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  • FASN Cancérologie : La direction Data dirigée par le Dr. Livartowski à l’Institut Curie (2/04/19)

    « Nous suivons des patients sur de très longues périodes. D’où l’idée de la création d’une direction des data, pleinement opérationnelle depuis 18 mois. L’objectif est de valoriser ces données accumulé depuis des années pour la recherche et pour la santé en utilisant notamment les algorithmes de l’intelligence artificielle », explique à Health & Tech Intelligence le Dr Alain Livartowski, oncologue et chargé des programmes de e-santé à la direction des Data de l’Institut Curie, à Paris. Il est membre du comité scientifique des Rencontres Nationales de la Santé Numérique, qui se tiennent le 2 avril 2019, à Paris.

    L’événement est organisé dans le cadre de la campagne #FASN sur le thème de la cancérologie à l’ère du numérique, en partenariat avec Unicancer, afin d’accompagner la transformation numérique et organisationnelle de l’offre de soins. Le programme de ces 36 heures chrono mettra en lumière les retours d’expériences d’acteurs de santé sur les grands programmes et expérimentations déployés au sein des établissements de santé et sur les nouvelles formes de coordination mises en place pour les professionnels impliqués dans la prise en charge des patients atteints d’un cancer.

    En quoi, l’Institut Curie a été pionnier dans le développement de la santé numérique ?

    L’Institut Curie a eu un projet d’hôpital numérique dès la fin des années 90 et nous étions totalement informatisé au début des années 2000. Nous avons, à ce moment-là, décidé d’abandonner complètement les dossiers papiers. Nous avons numérisé tous nos documents en 2007 et arrêté d’utiliser les films radiologiques.

    En 20 ans, nous avons accumulé un nombre considérable de données, comptes rendus, images et autres données. Elles sont constitués pour optimiser les soins. Cependant, nous avons aussi réfléchi à comment pouvoir utiliser ces données pour la recherche clinique, fondamentale et transnationale. Nous suivons des patients sur de très longues périodes. D’où l’idée de la création d’une direction des data, pleinement opérationnelle depuis 18 mois. L’objectif est de valoriser ces données accumulé depuis des années pour la recherche et pour la santé en utilisant notamment les algorithmes de l’intelligence artificielle.

    Il s’agit de la dynamique qui a abouti à la création de MyCurie ?

    En effet. L’intérêt d’être totalement numérique, et de développer des projets de e-santé est de s’ouvrir vers l’extérieur avec la messagerie sécurisée de santé, le DMP. Le partage s’effectue entre professionnels mais aussi avec les patients, qui sont de plus en plus hors les murs. D’où l’idée de l’application MyCurie pour que les patients puissent recevoir l’information complète les concernant.

    Une première partie d’outils pratiques donne accès aux rendez-vous, aux comptes rendus. Les patients sont très demandeurs, pas tant pour les consulter tous les jours, mais d’être sécurisés. L’autre possibilité très appréciée est de pouvoir communiquer avec les médecins. C’est encore assez nouveau et cela entraîne deux implications pratiques : une modification de l’organisation, notamment pour répondre aux patients quand le médecin n’est pas là, et une réflexion sur le modèle économique.

    Les informations récoltées en vie réelle par les patients alimentent leur dossier mais aussi la recherche, avec leur accord bien sûr. Le projet d’intelligence artificielle pour identifier des risques prédisposant aux thromboses chez les patients, annoncé en février 2019, est également un exemple de la dynamique volontariste de mettre la santé numérique au service du patient.

    Justement comment la e-santé change-t-elle la prise en charge des patients ?

    Le numérique devient un outil indispensable. Nous ne pouvons plus admettre de gérer la relation avec le patient uniquement par téléphone. Les patients eux-mêmes ne comprennent pas qu’un hôpital ne soit pas 100 % numérique. Ils veulent communiquer par les moyens modernes et numériques.

    Il est encore tôt pour voir un changement radical dans la prise en charge des patients. Nous avons plus de 5000 patients qui utilisent MyCurie. C’est à la fois beaucoup et peu. Souvent, les applications sont utilisées par quelques centaines de patients. Mais, sachant que nous avons entre 200 et 300 nouveaux patients par mois, nous sommes loin de notre objectif de 50 % des patients connectés.

    Les professionnels adhérent-ils à totalement à cette évolution ?

    Je ne conçois pas aujourd’hui un hôpital qui ne devienne pas 100 % numérique malgré la contrainte d’avoir à la fois un dossier papier et un dossier numérique, dans une phase transitoire. La prescription doit être totalement numérique, ainsi que le suivi du circuit des chimiothérapies, des médicaments, des examens, notamment d’imagerie. L’objectif est d’avoir un suivi complet du circuit du patient.

    Actuellement, personne ne reviendrait en arrière. En 2004, au démarrage, il a fallu échanger avec les équipes, les accompagner dans ce changement mais aujourd’hui, ils sont convaincus.

    Au point d’être moteur dans le développement et le déploiement ?

    Au démarrage du développement de l’application par exemple, quand il s’agissait d’information allant de l’hôpital vers le patient, ils n’étaient pas opposés mais ne se mobilisait pas beaucoup. Dans l’autre sens, pour l’information transmise par le patient, à gérer, analyser, intégrer dans les dossiers… les médecins se sentent plus concernés et sont très partie prenante. Ils ont été moteurs dans le changement d’organisation de pratiques pour répondre à cette nouvelle approche de la relation aux patients.

    Les patients sont-ils plus impliqués ?

    Tout à fait. Nous nous sommes beaucoup appuyés sur les patients eux-mêmes pour savoir identifier leurs besoins, leurs souhaits, notamment via des enquêtes. Plus que les associations de patients, je m’appuie sur les patients suivis actuellement, dans mon service, pour être au plus près de leurs problématiques. Nous avons diffusé aussi des enquêtes.

    Pour MyCurie, nous avons d’abord demandé aux médecins de proposer l’application aux patients. Cela a démarré timidement. Puis, quand nous nous sommes débrouillés pour que les patients accèdent directement à l’application, sans passer par les médecins, nous avons eu 5 000 téléchargements en un an.

    Quels sont les freins à lever ?

    L’investissement en informatique coûte cher et pas seulement en matériel. Le volet fonctionnement d’un tel système, avec la mobilisation des médecins, soignants et administratifs n’est pas négligeable. Une organisation est à mettre en place alors que l’acte de télésurveillance n’existe pas. C’est un frein majeur. Quand, après la consultation, j’échange avec un patient par mail, ce n’est pas à côté de lui. Tant que cela arrive de temps en temps, il n’y pas de problème mais cette pratique se multiplie.

    Outre la dimension économique, nous sommes face aux freins habituels de changements des organisations et des pratiques. Certains sont très tournés vers ces nouveautés. Nous avons une grande base de personnes prêtes à changer mais qui ne sont pas forcément moteurs et une partie, de plus en plus restreinte, est plus à la traîne. Nous sommes en train de changer d’organisation hospitalière, de modèle de parcours de soin. Cela va se faire avec le temps.

    Certains patients également sont réfractaires à ce système. Nous devons le respecter en gérant les deux systèmes en parallèle.

    Vous restez optimiste ?

    Je suis optimiste car je suis dans un hôpital tourné vers l’innovation. J’ai été soutenu par ma direction qui m’a donné du temps, une équipe. Je pense que la santé numérique peut améliorer l’organisation, donner plus d’efficience. Pour que cela fonctionne à grande échelle, il faut rapidement lever les freins et trouver le modèle économique efficace.

  • L’éditeur d’Apicrypt présente une nouvelle version de la messagerie instantanée santé MiSS

    L’Apicem, éditeur de la messagerie spécialisée en santé Apicrypt, a réécrit l’application de messagerie instantanée sécurisée MiSS, également destinée aux professionnels de santé. Il présentera cette nouvelle version lors du congrès de la Fédération française des maisons et pôles de santé (FFMPS) organisé les 29 et 30 mars 2019 à Dijon.

    Le service MiSS est aujourd’hui accessible à partir d’une application disponible sous iOS ou Android, sur smartphone et tablette. Il permet aux professionnels de s’envoyer des messages sécurisés de façon instantanée sans avoir besoin de connaître les coordonnées de leur correspondant.

    Le projet MiSS a été lancé par l’URPS Médecins Hauts-de-France avec les URPS infirmiers, kinésithérapeutes et pharmaciens Hauts-de-France, avec le souci de sécuriser les communications, et que des informations confidentielles, car relatives à la santé d’un patient, ne soient plus échangées par courriel, SMS ou sur les services de messagerie instantanée non sécurisés, comme Whatsapp ou Messenger.

    Une fonction de discussion de groupe pour échanger entre soignants

    L’Apicem, qui n’était pas le maître d’œuvre de la première version de la MiSS a « complètement » réécrit le logiciel et ajouté de nouvelles fonctionnalités.

    Les soignants sont désormais en mesure d’échanger au sein d’une équipe de soins grâce à la discussion de groupe. Ils ont accès à une version sur poste de bureau sur Mac. La version Windows est en cours de développement. L’installation de l’outil a été simplifiée et l’interface graphique rendue plus claire et fonctionnelle.

    Hors Apicrypt, l’abonnement coûte 20 euros par an

    Le service MiSS est gratuit pour les utilisateurs disposant d’une adresse personnelle nominative sur la messagerie Apicrypt et hors tarifs spéciaux (sur devis pour les établissements de soins et Ehpads). Hors Apicrypt, l’abonnement coûte 20 euros par an pour les professionnels de santé ou concourants aux soins.

  • ExclusifFASN Cancérologie : la Fédération Leucémie Espoir dévoile sa plateforme Globulo Quest (2/04/19)

    La Fédération Leucémie Espoir présentera son projet Globulo Quest – Le Chemin vers la guérison, à l’occasion des 36 Heures Chrono de la Cancérologie, le 2 avril 2018. Globulo Quest est une plate-forme ludique innovante, pour informer, accompagner et améliorer la qualité de vie des jeunes enfants atteints de leucémie et leur proches, via des jeux d’éducation thérapeutique. En maturation depuis 2 ans, la plate-forme sera en ligne d’ici l’été.

    La santé numérique représente une opportunité d’amélioration du système de santé. Le projet Globulo Quest montre, qu’à coté des start-ups, les associations de patients sont aujourd’hui capables d’initier des initiatives innovantes. Il sera présenté dans le cadre des Minutes de l’Innovation, lors des 36 heures Chrono. Elles font la promotion de projets innovants avec une dimension numérique ayant un impact sur l’organisation et les soins des établissements spécialisés en cancérologie et valorisent les organisations et acteurs qui font bon usage de la technologie au service d’un système de santé plus efficient.

    Aurélie Scheer-Danton, a une formation de biologiste, en pharmacologie. Elle a eu une carrière dans le secteur privé, dans une PME, à différents postes, dans le domaine de la recherche et de la prestation de services pour les chercheurs. « J’ai eu envie de m’orienter vers la santé digitale pour être plus proche du terrain et des patients. En suivant l’actualité du secteur, j’ai entendu parler de l’Hack A Fond de la fondation B-Braun et j’ai rencontré la Fédération Leucémie Espoir. J’ai tout de suite adhéré au projet qui émergeait tout juste ».Aurélie Scheer-Danton est aujourd’hui coordinatrice du projet. Rencontre.

    Comment est née l’idée de cette plateforme d’information pour les enfants leucémiques ?

    La genèse du projet vient de la rencontre entre Michel Catard, vice-président de la fédération et un pharmacien, Romain Penager qui a fait sa thèse sur les outils pédagogique sur la leucémie. Il s’est rapproché de la fédération. L’objectif de FLE est l’aide aux patients en termes d’informations sur le traitement mais aussi le quotidien, le vécu de la maladie, les soins de supports, les droits sociaux… C’était une démarche assez nouvelle pour la fédération, mais le projet leur à tout de suite plu.

    L’idée a donc été de construire une plateforme d’information, adaptée, évolutive, accessible aux enfants comme aux parents. En octobre 2017, la Fondation B-Braun organisait son premier hackathon, appelé Hack A Fond. L’équipe a planché pendant 24h sur une solution ludique, accessible, ouverte et facile à partager. En effet, la fédération est un réseau d’associations régionales ayant une actions de terrains, localisées. Le pitch de cinq minutes a convaincu le jury d’experts de la santé médicale. Globulo Quest a reçu le deuxième prix. Et surtout, la fédération m’a convaincue de les rejoindre ce jour-là.

    Quelle est l’originalité de cette initiative ?

    Il s’agit d’une plate-forme avec diverses fonctionnalités de calendrier, de notifications et surtout des mini-jeux. La première partie, centrale est en effet un jeu fil rouge, évolutif. Il va accompagner l’enfant dans les longues semaines d’hospitalisation. La communauté proche de l’enfant, sa famille élargie, les copains y ont aussi accès. Ils jouent et échangent avec lui. Un système de badge encourage l’enfant.

    La seconde partie est plus propre à l’enfant et à sa famille, dans une démarche d’éducation thérapeutique. Via le calendrier, les parents saisissent les rendez-vous et les moments importants du parcours de soins et ont accès à une série de ressources documentaires. Nous voulons dispenser de l’information adaptée au public, vulgarisée. L’information est organisée selon les moments-clés du parcours de soins, la chimiothérapie, les moments difficiles, les actes douloureux, le retour à domicile. Il s’agit aussi de dédramatiser.

    Par ailleurs, nous ne voulons par reproduire du contenu mais plutôt de centraliser l’existant. Par exemple, nous sommes en lien avec l’association Sparadrap, pionnière dans l’information, avec des outils, des guides adaptés, illustrés, ludiques. Notre espoir est de pouvoir rassembler et valoriser les ressources existantes notamment des autres associations pédiatriques.

    Les soignants sont-ils partie prenante ?

    Ce sont les parents qui administreront la plate-forme pour ne pas surcharger les soignants. Mais, ces derniers peuvent faire partie de la communauté et créer ainsi un autre lien avec l’enfant. Elle complète l’accompagnement des équipes soignants, du psychologue. L’outil est un moyen d’entrer en contact avec l’enfant de manière détournée, de rentrer dans son univers.

    Nous avons aussi imaginé un moyen de sonder son moral pour alerter, relancer si besoin la communauté, des parents, des soignants et les relancer et les inciter à venir sur la plate-forme. Il pourra jouer aussi une fois de retour chez lui.

     Et depuis le « Hack A Fond », comment le projet avance -t- il?

    Depuis un an et demi, nous avançons doucement, au rythme des possibilités des bénévoles, mais sûrement. Entre octobre 2017 et l’été dernier, nous avons peaufiné la présentation, validé le concept auprès des utilisateurs, professionnels de santé, malades, familles. Nous avons activé nos réseaux personnels, professionnels et ceux des associations en lien avec les structures de soins locales. Nous avons eu des retours très positifs. Nous avons monté un groupe de travail notamment avec les hôpitaux parisiens de Trousseau, Robet-Debré et Saint-Louis, avec des assistantes sociales, des psychologues, des infirmières coordinatrices, réseaux. Nous devrions ouvrir une première version, basique, en mai-juin pour tester les premières fonctionnalités.

  • Étude : l’efficacité de la majorité des applis de santé mentale ne repose sur aucune preuve (Nature)

    Une équipe de chercheurs australiens et américains a démontré que 64 % des applications mobiles de santé mentale affirmaient pouvoir poser un diagnostic ou améliorer les symptômes. Or, une petite minorité d’entre elles présentaient des preuves solides de ce qu’elles avançaient. Les auteurs de cette étude*, dont les résultats ont été publiés le 22 mars 2019 dans Nature’s Digital Medicine, soulignent que « le langage scientifique employé par les développeurs de ces applications est clairement fait pour attirer les consommateurs ».

    Applis de santé mentale : une offre pléthorique

    Google Play et iTunes regorgent d’applications mobiles de santé mentale. Des études récentes ont montré que certaines d’entre elles pouvaient être efficaces pour réduire les symptômes de la dépression et de l’anxiété.

    Toutefois, la qualité est très variable entre les applications basées sur des données de recherche et les applications utilisées par les consommateurs. Or, pour faire le tri dans cette offre, le consommateur n’a guère d’autres ressources que de lire les descriptions qui sont faites de ces applis dans l’App Store. Actuellement, la FDA ne surveille pas leurs revendications ou leurs résultats comme ils le font, par exemple, avec des dispositifs médicaux.

    Des allégations à vérifier

    Des chercheurs de l’université of New South Wales de Sydney (Australie), de la Harvard Medical School ont donc épluché les argumentaires présents sur l’App store et ont voulu savoir si ces affirmations étaient étayées par des preuves scientifiques.

    Ils se sont intéressés à des applis liées à la dépression, à l’automutilation, à la toxicomanie, à l’anxiété et à la schizophrénie et en ont recensé 1 435.

    Les descriptions des applications les plus populaires (73 d’entre elles) ont été codées pour identifier les revendications d’acceptabilité et d’efficacité, ainsi que les formes de déclarations justificatives. Pour les applications qui invoquaient des principes soi-disant scientifiques, une recherche documentaire a été menée pour évaluer leur crédibilité.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 22 mars 2019 dans Nature Digital Medicine.

    Résultats : un manque de preuves scientifiques

    • 64 % des applis affirmaient qu’elles étaient efficaces pour diagnostiquer un problème de santé mentale ou pour améliorer les symptômes.
    • 44 % ont utilisé un langage scientifique pour étayer ces allégations.
    • 14 % ont décrit la conception ou le développement impliquant l’expérience vécue du monde réel
    • 2 applications offraient des « preuves primaires de qualité médiocre » issues d’une étude utilisant l’application réelle et 1 seule application incluait une référence à la littérature publiée.
    • Aucune application n’a indiqué de processus de certification ou d’accréditation.

    Les chercheurs soulignent que, même si de nombreuses revues attestent du succès des applications de santé mobiles grand public en matière d’aide aux particuliers, la plupart ne sont tout simplement pas fondées sur des données factuelles et peuvent, en fait, « contenir du contenu préjudiciable ».

    Le règne du marketing

    Une enquête préliminaire menée par les auteurs de ces travaux avait précédemment révélé que, dans le cas des applications cliniquement pertinentes pour la dépression, 38 % des descriptions faites dans les stores incluaient une formulation mettant en avant la supposée efficacité de la solution, alors que seulement 2,6 % fournissaient des preuves à l’appui de telles affirmations. En clair, « cela suggère que les développeurs utilisent un langage scientifique pour attirer les consommateurs, quelle que soit la précision des revendications », estiment les auteurs de l’étude.

    Pour améliorer la situation, les chercheurs suggèrent que les magasins d’applications incluent des champs de données permettant aux développeurs d’inclure un identifiant PubMed, offrant ainsi aux utilisateurs la possibilité de cliquer sur les articles publiés relatifs à l’application.

  • Les objets connectés sont peu efficaces pour améliorer le sommeil (étude Fondation Maif)

    «Les objets connectés conçus pour capter nos données de sommeil sont plutôt fiables pour évaluer le temps de sommeil passé » mais « pas très efficaces pour nous aider à bien dormir ». C’est la conclusion d’une étude réalisée pour la Fondation Maif par le Lati (Laboratoire Adaptations Travail Individu) de l’université Paris V Descartes et la société de conseil en ergonomie Ergo-Centre.

    Des résultats modestes, voire négatifs

     « La qualité du sommeil, impression subjective, s’est légèrement détériorée avec tous les dispositifs, pour les testeurs, en moyenne », affirme l’étude, soulignant que les indicateurs produits par les objets connectés « sont rarement interprétés ou expliqués, laissant l’utilisateur dans l’impossibilité de comprendre aisément les résultats de sa nuit ».

     «Durant la période de test, la durée moyenne d’endormissement a augmenté de 10% », ajoutent les chercheurs, précisant que  les dispositifs étudiés « créent une forme d’anxiété appelée ‘orthosomnie’ liée à la quête de l’atteinte d’un sommeil ‘idéal’» qui aboutit à l’inverse du résultat escompté. « Focaliser l’attention de l’utilisateur sur son sommeil est la meilleure façon d’altérer ce dernier » résume la Fondation Maif : « résultats et score sont des notions qui cohabitent mal avec le lâcher prise que suppose l’endormissement ».

    «Très peu de conseils personnalisés et pratiques sont apportés aux utilisateurs pour tenter de résoudre leurs difficultés ». Sur les sept produits étudiés, un seul obtient une note d’utilisabilité (facilité d’usage) supérieure à 80 sur 100, et la moyenne du groupe s’établit à 64 sur 100, ce qui correspond à une utilisabilité « faible à modérée ».

    Les auteurs affirment qui plus est que seuls deux des sept systèmes étudiés s’appuient sur des études de validation scientifique, et conclut que les autres appareils sont « susceptibles de produire des résultats imprécis, voire faux » .

    Des utilisateurs diversement satisfaits

    Cette efficacité modeste se reflète dans le ressenti des utilisateurs. Interrogées sur leur sommeil, à peine 22% des personnes utilisant des objets connectés depuis plusieurs mois déclarent mieux dormir, tandis que 42% déclarent l’inverse. Seuls 18% de ces utilisateurs estiment que la qualité de leur réveil s’est améliorée, contre 41% qui pensent que non.

    Parmi les services proposés par ces objets, certains sont en revanche très appréciés des utilisateurs, comme par exemple la possibilité, en fonction de la courbe de sommeil de chacun, d’être réveillé au meilleur moment pour se sentir frais et disponible.

    Conclusions

    L’étude recommande par conséquent d’établir précisément les objectifs visés, dès avant l’acquisition d’un de ces objets : l’acheteur potentiel doit savoir s’il veut traiter un trouble du sommeil ou juste améliorer son bien-être ou en savoir plus sur son sommeil.

    Sur la base de ces résultats, les chercheurs du Lati et d’Ergocentre ont commencé à développer une interface pour smartphone qui utilisera les données collectées par les objets connectés et les traduira sous forme visuelle, leur associant également des recommandations.

  • Les défibrillateurs implantables de Medtronic déclarés vulnérables au piratage

    Le Département américain de la Sécurité intérieure a émis le 21 mars 2019 un avertissement concernant une série de failles critiques de sécurité détectées dans les défibrillateurs Medtronic, estimant qu’elles exposent ces dispositifs à un risque de piratage. Plus de 20 modèles sont concernés, ce qui représenterait quelque 750 000 appareils.

    Les défibrillateurs Medtronic  sont implantés dans la poitrine d’un patient, et émettent de petites décharges électriques afin de prévenir les irrégularités de rythme cardiaque, potentiellement mortelles. Le système est géré par les consoles radio Carelink: les médecins utilisent Carelink Programmer à l’hôpital, tandis que les patients se servent chez eux de Carelink Monitor.

    La société de cybersécurité Clever Security, à l’origine de l’alerte, accuse le protocole de communication Conexus propre à Medtronic, qui transmet les informations sans les crypter, et ne dispose d’aucun moyen d’authentification permettant aux appareils légitimes de prouver qu’ils sont autorisés à prendre le contrôle des défibrillateurs.

    A cause de ces failles, les chercheurs de Clever Security ont pu prendre le contrôle des défibrillateurs implantés,  et jugent qu’ avec un accès physique à Carelink Programmer, des hackers seraient capables d’ apporter des modifications potentiellement fatales aux décharges programmées. «Il est possible avec ce type d’attaque de mettre en danger un patient, soit en effaçant le micrologiciel qui donne le traitement nécessaire à son coeur, soit en déclenchant directement des décharges», explique Peter Morgan, le patron de la société.

    Medtronic souligne en réponse, qu’à sa connaissance aucun de ses patients n’a subi une attaque, et annonce qu’il développe des mises à jour visant à corriger les vulnérabilités, sans toutefois préciser à quel moment ces correctifs seront opérationnels. Le fabricant recommande aux patients d’utiliser uniquement des appareils obtenus auprès d’un médecin ou directement auprès d’elle, afin de pouvoir recevoir des mises à jour logicielles.

    Ce n’est pas la première fois que Medtronic est amenée à réagir aux failles de sécurité de ses dispositifs médicaux. En octobre, la société avait dû mettre à jour 34 000 appareils cardiaques.

  • RDV en ligne en Ile de France : 62 % patients utilisent une plateforme, 66 % des médecins inscrits

    En Île-de-France, 62% des patients et 66% des médecins utilisent les plateformes de rendez-vous médicaux en ligne, tels sont les principaux résultats de l’enquête réalisée par l’URPS médecins d’Ile de France et l’IFOP.
    L’URPS médecins libéraux Ile-de-France publie également une étude de marché des outils de prise de RDV pour les médecins libéraux. Celle-ci montre que seuls 6% des médecins utilisent exclusivement une plateforme, la majorité ayant encore recours à une secrétaire médicale.
    Elle rend également publique une charte e-RDV médicaux de l’urps Idf  à destination des éditeurs de plateforme.

    Les pratiques et usages des plateformes de rdv en ligne se répandent, Doctolib en pole position.

    L’étude réalisée par l’Urps Médecins d’Idf démontre un taux de pénétration des usages des RDV en ligne en forte augmentation chez les patients, 62 % des patients déclarant utiliser ce moyen de prise de rdv, contre 33% en 2016.

    Les pratiques des patients :

    • Parmi les patients franciliens, 62% d’entre eux ont recours aux plateformes de prise de rendez-vous.
    • 96% des patients utilisateurs déclarent que celles-ci facilitent la prise de rendez-vous.
    • 82% des patients franciliens choisissent en priorité un médecin généraliste connu et
    • 68% choisissent un médecin spécialiste connu

    Le point de vue des médecins franciliens : un service qui améliore la prise ne charge et limite l’absentéisme

    • 66% ont déjà recours aux plateformes de prise de rendez-vous,
    • 21% des non-utilisateurs sont susceptibles d’y recourir dans un avenir proche.
    • 87% des médecins utilisateurs déclarent que le recours aux plateformes améliore la prise en charge des patients;
    • 80% des médecins utilisateurs déclarent que la prise de rendez-vous sur internet a sensiblement fait baisser les appels téléphoniques;
    • 40% des médecins utilisateurs ont constaté une diminution de l’absentéisme (33% ne constatent pas de changement en matière de taux de présence).

    Les médecins sont en attente de fonctionnalités complémentaires : intégration logiciel métier, téléconsultation etc …

    Au-delà de la simple prise de rendez-vous, les médecins souhaitent voir intégrer de nouvelles fonctionnalités:

    • Plus de 50% souhaitent l’intégration et la synchronisation avec les logiciels métier
    • Le télésecrétariat est demandé par 52% des médecins utilisateurs de plateformes. Cette fonctionnalité est déjà accessible par 9 plateformes de RDV en ligne. Ce service répondrait au besoin des 62% de patients non-utilisateurs qui préfèrent utiliser le téléphone pour prendre rendez-vous.
    • La téléconsultation n’intéresse que 17% des médecins utilisateurs de plateformes à ce jour. 4 plateformes la proposent déjà.
    • La téléexpertise attire 11% des médecins utilisateurs de plateforme. Une seule plateforme propose déjà ce service

    La concentration des plateformes de RDV en ligne inquiète médecins et patients, les éditeurs favorables à un label.

    Depuis 2017, le marché des plateformes de rendez-vous en ligne s’est concentré avec la fusion de deux leaders du marché, Doctolib et MonDocteur en juillet 2018 puis plus récemment de Docavenue et RDV médicaux en février 2019.  79% des patients et 76% des médecins utilisateurs ont recours aujourd’hui à Doctolib.

    La confidentialité des données, connexe à la concentration du marché, est la préoccupation des patients et des médecins quant à l’utilisation de leurs données. Ils sont 51% des patients et 44% des médecins utilisateurs à percevoir des risques liés à la confidentialité des données médicales ou à leur exploitation à des fins commerciales. Interrogés dans le cadre de l’étude de marché, les éditeurs de plateforme se sont globalement déclarés favorables à la création d’un label e-RDV attestant et contrôlant l’usage strictement confidentiel des données des patients et des médecins.

    Pour mémoire, l’URPS médecins libéraux IDF avait été la première en 2018 à proposer une charte de confiance (Charte E-RDV). Cette charte a été signée à ce jour par 15 plateformes s’engageant à respecter la confidentialité des données des patients et des médecins, et à ne pas les utiliser à des fins commerciales.

  • RDV en ligne : 18 plateformes scrutées par l’URPS Médecins d’IDF, un label qualité proposé

    L’urps médecins d’Ile de France vient de rendre publique son étude publiée en février 2019  sur les plateformes de RDV en ligne, initialement publiée en 2017. Alors que le premier service émerge en 2006, l’étude concerne 18 plateformes et s’attache à comparer les services, les modèles économiques et les tarifs des éditeurs rencontrés. L’étude comporte ainsi 18 fiches détaillant les informations pour chacune des solutions :
    – les principales fonctionnalités proposées
    – les nouvelles fonctionnalités : téléconsultation, téléexpertise, télésecrétariat.
    – les services complémentaires : formation, hotline…
    – les tarifs
    – la sécurité et le RGPD 

    L’analyse des outils de prise de rendez-vous en ligne a reposé sur :
    – des entretiens avec les éditeurs,
    – des démonstrations et tests des solutions,
    – des entretiens avec des médecins utilisateurs,
    – une analyse des contrats proposés aux médecins.

    L’étude montre une forte concurrence, avec l’entrée de nouveaux acteurs en lien avec la téléconsultation et avec les éditeurs de logiciels métier. Celle-ci pousse les acteurs à investir pour se différencier. La RGPD a également impacté les éditeurs qui ont du y consacrer une forte part de leurs ressources.

    Un marché en fort développement qui pousse les acteurs à se différencier

    Les plateformes s’homogénéisent en suivant les bonnes pratiques ou services à succès des leaders du marché. Ainsi, les fonctionnalités d’agenda, de choix de créneau, de rappel par sms du Rdv se généralisent. Des fonctionnalités nouvelles sont ajoutées telles que la proposition d’une messagerie patient-médecin, le stockage de documents ou encore le lien avec le LGC du médecin.

    Ainsi, l’étude fait apparaitre 4 drivers forts de différenciation :

    • Se différencier par la vision : plateformes orientées médecins ou patients.
    • Se différencier par la politique tarifaire et le modèles économique :
    • Se différencier par la cible :
      Certaines plateformes diversifient leur cible de clients et s’adressent aux établissements, comme Keldoc, ou attaquent le marché européen voire international comme Doctolib, déjà présent en Allemagne.
    • Se différencier par l’offre de services :
      Les plateformes développent de nouvelles fonctionnalités : paiement en ligne, téléconsultation, stockage de documents mais aussi adressage à un confrère, mais aussi agenda partagé et rdv direct dans l’agenda d’un confrère etc ….

    L’étude soulève la question de la création d’un label dédié aux logiciels de RDV en ligne. Les éditeurs questionnés se montrant plutôt favorables à cette initiative en soumettant des propositions :

    – une reconnaissance du label par l’ensemble des acteurs publics du secteur
    – un label co-construit avec les éditeurs
    – vigilance à ne pas limiter les évolutions fonctionnelles
    – une labellisation qui ne pénalise pas financièrement les petits éditeurs

    Les 18 plateformes étudiées sont :

  • Etude : une simple appli de réalité virtuelle réduit les symptômes de l’acrophobie (Jama Psychiatry)

    Une thérapie cognitivo-comportementale basée sur une application de réalité virtuelle entièrement autonome et à faible coût, avec des lunettes de réalité virtuelle rudimentaires, peut favoriser une importante réduction des symptômes de l’acrophobie. C’est le résultat d’une étude*, parue le 20 mars dans le Jama Psychiatry. Elle est la première à montrer que l’acrophobie peut être traitée en réalité virtuelle, à domicile sans l’intervention d’un thérapeute.

    La réalité virtuelle pour affronter ses peurs

    Les phobies figurent parmi les troubles de la santé mentale les plus répandus. Et l’acropophobie, la peur des hauteurs, est la plus fréquente des phobies. Ce trouble se traite essentiellement par thérapie cognitivo-comportementale (TCC), en exposant progressivement les individus à la situation qu’ils redoutent. Une forme émergente d’exposition est la thérapie par exposition à la réalité virtuelle (TERV), dans laquelle les environnements virtuels immersifs remplacent les environnements réels. Des méta-analyses ont montré que cette stratégie était aussi efficace que le traitement d’exposition conventionnel. Cependant, la TERV a jusqu’à présent exigé la participation d’un thérapeute et le recours à un équipement de réalité virtuelle (RV) haut de gamme.

    Un dispositif de RV peu coûteux

    Des chercheurs néerlandais de psychologie clinique de l’Université libre d’Amsterdam ont donc mené une étude randomisée afin d’évaluer l’efficacité et la convivialité de ZeroPhobia, une application mobile de réalité virtuelle entièrement autonome visant à traiter les symptômes de l’acrophobie. Pour garantir l’évolutivité, l’application s’appuie sur le smartphone des participants et sur des lunettes de RV de base (10 dollars), et permet que le programme puisse être suivi à domicile. Quelque 193 personnes souffrant d’acrophobie – non traitées – ont été incluses dans l’essai. Les participants ont été randomisés en 2 groupes : intervention ou liste d’attente.

    Les patients étaient invités à réaliser 6 modules animés (en 2D et avec une voix off en guise de thérapeute virtuel) basés sur des techniques de TCC via l’appli, le tout en 3 semaines. Outre les techniques de psychoéducation et de TCC, l’application Zerophobia comprenait un environnement de réalité virtuel immersif gamifié et quatre vidéos à 360 ° couvrant tout le spectre d’exposition. Au cours des trois semaines, les participants ont reçu des courriels de motivation standardisés chaque semaine avec des rappels leur demandant de commencer ou de continuer avec l’application. Les chercheurs ont utilisé un questionnaire d’anxiété et un questionnaire spécifique à l’acrophobie pour évaluer cette thérapie.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 20 mars dans le Jama Psychiatry.

    Résultats : des symptômes maîtrisés

    • 77% des personnes qui ont utilisé l’appli de réalité virtuelle sont allées au bout de l’expérience
    • La réalité virtuelle entraînait une réduction significative des symptômes de l’acrophobie au bout de 3 mois
    • Le niveau d’anxiété avait diminué
    • Les patients éprouvaient un plus grand sens de la maîtrise de leurs émotions
    • Les symptômes dépressifs n’ont pas changé de manière significative entre les deux groupes
    • Plus l’appli de RV était utilisée, plus les symptômes diminuaient
    • 24 patients ont souffert du « mal du simulateur » (nausées, vertuge…)
    • 75% des participants ont jugé l’appli de RV conviviale

    Soigner les phobies sans thérapeute 

    « À notre connaissance, cet essai clinique randomisé est le premier à évaluer un traitement de l’acrophobie entièrement autogéré, écrivent les chercheurs. Nous avons montré qu’un programme de thérapie cognitivo-comportementale en réalité virtuelle basée sur une application utilisant des lunettes de protection à faible coût était à la fois efficace et convivial. Des réductions importantes des symptômes de l’acrophobie ont été obtenues. » Et les résultats se maintenaient au suivi de trois mois. L’un des principaux atouts de l’étude réside dans « sa validité écologique », car l’intervention a été menée dans l’environnement naturel des participants plutôt que dans un laboratoire de recherche.

    Cependant, cet essai présente quelques limites : un taux d’attrition relativement important pour des raisons d’incompatibilité entre le téléphone et l’appli, des résultats basés uniquement sur de l’auto-déclaration et une période de suivi relativement courte. Ces résultats confortent tout de même l’hypothèse selon laquelle une thérapie par RV à domicile et sans l’intervention d’un thérapeute serait efficace. Une précédente étude, publiée en juillet dans le Lancet Psychiatry, parvenait à des conclusions similaires : 70% des personnes étaient considérées comme ne souffrant plus d’acrophobie.

     

  • Étude : l’Apple Watch est capable de détecter la fibrillation auriculaire (université Stanford)

    La montre connectée d’Apple peut permettre de détecter la fibrillation auriculaire, révèle une étude clinique lancée en novembre 2018 et publié en mars 2019 par l’École de médecine de l’université Stanford (Stanford School of Medicine, Palo Alto, Californie). La détection de ce trouble du rythme cardiaque permet de prévenir des pathologies graves telles que l’insuffisance cardiaque ou l’accident vasculaire cérébral.

    400 000 personnes ont participé à ces travaux, financés par la marque à la pomme. Elles ont reçu des notifications via l’application dédiée, Apple Heart Study, lorsque le capteur de l’Apple Watch détectait un pouls irrégulier.
    Les participants concernés se voyaient alors recommander de fixer un rendez-vous pour une consultation de télémédecine puis de porter pendant une semaine des patchs enregistrant leur rythme cardiaque.

    Pour vérifier la pertinence des informations enregistrées par l’Apple Watch, elles ont été comparées à des électrocardiogrammes. L’algorithme de détection du pouls du produit Apple s’est alors révélé efficace à 71 % en cas d’irrégularités.

    « Seuls 0,5 % des participants ont reçu des notifications de pouls irrégulier »

    84 fois sur 100, les participants ayant reçu des notifications de pouls irrégulières se trouvaient en fibrillation auriculaire au moment de la notification.

    « Un tiers (34 %) des participants qui ont reçu des notifications de pouls irrégulier et qui ont ensuite utilisé un patch ECG plus d’une semaine plus tard ont présenté une fibrillation auriculaire », indique l’université dans le compte rendu de l’étude. « Étant donné que la fibrillation auriculaire est une affection intermittente, il n’est pas surprenant qu’elle ne soit pas détectée lors de la surveillance ultérieure du patch ECG », explique l’établissement.

    Par ailleurs, « seuls 0,5 % des participants ont reçu des notifications de pouls irrégulier, ce qui constitue une donnée importante eu égard aux inquiétudes concernant notifications excessives », précise la note.

    Les participants à l’étude ont pu utiliser une Apple Watch Series 1, 2 ou 3, mais pas la dernière version de la montre connectée, Series 4, qui a enrichi ses fonctionnalités dans le domaine de la santé au point d’avoir été certifiée dispositif médical par la FDA, car elle n’a été commercialisée qu’après le lancement du programme.

    « Les résultats de l’étude Apple Heart soulignent le rôle potentiel que les technologies numériques innovantes peuvent jouer pour une santé plus axée sur la prévention », a déclaré Lloyd Minor, doyen de la Stanford School of Medicine.

    « L’appareil pourrait faire plus de mal que de bien »

    « L’appareil pourrait faire plus de mal que de bien », prévient dans un article Larry Husten, journaliste spécialisé en cardiologie, car « les anecdotes ne sont pas des données ». Il souligne que l’étude n’est pas « un essai contrôlé randomisé », contrairement aux pratiques standard de la recherche médicale. « Purement observationnelle », elle ne dit pas ce qui aurait pu arriver à un groupe témoin de 400 000 personnes n’ayant pas utilisé la montre Apple Watch.

    Larry Husten redoute que des personnes réellement atteintes de fibrillation auriculaire négligent de consulter après des symptômes, « faussement rassurées par l’absence de toute alerte de leur Apple Watch », car les travaux ne livrent aucune donnée sur les faux négatifs. Il redoute également l’impact de faux positifs, avec un afflux de personnes en bonne santé affolées par une alerte vers des services de santé déjà surchargés ainsi que les effets secondaires des médicaments qui leur seront prescrits.