DMN

  • Zentrum Überleben (Allemagne) développe 2 applis pour le soutien médico-psychologique des réfugiés

    L’association allemande Zentrum Überleben (littéralement, « centre de survie »), basée à Berlin et spécialisée dans le soutien médical et psychologique des personnes en provenance de zones de conflit, a développé deux applis mobiles dédiées au public qu’elle accompagne, annonce-t-elle dans un communiqué publié mi-avril 2018 sur son site internet.

    La première, ALMHAR, propose un soutien aux réfugiés face aux problèmes psychiques qu’ils rencontrent les plus fréquemment (troubles du sommeil, symptômes dépressifs, sentiment de culpabilité, stress, etc.) et leur donne des conseils pratiques. Elle est disponible gratuitement en anglais, en arabe et en farsi, sur Google Play.

    La seconde, SMILERS s’adresse aux réfugiés arabophones présentant de signes dépressifs. Il s’agit d’une application d’auto-surveillance en sept étapes contenant des informations sur l’origine et la persistance des symptômes. Elle permet également une mise en contact rapide avec des intervenants en cas de crise. Elle n’est disponible que sur l’AppStore pour le moment.

    Les développeurs de l’application expliquent que ce projet a vu le jour en réponse au nombre croissant de réfugiés provenant de zones de conflit et qu’il constitue une réponse économique à la prise en charge thérapeutique. « De plus, les réfugiés peuvent accéder à ce soutien depuis n’importe quel lieu, du moment qu’ils ont leur smartphone », indique le communiqué. Mais ces applis ne constituent pas un substitut à la psychothérapie, et elles ne doivent pas empêcher les personnes atteintes de graves troubles de se rendre à l’hôpital.

    Plus d’infos sur http://almhar.org/ et http://ilajnafsy.bzfo.de/portal/en/

  • Orkyn déploie son offre de télésuivi de l’insuffisance respiratoire chronique

    L’entreprise Orkyn a conçu un dispositif médical de télésuivi de l’insuffisance respiratoire chronique. Elle annonce dans un communiqué du 14 mars 2018 la création d’une cellule experte d’infirmiers pour analyser les données des patients, gérer les alertes et suivre l’efficacité du traitement en temps réel.
    Orkyn entend ainsi renforcer l’accompagnement du patient dès l’initiation du traitement, améliorer son traitement et sa qualité de vie.

    Un algorithme d’alertes spécifique à la ventilation a été élaboré en partenariat avec des pneumologues pour identifier les problèmes liés au traitement (alertes techniques, d’observance ou lié à un événement médical). S’ils constatent un élément anormal, les experts d’Orkyn contactent immédiatement le patient pour le lui signaler et envisager d’éventuelles modifications à apporter dans l’usage de son dispositif. Le télésuivi se traduit ainsi par un accompagnement du patient, mais vise également à éviter les infections pulmonaires et les hospitalisations.

    Orkyn est, selon le communiqué, le seul acteur à proposer cette solution. En mai 2018, l’entreprise devient le premier prestataire de santé à domicile à s’inscrire dans l’expérimentation lancée par l’Assurance Maladie pour analyser l’impact de la télémédecine dans la prise en charge des patients atteints d’insuffisance respiratoire.

  • Des chercheurs préconisent de systématiser les évaluations d’applications destinées aux diabétiques

    Une étude américaine publiée le 8 mai 2018 remet en cause l’efficacité des applications mobiles destinées aux patients diabétiques. Ses auteurs mettent en garde contre les dangers éventuels liés à leur usage et en appellent à la systématisation des études scientifiques les concernant.

    L’étude a analysé plus de 100 applications mobiles

    Objectifs : Publiée dans le Journal of General Internal Medicine le 8 mai 2018, l’étude cherche à évaluer l’efficacité des applications de suivi des patients diabétiques.

    Méthodologie : financée par l’Agency on Healthcare Research and Quality (AHRQ), l’étude a évalué plus d’une centaine d’applications mobiles utilisées par les patients diabétiques pour le traitement de leur pathologie. L’étude a été réalisée par une équipe de chercheurs basée à Portland, Oregon (USA).

    Résultats : nombre d’applications s’avèrent faiblement efficaces, voire potentiellement dangereuses

    • Peu d’applications jugées fiables : seules 11 applications ont été évaluées par la recherche scientifique et seules 5 d’entre elles ont été jugées efficaces, c’est-à-dire de nature à améliorer le suivi et l’observance des patients diabétiques et à abaisser leur taux d’hémoglobine glyquée.
    • Applications peu fiables : les auteurs de l’étude regrettent que si peu d’applications mobiles aient fait l’objet d’évaluations scientifiques. Elles sont ainsi peu plébiscitées par les médecins, car ils ignorent si elles sont efficaces ou non. 
    • Dangers liés à l’usage des applications : par ailleurs, les applications non évaluées peuvent induire leurs utilisateurs en erreur et conduire à de « sérieux problèmes de santé » voire à des risques mortels. Les auteurs en appellent donc à la systématisation de l’évaluation des applications de suivi des patients diabétiques.

    L’étude est consultable et disponible au téléchargement sur le site internet de l’Agency on Healthcare research (AHRQ).

  • La Study Watch de Verily pourrait analyser la progression de la maladie de Parkinson

    La division santé d’Alphabet Inc, Verily Life Sciences, s’associe à la fondation « Michael J. Fox » pour la recherche sur la maladie de Parkinson (MJFF) afin de collecter des données sur cette maladie neurodégénérative. Telle est l’annonce faite par la fondation dans un communiqué du 9 mai 2018.

    La Study Watch de Verily collectait déjà les données du rythme cardiaque, de l’activité électrodermale (activité des glandes de la sudation et du système nerveux autonome), ainsi que les mouvements inertiels. Ces derniers semblent pouvoir être exploités afin d’analyser les tremblements des personnes atteintes de la maladie de Parkinson. 

    L’objectif est de collecter, puis d’analyser les informations afin de refléter la vie quotidienne des personnes atteintes, et la progression de la maladie en dehors des zones médicalisées.

    Une étude conduite auprès de 800 malades

    La Study Watch sera portée par plus de 800 participants aux États-Unis dans le cadre de l’étude Parkinson’s Progression Markers Initiative (PPMI) menée sur deux ans. Les capteurs portés en permanence pourraient se révéler intéressants pour lutter contre la maladie de Parkinson. En effet, celle-ci provoque des réactions différentes d’une personne à l’autre, d’un moment de la journée à un autre, au sein d’un hôpital ou à l’extérieur.

    “La PPMI devrait nous permettre de mieux comprendre la maladie de Parkinson et ainsi aider au développement de nouvelles solutions thérapeutiques », explique Todd Sherer, CEO de la MJFF. 

    Le programme AMP PD

    MJFF et Verily ont également signé un partenariat pour le programme Accelerating Medicines Partnership Parkinson’s disease (AMP PD), une collaboration publique/privée entre la fondation, le National Institutes of Health (NIH) et cinq entreprises des sciences de la vie.

    Le programme AMP PD a été lancé en janvier 2018 afin d’élaborer l’empreinte moléculaire de la maladie de Parkinson.

  • Data : les serious games pour la prise en charge du diabète

    Après s’être développés dans le secteur du marketing, de la gestion ou de la culture, les champs d’application des serious games se sont étendus au secteur de la santé à la fois pour les patients, les médecins, les étudiants, les aidants, tant pour la prévention que la formation, le suivi de la prise en charge voire le traitement.

    Dans la rubrique Data du 16 mai 2018, H&TI répertorie 5 serious games disponibles en France pour les patients diabétiques (entreprises qui les développe, caractéristiques, public visé, prix pratiqués, etc.).

    Pour accéder à l’indicateur sur les serious games pour la prise en charge du diabète, suivre ce lien.

  • E-prescription : la start-up MeSoigner lance un test à grande échelle à Bergerac

    Mesoigner, plateforme de pharmacie en ligne et spécialiste des logiciels de e-santé à destination des pharmaciens, a annoncé dans un communiqué de presse du 14 mai 2018 le lancement d’une phase-test de dématérialisation d’ordonnances électroniques à Bergerac.

    En anticipant la généralisation de l’usage des « e-prescriptions », MeSoigner mène une étude sur la e-ordonnance en coopération avec la région Nouvelle-Aquitaine, grâce à son logiciel Medifeed destinés aux pharmaciens et médecins dans l’objectif d’esquisser les opportunités et les freins offerts par la généralisation de l’ordonnance électronique sur le territoire national.

    Il ressort des expériences menées jusqu’à présent par la start-up que les pharmaciens sont les principaux acteurs et porteurs de la dématérialisation des prescriptions et que leur principale mission à ce stade est l’éducation des patients afin d’accroître l’acceptabilité de ce mode de prescription.

    Un réseau de vente de médicament en ligne et de services numériques

    Un réseau de pharmacies en ligne afin de proposer des services mutualisés et à moindre coût est à l’origine de la création de la plateforme Mesoigner par Xavier et Christine Mosnier-Thoumas et d’un spécialiste en marketing, Amaury de Chalain, qui souhaitaient offrir aux patients des services numériques innovants.

    Les pharmacies membres du réseau sont toutes agrées par l’Ordre National des Pharmaciens et disposent de l’autorisation de vente en ligne de médicaments sans ordonnance délivrée par le Ministère de la Santé. Elles sont également signataires de la charte MeSoigner.fr qui incarne leur engagement à assurer aux patients un service de qualité et à respecter la confidentialité de leurs données personnelles.

    Actuellement, le réseau regroupe le plus grand nombre de pharmacies autorisées à la vente en ligne de médicaments en France et près de 75% des pharmacies autorisées en Aquitaine. En 2019, la société vise 2 000 pharmaciens connectés, soit 10% du marché total.

    La dématérialisation des ordonnances, un objectif de portée nationale

    Une première étude a été menée par la start-up de septembre 2017 à janvier 2018 auprès de praticiens pour connaître leur ressenti vis-à-vis de la prescription électronique et auprès de patients d’un centre médical de Bergerac afin de palper l’acceptabilité de ce mode de prescription par le grand public.

    Voici les principaux résultats de l’enquête impliquant une cinquantaine de personnes :

    • les praticiens ont jugé que la généralisation de la prescription électronique était possible à la seule condition de revêtir un caractère obligatoire ;
    • les praticiens ont exprimé la préoccupation de vouloir s’équiper d’un logiciel de prescription qui soit interopérable avec leurs logiciels métiers dont ils disposent déjà ;
    • les praticiens apprécient la possibilité de pouvoir vérifier la disponibilité d’une spécialité en pharmacie afin d’adapter la prescription ;
    • les patients sont divisés quant à l’usage de la e-prescription : un tiers des interrogés souhaite garder l’ordonnance papier ; plus d’un tiers préfère le format papier, mais est ouvert au format électronique et apprécie la possibilité de choisir le format tout en étant préoccupé par la sécurité du dispositif ; enfin, un peu moins d’un tiers est enthousiaste face à la e-ordonnance.

    Les pharmaciens apprécient la prescription électronique car elle leur permet de :

    • préparer les commandes à l’avance et par conséquent de mieux gérer leurs stocks ;
    • sécuriser le circuit de la prescription en évitant la falsification d’ordonnances ;
    • améliorer le parcours patient en anticipant la visite du patient ;
    • limiter le temps d’attente du patient grâce au service numérique et le fidéliser.

    Medifeed, l’outil de prescription électronique par MeSoigner

    La start-up a édité un logiciel, Medifeed, qui permet un lien numérique direct entre le médecin, le patient et le pharmacien.

    La solution est compatible avec tout logiciel métier. Le médecin édite la prescription via le logiciel qui est automatiquement signée, cryptée et envoyée au pharmacien choisi par le patient. Elle est également disponible pour le patient via l’espace sécurisé de son application MeSoigner.

    Le pharmacien de son côté peut après le passage du patient, préciser dans la base de données sécurisée le statut de l’ordonnance : totalement délivrée, partiellement ou à renouveler.

    Cette e-ordonnance permet un échange sécurisé qui réduit les erreurs de prescriptions et le risque de perte.

    La messagerie sécurisée entre le pharmacien et le médecin leur permet également un échange au service d’une meilleure prise en charge du patient.

    La start-up lance cette étude, alors qu’en parallèle des expérimentions sont lancées via le DMP par l’Assurance Maladie et que la dématérialisation des prescriptions a été rappelée comme une priorité lors de l’annonce des cinq chantiers dans le cadre de la stratégie de transformation numérique du système de santé. La dématérialisation des prescription est également un outil facilitant l’échange de l’information médicale entre différents professionnels de santé.

    Nouvelle fonctionnalité – numériser sa propre ordonnance via le site

    Le site propose la possibilité de charger son ordonnance papier en en prenant une photo ou en la numérisant. Elle est alors facilement transmissible à une pharmacie au choix. Cela présente l’avantage d’avoir sa commande prête lors du passage à l’officine.

    La plateforme permet également aux patients de contacter un pharmacien d’officine via un service sécurisé de messagerie instantanée.

  • Pierre Fabre Médicament et BioSerenity développent un textile connecté à visée urologique

    Pierre Fabre Médicament et BioSerenity ont annoncé dans un communiqué du 15 mai 2018 avoir conclu un partenariat pour développer un textile connecté au service du dépistage et du suivi médical des troubles urinaires. Leur collaboration passe à une nouvelle étape visant la fabrication, la commercialisation et la distribution de dispositifs médicaux connectés dans le cadre de la prise en charge de l’incontinence urinaire.

    Les deux sociétés ont élaboré un sous-vêtement équipé de capteurs biométriques enregistrant l’activité de l’appareil urinaire et permettant de détecter les troubles qui l’affectent. Il transmet les données enregistrées à une plateforme cloud sécurisée à destination de l’urologue en charge du suivi du patient.

    Les deux partenaires vont concentrer leurs forces sur l’obtention du remboursement de leur dispositif médical connectée et vont continuer leur collaboration autour de l’IA, un domaine de prédilection de Pierre Fabre.

    Les termes de l’accord

    Selon le communiqué, l’hyperactivité vésicale est une maladie chronique qui affecte près de 20% de la population des hommes et femmes de plus de 40 ans.

    La collaboration entre les deux sociétés a débuté à l’occasion de l’Uro-Tech Challenge 2016 tenu en novembre 2016 et lorsque BioSerenity a remporté le concours grâce à sa technologie de capteurs qui a séduit le jury composé d’urologues et de patients de l’Association d’aide aux patients incontinents (API).

    Pendant 18 mois, BioSerenity a travaillé sur un prototype du dispositif médical connecté en mettant l’accent sur le traitement et l’interprétation des données relatives aux troubles urinaires.

    Pierre Fabre de par son expérience dans le développement pharmaceutique a pris en charge les aspects tels la mise en œuvre et l’intégration du dispositif dans le parcours de soins du patient, sa valeur ajoutée comme outil de diagnostic et de suivi médical auprès des prescripteurs.

    Pierre Fabre Médicament participe au financement de la R&D du dispositif connecté pour en avoir à terme l’exclusivité de commercialisation en France et dans le monde. Les termes financiers de l’accord n’ont pas été révélés.

    Le dispositif co-développé permet :

    • un diagnostic plus précis à partir de mesures collectées dans la vie réelle ;
    • un meilleur confort d’examen pour le patient avec moins d’effets secondaires potentiels ;
    • une simplification du parcours de soins avec un suivi à distance et par conséquent une économie de coûts.

    Les deux partenaires souhaitent développer à l’avenir toute une gamme de dispositifs connectés pour le diagnostic, la prise en charge et le suivi des patients souffrant de toute forme d’incontinence urinaire.

    Stratégie d’innovation digitale reposant sur l’open innovation et l’IA

    Pierre Fabre considère qu’au-delà des médicaments, les industriels auront de plus en plus à développer des services et des outils ou solutions permettant d’optimiser les conditions de traitement et de faciliter le travail des praticiens.

    La stratégie digitale de Pierre Fabre consiste à s’appuyer sur l’open innovation émergeant au sein d’hackathons, révélateurs de projets porteurs, afin d’identifier les domaines d’intérêt pour des investissement futurs qui concernent la prévention, l’aide au diagnostic, l’observance, la prédiction et l’accompagnement.

  • Workshop Essec Asie (1/2) : Quel business modèle adopter sur le marché de la digital health ?

    Différents acteurs de l’industrie de santé se sont rassemblés à Singapour le 20 et le 21 avril 2018 à l’occasion d’un workshop organisé au campus de l’Essec sur le thème : « Industries numériques des produits de santé et des soins centrées sur le patient : des opportunités en Asie-Pacifique ».

    Au fil des discussions auxquelles revenait régulièrement la question suivante : Comment développer un business modèle durable au sein du secteur de la santé numérique ? « La transformation digitale peut être fatale pour certaines entreprises mais elle peut aussi représenter une opportunité », a notamment insisté le Pr. Jan Ondrus, professeur associé à l’ESSEC Business School (Singapour).

    H&TI revient sur les points forts de son intervention.

    D’un business modèle horizontale à la plateforme numérique

    « Il ne s’agit pas simplement de créer une technologie mais de créer un business modèle », souligne le Pr. Ondrus, insistant sur le fait qu’il est important pour chaque entreprise de déployer une stratégie durable avant de lancer un nouveau produit sur le marché, aussi attrayant soit-il.

    L’arrivée du smartphone dans notre quotidien et la révolution digitale en général a eu impact considérable sur l’autonomisation des consommateurs, rappelle-t-il. Auparavant, les produits high tech n’étaient accessibles qu’aux entreprises, désormais, les nouvelles technologies sont aussi accessibles au grand public. En moins de dix ans, presque toute la population s’est mise à utiliser un smartphone.

    De plus en plus de menaces pèsent sur les entreprises avec le développement de l’high tech

    Les entreprises ont eu du mal à s’adapter à cette évolution rapide, et certaines éprouvent encore des difficultés aujourd’hui. Il y a eu une augmentation des menaces pesant sur elles, y compris sur les groupes les plus importants.

    Aujourd’hui, l’espérance de vie d’une grande entreprise est de seulement quinze ans. La pression est importante.

    Producteur et consommateur se retrouvent au même niveau

    Le business modèle des entreprises health tech ne peut plus suivre le schéma classique horizontale, avec lequel le produit passait du producteur aux consommateurs en passant par le fabricant, le distributeur puis le détaillant, explique Jan Ondrus.

    Un modèle triangulaire, plus efficace, a vu le jour : le business modèle dit « plateforme », à travers lequel le producteur est directement en lien avec le consommateur par le biais d’une plateforme numérique.

    Ce modèle a été adopté par de nombreuses jeunes entreprises numériques comme Uber, la plus importante entreprise de services de taxis au monde alors qu’elle ne possède pas de taxis, Airbnb (ne possède pas de biens immobiliers) ou encore Netflix (ne possède pas de cinémas physiques) et les sociétés de télé-médecine telles que MyDoc à Singapour : les patients peuvent entrer directement en contact avec un médecin via une application mobile pour obtenir une consultation médicale en ligne.

    Des effets de réseau

    Le point fort de ce modèle est qu’il rapproche les industries et leur permet de générer des effets de réseau. Ainsi, quatre utilisateurs entraînent six connections possibles, huit utilisateurs, vingt-huit connexions, etc., les entreprises pouvant créer de la valeur pour chaque connexion.

    Le but est ainsi d’avoir un maximum d’utilisateurs possibles pour engendrer le maximum de connexions possibles et construire un modèle durable. La compétition est ainsi très importante entre les entreprises d’un même secteur, parfois au détriment du consommateur (ex. : difficulté à supprimer son compte utilisateur).

    « Il faut penser au-delà des frontières de l’industrie »

    « Il faut penser au-delà des frontières de l’industrie », analyse le Pr. Ondrus. L’idée est de connecter les différents acteurs entre eux. Pour parvenir à développer une solution durable, il identifie six étapes à franchir :

    • 1. Trouver un objectif qui tienne la route.

    Exemple : combattre le diabète ou lutter contre la malnutrition. « Certains entrepreneurs développent une solution puis cherchent un problème à résoudre. Il est important de commencer par identifier un problème majeur puis de développer une solution pour le surmonter. »

    • 2. Identifier les parties prenantes (les patients ? Les proches du patients ? Les médecins ? Les pharmacies ? Etc.)
    • 3. Évaluer ses faiblesses pour mieux les surmonter et faire face à la concurrence.
    • 4. Concevoir des solutions.

    L’usage de technologies numériques peut aider à apaiser les tensions et à installer un climat de confiance entre les différents acteurs en favorisant la collaboration et la co-innovation.

    • 5. Partager équitablement la valeur de la solution entre les différents parties prenantes.

    Un point crucial pour assurer la durabilité et la santé de l’entreprise.

    • 6. Partager son objectif avec la communauté.

    « En conclusion, avec un business modèle adapté et une bonne utilisation des technologies numériques, il n’est pas trop tard pour surfer sur la vague du digital », optimise Jan Ondrus.

    Le financement : un problème central

    Une discussion entre les participants à l’atelier a fait émerger plusieurs interrogations, dont certaines relatives à la protection des données des patients. Ils se sont accordés sur le fait que pour rassurer les consommateurs quant à l’utilisation de leurs informations personnelles, il était essentiel de miser sur la transparence, en leur expliquant qui peut avoir accès à leurs données et à quelles fins.

    Autre préoccupation : la simplicité d’utilisation. « Il est nécessaire que chacun puisse être capable d’utiliser l’application sans connaissances techniques particulières, insiste le Dr. Ondrus. La simplicité d’utilisation [d’un produit numérique] est primordiale, surtout si la solution est à destination des personnes âgées. »

    Reste enfin la question du payeur, l’une des principales difficultés à surmonter en tant qu’entrepreneur dans le secteur de la santé numérique. Parmi les intervenants, Sze-Yunn Pang, directrice de la division « Gestion de la santé de la population » à Philips ASEAN Pacific, a reconnu que l’un des défis majeurs auxquels devait faire face l’industrie concernait les compagnies d’assurance. « Comment les convaincre de financer [nos] programmes ? »

    Autant de challenges et de questions traduisant une certaine incertitude symptomatique du marché de la e-santé, une instabilité essentiellement due à sa jeunesse mais qui, selon les participants du workshop, pourra être surmontée à condition que les nouvelles attentes des patients soient considérées avec attention et les nouvelles technologies numériques intelligemment utilisées.

  • Essec Asia Workshop (1/2) : which business model to adopt in the digital health market?

    Various stakeholders from the healthcare industry gathered in Singapore on April 20 and 21, 2018 at a workshop held on the ESSEC Asia-Pacific campus on the theme: « Patient centered digital health & health care products industries: opportunities in Asia Pacific ».

    During the different talks, the following question often came up : How to develop a sustainable business model within the digital health sector? « Digital disruption can be fatal for some businesses, but it can be an opportunity, » said Prof. Jan Ondrus, associate professor and chair of networked business models at ESSEC Business School Asia-Pacific.

    Here are the highlights of his speech.

    From a horizontal business model to the digital platform model

    « It’s not just about technology but about creating a business model, » Prof. Ondrus said, adding that it’s important for every company to deploy a sustainable strategy before launching a new product on the market, as attractive as it is.

    The arrival of smartphone in our daily lives and the digital revolution in general had a considerable impact on the empowerment of consumers, he remained us. Initially, high-tech products were only affordable for companies, now they are more affordable for public. In less than ten years almost everyone has started using a smartphone.

    Threats for companies have risen with the high tech revolution

    It has been difficult for companies to adapt to this rapid evolution, and it still is. There has been a rise of threats for them, even for the big ones.

    Today, the life expectancy of a big company is only fifteen years. Pressure to change is high.

    Producer and consumer are at the same level

    The business model of health tech companies can no longer be build on the tradition value chain : you start from from the producer to the consumer through the manufacturer, the distributor and then the retailer, Prof. Ondrus added.

    A powerful digital triangular model has emerged : the platform business model. Here, the producer is directly connected to the consumer via a digital platform.

    This model has been adopted by many young successful companies such as Uber, the world’s largest taxi company which owns no taxis, Airbnb (doesn’t own real estate) or Netflix (doesn’t owns cinemas) and telemedicine companies like MyDoc in Singapore, a mobile app allowing patients to have access to online medical consultations.

    Network effects

    The main benefit of this model is that it tends to bridge industries which generate network effects. Indeed, 4 users can create 6 connections, 8 users 28 connections, etc. Companies can extract value from these connections.

    The goal is to have the biggest network, that is to say a lot of users to generate more and more connections and build a sustainable model. Every company fights to be #1, sometimes at the expense of the users (example: it’s very difficult to completely delete your account from this kind of platform).

    « You have to look beyond industry boundaries »

    « You have to look beyond industry boundaries, » Jan Ondrus said. The idea is to connect the dots. To build a sustainable business model, he identified six steps:

    • 1. Find a big purpose.

    Example: fighting diabetes or solving malnutrition. « Some entrepreneurs develop a solution and then try to find a problem to solve. It is important to first identify a problem and then develop a solution to overcome it. « 

    • 2. Identify the stakeholders (patients? Next of kin? Doctors? Pharmaceutical companies? Etc.)
    • 3. Assess pain point to better overcome your weaknesses and face competition.
    • 4. Design solutions.

    The use of digital technology can help to remove friction and create trust between the players by fostering collaboration and co-innovation.

    • 5. Share value equitably.

    It is important for the sustainability and the healthiness of the company.

    • 6. Share your purpose.

    « In conclusion, with the right business model and the right use of digital technology, it is not too late to surf the digital wave, » Jan Ondrus said.

    Funding: a central problem

    A discussion among the participants of the workshop led to several questions, some of which related to the patients’ data protection. To reassure consumers about the use of their personal data, industry has to focus on transparency, explaining who can access their data and for what purposes.

    Another concern is the usability of digital products. « Everyone should be able to use the application easily without specific knowledge, » Prof. Ondrus said. Easy of use is mandatory, especially if the solution is dedicated for the elderly people.

    Finally, there is the big question: who has to pay? This is one of the main challenges digital health entrepreneurs have to deal with. Among the speakers, Sze-Yunn Pang, head of Population Health Management at Philips ASEAN Pacific, said the biggest challenge lies with insurance companies. « How to convince them to fund [our] programs? »

    Those questions reflect the uncertainty of the digital health market, still young, but, according to the participants of the workshop, these problems can be overcome if industry players meet the new expectations of patients and use digital technology smartly.

  • Workshop Essec Asie (2/2) : focus sur les DSE de Singapour et du Japon

    Différents acteurs de l’industrie de santé se sont rassemblés à Singapour le 20 et le 21 avril 2018 à l’occasion d’un workshop organisé au campus de l’Essec sur le thème : « Industries numériques des produits de santé et de soins centrées sur le patient : des opportunités en Asie-Pacifique ». H&TI était présent.

    La deuxième journée était consacrée aux différents modèles de dossier de santé numériques (DSE) déployés en Asie-Pacifique et notamment à Singapour et au Japon, deux pays aux contextes différents et inspirants. Alors que Singapour s’apprête à lancer un dossier de santé unique pour l’ensemble du pays, le Japon réfléchit à l’établissement d’un business modèle adapté aux particularités de son système de santé.

    Singapour : un dossier de santé unique pour toute la cité-État

    Le gouvernement singapourien collabore avec IHiS (Integrated Health information System), une entreprise qui numérise, connecte et analyse l’écosystème de la santé de Singapour. « D’ici l’année prochaine, nous allons mettre en place un DSE pour tout le pays, a expliqué M. Chua Chee Yong, directeur de la division « Planning Group » à IHiS et responsable « IT Strategy and Planning » au sein du ministère de la Santé singapourien (MOH). Rejoindre la base nationale de données des patients électronique sera obligatoire à partir d’octobre 2018 pour tous les fournisseurs de santé du pays. »

    « Les ministères jouent un rôle clé » dans le changement que connaît actuellement le secteur de la santé en matière de numérique, insiste M. Chua Chee Yong. Cette transition est assurée par IHiS à travers une feuille de route concentrée autour de sept programmes :

    • 1. Le profilage de la population.

    L’idée est d’exploiter le potentiel des systèmes d’analyse des données pour connecter toutes les informations disponibles au sein du secteur de la santé.

    • 2. L’engagement de la population.

    Ce programme fournira aux consommateurs et aux soignants les connaissances, les idées et les capacités nécessaires à la gestion de leur propre santé et de leurs dépenses de santé mais aussi de celles des personnes à leur charge.

    • 3. La prévention et la continuité des soins.

    L’objectif est de développer un ensemble de capacités communes pour permettre aux systèmes régionaux de santé (RHS) d’exécuter des programmes de prévention au niveau des soins primaires, secondaires et tertiaires mais aussi d’intégrer différents systèmes informatiques de prestataires dans différents contextes afin d’assurer la continuité des soins aux patients.

    • 4. L’excellence des soins et des opérations chirurgicales.

    Le but est de permettre au secteur des soins primaires et intermédiaires et de longue durée disposant de matériel IT basique de se connecter avec les établissements de santé publique afin de partager plus facilement les informations sur les patients dont ils disposent.

    • 5. L’excellence au niveau financier.

    Ce programme assurera l’accessibilité financière des soins aux patients et améliorera la visibilité des coûts et des résultats afin de générer une meilleure rentabilité du secteur.

    • 6. L’établissement de politiques de santé publique.

    L’objectif est d’identifier les besoins d’information communs et de développer des capacités communes pour collecter et analyser les données de santé dans l’optique de soutenir la mise en place des politiques de santé publique et la gestion du secteur.

    • 7. Des fondements solides en matière d’IT.

    L’objectif est de développer des capacités informatiques fondamentales communes pour améliorer leur évolutivité et leur résilience.

    L’idée général du projet du MOH est de « digitaliser » toute la population pour créer une connexion entre tous les acteurs de l’industrie de santé, le tout « en déployant des stratégies adaptées à chaque secteur de soins », explique M. Yong. « Par exemple, si vous souhaitez inciter la population à marcher davantage et que vous ciblez la famille tout entière, en convaincant le père, vous convaincrez la mère (ou inversement), puis les enfants. »

    Une collaboration renforcée entre secteur public et secteur privé

    Le gouvernement singapourien collabore de plus en plus avec des start-up du secteur de la santé numérique et des institutions. « Dans certains cas, le secteur privé est plus à même de répondre aux attentes [de l’industrie] que le secteur public car ses acteurs sont plus efficaces, ils savent rendre commercialisable et profitable une idée. »

    Cette sollicitation des entreprises privées crée une certaine concurrence sur le marché, admet M. Chua Chee Yong, c’est pourquoi les acteurs du secteur ont un devoir de transparence. « Nous devons réfléchir à la manière dont nous collections les données, les utilisons et les partageons. Voilà pourquoi nous avons décidé de créer une plateforme nationale unique, [afin d’uniformiser les pratiques]. »

    Le modèle de DSE déployé par Singapour est certes, inspirant, mais sa réussite est peut-être en partie due à la petite taille du pays. Le même modèle serait probablement plus difficilement applicable à l’échelle d’un État plus vaste et plus peuplé.

    Japon : à la recherche d’un business modèle viable

    NDB : une base de données nationale encore imparfaite

    Au Japon, il existe plusieurs bases de données médicales. L’une des plus importantes est la NDB, la base de données nationale, recueillant plus d’1,8 milliard de données par an et environ 27 millions de données centrées sur les contrôles de santé chaque année.

    Les avantages de la NDB selon le Pr. Hiroshi Nakamura (Keio Business School) :

    • une couverture à quasi 100 % ;
    • un suivi possible même si les patients changent d’hôpital ;
    • la standardisation des données, garantissant une simplicité d’utilisation.

    Le principal point faible de la NDB :

    • la réclamation des informations : le nom de la maladie du patient n’est pas toujours disponible, tout comme la date à laquelle a été enregistrée l’information (le système d’enregistrement est mensuel).

    Vers une plateforme ouverte dédiée au bien-être de la population

    Le gouvernement entend également développer d’ici 2020 PeOPLE, une plateforme ouverte dédiée au bien-être des citoyens qui rassemble sur un même espace numérique des données de santé fragmentées et isolées afin d’améliorer l’analyse des dossiers de santé des patients et leur fournir des conseils médicaux davantage personnalisés.

    Une absence de business modèle

    « Le défi principal à surmonter est l’absence de business modèle, reconnaît le Pr. Nakamura. Comment financer les coûts de maintenance ? Au Japon, les hôpitaux paient généralement les frais liés aux dossiers de santé en espérant attirer davantage de patients et réduire les dépenses personnelles à travers le système d’assurance santé national mais, en réalité, nous avons besoin de développer un [nouveau] business modèle. »

    Depuis début 2018, les consultations médicales en ligne et les prescriptions électroniques commencent à être couverte par le système d’assurance santé nationale mais ce n’est qu’un début. Des alternatives doivent être trouvées par les acteurs du secteur de la e-santé et les gouvernements pour continuer à développer le numérique au sein de l’industrie de santé japonaise.