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  • Été 2018 : Google développe un assistant de santé appelé « Google Coach »

    Health & Tech Intelligence revient cette semaine sur l’actualité de l’été 2018.

    Android Police, site web dédié au système d’exploitation mobile Android et aux objets connectés l’utilisant, a annoncé le 15 août 2018 le développement par Google d’un assistant santé et bien-être surnommé « Google Coach ».

    Après le lancement de plusieurs dispositifs d’intelligence artificielle, tels que des écouteurs intelligents, des caméras autonomes et des enceintes connectées, le « projet Wooden » de développement de Google Coach devrait aboutir à un dispositif de suivi (tracker) d’exercice physique incitant l’utilisateur à rester actif et capable dans le même temps de constituer un accompagnement pour l’inciter à adopter une nutrition équilibrée et adaptée : l’outil devrait proposer un suivi des habitudes alimentaires de la personne, des conseils de nutrition et, hebdomadairement, des idées de menus adaptés à son profil et à son environnement (magasins, restaurants, etc., recensés à proximité de l’utilisateur).

    Ces conseils, rappels et encouragements pourraient prendre la forme de notifications innovantes, intégrant en une seule alerte différentes informations.
    Par ailleurs, la délivrance proactive de conseils implique un recueil en amont de données personnelles par Coach, qui pourrait être synchronisé avec des applications de type calendrier, etc.

    Google Coach sera certainement conçu pour fonctionner via le système d’exploitation Wear OS. Cependant, certaines fonctionnalités devraient être accessibles sur smartphones (Android) : si les fonctionnalités de suivi en temps réel de l’activité physique et de l’alimentation ne seront disponibles que sur des dispositifs Wear OS, certaines notifications et données pourront être visualisables sur un smartphone.
    Dans le futur, Coach pourrait être encore étendu à d’autres supports que des smartphones fonctionnant sous Android : le groupe aurait émis le souhait de rendre compatible l’outil à Android TV et à Google Home, entre autres.

    Le groupe n’en étant qu’aux débuts du développement de son produit, les informations qu’ils délivrent à ce sujet ne sont en réalité que des prévisions, des hypothèses : l’actuel surnom « Google Coach » pourrait lui-même être amené à changer.

  • Été 2018 : les actes du colloque « Big data en santé » disponibles dans le JDSAM

    Health & Tech Intelligence revient cette semaine sur l’actualité de l’été 2018.

    Le dernier numéro du Journal de droit de la santé et de l’assurance maladie (JDSAM) qui regroupe sous forme de dossier thématique les actes du colloque intitulé « Big Data en santé : du discours aux applications pratiques » qui s’est tenu à Paris le 20 mars 2018 a été mis en ligne le 26 juillet 2018.

    Health&Tech Intelligence avait déjà publié un article faisant état d’une compilation des présentations des intervenants en juin 2018 (voir liens ci-contre). Le colloque a permis d’aborder le big data sous trois angles : les acteurs du big data en santé, ses applications en santé et l’encadrement juridique des pratiques d’aujourd’hui et de demain.

    Les actes comprennent les interventions portant sur le recours au big data en santé, son intérêt dans la télésurveillance, les dangers liés à la collecte des données, la protection des données, leur réutilisation et une régulation possible, et une étude comparatives des cadres légaux applicables aux États-Unis et au Royaume-Uni, entre autres.

    L’événement a réuni des intervenants représentant le Conseil National de l’Ordre des Médecins (Dr Jacques Lucas), la Société Française de Télémédecine (Dr Pierre Simon), la Haute Autorité de Santé (Isabelle Adenot), l’Ethik-IA, l’AP-HP, la CNIL ou l’INDS (Dominique Polton). Des entrepreneurs ont également été représentés.

    Le dossier thématique du JDSAM est accessible via le lien ci-contre.

    Contenu du dossier thématique

    Le dossier thématique, coordonné par Lydia Morlet-Haïdara, contient les textes suivants :

    • Les big data au service de la télésurveillance médicale des patients atteints de maladies chroniques, Pierre Simon ;
    • Les dangers de la collecte des données de santé parles tiers intéressés (gafam, assureurs…), Thibault Douville ;
    • Les interactions entre les acteurs sur un domaine déterminé : réflexion pour une régulation positive à partir de la protection des données génétiques, David Gruson ;
    • Établissements de santé et start-up face à la régulation des innovations par la protection des données de santé, Nesrine Benyahia ;
    • La nouvelle réglementation sur l’accès aux données de santé et sa mise en œuvre deux ans après la loi de modernisation de notre système de santé, Mylène Girard & Dominique Polton ;
    • Compatibilité des cadres légaux applicables et mise en œuvre de projets big data en santé : approche comparative États-Unis et Royaume-Uni, Adèle Lutun.

  • Été 2018 : l’institut indien de technologie Mandi travaille sur l’IA avec une société health tech US

    Health & Tech Intelligence revient cette semaine sur l’actualité du mois d’août 2018. Aujourd’hui, retrouvez les informations du secteur de la e-santé sur le marché d’Asie-Pacifique.

    L’Institut indien de technologie Mandi (IIT Mandi), université autonome d’ingénierie et de technologie, a signé un partenariat avec RxDataScience, une société américaine leader dans le développement de logiciels d’analyse de big data, dans l’optique de créer un portail de documentation sur l’intelligence artificielle (IA) et la recherche via l’apprentissage automatique (machine learning) dans le secteur pharmaceutique, a rapporté le 9 août 2018 le quotidien indien The Tribune.

    Selon des sources officielles, une équipe de l’IIT Mandi envisagerait également de travailler avec l’entreprise américaine pour appliquer des méthodes d’apprentissage en profondeur (deep learning) et utiliser des algorithmes permettant de découvrir des modèles types dans les parcours des patients et identifier les liens sociaux existant entre les médecins.

    Ce projet fait partie d’une collaboration sur le long terme établie entre les deux partenaires sur l’apprentissage automatique dans le domaine de l’analyse des données de santé concernant les patients et les médecins ainsi que sur le développement de nouvelles solutions de visualisation des données web (data visualization).

    Data science : l’Inde s’inspire des États-Unis

    « Les patients et nos clients bio-pharmaceutiques bénéficient d’informations générées par des approches novatrices des sciences cognitives et décisionnelles appliquées à la recherche de patients, au parcours du patient et à d’autres cas d’utilisation complexes », a commenté Larry Pickett, directeur général de RxDataScience. « Nous sommes ravis de poursuivre notre partenariat à long terme avec le Dr Varun Dutt[, professeur adjoint à la faculté d’informatique et de génie électrique au sein de l’IIT Mandi] et les étudiants en doctorat et de premier cycle de l’IIT Mandi » (source : The Tribune).

    « La science des données en Inde [en] est [au tout début de son stade de développement] mais aux États-Unis la plupart des sociétés de soins et pharmaceutiques sont passées au stade de la consultation où les médecins et les praticiens médicaux débattent en ligne », a déclaré Varun Dutt.

    L’Inde augmente de 11 % ses dépenses dans le secteur de la santé

    Il a précisé que l’Inde était en train de connaître un boom dans le domaine des soins, le gouvernement ayant augmenté ses dépenses dans le secteur de 11 %, avec une allocation budgétaire brute de 12 000 million roupies (150,8 M €) pour l’ouverture de nouveaux hôpitaux.

  • Été 2018 : un indicateur de taux de chirurgie ambulatoire ajouté à l’outil Hospi Diag

    Health & Tech Intelligence revient cette semaine sur l’actualité de l’été 2018. Aujourd’hui, retrouvez les informations en santé dans le domaine « technologies, solutions et outils numériques ».

    L’Agence nationale d’appui à la performance (Anap) a annoncé le 24 juillet l’ajout d’un indicateur (P12_bis) de taux de chirurgie ambulatoire à son outil d’aide à la décision Hospi Diag.

    En calculant le taux de chirurgie ambulatoire des centres de soins selon une méthode harmonisée avec les autres outils nationaux (Scansanté, etc.), cet indicateur permet de mesurer « le dynamisme de l’évolution des pratiques professionnelles chirurgicales vers l’ambulatoire (hors endoscopie) au sein d’un établissement de santé », explique l’Anap sur son site web. 

    En outre, à l’occasion du lancement de ce nouveau dispositif, l’agence a intégré les hôpitaux de proximité à la base de données d’Hospi Diag.

    Qu’est-ce qu’Hospi Diag ?

    Hospi Diag est un outil d’aide à la décision permettant de mesurer la performance d’un établissement de santé qui pratique la médecine, la chirurgie ou l’obstétrique, en comparaison avec d’autres centres de soins.

    Au moyen de 69 indicateurs et d’une synthèse de données issues de 12 bases de données nationales concernant 1 350 établissements publics, privés et d’intérêt collectif (ESPIC) pratiquant la médecine, la chirurgie et l’obstétrique, il permet d’identifier les forces et les faiblesses d’un centre en prenant en compte 5 grands critères :

    • la qualité des soins délivrés dans l’établissement ;
    • les pratiques professionnelles habituelles dans l’organisme considéré ;
    • l’organisation des soins dans le centre ;
    • la gestion des ressources humaines dans l’hôpital ou la clinique en question ;
    • la gestion financière de la structure.

    À qui est destiné cet outil ?

    Cet outil s’adresse tant aux professionnels de la santé qu’aux gestionnaires d’établissements ou aux représentants d’usagers et aux tutelles (ARS, administrations centrales, HAS, IGAS, chambres régionales des comptes, etc.) désireux de mieux se connaître, se comparer et dialoguer à l’intérieur comme à l’extérieur de leur structure.

  • Été 2018 : appel à projets à destination des start-ups spécialisées dans les DM de e-santé

    Health & Tech Intelligence revient cette semaine sur l’actualité de l’été 2018. Aujourd’hui, retrouvez les informations en santé dans le domaine « acteurs » et « écosystèmes ».

    L’Agence professionnelle d’organisation de congrès MCO Congrès, qui se fixe pour mission d’accompagner les associations, les sociétés savantes et autres acteurs de l’innovation, a annoncé qu’elle organisera les 19 et 20 novembre 2018 l’événement INNOV’inMED dans le palais du Pharo, à Marseille.

    Selon MCO, l’événement a vocation à fédérer les acteurs des secteurs de la e-santé, des biotechnologies et des sciences de la vie, tels que les professionnels de la santé, les acteurs institutionnels et académiques en charge de la recherche et de la valorisation de l’innovation (universités, incubateurs, CHU, clusters, instituts de recherches, biotech, medtech, start-ups, etc.) et leurs accompagnants (structures d’aides, investisseurs, conseils financiers et juridiques).

    Au cours de ces deux journées se tiendra un challenge start-ups baptisé « INNOV’inMED Awards ». Il permettra aux start-ups et porteurs de projets de dispositifs médicaux de e-santé d’augmenter la visibilité de leur solution innovante digitale ou utilisant l’intelligence artificielle. 
    Il leur sera notamment donné la possibilité, dans le cadre de ce concours, de présenter leurs idées en présence d’un auditoire d’investisseurs internationaux et de grands groupes.

    L’inscription peut être réalisée sur le site officiel en lien ci-contre avant le 1er octobre 2018.

    Les INNOV’inMED Awards (un « Award e-health » et un prix coup de cœur du jury « Award special jury ») seront décernés par un jury réunissant des représentants :

    • d’Advent France Biotechnology (Alain Huriez, président et managing partner) ;
    • de la BNP Paribas (Mao Chan, chargé d’affaires innovation) ;
    • de Bpifrance (Joséphine Marie, chargée d’investissement) ;
    • de Go Capital (Leila Nicolas, directrice d’investissement) ;
    • de l’Institut national de la propriété industrielle – INPI (Eric Catapano, délégué régional PACA, et Jean-Paul Buisson, chargé d’affaires INPI) ;
    • de la Kedge Business School (Claude Spano, directeur de la division « innovation hybride ») ;
    • du SATT Sud-Est (Anastasia Hovanessian, directrice marketing et communication) ;
    • de SE13 Capital – 13advisory (Jean-Marc Soustre, general partner).
  • L’intelligence artificielle au centre de la 17ème plénière TIC & Santé (18/10/2018, Paris)

    La 17ème plénière TIC & Santé, centrée sur le thème de l’intelligence artificielle, se tiendra à Paris le 18 octobre 2018.

    Co-organisé par les pôles de compétitivité Medicen, Cap Digital et Systematic depuis 2009, l’événement TIC & Santé a pour objectif de promouvoir des prises en charges innovantes fondées sur l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans l’écosystème francilien.

    Pour se faire, la prochaine plénière TIC & Santé visera à favoriser les rencontres entre acteurs de l’innovation et du secteur médico-social au moyen de pitchs, de démonstrations, de face à face patients/médecins et d’une session d’émergence au cours de laquelle des professionnels de la santé, des entreprises (sauf cabinets de conseil), des laboratoires de recherche et des associations pourront présenter leurs projets R&D ainsi que leurs besoins ou compétences aux autres participants.

    L’inscription peut être réalisée via le lien ci-contre.

  • A Toronto, des chercheurs tentent d’entraîner une IA de diagnostic par de faux clichés d’imagerie

    L’université de Toronto a publié le 6 juillet 2018 un article concernant les résultats de recherches sur les logiciels de diagnostic et d’analyse de clichés d’imagerie assistés par intelligence artificielle (IA).
    Ces travaux portent en particulier sur les données servant de base aux analyses de tels logiciels : pour améliorer la rapidité et la précision du diagnostic notamment de maladies rare, pour lesquelles peu de clichés peuvent alimenter les IA, le département de génie électrique et informatique de l’université canadienne, en particulier le laboratoire d’intelligence artificielle en médecine (MIMLab) qui réunit des médecins, des scientifiques et des ingénieurs, a examiné le recours à des clichés d’imagerie artificiels produits par des procédés de machine learning (apprentissage automatique).

    L »apprentissage automatique peut en effet permettre de générer des radiographies simulées de pathologies rares afin d’augmenter les ensembles de données disponibles pour entraîner les IA à reconnaître des clichés réels révélateurs de maladies rares.

    Si l’étude a montré que ce procédé d’enrichissement des bases de données destinées aux intelligences artificielles pouvait améliorer les performances de ces dernières, il présente un autre avantage majeur : celui de s’affranchir de problèmes éthiques et pratiques liés à l’anonymisation des informations personnelles de nombreux patients.

    Problématique

    Selon l’université de Toronto, l’intelligence artificielle a le potentiel d’aider les professionnels à diagnostiquer des pathologies à partir de clichés d’imagerie, notamment des radiographies. Les chercheurs distinguent toutefois une limite au diagnostic assisté par IA : les maladies rares.

    En effet, pour qu’une intelligence artificielle puisse aider au diagnostic, celle-ci doit être reliée à une banque de milliers d’images étiquetées. Cependant, ces clichés ne sont pas assez nombreux pour les affections peu courantes.

    Pour pallier cette absence d’images pouvant servir de référence aux logiciels d’IA, les chercheurs de canadiens ont examiné une solution alternative : la production d’images synthétiques.

    Technique de production d’images synthétiques

    Pour créer ces radiographies artificielles, l’équipe de chercheurs a utilisé le deep convolutional generative adversarial network (DCGAN), algorithme capable de générer et d’améliorer continuellement les images simulées et composé de deux réseaux :

    • un premier réseau génère les images ;
    • l’autre réseau est chargé de distinguer les clichés synthétiques des radiographies réelles.

    Ces deux réseaux sont entraînés jusqu’à ce qu’un discriminateur ne puisse plus différencier les images réelles des images synthétiques.

    Puis, lorsque le nombre de radiographies artificielles créées est suffisant, celles-ci sont combinées avec des radios réelles afin de former un « réseau neuronal convolutionnel profond », qui classe les images en fonction de leur caractère normal ou pathologique.

    L’étude et ses résultats

    Le MIMLab a comparé les performances (critères de rapidité et de précision du diagnostic rendu) d’un logiciel de diagnostic assisté par une intelligence artificielle alimentée soit par l’ensemble des données réelles et artificielles, soit seulement par des clichés d’imagerie de patients réels.

    Ainsi, les chercheurs ont mis en évidence une amélioration non négligeable (jusqu’à 40 % pour certaines maladies rares) des performances de l’IA alimentée par des données réelles et artificielles par rapport à l’intelligence artificielle alimentée seulement par des données réelles, moins nombreuses.

  • Data : les établissements de santé investissent de plus en plus dans la cybersécurité (enquête)

    92 % des établissements de santé ont formalisé une politique de sécurité de leur système d’information (PSSI), révèle une enquête réalisée par le Club de la sécurité de l’information français (Clusif) publiée le 26 juin 2018, montrant que les centres de soins prenaient de plus en plus au sérieux les thématiques relatives à la cybersécurité.

    Intitulée « Menaces informatiques et pratiques de sécurité en France » (Mips), l’étude (lien ci-contre) est réalisée par le Clusif tous les deux ans auprès d’acteurs de secteurs d’activités variés. Son édition 2018 comprend une partie dédiée aux hôpitaux publics (127 établissements interrogés) et structures d’hébergement médicalisé de plus de 100 lits (24). La précédente enquête sur le secteur de la santé date de 2014 et ne prend en considération que les hôpitaux de plus de 200 lits.

    Si la tendance générale se veut plutôt positive – avec notamment un-tiers des établissements qui ont augmenté leur budget dédié à la sécurité de l’information et 75 % pratiquant un filtrage des accès internet (contre 14 % en 2014) – les auteurs de l’étude relèvent quelques nuances, dont l’utilisation restreinte d’outils cryptographiques pour mieux protéger les données des patients et une incapacité à bien évaluer les coûts liés à la sécurité informatique (problème cité par 81 % des sondés).
    Du côté de la gestion des incidents informatiques, le Clusif note un « recul global de la sinistralité » et du nombre d’incidents informatiques survenus dans le secteur de la santé.

    Principaux résultats de l’enquête 2018 dans le secteur de la santé

    Une évolution positive…

    • Le Clusif constate « une croissance spectaculaire » du nombre d’établissements ayant formalisé leur PSSI : 92 % cette année, contre 50 % en 2014 (comparaison à relativiser puisque la base des sondés diffère entre les deux années).

    « Beaucoup d’établissements ont effectué un inventaire au moins partiel de leurs risques, et ont déduit un plan de réduction de ces risques », détaillent les auteurs de l’étude.

    • La fonction de responsable sécurité des systèmes d’information (RSSI) devient ainsi « un vrai métier », exercé à temps plein dans presque 50 % des établissements (4 fois plus qu’en 2014).
    • La majorité des établissements (60 %) a déployé un programme de sensibilisation à la sécurité de l’information auprès des professionnels de santé, contre 30 % il y a quatre ans.
    • 1/3 des établissements sondés ont augmenté leur budget dédié à la sécurité de l’information.
    • Le Clusif a observé une hausse du recours aux outils de chiffrement sur les dispositifs mobiles (12 %, contre 4 % en 2014) et un développement des pare-feux sur ces outils (31 %, contre 11 % en 2014), soulignant « une très nette priorité [donnée] à la protection des outils de mobilité » au sein des établissements de santé.
    • 75 % des sondés pratiquent un filtrage des accès internet, une très forte hausse puisqu’ils n’étaient que 14 % à effectuer le processus en 2014.

    … à nuancer

    • Seules 40 % des structures ont recours à des outils cryptographiques, permettant de mieux protéger les données personnelles.

    Néanmoins, le Clusif indique que « le secteur de la santé a un taux d’appropriation de la cryptographie supérieur de 10 points à celui des entreprises ».

    • 81 % des établissements se disent être dans l’incapacité de bien évaluer les coûts liés à la sécurité informatique : seuls 1/3 d’entre eux réalisent une analyse de l’impact financier des incidents.
    • 52 % des répondants estiment que le budget relatif aux missions de sécurité du système d’information est insuffisant et 43 % qu’il y a un manque de personnel qualifié.

    Focus : gestion des incidents informatiques

    • Dans la partie centrée sur la gestion des incidents informatiques, le Clusif relève un « recul global de la sinistralité » et du nombre d’incidents informatique survenus dans le secteur de la santé. Il a en moyenne comptabilisé deux à trois fois moins d’incidents qu’en 2014, soit environ deux incidents par an et par établissement signalé.
    • Parmi ces incidents, 75 % d’entre eux sont résolus en moins de 24 heures, et 16 % entre 24 heures et trois jours.
    • Les deux principaux types d’incidents affectant les établissements de santé sont les infections par virus et les pannes d’origine interne. Les deux problèmes ont été cités par environ 40 % des répondants.

    Le Clusif juge étonnante l’importance des pannes en interne « étant donné la fiabilité des architectures virtualisées » dont disposent les structures. Selon le club, cette faille pourrait être due à une mauvaise gestion des changements de logiciels, de matériels et d’organisation.

    • 5 % des établissements ont cité des actes de chantage ou d’extorsion informatique, une menace qui s’avère donc limitée.
    • 1/3 d’entre eux ont évoqué des incidents liés à des erreurs de conception ou de mise en œuvre des logiciels ou à des erreurs d’utilisation de ces derniers.
  • Diagnostic du mélanome : l’IA Diamela pourrait aider à éviter les interventions inutiles

    La société Anapix Medical, qui développe des solutions d’imagerie de la peau et d’aide au diagnostic en dermatologie, a communiqué le 19 juillet 2018 quelques résultats d’une étude menée avec des dermatologues du Var et l’intelligence artificielle Diamela. 

    Cette intelligence artificielle, aujourd’hui intégrée dans SkinApp, l’application d’imagerie de la peau et d’aide au diagnostic destinée aux dermatologues développée par Anapix, a en effet suscité des recherches financées par l’Agence nationale de recherche (ANR) et menées par plusieurs dermatologues ainsi qu’une dizaine de professionnels varois.

    Ces travaux de recherches, qui visaient notamment à estimer la capacité de cet outil à éviter des opérations inutiles d’excision de nævus (grains de beauté) bénins, ont permis de conclure que l’utilisation de Diamela peut à l’heure actuelle permettre de diviser par 2,4 le nombre d’interventions superflues.

    SkinApp et Diamela, les dispositifs utilisés pour l’étude

    L’application SkinApp pour smartphone permet aux professionnels de la santé :

    • d’acquérir des photographies de lésions pendant la consultation ;
    • d’analyser des images de nævus à l’aide de l’intelligence artificielle Diamela, capable de distinguer les grains de beautés bénins des mélanomes en détectant des points de concordance ou au contraire de divergence entre les milliers d’images intégrées à son système et la photo extemporanément prise. Diamela peut être qualifié de « classifieur de lésions » ;
    • de communiquer en ligne avec des confrères connectés pour discuter de diagnostics problématiques.

    Le classifieur de nævus Diamela efficace sur les images atypiques, difficiles à interpréter

    Pour l’étude, la sensibilité (capacité à trouver tous les mélanomes) et la spécificité (capacité à trouver uniquement des mélanomes) de plusieurs dermatologues ont été calculées après soumission à un ensemble de photographies de lésions mélanocytaires extraites d’une collection de plus de 7 000 examens cliniques, incluant de nombreux cas de lésions bénignes non excisées. Les 88 cas de mélanome, 360 lésions excisées avec certification de non malignité par étude anatomo-pathologique ainsi que 649 lésions dites bénignes représentant au mieux la diversité d’aspect des lésions mélanocytaires ont été retenus pour constituer la base de test.

    Les performances de Diamela ont été par ailleurs calculées en présence de la même banque d’images et comparées à celles des dermatologues.

    L’analyse des résultats de l’étude montre que pour ces données, la sensibilité moyenne des dermatologues était de 81 % (valeurs extrêmes 66-92) pour une spécificité moyenne de 52 %. Dans ces mêmes conditions, la sensibilité de Diamela était de 94 %. Au niveau moyen de détection du mélanome pour les dermatologues (sensibilité de 81 %), le nombre de faux positifs (opérations inutiles) était 2,4 fois plus élevé que pour Diamela.

  • L’entreprise lyonnaise Novadiscovery introduit une étape in silico au sein d’un essai clinique

    L’entreprise lyonnaise Novadiscovery, spécialiste de la modélisation et de la simulation numériques des essais cliniques, présentera son approche in silico des investigations cliniques entre le 4 et le 7 septembre 2018 au cours de deux conférences (l’International Avicenna Alliance Conference, en Belgique, et la Virutal Physiological Human (VHP) Conference de Saragosse, en Espagne).

    Depuis octobre 2017, Novadiscovery a engagé un partenariat avec la société française experte en biotechnologie Enyo Pharma pour un calibrage fondé sur une modélisation numérique de la phase II (visant à déterminer la posologie thérapeutique optimale sur des sujets malades) des essais cliniques menés avec le candidat médicament EYP001 développé contre l’hépatite B. Dans ce cadre, entre la phase I et la phase II des essais, l’entreprise a élaboré un procédé à même de simuler les effets de l’absorption de la molécule sur 10 000 patients virtuels.

    Ce type d’approches in silico, qui tendent à s’introduire dans les recherches avant-gardistes entre l’in vitro et l’in vivo, pourrait engendrer une amélioration tant scientifique et économique qu’éthique des protocoles d’investigations cliniques.

    La démarche adoptée par Novadiscovery

    Pour conduire son essai in silico de la molécule EYP001, Novadiscovery a procédé à :

    • une étude bibliographique à propos de l’hépatite B, permettant de concevoir un modèle physiopathologique intégrant toutes les connaissances actuelles sur l’ensemble des acteurs biologiques impliqués dans cette maladie et leurs interactions ;
    • la transcription mathématique du modèle physiopathologique élaboré ;
    • la génération de patients virtuels, c’est-à-dire d’une combinaison de valeurs prises par chacun des paramètres du modèle ;
    • la simulation en tant que telle.

    Les apports attendus de l’in silico

    Ce type d’approches, qui existe depuis quelques années dans des phases plus précoces de la recherche de candidats médicaments telles que le screening virtuel de molécules, reste à l’avant-garde des essais cliniques. En effet, concevoir un modèle mathématique suffisamment puissant pour supporter une simulation sur un être humain entier demeure difficile.

    Toutefois, le développement futur d’étapes de calibrage in silico de certaines phases d’essais cliniques pourrait contribuer à améliorer les investigations menées in vivo tant d’un point de vue scientifique et économique qu’éthique.

    Apports scientifiques supposés

    Les essais in silico permettraient de conduire les investigations cliniques avec une plus grande rigueur scientifique et statistique. En effet, la simulation numérique autorise à explorer l’effet d’une variation d’administration (posologies différentes, par exemple) en proposant virtuellement plusieurs fois et selon différentes modalités la même molécule à un même patient virtuel : la comparaison de diverses modalités d’administration du candidat médicament peut ainsi être analysée, l’effet d’une unique variation isolé. Ce n’est pas le cas des essais cliniques classiques, qui proscrivent le test de plusieurs possibilités d’administration par un même patient.

    Améliorations économiques attendues

    En permettant de calibrer les différentes phases des essais cliniques, ce genre d’approches engendrerait un gain de productivité des investigations menées sur l’Homme, une accélération de la mise sur le marché des nouveaux médicaments et ainsi, par gain de temps, une réduction des coûts de développement des molécules thérapeutiques.

    Arguments éthiques

    Parmi les apports éthiques que l’on pourrait attendre de la systématisation de pré-recherches cliniques in silico figurerait l’amélioration de la sélection des patients participant à l’étude, notamment en phase II. Il s’agirait en particulier de mieux prévoir les groupes de patients sur lesquels la molécule n’agirait pas, d’éviter l’inclusion dans les investigations de malades dont la participation induirait une perte de temps et donc de chance de guérison plutôt qu’un bénéfice thérapeutique.

    Finalement, si les simulations virtuelles n’ont pas vocation à remplacer les étapes de recherche in vitro ou in silico, elles pourraient, en s’ajoutant aux phases habituelles de développement des médicaments, sécuriser et accélérer ce dernier.