DM

  • « Colloque Big Data en santé : Quels usages ? Quelles solutions ? » le 04/07/2016

    Le colloque « Big data en santé : quels usages ? Quelles solutions ? », organisé par le ministère de la Santé, aura lieu le 4 juillet au Numa.

    Au programme : les grandes questions posées par le big data en santé, les résultats de la consultation en ligne…

  • Télémédecine : la téléconsultation vidéo intégrée au dossier médical électronique aux Etats-Unis

    Intégrer de la téléconsultation vidéo au dossier médical électronique (EHR), c’est ce que propose l’école de médecine de l’université de Caroline du Sud, apprend-on le 1er juin 2016.

    Pour cela, l’université a associé Vidyo, une solution de communication vidéo en direct, à la plateforme de gestion de dossier médical électronique d’Epic systems corporation.

    L’objectif déclaré de l’école de médecine de Caroline du Sud (Musc) est de permettre aux professionnels de santé d’accéder en temps réel aux données de santé des patients en consultation virtuelle directement au sein du portail Epic.

  • Erreurs médicales : une boîte noire dans un bloc opératoire

    Enregistrer les opérations de A à Z comme dans le cockpit d’un avion, c’est désormais possible dans un hôpital néerlandais, dans le but de réduire le nombre d’erreurs médicales.

    Une « boîte noire » a été installée le 7 Juin dans 2016 une des vingt salles d’opération du CHU d’Amsterdam : « Tout comme dans l’aviation, la boîte noire enregistre et analyse toutes les données électroniques pendant l’opération, comme la tension artérielle, la température, le rythme cardiaque », indique le journal De Volkskrant.

    970 décès par an aux Pays-Bas dus à des erreurs médicales

    Les enregistrements audio et vidéo contenus dans la boîte noire du bloc opératoire du CHu d’Amsterdam permettent de conserver une trace de tous les gestes, interventions et échanges du personnel médical.
    C’est en réalité un ordinateur qui combine toutes les informations les unes aux autres pour les analyser puis détecter les périodes de l’opération considérés comme critiques ou déviants. L’équipe médicale examine ces données après l’opération.

    Alors que 970 décès par an dans le pays sont dus à des erreurs médicales, selon les études locales, faire baisser ce chiffre est l’objectif visé par la mise en place de ce système.

    C’est un chirurgien canadien, Teodor Grantcharov qui a conceptualisé cette boîte noire. En enregistrant ses propres opérations, il s’est persuadé de l’utilité de ce procédé : « Après une opération, j’avais souvent l’impression que j’avais fait du très bon boulot. Mais quand je regardais les images quelques jours plus tard, mon sentiment était tout autre :  je voyais tellement de choses que j’aurais pu faire mieux. Or, en chirurgie, la sécurité peut faire la différence entre la vie et la mort ».  

    La peur des médecins : être poursuivis en justice

    Données audio et vidéo enregistrées par la boîte noire sont sauvegardées mais non intégrées au dossier médical du patient.
    Si une erreur médicale survient, ce dernier pourra toutefois demander à consulter « ses » données.
    Dans ce cas il y aura anonymisation des contenus audio et vidéo : visages et voix du personnel seront floutés et transformées, afin de les rendre méconnaissables.

    “Les médecins ont peur d’être poursuivis en justice [en cas d’erreur médicale]”, rappelle le porte-parole d’un CHU à Nimègue, aux Pays-Bas, qui envisage de suivre l’exemple de l’hôpital d’Amsterdam.
    “Le but n’est pas de créer une culture où l’on désigne les coupables, mais de créer un environnement propice à l’apprentissage”, a commenté la chirurgienne chargée du projet à Amsterdam, Marlies Schijven.

  • Australie : une société de télécoms partenaire du gouvernement pour le dépistage du cancer

    Le ministère de la Santé australien a conclu fin mai 2016 un accord avec Telstra afin de créer un registre national du dépistage du cancer.

    Le programme se concentrera au départ sur deux maladies : le cancer de l’intestin et le cancer du col de l’utérus. Il devrait être opérationnel à partir de mai 2017.

    La création du registre national s’appuiera pour l’essentiel sur un traitement des données patients. Les détracteurs du projet s’inquiètent de cette exploitation de données sensibles par Telstra, un groupe spécialisé dans les télécoms.

    Dépistage du cancer : un budget de plus de 180 millions de dollars

    Le budget consacré à ce plan sera de 223 millions de dollars australiens (146 M€) sur cinq ans (4 mai 2016-30 juin 2021), indique à H&TI un porte-parole du ministère de la Santé australien.

    Une seule base de données, un dossier unique par patient

    Le plan prévoit de mieux gérer le dépistage du cancer de plus de 11 millions d’Australiens :

    • Le but premier est de regrouper le registre national sur le cancer de l’intestin et les huit autres registres d’États et de territoires sur le cancer du col de l’utérus existants.
      Pourquoi choisir de se focaliser sur uniquement deux maladies ? « Il n’y a pas de technologies appropriées en terme de rentabilité pour le dépistage de tous les cancers », répond le ministère de la Santé.
    • Telstra Health (filiale santé du groupe) rassemblera sur un seul et même support les données de différents acteurs du secteur, dont :
      – plusieurs organismes gouvernementaux, tels que My Health Record and Medicare – qui gère les dossiers de santé et d’assurance-maladie – ;
      – les médecins généralistes ;
      – les praticiens spécialisés ;
      – divers prestataires de santé privés et publics.

    « Le registre fournira une seule base de données avec un dossier unique par patient, a indiqué Cynthia Whelan. Les patients pourront accéder à leur dossier en ligne et, avec leur consentement, les médecins généralistes et les spécialistes auront accès depuis leur poste de travail aux données et aux dossiers des patients de n’importe quel État [australien] et de n’importe quel territoire [national]. »

    • Dans un second temps, le regroupement des données de dépistages liées à d’autres maladies, comme le mélanome, est envisagé.
      « L’une de nos exigences était que la plateforme ait la capacité d’être étendue à d’autres programmes de dépistage du cancer », ajoute le porte-parole du ministère interrogé.
    • Un centre de contact sera mis en place pour assister les médecins et les patients ainsi qu’un service de messagerie pour gérer la sensibilisation au dépistage et inciter la population à réaliser des tests.

    La protection des données personnelles en question

    Comment garantir la protection de ces informations personnelles ? C’est la question que se posent certains experts du secteur. Pourquoi le gouvernement australien « juge approprié de confier à une compagnie de télécom nos données médicales personnelles et les résultats de nos dépistages du cancer » ?, s’interroge notamment dans les colonnes de The Australian Antony Harrowell, conseiller en affaires et en nouvelles technologies (Huxxer Corporation).

    Telstra garantit la protection des données

    Le directeur général de Telstra Health, Shane Solomon, rassure les patients. « Le Pr Ruth Salom  et moi-même qui travaillons sur le projet sommes très sensibles aux questions relatives à la confidentialité et à la sécurité des données des patients (…) Notre engagement sur ce sujet est absolu. Nous avons conscience de la gravité des problèmes engendrés si ces informations sont utilisées à tort. » (The Australian Financial Review)

    Il rappelle qu’en remportant l’appel d’offres, Telstra s’est « engagé à respecter les normes de confidentialité très strictes imposées par le Commonwealth ». Le système utilisé pour l’exploitation des données doit, par exemple « atteindre un certain niveau de sécurité et toutes ces données doivent être stockées en Australie, ce qui est bien le cas ».

    Le gouvernement, seul détenteur des données recueillies

    Le gouvernement australien affirme qu’il n’avait pas les moyens de créer seul un registre national de dépistage du cancer.

    Il précise cependant que le Commonwealth sera l’unique possesseur de la propriété intellectuelle et des données de ce nouveau registre.
    « Toutes les données du registre seront [protégées] par des politiques gouvernementales strictes afin de prévenir toute mauvaise utilisation ou perte, explique à H&TI le ministère de la Santé. Pour ce faire, Telstra Health devra régulièrement effectuer des tests indépendants afin de démontrer que le système continue d’être au conforme au règlement en vigueur. De plus, toute utilisation des données du programme non liée au fonctionnement du registre sera rigoureusement interdite. »

  • Recherche sur le génome : comment protéger les données

    Comment assurer et garantir la protection des données hautement sensibles comme celles utilisées dans la recherche sur le génome? C’est la problématique sur laquelle travaillent les spécialistes de la sécurité informatique et qui a été abordée lors du Symposium de Lausanne sur la génomique en mai 2016.

    Jean-Pierre Hubaux, professeur à l’EPFL, est un pionner de la confidentialité des informations génomiques.
    Il a été mandaté pour sécuriser la Biobanque Institutionnelle de Lausanne, qui stocke l’ADN de plus de 20 000 Vaudois dans des congélateurs. Il insiste sur la vigilance nécessaire sur la sécurité de ces données mais souligne qu’elles doivent malgré tout rester en partie au moins accessibles aux chercheurs.

    Les données de santé constituent la première cible des hackers: deux attaques sont dénombrées tous les quinze jours aux États-Unis.

    Un défi gigantesque

    L’exploitation de notre matériel génétique par une médecine du Big Data est proche. Grâce à de l’ADN de volontaires, l’objectif est de résoudre les énigmes que présentent certaines pathologies, prédire leur évolution et développer des traitements personnalisés. « Protéger ces données est un défi gigantesque car elles sont extrêmement complexes, résume Jean-Pierre Hubaux. Le secret médical est en danger, cela paraît évident. La présence de données génomiques augmente ce risque».

    Sécurisation et anonymisation de ces données sont l’objet de la recherche de son équipe depuis cinq ans, en collaboration avec de nombreuses institutions aux États-Unis, dont la Standford University.

    Les échantillons sanguins de 23 536 personnes sont actuellement stockés à la BIL. La prochaine étape consiste à séquencer le génome, pour ensuite le mettre les données issues de ce travail à la disposition de la communauté scientifique, académique ou privée.

    L’ADN, ciblé par les hackers

    «Le risque de vol est réel», explique le professeur Hubaux. Ces data renferment une quantité infinie d’informations sur un individu et ne peuvent pas tomber entre les mains des assurances-maladies ou des employeurs.

    «Elles ont une capacité de prédiction, sont corrélées entre personnes de la même famille et sont identifiantes», énumère le professeur Hubaux. Elles sont aussi stables dans le temps; leur validité perdure tout au long de notre existence. «Leur protection est un grand défi à l’échelle de l’humanité, explique le spécialiste. Les techniques de cryptage vieillissent vite. Aucun système n’a une durée de vie d’un siècle.»

    «Il faut encrypter ces données pour faire en sorte que, même si elles étaient volées, elles soient inutilisables. Et qu’il ne soit pas possible pour un individu de les récupérer pour les revendre». Pour ce faire, la BIL utilise la technique d’encryptage du « chiffrement homomorphique. »

    Comment protéger ces données sur une très longue durée?

    Le deuxième enjeu crucial réside dans le fait d’inventer des modalités de partage entre acteurs de la santé. «Il faut définir des standards communs, insiste Jean-Pierre Hubaux. Parce que plusieurs biobanques de plusieurs pays voudront partager leurs données, et cela doit se faire de manière respectueuse des engagements pris à l’égard des donneurs».
    « Le monde de la bio­médecine s’intéresse peu à celui de la sécurité informatique et réciproquement», c’est le constat que fait le professeur Jean-Pierre Hubaux, qui s’est associé avec Sophia Genetics, société créée à l’EPFL spécialisée dans la gestion des data génomiques.
    Leur nouveau projet cryptographique en faveur de la confidentialité des données médicales, évalué à 1 million de dollars (880 036,67 euros), est financé notamment par la Confédération Helvétique.

  • E-Health: why Singapore is so attractive?

    In Southeast Asia, Singapore attracts e-health key-players for its reliability and its strategic location in the ASEAN (The Association of Southeast Asian Nations). The partnership between Philips and the dedicated corporate investment arm of the Singapore Economic Development Board (EDB), announced in January, is an example among others.

    The purpose of this collaboration is to help digital health firms in mid-to-late stage to set up their base in Singapore. How can we explain this attraction for the city-state? The investor Dr. Eddy Lee and Dr. Kevin Yap, lecturer at the University of Singapore and cyber-pharmacy expert, share their views on this niche market.

    Singapore: an open market on Southeast Asia

    “I think one of the reasons why e-health key-players are interested in the city-state is because we are well known for our excellent level of info-comm technology infrastructure,” Dr. Kevin Yap said.

    He also mentioned about the Singapore Healthcare 2020 Masterplan, a program launched by the Singapore government to improve its healthcare system, partially through digital tools. “One of the ways used to make Singapore a “Smart Nation” is to attract foreign companies to co-develop innovative solutions.” Philips has been seduced.

    “Our digital capabilities have the potential of making this country a pioneer in the e-health industry,” Dr. Yap noticed. As a matter of fact, Singapore is one of the first countries in the world to have launched a National Electronic Health Record (NEHR).

    “[Another strength of the city is] the strong global brand value associated with Singapore products in health, education or financial technology,” Dr. Eddy Lee said. The Singaporean investor – concurrently consulting professor at Stanford University – went back to the city-state last year, after spending years away from the country including stints in four years in Silicon Valley and Lyon in France. In January, he and his Indonesian partner Kevin Darmawanhas launched Coffee Ventures, a venture capital firm supporting early stage health start-ups and other technology start-ups with the potential to enter global markets.

    Dr. Lee explained to have chosen to set up their society in Singapore due to its unique location as the gateway to Southeast Asia (estimated 630 million potential consumers), the firm’s extensive networks in the region, and their ability to impact local start-up ecosystem with their investment experience from the Silicon Valley.

    SG imposes strict rules to gain the confidence of global companies

    Dr Kevin Yap and Dr Eddy Lee are enthusiastic about the future of “the little red dot” in the field of e-health technologies, but they remain realistic. “Digital health is a new product category that challenges existing business models in healthcare,” Dr. Lee highlighted. Would it be the electronic companies who sell a wireless ECG or blood pressure monitor directly to consumers, would it be the insurance company who must buy them and distribute them to the users, or should it be the role of hospitals to offer loans of devices for a monthly software service fee? Adopting the appropriate models to match both the purchasing power and the culture of the city would be critical to the widespread use of such devices.”

    For his part, Dr. Yap is particularly aware that there are some issues to resolve in terms of privacy and security. “The government takes it very seriously. In 2012, the PDPA (Personal Data Protection Act) was created. This law governs the collection and use of a person’s personal data and has strict implications with regards to e-health. This can be seen as a benefit from the consumer point of view – he can be assured that his private data is protected – but this may also be an obstacle.” These rules may be a reason why companies specialized in digital health and particularly in data analysis are more limited than those set up in other countries. “However, the PDPA also aims to strengthen Singapore’s position as a trusted, world-class hub for businesses.”

    Dr. Yap admits that Singaporean investors are very demanding. “They want to see that, whatever you do, they do will succeed. This way of thinking may slow down the development of start-ups but it is also a good thing. Companies will come to Singapore because they know that the projects launched here are promising. Our fundamentals are strong!” « 

    Anticipating demographic transition and making sense of big data

    The scientist identifies two key challenges in the medium term. The first is in anticipation of the elderly population in Singapore: the National Department of Statistics has indicated that the median age of the resident population has risen from 34.0 years in 2000 to 39.6 years in 2015. Dr. Yap fears that the growing population of older people may be resistant to the development of new health technologies. “I think we should focus on people who are currently around 40 and 50 years old. They know how to use a computer, they know about smartphone technologies. They could help us make the connection between generations.”

    The second challenge concerns big data. The expert believes that the industry players can work to “make sense of all this data for prediction to make it useful and usable for the healthcare industry.”

    E-health: Singapore is focusing on its specificity

    Could “the little red dot” be the Asian Silicon Valley of eHealth in the coming years? “There is no necessity to replace the Silicon Valley,” Dr. Eddy Lee said. “However, Singapore can become a center of excellence in the diagnosis, therapy and chronic management of Asian-genome specific diseases such as pre-diabetes or certain Asian prevalent cancers.” Dr. Kevin Yap shares the same opinion as him. “Each country may focus on a specific area. For instance, in Singapore, we are trying to tap on with telehealth and telemedicine in order to monitor any patient, any disease, anywhere.”

    According to the experts, the digital health market must be seen as a whole. Countries must work together, not against each other.

  • Recherche en santé : la Nouvelle-Zélande double son budget et s’intéresse de près au numérique

    La Nouvelle-Zélande va augmenter de 97 millions de dollars NZD (59 millions d’euros) sont budget dédié au financement de la recherche en santé au cours des quatre prochaines années, a annoncé le gouvernement en mai 2016.

    Il s’agit du « plus important coup de pouce donné [à ce secteur] dans l’histoire du pays », souligne Steven Joyce, le ministre néo-zélandais des Sciences et de l’Innovation.

    Recherche en santé : le budget augmentera de 56 % d’ici 2020

    Le montant annuel de l’enveloppe accordée au HRC augmentera de 56 % d’ici 2020 : de 77 millions NZD (47 millions d’euros) en 2015-2016, il passera à 120 millions NZD (73,5 millions d’euros) en 2019-2020.

    • « Cet investissement accru (…) témoigne de notre engagement à faire en sorte que la recherche en santé demeure une force pour la Nouvelle-Zélande », a déclaré le ministre de la Santé Jonathan Coleman lors de la présentation officielle du nouveau budget.
    • « Investir sur le marché de la recherche médicale est aussi une grande opportunité pour notre pays d’augmenter nos exportations à haute valeur ajoutée », a expliqué M. Joyce.
    • « Nous avons besoin d’un programme de recherche dans lequel les chercheurs, les agences gouvernementales et le secteur privé travaillent ensemble afin d’obtenir les meilleurs résultats », a-t-il ajouté.

    Objectif : offrir aux patients de nouveaux traitements, de nouveaux médicaments et de nouvelles technologies le plus rapidement possible.

    L’e-santé au cœur des priorités du gouvernement

    Le gouvernement néo-zélandais a par la même occasion publié le document dévoilant l’avancée des discussions sur l’élaboration d’une nouvelle stratégie dans le domaine de la recherche en santé.

    On y découvre, entre autres, que l’e-santé fait partie des priorités. Parmi les principaux objectifs annoncés :

    • identifier et prioriser les nouvelles technologies dans le domaine de la santé ;
    • optimiser l’utilisation combinée des données de santé ;
    • fournir un accès à une technologie de pointe de façon rapide, efficace et à moindre coût : une attention particulière sera accordée aux nanotechnologies et à la télémedecine ;
    • assurer la protection des données.

    En octobre 2015, le gouvernement a déclaré être en train d’élaborer avec le cabinet Deloitte un dossier national de santé électronique (EHR).

  • En Chine, la e-santé en plein essor

    La Chine offre une place grandissante à la e-santé afin de métamorphoser son système de soins. La prise de rendez-vous et la consultation en ligne s’étendent rapidement, favorisées par une grande médiatisation et les actions menées par la commission de santé et de planning familial de chaque province chinoise.

    Gérer les files d’attente liées à la démographie du pays est devenu un problème majeur dans l’accès aux soins.

    Demeure le vaste chantier de l’harmonisation des plate-formes informatiques entre provinces voire entre établissements hospitaliers.

    Les premières mesures mises en place

    Le online booking system (OBS) lancé en 2011 sera obligatoire à Pékin pour les hôpitaux évalués comme excellents (3AAA) d’ici Janvier 2017. Après avoir renseigné ses informations personnelles (nom, numéro d’identité équivalent à son numéro de sécurité sociale) le patient reçoit par SMS un code de rendez-vous.

    • D’après la revue « perspectives chinoises », 72 millions d’utilisateurs chinois en 2014 consultent un médecin en ligne.
    • Ils font parvenir leurs dossiers médicaux par fichiers attachés ou en prenant des photos de leurs informations médicales (analyse de biologie médicale, radio, rapport de consultations antérieures…) via des applications mobiles.

    Le marché représente 2,95 milliards de RMB, contre 4,27 milliards aujourd’hui pour 138 millions d’utilisateurs, selon Journal of Development Studies. C’est un gain de temps pour le patient pour un coût minimum comparé à ce qu’engendrerait un déplacement à l’hôpital.

    La communication en ligne patient-médecin connaîtra, elle aussi, un essor important, grimpant de 7 milliards de dollars en 2017 à 26 milliards en 2020, selon le rapport China’s Digital Health-Care Revolution du Boston Consulting Group (BCG). Ce rapport portant sur la révolution digitale du secteur de la santé en Chine et paru le 31/12/15, indique que le marché chinois de la e-santé pourrait passer de 3 Mds de dollars en 2014 à 110 Mds en 2020.

    Le challenge de la gestion des données médicales

    Les questions de confidentialité des données et de la qualité du service de soins offerts restent posées.
    Celle du suivi du dossier médical est devenue centrale. Opérateurs publics et privés proposent des clouds permettant le stockage de big data comme le« Beijing Health Cloud » mis en place dans la capitale par Baidu, le « Google chinois ». L’OBS a été complètement éclipsé par un service concurrent lancé par Alibaba (équivalent chinois d’Amazon) impliquant 800 hôpitaux dans 18 provinces.
    Gratuité du service et volonté de participer à la construction d’un service public sont mises en avant par cette société.

    Les projections financières de ce secteur en construction sont vertigineuses et attirent la convoitise de nombreux opérateurs.

  • Cyber-pharmacie : « Singapour pourrait devenir leader » (Dr. Kevin Yap)

    « La gestion des médicaments est une question importante, qui doit être abordée. (…) De nombreux acteurs internationaux du secteur sont en train de se pencher sur ce marché pour réfléchir aux manières dont ils pourraient l’intégrer. »

    Le Dr. Kevin Yap, maître de conférences et expert en cyber-pharmacie à l’Université de Singapour, revient pour H&TI sur les spécificités et les intérêts de la cyber-pharmacie, un domaine dans lequel la cité-État excelle.

    Un entretien rythmé en quatre points :

    1. Les objectifs de la pharmacologie cybernétique ;
    2. Investir dans la cyber-pharmacie : la stratégie de Singapour pour anticiper le vieillissement de sa population ;
    3. L’intérêt grandissant des sociétés high-tech pour ce marché particulier ;
    4. Cyber-pharmacie : Singapour, leader mondial ?

    L’une de vos spécialités est la pharmacologie cybernétique, aussi appelée cyber-pharmacie. Quelles sont les applications concrète de ce domaine ?

    La pharmacologie cybernétique est une discipline en plein essor. Elle vise à perfectionner le système de prescription des médicaments à travers l’utilisation combinée de technologies impliquant une interaction entre l’Homme, l’ordinateur et les facteurs environnementaux. Objectif : réduire les risques liés à la prise de médicaments (surdosage, sous-dosage, effets secondaires indésirables, interactions médicamenteuses, etc.).

    Le dessein des professionnels du secteur est de veiller à ce que les innovations technologiques développées pour faciliter la bonne utilisation des médicaments soient de qualité et fiables. Le but, à terme, est d’améliorer les soins et d’assurer une meilleure sécurité des patients.

    Vous travaillez en collaboration avec le ministère de la Santé singapourien (MOHH) sur l’application du programme « Healthcare 2020 », qui vise à améliorer le système de santé en passant notamment par le développement d’outils numériques. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce projet ?

    Plusieurs initiatives opérées par le MOHH rejoignent la mission du gouvernement, qui est de faire de Singapour une « smart city » et d’atteindre les objectifs annoncés dans le programme « Healthcare 2020 », soit améliorer l’accès aux soins et leur qualité afin de mieux répondre aux besoin des citoyens.

    Plusieurs de ces projets se basent sur des approches liées à la cyber-pharmacie, dont la création du Singapore Drug Dictionary (SDD) et du système national de dossiers électronique de santé (National Electronic Health Record, NEHR). Ils sont tous fondés sur un usage et une gestion adaptés des médicaments dans le cadre de leur champ d’application. Ainsi, les soins et la sécurité des patients peuvent être améliorés.

    Pourquoi le gouvernement singapourien est-il autant intéressé par la cyber-pharmacie ?

    La population de Singapour vieillit de plus en plus vite. Les statistiques montrent qu’une personne sur cinq aura 65 ans ou plus en 2030 (chiffres du gouvernement). Les spécialistes parlent de « Silver Tsunami » (« tsunami argenté ») pour décrire ce groupe particulier. La polypharmacie est courante chez ces patients en raison d’un taux élevé de maladies chroniques, ce qui prédispose les personnes âgées à un risque accru d’effets indésirables liés à la prise de médicaments, comme une perte d’équilibre ou un déclin fonctionnel.

    Nous commençons à constater qu’une petite part de ces patients ont tendance à surfer sur internet pour obtenir plus d’informations sur leur état de santé ou leurs médicaments – on les appelle les « Silver Surfers » (« les surfeurs argentés »). On sait aussi que leurs jeunes enfants sont familiers des nouvelles technologies. C’est pourquoi il est logique que le gouvernement anticipe l’avenir en explorant les façons dont les innovations high-tech pourraient l’aider à mieux répondre aux besoins changeants des plus âgés.

    Les acteurs de la santé numérique (investisseurs, sociétés high-tech, etc.) s’intéressent-ils eux aussi à la cyber-pharmacie ?

    La gestion des médicaments est une question importante, qui doit être abordée. Je crois qu’il y a actuellement de nombreux acteurs internationaux du secteur qui sont en train de se pencher sur ce marché pour réfléchir aux manières dont ils pourraient l’intégrer.

    Par exemple, il existe déjà des piluliers numériques qui facilitent la prise de médicaments en envoyant aux patients des alertes sonores et visuelles, par SMS ou par e-mail. Des applications mobiles les informent aussi en cas d’oubli et leur rappellent quand un renouvellement d’ordonnance doit être effectué.

    Il y aussi Helius, l’une des technologies les plus intrigantes mise au point par la société californienne Proteus Digital Health. Il s’agit d’une pilule intelligente, capable de surveiller à distance l’observance d’un traitement mais aussi de fournir des données sur le médicament ingéré et l’organisme du patient. La pharmacologie cybernétique intervient ici à tous les niveaux.

    Pensez-vous que Singapour puisse se démarquer au niveau international sur le marché de l’e-santé grâce à son expertise en cyber-pharmacie ?

    Oui, j’en suis sûr. Singapour pourrait devenir leader. Les habitants de Singapour sont des adeptes de l’high-tech ; l’atout du pays réside dans cette capacité d’innovation caractéristique de ses habitants.

    Je crois d’ailleurs que quelques initiatives du gouvernement, comme le NEHR et le SDD, sont des premières dans le monde.

    Je suis persuadé que certains pays voudront s’inspirer de notre système de santé et de notre expertise en pharmacologie cybernétique.

  • E-santé : Singapour attire les acteurs de la santé numérique

    En Asie du Sud-Est, Singapour attire les acteurs de la santé numérique pour sa fiabilité et son positionnement stratégique au cœur de la zone Pacifique. Exemple le plus récent : le partenariat annoncé en janvier 2016 entre la branche e-santé de Philips et l’agence gouvernementale en charge du développement économique de la cité-État, l’EDB (The Economic Development Board). Objectif : aider les petites et moyennes entreprises centrées sur la santé numérique à se développer dans la région.

    Comment expliquer cet attrait pour la « little red dot », comme on la surnomme ici ? Les Dr. Eddy Lee et Kevin Yap, experts en e-santé, exposent pour H&TI leurs points de vue sur le marché.

    Singapour : un marché ouvert sur l’Asie du Sud-Est

    « Je pense que l’une des raisons pour lesquelles les acteurs de la santé digitale s’intéressent à Singapour c’est parce que nous sommes réputés pour notre excellent niveau en technologies de l’info-com », estime le Dr. Yap, maître de conférences à l’Université de Singapour et spécialiste en cyber-pharmacie.

    Il évoque aussi le rôle joué par le programme « Healthcare 2020 vision », mis en place par l’État en 2012 pour améliorer le système de santé, en partie grâce à des outils numériques. « L’une des stratégies utilisées par le gouvernement pour faire de Singapour une « Smart City » est d’attirer des entreprises étrangères pour co-développer des solutions innovantes. » Philips a été séduit par la formule.

    Le chercheur rappelle que « la cité-État dispose des capacités pour devenir un précurseur dans l’industrie». C’est en effet l’un des premiers pays à avoir numérisé l’ensemble de son système de santé via le lancement du programme NEHR (National Electronic Health Record) en 2011.

    « [L’un des autres points forts de la ville est] la grande confiance accordée aux produits de Singapour dans les secteurs de la santé, de l’éducation et des technologies financières », analyse de son côté le Dr. Eddy Lee, un investisseur singapourien revenu il y a environ un an sur l’archipel asiatique, après quatre années passées dans la Silicon Valley et un séjour en France dans la ville de Lyon. En janvier, il a lancé avec son associé Kevin Darmawanhas Coffee Ventures, une société de capital-risque qui cible les start-up souhaitant se lancer sur le marché international, entre autres dans le domaine de l’e-santé.

    Le Dr. Lee nous explique avoir choisi de baser son entreprise dans la cité-État pour profiter de son excellente position en Asie du Sud-Est (près de 630 millions de consommateurs potentiels) et pour faire évoluer positivement l’écosystème des start-up dans la région grâce à l’expérience en investissement forgée par son équipe en Californie. D’autant plus que l’ASEAN (The Association of Southeast Asian Nations) – à l’instar de l’UE – facilite le commerce entre les pays de cette zone clé.

    Des règles strictes pour gagner la confiance des entreprises mondiales

    Enthousiastes quant à l’avenir de Singapour dans le domaine des technologies de santé, les deux experts n’en restent pas moins lucides. « La santé numérique est un nouveau secteur qui remet en question les traditionnels business modèles établis, souligne le Dr. Eddy Lee. Est-ce par exemple aux constructeurs high-tech de prendre en charge la vente d’un moniteur cardiaque sans fil, est-ce plutôt aux compagnies d’assurance d’acheter le produit puis de le distribuer aux patients, ou est-ce aux hôpitaux de proposer un système de prêt pour ce genre d’outils ? Pour espérer une utilisation généralisée de ces dispositifs, il faudrait s’adapter à la culture de chaque ville et du pouvoir d’achat moyen de chaque population».

    Le Dr. Yap se préoccupe quant à lui des problèmes liés à la confidentialité et à la sécurité des informations personnelles. « Le gouvernement prend très au sérieux le sujet. En 2012, une loi sur la protection des données personnelles, le PDPA (Personal Data Protection Act), a été instaurée. Elle régit la collecte et l’utilisation des ces informations, un cadre strict en matière d’e-santé. Cela peut être perçu comme un avantage pour le consommateur, auquel on garantit la protection de ses données, mais aussi comme un frein». Car certaines entreprises, notamment celles spécialisées dans l’analyse de données, sont ainsi plus limitées que dans d’autres pays. « Il faut néanmoins préciser que cette exigence du PDPA vise aussi à renforcer la position de Singapour comme hub mondial fiable auprès des entreprises », nuance le chercheur.

    Parmi les éventuels freins au développement de l’e-santé sur le territoire, il y aussi cette peur de l’échec, très présente dans la cité-État, notent les deux experts. Le Dr. Kevin Yap admet que les investisseurs de la little red dot sont très exigeants. « Ils veulent des garanties. Mais c’est l’une des forces du pays. Les entreprises y viennent parce qu’elles savent que les projets lancés ici sont bons. Nos bases sont solides ! ».

    Anticiper le vieillissement de la population et donner sens aux big data

    L’universitaire identifie deux enjeux essentiels à moyen terme. Le premier est l’anticipation du vieillissement de la population : à Singapour, l’âge médian est passé de 34 à 40 ans entre 2000 et 2015, indique le département national des statistiques. Le Dr. Yap redoute que la part grandissante des personnes âgées soit réticente au développement des innovations en e-santé. « Je pense qu’il faut se concentrer sur les individus aujourd’hui âgés de 40-50 ans. Ils savent utiliser un ordinateur, ils connaissent les technologies liées à la téléphonie mobile. Ils pourraient nous aider à faire le lien entre les générations».

    Le second enjeu est la gestion des big data. Le chercheur estime que l’essentiel du travail pour les acteurs de la filière est de « donner un sens à ces données afin de les rendre utiles et exploitables pour l’industrie ».

    E-santé : Singapour se concentre sur ses points forts

    La little red dot pourrait-elle prendre la place de la Silicon Valley dans le domaine de l’e-santé ? « Pourquoi vouloir remplacer la Silicon Valley, qui fonctionne si bien ? », s’interroge le Dr. Eddy Lee. « Je pense cependant que Singapour peut devenir un centre d’excellence en ce qui concerne le diagnostic, le traitement et la gestion des maladies spécifiques à l’Asie, comme le diabète ou certains cancers ». Le Dr. Kevin Yap partage le même avis. « Chaque pays peut apporter sa pierre à l’édifice en se concentrant sur un domaine précis. À Singapour, on travaille notamment de près sur la télésanté et la télémédecine afin d’être en mesure de suivre n’importe quel patient, n’importe quelle maladie, n’importe où ».

    Pour les deux experts, il faut percevoir le marché de la santé numérique comme un tout. Les pays ont tout intérêt à travailler ensemble à échelle internationale, et non les uns contre les autres.