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  • Une plateforme informatisée de régulation des sorties de patients mise en place au CHRU de Nancy

    Le Centre Hospitalier Régional Universitaire (CHRU) de Nancy a annoncé, dans un communiqué daté du 23 mai 2018, la mise en place d’une plateforme informatisée de régulation des transports des patients en sortie d’hospitalisation.

    Environ 400 transporteurs (transporteurs sanitaires et taxis) ont déjà adhéré à la plateforme, opérationnelle au CHRU depuis le 25 avril 2018.

    Contexte : pourquoi recourir à une plateforme de régulation des sorties ?

    Pour chaque patient en sortie d’hospitalisation se pose la question des modalités du retour à son domicile : peut-il y retourner par ses propres moyens ? Son état de santé justifie-t-il le recours à un transport approprié (ambulance, VSL, taxi, etc.) ?

    Dans le dernier cas, le recours à un moyen de transport approprié peut s’avérer complexe pour les professionnels de la santé. « Le personnel hospitalier était obligé de passer des coups de téléphone pour faire ce travail, ce qui pouvait prendre jusqu’à 45 minutes par patient » explique dans le communiqué Yves Rundstadler, directeur des services logistiques et biomédicaux du CHRU de Nancy, d’où une centaine de patients sortent d’hospitalisation chaque jour. « Désormais un logiciel permet de gagner du temps, de planifier le transport en amont de la sortie [du patient], […] dont les besoins spécifiques [peuvent être] précisés aux transporteurs via la plate-forme », ajoute-t-il.

    Fonctionnement et mise en oeuvre de l’outil

    La plateforme, en pratique

    Le CHRU utilise comme plateforme le module de régulation des transports (module d’une valeur de 74000 euros) du logiciel PTAH, édité par la société GéoSoft Aquitaine.

    D’après GéoSoft Aquitaine, ce module a pour but d’aider à la gestion des transports externes et au sein de l’hôpital en orientant les transports sanitaires et le brancardage vers les services concernés, en temps réel, en permettant une vue d’ensemble des ressources actives, occupées ou disponibles, des contrôles, des aides à l’affectation, les trajets des agents optimisés, des remontées d’alarmes, etc. 

    Plus concrètement, lorsqu’une infirmière crée une demande de sortie, le transporteur (choisi par le patient ou, si le patient n’a pas émis de choix particulier, un transporteur proche de son domicile) reçoit une demande de prise en charge. Cette demande lui est transmise par SMS ou serveur vocal. Le transporteur dispose de 15 minutes pour accepter cette demande, sinon automatiquement transférée à un autre transporteur.

    Une charte pour encadrer la mise en oeuvre de la plateforme

    La mise en place de la plateforme s’appuie sur une charte, signée en décembre 2017 par l’ARS Grand Est, la CPAM de Meurthe-et-Moselle, le CHRU de Nancy et les transporteurs sanitaires et taxis du département (environ 400 entreprises de transport ont à l’heure actuelle adhéré à la charte), représentés par leurs syndicats et fédérations.

    Cette charte définit :

    • les modalités de fonctionnement de la plateforme ;
    • le tour de rôle entre les transporteurs, pensé de manière à répartir équitablement les courses entre les transporteurs dans l’hypothèse où le patient n’aurait pas choisi de prestataire.

    Objectifs de l’utilisation de la plateforme

    Améliorer la prise en charge des patients à leur sortie

    « Cet outil vise à améliorer la qualité du service rendu au patient en facilitant l’organisation de son transport de sortie » est-il déclaré dans le communiqué. Le CHRU, par l’intermédiaire de cette plateforme, souhaite en particulier :

    • réduire le risque d’indisponibilité des transporteurs ;
    • réduire les délais d’attente des patients ;
    • faciliter la communication entre les services hospitaliers d’une part et les transporteurs sanitaires et taxis d’autre part, c’est-à-dire faciliter la recherche d’un transporteur par les équipes hospitalières en évitant l’utilisation du téléphone ;
    • adapter au mieux le transport aux besoins des patients.

    Économiser les ressources

    Le CHRU de Nancy croit par ailleurs que la mise en place de la plateforme (subventionnée à hauteur de 84 000 € par l’ARS) pourra permettre – par la facilitation de l’organisation des transports partagés – d’économiser les ressources de la Sécurité sociale.

    « Cette démarche est une mesure phare du Contrat d’amélioration de la qualité et de l’efficience des soins, signé entre l’ARS, l’Assurance Maladie et le CHRU, qui a pour objectif de limiter les dépenses de transports prescrits par l’établissement à la charge de l’Assurance Maladie » explique le CHRU.

    En effet, à une échelle nationale,  les frais de transports de patients représentent, d’après un dossier de presse de l’Assurance Maladie intitulé « Maîtrise des dépenses d’Assurance Maladie : le transport des patients », des dépenses importantes (5,2 % de l’Ondam soins de ville et 2,4 % de l’Ondam total) et qui augmentent significativement : en 10 ans, ce poste de dépenses est passé de 2,3 milliards d’euros (2003) à plus de 4 milliards d’euros (2014). En 2015, il a connu une hausse de 3,7 %, augmentation des dépenses pouvant s’explique notamment par le recours de plus en plus systématique à des transports coûteux (ambulances et taxis).

  • Etude : les patients cardiaques acceptent bien la surveillance par Fitbit (Jamia)

    Des traqueurs d’activité grand public se révèlent être des bons outils de monitoring médicaux. Des chercheurs américains ont démontré que des patients souffrant de maladies cardiovasculaires supportaient très bien le port d’un Fitbit.

    Avec un taux d’adhérence de 90%, ce traqueur était moins abandonné que les accéléromètres traditionnels. En outre, les données collectées par le bracelet étaient cohérentes avec les données cliniques recueillies auprès du patient.

    Leurs travaux* ont été publiés le 29 mai 2018 dans Journal of the American Medical Informatics Association (Jamia).

    La surveillance à distance des malades afin de poser un diagnostic et d’assurer leur prise en charge représente un enjeu majeur de santé publique. Plusieurs dispositifs de télémonitoring ont déjà été testés mais leur validité scientifique est souvent modérée par le taux d’adhérence des patients. En effet, après une phase d’enthousiasme, bon nombre de patients ont tendance à les abandonner. Leur pertinence est donc diminuée par ce taux d’attrition relativement élevé.

    Le télémonitoring assuré par un Fitbit

    Face à cette difficulté, des chercheurs américains de l’université de Californie ont voulu savoir si les traqueurs d’activité destinés au grand public étaient mieux acceptés par les patients. Ces bracelets connectés sont perçus comme simples d’utilisation, assurant un bon retour d’information et une sorte de soutien aux malades. Ces approches ont été largement utilisées mais dans des études portant sur de petits échantillons ou chez des sujets sains. Par ailleurs, les données étaient agrégées au fil des jours ou des semaines, ce qui limite la précision avec laquelle les patients peuvent être surveillés et restreint la capacité de détecter des problèmes ou d’intervenir lorsque cela est bénéfique pour les patients.

    200 coronariens suivis pendant 3 mois

    Les auteurs de l’étude, dont les résultats ont été publiés le 29 mai 2018 dans Journal of the American Medical Informatics Association (Jamia), ont donc inclus quelque 200 insuffisants coronariens traités au Cedars-Sibai Medical Center. Chacun d’entre eux s’est vu confier un Fitbit Charge 2 pour monitorer leur activité physique, leur fréquence cardiaque et leur sommeil. Des questionnaires sur leur état de santé leur ont également été remis et ils ont été suivis pendant 90 jours. Ces patients dont la pathologie cardiaque est stable peuvent cependant souffrir d’événements indésirables majeurs, dont les signes précurseurs ne sont pas détectés cliniquement. « Il existe un besoin urgent de valider et de mettre au point des techniques rentables pour surveiller cette grande population entre les visites de soins de santé, écrivent les auteurs de l’étude. Et les niveaux d’adhérence sont directement liés à la faisabilité de l’utilisation clinique. » Ils ont donc comparé la capacité à détecter l’activité et l’adhérence au bracelet Fitbit aux méthodes standard telles que les accéléromètres.

    Résultats

    • Le taux d’adhésion médian au Fitbit était de 90%. Le taux d’attrition quotidien était de 0,09%. Au bout de 90 jours, 72% des patients portaient toujours le bracelet.
    • Dans des études similaires, le taux d’adhésion à des outils de télémonitoring traditionnels était de 16% pendant quatre semaines.
    • Le nombre de pas quotidiens enregistré par le Fitbit était de 4 882 et il était cohérent avec les données recueillis via les questionnaires.
    • Le nombre d’heure de sommeil était légèrement sous-estimé. Le retrait du bracelet pendant la nuit peut en partie expliquer ce phénomène.
    • Le nombre de battements cardiaques par minute était sous-estimé d’environ 30 battements/mn. 

    Une surveillance en temps réel

    Ce taux d’adhérence au dispositif de 90% peut s’expliquer, selon les auteurs de l’étude, par le fait que le Fitbit enregistre plusieurs variables. Dans les autres études, les malades devaient porter plusieurs dispositifs différents. Par ailleurs, le traqueur d’activité donne accès aux data en temps réel ; les abandons peuvent dont être repérés rapidement et des messages de relance être peuvent alors être envoyés.

    En outre, la bonne corrélation entre les données enregistrées par le traqueur et celles recueillies par les questionnaires devraient « permettre aux cliniciens d’évaluer automatiquement l’état de leur patient et éventuellement d’intervenir sans attendre le prochain rendez-vous », écrivent les chercheurs. Les traqueurs pourraient donc se substituer aux questionnaires.

    Un outil grand public pertinent en clinique ?

    Concernant la sous-estimation des battements cardiaques par minute, elle ne constitue pas un préjudice majeur car les décisions cliniques ne se prennent pas à la suite d’un seul enregistrement mais plutôt par rapport à une moyenne sur une période donnée.

    Aujourd’hui, il faudrait mener un essai prospectif afin d’évaluer réellement l’impact positif dans la clinique d’un tel télémonitoring. Le traitement du patient serait alors basé en partie sur les données enregistrées par le Fitbit.

     

  • Smart city : le programme de marche à pied de Deliveroo en pleine croissance à Hong Kong

    Le programme de marche (« the walker program ») de Deliveroo veut influencer les habitudes de marche des Hongkongais, qui peuvent par ce biais entretenir leur santé tout en gagnant un peu d’argent, a révélé le 14 mai 2018 Enterpriseinnovation.net.

    Le principe : les consommateurs doivent aller chercher à pied leur commande de repas passée via l’application Deliveroo directement auprès du restaurant concerné. La société de livraison britannique offre 150 dollars hongkongais (16 € ; 19 US$) aux nouveaux inscrits dès qu’ils ont réalisé trente commandes et 350 HKD (38 € ; 45 US$) à celles et ceux qui ont « parrainé » de nouveaux marcheurs.

    Au cours des douze derniers mois, le nombre d’utilisateurs a été multiplié par sept pour atteindre plus de 150 marcheurs, ce qui représente environ 15 % de la flotte de l’entreprise.

    Un algorithme de machine learning pour améliorer l’expérience des marcheurs

    Pour attirer plus de marcheurs, Deliveroo a déployé un nouveau système de distribution. Les commandes de livraison sont désormais attribuées par Frank, un algorithme d’apprentissage automatique (machine learning) qui permet de prévoir le temps d’attente pour chaque client, y compris le temps nécessaire à la préparation, à la collecte et à la livraison des repas.

    Le temps moyen d’attente en restaurant a baissé de 30 %

    Ce nouveau dispositif a entraîné une réduction de 30 % du temps d’attente moyen des marcheurs dans les restaurants, et une augmentation de 30 % des commandes attribuées aux consommateurs ayant rejoint le walker program. En conséquence, le gain horaire moyen des clients marcheurs a augmenté de 14 % en seulement un mois depuis le déploiement du service.

    Les participants les plus jeunes constituent la majorité de la flotte de marcheurs de Deliveroo mais l’entreprise insiste sur le fait que son programme, flexible, respectueux de la santé et de l’environnement, s’adresse à toutes les générations et à tous les profils.

    Hong Kong : une ville adaptée à la marche à pied

    La part de marcheurs devrait atteindre les 25 % de la flotte de Deliveroo d’ici la fin 2018

    « Hong Kong est le premier marché où Deliveroo a lancé [son] programme de marche, précise Brian Lo, directeur général de Deliveroo Hong Kong (source : Enterpriseinnovation.net). Contrairement à la plupart des villes européennes favorables au cyclisme, Hong Kong est vallonnée et a une forte densité de population, ce qui la rend plus [adaptée à la marche à pied]. Nous sommes impatients que la part de marcheurs atteignent les 25 % de [notre] flotte d’ici la fin de l’année, et d’offrir aux Hongkongais une chance de gagner de l’argent tout en menant une vie active. »

    Deliveroo a lancé son programme de marche à Hong Kong en décembre 2015. Les voies d’accès en constante évolution, les systèmes d’ascenseurs à flanc de colline, les réseaux piétonniers, l’accessibilité améliorée aux destinations centrales et la facilité à trouver des itinéraires pédestres sont autant d’aménagements qui se prêtent parfaitement au dispositif.

    Les efforts du gouvernement pour améliorer l’expérience des piétons et développer une ville plus intelligente (smarter city) devraient également donner à cette initiative un nouvel élan dans les années à venir, souligne Enterpriseinnovation.net.

  • Cancérologie : le centre Leon-Bérard évalue un programme d’activité physique connecté

    Une étude clinique va être menée par le Centre Léon-Bérard, centre de lutte contre le cancer de Lyon et Rhône-Alpes (France), pour évaluer l’efficacité d’un dispositif avec bracelet connecté dans le cadre de son programme d’activité physique adaptée (APA) proposé à des patientes suivies pour un cancer du sein. Telle est l’annonce faite par communiqué le 31 mai 2018.

    Cette étude, baptisée Disco, va durer deux ans et concernera plus de 400 femmes.

    Pour mener cette étude, un programme d’APA innovant grâce à l’utilisation des nouvelles technologies et pouvant être réalisé en autonomie a été construit par le département Cancer et Environnement du Centre Léon Bérard et la société Biomouv, avec l’appui de Orange Healthcare.

    Des séances de marches à réaliser au retour à la maison

    Le dispositif développé par Biomouv comporte un bracelet connecté mesurant l’activité physique et notamment le nombre de pas d’une personne au quotidien. Un programme d’APA personnalisé est à réaliser à la maison avec des séances de marche via une application sur smartphone et des séances de renforcement musculaire via des vidéos d’accompagnement sur un site internet. Les données remontées par les bracelets ainsi que les informations déclaratives des patientes sur leur état de santé (symptômes, traitements en cours, etc.) sont disponibles sur l’application.

    Le dispositif permet un suivi en temps réel des patientes par elles-mêmes et par les professionnels du Centre Léon Bérard grâce à Orange Healthcare qui héberge l’ensemble des données en toute confidentialité en tant qu’hébergeur agréé de données de santé à caractère personnel.

    4 groupes seront comparés

    L’objectif de l’étude Disco est d’évaluer l’efficacité du dispositif connecté et du programme d’éducation thérapeutique du patient sur 6 mois.

    L’étude comportera plusieurs groupes homogènes de femmes, qui seront comparés. En plus de leur prise en charge thérapeutique, les femmes seront tirées au sort pour participer à l’un des quatre groupes : un groupe bénéficiera du dispositif connecté, un deuxième pratiquera le programme d’éducation thérapeutique du patient, un troisième groupe associera les deux et le dernier disposera simplement des recommandations actuelles en termes d’activité physique.

    En fin d’étude, le bracelet sera donné aux patientes pour les encourager à poursuivre leur activité physique. L’alternative de l’éducation thérapeutique vise à rendre autonome le patient dans sa pratique d’activité physique au moyen d’ateliers collectifs participatifs.

    Disco fait partie des programmes structurants du Cancéropôle Lyon Auvergne Rhône-Alpes (CLARA) et bénéficie du soutien de la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer, de l’Institut National du Cancer, de la Fondation Recherche Médicale, de la Métropole de Lyon et d’AG2R la Mondiale. Les premiers résultats de l’étude DISCO devraient être publiés en 2021.

    Le centre Léon-Bérard, précurseur dans l’APA

    Le département Cancer et Environnement du Centre Léon Bérard propose depuis 2010 un programme d’APA aux patients pendant leur traitement. Plus de 600 patients ont suivi des séances de gymnastique, pilates, zumbAPA, stretching, cardio-training… supervisées par des enseignants spécialisés, au sein de l’établissement.

    « Selon les résultats de plusieurs études de cohortes, une activité physique régulière associée à une alimentation riche en fibres tout en évitant un excès de masse grasse et une prise de poids, pourrait augmenter de façon significative la survie après un cancer du sein. L’activité physique pratiquée pendant le traitement peut aussi améliorer la qualité de vie, l’état psychologique et la condition physique du patient tout en diminuant sa fatigue », indique le Pr Béatrice Fervers, responsable du département Cancer et Environnement du Centre Léon Bérard, oncologue médicale et médecin investigateur coordonnateur de l’étude DISCO.

  • PHW18 : P-A-D, une solution de gestion des prélèvements à domicile en pleine évolution

    A l’occasion de la Paris Healthcare Week 2018, Health & Tech Intelligence a rencontré Serge Payeur, CEO et co-fondateur de SIL-LAB Experts.

    Serge Payeur a été interrogé à propos de la solution P-A-D, application conçue par SIL-LAB Experts pour faciliter la gestion des prélèvements à domicile en pleine évolution.

    Qu’est-ce que P-A-D ?

    P-A-D est une application téléchargeable sur smartphone et sur tablette, qui permet :

    • de connecter les infirmiers aux laboratoires d’analyses médicales pour l’analyse de prélèvements réalisés au domicile du patient ;
    • de gérer le dossier de prélèvement biologique des patients.

    Autrement dit, cette application mobile digitalise la feuille de prélèvement en une sorte de petit dossier personnalisé, accessible au domicile du patient et connecté aux laboratoires.

    A qui s’adresse cette application ? Dans quel but a-t-elle été conçue ?

    Cette application s’adresse aux infirmiers d’une part et aux laboratoires d’analyses médicales d’autre part, soit aux professionnels et structures impliqués dans la gestion des prélèvements à domicile.

    En effet, effectuer un prélèvement à l’extérieur d’un laboratoire d’analyse est un acte fastidieux dans la mesure où il s’accompagne d’une grande charge administrative (de nombreux éléments tels que la date et l’heure du prélèvement, l’identité du préleveur, etc. doivent être renseignés sur la feuille de prélèvement) qui complique et ralentit l’analyse du prélèvement, et donc la prise en charge thérapeutique du patient (de nombreux traitements sont adaptés en fonction des résultats des analyses).

    Ainsi, en proposant à l’infirmier de nombreuses fonctionnalités (par exemple, il peut renseigner toutes les informations du patient en flashant un « QR Code » d’une de ses cartes de fidélité, photographier l’ordonnance, scanner les codes-barres des tubes prélevés, éviter d’écrire lui-même la date et l’heure du prélèvement : toute la feuille de prélèvement peut être renseignée automatiquement) qui lui évitent d’avoir à écrire manuellement au cours du prélèvement, nous souhaitons permettre à l’infirmier, via P-A-D, de gagner du temps et d’éviter de saisir des erreurs.

    Concernant les laboratoires, P-A-D remplit les objectifs que nous nous étions fixés : éviter la non-conformité du prélèvement et gagner du temps. En effet, l’application permet d’éviter 97% des non-conformités, souvent liées à une saisie erronée de la date et de l’heure du prélèvement, de l’identité du préleveur, à un mauvais ordre de prélèvement des tubes, à des pertes de prélèvements (P-A-D rend ces pertes plus visibles), à une mauvaise traçabilité des prélèvements. De plus, l’application permet un gain de temps, estimé à 2h en phase pré-analytique et à 1h en phase analytique.

    Cette solution est-elle déjà utilisée ? 

    Oui : en fait, la solution P-A-D est commercialisée depuis deux ans et demi.

    1 500 infirmiers libéraux l’utilisent dans toute la France (métropolitaine et outre-mer), ainsi que quelques préleveurs salariés.

    Ainsi, l’application permet d’aider à la gestion des prélèvements de plus de 500 000 patients.

    Nous pensons que ce chiffre est amené à grossir : notre start-up connait 10-12 % de croissance chaque mois et l’agence de notation EARLY Metrix a élu SIL-LAB première start-up contribuant à l’amélioration du parcours de soins en France.

    P-A-D est un outil qui semble évoluer rapidement. Toutes les modifications ajoutées à l’application sont-elles testées ?

    P-A-D continue en effet d’évoluer grâce à une étroite collaboration entre développeurs et utilisateurs.

    A chaque nouvelle version de l’application, les retours des utilisateurs – infirmiers ou laboratoires d’analyses médicales – sont pris en compte par les développeurs. Ces derniers soumettent alors une version bêta de l’application à un échantillon d’utilisateurs (généralement des infirmiers passionnés par les nouvelles technologies) volontaires pour tester cette version bêta. Si cette nouvelle version est validée par eux, alors elle est généralisée, mise à disposition de l’ensemble des utilisateurs, qui élaborent alors des commentaires à propos de cette version actualisée pour les développeurs, qui amènent d’autres modifications, etc. C’est un cycle d’échanges entre développeurs et utilisateurs qui fait évoluer P-A-D.

    Par ailleurs, pour estimer l’impact de notre application sur les pratiques et le parcours de soins, nous prenons en compte tous les retours qui nous sont faits au lieu de fonder nos analyses statistiques sur quelques laboratoires ou infirmiers pilotes. 

    Pouvez-vous nous parler des récentes évolutions de l’application ?

    Une évolution importante a été d’ajouter à l’application une fonctionnalité d’aide à la gestion des accidents d’exposition au sang (AES). En effet, nous nous somme aperçus que de nombreux préleveurs ne savaient pas bien réagir lors de ces situations particulières et fréquentes. Aussi, nous avons ajouté une fonctionnalité indiquant au préleveur la procédure à suivre en cas d’AES. L’information de la survenue d’un AES entre un infirmier donné et un patient donné est par ailleurs transmise au laboratoire, qui informe l’infirmier de la nécessité éventuelle d’une prise en charge en urgence.

    En outre, nous déployons en ce moment notre application dans des cliniques d’Ile-de-France et espérons conclure, à l’avenir, des partenariats avec de nombreuses autres cliniques. 

    Nous souhaitons également initier des collaborations avec des fournisseurs de tubes connectés, facilement traçables.

    La plus grande évolution qu’il nous tient à coeur de mettre en place et à laquelle nous travaillons intensément, est de connecter à notre application des lecteurs de type DMDIV (dispositifs médicaux de diagnostic in vitro) qui ont déjà fait leurs preuves en milieu hospitalier. Ces lecteurs, comme le lecteur Labpad d’Avalun, permettent en particulier de faciliter le calcul de l’INR (dosage et calcul sont réalisés en 40 secondes, directement transmis au laboratoire puis au médecin), et ainsi d’éviter des pertes de temps, de raccourcir le parcours de soins.

    Quel modèle économique soutient cette application et ces DMDIV ?

    Concernant l’application, le modèle financier est un modèle SaaS (Software as a Service) qui ne nécessite aucun investissement du Laboratoire de Biologie Médicale. Notez que les données sont hébergées par un hébergeur agréé de données de santé : les laboratoires n’ont pas à héberger eux-même les données liées à l’application. Toutefois, si le téléchargement par les infirmiers est gratuit, le laboratoire doit payer une somme en fonction du nombre de dossiers transmis par les infirmiers (si les infirmiers n’utilisent pas P-A-D et ne transmettent aucun dossier via l’application, le laboratoire n’a rien à payer).

    En outre, beaucoup de questions concernant les moyens de financer les DMDIV que nous souhaitons connecter à l’application demeurent sans réponse à l’heure actuelle (qui fournit ces dispositifs ? qui paye l’analyse ? etc.).

    Cependant, je peux citer un exemple concret de modèle de financement de ces dispositifs médicaux innovants ; en ce qui concerne l’utilisation de ces lecteurs dans les Ehpad, le modèle actuel est tel que : le laboratoire achète et fournit le lecteur à l’Ehpad, mais facture l’analyse du prélèvement à l’Ehpad. Des systèmes de forfaits journaliers – prenant évidemment en compte les tarifs fixés par la Sécurité sociale – peuvent par ailleurs être mis en place.

    Quelles autres évolutions prévoyez-vous pour cet outil ?

    Dans le futur, nous souhaiterions connecter à notre application d’autres DMDIV, tels que des DMDIV à même de doser la glycémie, la CRP, la NT-proBNP.

    Une véritable révolution consisterait à connecter à notre application un DMDIV capable de doser le potassium, ion peu stable et dont le dosage est de ce fait encore aujourd’hui très contraignant.

    Nous sommes cependant prudents.

    Conscients que l’automatisation de la gestion des prélèvements permise par notre application est mal vue, crainte par certains personnels de laboratoires d’analyses médicales, nous accompagnons les équipes vers cette transition.

    Dans ce même soucis, nous nous refusons à ajouter certaines extensions à l’application : nous ne soutenons pas une Uberisation du système de santé !

  • Trois solutions françaises de réalité virtuelle pour la prise en charge de l’anorexie mentale

    Au printemps 2018 sont parues de nombreuses études traitant des applications de la réalité virtuelle à la prise en charge de troubles du comportement alimentaire tels que l’anorexie mentale.

    Une étude intitulée The Use of Virtual Reality in Patients with Eating Disorders: Systematic Review, parue le 27 avril 2018 dans le Journal of Medical Internet Research valide le caractère prometteur de la réalité virtuelle comme outil thérapeutique dans la prise en charge de patients souffrant de troubles alimentaires tels que l’anorexie mentale.

    Par ailleurs, trois études et projets français illustrent l’utilisation de la réalité virtuelle pour traiter les troubles mentaux occasionnant l’anorexie :
    • le recours à un logiciel permettant d’animer et de transformer de façon continue une image en une autre au Centre Hospitalier Sainte-Anne, Paris ;
    • le recours aux avatars dans le cadre de la prise en charge de l’anorexie mentale de l’étude « Revam » (Réalité virtuelle et anorexie mentale) menée au Centre Hospitalier Universitaire de Brest ;
    • les logiciels thérapeutiques basés sur la réalité virtuelle à destination des professionnels de santé conçus par la start-ups C2Car.

    Les thérapies utilisant la réalité virtuelle

    Deux types d’approches…

    Les auteurs de The Use of Virtual Reality in Patients with Eating Disorders: Systematic Review évoquent en particulier deux grandes modalités d’utilisation de la réalité virtuelle dans la prise en charge des troubles du comportement alimentaire.

    Il a déjà été établi que ces patients aux habitudes alimentaires pathologiques ont tendance à déformer mentalement non seulement leur poids mais également leur silhouette (l’anorexie, par exemple, est donc non seulement un trouble du comportement alimentaire, mais également un trouble de la perception corporelle) : une première application de la réalité virtuelle au le traitement de ce type d’affections consiste en une confrontation du patient à diverses silhouettes d’individus fictifs lui ressemblant plus ou moins, caractérisées par un IMC plus ou moins faible.

    Un deuxième type d’outils utilisant la réalité virtuelle dans la prise en charge de ces troubles est représenté par des programmes permettant de placer le patient en présence de divers aliments associés à une valeur nutritionnelle plus ou moins importante.

    Dans les deux cas, c’est le casque de réalité virtuelle qui permet d’amener les patients dans des environnements immersifs peuplés de ces silhouettes et de ces aliments.

    … pour deux types de bénéfices

    Cette technologie semble prometteuse pour le traitement des troubles du comportement alimentaire dans la mesure où :

    • elle semble permettre d’évaluer régulièrement et individuellement chaque patient (quelle est la sévérité actuelle des troubles du comportement alimentaire du patient, sévérité corrélée aux aliments ou silhouettes que le patient accepte de voir ou choisit comme silhouette idéale, alimentation idéale ?) ;
    • elle semble permettre de traiter le patient par des confrontations répétées et graduelles avec les silhouettes ou aliments virtuels évoqués plus haut : la gradation des exposition peut être optimisée, de nombreux environnements sont disponibles (ce qui permet au professionnels d’adapter au mieux la thérapie utilisant la réalité virtuelle à un patient donné).

    Trois exemples français de prises en charge s’appuyant sur la réalité virtuelle

    Utilisation d’un logiciel de morphing pour modifier la perception corporelle (Centre Hospitalier Sainte-Anne, Paris) 

    Au CH Sainte-Anne, une étude annoncée le 31 mai 2018 rapportée par la revue Santé mentale étudie l’effet de l’utilisation d’un logiciel de morphing (logiciel permettant d’animer, de transformer de façon continue une image en une autre) sur la perception corporelle chez le patient anorexique : cent adolescents souffrant d’anorexie mentale ont été recrutés pour participer à cette étude. « Les inclusions sont aujourd’hui terminées et l’analyse statistique est en cours », indique Santé mentale. « Grâce au succès et à la bonne acceptabilité de ce dispositif, il a d’ores et déjà été généralisé et intégré à l’offre de soins » est-il précisé.

    Mené par une équipe infirmière de l’unité d’hospitalisation de la Clinique des maladies mentales et de l’encéphale (CMME) du CH, ce travail, financé par la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) dans le cadre des Programmes hospitaliers de recherche paramédicaux, consiste à proposer aux patients dix séances d’une heure d’utilisation du logiciel Anamorphic Micro guidées par un infirmier.

    Deux exercices sont possibles.

    D’abord, une photographie numérisée du patient est plus ou moins déformée et le patient doit retrouver ses dimensions corporelles sur l’écran (il choisit la photo de lui-même tel qu’il se perçoit, puis visualise sa photographie non truquée, soit les proportions réelles de son corps). Cette comparaison permet au sujet de prendre la mesure d’un écart éventuel entre image mentale et image réelle.

    Puis, le patient peut aussi, parmi un panel de silhouettes dérivées de la première photographie, rechercher sa silhouette idéale. Ce dernier exercice permet à l’infirmier de prendre connaissance de l’idéal de minceur éventuellement pathologique visé par le patient.

    Le dispositif est donc destiné à suivre ou traiter deux composantes du trouble de la perception corporelle que constitue l’anorexie : la distorsion corporelle et l’insatisfaction corporelle.

    Utilisation d’avatars et prise en charge de l’anorexie mentale (Centre Hospitalier Universitaire de Brest)

    Une autre étude destinée à évaluer les effets d’une méthode utilisant la réalité virtuelle dans la prise en charge des troubles de la perception corporelle liés à l’anorexie est conduite au CHU de Brest (service du Pr Walter), en collaboration avec le Centre européen de réalité virtuelle et avec le soutien de la Fondation de l’Avenir, d’après l’édition du 27 mars 2018 de la revue Santé mentale. Les résultats de l’étude sont attendus pour 2019.

    Cette étude, baptisée Revam (Réalité virtuelle et anorexie mentale) évalue l’efficacité de dispositifs immersifs censés corriger une perception corporelle erronée au moyen d’un avatar (représentation virtuelle d’une personne). Ainsi, lors d’une séance, le patient participant à l’étude est confronté à un environnement familier « neutre » tel qu’un bureau, où son avatar, choisi en fonction de la perception que le patient a de son corps, est projeté de dos (la représentation de dos est mieux acceptée par les patients tout en permettant de représenter des zones anatomiques problématiques pour cette population de patients telles que les hanches, les fesses, les cuisses). Pour une immersion optimale, les mouvements du sujet sont notamment reproduits par son double virtuel, dont la silhouette est graduellement modifiée selon les indications du patients. L’objectif du dispositif étudié est de favoriser la réappropriation corporelle au cours des régimes associés à la prise en charge de l’anorexie : l’objectif est d’aider un patient à l’IMC très bas à s’habituer à l’image de son corps en phase de prise de poids.

    L’application C2 Nutri de la start-up C2Care

    Depuis 2015, la start-up française C2Car conçoit des logiciels thérapeutiques basés sur la réalité virtuelle à destination des professionnels de santé. L’application C2 Nutri récemment développée trouve des applications dans la prise en charge de l’anorexie via trois fonctionnalités.

    • Une première fonctionnalité permet, par l’intermédiaire d’un casque de réalité virtuelle, de situer sa silhouette sur une échelle de formes corporelles associées à un IMC. Cette fonctionnalité a été conçue dans l’objectif de donner aux thérapeutes un outil de correction de la dysmorphophobie. « Le travail sur les silhouettes réelles, perçues, souhaitées est facilité avec la réalité virtuelle grâce à la comparaison avec un avatar et la possibilité pour le patient de faire évoluer sa silhouette en temps réel », indique C2Care.
    • Deux autres fonctionnalités permettent de confronter les patients souffrant de troubles alimentaires à des aliments plus ou moins caloriques, l’une en proposant au patient de composer des plateaux repas en temps réel, l’autre en proposant une immersion dans les rayons d’un supermarché virtuel. Ces fonctionnalités doivent aider les thérapeutes à définir les habitudes pathologiques des patients et à rééquilibrer progressivement l’alimentation.

  • Symaris lance une version mobile de Cariatides et un projet de big data en santé mentale

    Le groupement d’intérêt public (GPI) Synergie et mutualisation des actions de recherche en informatique de santé (Symaris) a annoncé dans un communiqué datant de mai 2018 :
    – la mise en ligne de Smartides, application mobile dérivée de Cariatides (dossier patient informatisé et logiciel d’aide à la prescription hospitalier en psychiatrie développé et édité par Symaris, certifié conforme au référentiel HAS le 23/11/2015) ;
    – le lancement d’un projet de big data en santé mentale.

    Smartides et ce projet de big data s’inscrivent dans un objectif d’ « étude, conception, développement et mise à disposition de ses membres de tout système d’information de support aux activités et à la gestion hospitalières » affiché par le groupement.

    Le groupement a par ailleurs été officiellement agréé hébergeur de données de santé (HDS) par le ministère des Solidarités et de la Santé et l’Agence des systèmes d’information partagés de santé (Asips), le 20 avril 2018 et pour « une prestation d’hébergement de données de santé à caractère personnel collectées au moyen d’applications fournies par ses clients« , a indiqué Philippe Pospieszynski, directeur de Symaris, à la plateforme d’informations Hospimedia.

    Smartides Pro, application mobile à destination des professionnels

    Qu’est-ce que Smartides Pro ?

    L’application mobile Smartides Pro, première version de Smartides à destination des professionnels de santé, est disponible depuis le 9 mai 2018 sur iOs et Android.

    Cette application qui doit, d’après Symaris, donner la capacité « aux professionnels de santé d’accéder et de renseigner le dossier médical de leurs patients en situation de mobilité » propose des fonctionnalités permettant :

    • d’accéder aux informations permettant de contacter les patients (téléphone, adresse, contacts) ;
    • de visualiser les ordonnances des patients sur une période donnée ;
    • de visualiser les résultats d’analyses biologiques des patients sur une période donnée ;
    • de consulter, saisir et analyser les paramètres vitaux des patients, sous forme de listes ou de graphiques;
    • de filtrer et lister les observations saisies à propos des patients, ou d’en éditer de nouvelles.
    • de renseigner les questionnaires ou grilles d’évaluations disponibles, puis de visualiser les scores obtenus sous forme de graphiques.

    D’après le groupement, l’objectif de Smartides Pro est d’améliorer « l’accès aux soins et la qualité de la prise en charge du patient lors des consultations en extra-hospitalier ». 

    Conditions d’utilisation, confidentialité

    Le service Smartides Pro n’est ouvert qu’aux professionnels de la santé en possession d’un compte Cariatides expressément autorisé par l’administrateur fonctionnel de l’établissement.

    Le groupement précise par ailleurs que lors de l’utilisation de Smartides Pro, « l’établissement de santé collecte les données que vous choisissez de partager. L’utilisation de Smartides Pro fait partie d’un traitement de données à caractère personnel dont le responsable est l’établissement de santé. »

    Evolutions annoncées de Smartides

    « Un travail est mené [par les développeurs et en collaboration avec un groupe de médecins psychiatres] avec des infirmiers, afin d’enrichir Smartides avec des fonctionnalités dédiées à leur métier » a indiqué Philippe Pospieszynski, directeur de Symaris, le 15 mai 2018 à la plateforme d’informations Hospimedia. 

    Smartides devrait également connaître prochainement une évolution avec l’ajout d’une nouvelle extension à l’application : Smartides User, destinée aux patients, leur proposant de renseigner eux-mêmes sur ce dossier personnel informatisé certains éléments concernant leur santé. Pour le groupement, cette évolution devrait faciliter le dialogue entre les usagers du système de santé et les professionnels, de mieux répondre à leurs besoins et de les impliquer dans leurs soins. Dans ce cadre et d’après Hospimedia, un premier travail devrait concerner « la réponse à l’anxiété ».

    Lancement d’un projet de big data en santé mentale

    Ce projet, soutenu par l’Association des établissements du service public de santé mentale (Adesm), a pour but « l’amélioration du soin apporté aux patients par l’analyse prédictive des données et une exploitation des données médico-administratives », indique Symaris. Dans son communiqué, le groupement à ajouté que « l’enjeu est d’entrer dans une démarche de valorisation des données à grande échelle afin d’aider la décision médicale par l’analyse prédictive des données, et ce à dimension nationale ». Par ailleurs, Philippe Pospieszynski a indiqué que, dans ce cadre, le big data pourrait être alimenté par d’autres dossiers patients informatisés (DPI) que le DPI Cariatides spécialisé en santé mentale que développe Symaris.

    L’Unité de recherche et de développement de Symaris devrait commencer par mener une preuve de concept (POC). La prise de poids sous antipsychotique est le sujet qui a été retenu pour cette preuve de concept, qui sera réalisée en collaboration avec des médecins de quatre établissements publics en santé mentale. La réussite de ce POC conditionnera l’extension à l’échelle nationale de ce projet de big data et la création d’un groupe scientifique dont la visée sera de cibler d’autres projets de big data dans le domaine de la santé mentale.

  • PHW18 : Urgences Chrono, une plateforme web conçue pour aider à désengorger les services d’urgences

    A l’occasion de la troisième journée de la Paris Healthcare Week 2018, le jeudi 31 mai 2018, Health & Tech Intelligence a rencontré Magali Diagne, infirmière et co-fondatrice de Focus Santé.

    Cette start-up propose une plateforme web conçue par des professionnels de l’urgence pour aider à désengorger les services d’urgences français.

    Qu’est ce qu’Urgences Chrono ?

    Urgences Chrono est la première plateforme web française destinée à donner au patient une visibilité sur l’ensemble des établissements à mêmes de prendre en charge des personnes de façon non programmée, en urgence, autour de lui. Le but est d’informer le public de l’existence de professionnels de la santé capables prendre en charge des urgences ailleurs que dans les service d’urgences des établissements hospitaliers, souvent pris d’assaut.

    Notez qu’Urgences Chrono n’est pas une application : c’est un site internet responsive, capable de s’adapter au format smartphone.

    Pouvez-vous détailler les fonctionnalités proposées par Urgences Chrono ?

    Urgences Chrono est une plateforme d’information qui propose en particulier deux fonctionnalités : 

    • une fonctionnalité de géolocalisation : le patient peut-être géolocalisé, visualiser où il se trouve par rapport aux structures d’urgences sur une carte ; Urgences Chrono peut lui indiquer tous les lieux proches de lui où il peut être accueilli par un professionnel de santé en urgence (maisons médicales de garde, centres de soins non programmés, services d’urgences publics ou privés, etc.) ;
    • une fonctionnalité d’indication de disponibilité : cette fonctionnalité indique au patient utilisateur d’Urgences Chrono les délais d’attente de prise en charge dans les structures recensées (délais indiqués par des vignettes colorées : vignette verte – si le délai d’attente est court – ou rouge – si le temps d’attente prévu est important). Cette information est donnée en temps réel : les établissements partenaires sont reliés au site web, ce qui permet à une infirmière d’accueil et d’orientation de renseigner le délai d’attente de prise en charge dans l’établissement où elle travaille toutes les heures, et de faire apparaître ce délai sur le site internet et sur un écran placé dans la salle d’attente de l’établissement concerné.

    Ces deux fonctionnalités principales ont pour but de guider les patients dans le choix du praticien ou de l’équipe soignante la plus disponible pour lui, à la fois en terme de situation spatiale et en terme de temps.

    Et puisqu’une personne en souffrance est sujette à l’angoisse et à la confusion, nous avons ajouté d’autres fonctionnalités destinées à faciliter la compréhension des informations mises à disposition sur le site et la prise de contact avec l’établissement choisi. Ainsi, en cliquant sur un établissement, l’utilisateur peut accéder à une fiche qui indique les principales caractéristiques de cet établissement : son adresse, les spécialités médicales ou chirurgicales pratiquées, etc. En touchant, sur son smartphone, le numéro de téléphone indiqué, l’utilisateur peut directement appeler l’établissement.

    Par ailleurs, un bouton rouge permet d’appeler directement le 15.

    Pouvez vous raconter la genèse de ce projet ?

    L’idée de cette plateforme a germé dans deux têtes : dans celle du Dr Céline Jardy Triola, médecin urgentiste, et dans la mienne. 

    A l’époque, nous travaillions ensemble au service d’urgences du centre hospitalier de Bagnols-sur-Ceze. Aussi, nous étions toutes deux quotidiennement confrontées à un service d’urgences surpeuplé de patients, dont certains ne relevaient pas toujours de la médecine d’urgences. 43 % des consultations réalisées dans des services d’urgences devraient être pris en charge en médecine générale !

    Ce chiffre alarmant dont nous devions nous accommoder dans notre pratique professionnelle ne pouvait convenir ni à nous, ni aux patients. Ainsi, nous avons réfléchi à un outil qui permettrait de mieux informer les patients, dans le but de soulager les services d’urgences de ces 43 % de patients surnuméraires, de permettre aux professionnels de l’urgence de travailler dans de meilleures conditions et aux patients de recevoir une prise en charge appropriée plus rapidement.

    Qui est intervenu dans le développement de cette plateforme d’information ?

    Nous avons travaillé en effectif très réduit et pluridisciplinaire.

    Le Dr Jardy Triola et moi-même étions déjà médecin et infirmière spécialistes de l’urgence. Nous avons par ailleurs fait appel à deux développeurs informatiques. Nous nous sommes notamment associées avec mon frère, lui-même développeur, qui fait partie, avec le Dr Jardy Triola et moi-même, de la start-up Focus Santé que nous avons créée pour mieux soutenir le développement d’Urgences Chrono.

    En outre, nous avons pu rejoindre, pour aider à la conception de notre plateforme, un accélérateur de start-ups.

    La plateforme a-t-elle été testée ? Est-elle aujourd’hui utilisée, en service ?

    Oui, la plateforme est déjà utilisable et utilisée :

    • la première fonctionnalité, de géolocalisation et de recensement des structures d’urgences, a été déployée dans toute la France métropolitaine ;
    • la deuxième fonctionnalité, d’indication des disponibilités et des délais d’attente dans les établissements, est en cours de mise en place mais fonctionne déjà avec 9 établissements, dont l’hôpital de Bagnols-sur-Ceze.

    Mais avant cette mise en ligne, la plateforme a évidemment été testée, à Bagnols-sur-Ceze. La première phase de test a duré 10 mois. L’hôpital de Bagnols-sur-Ceze demeure par ailleurs notre hôpital pilote pour le test des nouvelles fonctionnalités que nous ajoutons progressivement à Urgences Chrono.

    Quelles évolutions prévoyez-vous pour cette plateforme ?

    Nous comptons pour le moment faire évoluer notre plateforme d’information selon trois axes principaux :

    • l’étendre aux départements d’Outre-mer, afin que toute la France puisse bénéficier du service d’information proposé par Urgences Chrono ;
    • déployer la seconde fonctionnalité, de renseignement sur les disponibilités des établissements d’urgences, afin qu’elle atteigne un maximum d’établissements sur tout le territoire français ;
    • ajouter à Urgences Chrono une fonctionnalité supplémentaire, qui consisterait en un carnet de prise de RDV avec les médecins généralistes recensés.

  • PHW18 : Fluidifier le partage d’informations à l’hôpital avec JiveX Healthcare Content Management

    A l’occasion de la troisième journée de la Paris Healthcare Week, Health & Tech Intelligence a assisté à la présentation de l’outil JiveX Healthcare Content Management élaboré et commercialisé par l’entreprise Visus Health IT.

    Le système JiveX Healthcare Content Management met à disposition des établissements de santé l’ensemble des composants permettant l’intégration, la manipulation, la visualisation et la diffusion de l’ensemble des données médicale dans un système unique. JiveX est capable de s’interfacer aux autres systèmes principaux comme le SIH ce qui débouche sur une communication fluidifiée et sécurisée entre les différents services de l’hôpital.

    Fluidifier le partage d’information dans les établissements de santé

    La communication dans les établissements hospitaliers s’appuie sur une multitude de systèmes, d’outils informatiques, de logiciels et de réseaux qui doivent être interconnectés.

    Réduire la profusion de lieux de stockages d’informations médicales 

    Un patient qui se rend dans un service hospitalier de radiologie pour y réaliser une radiographie du thorax voit ses résultats stockés sur un CD. Il effectue ensuite un ECG dont les conclusions sont imprimées sur papier, lequel est intégré au dossier médical du patient. Ce dernier se rend ensuite auprès de son cardiologue, qui réalise une échographie cardiaque dont les résultats sont enregistrés dans un logiciel excel.

    Les observations médicales sont donc stockées sur différents supports de l’établissement hospitalier. La coexistence de plusieurs supports soulève des difficultés pour les médecins. Elle peut également mettre à mal la cohérence de la prise en charge du patient.

    La complexité des systèmes existants dans les hôpitaux tient à plusieurs éléments :

    • chaque spécialiste doit disposer d’un logiciel expert ; 
    • le praticien hospitalier, qui réalise une analyse globale du séjour peut rencontrer de nombreux obstacles lié au temps de recherche d’information estimé entre 20 minutes et 1h ;
    • certains examens sont réalisés à plusieurs reprises ;
    • le coût des espaces de stockage est élevé, etc. 

    Une solution permettant de faciliter le partage d’information à l’hôpital

    Visus Health IT a donc développé l’outil JiveX Healthcare Content Management, qui permet de répondre aux besoins de fluidification de l’information au sein des établissements de santé. Ce système met à disposition l’ensemble des composants permettant l’intégration, la manipulation, la visualisation et la diffusion de l’ensemble des données médicale dans un seul système. Il en résulte, du fait de sa capacité à s’interfacer aux autres systèmes principaux comme le SIH, un réseau de communication sécurisé et rapide.

    JiveX Healthcare Content Management s’articule autour de quatre axes

    Medical integration : intégrer les données médicales

    Les outils JiveX Gateway assurent l’intégration de tout format dans le système HCM :

    • maintien de l’infrastructure logicielle existante : mise en commun des données, pas des systèmes ;
    • intégration des données au niveau du patient, du séjour ou de l’examen au travers d’interfaces (Gateways) ;
    • prise en charge de documents, signaux, images, données structurées ou vidéos indépendamment de l’éditeur et conversion dans des formats médicaux standardisés tels DICOM, PDF/A ou HL7 CD.

    Workflow manager : classer les données médicales

    JiveX Workflow Manager regroupe les outils nécessaires pour accompagner les utilisateurs dans l’acquisition, l’exploitation et la classification des données :

    • classification automatique ;
    • création intelligente de demande d’examen (Worklists) incluant les données patient/séjour correspondantes depuis le système d’information ;
    • synchronisation des données à l’échelle de l’établissement ;
    • création et classement contextuels des données médicales ;
    • outils de démonstration intelligents pour l’échange interdisciplinaire ;
    • interconnexion des sites pour une gestion harmonisée des données.

    Medical viewing : visualiser les données pour produire des informations médicales

    La visionneuse JiveX est un dispositif médical et permet l’affichage simultané de formats différents des données liées au patient ou au à son séjour :

    • Affichage de l’ensemble des données médicales dans un Viewer ;
    • Regroupement des données médicales par patient ou par séjour patient ;
    • Représentation des données conforme au dossier médical de l’établissement ;
    • Filtres intelligents pour une représentation claire et adapté à l’utilisateur des données médicales ;
    • Ajustement individualisé des options d‘affichage ;
    • Compatibilité avec différents navigateurs Web ;
    • Sans empreinte (zero-footprint).

    Medical Archive : archiver les données médicales

    L’archive médicale JiveX est une archive neutre, garantissant le contrôle des versions pour l’ensemble des données de l’établissement :

    • Consolidation de la structure de l’archive : accès rapide, moins d’administration et de maintenance ;
    • Optimisation des processus grâce à une gestion centralisée et unique des données ;
    • Récupération de la propriété des données via l’archive neutre ;
    • Établissement d’une structure de données unique comme base pour un échange inter-établissements ;
    • Conformité avec le profil IHE-XDS.

  • Chine : Alibaba Health augmente ses investissements en intelligence artificielle (IA)

    Alibaba Health Information Technology, la division « santé » d’Alibaba Group Holding, a annoncé la mise en place de mesures visant à augmenter les investissements dans l’intelligence artificielle (IA) ainsi que le lancement d’un gamme de nouveaux services, a indiqué courant mai 2018 le South China Morning Post.

    L’entreprise se concentrera sur l’introduction de l’IA dans la médecine intelligente (utilisation de données, biotechnologies, informations environnementales et analyses pour guider les décisions médicales), les services médicaux en ligne et la gestion personnelle de la santé.

    Alibaba Health : une rentabilité croissante propice au développement de l’IA

    Alibaba Health a annoncé le 16 mai 2018 une hausse de 414,2 % de son chiffre d’affaires, passant à 2,4 milliards de yuans (322 M. € ; 378 M. US$) contre 475,1 millions de yuans (63,8 M. € ; 74,8 M. US$) un an plus tôt.

    Une forte hausse des ventes de produits de santé, une activité d’e-commerce en plein essor

    Le directeur général de la société, Difan Shen, attribue l’amélioration des résultats financiers à l’augmentation significative des ventes de produits de santé et à l’activité de e-commerce de la société, qui comprend la délivrance de services externalisés et à valeur ajoutée dans le secteur pharmaceutique sur Tmall, la plateforme de détail d’Alibaba.

    Cette rentabilité croissante « permettra au groupe d’augmenter ses investissements dans les domaines médicaux liés à l’intelligence artificielle [mais aussi de lancer et de déployer] des produits innovants et de pointe, y compris [dans les secteurs] de la médecine intelligente, des services médicaux sur internet et de la gestion de la santé », a précisé M. Shen.

    IA médicale : l’une des priorités de la Chine

    Cette initiative en faveur de l’IA contribue au fort développement de ce domaine depuis quelque temps en Chine, qui a inclus la technologie au sein de ses stratégies nationales depuis le mois de juillet 2017.

    Le Premier ministre chinois Li Keqiang a déclaré que le gouvernement allait intensifier la recherche, le développement et l’application de l’IA mais aussi promouvoir le modèle Internet Plus, qui vise à intégrer internet dans les industries traditionnelles hors ligne.

    Alibaba Health a lancé avec trois hôpitaux son 1er laboratoire d’IA médicale

    Alibaba Health s’est associé en 2017 à trois grands hôpitaux de la Chine continentale pour lancer son premier laboratoire d’intelligence artificielle médicale. Ce projet comprend la mise en place d’une plateforme publique pour soutenir les diagnostics intelligents et aider les cliniciens à prendre les meilleures décisions possibles.

    Diabète, hypertension : l’IA pourrait améliorer de 40 % les résultats des traitements

    La Chine a connu une croissance explosive des maladies chroniques au cours des dernières années, avec environ 110 millions de personnes atteintes de diabète, et 330 millions de personnes souffrant d’hypertension artérielle.

    Selon le cabinet de conseil Frost & Sullivan, l’IA pourrait améliorer de 30 à 40 % les résultats des traitements médicaux et réduire les coûts de 50 %.

    Les services en ligne d’Alibaba attirent de plus en plus d’utilisateurs

    My Health compte 28 millions d’utilisateurs actifs

    Au 31 mars 2018, près de 23 000 médecins, pharmaciens et nutritionnistes s’étaient inscrits à Alibaba Health pour offrir des services de consultation en ligne, assurant en moyenne plus de 50 000 consultations par jour. Le service My Health de l’entreprise comptait environ 28 millions d’utilisateurs actifs à cette date via l’application mobile Taobao d’Alibaba.

    La plateforme de vaccination d’Alibaba Health a permis de sensibiliser 200 M. de personnes

    La plateforme de vaccination d’Alibaba Health a quant à elle couvert plus d’un millier de points de service dans plus d’une centaine de villes : environ 200 millions de personnes ont ainsi reçu une formation sur la vaccination.

    Plus de 7 500 entreprises ont rejoint la plateforme Ma Shang Fang Xin d’Alibaba

    Au 31 mars, plus de 7 500 entreprises des secteurs des médicaments, de l’alimentation et des compléments nutritionnels avaient signé avec Alibaba Health pour rejoindre sa plateforme Ma Shang Fang Xin, qui suit le cycle de vie complet de leurs produits et les aide à remplir leurs obligations de conformité réglementaire.

    Le nombre de fabricants de produits pharmaceutiques qui ont adhéré au service d’Alibaba a atteint 2 865, ce qui représente plus de 80 % du nombre total de ces entreprises en Chine.