DMN

  • Microsoft consolide ses ressources IA avec l’acquisition de Bonsai

    Le 20 juin 2018, Microsoft a annoncé avoir fait l’acquisition de Bonsai, une start-up spécialisée dans l’intelligence artificielle déjà soutenue par plusieurs grandes entreprises telles que Samsung ou Siemens.

    L’intérêt porté à cette start-up s’explique par l’activité de celle-ci, qui propose aux entreprises une aide pour intégrer des capacités d’apprentissage automatique et d’intelligence artificielle dans leurs systèmes informatiques.

    Microsoft prévoie ainsi pour la start-up une place centrale dans sa stratégie de développement et d’implantation d’IA dans des systèmes déjà conçus : le groupe annonce que la solution élaborée par Bonsai sera par exemple intégrée à la plateforme Cloud Azure.

    Les conditions financières de l’opération n’ont pas été dévoilées.

  • Kyomed, devenu KYomed INNOV, développe un outil numérique de support aux investigations cliniques

    Kyomed, entreprise française développant des services et des outils dans le domaine de la santé connectée et de la médecine personnalisée, a annoncé par communiqué le 19 juin 2018 le lancement du développement de son premier outil numérique : un ePRO (electronic Patient Reported Outcomes). Par la même occasion, l’entreprise a annoncé son changement de nom – Kyomed devient, pour ses 4 ans, KYomed INNOV.

    ePRO, l’outil connecté que KYomed INNOV vise à développer, doit permettre aux patients, dans le contexte d’une recherche biomédicale, d’auto-déclarer leurs symptômes ou difficultés liés à une affection ou une intervention médicale donnée en temps réel, dans leur environnement quotidien ou en ambulatoire.

    L’ePRO devrait être disponible en novembre 2018, en français et en anglais. KYomed INNOV prévoit de déployer ce dispositif plus largement dans le futur.

    Qu’est-ce que ePRO ?

    L’ePRO est une suite logicielle paramétrable par les investigateurs cliniques qui comprend :

    • une application, pour le patient ;
    • une plateforme web, pour les investigateurs cliniques.

    Fonctionnement du dispositif

    Côté patients

    Les patients, pour utiliser le dispositif, doivent télécharger l’application sur leur propre smartphone, dans une approche BYOD (Bring Your Own Device).

    Cette application permet aux patients de compléter des questionnaires élaborés selon des standards scientifiques ou spécialement créés pour l’étude en question qui concernent :

    • les symptômes ressentis par les patients ;
    • l’impact de l’intervention médicale testée sur la qualité de vie des patients.

    Ils peuvent ainsi faire part de symptômes et de difficultés en temps réel, dans leur environnement quotidien.

    Côté investigateurs

    L’application des patients est reliée à une plateforme en ligne qui permet aux investigateurs de visualiser en temps réel les symptômes déclarés par les patients.

    Cette plateforme est interopérable avec les systèmes informatiques utilisés par les investigateurs. 

    Une application pour être en accord avec la réglementation

    Ce dispositif est notamment conçu pour aider les développeurs de dispositifs connectés à respecter les nouvelles recommandations des agences réglementaires de santé, en particulier le référentiel de bonnes pratiques pour les applications et objets connectés en santé publié par la HAS en octobre 2016, qui recommande d’évaluer et de recueillir des données concernant les sentiments des patients dans leur environnement quotidien et pas seulement au sein du centre clinique.

    En effet, cet outil permet d’intégrer l’ensemble de ces données dans les investigations cliniques et ainsi d’enrichir le dossier en vue du marquage CE ou FDA.

    Étude du dispositif

    Des études pilotes sont menées. Il est prévu qu’elles durent jusqu’au troisième trimestre de l’année 2018.

    Dans le futur, après la mise sur le marché de ce dispositif, les retours des professionnels de santé et des patients seront pris en compte afin d’adapter le logiciel aux besoins qui auront été exprimés.

  • Rétinopathie diabétique : le 1er ministre indien félicite Graphene pour son programme numérique

    Lors de sa venue à Singapour le 31 mai 2018 pour visiter l’exposition India-Singapore Enterprise and Innovation, le Premier ministre indien Narendra Modi a passé en revue avec son homologue singapourien, Lee Hsien Loong, la technologie d’intelligence artificielle (IA) de la société Graphene Services, basée au sein de la cité-État, qui a été adoptée par les médecins pionniers du Vittala Institute of Ophthalmology du Karnataka (État du sud-ouest de l’Inde).

    Le Dr Krishna et son équipe ont présenté leur initiative pour le dépistage précoce et le traitement de la rétinopathie diabétique (RD) chez les patients vivant dans les zones rurales isolées de l’Inde reposant sur Coronis, une plateforme numérique.

    Nayana : une clinique mobile et numérique

    Les experts de la société Graphene ont passé des décennies à élaborer des protocoles et des systèmes pour offrir des soins aux patients des régions rurales de leur hôpital situé à Bengaluru via leur programme Nayana.

    Un programme lancé il y a douze ans

    Le programme en question a été établi en 2006 en tant que projet pilote avec le soutien de la Fondation mondiale du diabète (World Diabetes Foundation) pour détecter, diagnostiquer et traiter la RD dans les villages du Karnataka, grâce à un système de clinique mobile.

    La clinique mobile est une camionnette dotée de tous les équipements nécessaires au traitement de la rétinopathie diabétique. Elle comporte aussi des boîtes spéciales conçues pour amortir les chocs afin de protéger les dispositifs délicats et coûteux sur les routes dangereuses du Karnataka rural.

    5 000 patients suivis

    Nayana a permis le partage de matériel et d’expertise en matière de rétinopathie diabétique, avec 83 ophtalmologistes exerçant dans 24 zones géographiques réparties dans 13 districts de l’État du Karnataka.

    Depuis 2016, ce programme inclut un dispositif de dossiers médicaux électroniques et un système numérique de suivi des patients. Avec Coronis, une plateforme technologique de soins développée par Graphene Service, Nayana a pu enregistrer et suivre de manière régulière 5 000 patients.

    Le Premier ministre indien soutient Graphene

    « Nous étions satisfaits de ce que nous faisions, mais il y avait encore une grande lacune. Les patients que [nous traitions] et qui [devaient] revenir pour un suivi ne se présentaient pas tous aux rendez-vous, a expliqué le Dr. Krishna à Thehealthsite.com. Nous avons donc pensé : « Et si nous avions une méthode active de suivi pour chaque patient ? » Humainement, il est très difficile de suivre des milliers de patients. Par conséquent, nous étions à la recherche d’un bon système de dossiers électroniques et c’est à ce moment-là que Graphene est apparu. »

    « [Le 31 mai], (…) le Premier ministre M. Modi a visité notre stand. J’ai appris qu’il était très intéressé par le programme. Il voulait savoir où cela se passait, quel district du Karnatak était concerné. Il a félicité l’équipe pour son bon travail et leur a demandé de continuer », a-t-il ajouté.

    Un programme adopté en Thaïlande et au Bangladesh, bientôt peut-être aux USA

    Singapour est le dernier pays en date à avoir pris connaissance du programme. L’utilisation du dispositif de Graphene Services est actuellement explorée par des hôpitaux aux États-Unis, au Japon et en Suisse, et le système a été adopté par des hôpitaux en Thaïlande ainsi qu’au Bangladesh.

  • Diabetic retinopathy: Indian PM congratulates Graphene on its digital program for rural patients

    During his visit to Singapore on May 31, 2018 for the India-Singapore Enterprise and Innovation Exhibition, Indian Prime Minister Narendra Modi reviewed with his Singaporean counterpart Lee Hseng Loong the artificial intelligence (AI) technology of Singapore-based company Graphene, which has been adopted by the pioneering doctors of Karnataka’s Vittala Institute of Ophthalmology (southwest India).

    Dr Krishna and his team talked about their initiative for early detection and treatment of diabetic retinopathy (DR) among rural patients.

    Nayana: a mobile and digital clinic

    Graphene’s experts have spent decades developing protocols and systems to offer care to patient from their Bengaluru-based hospital living in remote rural areas, through their program Nayana.

    A program launched 12 years ago

    The program was established in 2006 as a pilot project with the support of the World Diabetes Foundation to detect, diagnose and treat DR in Karnataka villages via a mobile clinic.

    The mobile clinic is a van with all the equipment needed to treat diabetic retinopathy. It also includes special shock-absorbing boxes to protect delicate and expensive equipment on treacherous roads in rural Karnataka.

    5,000 patients tracked

    The Nayana program enabled sharing of DR equipment and expertise, with 83 practicing ophthalmologists in 24 geographical locations spanning 13 districts in state of Karnataka.

    Since 2016, this program has been expanded to include electronic medical records and patient tracking system. With Coronis, a healthcare technology platform designed by Graphene Service, Nayana has been able to register and track 5,000 patients regularly.

    Indian Prime Minister shows interest in Graphene

    « We were happy with what we were doing but there was still one big lacuna. Patients who you treat and want them to come for a follow-up, still miss out, for various reasons, » Dr Krishna said to Thehealthsite.com. « So, we thought ‘what if we had an active method of tracking each and every patient’. Manually, it’s very difficult to track thousands of patients. Hence, we were on a lookout for a good electronic records system and that’s when Graphene came into picture. »

     » [On may 31], we were represented by Graphene when Prime Minister Modi visited our stall. I got to know he was very interested in the program. He wanted to know where it was happening, which district in Karnataka. He did congratulate the team there on their good work and asked them to continue with it, » Dr Krishna added.

    A program adopted in Thailand and Bangladesh, maybe soon in Japan and the USA

    Singapore is the latest country to learn from the program. Nayana has been adopted by hospitals in Thailand and Bangladesh and is being explored by hospitals in Japan, the United States and Switzerland.

  • Le groupe sud-coréen KT lance un système de santé numérique sur le Transsibérien en Russie

    La deuxième compagnie de télécommunications sud-coréenne, Korea Telecom (KT), a annoncé fin mai 2018 qu’elle allait travailler avec le gouvernement russe pour déployer un système de santé numérique sur le Transsibérien.

    Le dispositif permettra au personnel du train de surveiller l’état de santé des passagers souffrant de maladies diverses et de leur fournir des soins de base.

    KT prévoit de lancer officiellement le système d’ici la fin de l’année.

    KT : un important partenariat avec Russian Railways

    L’entreprise sud-coréenne collabore également avec le Seoul National University Bundang Hospital pour établir un système de soins à distance qui reliera cinq hôpitaux gérés par Russian Railways, l’opérateur ferroviaire national, à l’hôpital central clinique de Moscou.

    Russian Railways est l’un des trois premiers opérateurs ferroviaires au monde et gère 173 hôpitaux en Russie.

    KT sera responsable de l’approvisionnement et de la construction de la plateforme tandis que le Bundang Hospital formera l’équipe médicale russe.

    Une plateforme pour mieux suivre l’état de santé des passagers

    Le chemin de fer transsibérien, ou Transsibérien, relie Vladivostok à Moscou, en Russie, sur plus de 9 200 kilomètres. Un voyage à sens unique dure sept jours et les trains ne sont actuellement équipés que de dispositifs de diagnostic simples, tels que des manomètres.

    Le manque de dispositifs médiaux rend difficile pour le personnel du train la vérification de l’état de santé des passagers atteints de maladies chroniques comme les maladies cardiaques, mais aussi des femmes enceintes et des personnes souffrant de problèmes de reins, de foie ou de vésicule biliaire.

    Un diagnostic mobile des maladies cardiovasculaires et du diabète

    La plateforme de diagnostic mobile conçue par KT, que la société décrit comme « l’intégration ultime » des technologies d’information et de communication de pointe, permettra au personnel du Transsibérien de diagnostiquer les maladies cardiovasculaires et respiratoires ainsi que le diabète et le cancer de la prostate avec un simple échantillon d’urine et de sang.

    Les dispositifs à installer dans le train comprendront également des ondes ultrasonores capables de détecter les dysfonctionnements du rein, du foie et de la vésicule biliaire chez un passager et d’examiner le fœtus chez les femmes enceintes, rapporte l’entreprise (source : Koreajoongangdaily.joins.com).

    Une plateforme pour communiquer avec des médecins depuis les trains

    Comme la plateforme est équipée d’un système Bluetooth et du wifi, le personnel des trains pourra communiquer avec des médecins et enregistrer les données de diagnostic sur le dossier de santé du patient.

    KT a précisé que son dispositif était également doté d’une intelligence artificielle pour faciliter l’analyse des rayons X.

    TIC médicales : KT sélectionné pour la 2ème fois par le ministère de la Santé

    Le ministère de la Santé et du Bien-être dirige les projets sud-coréens en Russie. Chaque année, le ministère sélectionne quelques entreprises spécialisées dans les technologies de l’information et de la communication (TIC) médicales pour mener à bien des projets à l’étranger.

    C’est la deuxième année que la société KT remporte l’offre. En 2017, elle a a construit une plateforme numérique de soins pour douze hôpitaux en Asie centrale.

  • Russia: South Korean telecom group KT to build a digital health system on Trans-Siberian Railway

    KT, South Korea’s second-largest telecommunications company, announced in late May 2018 that it will work with the Russian government to build a digital healthcare system on the Trans-Siberian Railway, which will be able to monitor passengers’ health conditions and allow staff to provide them with basic care.

    KT plans to complete the project by the end of the year.

    KT: a big partnership with Russian Railways

    The South Korean company is also collaborating with Seoul National University Bundang Hospital to establish a remote healthcare system that will connect five hospitals run by Russian Railways, the national rail operator, with the Central Clinical Hospital in Moscow.

    Russian Railways is one of the top three rail operators in the world and runs 173 hospitals across Russia.

    KT will be responsible for supplying and building the platform and Bundang Hospital will advise and train the Russian medical team.

    A platform to better monitor the health conditions of passengers

    The Trans-Siberian Railway connects Vladivostok to Moscow in Russia over 9,200 kilometers. A one-way trip lasts seven days and trains are currently only equipped with simple diagnostic devices, such as blood pressure gauges.

    That makes it difficult for train staff to check the conditions of passengers with chronic diseases such as heart disease, pregnant women or people with kidney, liver or gallbladder problems.

    Mobile diagnosis of cardiovascular diseases and diabetes

    KT’s mobile health diagnostic platform, which the company describes as the « ultimate integration » of cutting-edge information and communication technologies, will enable train staff to diagnose cardiovascular and respiratory diseases as well as diabetes and prostate cancer with a minimal amount of urine and blood.

    The devices to be installed in the train will also include ultrasonic waves capable of detecting kidney, liver and gallbladder malfunctions and examining the fetus in pregnant women, said the company (source: Koreajoongangdaily. joins.com).

    A platform to communicate with doctors from trains

    As the platform is equipped with a Bluetooth system and WiFi, train staff can use it to communicate with doctors and record the diagnostic data on the patient’s health record.

    KT said its device also had artificial intelligence to facilitate X-rays analyses.

    Medical ICT : KT selected by the Ministry of Health for the 2nd time

    The Ministry of Health and Welfare is leading the Korean projects in Russia. Every year, the ministry selects a few companies specialized in medical-related information and communications technology (ICT) to carry out projects abroad.

    This is the second year that KT has won the bid. In 2017, the firm built a digital healthcare platform for 12 hospitals in Central Asia.

  • Etude : la réalité virtuelle lutterait efficacement contre la phobie des aiguilles

    L’utilisation de casques de réalité virtuelle pourrait être une bonne option non-pharmacologique pour lutter contre la phobie des injections. D’après une étude* publiée en mai 2018 dans le journal Pain Management, plus de 94% des enfants équipés de casques de réalité virtuelle éprouvent moins de peur et de douleur lorsqu’ils sont vaccinés. Cette étude pilote met en évidence le caractère simple et peu coûteux d’une telle solution.

    Plus de 60% des enfants auraient peur des aiguilles. D’après certaines études, la phobie serait telle que 7% des parents ne se conformeraient aux recommandations vaccinales à cause de la peur des aiguilles qu’éprouvent leurs enfants. A ce jour, il n’est cependant pas prouvé que cette phobie joue un rôle dans l’incidence des maladies évitables grâce à la vaccination. Cependant, « tout doit être fait pour augmenter le nombre d’enfants vaccinés à temps », estiment des chercheurs américains de l’Université Florida Atlantic, à Boca Raton.

    La réalité virtuelle, un outil anti-douleur

    Ces derniers ont donc mis sur pied une étude pilote pour évaluer la faisabilité de l’utilisation de la réalité virtuelle pendant des actes de vaccination pédiatrique. Des études récentes ont déjà mis en évidence l’efficacité de la réalité virtuelle pour réduire la douleur et l’anxiété dans de nombreux actes de soins, tels que des chimiothérapies et des ponctions lombaires. Comparé à des jeux vidéos traditionnels, la réalité virtuelle a déjà montré qu’elle augmentait davantage le niveau de distraction chez des enfants. En fait, des recherches précédents ont révélé que les humains ont une capacité limitée d’attention et donc, si une personne suit un autre stimulus, différent d’un stimulus nociceptif, ils percevront le stimulus douloureux comme moins sévère.

    Lunettes et casque VR contre aiguille

    Les chercheurs américains de l’Université Florida Atlantic ont donc mené une étude pilote auprès de 17 enfants, âgés de 6 à 17 ans, et de leurs parents (ou accompagnateurs). Lors d’une piqûre de vaccination, ils devaient porter des lunettes et un casque de réalité virtuelle. Une application mobile d’immersion en VR était lancée sur un smartphone. Les patients pouvaient choisir entre un vol en hélicoptère, un vol en montgolfière et une expérience de montagnes russes. Pendant l’immersion, le professionnel de santé pratiquait l’injection. Avant et après la piqûre, les enfants et les parents répondaient à deux échelles de la douleur.

    Les résultats de leurs travaux ont été publiés en mai dans le journal Pain Management.

    Résultats

    • Dans 94% des cas, les niveaux de peur et de douleur se sont améliorés grâce à la réalité virtuelle. Les niveaux étaient plus faibles dans la réalité que ceux qui avaient été anticipés.
    • Le niveau de peur perçue par le parent diminuait de 77%
    • Le niveau de douleur perçue par le parent diminuait de 83%
    • Le niveau de peur perçue par l’enfant était réduit de 90%
    • Le niveau de douleur perçue par l’enfant était réduit de 77%
    • 94% des enfants ont déclaré vouloir utiliser la réalité virtuelle pour leur prochaine vaccination

    Le besoin d’études randomisées

    Les résultats de cette étude pilote sont encourageants en terme d’efficacité. Les auteurs soulignent par ailleurs que la faisabilité d’un tel dispositif. D’une part, un équipement de réalité virtuelle coûte moins de 50$ et l’application moins de 1$. D’autre part, l’utilisation de la VR pendant un acte de vaccination ne nécessite pas de personnel soignant supplémentaire. En revanche, l’utilisation des lunettes et du casque rallonge un peu le temps de consultation, même si dans l’étude les enfants étaient déjà initiés à ce maniement.

    Bien sûr, le nombre limité de participants limite la portée de cette étude pilote. Des études contrôlées et randomisées devront être menées pour comparer la VR à d’autres techniques de distraction. Elles devront aussi tenter de déterminer l’âge limite pour recourir à la réalité virtuelle.

    « J’espère que cette technique de distraction se répandra dans d’autres services de pédiatrie, car toute méthode qui augmente le pourcentage d’enfants vaccinés dans les délais est cruciale en soins primaires pédiatriques, a déclaré Rudnick Chad, professeur associé à l’université Florida Atlantic et premier auteur de l’étude. Beaucoup d’enfants pleurent et se débattent dans la salle d’examen pour éviter une injection. Cela vaut la peine de poursuivre les études sur les avantages de l’utilisation de casques de réalité virtuelle si les enfants reçoivent les vaccins préconisés. »

  • Néphrologie : l’APHP lance un programme d’information, prévention et accompagnement gratuit en ligne

    L’assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP) a, le 7 juin 2018, lancé un programme gratuit disponible en ligne et en français de prévention et d’accompagnement passant par la diffusion d’un savoir sur les maladies rénales. Ce programme prend la forme d’un « Massive Open Online Course » (Mooc : programme gratuit en ligne destiné à tous les publics), ouvert à tous et d’une durée de 6 semaines.

    Si des néphrologues de l’Hôpital de la Pitié Salpêtrière (Paris) sont à l’initiative de ce projet, celui-ci a par ailleurs été soutenu par l’AP-HP, la Newcastle University, les Hôpitaux Universitaires Pitié Salpetrière Charles Foix et financé par eitHealth.

    Ce programme se veut avant tout connectiviste (inscrit dans une logique d’apprentissage interconnectée à un réseau d’individus via des outils numériques, en « peer-to-peer »). En effet, il propose d’apprendre en étant placé « dans le quotidien d’une personne malade, d’un proche qui accompagne un patient, de personnes à risque préoccupées de se protéger, des soignants qui cherchent traiter au mieux, d’industriels qui innovent ou de chercheurs qui se questionnent » a expliqué le Pr C. Isnard Bagnis, de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière.

    Les quatre objectifs principaux de ce Mooc sont de transmettre des savoirs, de favoriser l’échange et le débat, de permettre la co-construction de solutions et de fédérer les personnes concernées par les affections rénales. Ces objectifs doivent être atteints à travers 6 modules d’apprentissage et d’échange, dont chacun dure une semaine.

    En outre, un projet de recherche fondé sur le traitement des données générées par ce programme est adossé au Mooc.

    Intervenants et participants au programme

    Les concepteurs de ce programme tiennent à réunir toutes les personnes potentiellement concernées par les maladies rénales, soient :

    • les patients et les personnes à risque ;
    • les aidants ;
    • le grand public (population générale) ;
    • les professionnels de la santé ;
    • les structures spécialisées dans la prise en charge des pathologies rénales et autres acteurs de la néphrologie ;
    • les institutions et les promoteurs de la santé ;
    • les start-ups et autres acteurs de l’innovation médicale ;
    • les médias.

    Les objectifs du MOOC

    Transmettre

    • Faire des maladies rénales un sujet connu et mieux compris.
    • Transmettre des connaissances et créer une intelligence collective à ce sujet.
    • Prévenir les personnes à risque et sensibiliser au dépistage.

    Echanger et débattre

    • Créer le débat et favoriser l’émergence d’idées.
    • Faciliter l’interaction entre professionnels de la santé, patients et aidants.
    • Interroger les institutions et les entreprises sur les améliorations qu’elles peuvent apporter au secteur.

    Co-construire des solutions

    • Résoudre des problèmes et favoriser l’émergence de solutions.
    • Favoriser l’émergence d’initiatives et de projets Medtech.
    • Identifier de nouveaux usages et innovations en intelligence collective pour promouvoir l’autonomie ainsi que le renforcement des capacités des patients dans leur propre prise en charge.

    Fédérer

    • Autour des savoirs.
    • Autour des savoir-êtres : favoriser l’intégration des malades dans la société en les aidant à être compris dans leurs difficultés et leurs attentes, améliorer le bien-être physique ou moral des patients grâce à un soutien collectif.
    • Autour des savoir-faires.
    • Sensibiliser le plus grand nombre de citoyens au don d’organes.

    Programme de la formation

    6 modules, chacun d’une semaine, abordent les thèmes suivants :

    • « A quoi servent les reins ? » ;
    • « Ce qui rend les reins malades » ;
    • « Protéger les reins » ;
    • « Bien manger pour les reins » ;
    • « Vivre la maladie au quotidien » ;
    • « Remplacer la fonction des reins ».

    Projet de recherche adossé au Mooc

    Un projet de recherche est adossé à ce Mooc, qui devient alors lui-même un projet expérimental de big data : son but est de faire évoluer les outils de prévention, voire la prise en charge des malades.

    Il est en effet prévu que les données anonymes recueillies sur la plateforme du Mooc soient analysées afin d’aider à la compréhension des attentes de toutes les personnes concernées par les affections rénales et d’adapter les programmes d’éducation à leurs besoins réels et faire évoluer la néphrologie vers une médecine plus personnalisée.

  • Etude : pourquoi les applis mobiles de santé mentale sont sous-utilisées

    Les applications mobiles offrent un fort potentiel d’amélioration des soins de santé mentale mais sont sous-utilisées.
    Des chercheurs américains et australiens ont mené une revue de la littérature* afin de connaître les causes de ce faible engagement.
    Les résultats publiés le 5 juin dans Evidence Based Mental Health Month (groupe British Medical Journal, BMJ) mettent en évidence une conception médiocre des applis et des problèmes de confidentialité.

    L’intérêt de la psychiatrie pour la e-santé

    Deux-tiers des applications mobiles dédiées à une maladie portent sur un trouble psychologique. La grande majorité des applications mobiles qui s’adressent aux dépressifs relèvent du bien-être et non de la prise en charge médicale. Cependant, face au manque cruel de psychiatres, ces derniers s’intéressent de près aux applis mobiles d’aide au diagnostic ou de prévention. Contre les troubles anxieux par exemple, des conseils simples pour affronter des situations de stress permettent à chacun de renforcer ses défenses. De même, les carnets de jour sur lequel le patient répond régulièrement à des questions sur son humeur ou encore son sommeil permettent de faire une évaluation écologique instantanée (EEI), autrement dit de retranscrire la réalité de l’instant.

    Et même si ces outils ne remplacent pas la consultation en face à face, ils sont porteurs d’espoir à l’heure où la dépression est principale cause d’invalidité dans le monde et les taux de suicide augmentent. En dépit des preuves scientifiques de la pertinence de ces outils et des besoins croissants, l’utilisation clinique de ces applis reste limitée. C’est pour comprendre cette situation paradoxale que des chercheurs américains et australiens ont mené une étude de la littérature.

    Tout d’abord, les chercheurs soulignent que cette faible adhérence touche l’ensemble des applications mobiles de santé. Selon les études menées par les industriels eux-mêmes, 74% des utilisateurs cessent de se servir de leur appli après 10 usages.

    Résultats : 5 freins

    L’étude de la littérature a ensuite permis d’identifier plusieurs causes à ce manque d’intérêt sur la durée pour les applications mobiles de santé mentale. Les résultats ont été publiés le 5 juin dans Evidence Based Mental Health Month (groupe BMJ)

    • Des applis pas très « user friendly »

    La difficulté d’utilisation constitue un frein majeur. Une étude nationale a par exemple fait ressortir que le temps nécessaire pour rentrer les données personnelles était la raison la plus souvent avancée pour abandonner l’utilisation. Dans une autre étude, plus de 50% des personnes qui souffraient de dépression éprouvaient des difficultés à rentrer les informations concernant leur humeur. Globalement, les utilisateurs déclarent qu’ils avaient sous-estimé le temps nécessaire pour faire ces notifications.

    • Des applis éloignées des besoins des utilisateurs

    Ces outils qui visent l’autonomisation des patients ne répondent pas toujours à leurs attentes. Plusieurs études montrent que le suivi des symptômes – souhaité par les médecins- peut avoir une influence négative sur l’humeur des patients. Et ces derniers ne sont pas toujours désireux de remplir ce carnet de bord. Les patients sont demandeurs de fonctionnalités les aidant à résoudre des problèmes quotidiens tels qu’être capable de repérer des signes d’alerte précoce pour les bipolaires. Ils réclament aussi plus de soutien émotionnel.

    • Des applis peu respectueuses de la vie privée

    Les chercheurs ont constaté que beaucoup d’applis n’offrent aux utilisateurs aucune protection de leurs informations personnelles de santé et que certaines les vendent. Ils citent une enquête menée en 2017 qui révélait que seulement 30% des applications appliquaient une vraie politique de confidentialité. Une étude australienne, menée quant à elle en 2015, a montré que sur les 79 applis certifiées fiables par le NHS 89% transmettaient des données à un tiers et aucune ne disposait d’un système de cryptage… « 

    • Le manque de preuves d’efficacité

    Si les patients abandonnent leur appli de santé mentale rapidement, c’est sans doute aussi par défiance. Les auteurs de l’étude ont constaté que des publicités vantant les mérites de ces outils suscitaient un scepticisme certain chez les utilisateurs. « Bien que les preuves cliniques pour les applications soient minimes, le nombre d’applications directement téléchargeables aujourd’hui est énorme, plus de 10 000 applications rien que pour la santé mentale, » écrivent les auteurs de cette revue de la littérature.

    • L’inutilité en période de crise

    Les chercheurs notent également que ces outils ne sont d’aucune aide lors de moments de crises, tels que des pensées suicidaires. Les applications consacrées à l’automutilation seraient abandonnées pour ce manque d’efficacité au moment crucial. Les agents conversationnels ne sont pas suffisamment conçus non plus pour gérer ces crises.

    Comment favoriser l’adoption des applications

    Les auteurs de cette étude fournissent donc plusieurs pistes pour améliorer l’utilisation des applications mobiles de santé mentale.

    • impliquer les utilisateurs dans la conception de ces applis
    • concevoir des applis qui ne remplacent pas les professionnels de santé mais qui complètent la prise en charge
    • éduquer les patients aux technologies mobiles de la santé
    • développer des applis capables d’offrir un soutien en période de crise 

    Cependant, les auteurs de cette étude sont conscients que l’application la mieux conçue ne sera jamais utilisée si les usagers ne parviennent pas à faire leur marché. Ils appellent donc de leurs voeux une régulation du marché afin d’orienter les utilisateurs vers les meilleurs dispositifs.

  • Silver économie : les lauréats 2018 de la Bourse Charles Foix

    Silver Valley, écosystème de 300 acteurs de la Silver économie francilienne qui se donne pour but de soutenir les initiatives dans ce domaine, a dévoilé, le 13 juin 2018, les trois lauréats de la 15ème édition de la Bourse Charles Foix.

    Le jury, constitué d’experts et de séniors, a alloué un montant total de 45 000 euros à 3 entreprises françaises dont l’offre a été jugée particulièrement innovante sur le marché de la Silver économie :
    – Courseur, qui propose un service collaboratif de livraison à domicile ;
    – Neuradom, qui développe un programme innovant conçu pour aider les personnes âgées en situation de handicap à recouvrir leur autonomie ;
    – 2 Min Ensemble!, qui propose un jeu de société censé favoriser l’interaction entre générations.

    1er lauréat de la Bourse Charles Foix

    Courseur, service de courses collaboratives entre particuliers

    Le premier lauréat de la Bourse Charles Foix est l’entreprise Courseur, qui déploie une application du même nom, un service de courses entre particuliers. Ce service collaboratif veut prendre le relais des services de livraison à domicile que les magasins n’assurent que dans un court rayon autour des lieux de vente et ainsi venir en aide aux personnes en perte d’autonomie, incapables de subvenir à leurs besoins par leurs propres moyens.

    Fonctionnement de l’application

    Plus concrètement, l’application, disponible et téléchargeable sur smartphone, permet de :

    • se faire livrer : il est possible de choisir un créneau de livraison et des produits des magasins partenaires de Courseur avant de payer en ligne ces produits et le livreur ;
    • devenir livreur : le livreur peut indiquer sur l’application un créneau de courses. Les listes de courses de particuliers voisins du livreur utilisant Courseur lui sont alors envoyées via l’application. Un livreur reçoit un dédommagement de 2,5 euros par course et une contrepartie de 10% des courses réalisées.

    Perspectives

    L’entreprise souhaite étendre ses partenariats avec des magasins autres que Leaderprice, partenaire actuel de Courseur.

    2ème et 3ème places

    2ème lauréat de la Bourse Charles Foix : Neuràdom

    La deuxième place a été décernée à Neuràdom, qui propose AutonHome, un service innovant de rééducation complexe et de remise en condition physique à domicile destiné aux personnes atteintes d’un handicap transitoire : par ce service de télé-rééducation, Neuràdom se donne pour objectif de démocratiser la rééducation.

    Neuràdom s’adresse en particulier :

    • aux personnes victimes d’AVC présentant des séquelles telles que la paralysie, afin de faciliter leur rééducation ;
    • aux patients atteints par la maladie de Parkinson, pour favoriser le contrôle des mouvements ;
    • aux personnes souffrant de maladie d’Alzheimer afin de ralentir la progression de la pathologie et l’apparition de complications cognitives, motrices ou perceptives ;
    • aux personnes présentant des syndromes post-chutes pour améliorer leur autonomie, leurs facultés déambulatoires, et lutter contre les facteurs de rechute.

    Cette solution prend la forme d’un logiciel de vision 3D personnalisable, commandé par ordinateur et connecté au praticien, fondé sur les protocoles médicaux qui définissent les prises en charge dans les centres de soins.

    3ème lauréat de la Bourse Charles Foix : 2 Min Ensemble !

    Le jury a décerné la troisième place à l’entreprise 2 Min Ensemble, qui propose un jeu de société conçu pour favoriser les interactions entre les générations.

    Il comprend 52 cartes (associées à des souvenirs, des expériences, etc.), et ses règles sont censées aider les jeunes ou les anciens à rendre plus intelligibles aux oreilles de l’autre des éléments de leur vie passée ou présente.

    La récompense

    La récompense est d’abord financière :

    • 10 000 euros sont accordés au 3ème lauréat.
    • 15 000 euros sont accordés au 2ème lauréat.
    • 20 000 euros sont accordés au 1er lauréat.

    Il est également accordé aux lauréats :

    • une adhésion gratuite à Silver Valley pendant deux ans ;
    • un accès à 6 mois d’hébergement gratuits au sein de la plateforme Silver Innov.