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  • OdySight, appli de surveillance de l’acuité visuelle, poursuit son déploiement national et mondial

    Tilak Healthcare, start-up parisienne spécialisée dans les serious games, poursuit le déploiement de OdySight, son premier jeu mobile médical visant à améliorer la surveillance des paramètres visuels des patients souffrant de maladies de la rétine. Lors de la phase pilote, une trentaine d’établissements de soins, dont la clinique Honoré Cave de Montauban (Occitanie) et le Centre hospitalier national d’ophtalmologie des Quinze-Vingts (Paris), ont testé le dispositif. La solution est par ailleurs utilisée à Créteil et à Rouen, entre autres, et 2 cliniques à Bordeaux ainsi que le CHU de Toulouse vont désormais aussi l’exploiter.
    Un déploiement sur l’ensemble du territoire national mais aussi à échelle mondiale est prévu à partir du troisième trimestre 2019. Tilak entend notamment développer son serious game à Pittsburgh, aux États-Unis.

    Accessible sur smartphone et tablette, sous iOS et Android, l’application permet à un patient de réaliser lui-même des tests pour savoir s’il est atteint d’une maladie rétinienne comme la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), première cause de malvoyance chez les personnes de plus de 50 ans dans les pays développés, soit environ 1 million de personnes touchées en France.

    OdySight est disponible sur ordonnance. Le jeu est activé grâce à un code envoyé au patient.

    La société Tilak Healthcare a annoncé bénéficier du soutien financier, pendant deux ans, d’un « groupe industriel » dont elle ne précise pas le nom. Elle compte ensuite convaincre l’Assurance maladie des bienfaits de son jeu pour la santé des patients ciblés afin d’obtenir un remboursement. Elle envisage également de vendre OdySight à des laboratoires pour des essais cliniques.

    Un puzzle numérique conçu par des médecins et des pros du jeu vidéo

    Odysight se présente sous la forme d’un puzzle numérique.

    L’objectif du jeu est d’aider le personnage Iris (photo) « à rassembler les pièces manquantes des mondes brisés et [de combattre] à ses côtés pour vaincre les ombres », est-il expliqué sur le site officiel. Au fur et à mesure de son avancée, le patient découvre un monde fantastique composé de puzzles dynamiques à recomposer.

    Une alerte envoyée au médecin si les résultats des tests sont préoccupants

    La fréquence des tests réalisés via l’application est prédéfinie par l’ophtalmologiste, qui peut suivre en temps réel l’évolution des paramètres visuels de son patient par l’intermédiaire d’un tableau de bord en ligne.

    Le spécialiste reçoit une alerte si le dispositif détecte un changement de ces paramètres et organise, si cela s’avère nécessaire, un rendez-vous physique avec le patient au plus vite. Ce dernier peut ainsi être soigné rapidement, généralement par injections intraoculaires, une intervention qui permet d’éviter des lésions irréversibles.

    Caractéristiques principales du dispositif :

    • l’application a été pensée par des médecins et élaborée par des professionnels du jeu vidéo ;
    • les pathologies ciblées sont les maladies de la rétine ;
    • la solution suit l’évolution de paramètres établis par l’ophtalmologiste à partir de la qualité de la vision de l’utilisateur (acuité visuelle de près, sensibilité aux contrastes, présence et évolution de scotomes ou de métamorphopsies, trouble de la vision se manifestant par une déformation des images) ;
    • il est doté des avantages des serious games innovants : utilisation simple, rythme adapté en fonction du profil de chaque patient, direction artistique novatrice et mise à jour régulière.
  • Étude : des signaux électro basse fréquence pour éviter le piratage des implants et objets connectés

    Des chercheurs américains de l’Université Purdue (Indiana, USA) ont mis au point un moyen d’améliorer à la fois la sécurité et la longévité des implants et des dispositifs médicaux portables. En passant des signaux sans fil électromagnétiques classiques aux signaux électro-quasi-statiques à basse fréquence, les risques de piratage disparaissent. La technologie a été brevetée et l’équipe travaille à sa commercialisation. Les résultats de cette étude* ont été publiés le 11 mars 2019 dans la revue Scientific Reports, du groupe Nature.

    Hacker le corps humain, un risque bien réel

    Pirater un stimulateur cardiaque ou une pompe à insuline pour engendrer le décès d’une personne n’est pas un scénario futuriste. Même si cela ne s’est encore jamais passé dans la vie réelle, des chercheurs ont démontré depuis une dizaine d’années la faisabilité d’un tel événement. Or, comme nous connectons de plus en plus d’appareils au réseau du corps humain – des montres intelligentes aux traqueurs d’activité en passant par les écrans de réalité virtuelle,-, il devient urgent de s’assurer de la sécurité de ces dispositifs.

    100 fois moins d’énergie que le Bluetooth

    Des chercheurs américains ont tenté de mettre au point une technologie empêchant toute tentative de piratage. Actuellement, les « réseaux corporels » utilisent la technologie Bluetooth pour envoyer des signaux sur le corps et autour de celui-ci. Ces ondes électromagnétiques peuvent être captées au moins à un rayon de 10 mètres d’une personne. Ces ondes peuvent donc être interceptées et contrôlées de l’extérieur.

    Des chercheurs de l’université Purdue ont démontré qu’un moyen de communication serait sûr si les ondes ne dépassaient pas la peau d’un centimètre et s’il utilisait 100 fois moins d’énergie qu’une communication Bluetooth traditionnelle. En effet, « le défi n’est pas de garder cette communication dans le corps pour que personne ne puisse l’intercepter mais aussi d’obtenir une bande passante plus large et moins de batterie », précisent les auteurs de l’étude.

    Les résultats de ces travaux ont été publiés le 11 mars 2019 dans la revue Scientific Reports, du groupe Nature.

    L’avenir avec les signaux électro quasi-statiques 

    Ce défi peut être relevé grâce à un dispositif qui couple les signaux dans la plage électro-quasi-statique, qui est beaucoup plus faible sur le spectre électromagnétique. En s’appuyant donc plutôt sur les signaux électro-quasi-statiques à basse fréquence, les chercheurs sont parvenus à limiter la portée de diffusion au centimètre au-delà de la peau de l’utilisateur, ce qui permet au porteur d’interagir avec l’appareil tout en maintenant les pirates à l’écart.

    Cette technologie utilise aussi 100 fois moins d’énergie que le Bluetooth, ce qui signifie de plus petites batteries et donc de plus petits appareils. Le professeur Purdue Shreyas Sen s’emploie à créer un circuit intégré « de la taille d’une poussière » pour un dispositif, qui, sous une forme de montre prototype, peut envoyer des signaux n’importe où sur le corps.

    Reprogrammer les implants sans chirurgie

    Le recours aux signaux électro-quasi-statiques à basse fréquence pourrait avoir une portée majeure. Les chercheurs envisagent que les machines implantables de nouvelle génération puissent être reprogrammées de manière spécifique afin de « fonctionner comme des médicaments mais sans effets secondaires » et sans nécessiter de nouvelles chirurgies post-installation, expliquent-ils.

    La technologie a reçu de nombreux brevets par le biais de la fondation de recherche Purdue. L’équipe de chercheurs travaille aujourd’hui à sa commercialisation.

    Présentation du dispositif :

    © Purdue Engineering

  • 2 medtech parmi les 10 innovations phares de 2019 selon Bill Gates

    La MIT Technology Review a demandé à Bill Gates, cofondateur de Microsoft devenu philanthrope, de lister les 10 innovations qui selon lui allaient dominer l’année 2019. La moitié de cette liste concerne la santé, et 2 de ces innovations sont des technologies de e-santé proprement dite. 

    Dans cet article daté de fin février, Bill Gates évoque notamment l’idée d’une sonde intestinale encapsulée dans une pilule permettant de capturer des images sans anesthésie, même chez les nourrissons. Un tel appareil pourrait faire progresser la lutte contre la dysfonction entérique environnementale (EED), qui se caractérise par une incapacité des intestins à absorber correctement les nutriments. Cette affection répandue dans les pays pauvres est à l’origine de beaucoup de retards de croissance.
    • Guillermo Tearney, chercheur au Massachusetts General Hospital (MGH) de Boston, a conçu une capsule contenant un microscope miniaturisé : le dispositif a été testé pour détecter l’EED sur des adolescents au Pakistan, où cette maladie est endémique, et le test sur des enfants est prévu pour 2019. 

    Bill Gates met également en avant le projet d’un appareil portable capable de faire un électrocardiogramme (ECG). Estimant que « les trackers de fitness ne sont pas des appareils médicaux sérieux » car leurs résultats sont trop facilement faussés par l’environnement, il signale que, parallèlement, un électrocardiogramme nécessite toujours une visite à l’hôpital, et est réalisé parfois trop tard en cas d’accident vasculaire cérébral ou de crise cardiaque.
    • Le cofondateur de Microsoft annonce « d’importantes percées » dans ce domaine dans un avenir proche, citant notamment la société AliveCor. L’application mobile développée par cette start-up se révèle aussi efficace qu’un ECG standard pour détecter un infarctus, selon une étude dévoilée en novembre 2018.

    Les 8 autres innovations citées par Bill Gates

    Un test pour prévoir le risque d’accoucher prématurément : un simple test sanguin peut prédire si une femme enceinte risque d’accoucher prématurément ;

    Des vaccins contre le cancer personnalisés : le traitement en question incite les défenses naturelles de l’organisme à ne détruire que les cellules cancéreuses en identifiant les mutations propres à chaque tumeur ;

    Les robots dotés d’une meilleure dextérité : des robots manipulant avec davantage de précision les objets sont en train d’être développés ;

    Des assistants d’IA qui parlent bien : les nouvelles techniques qui capturent les relations sémantiques entre les mots permettent aux machines de mieux comprendre le langage naturel ;

    L’énergie nucléaire nouvelle vague : des réacteurs de fusion et de fission avancés sont en train d’être mis au point ;

    Le capteur de dioxyde de carbone : des moyens pratiques et abordables de capturer le dioxyde de carbone de l’air peuvent absorber les émissions excessives de gaz à effet de serre ;

    Le burger sans vache : les solutions de remplacement cultivées en laboratoire et à base de plantes se rapprochent du goût et de la valeur nutritionnelle de la vraie viande ;

    L’assainissement sans égouts : les toilettes éco-énergétiques peuvent fonctionner sans système d’égout et traiter les déchets sur place ;

  • La Suite Necker, une application pour les jeunes atteints de maladies rares ou chroniques

    L’hôpital Necker-Enfants malades a lancé avec la fondation AP-HP l’application mobile La Suite Necker pour aider les adolescents et les jeunes adultes (13-25 ans) atteints de maladies rares et/ou chroniques à gérer la transition de leur parcours de soins entre le secteur pédiatrique et le secteur adulte, alors que pour certaines affections, jusqu’à 30 % des jeunes sortent du circuit de soins.
    La solution a été conçue par l’équipe de l’espace « La Suite » du Dr Nizar Mahlaoui, spécialisée dans la gestion de ce risque, et réalisée sous la direction de la Filière santé maladies rares NeuroSphinx.

    Téléchargeable sur l’App Store et sur Google Play depuis janvier 2019, elle est utilisable par tout jeune patient quels que soient son lieu de résidence et son lieu de prise en charge en France. Par son biais, l’utilisateur peut gérer ses rendez-vous médicaux et recevoir des alertes personnalisées, notamment pour les prises de médicaments. Il peut également stocker les coordonnées des professionnels de santé qui le suivent.

    Le site internet La-suite-necker.aphp.fr donne accès à des contenus différenciés en fonction de l’âge, des tutoriels vidéo, des guides d’entretien avec les jeunes ou encore des témoignages de patients et de professionnels.

    Plus de 200 jeunes, sur les 4 000 patients suivis en pédiatrie à l’hôpital Necker, ont été suivis par l’intermédiaire de l’espace « La Suite » depuis son ouverture en 2016.

  • Bourgogne-Franche-Comté : IDiabète, une carte avec QR code pour un accès facile aux données patients

    La Région Bourgogne-Franche-Comté lance la carte IDiabète, développée par la société dijonnaise CEN Connect, en partenariat avec l’agence régionale de santé et l’Association française des diabétiques de la région. Les premières cartes, gratuites grâce au financement assuré par la région, sont en train d’être envoyées chez les particuliers qui en ont fait la demande, indique un communiqué publié le 6 mars 2019.

    Les médecins et les pharmaciens auprès desquels chaque habitant de la région peut se la procurer sont référencés sur le site Idiabete.com. La carte contient les données relatives à la maladie du patient : type de diabète, traitement médicamenteux, allergies, références des personnes impliquées dans le suivi de soins.

    Ces informations sont sécurisées par un mot de passe, et un historique de consultation des informations est conservé dans un souci de confidentialité des données personnelles. Pour y avoir accès, les professionnels de santé doivent flasher le QR code de la carte avec leur smartphone après avoir installé l’application correspondante.

    Ce dispositif pourra sauver des vies, indique la Région, notamment en cas de perte de connaissance d’une personne en hypoglycémie. Le patient peut aussi flasher sa propre carte pour se remémorer les détails de sa prise en charge, comme les noms des médicaments, notamment ceux des génériques.

  • Fitbit élargit son offre de capteurs d’activité avec une gamme de bracelets à coûts réduits

    Fitbit, pionnier des wearables, riposte face à la concurrence des grands groupes comme Samsung et Apple en lançant des versions moins coûteuses de ses appareils.

    La montre connectée Versa Lite est une version low cost de la Versa (159,99 euros) mais comporte presque les mêmes fonctionnalités, dont le contrôle de l’activité, du rythme cardiaque et du sommeil : elle surveille également le taux d’oxygène dans le sang pour prévenir l’apnée du sommeil. Le dispositif ne propose cependant pas de suivre les exercices de natation ou de compter les étages gravis.

    Fitbit lance également des versions grand public des appareils Inspire et Inspire HR, auparavant réservés pour des usages professionnels, soit aux employeurs et aux prestataires de couverture santé. Ces bracelets proposent un suivi quotidien de l’activité physique, avec cardiofréquencemètre pour la version HR, proposé à un prix inférieur à 100 euros. La marque propose parallèlement le Fibit Ace 2, un bracelet d’activité conçu pour inculquer de bonnes habitudes en matière d’hygiène de vie aux enfants.

    Fitbit cible de plus en plus les personnes souffrant de maladies chroniques

    « Historiquement, nous avons aidé nos utilisateurs à atteindre leurs objectifs en matière de forme physique et de santé, qu’il s’agisse de gérer leur poids, de devenir plus actifs et en forme, de mieux dormir, de réduire leur stress », commente dans un communiqué publié le 6 mars 2019 James Park, P.-D.G. de Fitbit, « mais nous aidons de plus en plus les personnes atteintes de maladies graves et chroniques, qu’il s’agisse du diabète, des problèmes cardiaques ou de santé mentale, ou des troubles du sommeil. »

    Le réseau de soins Solera Health (Arizona) intègre les outils Inspire à son programme de prévention du diabète

    D’ores et déjà, le réseau de soins Solera Health (Arizona) intègre les outils de la gamme Inspire à son programme de prévention du diabète (PPD) et constate que les utilisateurs qui y ont recours perdent plus de poids et déclarent réaliser davantage d’activité physique, a-t-il annoncé le 6 mars 2019. C’est sur la base de ce résultat que Solera a décidé d’étendre le partenariat et de faire bénéficier des appareils Fitbit tous les participants à son programme.

    Fitbit déclare avoir plus de 680 partenaires de recherche clinique, 1 600 clients issus du secteur de la santé en entreprise et affirme collaborer avec plus de 100 prestataires de couverture santé sur des programmes dédiés.

  • Grand Est : les tablettes Smur-t@b analyseront l’activité des services d’urgence de la région

    L’analyse descriptive de l’activité des services mobiles d’urgence et de réanimation (Smur) dans le Grand Est n’est actuellement pas possible, faute de données chiffrées disponibles et structurées. C’est pourquoi a été lancé un outil électronique régional de traçabilité sous le nom d’Eval-Rescue. L’association éponyme, à l’initiative du projet avec le Grades Pulsy, a annoncé en février 2019 l’entrée du dispositif en phase de test au sein des Smur de Haguenau (Bas-Rhin), de Verdun (Meuse) et de Châlons-en-Champagne (Marne).

    D’ici la fin de l’année, les véhicules des 47 Smur de la région seront équipés d’une tablette, baptisée Smur-t@b, permettant la saisie d’une fiche dématérialisée et uniformisée, dont le contenu s’adaptera à la pathologie du patient selon son profil (accident vasculaire cérébral, traumatisme, accouchement inopiné, brûlure, etc.) en insérant automatiquement des indicateurs de suivi.

    L’association Eval-Rescue a été créée en 2017 pour porter le réseau et l’observatoire des structures d’urgence de la région Grand Est. Elle a reçu le soutien de Pulsy ainsi que de l’agence régionale de santé.

  • Kinésithérapie : la startup e-santé Kobus lève 1 million d’euros

    Kobus boucle une levée de fonds d’un million d’euros dans l’optique de devenir l’outil de suivi n°1 du parcours de soins pour les professionnels de la rééducation dans la zone francophone (France, Belgique, Suisse et Québec). La société francilienne s’est faite remarquer à l’occasion des Trophées de la santé mobile 2018, dans le cadre desquels elle a reçu le grand prix de l’application mobile de santé.

    Fondé en 2016, Kobus propose aux kinésithérapeutes un assistant digital personnalisable, simple d’utilisation, capable d’établir un bilan de santé précis du patient grâce à une base de données mise à jour en temps réel de plus de 1 000 tests validés enrichis par la communauté, précise la start-up dans un communiqué publié début mars 2019.

    L’outil permet également de mesurer l’évolution du patient en l’impliquant dans sa thérapie (avec photos, vidéos, bodychart, auto-questionnaire, suivi des exercices) et, par la suite, de lui adresser directement les bilans, facilitant la coordination avec les autres professionnels impliqués dans le parcours de soins.

    Kobus estime qu’actuellement plus de 1 500 kinésithérapeutes utilisent quotidiennement le logiciel, alimentant la base de données et aidant à numériser les pratiques. Déjà bien implanté sur son marché, la société a su convaincre le fonds d’investissement Side Capital, dirigé par Renaud Guillerm, de la soutenir.

    Un recrutement envisagé pour développer une version améliorée du logiciel

    « Nous souhaitons étendre la solution aux autres professions de rééducation (podologues, ergothérapeutes, chirurgiens…) sur le marché francophone », déclare la co-fondatrice de Kobus Laura Beaulier. Elle prévoit également de recruter pour élaborer une nouvelle version de son logiciel « encore plus facile à prendre en main », rendant « encore plus lisible le lien entre diagnostic initial et suivi.

    Un objectif de 10 000 utilisateurs en 2020

    Kobus souhaite également utiliser les données recueillies, une fois anonymisées, pour proposer de l’aide au diagnostic et à la prescription de protocoles aux professionnels. Il s’agirait d’atteindre les 10 000 utilisateurs en 2020.

  • Étude comparative : les chatbots santé n’ont pas encore gagné la confiance des utilisateurs (USA)

    Les chatbots santé Ada, Mediktor, Your.MD, Symptomate et HealthTap ont encore des efforts à faire pour gagner la confiance des usagers, révèle une étude comparative de ces 5 applications réalisée par société californienne User Testing, spécialiste de l’amélioration de l’expérience client. Les travaux, dont les résultats ont été publiés début 2019, démontre que, selon les utilisateur, ces outils gèrent encore imparfaitement les affections complexes et qu’ils manquent de convivialité.

    500 consommateurs ont évalué les applications en fonction de 5 paramètres : facilité d’utilisation, vitesse, crédibilité, esthétique et plaisir. Les participants ont reçu une liste de symptômes pour le rhume et l’intoxication alimentaire, et ont été invités à utiliser les chatbots pour obtenir un diagnostic. Ils ont ensuite répondu à une série de questions quantitatives et qualitatives sur leur ressenti.

    Résultats clés de l’étude :
    • Les agents conversationnel réagissaient correctement pour des affections faciles à diagnostiquer mais dans ces cas-là, une recherche sur Google aurait probablement rapporté les mêmes résultats, notent les auteurs de l’étude.
    • Les tentatives de diagnostic d’une intoxication alimentaire ont débouché sur des résultats nettement moins satisfaisants.
    • Une part important de testeurs a été rebuté par des problèmes d’ergonomie assez basiques.

    Chatbot : une image nuancée auprès des utilisateurs

    L’étude signale par ailleurs que selon le cabinet Accenture, l’un des principaux dangers pour les chatbots santé est le refus des patients de les utiliser.

    User Testing indique que seules 2 applications sur 5 se voyaient attribuer plus de 50 % de votes en termes de « crédibilité ». La société souligne cependant qu’à l’issue de l’expérience, 73 % des testeurs jugeaient ces applications « utiles », contre 12 % qui les trouvaient « inutile »».

  • Étude : une appli vidéo améliore l’observance du traitement de la tuberculose (The Lancet)

    Le suivi des patients souffrant de tuberculose grâce à une application mobile serait plus efficace que la prise en charge habituelle, montre une étude randomisée et contrôlée réalisée par une équipe de l’University College London et publiée le 21 février 2019 dans The Lancet. Selon ces travaux, les patients équipés de cette appli qui permet d’enregistrer et d’envoyer par vidéo la prise de médicaments étaient plus observants que ceux du groupe contrôle. En outre, cette technique dite de TOV (traitement sous observation vidéo) s’est révélée beaucoup moins chronophage pour les équipes soignantes.

    Tuberculose : l’enjeu majeur de l’observance

    Depuis le début des années 90, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) préconise la mise en place d’une « observation directe de la thérapie » (DOT). Cette méthode, qui consiste à ce que le malade prenne son médicament journalier sous le regard d’un soignant ou d’une autre personne, mais pas d’un membre de la famille), a pour but d’améliorer le taux d’observance, peu élevé dans le cas de la tuberculose. Le schéma thérapeutique (prise de médicaments tous les jours ou 5 jours par semaine et en auto-traitement le week-end) rend le DOT très lourd à gérer pour les équipes et pour les patients qui doivent se déplacer.

    Une appli vidéo pour un meilleur suivi à distance

    Les progrès de la vidéo sur smartphone ont permis d’envisager une autre stratégie, plus légère : le traitement sous observation vidéo (TOV), qui est commandé comme alternative au DOT. À l’origine, cela nécessitait un appel vidéo en direct (TOV synchrone) entre le patient et l’observateur.

    Plus récemment, des applications pour smartphone permettant l’enregistrement et la transmission de clips vidéo pour un visionnage ultérieur (TOV asynchrone) ont été développées. Cette procédure est actuellement utilisée dans certaines cliniques aux États-Unis mais le niveau de preuves est encore faible du fait du nombre limité d’essais contrôlés randomisés disponibles. En outre, le TOV n’a pas encore été évalué chez des patients socialement complexes.

    Une étude menée dans 22 centres

    Des chercheurs britanniques de l’University College London ont mené le premier essai randomisé, contrôlé, en double aveugle et multi-centrique comparant un TOV asynchrone et le DOT traditionnel.

    Quelque 226 patients souffrant de tuberculose (non multi-résistante) ont été recrutés dans 22 centres de soins puis randomisés en 2 groupes. La majorité d’entre eux avaient connu la prison, la rue, la toxicomanie, l’alcoolisme ou des pathologies mentales.

    Ceux appartenant au groupe TOV se voyaient remettre un smartphone : ils ont été formés à l’enregistrement et à l’envoi de vidéos via l’appli dédiée. Ils devaient transmettre une vidéo chaque jour lors de la prise du traitement. Des observateurs de traitement formés visionnaient les vidéos via un site web protégé par mot de passe. Afin de répondre aux préoccupations selon lesquelles une réduction des contacts en face à face pourrait conduire à une non-détection des effets indésirables, les patients ont été encouragés à signaler les effets indésirables du médicament sur les vidéos.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 21 février 2019 dans The Lancet.

    Résultats : efficace et économe

    • 70 % des patients suivis via l’application mobile atteignaient un taux d’observance d’au moins 80 % alors qu’ils n’étaient que 31% dans le groupe contrôle.
    • Après 6 mois de suivi, l’observance se maintenait à 77 % dans le groupe vidéo.
    • Il n’y avait pas de différence dans le taux de positivité dans les cultures de crachats.
    • Le personnel consacrait en moyenne 3,2 minutes par prise médicamenteuse dans le groupe vidéo, contre 56 minutes dans le groupe TOV lors d’un contrôle à domicile et 15 minutes au centre de soins.
    • Le coût de la prise en charge pour 6 mois était de 5 700 livres (environ 6 650 €) pour 5 prises par semaine, contre 1 645 livres (environ 1 920 €) avec l’appli vidéo, soit un coût 3 fois moins important.

    Une prise en charge vidéo pour l’hépatite C ?

    Le traitement sous observation vidéo s’est donc révélé très efficace. Même dans des populations socialement complexes, le taux d’abandon du traitement de la tuberculose était plus faible que dans le groupe « observation directe de la thérapie ». L’absence de contacts humains n’a eu aucune incidence sur les événements indésirables. En outre, le système est nettement plus économique, même en incluant le coût des téléphones et des forfaits.

    Certes, l’étude présente quelques limites – des bugs informatiques, l’exclusion des tuberculoses multi-résistantes – mais les chercheurs estiment que ces résultats sont généralisables à l’ensemble des patients car les malades étaient issus de 22 centres et avaient des profils très différents.

    Par ailleurs, compte tenu de l’accueil très favorable réservés par les patients au TOV, les auteurs de ces travaux estiment que ce type de prise en charge pourrait être décliné dans le cadre d’autres maladies, telles que l’hépatite C.