité physique, et des questionnaires de ressenti sur la mobilité, la douleur, la satisfaction globale… Les résultats de ces travaux ont été publiés le 24 avril 2018 dans le Jama.

    Résultats : les efforts s’essouflent

    • Au bout de 3 mois, les participants bénéficiant d’un coaching à distance et d’un moniteur d’activité connecté avaient augmenté la fréquence d’exercices (de 1,7 au début de l’étude à 3,7 séances par semaine)
    • Au bout de 6 mois, l’intensification des exercices était encore significative mais en diminution (de 1,7 au début de l’étude à 2,8 séances par semaine)
    • Au bout de 9 mois, la fréquence des séances était revenue au niveau initial. Plus aucune amélioration n’était enregistrée
    • Les résultats aux différents questionnaires ne montraient aucune différence avant et après le programme de réentrainement. Le score de douleur était même meilleur dans le groupe contrôle que dans le groupe d’intervention.

    Le contact humain nécessaire pour changer les comportements

    Les auteurs de l’étude avancent plusieurs raisons pour expliquer ce résultat négatif. « Tout d’abord, pour les interventions comportementales, le coaching à distance est moins efficace que les visites en personne. En outre, les consultations mensuelles par téléphone au cours des quatre derniers mois et demi de l’intervention étaient peut-être trop rares. » Enfin, les patients atteints d’AOMI qui sont intéressés par un exercice à domicile sans visite au centre médical sont peut-être moins déterminés que les patients qui acceptent de participer à un exercice supervisé.

    Quoi qu’il en soit, ces résultats ne plaident pas en faveur des exercices à domicile avec appareils portables et consultations téléphoniques sans visites périodiques sur place pour améliorer les performances de marche chez les patients atteints d’artériopathie des membres inférieurs.

  • Roche et Voluntis lancent l’essai clinique pour valider Zemy, le compagnon digital en oncologie

    Roche, laboratoire engagé dans l’accompagnement des patients atteints de cancer a annoncé fin mars 2018 avoir lancé un essai clinique pour tester Zemy, un dispositif médical de suivi développé en collaboration avec la start-up Voluntis.

    Les objectifs visés par la mise en œuvre de l’étude sont :
    • améliorer les connaissances quant à l’utilisation quotidienne du dispositif Zemy ;
    • mesurer l’impact du dispositif sur la relation patient-équipe soignante ;
    • collecter des données robustes témoignant des bénéfices du dispositif.

    Zemy est en train d’être testé sur six sites différents impliquant des patientes traitées pour un cancer du sein et ayant initié un traitement anticancéreux administré par voie orale ou parentérale. L’objectif visé par Roche est d’utiliser une solution de santé connectée pour améliorer la qualité de vie des patientes.

    Zemy, une solution numérique d’amélioration du parcours du patient en oncologie

    Une solution à la croisée du numérique et du thérapeutique grâce à un développement pluridisciplinaire

    Initié en 2015 en partenariat avec Voluntis, spécialisé dans le développement de solution-compagnon digital, le développement de Zemy s’inscrit dans une démarche de convergence du numérique et du thérapeutique.

    Zemy est une solution de télémédecine en oncologie visant à optimiser le parcours du patient et améliorer le suivi dans la phase particulière entre deux rendez-vous médicaux dans un centre de soin.

    La recherche collaborative entreprise depuis 2015 a consisté en l’implication des représentants d’associations de patients, d’institutions, de directeurs de centres de soins, d’experts scientifiques, médecins généralistes et pharmaciens. Cette collaboration a notamment permis de parfaire le développement d’algorithmes et de valider l’ergonomie du produit.

    Un test clinique en sénologie pour gérer les effets indésirables liés au traitement anticancéreux à domicile

    Roche annonce que d’importantes étapes ont été franchies dans le développement de son compagnon digital depuis le lancement du projet. En 2017, des études ont été menées afin de tester l’ergonomie de la solution auprès de patients de tous âges.

    Par ailleurs, une application et une interface dédiées ont été développées. L’application permet aux patients de rentrer la description de leur symptômes qui vont être automatiquement analysés par des algorithmes intégrés. La plateforme web est à la destination des professionnels de santé.

    Aujourd’hui, ce sont les malades atteintes d’un cancer du sein qui sont visées en priorité, mais la solution a vocation à être adaptée à l’accompagnement de malades souffrant de tous types de tumeurs solides et les assister dans la gestion des effets indésirables au quotidien.

    En renseignant les effets indésirables tels les nausées et vomissements, la diarrhée, le syndrome mains-pieds ou la fatigue, les patientes enrôlées obtiennent en temps réel l’évaluation de leurs symptômes et se voient proposer des conseils par l’application. En cas de situation critique, l’appli peut déclencher une alerte auprès de l’équipe soignante correspondante et inviter la patiente à contacter d’urgence les professionnels dont les numéros ont été enregistrés à l’occasion de la consultation initiale. Cela permet d’éviter les situations aggravantes de l’état général des patientes entre deux rendez-vous.

    Sécurité et actions de réconfort au service d’une meilleure qualité de vie garanties

    La solution vise avant tout à rassurer le patient et lui permettre d’appréhender ses symptômes même en l’absence d’un professionnel de santé. Le développement des maladies chroniques pose des problèmes de coordination entre les professionnels et de prise en charge rapide.

    Roche considère que les solutions-compagnons répondent à ce problème sociétal en plus d’offrir un moyen de traiter toutes les questions qu’un malade souffrant d’un cancer n’ose pas poser en face-à-face.

    Lors de l’élaboration de Zemy, les exigences imposées par l’entrée en vigueur du RGPD ont déjà été prises en compte. Ainsi, les accès sont sécurisés aussi bien du côté des patientes que du côté des professionnels de santé lorsqu’ils se connectent à la plateforme.

    En outre, l’ensemble des données et informations échangées via la solution-compagnon sont hébergées par un hébergeur de données de santé agréé.

  • « Les acteurs de la santé peuvent bénéficier de la recherche médicale spatiale » (CNES et Lyonbiopôle)

    « Permettre aux acteurs de la santé « terrestre » de bénéficier des résultats de la recherche médicale spatiale, mais aussi d’imaginer des passerelles réciproques », tel est l’enjeu de la collaboration entre Lyonbiopôle, pôle de compétitivité santé basé à Lyon, et le Centre national d’études spatiales (CNES), entérinée le 29 mars 2018 à l’occasion d’une première journée de réflexion commune.

    H&TI s’est entretenu avec Christophe Cizeron, président de Lyonbiopôle et Gilles Rabin, économiste en Chef du CNES.

    L’objectif du partenariat est triple, rappellent-ils :
    • faire émerger de nouveaux services en accompagnant les acteurs de la santé dans l’appropriation des solutions spatiales ;
    • favoriser le développement de co-innovations répondant à la fois aux besoins de l’exploration spatiale habitée et aux besoins médicaux terrestres ;
    • identifier, au sein de notre écosystème, des innovations indispensables pour permettre à l’homme d’être un habitant de long terme dans l’espace et capitaliser sur ces solutions développées pour le spatial pour répondre à des besoins médicaux terrestres.

    Votre partenariat part du principe que les études spatiales peuvent accompagner le développement de solutions en santé mais aussi que les start-ups en e-santé de Lyonbiopôle sont susceptibles d’apporter des solutions au CNES. Pouvez-vous nous en dire plus ?

    Gilles Rabin, économiste en chef au CNES : Les questions de santé ont toujours fait partie des préoccupations du spatial et inversement : d’abord parce que quand on envoie un homme dans l’espace, on veut qu’il soit en bonne santé, qu’il le reste pendant son séjour et après son retour.

    Ensuite, on a toujours monitorisé les variables du corps humain des astronautes. On sait en direct si leur cœur bat trop fort, s’ils suent, etc. Récemment Thomas Pesquet a aussi montré au grand public qu’il réalisait lui-même depuis la station spatiale des échographies quotidiennes qu’il envoyait aux médecins des équipes santé du MEDES (Institut de médecine et de physiologie spatiale), l’une des filiales du CNES. Il existe donc depuis longtemps une télémédecine de l’espace, du télédiagnostic, des transmissions de données médicales. Il est intéressant de voir comment notre expérience peut aider au développement de la télémédecine terrestre. 

    Enfin, quand on envoie des astronautes dans l’espace pendant plusieurs mois, il peut survenir une rage de dent, des problèmes de cœur et bien entendu des problèmes psychologiques, c’est ce à quoi se consacrent les professionnels du MEDES, qui étaient présents lors de cette journée d’échange. Ils peuvent bénéficier de l’expérience et de l’expertise des starts-ups de la e-santé de Lyonbiopôle.

    Christophe Cizeron, Président de Lyonbiopôle : Déployer un partenariat avec le CNES sur le développement d’applications médicales s’inscrit dans la mission fondamentale du pôle de mise en relation d’acteurs complémentaires et de promotion de l’innovation en santé. L’écosystème de Lyonbiopôle a beaucoup à partager avec celui de CNES. Il s’agit non seulement de permettre aux acteurs de la santé « terrestre » de bénéficier des résultats de la recherche médicale spatiale, mais aussi d’imaginer des passerelles réciproques.

    La puissance de la révolution numérique bouleverse le domaine de la santé : médecine personnalisée, nanotechnologies, Big Data, connexion numérique des territoires … Autant de changements qui façonnent la médecine du futur. Le spatial pourrait accompagner par exemple la transformation numérique en santé, en contribuant à faciliter l’accès à une santé pour tous, accélérant la R&D et participant à l’amélioration de l’offre de soins. Les vols habités nécessitent également de relever d’autres défis en santé pour limiter les effets de la microgravité, du confinement et des radiations sur le corps humain. Les recherches et solutions dans ce domaine peuvent avoir des retombées pour des applications sur terre dans la lutte contre le vieillissement et de nombreuses pathologies !

    L’écosystème de Lyonbiopôle peut apporter son expertise au CNES. En effet, Lyon dispose par exemple d’un P4 (laboratoire de haute sécurité, ndlr), qui pourrait être utilisé dans le futur par le CNES pour l’analyse de micro-organismes très pathogènes suite au prélèvement d’échantillons lors d’expéditions lointaines, pourquoi pas de Mars ?

    Quelles solutions innovantes envisagez-vous ? A quelle échéance ? Avec quels moyens ?

    Rabin et C. Cizeron : Notre volonté est de développer une stratégie commune de développement d’applications médicales. L’objectif est triple : faire émerger de nouveaux services en accompagnant les acteurs de la santé dans l’appropriation des solutions spatiales, favoriser le développement de co-innovations répondant à la fois aux besoins de l’exploration spatiale habitée et aux besoins médicaux terrestres et enfin identifier, au sein de notre écosystème, des innovations indispensables pour permettre à l’homme d’être un habitant de long terme dans l’espace et capitaliser sur ces solutions développées pour le spatial pour répondre à des besoins médicaux terrestres.  

    Ce partenariat pourrait, dites-vous, aider à développer des stratégies médicales de lutte contre le vieillissement ?

    G. Rabin : Pourquoi pas. Les astronautes qui reviennent de mission ont subi un vieillissement accéléré et ils ont les muscles atrophiés. Les professionnels du MEDES les aident à se réhabituer à la terre, à la gravité, à se remuscler. Ils sont au final dans un état proche d’une personne qui sort de plusieurs mois passés dans un lit d’hôpital. Quels sont les technologies, les médicaments que l’on pourrait utiliser pour aider l’un et l’autre ? Nous pourrions partager nos réflexions et nos recherches. Au CNES nous avons avancé sur ces questions mais les traitements que nous utilisons ne sont que des tests. Il faut voir si on peut les étendre à grande échelle.

    Quid de la télémédecine ? En effet si c’est faisable dans le domaine spatial, pourquoi n’est-ce pas déjà développé sur terre ?

    Bien sûr que les outils que nous développons pour les IRM, les échographies dans l’espace peuvent servir sur terre pour une personne âgée au fin fond de la Bretagne mais plusieurs problèmes se posent et ce ne sont pas des problèmes technologiques. Il y a d’abord le coût mais aussi des questions pratiques et législatives : Qui peut exercer la télémédecine ? Quelle liaison entre le domicile et l’hôpital ? Quelles précautions faut-il prendre pour assurer la sécurisation et l’anonymisation des données transmises par satellite ou 5G ? etc.

    Le 29 mars 2018 vous avez participé à une première journée de réflexion. Quelles ont été les premières conclusions ?

    C. Cizeron : Cette journée marquait effectivement le lancement de notre partenariat stratégique avec le CNES. Les échanges très intéressants, organisés autour de trois tables rondes, ont permis de partager les visions sur l’usage des technologies spatiales en santé, sur la notion d’habitat sain dans un environnement hostile à propos des vols habités et sur le suivi de la santé des astronautes dans l’espace, plus particulièrement la synergie avec le vieillissement et la sédentarité.

    Les éclairages des intervenants du CNES et des entreprises du domaine de la santé ont permis de mettre en lumière de nombreuses possibilités de collaboration.

    Quelles ont été les réactions des participants : start-ups, PME et grands groupes issus des biotechnologies, du diagnostic et de la e-santé ?

    G. Rabin et C. Cizeron : L’ensemble des participants était assez enthousiaste. Cette rencontre est la première d’une série, dont la finalité est de favoriser les approches interdisciplinaires et l’émergence de solutions innovantes. Ce partenariat d’envergure traduit la capacité de Lyonbiopôle et des acteurs de l’écosystème santé Auvergne-Rhône-Alpes à jouer un rôle moteur face aux enjeux de structuration de l’innovation santé en France. Aucun contrat n’a été signé pour le moment, les différents acteurs apprennent à se connaître et vont voir ce qu’ils peuvent faire ensemble. 

    Vous préparez pour octobre 2018 à Lyon des tables-rondes dédiées à aux applications spatiales au service de la santé. Pouvez-vous en dire plus aux lecteurs de H&TI ?

    C. Cizeron : Nous organisons chaque année en octobre notre « Journée Collaborative ». Cet événement scientifique aborde des thématiques prospectives au travers de tables rondes, conférences plénières, pitchs d’entreprises et de projets innovants. En octobre 2018, nous comptons donc dédier au moins deux tables rondes aux thématiques Espace & Santé, le plus difficile restant de sélectionner deux thèmes compte tenu du nombre potentiel de sujets intéressants et de passerelles entre nos écosystèmes.