DMN

  • Les plateformes, une solution possible au « fléau » des RDV médicaux manqués (étude Odoxa/MNH-Nehs)

    Les rendez-vous non honorés par les patients sont « un fléau pour les médecins ». C’est ce qu’affirme le baromètre « Carnet de santé des Français et personnels hospitaliers », réalisé par l’institut de sondage Odoxa pour la Mutuelle Nationale des Hospitaliers (MNH – MHH Group est désormais appelé « Nehs »). L’étude a été réalisée du 28 mars au 2 avril 2019 auprès de 2 échantillons, de 1 003 personnes représentatives de la population françaises et de 1 267 professionnels de santé.

    1 Français sur 6 et 1 jeune sur 3 reconnaissent avoir déjà « posé un lapin » à leur médecin, précise le baromètre, publié le 11 avril 2019, soulignant que la très grande majorité des médecins sont concernés, qu’ils exercent en ville (97 %) ou à l’hôpital (90 %).
    70 % des professionnels de santé affirment que ces rendez-vous manqués « ont des conséquences importantes sur l’organisation de leur travail ».
    84 % des patients interrogés savent que rater un rendez-vous médical est « grave » car cela « désorganise le médecin et prive quelqu’un d’autre de rendez-vous ».

    Les plateformes de prise de rendez-vous en ligne pourraient être une solution, affirme l’étude : elles « incitent les patients à mieux respecter leurs rendez-vous », selon 72 % des patients et 60 % des professionnels. Selon le baromètre, 54 % des Français et 42 % des médecins déclarent utiliser ces plateformes.

  • One Drop noue un partenariat avec Amazon pour le suivi numérique des affections chroniques

    La société One Drop, spécialiste des solutions numériques pour le diabète et les maladies chroniques, signe un accord de partenariat avec Amazon via Choice, la marque santé du géant du numérique.

    Les appareils Choice donneront désormais accès aux fonctionnalités One Drop pour la gestion du diabète, le contrôle de la tension artérielle et du poids, y compris à l’aide à la décision par intelligence artificielle, précise l’entreprise, qui a annoncé cette alliance en mars 2019. Ces dispositifs s’intégreront aussi directement avec l’application mobile One Drop, et les clients Choice pourront s’inscrire aux programmes de coaching personnel One Drop.

    One Drop : une appli qui définit des objectifs quotidiens pour les patients

    L’application mobile One Drop, disponible sur les plateformes Apple iOS et Google Android est capable de suivre et d’analyser la glycémie, la prise de médicaments, le régime alimentaire et les activités du patient. Elle lui permet de définir des objectifs quotidiens, de visualiser ses progrès et de s’intégrer à une communauté mondiale de diabétiques. Les services de coaching durent de 7 semaines à 6 mois et leur prix varie en fonction de la durée du programme. 

    « Sur les 30 millions d’Américains vivant avec le diabète, 20 millions vivent également avec une pression artérielle élevée », souligne Jeff Dachis, P.-D.G. de One Drop, précisant que le partenariat avec Amazon offre aux clients de Choice « l’accès à un éventail de services complet et hyper-personnalisé ».

    « Cette collaboration représente une occasion pour nous de proposer une offre accessible et abordable dans le secteur des dispositifs médicaux grand public », a déclaré Bob Guest, P.-D.G. du groupe Arcadia, qui a développé Amazon Choice.

  • La Withings Move, tracker d’activité et de sommeil, lancée sur le marché

    La Withings Move, une montre connectée analogique et numérique personnalisable, est désormais disponible à l’achat sur le site de son fabricant pour 75,95 euros. Présenté en janvier 2019 à l’occasion du CES de Las Vegas, ce tracker permet de mesurer l’activité physique en suivant notamment la fréquence cardiaque en temps réel. Il n’y a pas d’écran : les informations s’affichent sur le sous-cadran par le biais d’une aiguille dédiée.

    Résistante à l’eau et à la poussière, étanche jusqu’à 50 mètres de profondeur et possédant une autonomie pouvant aller jusqu’à 18 mois, le système peut s’adapter à des dizaines de disciplines (marche, course, natation, etc). La montre est aussi capable d’analyser la qualité du sommeil.

    L’utilisateur peut retracer ses sessions avec le GPS connecté via smartphone. La montre se synchronise avec l’application Health Mate, gratuite, pour qu’il puisse observer l’évolution de son activité ou de son sommeil.

    La Withings Move est personnalisable. 4 modèles de base sont proposés par la marque mais jusqu’à 5 850 combinaisons sont possibles. L’utilisateur peut ainsi choisir le cadran, le boîtier, l’aiguille du tracker et le bracelet. Chaque produit est assemblé dans un atelier dédié nommé « La Manufacture ». Withings vise une production de 100 000 unités. Actuellement, la capacité de production est limitée à 200 montres par semaine mais, selon l’évolution des commandes, d’autres sites d’assemblage pourraient être ouverts, indique la société, vendue à Nokia en 2016 et finalement racheté en 2018 par son co-fonddateur Eric Carreel.

  • Appli diabète : la start-up française MirambeauAppCare déployée au Canada et aux Émirats arabes unis

    La start-up girondine MirambeauAppCare annonce la création de conseils scientifiques au Canada et aux Émirats arabes unis, avant de lancer sur ces marchés son application multi-plateformes, Diabilive, qui permet d’améliorer l’accompagnement des patients diabétiques en leur apportant davantage d’autonomie.

    La société a été sélectionnée parmi les milliers d’entreprises ayant participé aux Innov 8 talks, organisés dans le cadre de l’événement Arab Health, qui s’est tenu fin janvier 2019 à Dubaï. Elle est actuellement en train de préparer la commercialisation de Diabilive aux Émirats et vient de former son conseil scientifique au sein du pays, a-t-elle annoncé début avril 2019. Ce conseil est composé du Dr Rahila Bhatti, de l’hôpital Mediclinic Parkview de Dubaï, et de Michelle Franklin, infirmière générale en charge de la clinique du diabète à l’hôpital Imperial College de Abu Dhabi.

    Outre-Atlantique, la start-up est parvenue à convaincre des endocrinologues du Centre hospitalier universitaire de Montréal de former son conseil scientifique canadien.

    Fondée en juillet 2017, MirambeauAppCare a pour l’instant levé 900 000 euros et décroché plusieurs récompenses, dont le prix du président de la République au concours Lépine International Paris 2016 et le prix Innovation Awards 2018 du CES Las Vegas dans la catégorie « produits logiciels et applications mobiles ».

    « La création de ces conseils montre notre capacité à être international dès le départ »

    « La création de ces conseils scientifiques est une avancée majeure pour MirambeauAppCare, qui montre là sa capacité à être international dès le départ », commente Benoît Mirambeau, P.-D.G. de la société.

    La start-up ayant « des bons de commandes très importants en France », cela lui permet « de voir l’avenir sereinement », ajoute le responsable.

    Diabilive : une application pour accompagner au quotidien les patients diabétiques

    Diabilive calcule la dose d’insuline du patient selon sa prescription médicale, son régime alimentaire et son activité physique. Elle améliore ainsi l’observance du traitement et facilite l’anticipation des besoins futurs. L’application permet également aux chercheurs d’analyser les données afin d’améliorer les protocoles.

    La solution se connecte à tous les outils connectables en Bluetooth ou NFC pour le suivi des constantes médicales, telles que le poids, la glycémie, la tension, le pouls et le taux d’oxygène dans le sang.

    En renforçant le contact entre les soignants et le patient, elle vise par ailleurs à rassurer ce dernier, en le faisant se sentir mieux entouré et donc en sécurité.

  • Étude : les applis de fitness ont peu d’impact sur le niveau d’activité physique (JMIR)

    Les applications mobiles de fitness n’entraînent qu’une augmentation très modérée de l’activité physique. C’est ce que révèle une méta-analyse* réalisée par des chercheurs australiens et qui a été publiée le 19 mars 2019 dans le Journal of Medical Internet Research (JMIR). En outre, les maigres effets positifs ne seraient perceptibles que pendant trois mois.

    Le manque d’activité physique, un enjeu de santé publique mondial

    La sédentarité est le quatrième risque le plus important en termes de mortalité et de morbidité. C’est pourquoi il est recommandé de pratiquer au moins 150 minutes d’activité physique d’intensité modérée ou 75 minutes d’activité physique d’intensité intense par semaine. Cependant, actuellement, 1 adulte sur 4 dans le monde ne respecte pas ces recommandations.

    Pour inciter la population à bouger, les applications mobiles semblent être des outils prometteurs. Et plusieurs initiatives ayant recours à ces solutions se sont développées dans le monde entier. Les médecins, autorisés depuis peu à prescrire de l’activité physique, peuvent aussi parfois recommander des applis de fitness. Reste à savoir si les applis ont réellement le pouvoir de changer les comportements.

    Un manque d’études rigoureuses sur les applis de fitness 

    En 2015, une revue systématique et une méta-analyse de 12 études utilisant des applications pour promouvoir la perte de poids et augmenter l’activité physique ont révélé une différence non significative d’activité physique entre le groupe témoin et le groupe d’intervention sur smartphone. Cependant, ces études reposaient sur des données auto-déclarées, susceptibles d’être biaisées, et l’appli n’était pas le seul outil utilisé. Ainsi, il n’était pas aisé de déterminer si les effets de l’intervention étaient vraiment dus à l’application elle-même ou aux autres éléments de l’intervention.

    Des chercheurs australiens ont donc mené à bien une méta-analyse. Sur 6 170 études identifiées, ils en ont retenu seulement 7 où les interventions sur smartphone étaient la composante principale et les résultats en terme d’activité physique étaient mesurés objectivement.

    Les résultats de cette méta-analyse ont été publiés le 19 mars dans le Journal of Medical Internet Research (JMIR). 

    Résultats : un impact non significatif sur le nombre de pas

    • les applications pour smartphone ont entraîné une augmentation non significative du nombre moyen de pas par jour (différence moyenne de 476,75 pas par jour) ;
    • les applications utilisant des programmes d’activité de moins de trois mois étaient plus efficaces que celles sur une période plus longue (+2074 pas/jour) ;
    • les applications qui traitent uniquement de l’activité physique obtiennent de meilleurs résultats que celles qui traitent de l’activité physique et de l’alimentation.

    Un essoufflement au bout de 3 mois

    Cette méta-analyse suggère donc que les interventions d’activité physique basées sur des applications ont une influence positive non significative sur l’activité physique mesurée de manière objective. En outre, ces résultats semblent indiquer que les effets de l’intervention ont atteint leur maximum dans les deux premiers mois suivant le début de l’intervention et qu’ils diminuent avec le temps. »Le déclin de l’engagement est particulièrement important dans les interventions basées sur les smartphones car leur conception exclut le soutien humain et la responsabilité solidaire, » ont expliqué les auteurs de cette méta-analyse.

    Cependant, les chercheurs soulignent que seul un petit nombre d’études répondant à des critères d’inclusion stricts ont été identifiés et, parmi celles-ci, la plupart avaient des échantillons de petite taille et des durées d’intervention courtes.

    Afin de maintenir l’implication des utilisateurs, la clé du succès, ils préconisent que de futures études soient menées « avec des périodes de suivi plus longues et avec les résultats pris à des moments plus réguliers et plus fréquents. » En outre, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre s’il est préférable de cibler l’activité physique en tant que comportement unique ou de concert avec d’autres comportements liés à la santé. D’autant que les utilisateurs plébiscitent les applis qui ont plusieurs objectifs connexes.

  • FASN Cancéro : « Hospitalink a été créé pour optimiser la communication patient-soignant » (L Karcenty)

    « Hospitalink a été créé pour optimiser la communication entre le patient hospitalisé et le personnel soignant. Concrètement, ils communiquent via une application installée sur le smartphone du patient et les outils des soignants, avec des pictogrammes simples et des requêtes pré-programmées », explique à Health & Tech Intelligence Louis Karcenty, chargé d’affaires de la société, qui a remporté le start-up challenge des Rencontres nationales de la santé numérique.
    L’événement était organisé le 2 avril 2019 par la société Care Insight dans le cadre de la campagne #FASN (Faire avancer la santé numérique) sur le thème de la cancérologie à l’ère du numérique, en partenariat avec Unicancer, afin d’accompagner la transformation numérique et organisationnelle de l’offre de soins.

    Fondé en 2016, Hospitalink propose une application mobile pour faciliter les échanges entre le patient hospitalisé et le personnel soignant. La solution est actuellement en fin de phase d’expérimentation dans plusieurs centres de soins et ne génère du chiffre d’affaire que depuis 2019. La société a jusqu’à présent bénéficié de subventions publiques pour mener à bien ses expérimentations et son développement R&D.

    Comment est née l’idée de cette application ?

    Louis Karcenty : La genèse de cette solution est l’expérience de Florent (Bossert-Castelli), fondateur d’Hospitalink, diagnostiqué d’une leucémie à l’âge de 18 ans. Il a constaté la difficulté de communiquer avec les soignants avec comme seul outil à disposition, le bip soignant qui ne distingue pas une demande pour un verre d’eau, pour utiliser la télévision ou pour une urgence. En tant que patient, il se sentait en danger. Les données montrent qu’un quart des patients est insatisfait de sa prise en charge en terme d’hospitalisation.

    Il a aussi discuté avec les soignants et s’est rendu compte que le fait de ne pas savoir qu’elle était la demande des patients était générateur de stress pour eux. Les soignants ont des arrêts maladie 60 % plus fréquent que la moyenne nationale. 82 % des patients souhaitent mieux interagir avec les personnes soignant et 81 % des médecins pensent qu’ils peuvent améliorer la qualité des soins.         

    Il existe de nombreuses solutions et applications de suivi mais l’angle du moment de l’hospitalisation est insuffisamment mis en avant. Paradoxalement, nous avons à disposition des solutions techniques extraordinaires mais pas pour faciliter la communication du patient hospitaliser avec le soignant du service.

    Que propose donc Hospitalink ?

    Hospitalink a été créé pour optimiser la communication entre le patient hospitalisé et le personnel soignant. Concrètement, ils communiquent via une application installée sur le smartphone du patient et les outils des soignants, avec des pictogrammes simples et des requêtes pré-programmées. Le patient fait sa demande et peut suivre l’avancement. Les soignants la reçoivent. Elle est hiérarchisée afin de répondre de manière optimisée et personnalisée et d’être proactif.

    Cela aboutit à un gain en termes d’efficience, avec une optimisation des allers-retours dans le service mais aussi de sécurité en réduisant le taux d’erreurs et d’oubli. Dans « Hospitalink », il y a « link » (lien), pour créer du lien mais aussi « ink » (encre), pour écrire une nouvelle page de l’hospitalisation.

    Quelle est le modèle économique ?

    Déjà, l’investissement est très léger car les prérequis matériels sont déjà existants et l’installation est aussi simple qu’une application classique. L’efficience est estimé à 170 000 euros par patients sur 100 lits. Nous travaillons avec des établissements de santé partenaires sur la base du nombre d’identifiants. Nous démarrons par un audit pour installer Hospitalink de manière personnalisée, au plus près des besoins de la structure. Et proposons une mise à jour, la maintenance ainsi que le développement de nouveaux modules.

    Ou en êtes-vous aujourd’hui ?

    La société a été fondée en 2016. Une première version est en test dans 3 centres de soins de l’hôpital Paul-Brousse (AP-HP) ainsi que dans des service de maternité et d’hématologie.

    Les premiers retours montrent que les patients sont satisfaits, notamment de l’ergonomie de l’application. Les soignants y voient également un gain en termes de relation avec le patient.

    L’objectif est de lancé officiellement la solution au quatrième trimestre 2019 avec de nouveaux modules et une intensification de la partie intelligence artificielle et machine learning (apprentissage automatique) pour améliorer encore le reporting.

  • ExclusifH&T Morning : déploiement des services numériques par le NHS (UK) versus France (infographie)

    Établir un comparatif entre les approches du NHS et du ministère de la Santé en matière de e-santé, tel est l’objectif de l’infographie présentée lors du HTI Morning du 28 mars 2019, organisé avec le think tank le Cercle numérique et santé.
    L’infographie met en évidence un système de santé anglais sous pression, avec un accès aux soins primaires difficile : temps d’attente long (13 jours en moyenne), nombre de médecins généralistes faible (0,9°/00) – et un coût de système très lourd, avec un reste à charge pour le citoyen plus de deux fois supérieur à celui de la France.
    Face à ces défis, le NHS entend résolument mettre en place des services numériques pour faciliter l’accès aux soins et la prise en charge : plus d’un million de rendez-vous en ligne par mois sont directement pris sur le site du NHS ou via l’application NHS App, 17 % des consultations sont faites par téléphone et la e-prescription est fortement déployée (62 % des pharmacies connectées).
    L’appui à la prise en charge est également digitalisé : un chatbot de triage et de réponse aux premières questions de santé est mis à disposition de la population ainsi qu’une librairie d’applications santé référencées.

    La stratégie digitale du NHS est continue depuis plus de 15 ans et se voit renforcée dans le Long term plan présenté en janvier 2019 par le gouvernement de Theresa May.

  • PharmagoraPlus 2019 : présentation des 16 start-ups e-santé en lice pour le Prix de l’innovation

    Découvrir les innovations numériques capables d’aider les pharmaciens dans la gestion de leur officine et l’accompagnement de leurs patients, tel est l’objectif du village e-santé, « carrefour de la santé connectée au service des pharmaciens d’officine », formé en partenariat avec MedappCare au sein du salon PharmagoraPlus, qui se tiendra les 30 et 31 mars 2019 à Paris.

    Le samedi 30 mars après-midi, les start-ups invitées présenteront leurs activités devant de « grands témoins » issus du secteur de la santé.
    À l’issue de cette conférence, le Prix de l’innovation 2019 sera remis à la start-up jugée la plus innovante.

    Voici la liste des 16 sociétés qui concourent pour cette récompense:

    – Avis2santé : plateforme de télémédecine globale
    – Brightmed : borne interactive support de l’automédication en officine
    – ClubOfficine : plateforme d’emploi des métiers de la pharmacie
    – eVeDrug : My eReport, application collaborative de pharmacovigilance
    – ExactCure : Jumeau Digital, plateforme de santé personnalisée qui aide à lutter contre les médications inappropriées
    – i-MEDS Healthcare : i-Donea, solution connectée et sécurisée de distribution de médicaments
    – Medadom : visites médicales à domicile
    – Medcycle : plateforme sécurisée d’échanges de produits entre pharmaciens
    – Meditect : solution de traçabilité des médicaments
    – Mesoigner : logiciel de conduite automatise du bilan partagé de médication
    – Meyko : dispositif de rappel de traitement des enfants asthmatiques
    – Ordoclik : ordonnances digitales dématérialisée
    – Pharmanity : solutions digitales de visibilité et de fidélisation pour les pharmacies
    – Pharmacienadomicile.com : plateforme de mise en relation patient-pharmacien
    – Scambio : pharmacylounge, plateforme d’échanges des professionnels de la pharmacie
    – Starlink Pharma : solution complète de services digitaux consacrés à la croissance des revenus de la pharmacie

  • Congrès SFD 2019 : le FreeStyle Libre, « une évolution technologique majeure en diabétologie » (conf.)

    « Le FreeStyle Libre (FSL) est une évolution technologique majeure en diabétologie« , commente le Pr Elise Bismuth, médecin au service « endocrinologie et diabétologie pédiatrique » à l’hôpital Robert-Debré (AP-HP), intervenue le 28 mars 2019 lors d’un symposium dédié au dispositif, auquel Health & Tech Intelligence a assisté. La session était organisée dans le cadre du Congrès de la Société francophone du diabète (SFD), qui se tient à Marseille jusqu’au 29 mars.

    Le système de mesure du glucose en continu FSL est un dispositif médical sans piqûre, sans lancette et sans bandelette développé par Abbott. Il a rencontré un engouement immédiat lors de sa mise sur le marché en 2017. Remboursé par l’Assurance maladie depuis le 1er juin 2017 et proposé dans 7 pays d’Europe, il est aujourd’hui de plus en plus sollicité, l’occasion de faire le point.

    Le Pr Elise Bismuth insiste sur l’importance d’une éducation thérapeutique : « Mieux [les familles] connaissent et maîtrisent l’outil, moins d’erreurs elles commettent, meilleurs sont les résultats », indique-t-elle.
    De son côté, le Pr Michael Joubert, endocrinologue et diabétologue au CHU de Caen, est revenu de son côté sur le télésuivi des patients porteurs de FreeStyle Libre dans le cadre du programme Étapes avec le lancement d’une plateforme unique conçue pour faciliter la mise en place de la télésurveillance : le portail LibreView, attendu au cours de l’été 2019.

    L’importance de l’éducation thérapeutique en pédiatrie (Dr Bismuth)

    L’éducation thérapeutique est essentielle pour apprendre à utiliser le FreeStyle Libre, insiste le Dr Elise Bismuth (service pédiatrie, hôpital Robert-Debré), « aussi bien du côté des patients enfants que de leurs parents ».

    D’autant plus que le dispositif dispose d’un nouveau référentiel, étant passé d’un système capillaire (piqûre du doigt) à système interstitiel (mesure en continu du taux de glucose dans le tissu interstitiel). Il y a beaucoup plus d’informations de générer.

    • avantages pour les soignants : « Bye bye le carnet papier ». Ils peuvent annoter et télécharger toutes les données.
    • avantages pour les familles : elles apprécient le confort de la mesure interstitielle parce qu’il n’y plus besoin de piquer le doigt de son enfant. À l’école, c’est aussi plus simple de gérer ses jeunes patients pour les enseignants et les aides scolaires.

    « Toutes les études soulignent l’importance de l’éducation thérapeutique »

    Le Pr Elise Bismuth revient sur les résultats d’une étude observationnelle prospective multicentrique (9 centres) menée par l’Association du diabète infantile de la Méditerranée (Adim) sur 347 enfants et adolescents de décembre 2016 à juillet 2017.

    Il en ressort que l’éducation thérapeutique, soit la formation des patients et des familles à l’utilisation du dispositif, est nécessaire pour améliorer le suivi et les résultats.

    La satisfaction des utilisateurs de FSL était d’environ 60 %, sachant que parmi les principales critiques avancées figuraient le coût du dispositif, qui n’était pas encore remboursé alors.

    « Les mêmes résultats ont été observés en Belgique, au Royaume-Uni et en Israël, par exemple, note la pédiatre. Toutes les études soulignent l’importance de l’éducation thérapeutique. Les conditions de remboursement sont un facteur très important. »

    En juin 2017, les autorités émettent ces recommandations pour la MGC :

    • comprendre ce qu’est la mesure interstitielle ;

    • avoir des pistes pour réagir en cas d’alerte ;

    • être capable d’analyser les données recueillies.

    « Face à ces recommandations, nous n’avions quasiment pas d’outils adaptés et en pédiatrie, aucun outil », explique la praticienne.

    Selon elle, une utilisation optimale de l’outil se présente comme suit :

    « L’idée est de passer de l’outil soignant à l’outil patient », commente la spécialiste.

    Il existe 5 domaines pour lesquels les soignants ont besoin d’outils, constate ainsi le Pr Elise Bismuth :

    • poser le diagnostic éducatif : qui réclame l’outil ? Le patient ? La famille ? ;

    • comprendre le fonctionnement du dispositif pour une bonne interprétation des données en temps réel ;

    • réagir de manière adaptée ;

    • analyser les données reçues ;

    • évaluer les modalités d’accompagnement des patients.

    À partir de ce constat et afin de pouvoir suivre les recommandations relatives à la MGC, la praticienne a co-construit en équipe avec ses collègues et les patients les outils suivants :

    • guide d’entretien avant la 1ère pose ;

    • diagnostic éducatif des enfants déjà équipés ;

    • guide de bonnes pratiques ;

    • présentation d’une journée type ;

    • guide du déchargement et d’interprétation des données ;

    • outils pour les population spécifiques : vidéos et applications mobiles à destination des adolescents, vidéo expliquant la pose du dispositif chez le jeune enfant ;

    • mallette de jeux de mise en situation Libre n’Play.

    « Certains outils n’ont finalement pas été retenus parce qu’ils se sont avérés peu adaptés à la pratique quotidienne », précise le Pr Elise Bismuth.

    Ceux qui ont été retenus vont être distribués dans les centres hospitaliers de France. « L’un des enjeux est de gagner la confiance des familles dans le système, analyse la pédiatre. Mieux elles connaissent et maîtrisent l’outil, moins d’erreurs elles commettent, meilleurs sont les résultats. »

    « Je tiens à souligner l’importance de la co-construction dans ce projet, commente la praticienne. Quand on connaît le fonctionnement de l’hôpital public, ce genre de collaboration fait du bien. »

    Conclusions du Pr Elise Bismuth :

    • le FreeStyle Libre est une évolution technologique majeure en diabétologie ;

    • l’accompagnement ETP est indispensable ;

    • référentiel de compétence, messages éducatifs, outils, etc. : « tout est à créer » ;

    • la co-construction entre les soignants et les patients est importante ;

    • l’évaluation des modalités d’accompagnement des patients est essentielle.

    FS LibreView, une plateforme validée dans le cadre du programme Étapes (Pr Joubert)

    Le Pr Michael Joubert, diabétologue au CHU de Caen, est revenu de son côté sur l’utilisation du FSL dans le cadre du programme Étapes, visant à expérimenter la télémédecine au niveau national.

    Les modalités d’Étapes, dont le texte fondateur date de 2010, ont été mises à jour en 2018 :

    Les limites et les freins de la télésurveillance selon le Pr Michael Joubert :

    • la méconnaissance du programme Étapes par plus de 50 % des médecins ;

    • les indications restrictives : toutes les situations, comme le diabète gestationnel, ne sont pas prises en compte dans le programme ;

    • les difficultés de mise en place :

      • réticence des administrations hospitalières : « À Caen, j’ai longtemps été bloqué pour mettre en place la télésurveillance, alors que je m’y étais pris un an avant le lancement du programme Étapes, explique le diabétologue. L’administration a peur qu’il y ait un doublon entre la télésurveillance et le dossier patient informatisé. Il faudrait un moyen d’unifier les systèmes. » ;

      • difficultés organisationnelles (temps dédié, continuité des soins…) : quand une professionnelle présente dans l’auditoire demande si ce suivi n’est pas chronophage (Combien de temps faut-il pour enregistrer un patient ? Combien de temps faut-il pour lui répondre ?), le diabétologue explique qu’il n’est pas encore possible de le savoir puisque personne en France n’utilise pour l’instant la plateforme, qui n’a pas encore été mise en place. « Ce que je vous ai présenté ici est un cabinet virtuel, explique-t-il. Nous verrons à l’usage les avantages et les inconvénients de l’outil. » ;

    • le modèle médico-économique : « L’outil n’est peut-être pas viable dans le système économique actuel », admet le praticien, précisant que dans le public, il faut environ 130 patients télésuivis pour financer 1 infirmière à temps plein ;

    • les solutions techniques inadaptées au glucose interstitiel.

    En ce qui concerne la sécurisation des données, toutes les solutions proposées sont validées par les autorités de santé et acceptées par le ministère, y compris en matière de sécurité des données, indique le Pr Michael Joubert. Le FSL figure dans la liste des dispositifs accrédités par la DGOS, précise-t-il.

    Actuellement, peu de patients partagent les données générées par le FreeStyle Libre avec leur médecin, note le diabétologie :

    LibreView : une plateforme pour mettre en place le télésuivi d’un patient

    Actuellement, le FreeStyle Libre est composé :

    • du FSL Link, une appli permettant de faire remonter les données aux médecins ;

    • du FSL lecteur, un outil utilisé quand les patients téléchargent leurs données.

    Abbott est en train de mettre à jour le portail LibreView, une solution validée dans le cadre du programme Étapes.

    Le portail permet d’envoyer des notifications individualisées, d’échanger entre les professionnels de santé et leurs patients mais aussi entre les professionnels de santé eux-mêmes par le biais d’une messagerie sécurisée. Il permet de centraliser sur un même espace les données de FSL et de FSL Link.

    « La grande nouveauté c’est la fonction de télésurveillance, intégrée dans le cadre d’Étapes, commente le Pr Michael Joubert. Elle permet d’activer et de suivre une télésurveillance pour inclure un ou plusieurs patients dans ce programme Étapes ». Toute la démarche peut être effectuée sur la plateforme, du document permettant de demander le consentement du patient, nécessaire, au contrat de surveillance relatif à la gestion des données.

    Conclusion du Pr Michael Joubert :

    • Le FreeStyle Libre a maintenant sa solution de télésurveillance adaptée au glucose interstitiel dans le cadre du programme Étapes : LibreView ;
    • LibreView permet :
      • d’inclure un patient dans le programme Étapes ;
      • de paramétrer des notifications en rapport avec :
        • l’observance ;
        • les événements d’hypoglycémie et le temps en hypoglycémie ;
        • le temps en hyperglycémie ;
        • le temps dans la cible ;
        • la variabilité (CV) ;
      • d’effectuer le suivi des patients télésurveillés de façon très flexible (suivi individuel, suivi par équipe soignant, rythme des notifications…)

    « Avant, quand un patient venait en consultation tous les 6 mois, je n’étais pas en mesure de lui proposer une réponse, de faire évoluer son traitement, témoigne le Pr Michael Joubert. Avec FSL, j’ai envie de voir mes patients plus souvent pour les aider à mieux gérer leur état parce que je vois plus de choses avec ce suivi en continu, par exemple des hypoglycémies nocturnes que je ne pouvais pas identifier auparavant. »

  • FASN Cancérologie : La direction Data dirigée par le Dr. Livartowski à l’Institut Curie (2/04/19)

    « Nous suivons des patients sur de très longues périodes. D’où l’idée de la création d’une direction des data, pleinement opérationnelle depuis 18 mois. L’objectif est de valoriser ces données accumulé depuis des années pour la recherche et pour la santé en utilisant notamment les algorithmes de l’intelligence artificielle », explique à Health & Tech Intelligence le Dr Alain Livartowski, oncologue et chargé des programmes de e-santé à la direction des Data de l’Institut Curie, à Paris. Il est membre du comité scientifique des Rencontres Nationales de la Santé Numérique, qui se tiennent le 2 avril 2019, à Paris.

    L’événement est organisé dans le cadre de la campagne #FASN sur le thème de la cancérologie à l’ère du numérique, en partenariat avec Unicancer, afin d’accompagner la transformation numérique et organisationnelle de l’offre de soins. Le programme de ces 36 heures chrono mettra en lumière les retours d’expériences d’acteurs de santé sur les grands programmes et expérimentations déployés au sein des établissements de santé et sur les nouvelles formes de coordination mises en place pour les professionnels impliqués dans la prise en charge des patients atteints d’un cancer.

    En quoi, l’Institut Curie a été pionnier dans le développement de la santé numérique ?

    L’Institut Curie a eu un projet d’hôpital numérique dès la fin des années 90 et nous étions totalement informatisé au début des années 2000. Nous avons, à ce moment-là, décidé d’abandonner complètement les dossiers papiers. Nous avons numérisé tous nos documents en 2007 et arrêté d’utiliser les films radiologiques.

    En 20 ans, nous avons accumulé un nombre considérable de données, comptes rendus, images et autres données. Elles sont constitués pour optimiser les soins. Cependant, nous avons aussi réfléchi à comment pouvoir utiliser ces données pour la recherche clinique, fondamentale et transnationale. Nous suivons des patients sur de très longues périodes. D’où l’idée de la création d’une direction des data, pleinement opérationnelle depuis 18 mois. L’objectif est de valoriser ces données accumulé depuis des années pour la recherche et pour la santé en utilisant notamment les algorithmes de l’intelligence artificielle.

    Il s’agit de la dynamique qui a abouti à la création de MyCurie ?

    En effet. L’intérêt d’être totalement numérique, et de développer des projets de e-santé est de s’ouvrir vers l’extérieur avec la messagerie sécurisée de santé, le DMP. Le partage s’effectue entre professionnels mais aussi avec les patients, qui sont de plus en plus hors les murs. D’où l’idée de l’application MyCurie pour que les patients puissent recevoir l’information complète les concernant.

    Une première partie d’outils pratiques donne accès aux rendez-vous, aux comptes rendus. Les patients sont très demandeurs, pas tant pour les consulter tous les jours, mais d’être sécurisés. L’autre possibilité très appréciée est de pouvoir communiquer avec les médecins. C’est encore assez nouveau et cela entraîne deux implications pratiques : une modification de l’organisation, notamment pour répondre aux patients quand le médecin n’est pas là, et une réflexion sur le modèle économique.

    Les informations récoltées en vie réelle par les patients alimentent leur dossier mais aussi la recherche, avec leur accord bien sûr. Le projet d’intelligence artificielle pour identifier des risques prédisposant aux thromboses chez les patients, annoncé en février 2019, est également un exemple de la dynamique volontariste de mettre la santé numérique au service du patient.

    Justement comment la e-santé change-t-elle la prise en charge des patients ?

    Le numérique devient un outil indispensable. Nous ne pouvons plus admettre de gérer la relation avec le patient uniquement par téléphone. Les patients eux-mêmes ne comprennent pas qu’un hôpital ne soit pas 100 % numérique. Ils veulent communiquer par les moyens modernes et numériques.

    Il est encore tôt pour voir un changement radical dans la prise en charge des patients. Nous avons plus de 5000 patients qui utilisent MyCurie. C’est à la fois beaucoup et peu. Souvent, les applications sont utilisées par quelques centaines de patients. Mais, sachant que nous avons entre 200 et 300 nouveaux patients par mois, nous sommes loin de notre objectif de 50 % des patients connectés.

    Les professionnels adhérent-ils à totalement à cette évolution ?

    Je ne conçois pas aujourd’hui un hôpital qui ne devienne pas 100 % numérique malgré la contrainte d’avoir à la fois un dossier papier et un dossier numérique, dans une phase transitoire. La prescription doit être totalement numérique, ainsi que le suivi du circuit des chimiothérapies, des médicaments, des examens, notamment d’imagerie. L’objectif est d’avoir un suivi complet du circuit du patient.

    Actuellement, personne ne reviendrait en arrière. En 2004, au démarrage, il a fallu échanger avec les équipes, les accompagner dans ce changement mais aujourd’hui, ils sont convaincus.

    Au point d’être moteur dans le développement et le déploiement ?

    Au démarrage du développement de l’application par exemple, quand il s’agissait d’information allant de l’hôpital vers le patient, ils n’étaient pas opposés mais ne se mobilisait pas beaucoup. Dans l’autre sens, pour l’information transmise par le patient, à gérer, analyser, intégrer dans les dossiers… les médecins se sentent plus concernés et sont très partie prenante. Ils ont été moteurs dans le changement d’organisation de pratiques pour répondre à cette nouvelle approche de la relation aux patients.

    Les patients sont-ils plus impliqués ?

    Tout à fait. Nous nous sommes beaucoup appuyés sur les patients eux-mêmes pour savoir identifier leurs besoins, leurs souhaits, notamment via des enquêtes. Plus que les associations de patients, je m’appuie sur les patients suivis actuellement, dans mon service, pour être au plus près de leurs problématiques. Nous avons diffusé aussi des enquêtes.

    Pour MyCurie, nous avons d’abord demandé aux médecins de proposer l’application aux patients. Cela a démarré timidement. Puis, quand nous nous sommes débrouillés pour que les patients accèdent directement à l’application, sans passer par les médecins, nous avons eu 5 000 téléchargements en un an.

    Quels sont les freins à lever ?

    L’investissement en informatique coûte cher et pas seulement en matériel. Le volet fonctionnement d’un tel système, avec la mobilisation des médecins, soignants et administratifs n’est pas négligeable. Une organisation est à mettre en place alors que l’acte de télésurveillance n’existe pas. C’est un frein majeur. Quand, après la consultation, j’échange avec un patient par mail, ce n’est pas à côté de lui. Tant que cela arrive de temps en temps, il n’y pas de problème mais cette pratique se multiplie.

    Outre la dimension économique, nous sommes face aux freins habituels de changements des organisations et des pratiques. Certains sont très tournés vers ces nouveautés. Nous avons une grande base de personnes prêtes à changer mais qui ne sont pas forcément moteurs et une partie, de plus en plus restreinte, est plus à la traîne. Nous sommes en train de changer d’organisation hospitalière, de modèle de parcours de soin. Cela va se faire avec le temps.

    Certains patients également sont réfractaires à ce système. Nous devons le respecter en gérant les deux systèmes en parallèle.

    Vous restez optimiste ?

    Je suis optimiste car je suis dans un hôpital tourné vers l’innovation. J’ai été soutenu par ma direction qui m’a donné du temps, une équipe. Je pense que la santé numérique peut améliorer l’organisation, donner plus d’efficience. Pour que cela fonctionne à grande échelle, il faut rapidement lever les freins et trouver le modèle économique efficace.