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  • AMI : projets de mutualisation des données pour l’IA par les acteurs des secteurs public et privé

    Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État auprès du Premier ministre chargé du Numérique, appelle ce 18 septembre 2018 les entreprises à partager et à valoriser leurs données. Dans le cadre du déploiement de la stratégie française en matière d’intelligence artificielle (IA), l’État souhaite soutenir des initiatives sectorielles ou intersectorielles de mutualisation de données pour le développement de solutions d’IA.

    Dans ce contexte, la collecte et l’annotation de larges corpus de données constituent un enjeu fondamental, alors que de tels jeux de données sont rares pour les acteurs français.

    Grâce à cet appel à manifestation d’intérêt (AMI), les pouvoirs publics visent à recueillir l’intérêt et l’avis des acteurs privés et publics sur les initiatives de mutualisation de données qui seraient les plus pertinentes ainsi que les modalités les plus adaptées à leur soutien.

    L’AMI est ouvert ce jour jusqu’au 16 novembre 2018.

    Les modalités pratiques

    Les acteurs du secteur public comme du secteur privé sont invités à :

    • donner leur avis sur les modalités de cofinancements privé-public les plus adaptées qui pourraient être mises en œuvre ;
    • formuler des propositions de modèles économiques permettant aux initiatives soutenues de générer une activité viable et pérenne, sans nouveaux financements publics, à un horizon moyen de 3 ans.

    Les réponses recueillies serviront de base afin de définir de manière plus précise les caractéristiques des initiatives ciblées par le futur appel à projets : assiette financière, nombre de partenaires, type de partenaires, type de structures porteuses, activités de ces structures, etc.

    Modalités pratiques

    Toute réponse à l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) doit être adressée exclusivement sous forme électronique avant le 16 novembre 2018 à 18h00 (date et l’heure de réception faisant foi) à l’adresse suivante : ami-mutualisation.dge@finances.gouv.fr.

    Un modèle de réponse est fourni et est disponible ci-contre.

    Le document reprenant la description complète de l’AMI est également accessible ci-contre.

    Un appel à projets en 2019 au service de la donnée compétitive

    « Dans le cadre de la stratégie nationale sur l’intelligence artificielle, nous soutiendrons les initiatives privées d’ouverture et d’échange de données pour que naisse en France, dans tous les secteurs, une économie ouverte de la data compétitive », a déclaré Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargé du Numérique.

    L’analyse des résultats de l’AMI et la position des acteurs consultés dans ce cadre doivent fournir des éléments susceptibles de façonner un appel à projets qui doit être lancé début 2019.

  • IA : le chinois Ping An Good Doctor présente les « One-minute Clinics » et des écouteurs intelligents

    Ping An Good Doctor, la principale plateforme de santé en Chine, a présenté le 17 septembre 2018 ses dispositifs médicaux et sa technologie d’intelligence artificielle (IA) lors de la Conférence mondiale sur l’intelligence artificielle (WAIC) 2018.

    Parmi les innovations mises en avant figurent :
    • un bracelet connecté permettant de calculer le pouls du patients et d’envoyer automatiquement les résultats au médecin concerné connecté à distance ;
    • les « One-minute Clinics » : des cabinets virtuels permettant d’obtenir une consultation à distance pour les maladies courantes ;
    • un système médical assisté par IA : des consultations en ligne basées sur l’analyse sémantique et des big data ;
    • des écouteurs intelligents qui adaptent le niveau sonore en fonction des capacités auditives de l’utilisateur.

    Dans la zone « AI + Health » de la WAIC, Ping An Good Doctor a présenté :

    Un bracelet intelligent pour mesurer le pouls

    Les utilisateurs doivent placer une main dans le bracelet intelligent et le test est activé. Les données recueillies (résultats et statistiques) sont ensuite envoyées automatiquement sur le smartphone du patient et au médecin en ligne via la plateforme Good Doctor afin de faciliter la consultation par les médecins issus de la médecine traditionnelle chinoise.

    Cette technologie est en effet présentée comme l’un des éléments centraux du « Modern Physician Hua Tuo Plan » (Hua Tuo était un célèbre médecin chinois de l’époque de la dynastie Han) de l’entreprise, un plan lancé en 2017 qui vise à adapter à la médecine traditionnelle chinoise les technologies de l’intelligence artificielle (IA), dont le développement est actuellement centré sur la médecine occidentale.

    L’objectif de cette démarche est de recueillir la cause et « l’histoire » de la maladie sur la base des quatre méthodes de diagnostic appliquée en médecine traditionnelle chinoise, soit « l’observation, l’écoute de la respiration, poser des questions sur les symptômes et la prise de pouls ».

    Des cabinets virtuels « One-minute Clinics »

    Les « One-minute Clinics » sont connectés à la plateforme de Ping An Good Doctor (analyse de la capacité de consultation médicale) et à l’équipe de professionnels de santé reliés à la plateforme ainsi qu’aux big data recueillies via une technologie d’IA.

    Les patients doivent se présenter dans le cabinet virtuel d’environ 1 m² pour obtenir une consultation médicale rapide, des directives pour guérir plus rapidement et des recommandations de médicaments grâce à la description de leurs symptômes via des messages vocaux et des graphiques. Après la consultation, les patients pourraient également avoir la possibilité d’acheter le ou les médicaments dont ils ont besoin dans des armoires à pharmacies intelligentes situées à proximité du cabinet virtuel.

    Ce procédé vise à réduire le temps de consultation pour les maladies courantes.

    Un système médical assisté par IA

    En utilisant l’intelligent speech (système de langage homme-ordinateur), l’analyse sémantique et l’analyse des big data, le système médical assisté par IA de Ping An Good Doctor a comptabilisé plus de 300 millions de consultations médicales en ligne jusqu’à présent. Il sera appliqué à la téléconsultation afin d’augmenter l’efficacité des consultations des médecins de plus de 5 fois, avance l’entreprise chinoise, améliorant ainsi l’efficacité et la précision de la consultation en ligne.

    À la fin du mois de juin 2018, Ping An Good Doctor avait demandé 26 brevets au total pour sa recherche et son développement en intelligence artificielle.

    Des écouteurs intelligents pour mieux protéger l’audition

    Le Smart Earphone est un outil de protection auditive intelligent développé par l’entreprise chinoise et des institutions centrées sur le domaine de l’audition.

    L’utilisateur doit connecter les écouteurs du dispositif à son smartphone puis réaliser un test auditif. Les résultats sont enregistrés et analysés par un algorithme afin d’obtenir une courbe détaillant les capacités auditives de la personne.

    Le niveau sonore est ensuite ajusté en fonction des résultats, en assurant une protection auditive adéquate pour l’utilisateur.

  • Étude : un coeur en 3D identifie précisément les tissus cardiaques responsables d’arythmies (Nature)

    Des chercheurs américains de l’université Johns Hopkins ont réussi à reproduire en 3D les simulations virtuelles d’un cœur. Cette prouesse permet de repérer les tissus cardiaques qui provoquent des arythmies et qui, par conséquent, doivent être détruits. Cette preuve de concept* a été publiée le 3 septembre 2018 dans la revue Nature Biomedical Engineering.

    Contexte

    Un cœur qui bat trop vite ou de manière désordonnée peut être traitée par des médicaments. Il en existe de nombreux pour soigner notamment la tachycardie mais ils présentent des effets secondaires et ils ne sont pas efficaces à 100 %.

    Quand l’arythmie persiste, une intervention – appelée « ablation » – s’impose. Elle consiste à détruire les tissus cardiaques endommagés qui court-circuitent le système électrique du cœur. L’ablation est un succès dans 50 à 88 % des cas. Ces écarts s’expliquent notamment par le fait que l’identification de ces tissus est délicate.  

    La 3D au « cœur » des battements irréguliers

    Dans le but de localiser plus précisément les arythmies, des chercheurs de l’université Johns Hopkins, aux États-Unis, ont mis au point des modèles de calcul personnalisés en 3D du cœur des patients à partir d’images IRM cliniques améliorées par contraste.

    Chaque cellule de tissu cardiaque du modèle génère des signaux électriques à l’aide d’équations mathématiques représentant le comportement des cellules cardiaques lorsqu’elles sont en bonne santé ou lorsqu’elles sont proches de la cicatrice. En piquant le cœur virtuel du patient avec de petits signaux électriques à différents endroits, le programme informatique détermine ensuite si le cœur développe une arythmie et l’emplacement des tissus qui le propagent.

    À l’aide du modèle, l’équipe de chercheurs a ensuite simulé une ablation dans cette région du cœur et a exécuté le programme informatique encore et encore pour trouver plusieurs emplacements où les médecins devraient enlever du tissu sur le patient réel.

    Des coeurs virtuels à partir d’IRM

    Pour évaluer leur méthode, les auteurs de l’étude ont utilisé des images IRM afin de créer des modèles cardiaques personnalisés pour 21 personnes ayant déjà subi avec succès des procédures d’ablation cardiaque pour une tachycardie ventriculaire liée à un infarctus à l’Hôpital Johns Hopkins entre 2006 et 2017.

    Cette modélisation en 3D a correctement identifié et prédit les endroits où les médecins ont retiré du tissu cardiaque. Chez cinq patients, la quantité de tissu enlevé identifiée par le modèle 3D était globalement inférieure – dans certains cas, plus de 10 fois inférieure – à la zone supprimée lors des interventions réelles. Chez deux autres patients, l’approche via le cœur virtuel a prédit que les tachycardies ne nécessitaient pas une intervention, ce qui a été confirmé lors de la procédure clinique.

    Un mélange d’ingénierie et de médecine

    Les chercheurs américains ont donc apporté la preuve de concept que des simulations personnalisées sur un cœur en 3D permettaient de diriger un cathéter d’ablation directement vers des tissus défectueux. « C’est un mélange passionnant d’ingénierie et de médecine », a déclaré Natalia Trayanova, principal auteur de l’étude.

    « L’un des principaux défis de l’ablation par cathéter réside dans le fait que nous effectuons des procédures sur des patients très malades atteints d’une maladie cardiaque avancée et qui ont plusieurs zones cardiaques susceptibles de souffrir d’arythmies, a déclaré Jonathan Chrispin, de la faculté de médecine de l’université Johns Hopkins, qui dirigera les essais cliniques de cette technologie. Nous sommes ravis de commencer à tester cette approche dans un essai clinique prospectif. Nous espérons qu’il pourra nous aider à atteindre notre objectif primordial, à savoir améliorer la qualité de vie des patients souffrant de tachycardie ventriculaire résistante au traitement. »

    La FDA a récemment approuvé la conduite de cette étude clinique.

    Le cœur virtuel au service de la prévention des arythmies

    En 2016, la même équipe de chercheurs avait mis au point un cœur en 3D qui permettait de prévenir les futures arythmies. Ce cœur virtuel modélisé sur ordinateur à partir d’une IRM du cœur du patient analysait les battements dans les semaines voire les mois suivant en infarctus. Ainsi, les chercheurs pouvaient mesurer l’impact des impulsions électriques sur un tissu déjà endommagé.

     

  • Le logiciel Diva facilite l’analyse d’images médicales ou de recherche grâce à la réalité virtuelle

    À l’occasion de l’inauguration des nouveaux bâtiments « Omics » de l’Institut Pasteur le 13 septembre 2018,  Mohamed El Beheiry et Maxime Dahan – chercheurs pour l’Institut Pasteur et l’Institut Curie – ont présenté leur projet « Diva », une plateforme logicielle capable de projeter en réalité virtuelle (VR) des données issues d’images complexes, en 2D.

    En effet, ces physiciens et ingénieurs des laboratoires de décision et processus bayésiens de l’Institut Pasteur ou d’imagerie et de contrôle optique de l’organisation cellulaire de l’Institut Curie développent depuis 2017, avec le soutien de l’Université Paris-Sciences-et-Lettres, cette solution qui s’appuie sur la réalité virtuelle pour proposer une visualisation facilitée de clichés d’imagerie médicale et d’images de microscopie complexes : un tel logiciel couplé à un casque de réalité virtuelle permet à l’utilisateur d’observer en 3D, avec une vision stéréoscopique (en conservant une impression de relief) l’objet « photographié » par une technologie d’IRM, de radiologie ou de microscopie, et d’interagir avec lui comme s’il était sous ses yeux.
    De plus, le logiciel permet de sélectionner certaines informations afin de simplifier encore la modélisation réalisée en virtuelle.

    Aussi, en facilitant l’analyse d’images difficiles à observer, un tel outil peut trouver des applications dans le domaine de la recherche, appliquée ou fondamentale, comme dans le domaine médical, notamment pour faciliter le diagnostic, ou en pré-opératoire pour informer au mieux le chirurgien de la configuration spatiale de la maladie. Par exemple, Diva est en 2018 testée par des chirurgiens de l’Institut Curie dans l’objectif d’optimiser le traitement chirurgical du cancer du sein.

    Applications médicales et chirurgicales

    Diva consiste en une plateforme logicielle exploratoire et de traitement d’images permettant :

    • une projection 3D stéréoscopique et immersive d’images en 2D que l’utilisateur peut observer sous différents angles et dans laquelle il peut circuler au moyen d’un casque de réalité virtuelle ;
    • une sélection d’informations afin de faciliter la lecture d’une image : supprimer certains détails de l’image peut permettre au contraire de favoriser l’observation d’autres informations du cliché.

    Aussi, en rendant plus intuitive l’interaction d’un praticien tel qu’un radiologue, un chirurgien ou un anatomo-pathologiste avec des images biomédicales, cette solution peut :

    • favoriser l’interprétation fine des images – extraction d’informations telles que l’environnement d’une tumeur, la forme, la densité ou l’irrigation d’un tissu, etc. -, en particulier par les radiologues ou les anatomopathologistes, et ainsi le diagnostic fin ou l’estimation de l’efficacité d’un traitement ;
    • faciliter la communication entre les radiologues d’une part et les chirurgiens d’autre part : cet outil permet par exemple au chirurgien de visualiser précisément et rapidement la localisation d’une tumeur dont l’ablation est envisagée ou programmée.

    Dans cette dernière application, l’instrument Diva est testée par des chirurgiens spécialisés dans le cancer du sein de l’Institut Curie : des premiers essais ont permis aux développeurs d’adapter les modélisations permises par le logiciel aux besoins particuliers de ces chirurgiens, qui ont réalisé des essais rétrospectif (répondant à la problématique : « Aurais-je été mieux préparé à l’opération d’une patiente donné si j’avais eu préalablement accès à Diva ? »), et prévoient de réaliser des études semi-prospectives et prospectives.

    Pour ainsi optimiser et sécuriser le traitement chirurgical du cancer du sein, les développeurs espèrent que le logiciel soit autorisée d’ici février-mars 2019 à être mis à la disposition de chirurgiens issus de 5 à 10 services français. De plus, dans un futur plus lointain, cette plateforme logicielle pourrait éventuellement permettre d’automatiser l’ablation chirurgicale de tumeurs au moyen de robots chirurgicaux connectés à Diva.

    Un logiciel destiné aux chercheurs

    La plateforme permet par exemple de réaliser la cartographie sélective (simplifiée par la sélection uniquement des éléments intéressants pour le chercheur) de l’environnement des cellules neuronales, la détection d’épines neurales, la mesure de flux et la caractérisation d’échanges intercellulaires ainsi que la reconstitution de petits organes ou tissus à partir de coupes séparées de ces organes ou tissus : elle vise à simplifier la représentation de phénomènes visiblement complexes, que les chercheurs peuvent difficilement appréhender par des images « brutes ».

    Ainsi, Diva peut permettre, en recherche fondamentale comme appliquée, de préciser la relation entre la structure d’une entité anatomique ou cellulaire et son activité notamment biologique.

    Facilité d’utilisation et accessibilité

    La solution Diva peut être utilisée par des établissements hospitaliers ou de recherche disposant de peu de moyens car, tout d’abord, le coût des casques de réalité virtuelle a fortement diminué depuis 2015 et, deuxièmement, la plateforme est conçue pour fonctionner sur des ordinateurs de gamme basse à moyenne mais aussi pour éviter d’avoir à sortir les données à analyser de leur hôpital ou de leur équipe de recherche d’origine.

    En outre, les développeurs précisent que la partie microscopie du logiciel sera accessible en open source (en libre accès).

  • Apple Watch Series 4 certifiée dispositif médical par la FDA

    L’Apple Watch Series 4 a été dévoilée le 12 septembre 2018 en concomitance avec les iPhone XS, XS Max, et XR. Jeff Williams, directeur des opérations d’Apple, a présenté cette nouvelle montre intelligente de la marque à l’occasion de son discours de la rentrée.

    La nouvelle montre connectée d’Apple est équipée de nouveaux capteurs permettant :
    • d’établir un électrocardiogramme (ECG) à tout moment – à condition de l’avoir au poignet ;
    • d’afficher son rythme cardiaque en arrière-plan grâce à un algorithme capable de détecter la fibrillation auriculaire ;
    • de lancer une alerte en cas de chute détectée.

    Les fonctionnalités « médicales » seront intégrées dans la montre d’ici la fin de l’année 2018 pour le marché américain. Elle ne seront disponibles sur d’autres marchés que par la suite en fonction de la réglementation en vigueur sur la marché donné.

    Une molette transforme la montre en électrocardiographe

    Un électrocardiogramme peut être effectué par l’Apple Watch en activant la molette de la montre. Conçus par Johnny Ives, le capteur et les électrodes installés au dos de la montre forment un circuit fermé au moment où le doigt est apposé sur la montre et délivrent un ECG au bout de 30 secondes.

    L’accéléromètre et le gyroscope dont elle est équipée la rendent par ailleurs capable de détecter les chutes. Pour cela, c’est la vitesse du poignet qui est calculée ainsi que l’accélération de l’impact. Ces deux paramètres combinés détectent les chutes et la montre émet une alerte.

    Données disponibles dans l’application ou le dossier médical

    Toutes les données numériques liées à l’activité du cœur sont envoyées vers l’application Santé disponible sur l’iPhone (Apple’s Health app) pour une éventuelle réutilisation dans le cadre d’un rendez-vous médical.

    Pour les utilisateurs du dossier médical d’Apple (Apple Health Records), cela représente la possibilité de transmettre les informations directement à leur médecin.

    L’Apple Watch Series 4 sera disponible en France à partir du 21 septembre 2018 contre 429 euros (version GPS).

  • Journée d’étude sur l’analyse de réseaux appliquée aux données de santé (le 28/11/2018, à Paris)

    L’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes) organisera, en partenariat avec l’École des hautes études en santé publique (EHESP) et l’axe « territoires et santé » de la Fédération de recherche du Collège international des sciences territoriales (Cist), une journée d’étude internationale sur l’analyse de réseaux appliquée aux données de santé (ARAQNEE), qui se tiendra le 28 novembre 2018 à Paris.

    L’analyse de réseaux consiste en un ensemble de méthodes et de concepts visant à étudier des phénomènes relationnels qui peut être appliquée au champ de la santé. En effet, les réseaux collaboratifs entre professionnels de santé, les parcours de prise en charge des patients, la diffusion des actions de prévention ou de promotion de la santé, etc., peuvent faire l’objet d’analyses de réseaux d’autant plus vastes et variées que de grandes bases de données médico-administratives en santé telles que le Système national des données de santé (SNDS) sont mises à disposition des chercheurs.

    Destinée aux chercheurs ainsi qu’aux décideurs, aux professionnels de santé et aux usagers intéressés, cette journée d’étude visera à présenter un état des lieux de la recherche dans ce domaine, incluant des présentations de chercheurs à l’avant-garde de l’analyse de réseaux en santé.

    L’inscription, obligatoire, peut être réalisée via le lien ci-contre.

    En outre, l’organisateur précise que, la journée étant internationale, les présentations seront faites en anglais.

    Programme

    9h30-10h00 : Accueil des participants et café

    10h00-10h15 : Lancement de la session matinale

    10h15-11h00 : L’application de l’analyse de réseaux aux données de santé : l’exemple de Medicare

    11h00-11h45 : La coordination des soins en psychiatrie : une approche basée sur l’analyse de réseaux

    11h45-12h30 : L’analyse de réseau virtuel – une application pour les patients dépressifs en Allemagne 

    12h30-14h00 : Buffet et lancement de la session de l’après-midi

    14h00-14h45 : Les applications des théories des graphes à l’analyse des données de santé 

    14h45-15h30 : Les réseaux d’hôpitaux privés en Inde : analyse de leur diffusion spatiale selon la théorie de la percolation

    15h30-16h00 : Pause café

    16h00-16h45 : Analyse de réseaux des parcours de soins de migrants en Guyane française 

    16h45-17h30 : Les maisons de santé pluridisciplinaires entre coopération et compétition : analyse multi-niveaux

    17h30-17h45 : Conclusion et synthèse de la journée

  • Etude : les effets positifs de la télésurveillance de l’hypertension s’estompent à long terme (Jama)

    D’après une étude* parue dans le Jama le 7 septembre 2018, si le télésuivi de la pression artérielle par un pharmacien donne de meilleurs résultats cliniques qu’une prise en charge traditionnelle, ceci ne serait valable qu’à court terme : les bénéfices du télémonitoring de la pression artérielle s’estomperaient avec le temps.

    La télémédecine au service du contrôle de l’hypertension

    En France, le nombre de personnes hypertendues a diminué ces dernières années : il est passé de 31,4% des personnes âgées de plus de 35 ans en 2012 à 27,9% des personnes âgées de plus de 35 ans en 2018. Cependant, seule la moitié de ces 10 millions de patients contrôlerait son HTA. Aux Etats-Unis, où le coût de l’hypertension dépasserait les 50 milliards de dollars par an, le constat est le même : dans les pays développés, l’hypertension artérielle demeure un problème de santé publique.

    Or, plusieurs études ont déjà montré que la télémédecine permet d’améliorer, au moins à court terme, le contrôle de la pression artérielle quand des pharmaciens ou des infirmières assurent un accompagnement.

    Afin de mieux comprendre l’intérêt et les effets cette fois à long terme d’un télésuivi à domicile, des chercheurs américains de l’Institute for Education and Research de Minneapolis et du Health Research Institute du Kaiser Permanente de Seattle ont mené une étude consistant à assurer le suivi d’un essai randomisé de 326 patients souffrant d’hypertension artérielle (HTA) non contrôlée.

    Un moniteur de pression artérielle et un coaching par téléphone

    Concrètement, les patients appartenant au groupe d’intervention se sont vus remettre un moniteur de pression artérielle transmettant leurs données via un site web sécurisé, puis invités à mesurer leur pression à domicile au moins six fois par semaine. De plus, pendant les six premiers mois de l’étude, ils ont reçu un appel téléphonique d’un pharmacien toutes les deux semaines, ou jusqu’à ce que le contrôle de leur pression artérielle se maintienne pendant six semaines. Dans les six mois suivants, ils ont reçu un appel téléphonique tous les deux mois avant que la prise en charge redevienne « classique », au bout d’un an.

    Les auteurs de cette étude dont les résultats ont été publiés dans le Jama Network Open le 7 septembre 2018 ont suivi leurs patients pendant 54 mois, soit 4 ans et demi.

    Résultats

    • Au bout de 12 mois, les patients télémonitorés présentaient une pression systolique nettement plus faible que ceux du groupe contrôle (-9,7 mmHg).
    • Au bout de 18 mois, le télémonitoring maintenait son avance (-6,6 mmHg) par rapport à la prise en charge classique.
    • La pression systolique était également plus basse dans le groupe télémonitoring (-5,1 mmHg au bout d’un an).
    • 72% des patients ont participé au suivi sur 54 mois.
    • Au 54ème mois de suivi, la différence entre les deux groupes était beaucoup plus faible : -2,6 mmHg pour la pression systolique et seulement -1.0 mmHg pour la pression diastolique.
    • Les auteurs de l’étude précisent que les effets positifs du télémonitoring à distance se sont maintenus jusqu’au 24ème mois (soit un an après la fin de l’intervention).

    Pourquoi les effets du télémonitoring ne durent pas

    Des réductions d’une telle ampleur et de cette durée ont le potentiel d’entraîner des effets cliniquement importants sur les événements cardiovasculaires, estiment les auteurs de l’étude. En revanche, «le suivi prolongé de cet essai testant les effets du télémonitoring à domicile avec un pharmacien ne montre aucune différence significative de contrôle de la pression artérielle à 54 mois.», ont précisé les chercheurs.

    Comment maintenir la bonne pression

    Le maintien à long terme du contrôle de la pression artérielle exige probablement une surveillance continue et la reprise de l’intervention si la pression artérielle augmente. Les chercheurs estiment donc que des travaux supplémentaires sont nécessaires pour déterminer le contenu, l’intensité et la durée du renforcement nécessaire au maintien des avantages de l’intervention sur une période plus longue. Pour eux, le dossier médical électronique est clairement « un outil prometteur pour mesurer les effets de l’intervention et détecter la détérioration du contrôle de la pression artérielle après un contrôle initial réussi ».

     

  • Sénégal : Aphia services lance une appli mobile pour assurer un suivi national des données de santé

    Aphia services, filiale du cabinet de conseil en management sénégalais Performances Group, a lancé le 10 septembre 2018 à Dakar l’application mobile Aphia, qui permet aux patients d’accéder en ligne à leur dossier médical.

    Le dispositif vise à améliorer la prévention, à optimiser le parcours de soins, à sécuriser la couverture médicale et à fiabiliser le suivi individuel de chaque citoyen afin d’assurer un monitoring au niveau national grâce au recueil de données de santé précises.

    Aphia, une appli au service des professionnels de santé et des patients

    Aphia a déjà mis en place il y a quatre ans une version web et mobile destinées aux praticiens dans les centres de santé, avec trois pilotes déployés.

    La première version d’Aphia, disponible gratuitement sur Apple Store et Google Play, met à la disposition des patients un annuaire complet et géolocalisé des différentes organisations et professionnel de santé du Sénégal :

    • médecins généralistes ;
    • spécialistes ;
    • pharmacies ;
    • laboratoires.

    L’application donne également accès à un réseau de prise en charge médicale : assurances santé, mutuelles, Ipres (l’Institution de prévoyance retraite du Sénégal).

    « Les prochaines versions de l’application mobile Aphia mettront rapidement l’accent sur des services avancés tels que la gestion des rendez-vous médicaux, l’observation des traitements, la surveillance de la santé, la relation clients-assurance santé et bien d’autres fonctionnalités », précise le directeur général d’Aphia Services, Medoune Thiam (source : Reussirbusiness.com). « La digitalisation du secteur de la santé est indispensable pour simplifier la vie des citoyens et améliorer le système sanitaire. »

  • Une soirée centrée sur la réelle valeur du big data en santé organisée le 27/09/2018 à Bruxelles

    Politico, média politique basé à Washington, organisera le 27 septembre 2018 à Bruxelles avec le soutien du groupe Bayer une soirée consacrée aux données de santé pour tenter de répondre à la question suivante : peuvent-elle réellement contribuer à améliorer la santé ou est-ce une fausse croyance véhiculée par les médias ?

    En effet, si les datas semblent pouvoir améliorer la qualité de vie et la santé des Européens, exploiter les milliards de térabits de données générées par ce continent, adapter tous les systèmes de santé à l’importance nouvelle de ces données, etc., semble difficile. 

    Les apports attendus des big data à la santé pourront-ils advenir ou ne sont-ils qu’une chimère médiatisée ? Comment utiliser les données à des fins de recherche, de prévention, de développement de produits de santé innovants ? Comment gérer la circulation des données de santé entre les frontières ? Quels sont les nouvelles étapes de la digitalisation de la santé permises par le big data ?
    Des débats, interviews et allocutions centrés sur ces problématiques permettront d’examiner au cours de cette soirée la valeur réelle de l’analyse des big data en santé.

    L’inscription est réalisable en ligne via le lien ci-contre.

    Programme

    • 17h00-17h40 : Accueil des participants et introduction, par Joachim Luithle, directeur du développement clinique, Bayer
    • 17h40-18h00 : Interview de Clemens Martin Auer, directeur de cabinet au ministère de la Santé autrichien
    • 18h00-18h50 : Débat, par Nicola Bedlington, decrétaire général de l’European Patients’ Forum (EPF) ; Alison Cave, conseillère scientifique principale à l’Agence européenne du médicament (EMA) ; Mark Lawler, directeur de la chaire de génomique du centre de recherche contre le cancer et de biologie cellulaire à la Queen’s University de Belfast, Martin Seychell, député et directeur général de la santé et de la sécurité alimentaire à la Commission européenne.
    • 18h50 : Clôture de l’événement et réception Networking
  • Asie-Pacifique : le marché des DME/DSE devrait atteindre les 3,1 milliards d’euros d’ici 2023

    Dans une analyse publiée le 21 août 2018 et intitulée Future of Electronic Medical Record and Electronic Health Record in Asia-Pacific, Forecast to 2023, Frost & Sullivan expose ses prévisions jusqu’à l’horizon 2023 sur les tendances majeures, les facteurs de croissance et les freins relatifs au développement de DME et de DSE (EMR/EHR) au sein de l’Asie-Pacifique (APAC).

    Enseignements clés de l’étude :

    • Les revenus tirés du marché des DME et des DSE en APAC devraient croître à un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 7,7 % entre 2017 et 2023 pour atteindre une valeur de 3,62 milliards de dollars US (3,1 Mds €).
    • Les solutions DME utilisant des technologies de pointe telles que l’intelligence artificielle, l’apprentissage automatique (machine learning) et la blockchain seront très demandées dans les pays développés de la région, comme l’Australie, la Chine, le Japon et Singapour.

    Parmi les principales opportunités de croissance examinées dans ce rapport figure le déploiement de nouveaux business modèles : les fournisseurs de DME/DSE peuvent acquérir un avantage concurrentiel en abandonnant le modèle traditionnel de licence pour adopter des modèles basés sur le cloud, sur un abonnement ou sur une conception modulaire mais aussi des modèles de paiement à l’utilisation (pay-per-use models).

    Contexte

    • Les gouvernements et les prestataires de soins en Asie-Pacifique (APAC) se concentrent sur la réduction des dépenses médicales tout en cherchant à améliorer la santé et le bien-être de la population.
    • Il existe un manque de professionnels de santé dans plusieurs spécialités au sein de divers pays de la région APAC. De plus, les cliniciens sont globalement concentrés dans les zones urbaines, « ce qui entraîne des ratios clinicien-patient disproportionnés dans de nombreuses régions », relèvent les auteurs de l’étude.
    • Pour relever ces défis, les pays d’Asie-Pacifique ont investi dans la numérisation des soins de santé afin d’accroître l’efficacité de leurs systèmes de santé, de réduire les dépenses et d’éliminer les processus redondants. En conséquence, l’adoption de technologies de l’information suscite une nouvelle vague de développement dans les hôpitaux publics et privés de la région. « Les mises à niveau informatiques les plus notables [concernent le déploiement des] technologies de dossiers médicaux électroniques (DME ou EMR en anglais) et de dossiers de santé électroniques (DSE ou EHR en anglais) », souligne le rapport.

    Principales opportunités de croissance du marché

    Parmi les principales opportunités de croissance examinées dans cette analyse figurent :

    • le déploiement de nouveaux modèles commerciaux : les fournisseurs de DME/DSE peuvent acquérir un avantage concurrentiel en abandonnant le modèle de licence pour adopter des modèles basés sur le cloud, sur un abonnement ou sur une conception modulaire mais aussi des modèles de paiement à l’utilisation (pay-per-use models) ;
    • le développement de solutions de DME (EMR) propres à chaque région : les fournisseurs de DME/DSE peuvent rencontrer le succès en offrant des solutions de DME évolutives et abordables pour les régions en développement et des solutions de DME sophistiquées pour les régions développées ;
    • la compatibilité avec les outils PHM : les prestataires de soins ont besoin de solutions de DME robustes capables de tirer des données issues de différentes sources, de les traiter et de les préparer pour que les outils de gestion des produits analysent et fournissent des informations fiables ;
    • l’interopérabilité : les fournisseurs qui conçoivent des solutions de DME hautement interopérables peuvent aider les fournisseurs de soins à réduire les coûts d’intégration, augmentant ainsi la demande pour leurs solutions.

    Vers « des fournisseurs de systèmes complètement intégrés »

    « Les fournisseurs de solutions de DME, qui n’étaient [jusqu’à présent] que des fournisseurs de solutions de DME, évoluent pour devenir des fournisseurs de systèmes complètement intégrés. Leurs solutions DME robustes rassemblent des données provenant de multiples sources, telles que des plates-formes de télé-santé, des solutions non cliniques, de la génomique et de l’informatique pharmaceutique, normalisent les données sous différents formats et les rendent disponibles pour d’autres applications telles que les outils analytiques », observe Shalani Andria, analyste « Transformational Health Industry » à Frost & Sullivan (source : Enterpriseinnovation.net ).

    « [Ces solutions] offrent plus de fonctionnalités aux pays développés qui ne se contentent plus de documenter les dossiers médicaux sous forme électronique mais de tirer parti des données pour développer des services de santé rentables et de qualité », explique-t-elle.