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  • Étude : l’IA pourrait prédire des risques d’interactions médicamenteuses (Bioinformatics)

    Des chercheurs américains de l’université de Stanford ont développé un système d’intelligence artificielle (IA) qui pourrait aider les médecins à trouver les meilleures combinaisons médicamenteuses possibles.

    Le système, appelé « Decagon », a montré sa capacité à prédire les risques d’interactions médicamenteuses. Dans l’étude*, dont les résultats ont été publiés en juillet 2018 dans la revue Bioinformatics, l’IA s’est en effet révélée 69 % plus performante que les systèmes classiques.

    De nombreuses interactions médicamenteuses sont dangereuses

    En France, les effets secondaires liés aux interactions entre médicaments seraient responsables d’environ 15 000 décès par an. Trouver un moyen efficace de lutter contre les interactions médicamenteuses délétères représente donc un enjeu de santé publique majeur.

    Trois chercheurs américains de l’université de Stanford ont exploré le potentiel d’une intelligence artificielle dans la résolution de ce problème.

    Pourquoi se tourner vers un logiciel d’IA ? Parce que compte tenu du nombre de molécules thérapeutiques sur le marché, il est « pratiquement impossible de tester un nouveau médicament en combinaison avec tous les autres médicaments », a déclaré Marinka Zitnik, chercheuse en post-doctorat au département d’informatique de l’université américaine. En effet, environ 5 000 médicaments sont actuellement commercialisés et beaucoup d’associations médicamenteuses n’ont jamais été rigoureusement étudiées, voire prescrites.

    Le deep learning pour repérer les interactions

    Pour contourner cette difficulté, les trois chercheurs ont mis au point le système Decagon, basé sur le deep learning (apprentissage profond), à même de modéliser les interactions entre plus de 19 000 protéines humaines ciblées par divers médicaments d’une part et de nombreuses molécules d’autre part. 

    Decagon a en effet été élaboré par le biais de l’analyse d’informations provenant d’une base de données répertoriant 4 millions d’effets secondaires déjà connus.

    Résultats : l’IA est performante

    Les auteurs de l’étude ont ensuite cherché à vérifier si les prédictions de l’intelligence artificielle se réalisaient, ce qui était le cas pour nombre d’entre elles.

    Globalement, l’IA s’est révélée 69 % plus performante que les systèmes traditionnels dans la prédiction d’effets indésirables rares ou non recensés liés à des associations médicamenteuses.

    Vers un outil d’aide à la prescription

    La pertinence de ce système d’intelligence artificielle est d’autant plus intéressante qu’actuellement « les effets secondaires liés aux médicaments sont souvent découvert par accident », a déclaré Jure Leskovec, co-auteur de ces travaux. « Notre approche a donc le potentiel de conduire à des soinsplus efficaces et plus sûrs, » a-t-il déclaré.

    En outre, les chercheurs envisagent de créer un outil plus facile d’utilisation afin d’aider les médecins dans leur pratique quotidienne. Le système Decagon pourrait également trouver des applications dans d’autres domaines, tels que la recherche d’interactions indésirables entre molécules thérapeutiques et de comorbidités.

     

  • Dosimétrie patient : le logiciel RDM de Medsquare remporte l’appel d’offres de l’Institut Curie

    Le logiciel Radiation Dose Monitor (RDM) de l’éditeur français Medsquare a remporté l’appel d’offres de l’Institut Curie concernant la fourniture, l’installation, la mise en service et la maintenance d’un outil de gestion de la dose patient (dosimétrie), a annoncé début juillet 2018 un porte-parole de la société.
    L’outil va être déployé au sein des trois sites du centre de lutte contre le cancer : l’hôpital René-Huguenin à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), le centre de protonthérapie d’Orsay (Essonne) et le site de l’institut rue d’Ulm, à Paris.

    L’Institut Curie est le premier CLCC français à être passé par un appel d’offres pour se munir d’un outil de dosimétrie patient, plus connu sous le nom de « DACS« . La solution RDM est un logiciel de collecte, de contrôle et d’analyse des doses délivrées aux patients pendant un examen radiologique afin d’optimiser la dose.
    Le dispositif concerne aussi bien le radiologue que le manipulateur, le responsable de service et le radiophysicien.

    Medsquare s’est démarqué face à trois autres concurrents : GE Healthcare, Bayer Healthcare et Agfa Healthcare. La société avait déjà remporté en 2018 un appel d’offres de l’AP-HP portant sur la dosimétrie patient. Avec ce nouveau partenariat, l’entreprise va pouvoir recueillir l’ensemble des données dosimétriques patient de la région parisienne, a-t-elle indiqué, posant les bases pour la mise en œuvre d’un DACS régional parisien.

    Définition du DACS

    Le DACS (Dose Archiving and Communication System) est « un système d’archivage et de gestion centralisée de la dose délivrée au patient lors d’examens radiologiques l’exposant à des rayonnements ionisants », explique dans une brochure présentant RDM la société Medsquare, l’un des acteurs principaux du marché du DACS.

    RDM : fonctionnalités

    Un suivi continu

    • visualisation des informations complètes sur le patient et l’examen ;
    • suivi en temps réel des examens et des patients par le biais d’un système d’alertes avancé basé sur les NRD (nationaux et locaux) et l’envoi automatique d’alertes email ;
    • écran dédié au suivi des alertes et à leurs justifications ;
    • accès instantané à l’historique dosimétrique du patient avant l’examen (outil décisionnel) ;
    • gestion avancée de la dosimétrie pédiatrique ;
    • gestion spécifique des patients à risque (femmes enceintes, personnes présentant un risque de radiodermite, etc.) ;
    • recherche multicritères par procédure, équipement, patient, période, etc ;
    • création de filtres de recherche par type de population (femmes en âge de procréer, enfants par tranche d’âge, etc.) ;
    • réévaluation de l’IDSV selon la morphologie du patient (SSDE).

    Des analyses statistiques avancées des données dosimétriques

    • affichage de la distribution des valeurs de dose par type d’examen pour identifier ceux qui s’éloignent des valeurs de référence ;
    • identification des procédures et protocoles présentant des anomalies et pouvant être optimisés ;
    • suivi périodique de l’évolution des doses délivrées aux patients ;
    • évaluation du niveau de conformité des pratiques, etc.

    Une diffusion de l’information facilitée

    • recueil et transmission en un clic des évaluations dosimétriques à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) ;
    • exportation complète des données de tous les écrans et des rapports d’analyse dosimétrique au format Microsoft Excel ;
    • transmission automatique des rapports de dose vers le système d’information hospitalier, le système d’information radiologique, le PACS (système d’archivage et de transmission d’images), etc. ;
    • appel contextuel web de RDM depuis les systèmes d’information (SIH, SIR, PACS) ;
    • accès en temps réel à l’interface web de RDM en externe (internet/VPN) et en interne (intranet) ;
    • envoi automatique d’alertes email.

    Objectif final : optimiser la dose

    • identification et optimisation des procédures les plus irradiantes afin de trouver le juste équilibre entre qualité d’image et dose ;
    • système d’alertes avancé basé sur les niveaux de référence diagnostiques permettant d’identifier et de corriger les protocoles dépassant les NRD ;
    • amélioration des pratiques afin d’éviter toute surexposition, et ce, dès le premier jour.‏‏
  • La start-up MeSoigner lance une intelligence artificielle au service du bilan partagé de médication

    L’entreprise MeSoigner, qui commercialise des dispositifs digitaux innovants à destination des pharmaciens ou des patients de leurs officines, a lancé le 16 juillet 2018 une solution logicielle d’intelligence artificielle (IA) au service du bilan partagé de médication, autorisé dans les pharmacies en mars 2018 par l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (UNCAM).

    Cette IA, développée en concertation avec des pharmaciens-experts et en partenariat avec le Comité de valorisation de l’acte officinal (CVAO), vise à aider les pharmaciens à mettre en œuvre ce bilan de médication partagé auquel peu de patients ont encore recours : selon l’entreprise, cette intelligence artificielle constitue un dispositif simple et rapide d’utilisation adapté à la conduite d’entretiens personnalisés par tous les pharmaciens.

    Un communiqué émis par MeSoigner précise en outre l’ambition de l’entreprise, qui est d’équiper 2 000 pharmacies (soit 10 % du marché) au cours des mois suivant le lancement de sa solution logicielle.

    Les limites actuelles à la mise en place du bilan partagé de médication (BPM)

    Le bilan partage de médication constitue un pilier de la transformation actuelle des officines vers un modèle proposant plus de prestations de service qu’auparavant. Cependant, ce dispositif n’est pas encore assez mis en œuvre car :

    • les formations aident peu à organiser la mise en place effective des entretiens pharmaceutiques ;
    • l’archivage des données générées par ces entretiens pose problème ;
    • les entretiens, jusqu’alors encadrés par aucun outil dédié, prennent du temps.

    L’IA de MeSoigner, un outil pour faciliter la conduite des entretiens

    Selon l’entreprise, cette intelligence artificielle constitue une solution aidant le pharmacien à conduire des BPM au bénéfice des patients.

    Concrètement, il est proposé au patient de remplir un questionnaire de préparation au BPM en ligne ou en version papier, en amont du rendez-vous pour l’entretien pharmaceutique : 30 questions rédigées par le CVAO, en accord avec le cahier des charges de l’Assurance maladie, sont ainsi posées au patient. Ce document peut servir de base de discussion entre le pharmacien et son patient au cours de l’entretien individuel : le professionnel de la santé peut par exemple comparer plus facilement les sentiments du patient sur son observance à la prise réelle du traitement, en prenant connaissance des médicaments délivrés sur la carte vitale.

    En outre, une synthèse de l’entretien est automatiquement éditée. MeSoigner a par ailleurs annoncé qu’une prochaine version du logiciel permettra d’envoyer cette synthèse au médecin prescripteur. 

    Un outil adapté aux contraintes du terrain

    D’après l’entreprise, les concepteurs de l’outil ont veillé à prendre en compte les attentes des pharmaciens, en particulier :

    • un désir de structuration du BPM, par exemple au moyen d’un logiciel à même de guider l’entretien ;
    • une durée réduite des entretiens : le BPM est ici réalisable en 1h ;
    • une offre tournée vers l’observance au moyen d’un suivi et d’un conseil optimisés. Ici, la solution des MeSoigner propose d’éviter une comptabilisation inquisitoire en face à face et de maximiser le temps de parole sur le traitement et le ressenti du patient.
    • une communication facilitée avec les médecins, d’où la proposition d’envoi de la synthèse au médecin.
    • un prix accessible : 30 €/mois et 20 € pour les officines déjà clientes de MeSoigner.
  • Éthique : les experts s’interrogent après l’autorisation par la FDA du 1er comprimé connecté

    Quelques mois après que la Food and Drug Administration (FDA) ait approuvé le premier médicament numérique au monde, un comprimé antipsychotique (Abilify MyCite) qui envoie un signal au smartphone auquel il est connecté une fois qu’il a atteint l’intestin du patient, les experts de la e-santé s’interrogent sur les conséquences éthiques du développement des comprimés intelligents.

    Dans une analyse publiée début juillet 2018, Metro World News fait le point sur les opinions qui émergent dans le secteur. Si de nombreux spécialistes pensent que ces « smart » comprimés pourraient considérablement améliorer la qualité des services de santé en permettant de suivre l’état d’un patient en temps réel, voire de prévenir certaines maladies, d’autres sont plus nuancés, doutant de leurs effets supposés révolutionnaires et surtout des réactions des patients, soucieux de la protection de leurs données privées.

    Pour y voir plus clair, Health & Tech Intelligence a regroupé les principaux avis recueillis par le média international auprès d’experts américains.

    Médicaments connectés : une efficacité à nuancer

    L’objectif premier du comprimé connecté approuvé en novembre 2017 par la FDA est d’améliorer l’observance thérapeutique.

    Cependant, les acteurs de la santé manquent de recul pour connaître l’effet réel qu’engendrera la technologie utilisée pour Abilify MyCite. « Plusieurs patients décident sciemment de ne pas prendre leurs médicaments à cause des effets secondaires ou parce qu’ils croient ne plus en avoir besoin », indique notamment Metro World News.

    « Leur succès dépend de la volonté des patients de voir leur prise de médicaments monitorée » (Paul Appelbaum)

    « Les médicaments intelligents sont surtout utilisés chez les patients atteints de maladies et de troubles qui les rendent susceptibles d’oublier de prendre leur médication, en début d’Alzheimer par exemple, explique Paul Appelbaum, directeur de la division du droit et de l’éthique au département de psychiatrie de l’Université Columbia (New York). Ces médicaments pourraient aussi permettre aux médecins de découvrir les oublis de leurs patients et de leur rappeler l’importance de prendre les médicaments. Mais leur succès dépend grandement de la volonté des patients de voir leur prise de médicaments monitorée. Ce n’est pas tout le monde qui est à l’aise avec cette idée. »

    « Il existe un potentiel énorme » (John Torous)

    « Il existe un potentiel énorme, analyse de son côté John Torous, du département de psychiatrie de l’école de médecine de l’Université Harvard. Grâce à des recherches éthiques soignées et à l’implication de la communauté de patients, l’arrivée de médicaments comme MyCite a le potentiel d’aider les gens à éviter de nouvelles hospitalisations. »

    Et d’ajouter : « Ce nouveau type de médicaments a également un potentiel énorme pour les maladies qui ne sont pas liées à la santé mentale. Les informations personnalisées en temps réel sont précieuses dans presque n’importe quel cas. »

    Médicaments connectés et protection de la vie privée

    Le « cœur » du problème (Dolores Malaspina)

    L’utilisation de médicaments connectés pose par ailleurs question en ce qui concerne l’usage des données patients, certains particuliers craignant une récupération commerciale de leurs informations personnelles.

    « La vie privée est au cœur des problèmes, insiste Dolores Malaspina, psychiatre à l’école de médecine Icahn de l’hôpital Mount Sinai (ISMMS), à New York. Le fait de prendre des médicaments monitorés peut sembler restrictif et intrusif. Mais pour certains patients, la simple prise de médicaments [classique] est gage d’indépendance. Sans certains traitements, des personnes aux prises avec des problèmes de mémoire ou d’organisation devraient être hospitalisées ou recourir à une assistance dans leur vie de tous les jours. »

    « La question du contrôle est importante ici. Les droits des patients, y compris le droit de ne pas être médicamentés s’ils ne mettent pas leur vie ou celle des autres en danger, sont primordiaux. Des diagnostics ont été posés à tort envers des prisonniers politiques par le passé. »

    « Les médicaments numériques auront un rôle utile bien que limité » (Paul Appelbaum)

    Malgré ces interrogations d’ordre éthique, certains spécialistes de la santé se réjouissent du développement de ces nouvelles technologies, permettant d’améliorer les échanges entre les médecins et leurs patients mais aussi de proposer des thérapies plus adaptées aux besoins de la personne malade (meilleure gestion de la posologie).

    « Les médicaments numériques auront un rôle utile bien que limité dans le système de santé, estime  Paul Appelbaum. C’est parfait ainsi. Chaque avancée dans les soins offerts aux patients est bénéfique. »

  • PatientTruth : vers des données de santé contrôlées et commercialisables par le patient

    La start-up Embleema a lancé le 17 juillet 2018 PatientTruth, une application fondée sur la technologie de la blockchain et constituant un dossier personnel numérique de santé alternatif au dossier patient officiel.

    Selon Robert Chu, fondateur d’Embleema, PatientTruth a d’abord été conçue dans l’objectif de « rendre aux patients la main sur leurs données médicales » : si elle donne actuellement aux utilisateurs la possibilité de concentrer toutes leurs données de santé sur cette unique application et de faciliter l’échange d’informations avec l’équipe médicale, l’objectif est, à terme, de permettre aux patients de vendre leurs données de santé à des fins de recherche aux industriels ou entités publiques de leur choix.

    Ces informations médicales, collectées par les patients dans leur cadre de vie réel, sont précieuses pour la recherche dont les protocoles actuels, en plaçant les sujets dans un environnement contrôlé, biaisent l’effet réel des molécules testées.

    En outre, en attendant que cette commercialisation des données soit possible à partir de 2019 aux États-Unis, Embleema offre aux patients transférant des données dans PatientTruth une compensation, sous forme de crypto-jetons.

    Fonctionnement de l’application et type de données générées

    A l’heure actuelle en Europe, seules les données générées par les objets connectés Fitbit peuvent être transférées dans l’application : ces informations concernent en particulier des indicateurs de l’activité physique de l’utilisateur (nombre de pas réalisés, distance parcourue par jour, énergie dépensée, nombre d’heures de sommeil, etc.).

    Aux États-Unis, les données recueillies dans le dossier médical numérique (qui sera généralisé en France en 2019) peuvent également être envoyées vers PatientTruth.

    Aussi, les fonctionnalités de l’application d’Embleema permettent à l’utilisateur :

    • de visualiser son historique médical si le patient est Américain ainsi que son activité physique telle qu’elle est mesurée par les objets Fitbit pour tout utilisateur ;
    • de télécharger, d’enregistrer ses documents médicaux dans PatientTruth ;
    • de sécuriser l’accès à ses données par un système d’identification fort et un système de clés de sécurité ;
    • d’ouvrir cet accès aux personnes (professionnels de santé, entités publiques, industries, etc.) de son choix, d’où le développement de l’application à partir du protocole décentralisé des « smart contracts » proposés par la plateforme Ethereum, qui permettent de sécuriser à la fois le recueil et l’échange d’informations. L’utilisateur a ainsi la possibilité de déterminer qui peut accéder à son dossier et sous quelles conditions ;
    • de recevoir des jetons de cryptomonnaie en compensation du transfert dans l’application de ses données de santé et d’indicateurs de son activité physique issus de Fitbit.

    Donner aux patients le contrôle de leurs données de santé

    Fournir un espace sécurisé adapté au recueil de la totalité des données de santé des utilisateurs

    PatientTruth est présentée par ses concepteurs comme garantissant un haut niveau de sécurité : les données transmises dans l’application sont infalsifiables, traçables par le patient, qui peut y visualiser son historique médical complet.

    Les informations médicales des patients, réunies dans une seule application, devraient par ailleurs permettre de favoriser les échanges avec les professionnels de la santé.

    Permettre aux patients de contrôler le partage de leurs informations médicales

    L’application donne aux patients la possibilité de consentir à un partage de leurs données produites en conditions de vie réelles avec des industries pharmaceutiques ou des autorités de santé à des fins de recherche : dans le futur, Embleema souhaite donner la possibilité aux patients de vendre leurs données de santé à des promoteurs d’investigations cliniques au lieu de leur offrir une compensation pour le transfert de leur données dans l’application.

    « La blockchain n’a pas vocation à remplacer le dossier numérique du patient mais à restaurer un équilibre au sein du système de santé en donnant aux patients un moyen de contrôler totalement l’utilisation de leurs données médicales », affirme le Dr John D. Halamka, professeur « innovations en santé » à la Harvard Medical School, CIO au Beth Israel Deaconess Medical Center et membre du conseil consultatif d’Embleema.

    Ces données médicales représentatives de la santé et des pratiques hygiéniques réelles des patients sont en effet précieuses pour la recherche.

    Des données précieuses pour la recherche clinique

    Actuellement, le développement des médicaments est principalement fondé sur des données collectées dans des environnements de recherche, très contrôlés et éloignés de la réalité quotidienne des patients : ces méthodes ne permettent pas de mesurer l’efficacité des molécules testées dans un environnement de vie réel. Aussi, 32 % des médicaments autorisés par la FDA voient leurs indications thérapeutiques, liste de contre-indications ou d’effets indésirables, etc., modifiés en phase 4 des essais cliniques, soit après la commercialisation de la molécule.

    Aujourd’hui, ce suivi des effets du médicament après sa mise sur le marché (phase 4) est également peu efficace : le recueil des données est lent et peu précis, notamment du fait du manque d’implication active des patients dans cette phase, d’après l’entreprise.

    Selon Embleema, la technologie de la blockchain pourrait permettre de partager des données précises avec les équipes de recherche afin d’accélérer le développement de nouvelles molécules thérapeutiques, par exemple.

  • Italie : Europ Assistance lance MyClinic, plateforme de télémédecine basée sur l’IA BewellCheck-up

    Visiomed Group, entreprise française spécialisée dans l’électronique médicale, a annoncé le 17 juillet 2018 le lancement en Italie de MyClinic, la nouvelle offre de consultation médicale virtuelle d’Europ Assistance.

    Basée sur l’intelligence artificielle (IA) de BewellCheck-up (Visiomed), MyClinic est une plateforme web de santé digitale spécialement conçue pour les clients particuliers d’Europ Assistance en Italie et disponible sous forme d’abonnement (MyClinic Classic : 5,50 €/mois ; MyClinic Illimité : 9,90 €/mois).

    L’offre proposée par MyClinic :
    • consultations gratuites avec des médecins généralistes et spécialistes ;
    • accès illimité à BewellCheck-up (système d’analyse des symptômes) ;
    • accès à des tarifs préférentiels pour des consultations et des examens médicaux ;
    • stockage des données de santé actuelles et passées (antécédents médicaux) sur un seul dossier numérique, disponible sur la plateforme.

    Visiomed avait annoncé en octobre 2017 un accord avec Europ Assistance en Italie, qui avait choisi d’exploiter l’expertise technologique du groupe pour mettre en œuvre son nouveau service digital.

    Europ Assistance propose 2 types d’abonnement en Italie

    1. MyClinic Classic : 5,50 €  par mois

    Comprend :

    • 1 profil ;
    • 3 consultations avec un médecin généraliste ;
    • 3 consultations avec un spécialiste ;
    • l’accès illimité à BewellCheck-up ;
    • un carnet de santé numérique ;
    • l’accès à des tarifs préférentiels pour des consultations et examens médicaux.

    2. MyClinic Illimité : 9,90 € par mois

    Comprend :

    • jusqu’à 6 profils ;
    • 100 consultations avec un médecin généraliste ;
    • 100 consultations avec un spécialiste ;
    • l’accès illimité à BewellCheck-up ;
    • un carnet de santé numérique ;
    • l’accès à des tarifs préférentiels pour des consultations et examens médicaux.

    Europ Assistance domine actuellement le marché italien de l’assurance avec plus de 650 000 personnes protégées et plus de 21 millions de personnes assistées depuis 1968, année de création de la filiale italienne du groupe français.

    La succursale italienne propose également ce nouveau service de e-santé à d’autres secteurs d’activité.

    BewellCheck-up : une IA pour analyser rapidement les symptômes

    En 2014, Visiomed Group – basé à Paris et à Boston – est devenu le premier laboratoire d’électronique médicale à intégrer le marché de l’IoT en lançant une série unique d’objets de santé connectés sous la marque BewellConnect®.

    Un système reposant sur 1 100 diagnostics

    BewellCheck-up est un système d’intelligence artificielle et de médecine algorithmique qui repose sur 350 diagnostics de médecine d’urgence et 750 diagnostics de médecine générale. Il a été développé avec une équipe de médecins urgentistes spécialisés dans l’aide à la décision médicale depuis plus de trente ans.

    L’intelligence artificielle de BewellCheck-up permet aux clients d’Europe Assistance d’obtenir des réponses rapides sur leur état de santé. Par le biais d’un questionnaire médical personnalisé en ligne accessible via smartphone, tablette ou ordinateur, ils peuvent faire analyser leurs symptômes (symptom checker Check-up) en cas de besoin. Le système mesure le degré de gravité de la situation et propose une orientation diagnostique, grâce à laquelle l’utilisateur saura s’il a besoin de consulter un médecin en urgence ou non.

  • Inauguration d’une plateforme technologique nationale de recherche en infectiologie et immunologie

    L’infrastructure nationale de recherche Infectious Diseases Models for Innovative Therapies (Idmit) fédérant six organismes et industriels impliqués dans la recherche et le développement technologique a été inaugurée le 26 juin 2018 à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine) au centre CEA Paris-Saclay. 

    Lancé en 2012 par le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), l’Institut Pasteur, l’Université Paris Sud, l’Inserm, l’Agence nationale de la recherche (ANR) et la société Oncodesign, ce projet d’infrastructure aujourd’hui réalisé forme une plateforme technologique innovante réunissant environ 130 scientifiques autour d’équipements de pointe.

    Si cette inauguration intervient dans une période marquée par la mutation des technologies et des pratiques de recherche dans le monde, 60 % de la mortalité pédiatrique et 25 % des décès prématurés chez l’adulte restent liés à des maladies infectieuses, selon le rapport 2013 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
    Dans ce contexte, Idmit vise à faciliter et à accélérer le transfert d’innovations de la recherche fondamentale vers la clinique dans le domaine de la lutte contre les maladies infectieuses : il s’agit de favoriser la concrétisation des résultats fondamentaux obtenus en phase préclinique chez des primates non humains pour mettre en place des voies thérapeutiques ou prophylactiques applicables à l’Homme.

    L’équipement innovant du centre

    Le centre Idmit concentre plusieurs équipements de pointe :

    • un centre de ressources biologiques permettant de gérer, d’archiver et de tracer les échantillons biologiques générés ou utilisés dans les projets de recherche ;
    • une plateforme de cytométrie à même de mettre en évidence de nouveaux marqueurs des cellules du système immunitaire et d’aider à la validation de nouvelles stratégies antivirales ou vaccinales ;
    • une plateforme d’imagerie in vivo comprenant un microscope biphotonique in vivo unique au monde de par sa capacité à produire des clichés en profondeur des tissus et un scanner à rayon X couplé à un appareil de tomographie à émission de positon (PET scan), disponible pour mesurer en 3D et in vivo des activités métaboliques cellulaires et moléculaires, par exemple la distribution d’une molécule dans un corps de primate non humain entier.

    Les enjeux d’une recherche transversale d’excellence

    L’enjeu des recherches menées à Idmit est d’anticiper et d’endiguer les problèmes de santé publique posés par les maladies infectieuses.

    En effet, les installations d’Idmit permettront aux unités de recherche d’étudier une grande variété de maladies et d’agents infectieux (virus du VIH et sida, chikungunya, grippe, fièvre jaune, dengue, Zika, tuberculose, coqueluche, chlamydioses, paludisme, etc.). Il s’agit en particulier : 

    • de comprendre les mécanismes d’interaction entre hôtes et pathogènes, par exemple au moyen des nouvelles techniques d’imagerie en temps réel ;
    • d’analyser, tant à l’échelle moléculaire qu’au niveau cellulaire, le fonctionnement du système immunitaire humain. L’objectif est notamment de faciliter l’élaboration de vaccins et de traitements innovants ;
    • de développer des technologies et méthodes exploratoires des maladies infectieuses ou de l’efficacité prophylactique et thérapeutique des traitements mis en place.

    Financements

    La création de l’infrastructure Idmit a été décidée en 2012. Elle a dès lors bénéficié d’un financement « Infrastructures nationales en biologie et santé » prévu par le Programme biologie et santé des investissements d’avenir (IA) de l’ANR. Ce financement a été renouvelé en 2016 lors de l’évaluation à mi-parcours de l’infrastructure de recherche par un jury international.

    D’autres acteurs ont également participé au financement d’Idmit, dont :

    • la Région Île-de-France, au travers des Contrats de plan État-Région ;
    • l’Europe, par le biais des programmes FEDER ;
    • le groupement d’intérêt scientifique infrastructures en biologie santé et agronomie (GIS IBiSA) :
    • la Fondation Bettencourt Shueller, engagée dans les sciences de la vie, la culture et la solidarité. Le groupe a en particulier choisi de contribuer à l’équipement du centre en tomographe par émission de positions TEP-CT en une zone d’imagerie des équipements de radioprotection. 

  • Imagerie & IA : un big data français de 500 M de dossiers pour concurrencer les GAFA et les BATX

    Le Dr Jean-Philippe Masson, président de la Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR), et le Pr Jean-François Meder, président de la Société française de radiologie (SFR), ont annoncé le lancement du premier « écosystème français de l’intelligence artificielle (IA) dédié à l’imagerie médicale« , en clôture du séminaire « L’IA : rêve ou cauchemar du radiologue » organisé à Lyon par la FNMR le 2 juin 2018.

    Objectif : concurrencer les géants du web dominant actuellement le marché de l’IA. L’écosystème « sera indépendant des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) américains et des BATX (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi) chinois », indiquent les deux spécialistes (source : TICsanté).

    Selon le Dr Masson et le Pr Meder, ce projet permettra d’exploiter un « big data potentiel de plus de 500 millions de dossiers médicaux et libellés, grâce à l’exhaustivité des comptes-rendus radiologiques archivés par les médecins radiologues des services d’imagerie médicale français depuis cinq ans ». La base de données pourrait être utilisée dans le cadre de recherche en IA.
    Les professionnels de santé ont cependant insisté sur l’importance de « répondre au défi médical et technique que représente l’intégration de ce big data », tout en respectant les règles éthiques et législatives en vigueur.

    Un soutien financier de l’État espéré

    Le projet est porté par le Conseil national professionnel de la radiologie française (le G4) regroupant le FNMR, la SFR, le Syndicat des radiologues hospitaliers (SRH), et le Collège des enseignants de radiologie de France (CERF).

    Il s’inscrit dans le cadre du plan français de développement numérique. Le Dr Masson et le Pr Meder espèrent ainsi obtenir « le plein soutien de l’État » et notamment une aide financière de sa part pour mener à bien l’initiative.

    La formation de cet écosystème « permettra d’assurer l’indépendance de la radiologie française en respectant la culture de l’imagerie médicale francophone ainsi que sa vision humaniste [pour] que cette technologie de rupture place toujours le patient au cœur du système de santé », ont-ils argumenté lors du séminaire, qui réunissait des représentants de la société civile et plusieurs experts internationaux issus des communautés scientifiques et politiques.

    Selon 82% des radiologues, l’IA améliore la pertinence des décisions cliniques

    Selon une enquête* de la SFR réalisée avec le soutien de GE Healthcare et publiée en octobre 2017, 82 % des radiologues affirment que l’intelligence artificielle (apprentissage profond/deep learning, apprentissage automatique/machine learning, etc.) peut améliorer la pertinence des décisions cliniques et 80 % estiment qu’elle a le potentiel d’optimiser la productivité.

    Les technologies basées sur l’IA peuvent notamment aider les radiologues à mieux répondre aux problématiques de classification des images médicales, récurrentes dans leur métier.

    * Enquête menée entre juillet et septembre 2017 auprès de 271 répondants.

  • Le consortium M4P lance la constitution d’une base de données sur le diabète en France, Diatabase

    Le consortium M4P, soutenu par la direction générale des entreprises du ministère de l’Économie et des Finances, a annoncé le 12 juillet 2018 le lancement d’un projet de constitution d’une base de données cliniques sur le diabète appelée « Diatabase ».

    Le consortium expert qui porte ce projet regroupe :
    • des associations de professionnels de santé investies dans le diabète, comme le CERITD et le réseau CARéDIAB ;
    • des structures privées et publiques spécialisées dans les technologies numériques, telles qu’Altran, ou dans l’analyse des données, comme OpenHealth et ANT’innov ;
    • le CEA List, à même de fournir une analyse sémantique des données non structurées ;
    • l’Institut Mines Telecom, qui met à disposition sa plateforme Teralab, accélérateur sécurisé de projets de recherche en IA et en data, ainsi que ses méthodes disruptives de tatouage de données ou de traitement du langage naturel.

    Le consortium s’est donné trois ans pour réunir des données sur le diabète issues de diverses sources et démarrer son exploitation dans l’objectif d’améliorer les prises en charge et d’étudier le diabète, qui concerne 3,7 millions de personnes en France, soit plus de 5 % de la population selon les chiffres officiels. La prévalence cette maladie ne cesse par ailleurs d’augmenter et ses complications de constituer un enjeu majeur de santé publique.

    Les données sur le diabète

    Ce projet de Diatabase part du constat suivant : si les systèmes de santé actuels génèrent de très grandes quantités de données de santé sur tous les types de diabètes, que ce soit en ville et à l’hôpital, d’autres données sont produites en dehors de ces systèmes, par les patients eux-mêmes, par des objets connectés, etc. Un archivage de donnée doit donc, pour être exhaustif, prendre en compte de nombreuses sources d’informations.

    Il s’agit donc de constituer et d’industrialiser une banque de données sur le diabète qui soit multi-sources. Ainsi, il est prévu que cette base soit alimentée par des informations issues :

    • de l’hôpital ;
    • de la médecine de ville ;
    • de centres de recherche ;
    • d’objets connectés ;
    • des bases médico-économiques du Système national des données de santé (SNDS) : ce système, créé par la loi de modernisation du système de santé de janvier de 2016, regroupe en particulier les données du SNIIRAM (informations relatives au remboursement des assurés sociaux), celles du PMSI (données sur le suivi de l’activité hospitalière) et celles du CepiDC (recensement sur les causes médicales des décès).

    Objectifs du projet

    Selon le communiqué émanant du consortium, ce projet doit permettre de promouvoir la santé et le bien-être des personnes diabétiques grâce à la progression de la recherche sur le diabète, l’identification de facteurs de risque, l’élaboration d’outils d’aide au diagnostic ainsi qu’au suivi des traitements.

    Le partage d’informations entre les différents acteurs du soin, qu’ils exercent à l’hôpital, en ville ou dans des centres experts, devrait par ailleurs se trouver facilité par la Diatabase.

    « Avec M4P et la Diatabase, nous ambitionnons de favoriser la cohérence de l’accompagnement d’une même personne dans le cadre d’un suivi pluri-professionnel », a ajouté le Pr Brigitte Delemer, chef du service de diabétologie au CHU de Reims et vice-présidente du réseau CARéDIAB également impliqué dans le projet M4P.

  • Guerbet et IBM Watson Health lancent le développement de solutions couplant IA et imagerie médicale

    Guerbet, entreprise française spécialisée dans les produits de contraste et de solutions d’imagerie médicale diagnostique et interventionnelle, a annoncé par communiqué le 10 juillet 2018 la signature d’un accord conjoint exclusif avec la société américaine IBM Watson Health.

    Cet accord porte sur le co-développement d’une gamme à venir de solutions innovantes d’aide à la décision clinique, et en particulier de Watson Imaging Care Advisor for Liver, solution logicielle d’aide au diagnostic qui utilisera l’intelligence artificielle (IA) pour automatiser la détection, la caractérisation, le suivi, la surveillance ainsi que la prédiction de la réponse thérapeutique du cancer du foie primaire et secondaire.

    Une solution logicielle d’imagerie adaptée aux pratiques…

    « L’imagerie est un domaine critique [du secteur des soins] dans lequel nous croyons que l’intelligence artificielle peut être utilisée pour élargir la vision des médecins afin qu’ils aient une plus grande confiance dans leurs décisions de diagnostic et de traitement », a déclaré dans le communiqué Silvano Sansoni, directeur général des ventes à IBM France.

    Watson Imaging Care Advisor for Liver fera partie d’une gamme d’outils d’aide à la décision basés sur l’analyse d’image pour aider les radiologues à établir des diagnostics et à prendre des décisions cliniques. La solution sera par ailleurs compatible avec tout système de visualisation PACS afin de faciliter son intégration directe dans les flux de travail des professionnels de santé.

    … applicable au diagnostic et au suivi du cancer du foie

    L’objectif est de proposer une solution dédiée aux pathologies du foie qui pourrait éviter de recourir à la biopsie, un acte invasif qui est classiquement nécessaire pour caractériser les lésions malignes.

    Le cancer du foie constitue un problème de santé publique de plus en plus fréquent et répandu à l’échelle mondiale. Selon les deux entreprises, l’utilisation de l’intelligence augmentée par les experts de l’imagerie médicale offre l’opportunité de faire face à ce défi.

    Le cancer du foie dans le monde

    Le cancer du foie est la seconde cause mondiale de décès par cancer (chiffre OMS), et le nombre de décès dus à la maladie représente la plus forte croissance des morts liées au cancer aux États-Unis (American Cancer Society). Par ailleurs, 83 % des cas de cancer du foie primaire surviennent dans les pays en développement (Fonds mondial de recherche contre le cancer).

    Le foie est également un foyer très fréquent de métastases, en particulier dans le cas des cancers digestifs, qui causent des métastases chez près de 50 % des patients.

    La plupart des cancers du foie primaire sont diagnostiqués par imagerie. Il s’agit d’un diagnostic complexe qui nécessiterait une meilleure caractérisation ainsi qu’une identification précoce des métastases afin d’augmenter les chances de guérison.