DMN

  • IA : l’assureur Oscar Health s’allie à l’appli Cardiogram pour la détection des maladies chroniques

    La société Cardiogram annonce un partenariat avec l’assureur santé en ligne Oscar Health dans l’optique d’aider les assurés qui ne sont pas conscients d’avoir une affection chronique à intégrer un parcours de soins avant que leur état ne se détériore.

    Ce nouveau service propose aux assurés d’Oscar Health de télécharger l’application Cardiogram sur leur appareil mobile, Apple Watch, Garmin ou Google WearOS.

    L’algorithme d’intelligence artificielle (IA) DeepHeart analyse les données via le capteur de fréquence cardiaque du terminal pour détecter un diabète ou un fibrillation auriculaire. S’il indique un risque élevé, l’utilisateur aura accès à un test de diagnostic gratuit, soit à son domicile, soit dans un laboratoire à proximité. Si ce test est positif, le patient sera orienté vers un médecin recommandé par l’assureur pour recevoir des soins.

    Ce suivi et ces tests préventifs seront offerts gratuitement aux assurés Oscar, sans quote-part ni franchise.

    DeepHeart est parvenu à détecter les symptômes de plusieurs maladies chroniques

    Selon plusieurs études cliniques menées avec le département de cardiologie de l’université UC San Francisco, DeepHeart a détecté avec précision les symptômes de plusieurs maladies chroniques en utilisant le capteur de fréquence cardiaque installé sur les appareils wearables grand public, est-il indiqué dans le communiqué, daté du 24 avril 2019.

    « De nombreuses personnes atteintes de diabète et de fibrillation auriculaire ne savent même pas qu’elles sont malades, explique Harish Kilaru, directeur du développement commercial de Cardiogram. Nous pouvons les aider à combler cette lacune en utilisant un appareil qui est peut-être déjà à leur poignet. »

    « En travaillant avec Cardiogram, nous pouvons amener davantage de patients à recevoir les traitements dont ils ont besoin, grâce à des appareils qu’ils possèdent déjà, en leur évitant à l’avenir des complications coûteuses, commente de son côté Nikita Singareddy, analyste à Oscar Health. Le suivie par mobile permet au financeur de connaître avec précision l’état de santé de ses assurés et d’être indemnisé de manière appropriée ».

  • Dreem lance une nouvelle version de son bandeau contre les troubles du sommeil

    La société française Dreem, ex-Rythm, annonce le lancement de son bandeau Dreem 2, une solution non-invasive contre les troubles du sommeil, en particulier l’insomnie, qui associe sciences du sommeil et sciences comportementales aux neurotechnologies. Selon Dreem, l’usage du bandeau permettrait de retrouver « une structure de sommeil satisfaisante » au bout de quelques semaines.

    « Seuls 18 % des problèmes de sommeil sont traités et diagnostiqués. Il n’y a tout simplement pas assez de centres de sommeil ou d’experts du sommeil disponibles en France pour couvrir les besoins de la population », indique Hugo Mercier, président et cofondateur de Dreem. « Les somnifères sont invasifs, nocifs pour la santé et ne traitent pas les causes de l’insomnie », estime-t-il, pas plus que les « trackers de sommeil ». Il déclare vouloir rendre « accessible à tous » la thérapie cognitive et comportementale pour l’insomnie (TCC-i), « le traitement de référence pour l’insomnie, commente-t-il, méconnu du grand public [bien que] reconnu par l’Organisation mondiale de la santé ».

    Dreem présente son bandeau Dreem 2 comme une amélioration par rapport à sa première version, grâce aux retours de ses utilisateurs : il serait « plus confortable, plus précis », et délivrerait « une expérience sonore de meilleure qualité ».

    Un accompagnement fondé sur des données recueillies pendant la nuit

    Le bandeau Dreem 2 est associé à une application qui déduit les principaux paramètres du sommeil de l’utilisateur (temps effectif de sommeil, réveils nocturnes, temps d’endormissement, stades de sommeil…) à partir des données collectées pendant la nuit (activité cérébrale, fréquence cardiaque, fréquence respiratoire et mouvements). La mesure de ces données physiologiques serait d’une précision équivalente à celle d’une polysomnographie (PSG), examen médical couramment proposé en centre de sommeil.

    En journée, l’application apporte aux utilisateurs un accompagnement personnalisé via des programmes correspondant à leurs propres troubles du sommeil, comportant recommandations et exercices élaborés avec des spécialistes et inspiré notamment de la thérapie cognitive comportementale (TCC).

    4 programmes distincts selon les caractéristiques de l’utilisateur

    Le bandeau Dreem 2 propose 4 programmes aux objectifs, durées et intensités différentes  en fonction des besoins de l’utilisateur :

    •  Thérapie cognitive et comportementale (TCC) : si l’utilisateur a un temps d’endormissement trop important, des réveils nocturnes, une durée de sommeil trop court, et qu’il ressent des effets en journée, le programme TCC s’attache à améliorer son « efficacité de sommeil », c’est-à-dire le ratio entre le temps passé à dormir et le temps passé au lit.  
    • Regain de sommeil : si l’utilisateur dort plutôt facilement, sans se réveiller, mais qu’il accorde trop peu de temps à son sommeil, le programme « Regain de sommeil » lui permet de dormir plus et mieux, ce qui augmentera les effets réparateurs de son sommeil sur son organisme.
    • Rituels de coucher : si l’utilisateur passe suffisamment de temps au lit, mais qu’il met parfois du temps à trouver le sommeil ou ne se sent pas toujours tout à fait reposé au réveil, le programme « Rituels de coucher » l’aide à identifier les comportements ou attitudes qui nuisent à son sommeil, puis à acquérir des habitudes plus saines afin d’augmenter la qualité de son sommeil.
    • Bases du sommeil : ce programme s’adresse à l’utilisateur « curieux ». Il aborde les différents mécanismes influant sur le sommeil et les bonnes pratiques associées pour « retrouver des nuits de meilleure qualité ».
  • Université d’été e-santé : du 2 au 4 juillet 2019, Castres

    L’université d’été e-santé se tiendra du 2 au 4 juillet 2019 à l’école d’ingénieur ISIS à Castres. 
    Cette année, 2 thématiques principales sont mises en avant : la e-santé humaine portant sur le numérique (2 et 3 juillet) et la e-santé animale (4 juillet) axée sur l’intelligence artificielle (IA).

    Les inscriptions pour les conférences sur la e-santé humaine sont payantes et doivent être réalisées via ce lien. Celles pour la journée de conférence sur la e-santé animale sont quant à elles gratuites et disponibles via le même lien. 

    Pour les exposants, il est possible de télécharger un dossier d’inscription en ligne et de retourner le formulaire avant le 7 juin à contact@universite-esante.com.

    Focus e-santé humaine 

    Le numérique : une chance pour la santé durable 

    Mardi 2 juillet 2019 

    • 9h15-9h30 : Lancement de la journée avec Philippe Leroux, président de Castres-Mazamet Technopole (spécialisé dans l’e-santé, chimie fine et numérique) et Georges Soto-Romero, directeur de l’ISIS
    • 9h-17h : Découverte des start-ups de la disrupt e-health
    • 9h-17h : Visite du. living lab, le connected health lab 
    • 9h-17h : La convention d’affaires, la e-health connection 
    • 9h30-11h : Regards croisés sur le numérique pour les systèmes de santé durables dans les pays occidentaux 
    • 9h30-12h30 : E-health hub 
    • 10h-11h :Validation clinique de logiciels de santé : un prérequis obligatoire pour accéder au marché ?
    • 11h30-12h30 : Atelier avec le CHU de Toulouse
    • 11h30-12h : Inauguration de la 13ème édition de l’université d’été de la e-santé
    • 11h30-12h : Atelier avec Harmonie Mutuelle
    • 14h-14h30 : Atelier avec GFI
    • 14h-14h30 : À la recherche du temps médical perdu, en collaboration avec BotDesign
    • 14h-15h : Quels financements européens pour l’innovation en e-santé
    • 14h-15h : Le rôle du numérique dans la mise en place de la couverture santé universelle, avec des intervenants de l’OMS
    • 14h-16h : Auditions des 12 finalistes des trophées de la e-santé
    • 15h15-16h15 : Urbanisation & interopérabilité, freins ou accélérateurs de l’innovation ? 
    • 15h15-16h15 : Atelier avec Sanofi
    • 15h10-16h15 : À la conquête des investisseurs 
    • 16h30-18h : L’intelligence artificielle et le transhumanisme sont-ils les nouveaux dangers de l’humanité ? Le point de vue du médecin, du philosophe et du juriste.
    • 18h30-19h30 : Conférence inaugurale « Vers un nouveau modèle d’utilisation des données de santé : la recherche clinique impulsée par les patients »

    Mercredi 3 juillet 2019

    • 9h-10h30 : Les débats de l’université d’été de la e-santé : « Données de santé : la grande hypocrisie? »
    • 9h-10h30 : L’intelligence artificielle au service d’une santé durable
    • 9h-17h : Découverte des start-ups de la disrupt e-health
    • 9h-17h : Visite du living lab, le connected health lab
    • 9h-17h : La convention d’affaires, la e-health connection
    • 11h-12h : Atelier juridique et éthique « Monétisation, utilisation, réutilisation : que peut-on faire des données de santé ? »
    • 11h-12h30 : L’intelligence artificielle au service d’une santé durable 
    • 11h-12h30 : Auditions des 6 finalistes des trophées de la e-santé
    • 11h-12h30 : Le numérique : une chance pour la formation des professionnels de santé
    • 12h-12h30 : Keynote juridique et éthique de David Gruson, en conclusion de l’atelier 
    • 13h30-15h45 : Suite des auditions des 6 finalistes des trophées de la e-santé 
    • 14h-15h : Cohorte suivi chirurgie bariatrique avec l’IHU de Strasbourg, en collaboration avec Docaposte
    • 14h-15h : Les leviers de communication de la e-santé à l’heure de la santé durable
    • 14h-14h30 : L’apport d’un géant du numérique dans le domaine de la santé : l’exemple de Microsoft 
    • 14h45-15h45 : La démographie sanitaire et accès durable au soins (ISIS)
    • 15h15-16h15 : Dépasser les différences en start-ups et multinationales : comment construire des partenariats pérennes et profitables ? 
    • 15h15-16h15 : Démonstration au connected health lab
    • 15h15-16h15 : Atelier en collaboration avec NHES/Acetiam 
    • 15h55-16h15 : Keynote cyber sécurité en collaboration avec Thales
    • 15h45-16h15 : Success stories des trophées de la e-santé
    • 16h30-18h : Les débats de l’université d’été de la e-santé « Consumérisation de la santé : vers la fin des acteurs traditionnels? »
    • 18h30-19h30 : Cérémonie de remise des trophées de la e-santé 

    Focus e-santé animale 

    Santé animale :  doit-on croire à l’intelligence artificielle ?

    • 9h-10h : Auditions des candidats au trophée de la e-santé animale 
    • 9h-17h : Découverte des stratégies des start-ups de la e-santé animale
    • 10h30-17h : Table ronde e-santé animale : une journée articulée autour du progrès et des perspectives de l’exploitation des data en santé animale. Les principaux thèmes abordés seront les algorithmes, les systèmes experts et surtout, l’intelligence artificielle. Thématique : « Faut il combattre les idées reçues ? »
    • 17h-17h30 : Cérémonie de remise du trophée de la e-santé animale 
  • Étude : une appli dédiée à la fertilité aussi efficace que la pilule (European Journal contracept°)

    Une application mobile, nommée « Dot » (Dynamic Optimal Timing), a été testée par des chercheurs de l’Institut de santé reproductive du centre médical de l’université de Georgetown (USA). Leur étude*, publiée le 18 mars 2019 dans The European Journal of contraception and Reproductive Health Care, suggère que des algorithmes reposant sur des données de cycles menstruels permettent de prédire le risque de grossesse avec un taux d’efficacité comparable aux méthodes traditionnelles telles que la pilule.

    Des applis mobiles pour une contraception « naturelle »

    Les méthodes de contraception dites « naturelles » reviennent à la mode. Les femmes, échaudées par des scandales sur les pilules et soucieuses de ne pas prendre trop d’hormones, sont à la recherche de méthodes contraceptives plus « douces ». Pour répondre à cette forte demande, de nombreuses sociétés ont développé des applications mobiles dédiées à la fertilité. Elles reposent sur des algorithmes et un apprentissage automatique permettant d’identifier les jours fertiles en se basant sur diverses approches pour synthétiser l’historique du cycle menstruel personnel des femmes et leurs biomarqueurs physiologiques.

    C’est pourquoi des chercheurs américains de l’Institut de santé reproductive du centre médical de l’Université de Georgetown ont souhaité évaluer l’une de ses applications, Dot (Dynamic Optimal Timing).

    De plus en plus de femmes utilisent les applications comme méthode de planification familiale. Aux États-Unis, c’est le cas d’environ 1 million de femmes. « Il est donc essentiel de disposer d’une option reposant sur des preuves solides d’efficacité », a déclaré Victoria Jennings, chercheuse et principale auteur de l’étude. Or, beaucoup de femmes choisissent une application en fonction de sa popularité plutôt que sur la preuve de son efficacité.

    Des algorithmes pour évaluer le risque de grossesse

    Dot est un appli numérique basée sur un algorithme qui fournit des informations de fertilité directes à l’utilisateur pour les femmes qui souhaitent prévenir ou planifier une grossesse. L’algorithme de l’outil, a été développé à partir d’un vaste ensemble de données de 8 118 cycles chez 706 femmes de 5 pays (Nouvelle-Zélande, Inde, Irlande, Philippines et le Salvador), tiré d’enquête de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et d’autres études sur la probabilité de conception. Il s’adapte à la longueur et la variabilité du cycle de chaque femme au fur et à mesure qu’elle continue à entrer des données sur les débuts de son cycle.

    Lorsqu’une femme entre sa date de début de menstruation dans l’application, celle-ci identifie les jours où elle court un risque « élevé » ou « faible » de grossesse au cours de ce cycle. Pour le premier cycle, Dot identifie 16 jours comme présentant un risque élevé. Lorsque des dates de début de période menstruelle supplémentaires sont entrées, l’algorithme réduit le nombre de jours identifiés comme présentant un risque élevé à 11-13 jours, en fonction de la durée et de la variabilité du cycle de l’utilisatrice. Cette dernière reçoit également des notifications au début et à la fin de sa fenêtre fertile, l’avertit des changements à venir dans son état de fertilité et lui rappelle d’éviter les rapports sexuels ou d’utiliser un préservatif pour éviter une grossesse les jours à risque.

    Pour évaluer l’application, les chercheurs ont constitué une cohorte de 718 femmes souhaitant éviter une grossesse pendant au moins un an, avec des données sur 13 cycles.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 18 mars 2019 dans The European Journal of contraception and Reproductive Health Care.

    Résultats : 1 % d’échec, comme la pilule

    • L’âge moyen des femmes de l’étude Dot était de 29 ans.
    • Près de 75 % des participantes ont déclaré avoir déjà utilisé un moyen de contraception hormonale, avec une majorité de pilules (64,3 %).
    • Le taux de grossesse non désirée était de 1% quand l’appli était correctement utilisée et de 5 % en cas d’erreurs de l’utilisatrice.

    Les chercheurs en ont conclu qu’avec un taux d’échec de 1%, l’application Dot était aussi efficace que les méthodes contraceptives hormonales, telles que la pilule. En outre, ils ont souligné qu’il n’existait aucune association statistique entre les caractéristiques socio-démographiques et la grossesse, suggérant que cette méthode pourrait être utilisée avec succès pour la prévention de la grossesse par des femmes d’âges et d’origines sociales différentes. « Étant donné l’utilisation généralisée de la technologie mobile, une méthode numérique telle que Dot peut potentiellement toucher de nombreuses femmes ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale », ont déclaré les auteurs de l’étude.

    Une fiabilité remise en question

    En août 2018, la FDA a autorisé pour la première fois une application (Natural Cycles) à se revendiquer comme moyen contraceptif. En Suède et au Royaume-Uni, des enquêtes sont ouvertes suite à des plaintes de femmes ayant eu des grossesses non désirées. Ces applications pourraient en effet ne pas être adaptées aux femmes ayant des cycles peu réguliers.

  • La Société européenne de cardiologie appelle à intégrer aux soins les applications e-santé

    Les systèmes de santé nationaux doivent rembourser les applications e-santé et les intégrer aux soins courants pour faire face aux maladies chroniques. C’est ce qu’affirment les responsables de la European society of cardiology (ESC) dans un article intitulé « Overcoming challenges in digital health implementation in cardiovascular medicine », publié dans la revue European Journal of Preventive Cardiology le 27 mars 2019.

    Les applications numériques sont de plus en plus utilisées par les patients en cardiologie pour contrôler leur pression artérielle, enregistrer un électrocardiogramme (ECG) et suivre leur activité physique, constatent les auteurs. Ils regrettent que les informations générées par ces appareils soient toujours traitées en complément aux thérapies plutôt que d’y être intégrées.

    Les patients qui utilisent des applications de e-santé « sont mieux informés de leur état et les consultations avec le médecin deviennent plus productives car les symptômes peuvent être corrélés à une lecture physiologique », affirme le Pr Enrico Caiani, coauteur de l’article.

    « L’interopérabilité est nécessaire »

    L’ESC souligne par ailleurs que « l’interopérabilité est nécessaire » pour que les technologies puissent dialoguer avec les systèmes hospitaliers. Elle en appelle à la recherche pour établir l’efficacité des outils de e-santé.

    Selon l’ESC, le non-remboursement des solutions de e-santé freine leur généralisation

    Elle aborde également la question du financement, jugeant que c’est le non-remboursement des appareils e-santé qui empêche leur généralisation.

    Le Pr Enrico Caiani souligne qu’« avec les coupes budgétaires et les pénuries de médecins, les systèmes de santé ont du mal à prendre en charge les patients, en particulier ceux atteints de maladies chroniques » et que « cette situation va empirer » avec l’allongement de la vie. Il estime que ces défis peuvent être relevés grâce aux technologies e-santé, et demande une « stratégie partagée » impliquant « les législateurs nationaux, l’industrie, les hôpitaux, les médecins et les associations de patients ».

  • L’Anssi donne l’alerte sur la « dépérimétrisation » des systèmes d’information (rapport annuel)

    « Les acteurs du numérique évoluent désormais au sein d’un cyberespace vaste et complexe à défendre, dénué de frontières géographiques, politiques et même parfois techniques », indique l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) dans son rapport annuel. Elle évoque une « perte de notion du périmètre du système d’information ». 

    « En grande partie liée à l’apparition ou au renforcement de certains usages », cette tendance s’explique par :
    • le développement de l’externalisation des données, avec notamment les systèmes de cloud ;
    • une plus grande ouverture des systèmes sur internet ;
    • « un essor du nomadisme » des utilisateurs ;
    • l’interconnexion quasi-systématique des systèmes, conséquence notamment de la diffusion des objets connectés.  

    Dans ce rapport publié le 15 avril 2019, l’Anssi estime que cette mutation pose « la question de la confiance (…), plus difficile à évaluer que la seule sécurité », alors que « l’isolation des systèmes les plus sensibles[, la réponse la plus fréquemment apportée,] atteint ses limites ».
    L’agence appelle à la mise en œuvre d’initiatives qui « ne seront porteuses de sens et de résultats qu’à l’échelle européenne ».
    Elle demande aux organisations un accompagnement à la fois culturel et opérationnel au « déplacement de la sécurité des systèmes vers la sécurité de l’information et des services numériques », qui serait animé par « la recherche d’un équilibre entre fonctionnalité et fermeté ».

    Des campagnes malveillantes visant les acteurs de la santé

    De nombreuses campagnes d’hameçonnage ciblant des acteurs du secteur de la santé ont été observées en 2018, note l’Anssi dans son rapport annuel. Elle explique cette recrudescence par « la préoccupation croissante des opérateurs à l’égard des enjeux de sécurité numérique et le renforcement parallèle de leurs capacités de défense[, qui] amènent nombre d’attaquants à se tourner vers des cibles moins exposées mais plus vulnérables ». 

    Les objectifs de ces attaques, précise l’agence, sont :

    • le vol de données personnelles ;
    • la demande de rançon après chiffrement des données ;
    • le minage de cryptomonnaies ;
    • la constitution de réseaux de machines zombies (botnets).

    Alerte sur les objets connectés 

    « L’une des premières conséquences de l’apparition massive des objets connectés est leur propension à accroître très fortement la surface d’exposition aux attaques », avertit l’Anssi dans un chapitre consacré aux menaces visant les systèmes « cyber-physiques »*.

    Les attaques sur les objets connectés « peuvent être dirigées vers l’objet lui-même » mais aussi viser à « en détourner la finalité pour les transformer en vecteurs d’actions malveillantes », est-il indiqué. L’agence déplore ici le « manque de maturité » d’un secteur « encore jeune [bien que] très développé », ce qui se traduit par « une insuffisance de normes et l’absence de sécurité by design », soit l’absence de sécurité directement intégrée dans le code source de l’application ou du site web.

    Selon l’Anssi, « l’application de bonnes pratiques et de principes de sécurité tout au long du cycle de développement de ces systèmes (…) ne suffira pas» : elle demande un  « changement de paradigme ».

  • Étude : les Google Glass capables d’améliorer la socialisation des enfants autistes (JAMA Pediatrics)

    Un nouveau système d’intelligence artificielle (IA) utilisant des Google Glass pourrait aider les enfants atteints de troubles du spectre autistique (TSA) à améliorer leurs aptitudes à la socialisation, selon une petite étude* menée par des chercheurs de l’université de Stanford et publiée fin mars 2019 dans le JAMA Pediatrics. Ces Superpower Glass sont conçues pour encourager l’engagement facial des enfants tout en « traduisant » les émotions des personnes avec lesquelles ils sont en interaction.

    Autisme : faciliter l’accès aux soins grâce aux nouvelles technologies

    Les symptômes des troubles du spectre autistique sont variables mais les difficultés de socialisation, d’avoir un contact visuel et de reconnaître les émotions faciales caractérisent cette pathologie. Aux États-Unis, les experts recommandent 20 heures par semaine d’analyse comportementale appliquée (ABA) 2, incluant souvent des interventions sur le développement du comportement avec un thérapeute du comportement pendant au moins 2 ans. Cette prise en charge est très coûteuse (entre 40 000 et 60 000 dollars par enfant et par an). De plus, de nombreux enfants sont confrontés à des difficultés pour généraliser la thérapie à des contextes du monde réel. Autrement dit, à utiliser ces compétences dans la vraie vie. Enfin, les thérapeutes comportementaux sont débordés et donnent des rendez-vous à 18 mois.

    Le recours à des supports d’apprentissage basés sur de nouvelles technologies utilisant le machine learning (apprentissage automatique) pourrait donc offrir des possibilités de traitement en dehors du cabinet du clinicien. Et ces outils peuvent se développer au domicile du patient et ainsi servir de pont pendant que les enfants attendent une thérapie standard.

    Des Google Glass qui traduisent les émotions

    Des chercheurs de l’université de Stanford ont donc conçu un outil d’apprentissage social portable pour les enfants atteints de TSA afin d’encourager l’engagement du visage et de fournir un retour d’information à l’enfant lors des interactions sociales à la maison.

    Un système de vision par ordinateur fonctionnant sur Google Glass est connecté sans fil à une application pour smartphone afin de permettre à l’enfant qui porte les lunettes d’intervenir.

    Grâce à l’apprentissage automatique, les outils sont capables d’identifier huit émotions via un système de reconnaissance faciale : le bonheur, la tristesse, la colère, le dégoût, la surprise, la peur, le mépris et la neutralité.

    Ensuite, une émoticône apparaît sur les verres des Google Glass – appelées « Superpower Glass » – pour indiquer à l’enfant souffrant de TSA l’émotion de la personne en face d’elle. L’information était également donnée de manière auditive. Le système fonctionne à une cadence d’environ 15 à 20 images par seconde, de sorte que les expressions faciales sont généralement reconnues en moins de 100 millisecondes.

    Quelque 71 enfants âgés de 6 à 12 ans atteints de trouble du spectre autistique ont été inclus dans l’étude. Ils ont été randomisés en 2 groupes : la moitié d’entre eux ont été invités à utiliser la technologie pendant 20 minutes trois fois par semaine avec leur famille et une fois par semaine avec leur intervenant, l’autre moitié bénéficiait d’une prise en charge traditionnelle.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 25 mars 2019 dans le JAMA Pediatrics.

    Résultats : une meilleure socialisation

    • Les enfants portant des Google Glass ont deviné l’émotion dans 39,8 % des cas.
    • Ils ont considérablement amélioré leurs résultats sur une échelle de comportement adaptatif par rapport au groupe témoin.
    • Les participants ont utilisé l’appareil moitié moins de jours que ce qui était recommandé.
    • Un enfant a signalé une réaction indésirable aux lunettes.

    L’intervention renforce l’engagement facial et la reconnaissance des émotions, suggérant que l’un ou l’autre ou les deux éléments pourraient être un mécanisme d’action conduisant à l’amélioration des aptitudes de socialisation. Cette étude souligne donc le potentiel de la thérapie numérique à domicile pour améliorer la prise en charge de l’autisme. Cependant, le petit nombre d’enfants inclus dans l’étude et leur grande hétérogénéité démographique et comportementale limitent la portée de cette étude.

    Vers une commercialisation de ce nouveau traitement

    Une précédente étude, publiée en août 2018 dans Nature’s Digital Medicine, et conduite pas des chercheurs de la Stanford University of Medicine, avait déjà montré que les Superpower Glass avaient accru le contact visuel et l’acuité sociale chez des enfants autistes.

    De plus, début avril 2019, la société Cognoa, qui fabrique l’application, a annoncé qu’elle venait de concéder une licence exclusive au système d’intelligence artificielle développée par l’université de Stanford.

    Depuis une levée de 11,6 millions de dollars américain (environ 10,3 M€) en 2017, la FDA a classé l’application de suivi du comportement pédiatrique de Cognoa en tant que dispositif médical de diagnostic de l’autisme.

    Cognoa souhaite maintenant « accélérer le développement et la commercialisation mondiale d’un nouveau traitement numérique pour les enfants atteints de TSA ».

  • FASN Cancérologie : vers des traitements sur mesure grâce à la santé numérique (2/04/19)

    L’avènement des thérapies ciblées, puis de l’immunothérapie, a considérablement bousculé la prise en charge en oncologie. En effet, de plus en plus de patients bénéficient de rémissions à long terme, y compris sur certaines localisations jusque-là délétères. Par ailleurs, la cancérologie est le domaine qui semble avoir le plus bénéficié des évolutions numériques et en intelligence artificielle (IA).

    Ces dernières s’accompagnent d’une importante quantité de production de données : génomiques, médicales, d’imagerie… Les algorithmes et solutions d’IA permettent une analyse prédictive et, par là même, une personnalisation de la prise en charge, du diagnostic, du pronostic, des traitements et du suivi. Pour autant, les professionnels de santé ont encore du mal à appréhender ces outils en raison notamment des questions éthiques ou organisationnelles qu’ils induisent. De nombreuses études sont en cours pour valider le modèle, la valeur ajoutée et déterminer les meilleures guidelines.

    Cette réflexion a clos les Rencontres nationales de la santé numérique, qui se sont tenues le 2 avril 2019 à Paris. L’événement était organisé dans le cadre de la campagne #FASN sur le thème de la cancérologie à l’ère du numérique, en partenariat avec Unicancer, afin d’accompagner la transformation numérique et organisationnelle de l’offre de soins. Exemples.

    Impliquer tous les acteurs pour améliorer les soins

    Le Dr Michel Angué, consultant médical de la société Parsek, propose Vitaly, une solution applicative web pour les patients et les médecins. Il s’agit d’un portail avec une entrée patient et une pour les praticiens.

    La première brique de ce système est de centraliser les données médicales, accessibles à tous. l’outil rassemble des applications pratiques d’agenda partagé et de prise de rendez-vous avec un accès sécurisé pour des téléconsultations. En sortant de consultation, le patient a accès à toutes les informations « pour mieux comprendre et intégrer ce qui a été dit ». La plateforme comprend environ 20 millions d’utilisateurs, tous usages confondus, dans une dizaine de pays d’Europe. « Cela fonctionne d’autant mieux dans les petits pays où un dossier médical personnel est fonctionnel comme la Slovénie », indique le Dr Michel Anqué. L’enjeu en cancérologie est la diversité des parcours de soins.

    L’Institut des sciences et technologies de Vienne, en Autriche, utilise la plateforme pour de la télé-expertise sur les cancers pédiatriques rares qui réunit des experts. Un autre cas d’usage est la confirmation du diagnostic grâce à des réunions de concertation pluridisciplinaire virtuelle pour ne pas avoir à se déplacer et avoir accès à l’ensemble des documents du patient de manière sécurisée. « Cette méthode permet notamment d’envisager d’intégrer le patient à la RCP », .

    Enfin, la plateforme génère des alertes pour faciliter le régulation des consultations et hospitalisations de routine. « Notre démarche n’est pas basée sur des solutions complexes mais sur les usages. »

    Surveiller et anticiper

    Un autre axe de l’atout de la santé numérique dans le parcours de soins est le suivi. Le Dr Fabrice Denis, oncologue à l’institut interrégional de cancérologie Jean Bernard, en est persuadé. « Depuis 7 ans, je travaille sur une solution pour que les patients rapportent eux-mêmes leurs symptômes. Ces remontées ne se réduisent pas à empiler les applications. » Le Dr Denis a travaillé sur Moovcare, une application pour anticiper le diagnostic de récidive de cancer du poumon. L’équipe a suivi une démarche d’evidence based medecine avec une analyse et une exigence équivalente à celle du développement d’un médicament. « Cela coûte, prend du temps mais le résultat est implacable ».

    La procédure de fiabilité et de démonstration de la preuve ouvre la porte à la reconnaissance comme dispositif médical. « Cette preuve d’efficacité et de sécurité est essentiel ». Le dossier de cette application est maintenant en demande de remboursement ; ce qui devrait être acté prochainement. Le modèle économique est un enjeu du déploiement de ces outils. « Ce n’est pas le patient qui doit payer pour ne pas aggraver les inégalités déjà existantes avec la fracture numérique. »

    En effet, les patients les plus isolés sont ceux qui ont le plus besoin de ces outils. « En terme de pronostic, le fait d’être isolé est un facteur aggravant. On rechute et on meurt beaucoup plus quand on n’est pas connecté ». L’idée est donc d’aller chercher ces patients isolés avec l’aide de l’intelligence artificielle en créant des robots qui vont appeler les patients pour les aider à remplir les formulaires de suivi. « C’est en cours de développement et d’évaluation. »

    Analyser et utiliser les données générées

    En cancérologie, les traitements sont personnalisés à l’analyse génomique de la tumeur. La prise en charge de certaines tumeurs a ainsi été révolutionnée. La dynamique actuelle est de personnaliser les pronostics. Dans le cancer du sein, des signatures moléculaires permettent de prédire les risque. Cela permet de personnaliser les examens, les analyses et surtout, le parcours de soins.

    Les solutions numériques qui facilitent cette personnalisation crée une masse de données numériques, nécessaires à l’apprentissage de l’intelligence artificielle. Les modèles mathématiques se nourrissent de ces données, d’abord génomique mais aussi cliniques. Autant de données à récupérer, intégrer, analyser pour le bénéfice du patient, à qui les données appartiennent. « C’est l’objectif du projet ConSoRe, initié par une consœur, explique le Dr Pierre-Etienne Heudel, oncologue au centre Léon Bérard de Lyon. Il va permettre de valoriser et d’exploiter les données cliniques noyées dans les compte rendu. » Plusieurs centres utilisent déjà quotidiennement ce moteur de recherche pour le big data en cancérologie.

    La troisième source de données est l’analyse automatique d’images. « Il reste des difficultés pratiques pour monter ce genre de projet en termes d’archivages et numérisations des lames. Cela demande un travail de fourmi », explique le Dr Pierre-Etienne Heudel. Enfin, pour être efficace, les solutions de santé numérique doivent prendre en compte les organisations hospitalières. « Concernant le télé-suivi, les infirmières de coordination qui suivent les réponses, sont bien souvent appelées dans les services pour pallier une absence dans l’équipe dans les services », ajoute-t-il.

    L’intelligence artificielle en chirurgie

    Dernier exemple, le projet d’intelligence artificielle en chirurgie cancérologique, présenté par le Dr Charlotte Ngo de l’Hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP). « Il faut des ingénieurs un peu partout en Europe notamment de l’AP-HP et de l’Inserm », commente-t-elle. Il s’agit de construire un outil d’aide à la décision médicale grâce aux données cliniques, génétiques, d’imagerie et de survie. Les recommandations de pratiques internationales et nationales sont également intégrés pour fournir la conduite à tenir en fonction du moment de la prise en charge.

    L’intelligence artificielle de type deep learning (apprentissage profond) participe à cet outil d’aide à la décision médicale concrète et adapté. « Les cas des patients ne fonctionnent pas tous pareils et pour certains, l’algorithme ne va pas fonctionner », précise le Dr Charlotte Ngo. Mais le système va apprendre et, au final, fournir pour une patiente donnée, ce que recommandent les guidelines mais aussi ce qui a pu être fait ailleurs pour un même type de patients.

    Le système est également équipé d’un module d’analyse informatisée des images et un de prédictions du résultat de la chirurgie. « Nous chargeons les images de la patiente pour localiser la tumeur et des photographies des patientes et une petite vidéo de la patiente pour avoir une idée de son anatomie », explique la spécialiste. En fonction de l’anatomie, de la tumeur, de l’acte chirurgical prévu, le résultat cosmétique peut être prédit. « C’est intéressant pour informer les patientes et affiner notre pratique, d’adapter les gestes », note le Dr Charlotte Ngo. Cet outil complet d’aide à la décision médicale permet également de réduire l’hétérogénéité des pratiques entre les centres et les inégalités de prises en charge.                                                                                                        

  • Objets connectés en santé : « De manière générale, la pédiatrie est délaissée » (S. Bender, PDG, Meyko)

    « De manière générale, la pédiatrie est assez délaissée sur le marché de la e-santé, notre objectif était donc de proposer une solution dédiée à l’enfant », explique à Health & Tech Intelligence Sandrine Bender, P.-D.G. et co-fondatrice avec Alizée Gottardo (CTO) de Meyko, un compagnon connecté conçu pour aider les jeunes patients asthmatiques à suivre leur traitement de manière ludique. La start-up, fondée en 2016, a remporté fin mars 2019 le prix de l’innovation PharmagoraPlus, qui récompense les initiatives en adéquation avec les nouveaux besoins des pharmaciens.

    Après 3 années de tests en situation réelle ayant impliqué 150 familles et une première campagne de commercialisation réussie en septembre 2018, la société va ouvrir une nouvelle fois à la vente son produit en avril 2019, indique l’entrepreneure, designer spécialisée en santé. Le prix de vente est fixé à 129 euros.
    Cette fois-ci, Meyko va être proposé pour d’autres pathologies, telles que l’épilepsie et la mucoviscidose.

    Le projet Meyko est soutenu par le CHU de Nantes et l’hôpital Necker à Paris. Des tests vont également être menés sur le long terme au sein du CHU d’Angers.

    « Le produit a été conçu pour être robuste »

    Vous êtes-vous inspiré d’objets existants pour concevoir Meyko ?

    Sandrine Bender : Nous nous sommes reposés sur une analyse assez large d’importantes études scientifiques pour savoir quels types de solutions fonctionnaient chez les enfants. Nous nous sommes intéressés à l’utilisation de robots pour l’accompagnement des jeunes patients, à l’empathie ressentie envers un objet tiers, à l’ergonomie idéale pour une manipulation par des petits, etc.

    Votre solution vise-t-elle à être directement commercialisée auprès des patients ou envisagez-vous d’autres canaux ?

    Le business modèle de Meyko repose sur une offre BtoC (par le biais de campagnes de commercialisation ponctuelles) mais la solution est aussi proposée aux CHUs pour réaliser une évaluation auprès de leurs patients.

    Vous vendez le produit à 129 euros. Certains utilisateurs ont-ils exprimé leur volonté d’une baisse de prix ?

    Les utilisateurs sont globalement assez réceptifs comme il ne s’agit pas d’un abonnement. Ils paient une seule fois et disposent à la fois du produit et d’un accès à l’application dédié.

    Le produit, fabriqué en France, est garanti 2 ans et a été conçu pour être robuste. Comme il s’adresse aux enfants, nous savons qu’il va tomber, être malmené, donc nous avons conçu un objet destiné à tenir longtemps.

    Quid de la sécurisation des données enregistrées sur Meyko ?

    Les données recueillies sont stockées sur un hébergeur agréé hébergeur de santé (ministère). Elles sont toutes cryptées pour garantir la protection des informations des utilisateurs.

    Une nouvelle campagne de commercialisation prévue en avril 2019

    Vous allez lancer en avril une nouvelle campagne de commercialisation, avec un compagnon qui s’adressera cette fois-ci à d’autres pathologies (épilepsie, mucoviscidose…). Pourquoi avoir choisi de vous concentrer en premier lieu sur l’asthme ?

    Je suis moi-même asthmatique et l’asthme est la maladie chronique la plus répandue chez l’enfant (en France, au moins 10 % des enfants en sont atteints et les hospitalisations en raison de l’asthme sont en augmentation chez les enfants, atteignant près de 40 000 séjours par an). Nous avons choisi cette pathologie parce que c’est celle que nous connaissions le mieux au départ.

    Nous préparons de nouvelles fonctionnalités pour enrichir Meyko, notamment en ce qui concerne la prise en charge de maladies complexes, avec des prescriptions à des horaires précis par exemple.

    Envisagez-vous un développement à l’international ?

    Meyko a déjà été lancé en dehors de la France, notamment en Suisse, en Italie et en Espagne. L’idée est de poursuivre ce développement au sein du territoire français mais aussi à échelle européenne.

  • États-Unis : polémique sur les données recueillies par les applications de suivi de grossesse

    Le Washington Post a publié le 10 avril 2019 une longue enquête sur les solutions de suivi de grossesse proposées aux femmes par leurs employeurs, alors que ce marché connaît une croissance exponentielle. L’article a déclenché une polémique sur la sécurité des données que ces applications, et notamment Ovia Health, leader du marché, recueillent sur leurs utilisatrices.

    Certains employeurs, comme le géant des jeux vidéo Activision Blizzard, défendent ce choix vis-à-vis de leurs collaboratrices : « Je veux qu’elles aient un bébé en bonne santé parce que c’est bon pour nos affaires », affirme le vice-président chargé des ressources humaines, Milt Ezzard, interrogé par le quotidien américain, estimant que l’application lui permet d’économiser 1 200 dollars (environ 1 060 euros) par an et par employée. Ces économies sont réalisées notamment sur les primes de santé versées par les employeurs américains aux assureurs en cas de grossesse à complication.

    « Avant Ovia, précise l’enquête, les employées enceintes de la société étaient conseillées par téléphone par les infirmières des compagnies d’assurances ». Une fois le suivi de grossesse transféré à l’application, « près de 20 femmes diagnostiquées stériles sont tombées enceintes ».

    Ovia Health reconnaît transmettre certaines données aux employeurs

    Ovia Health revendique dans ses conditions d’utilisation un droit « irrévocable » à exploiter et communiquer les données personnelles des femmes suivies, dès lors qu’elles sont anonymisées. Elle reconnaît également transmettre certaines données à leurs employeurs.

    Ovia assure que les données transmises sont anonymisées mais des experts indiquent que les employées enceintes peuvent être identifiées

    Devant la polémique soulevée par ce dernier point, Ovia s’est défendue sur son site et sur Twitter, soulignant que sa conformité à l’exigeante norme HIPAA, qui régit la sécurité des données de santé, est reconnue par le Washington Post.

    La société déclare n’avoir jamais vendu ou partagé de données intimes, notamment celles relatives à des symptômes ou à la libido des utilisatrices.

    Elle rappelle que le partage n’est réalisé qu’a partir d’un certain nombre d’employées inscrites sur la plateforme et que les données transmises sont agrégées et anonymisées.

    Selon certains experts cependant, il serait possible d’identifier les employées enceintes par recoupement avec d’autres informations déjà en possession de l’entreprise.