La notion de « données de santé » est définie pour la première fois dans un règlement adopté par le Parlement européen le 14 avril 2016. Le règlement renforce également leur protection.
La directive et le règlement européens sur la réforme de la protection des données personnelles ont été publiés au Journal Officiel de l’Union Européenne le 4 mai 2016.
• Le règlement définit les « données à caractère personnel relatives à la santé physique ou mentale d’une personne physique, y compris la prestation de services de soins de santé, qui révèlent des informations sur l’état de santé de cette personne ».
• Il précise qu’elles comprennent « toute information concernant, par exemple, une maladie, un handicap, un risque de maladie, un dossier médical, un traitement clinique ou l’état physiologique ou biomédical de la personne concernée, indépendamment de sa source, qu’elle provienne par exemple d’un médecin ou d’un autre professionnel de la santé, d’un hôpital, d’un dispositif médical ou d’un test de diagnostic in vitro ».
• Il définit aussi les « données génétiques », « relatives aux caractéristiques génétiques héréditaires ou acquises d’une personne physique qui donnent des informations uniques sur la physiologie ou l’état de santé », et les données biométriques, « résultant d’un traitement technique spécifique, relatives aux caractéristiques physiques, physiologiques ou comportementales d’une personne physique ».
Ces textes visent à renforcer la protection des données personnelles des citoyens en harmonisant les mesures et les standards de sécurité au niveau européen et à favoriser l’émergence d’un « marché digital » unique.
La directive couvre également la question du transfert de données en dehors de l’UE afin d’assurer une meilleure protection.
A ce titre, l’UE a présenté le 29 février 2016 le « EU-U.S. Privacy Shield » (bouclier de vie privée UE-US) « afin de restaurer la confiance dans les échanges de données transatlantiques après les révélations d’espionnage de 2013 ».
Le règlement, qui entre en vigueur le 24 mai 2016, devra être appliqué dès le 25 mai 2018. La directive est effective depuis le 5 mai 2016 et doit être transposée dans les droits nationaux au plus tard le 6 mai 2018.
Ce que change le règlement
- Pour le citoyen
- Un renforcement des droits existants, notamment en lui permettant de disposer d’informations complémentaires sur le traitement de ses données mais également de les obtenir sous une forme claire, accessible et compréhensible.
- Le droit à l’oubli est conforté et un nouveau droit, le droit à la portabilité, rendant ainsi plus effective la maîtrise de ses données par la personne.
- Les mineurs font également l’objet d’une protection particulière.
- Pour les entreprises
- Une simplification des formalités, la possibilité d’un interlocuteur unique pour toutes les autorités de protection des données européennes et d’une mise à disposition d’une boîte à outils de conformité dont certains seront nouveaux (ex : code de conduite, certification).
- Ces outils pourront être modulés en fonction du risque sur les droits et libertés des personnes (ex : tenue d’un registre, consultation des autorités de protection, notification des failles de sécurité).
- Pour les autorités de protection
- Une affirmation de leurs compétences dès lors qu’il existe un établissement sur le territoire de l’Union ou que leurs citoyens sont affectés par le traitement, mais également un renforcement de leurs pouvoirs, notamment répressifs avec la possibilité de prononcer des sanctions administratives pouvant aller jusqu’à 4 % du chiffre d’affaires mondial de l’entreprise concernée.
- Surtout, les « Cnil » européennes pourront désormais prononcer des décisions conjointes, aussi bien pour constater la conformité d’un organisme que pour prononcer une sanction.
- Cette intégration européenne renforcera ainsi la protection des personnes et la sécurité juridique pour les entreprises.
- Une nouvelle architecture de coopération entre les autorités de protection avec un nouvel organe européen : le CEPD en charge d’arbitrer les différends entre les autorités et également d’élaborer une doctrine « européenne ».
- Cette entité, qui prend la suite du G29, verra son indépendance renforcée et pourra rendre des avis contraignants, notamment dans le cadre de procédures de sanctions. (Source: Cnil)