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  • HDH : lancement d’un AMI sur le partage des données industrielles (04/09)

    Favoriser l’exploration et la réutilisation des données

    Après l’adoption du règlement relatif à l’espace européen des données de santé (EHDS) et à l’heure des travaux de préfiguration en cours, notamment ceux menés par un consortium d’acteurs européens emmené par le HDH, la plateforme a commencé sa réflexion sur les conditions de partage des données privées et sur la meilleure manière d’en obtenir des résultats rapides et innovants. Pour ce faire, le HDH s’est associé au laboratoire pharmaceutique Roche et l’entreprise médicale Medipath pour lancer un AMI visant à multiplier des opportunités d’exploration et de réutilisation de données collectées par des acteurs industriels.

    Le but de cet AMI est simple : permettre à des porteurs de projets de soumettre un projet de recherche ou d’innovation en santé utilisant une des sources de données proposées volontairement par Roche et par Medipath, croisées ou non avec la base principale du SNDS. Les 3 bases de données proposées par ces deux partenaires sont :

    • la base PRM (remboursement personnalisé) cancer du sein, qui avait pour objectif lors de sa constitution de 2015 à 2020 de collecter des données en vie réelle relatives à l’usage et l’efficacité des médicaments utilisés dans le cancer du sein, afin de pouvoir faire des propositions concrètes aux autorités de santé d’un ou plusieurs modèles de prix innovants dans le cancer du sein. Roche, qui propose cette base de données, explique que l’utilisation secondaire de ces données pourra servir à “décrire au fil du temps les conditions d’utilisation des produits en vie réelle” ;
    • la base PRM (remboursement personnalisé) cancer du poumon, qui est elle aussi proposée par Roche, et qui avait le même objectif que la base PRM cancer du sein lors de sa constitution de 2015 à 2020, mais concernant l’usage et l’efficacité des médicaments utilisés dans le cancer du sein ;
    • la base “cancer du poumon à non petites cellules et données de biologie moléculaire associées”, proposée par Medipath qui était centrée, lors de sa constitution de 2016 à 2023, sur une population ayant développé un cancer pulmonaire (cancer non à petites cellules). Medipath explique que l’utilisation secondaire de ces données pourra servir à “analyser les comportements, prédire la fréquence d’apparition d’une mutation, déployer de nouvelles stratégies thérapeutiques, développer la médecine de précision ou encore, effectuer un contrôle de surveillance de l’apparition de certaines nouvelles mutations”.

    Jusqu’à 100 000 € par projet lauréat

    Cet AMI va donc servir à dynamiser les actions des acteurs en charge de bases de données. Pour l’occasion, le HDH apporte son concours dans l’accès aux données ainsi qu’un financement, lequel pourra comprendre les moyens nécessaires à la mise en qualité des données par le partenaire industriel concerné. De plus, le HDH indique que parmi tous les projets de recherche et d’innovation qui seront soumis à l’AMI, plusieurs d’entre eux pourront être lauréats et être accompagnés dans la mise en oeuvre du projet, notamment par le biais d’un financement d’un montant d’environ 100 000€ par projet pour une durée de 24 mois. Il indique aussi que les porteurs de projet obtiennent et conservent les droits de propriété intellectuelle des résultats qu’ils génèrent dans le cadre de leur projet de recherche grâce à leur utilisation des données.

    Les candidatures à l’AMI sont d’ores et déjà ouvertes et accessibles via ce lien.

    Déroulement de l’AMI

    Calendrier de l’AMI :

    Ouvert le 19 juin, l’AMI “Partage de données industrielles” sera clos le 4 septembre 2024 à 15h00. Tous les dossiers de candidature doivent être soumis avant cette date limite.

    Critères d’éligibilité :

    📌 La soumission d’un dossier de candidature complet et conforme au format imposé, sous forme électronique sur le site démarches-simplifiées.fr.

    📌 Le projet doit être porté par une personne morale enregistrée en France qui est à jour de ses obligations fiscales et sociales.

    📌 Le projet doit respecter ces conditions :

    • doit porter sur l’exploitation d’une base de données mise à disposition par un industriel partenaire de l’appel à manifestation d’intérêt chaînée ou non à la base principale du SNDS ou à une ou plusieurs autres bases de données ; 
    • doit être d’intérêt public ; 
    • doit comporter la présentation d’une demande avec un budget d’environ 100 000 euros, en sachant que les travaux associés à la demande d’aide ne doivent pas avoir commencé avant l’annonce des lauréats ;
    • doit comporter une proposition d’une assiette éligible de travaux qui ne fait pas ou n’a pas fait l’objet de financements publics hors du cadre du présent appel à manifestation d’intérêt : par l’État, les collectivités territoriales, l’Union européenne ou leurs agences ;
    • doit avoir un déroulement sur une durée ne dépassant pas 24 mois à compter de la date de la signature de la convention de collaboration ;
    • doit comporter la formulation d’une demande d’accompagnement par le Health Data Hub cohérente avec les accompagnements ;
    • doit prévoir le partage en open source de programmes et de documentations ayant un potentiel de réutilisation ;
    • doit avoir une neutralité et ne doit pas donner lieu au dénigrement de l’industriel ou des fabricants associés, le cas échéant, ainsi que de leurs activités, produits, services ou recherches, ni avoir pour objectif direct ou intention de chercher à porter atteinte aux intérêts de l’industriel partenaire (ou de ses fabricants associés) ou de remettre directement en cause la qualité de ses activités, produits, recherches ou services, le partenaire industriel concerné étant consulté sur ce critère d’éligibilité ;
    • doit avoir une faisabilité scientifique au regard des données effectivement disponibles dans la base de données identifiée de l’industriel partenaire concerné et de la qualité suffisante de ladite base. 

    Critères de sélection :

    La sélection des projets s’appuiera prioritairement sur les critères suivants :

    • Bénéfices attendus :
      • Justification de l’intérêt public et de l’intérêt scientifique du projet et de son livrable (motivation de la recherche, mise en exergue de l’enjeu social et/ou sanitaire et/ou environnemental sous-jacent, bénéfices médico/économiques prévisionnels explicites).
      • Pertinence du projet vis-à-vis de la base sélectionnée.
      • Problématique claire : définition de la pathologie, population ciblée. 
         
    • Caractère innovant du projet :
      • Positionnement et valeur ajoutée par rapport à l’état de l’art.
      • Pertinence de la réalisation d’un chaînage de la base de données de l’industriel partenaire à la base principale du SNDS ou  – le cas échéant – à un entrepôt de données dans le cadre de ce projet.
         
    • Faisabilité et réalisme technique du projet :
      • Vision cible claire et jalonnée.
      • Description détaillée de l’approche algorithmique et méthodologique.
      • Pertinence des données mobilisées en adéquation avec l’objectif.
      • Réalisme du budget et adéquation avec les jalons.
      • Principaux postes de dépenses clairement détaillés.
      • Maîtrise des risques associés au projet et mitigations associées.
         
    • Capacité du(des) porteur(s) à réaliser le projet et maturité du projet :
      • Expérience et implication de l’équipe projet.
      • Adéquation de l’équipe avec l’ambition du projet.
      • La présence de premiers résultats déjà disponibles attestant de la crédibilité du projet est un plus.
      • Compréhension et avancement dans les démarches réglementaires.
         
    • Open science :
      • Caractère réutilisable des éléments proposés en partage en open source avec licence permissive.
         
    • Dimensionnement et pertinence de l’accompagnement demandé :
      • Pertinence de la demande d’accompagnement et de financement auprès du Health Data Hub.

     

  • Mon espace santé : des résultats pas encore satisfaisants, selon la Cour des comptes

    Une initiative d’envergure

    Prometteur mais coûteux, le carnet de santé numérique souffre encore d’un manque d’appropriation tant par les usagers que par les médecins. En janvier 2024, seulement 15 % de ces comptes avaient été activés. Depuis, Le projet “Mon espace santé” a enregistré l’ouverture automatique de 65,1 millions de comptes pour les assurés sociaux. Le dossier médical partagé, composante principale de cet espace numérique, inclut des informations telles que les traitements prescrits, les ordonnances électroniques, les résultats de biologie médicale, les comptes rendus d’examens d’imagerie, et d’autres documents pertinents. À cela s’ajoutent des services complémentaires comme une messagerie sécurisée, pour communiquer avec les professionnels de santé, et un agenda pour gérer les rendez-vous médicaux. Malgré ces avancées, le rapport de la Cour des comptes identifie plusieurs défis.

    Les médecins encore réticents :

    L’implication des professionnels de santé, notamment des médecins libéraux, reste insuffisante. Beaucoup de médecins expriment des réserves sur la complexité des logiciels nécessaires pour alimenter les dossiers médicaux partagés et sur l’ergonomie de ces outils. Cette réticence limite l’efficacité du projet. Le succès de Mon espace santé dépend largement de l’engagement des professionnels de santé pour alimenter et utiliser les dossiers.

    L’enjeu de la sécurité des données :

    Avec l’intégration d’applications tierces développées par des acteurs privés ou publics, la protection des données personnelles de santé est primordiale. ces applications doivent être en mesure de  garantir la sécurité des informations et leur interopérabilité avec le dossier médical partagé, cela sous réserve de l’accord des utilisateurs. La Cour des comptes insiste sur la nécessité de vérifications rigoureuses pour assurer que les conditions de sécurité sont respectées, notamment en ce qui concerne les données transférées hors de l’Union européenne.

    Les recommandations de la Cour des comptes

    Financièrement, le projet mobilise des moyens considérables. La Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) prévoit un budget de 0,7 milliard d’euros pour le développement des applicatifs du dossier médical partagé, de la messagerie sécurisée et de l’agenda partagé, jusqu’en 2027. À cela s’ajoutent des dépenses prévues au titre du Ségur du numérique, avec une enveloppe totale de 2 milliards d’euros, destinée notamment à la mise à jour des logiciels professionnels pour assurer leur compatibilité avec Mon espace santé.

    Le rapport de la Cour des comptes souligne l’importance d’augmenter le taux d’activation des comptes par les usagers, car l’utilisation effective de la plateforme est essentielle pour atteindre ses objectifs. Actuellement, la faible activation limite l’utilisation des fonctionnalités telles que la messagerie sécurisée et les actions de prévention personnalisées.

    Pour garantir le succès de Mon espace santé, la Cour des comptes préconise de :

    • modifier les conditions de référencement des logiciels des médecins libéraux pour permettre l’alimentation automatique des dossiers médicaux partagés ;
    • faire de la consultation des dossiers médicaux partagés un critère pour l’attribution des dotations d’incitation financière à la qualité aux hôpitaux ;
    • prévoir des moyens adéquats pour assurer l’atteinte des critères de sécurité par les éditeurs d’applications tierces ;
    • et garantir la protection des données personnelles transférées hors de l’Union européenne lors de l’utilisation de ces applications.

     

  • Etude : les alertes générées par IA aux urgences réduisent le nombre de décès (Critical Care Medicine)

    Des alertes pour réduire les besoins de soins intensifs

    Les questions de fluidification des soins aux urgences et de prise en charge rapide pour éviter toute détérioration de l’état de santé font l’objet de multiples recherches, où l’IA est régulièrement mise à contribution pour atteindre de tels objectifs.

    Des chercheurs de l’Icahn School of Medicine du Mount Sinaï se sont récemment penchés sur la question. « Nous voulions voir si des alertes rapides générées par l’IA et le machine learning, entraînées sur de nombreux types de données patient, pouvaient aider à réduire à la fois la fréquence des besoins en soins intensifs et les chances de décès à l’hôpital », a déclaré Matthew A. Levin, auteur principal de l’étude, professeur d’anesthésiologie, de médecine périopératoire et de gestion de la douleur, ainsi que de sciences génétiques et génomiques, à l’Icahn Mount Sinai.

    Concrètement, ils ont donc mené une étude rétrospective non randomisée sur 2 740 patients adultes admis dans quatre unités médico-chirurgicales du Mount Sinai Hospital à New York. Ils ont été divisés en deux groupes : l’un a reçu des alertes en temps réel basées sur la probabilité prédite de détérioration, envoyées directement à leurs infirmières et médecins ou à une “équipe d’intervention rapide” composée de médecins de soins intensifs ; et dans l’autre groupe, les alertes ont été créées mais pas envoyées. Les auteurs de l’étude avaient émis l’hypothèse que les alertes générées en temps réel par machine learning réduiraient le phénomène d’escalade. Ils ont également observé l’impact de ces alertes générées par l’IA sur la fréquence des ordonnances ainsi que sur la mortalité à l’hôpital à 30 jours.

    Les résultats de cette étude ont été publiés, avec un éditorial associé, le 13 juin dans la revue Critical Care Medicine.

    Résultats : une réduction significative de la mortalité

    • Le taux d’escalade était de 12,3 dans le groupe IA contre 11,3 pour 1000 jours-patients dans le groupe contrôle. Ce qui ne constitue pas une différence significative.
    • Les patients hospitalisés étaient 43 % plus susceptibles de voir leurs soins intensifiés.
    • Les patients du groupe d’intervention étaient plus susceptibles de recevoir des ordonnances de médicaments cardiovasculaires (16,1% contre 11,3%).
    • La mortalité combinée à l’hôpital et à 30 jours dans le groupe recevant les alertes était de 7% contre 9,3% dans le groupe sans alertes, ce qui constitue une différence significative.

    Au vu de ces résultats, l’hypothèse principale des chercheurs n’a donc pas été confirmée. « Nous avons constaté que les alertes en temps réel n’ont pas réduit le taux d’escalade », écrivent ces derniers. En revanche, ce système d’alerte en temps réel a accéléré les transferts en en soins intensifs dans les 12 à 24 heures suivant l’alerte.

    Pas de lassitude liée aux alertes

    Par ailleurs, plusieurs études antérieures ont mis en évidence un phénomène d’accoutumance aux alertes de la part des soignants. Dans cette étude, la stratification des alertes de niveau inférieur pour les infirmières principales et des alertes de niveau supérieur pour les équipes d’intervention rapide ont permis de limiter la « fatigue » liée aux alarmes.

    Cependant, comme l’étude a dû être arrêtée prématurément à cause de l’apparition de la pandémie de COVID-19, seulement 44% des patients prévus ont été inscrits, ce qui a limité la puissance statistique. Des études supplémentaires sont donc nécessaires pour déterminer si ces résultats sont durables et reproductibles.

     

    * Real-Time Machine Learning Alerts to Prevent Escalation of Care: A Nonrandomized Clustered Pragmatic Clinical Trial.

    Levin, Matthew A. MD1–3; Kia, Arash MD1,4; Timsina, Prem PhD4; Cheng, Fu-yuan MS4; Nguyen, Kim-Anh-Nhi MS4; Kohli-Seth, Roopa MD5; Lin, Hung-Mo ScD6; Ouyang, Yuxia PhD1; Freeman, Robert RN, MSN, NE-BC4; Reich, David L. MD1.

    Critical Care Medicine 52(7):p 1007-1020, July 2024. | DOI: 10.1097/CCM.0000000000006243

     

  • Soins d’accompagnement : accessibilité territoriale, formation et recherche, parmi les objectifs de la stratégie décennale

    Rattraper le retard de la France

    Présenté le 22 mai par Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités, Sylvie Retailleau, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Frédéric Valletoux, ministre délégué à la Santé et à la Prévention, la stratégie 2024-2034 pour organiser « un modèle français des soins d’accompagnement » vise à répondre à une situation critique du secteur :

    • la France occupe la quinzième place au sein de l’OCDE en termes de densité des SP ;
    • 190 000 personnes sont prises en charge, ce qui ne couvre que 50 % des besoins, alors qu’en 2035, les besoins seraient de 440 000 personnes, soit 15 % d’augmentation, selon la Cour des Comptes ;
    • seulement 10 000 soignants (médecins, infirmiers, aides-soignants) sont spécialisés en SP ;
    • et seulement 5 maitres de conférence des universités-praticien hospitaliers (MCU-PH) et 4 praticiens hospitalo-universitaires en France.

    Un modèle adapté aux réalités du pays

    L’objectif de la stratégie est de sortir d’une “concentration des moyens sur les SP en fin de vie, pour développer une prise en charge de ces patients” de manière à d’abord les soutenir et accompagner la prise en charge thérapeutique, puis la fin de vie. Cela passera par une triple évolution :

    • en favorisant, dès le diagnostic, une prise en charge adaptée et anticipée de la personne malade et de son entourage par une équipe pluridisciplinaire ;
    • en renforçant l’accompagnement des patients par une prise en charge globale tant médicale que sociale et à proximité de chez soi ;
    • et en soutenant l’émergence d’une filière de formation universitaire en médecine palliative et d’accompagnement pour les médecins et les soignants.

     4 objectifs stratégiques déclinés en 30 mesures

    1️⃣ Un accès plus juste aux soins d’accompagnement sur tout le territoire (mesures 1 à 15) :

    • faire valoir les droits des patients :
      • en renforçant notamment la connaissance des droits (directives anticipées, personne de confiance ;
      • en inscrivant le droit de visite en établissement dans la loi ;
      • en prévoyant un plan d’accompagnement personnalisé pour chaque patient ;
    • renforcer l’offre de soins, par filière et par territoire, pour répondre aux besoins croissants de prise en charge :
      • en soutenant et développant les dispositifs actuels par des moyens supplémentaires (Recrutements, lits hospitaliers, HAD, équipes mobiles) ;
      • en créant une unité de soins palliatifs pédiatriques par région ;
      • en développant les structures « douleur chronique » (8 structures en 2024-2025) ;
      • en créant de maisons d’accompagnement hybrides entre l’hôpital et le domicile ;
      • en renforçant la qualité de la prise en charge palliative en ESSMS qui devront tous conventionner avec des acteurs spécialisés d’ici 2030.

    2️⃣ Mobiliser l’ensemble de la société  (mesures 16 à 25) :

    • mobiliser les aidants et les bénévoles :
      • en reconnaissant leur bénévolat d’accompagnement et de service ;
      • en renforçant les capacités des plateformes d’accompagnement et de répit ;
    • mobiliser et organiser les territoires (mesures 20 et 21) :
      • chaque ARS développera un Plan territorial des soins d’accompagnement (mesure 20) avec les collectivités, 500 gestionnaires de parcours pour une meilleure lisibilité et coordination des dispositifs par les patients ;
    • mieux accompagner le deuil en simplifiant le parcours des familles endeuillées, en les accompagnant ainsi que les professionnels de santé.

    3️⃣ Développer la formation et la recherche (mesures 26 à 28) :

    • recruter des universitaires dans chaque université :
      • 100 postes de chef de clinique en 2024 ;
      • 100 postes d’universitaires titulaires, 10 par an à partir de 2025 ;
      • postes d’assistants spécialiste ;
    • donner une réelle reconnaissance universitaire à la médecine palliative et d’accompagnement par la création d’un diplôme d’études spécialisée de médecine palliative et soins d’accompagnement ;
    • développer et soutenir la recherche pour faire émerger 3 équipes de recherche médicale (Inserm) ou de sciences humaines.

    4️⃣ Piloter tous les acteurs (mesures 29 et 30) :

    • créer un comité scientifique d’orientation de la recherche et de formulation des bonnes pratiques ;
    • mettre en place une instance de gouvernance, de pilotage et d’évaluation de la stratégie.

    Chiffres clés des soins d’accompagnement en France :

     Capacité en SP 2021

    • Unités SP : 33 266 patients
    • Lits identifiés SP : 40 030
    • Soins de suite et réadaptation : 1 7671
    • Pris en charge hospitalière MCO : 7 297
    • Hospitalisations courte durée : 3 039
    • Hospitalisations à domicile :4 6371
    • Hôpital de jour : 2 137
    • Soins de ville : 52 000
    • Equipes mobiles de SP : 23 000
    • Ehpad et SSIAD : non disponibles

    A venir :

    • 460 lits supplémentaires de soins palliatifs (unité de soins palliatifs) d’ici 2034
    • 18 nouvelles unités de soins palliatifs pédiatriques pour les prises en charge les plus complexes dans les régions qui n’en disposent pas
    • 412 EMSP (équipes mobiles)  15 supplémentaires dès 2024, puis ouverture de nouvelles équipes pour ensuite couvrir tout le territoire
    • 50 000 personnes supplémentaires prises en charge en hospitalisation à domicile d’ici 2034.
    • 274 structures douleur chronique (SDC) existantes et ouverture de 12 nouvelles exclusivement pédiatriques et 15 nouvelles à dominante oncologique à venir.
    • 300 postes universitaires créés dans le cadre de la stratégie.
    • 400 plateformes d’accompagnement et de répit d’ici 2026 pour accompagner les aidants (contre 296 actuellement).

     

    Photographie des effectifs de patients pris en charge en 2021 - @ Stratégie décennale des soins d'accompagnement
    Photographie des effectifs de patients pris en charge en 2021 – @ Stratégie décennale des soins d’accompagnement
  • CNS : une nouvelle charte « engagés pour la e-santé » et un plan d’action pour les DM en santé mentale

    Des objectifs de la feuille de route 2023-2027 déjà atteints

    Comme tous les six mois depuis 2016, les acteurs publics et privés de la e-santé se sont réunis au ministère chargé de la Santé et de la Prévention, le 18 juin 2024, à l’occasion de la 11e édition du CNS. Ce conseil se veut être un temps de concertation et d’échanges pour faire un état des lieux du secteur en France. C’est aussi l’occasion pour communiquer des annonces qui ont vocation à faire progresser le numérique en santé.

    L’évènement a, par ailleurs, été l’occasion pour la DNS de faire un point sur la progression de la feuille de route du numérique en santé 2023-2027, qui est décliné en 4 axes, 18 priorités et 65 objectifs dont certains qui ont déjà été atteints, comme :

    • le déploiement du programme Care ;
    • le renforcement de la souveraineté de l’hébergement des données de santé ;
    • ou encore la publication de la cartographie des services numériques régionaux mis en œuvre par les ARS et les Grades, avec les niveaux de maturité à la doctrine, des synergies et des premières perspectives de décommissionnement prévues.

    D’autres objectifs sont encore au stade de réflexion. C’est le cas notamment :

    • de la fonctionnalité qui permettra de donner aux patients la possibilité de choisir les médecins qui pourront accéder à leur “espace santé” ;
    • du lancement d’un groupe de travail du CNS sur les transports sanitaires ;
    • ou encore du développement de fonctionnalités de prévention et de gestion populationnelle dans les logiciels de professionnels de santé.

    Insister sur l’échange entre industriels et pouvoirs publics

    La charte “engagés pour la e-santé” qui lie les entreprises de la santé et les pouvoirs publics a pour objectif de “définir les principes partagés, ainsi que les engagements respectifs des pouvoirs publics, d’une part, et des industriels, d’autre part”. Après une première charte signée en 2021 et le déploiement des référentiels et services socles au terme de la vague 1 du Ségur numérique, les deux parties ont signé cette nouvelle version qui les lie par 10 engagements respectifs chacun, ainsi que par des principes partagés : le maintien d’un climat de confiance mutuelle, de concertation et de co-construction des étapes à franchir dans le cadre de la feuille de route du numérique en santé, ainsi que le partage des valeurs éthiques et humanistes qui “animent l’ensemble des travaux”.

    Parmi les 10 engagements des pouvoirs publics :

    • continuer à consulter les entreprises du numérique en santé lors de l’élaboration des référentiels et services socles, à chaque évolution, dans le respect des standards internationaux ;
    • mettre à disposition un outil gratuit permettant l’évaluation écologique de leur service numérique en santé ;
    • et mettre en œuvre de conditions nécessaires à la formation initiale de l’ensemble des professionnels de santé aux enjeux du numérique et aux référentiels et services régaliens.

    Du côté des industriels, les engagements sont plus centrés sur les outils et solutions qu’ils développent. Ils s’engagent notamment à :

    • améliorer en continu la résilience de leurs solutions aux risques cyber ;
    • partager de façon sincère et transparente la charge associée et les délais de mise en conformité aux exigences des référentiels de sécurité, d’interopérabilité et d’éthique rendus opposables par la puissance publique ;
    • ou encore accompagner les professionnels de santé clients dans le respect des principes d’éthique, de sécurité et de protection des données personnelles.

    De manière générale, les deux parties prenantes s’engagent à œuvrer pour un échange continu entre l’industrie et les pouvoirs publics.

    Soutenir la transformation numérique de la médecine de ville :

    Un autre partenariat a été signé lors de cette onzième édition du CNS : la DNS et l’association 100000médecins.org ont annoncé une collaboration qui va s’étendre sur une durée de trois ans, dans le but de soutenir la transformation numérique de la médecine de ville.

    Concrètement, après avoir constaté que les professionnels de santé avaient un niveau de connaissance très variable au sujet des outils numériques – qui sont devenus, depuis plusieurs années, une “partie intégrante du quotidien des médecins libéraux” -, l’association et la DNS s’associent pour permettre aux médecins de se saisir de ces solutions et de contribuer directement à leur évaluation et à leur évolution.

    4 axes pour faire émerger des innovations en santé mentale

    Pour “faire émerger des technologies de santé numériques innovantes en santé mentale et en psychiatrie” et assurer l’accès aux dispositifs médicaux numériques (DMN) “permettant de répondre aux besoins (non couverts ou partiellement couverts) des patients, des aidants et des professionnels pour la prévention, le diagnostic, la prise en charge, le suivi et le rétablissement dans le champ de la santé mentale”, le Plan d’action du Grand Défi “DMN numériques en santé mentale” a été mis à l’honneur et présenté par la DNS. Pour rappel, la santé mentale et la psychiatrie sont des priorités de santé publique.

    Construit à la suite de l’audition de 153 acteurs et en concertation avec le comité d’experts du Grand Défi mis en place début 2024, ce plan d’action se décline en 4 axes :

    • 1️⃣ innovation et recherche sur les DMN en santé mentale et en psychiatrie ;
    • 2️⃣ génération de preuves et évaluation de l’intérêt des DMN en santé mentale et en psychiatrie ;
    • 3️⃣ prise en charge, intégration dans la pratique, adoption par les usagers des DMN en santé mentale et en psychiatrie ;
    • 4️⃣ sensibilisation et formation des usagers et des professionnels

     

  • Expérience patient : quel apport du numérique et quel impact pour les organisations ? (état des lieux, études, cartographies)

    Contexte de l’expérience patient : retour sur les dates clés et les enjeux de l’expérience patientHealth & tech Intelligence  met en lumière l’importance croissante de l’expérience patient dans les politiques de santé françaises à partir des années 2016. Notamment à travers la stratégie “Ma Santé 2022”, premier jalon de la mise en avant de l’expérience patient dans les organisations. Par ailleurs, l’intégration des mesures PROMs et PREMs pour évaluer la qualité des soins et la satisfaction des patients vise à renforcer la transparence et l’autonomie des décisions des usagers. L’initiative du “patient traceur” est présentée comme une méthode pour évaluer et améliorer les pratiques de soins, en se basant sur les retours et perceptions des patients pour une prise en charge optimisée et centrée sur leurs besoins.

    👉 Dans cet article, H&TI fait le point sur :

    • la définition de l’expérience patient et celle du patient traceur ;
    • les dates clés en France ;
    • les enjeux de l’expérience patient.

    Mesure de la satisfaction et de l’expérience patient : regards croisés de la HAS, de l’OCDE et du Leem

    Dans un entretien accordé à Health & Tech Intelligence, Dr Laetitia May souligne que pour maximiser l’impact d’e-Satis, il est important de promouvoir une participation accrue des patients à tous les niveaux de soins, avec une implication de corps médical et paramédical. Cela nécessite une sensibilisation continue et un engagement des équipes pour assurer une réponse adéquate aux questionnaires pour la qualité des soins et le bien-être des patients.

    👉 Dans cet article, H&TI fait le point sur :

    • le regard de la HAS à travers le questionnaire e-Satis ;
    • le rapport du Leem (2022) et la perspective de l’industrie pharmaceutique sur l’expérience patient ;
    • et le rapport de l’OCDE à travers une étude européenne sur l’enjeu de l’échange des données.

    Focus solution : l’utilisation de l’IA pour l’analyse des verbatims

    Health & Tech Intelligence a assisté à la présentation par Daniel Ritter lors de la journée “Quel impact du numérique dans la filière industrielle du DM”, où il a présenté la solution Better World. La solution est spécialisée dans la collecte, l’analyse et l’exploitation des retours patients.

    👉 Dans cet article, H&TI fait le point sur :

    • la nature de la solution ;
    • ses principales fonctionnalités.

    Etude : une standardisation nécessaire des méthodologies de mesure de l’expérience patient

    Cette étude scientifique rédigé par Anna Lena Friedel et al, vise à éclairer les méthodologies et l’importance de ces mesures malgré les défis de comparabilité entre pays et les problèmes méthodologiques. En examinant les données provenant de pays tels que l’Allemagne, la Suède, le Royaume-Uni et les États-Unis, l’étude cherche à identifier des opportunités pour améliorer la collecte, la publication et l’utilisation des commentaires, avis et évaluations que les patients fournissent sur leur expérience de soins.

    👉 Dans cet article, H&TI fait le point sur :

    • la difficulté des comparaisons ;
    • les standards internationaux ;
    • et la distinction entre expérience et satisfaction patient.

    Cartographies

    Cartographie des solutions de l’expérience patient :

    Les PREMs et les PROMs  sont promus par la HAS pour enrichir la compréhension de l’expérience des patients et intégrer leurs retours dans l’amélioration continue des soins. Des solutions comme Zedoc, MyPath, et Awell health jouent un rôle clé dans la personnalisation des traitements et l’amélioration de l’expérience patient en temps réel. D’autres solutions comme EntendsMoi ou Better World permettent d’analyser les verbatims des patients.

    👉 Dans cet article, une analyse de l’offre existante aujourd’hui et une cartographie des innovations disponibles.

    Cartographie des acteurs de l’expérience patient :

    Les associations cherchent à recentrer la prise en charge sur le patient, promouvant son rôle actif dans son parcours de soins. En France et à l’international, des initiatives telles que celles portées par France Assos Santé et l’association Shared Patient Experience œuvrent pour intégrer l’expérience patient, tandis que l’Institut français de l’expérience patient (Ifep) et des outils comme e-Satis de la HAS encouragent les établissements de santé à améliorer la satisfaction et l’accompagnement des patients tout au long de leur séjour.

    👉 Cette cartographie H&TI permet de comprendre les articulations entre ces différentes organisations.

    Comparaison internationale des initiatives autour de l’expérience patient selon les pathologies de l’institut Ichom à travers le monde :

    Le panorama met en lumière une diversité d’initiatives internationales visant à améliorer l’expérience des patients à travers 45 pathologies. On note une concentration notable dans des spécialités comme la psychiatrie, la neurologie, l’oncologie, et la cardiologie. Les États-Unis dominent le paysage des initiatives avec 273 projets en cours, tandis que la France, en comparaison, affiche un retard marqué avec seulement 9 initiatives.

    👉 Cette comparaison H&TI permet de visualiser la maturité des initiatives à travers le monde à travers le prisme des 45 pathologies.

     

    Données clés de l’étude Expérience Patient @ H&TI
  • Panorama des solutions numériques destinées à l’expérience patient

    Promotion des PREMs et PROMs par la HAS

    Les PREMs (patient-reported experience measures) et les PROMs (patient-reported outcomes measures) sont promus par la HAS (Haute Autorité de Santé) et permettent de mieux comprendre l’expérience des patients et d’intégrer leurs retours dans l’amélioration continue des soins.

    Comme vu dans l’article de contexte de cet indicateur, les PREMs évaluent l’expérience des patients dans les soins, tandis que les PROMs mesurent les résultats perçus par les patients. Les plateformes de gestion des parcours de soins occupent une place prépondérante dans la personnalisation des soins et l’amélioration de l’expérience patient. Des solutions comme Zedoc, Mypath, et Awell health intègrent les PROMs et les PREMs pour recueillir des données en temps réel sur les patients. Ces plateformes permettent une analyse approfondie des données cliniques et des retours des patients, facilitant ainsi l’adaptation des plans de traitement en fonction des besoins individuels.

    Des indicateurs qualitatifs pour une meilleure compréhension :

    En complément de ces mesures quantitatives, des indicateurs qualitatifs sont également utilisés, tels que des enquêtes de perception et des enquêtes flash. Ces outils permettent de questionner l’organisation et de recueillir des retours immédiats et directs des patients. Par exemple, le questionnaire e-Satis de la HAS est l’outil pour suivre la satisfaction et l’expérience des patients hospitalisés permettant de certifier la qualité des soins. Il offre aux établissements la possibilité de se comparer entre eux et d’identifier des axes d’amélioration à partir de l’analyse des commentaires des patients.

    Collaboration avec les start-ups pour des solutions innovantes :

    L’AP-HP (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris) collabore avec plusieurs start-ups pour développer ces outils. Parmi celles-ci, Skezi, une start-up cofondée par l’AP-HP et l’Université Paris-Cité en décembre 2020, se distingue par son logiciel de collecte de données dynamiques, Skezia. Ce logiciel est utilisé pour suivre la cohorte ComPaRe (Communauté de patients pour la recherche) et est commercialisé sous le nom Skezia.

    La start-up a lancé Skethis, un observatoire sous forme de communauté d’individus en ligne. Skethis permet de générer des données sur la qualité de vie et d’identifier les points d’amélioration. Cet observatoire, qui ne cesse de croître, a pour objectif de promouvoir une homogénéité des données en collaborant avec divers centres de l’AP-HP et d’autres établissements de santé.

    73 % des Français sont favorables à la mise en place d’outils digitaux pour améliorer leur parcours patient à l’hôpital

    La place du numérique dans l’expérience patient est indéniable, selon le « baromètre santé 360 » d’Odoxa, 73 % des Français sont favorables à la mise en place d’outils digitaux pour améliorer leur parcours patient à l’hôpital avec une adoption croissante de solutions innovantes ciblant divers bénéficiaires. En effet, 87 % des solutions de notre panorama passent par l’intermédiaire de plateformes numériques.  Parmi les solutions répertoriées, 88,2 % sont destinées aux professionnels de santé, 58,8 % aux administrations de santé, et 19,6 % aux familles. Ces chiffres illustrent une approche holistique visant à améliorer la qualité des soins et l’expérience des patients. Les types de solutions sont également variés, allant des solutions de télésanté, comme celles proposées par Remecare et Datos health, aux solutions de communication médicale, gestion de parcours de soins..

    33,8 % des solutions consacrées à l’information et l’éducation des patients :

    Un autre chiffre clé est que 33,8  % des solutions sont dédiées à l’information et à l’éducation des patients. Ces plateformes fournissent des contenus éducatifs, des vidéos, des brochures et des outils interactifs pour aider les patients à mieux comprendre leurs conditions de santé et à prendre des décisions éclairées. Cette forte proportion souligne l’importance de l’autonomisation des patients dans le processus de soins.

    Répartitions des solutions du panorama par segments :

    Répartition des solutions par segments @ H&TI

    29 % des solutions axées sur la gestion du parcours de soins :

    La gestion du parcours de soins représente une part significative du marché de la santé numérique, avec 29 % des solutions dédiées à ce domaine. Ces plateformes permettent une coordination des soins, intégrant des dossiers médicaux électroniques et facilitant la communication entre les différents acteurs de santé. Elles offrent des parcours personnalisés, améliorant ainsi l’efficacité des traitements et la satisfaction des patients.

    Champs d’application des solutions du panorama :

    Champs d’application des solutions d’expérience patient @ H&TI

     

    L’expérience patient débute en ligne

    L’édition HIMSS2024, placée sous le thème « Créer la santé de demain », a mis en avant les innovations visant à améliorer l’expérience patient. L’expérience patient commence en ligne. De plus en plus de patients attendent des services numériques tels que la prise de rendez-vous, le paiement des factures, et l’accès à des contenus thérapeutiques. Ces technologies doivent faciliter les échanges d’informations et les connexions humaines, renforçant ainsi les relations entre patients et professionnels de santé.

    Des plateformes comme PatientsLikeMe offrent un espace où les patients peuvent partager leurs expériences, suivre leurs symptômes et trouver des traitements efficaces. Ces communautés en ligne facilitent le soutien mutuel entre les patients et permettent une participation active à des recherches visant à améliorer les soins de santé. Le partage d’expériences contribue à une meilleure compréhension des maladies et à l’amélioration continue des pratiques cliniques.

    Les établissements de santé investissent dans des plateformes interactives et des applications mobiles qui permettent de récolter les retours des patients en temps réel. Cette approche proactive, par opposition aux enquêtes de satisfaction traditionnelles, permet de co-construire les parcours de soins avec les patients.

    Les outils bureautiques comme composante fondamentale :

    Bien que les outils bureautiques ne soient pas inclus dans le panorama des solutions numériques de santé, ils jouent un rôle important dans la gestion des données des patients. Ces outils permettent de créer des questionnaires personnalisés que les patients peuvent remplir, facilitant la collecte de données PROMS et PREMS. Les plteformes tels que Microsoft forms et Google forms sont encore souvent utilisés pour concevoir et distribuer ces questionnaires. Ils offrent une flexibilité et une simplicité d’utilisation qui complètent les solutions numériques de santé. En intégrant ces outils dans les systèmes de gestion des soins, les professionnels de santé peuvent améliorer l’efficacité de la collecte de données et obtenir des insights précieux pour affiner leurs stratégies de soins.

    41 % des solutions intègrent de l’IA :

    L’intelligence artificielle (IA) est prépondérante, intégrée dans 41 % des solutions du panorama. L’IA est utilisée pour analyser les données des patients, prédire les résultats de santé, et personnaliser les traitements. Les technologies telles que le machine learning (ML) et le traitement du langage naturel (NLP) sont couramment employées pour traiter de grandes quantités de données et fournir des insights actionnables aux professionnels de santé.

    Tableau détaillé du panorama de solutions

    👉 Pour accéder à la base de donnée des solutions, cliquer sur le tableau interactif ci-dessous :

  • Etude : une standardisation nécessaire des méthodologies de mesure de l’expérience patient (Healthcare)

    La difficulté des comparaisons internationales

    L’expérience et la satisfaction des patients concernant leur parcours de soin et leur traitement deviennent des indicateurs de qualité de plus en plus importants pour les systèmes de santé à travers le monde. La mesure de ces paramètres fait cependant face à de nombreux défis, méthodologiques notamment. Cette étude comparative des approches européennes et américaines vise à expliquer les processus de mesure, de publication et d’utilisation des données sur l’expérience, ainsi qu’à déterminer des pistes d’amélioration. Elle porte sur les articles publiés entre 2000 et 2021 à propos des retours et témoignages des patients sur les réseaux sociaux mais aussi de l’influence des caractéristiques sociodémographiques et hospitalières sur leur satisfaction. Ses résultats montrent que bien que la collecte de données soit efficace, la diversité des questionnaires rend la comparaison internationale difficile.

    L’étude recommande l’utilisation de questionnaires plus uniformisés et mis à jour régulièrement pour améliorer la comparabilité et la validité des résultats. Elle souligne, par ailleurs, que les réseaux sociaux sont considérés comme une source de plus en plus importante de retours des patients. Malgré les efforts déjà en place, il existe un potentiel d’amélioration significatif dans la collecte et l’utilisation des données sur l’expérience et la satisfaction des patients. Des initiatives internationales visant à unifier les méthodes de mesure devraient être poursuivies pour obtenir des résultats plus comparables et exploitables.

    Résultats

    L’étude examine la mesure de l’expérience et de la satisfaction des patients dans des pays avec des systèmes de santé très développés en Europe (Allemagne, Suède, Finlande, Norvège, Royaume-Uni) et aux États-Unis. Ses principaux résultats sont les suivants :

    📌 Collecte de données :

    Tous les pays étudiés collectent bien les données sur la satisfaction et l’expérience des patients et les rendent disponibles publiquement. Cependant, les différents questionnaires utilisés rendent la comparaison des résultats difficile et les conséquences tirées de ces données restent en grande partie floues.

    📌 Problèmes de comparabilité :

    La diversité des approches et des mandats des systèmes de santé entraîne des différences de validité et de fiabilité des enquêtes existantes (comme HCAHPS, PPE-15, et PEQ). Cela complique la comparaison des résultats entre les pays.

    📌 Améliorations suggérées :

    L’utilisation de questionnaires plus unifiés et régulièrement mis à jour aiderait à résoudre certains des problèmes mentionnés. De plus, les plateformes de médias sociaux devraient être considérées comme une source de plus en plus importante pour élargir la gamme de retours des patients.

    📌 Impact économique :

    Les retours des patients influencent également le remboursement et la réputation des hôpitaux dans certains systèmes de santé, ce qui en fait un facteur économique important.

    📌 Mesures standardisées :

    Les mesures des résultats rapportés par les patients (PROMs) et des expériences rapportées par les patients (PREMs) sont couramment utilisées pour évaluer la vue des patients sur les soins reçus. L’étude suggère que des améliorations dans la standardisation des enquêtes et la prise en compte des retours via les médias sociaux pourraient aider à mieux comprendre et utiliser les données sur la satisfaction et l’expérience des patients.

    Des standards internationaux et une culture du changement ?

    Selon les auteurs de cette étude, une standardisation des recommandations pour la collecte et la publication des données sur l’expérience des patients serait nécessaire. Et ces recommandations devraient être obligatoires. Les résultats résumés devraient être fournis de manière transparente pour l’orientation des patients, tandis que des données plus détaillées et longitudinales devraient être facilement accessibles aux chercheurs pour des comparaisons nationales et internationales.

    En outre, les résultats des enquêtes patients gagneraient, selon les chercheurs, à être exploités par les structures de gestion du changement pour que les modifications planifiées et réalisées pour améliorer les soins aux patients soient facilement accessibles au public. Une telle approche pourrait favoriser une culture dynamique du changement dans la santé, coconçue par les patients et les prestataires de soins, et ainsi fournir des réponses plus complètes aux questions sur les méthodologies et objectifs de ces travaux.

    Distinguer expérience et satisfaction des patients

    Les auteurs proposent des perspectives dépassant les frontières nationales pour l’expérience patient, visant à fournir une base pour améliorer l’utilisation des données recueillies. Ils suggèrent que les efforts internationaux pour unifier les méthodes de mesure de l’expérience des patients, comme cela a déjà été fait avec le développement du Norpeq (the nordic patient experiences questionnaire), devraient être généralisés. Car, bien que la distinction entre l’expérience et la satisfaction des patients soit déjà une étape essentielle vers une évaluation systématique, les questionnaires devraient, selon eux, être améliorés pour refléter cette distinction et obtenir une meilleure comparabilité des résultats.

     

     

    Measuring Patient Experience and Patient Satisfaction-How Are We Doing It and Why Does It Matter? A Comparison of European and U.S. American Approaches.

    Friedel AL, Siegel S, Kirstein CF, Gerigk M, Bingel U, Diehl A, Steidle O, Haupeltshofer S, Andermahr B, Chmielewski W, Kreitschmann-Andermahr I.

    Healthcare (Basel). 2023 Mar 8;11(6):797. doi: 10.3390/healthcare11060797. PMID: 36981454; PMCID: PMC10048416.

     

  • Comparaison internationale des initiatives autour de l’expérience patient selon les pathologies

    Un nombre d’initiatives variable en fonction des pathologies

    Le travail de l‘International consortium for health outcomes measurement (Ichom) permet de voir que des initiatives pour l’amélioration de l’expérience des patients sont amorcées dans la quasi-totalité des pathologies. Au total, ce sont 45 pathologies qui sont concernées par ces initiatives. H&TI les a regroupés en 17 spécialités médicales, allant de la cardiologie à la nutrition, en passant par la médecine générale et la psychiatrie.

    Les spécialités avec le plus d’initiatives sont :

    • la psychiatrie (173) ;
    • la neurologie (153) ;
    • l’oncologie (121) ;
    • et la cardiologie (120).

    Loin devant les autres spécialités, telles que la néphrologie (19) et l’urologie (16). Mais si l’on compare chaque pathologie entre elles, l’écart devient beaucoup moins grand, même si la fibrillation auriculaire et ses 33 initiatives est loin devant la cataracte et ses tout juste 10 initiatives. Le nombre médian d’initiatives par pathologie est quant à lui de 24 initiatives avec 7 pathologies dont le nombre d’initiatives en cours  pour faire évoluer l’expérience patient est de 30 ou plus : il s’agit des maladie des valves cardiaques (30), du diabète, des troubles alimentaires, des cardiopathies congénitales (32), de la fibrillation auriculaire, des troubles neurodéveloppementaux et du covid-19 (33).

    Les USA bons premiers, la France en retard

    Pour ce qui est du nombre d’initiatives par pays : les États-Unis arrivent en tête du classement et loin devant. Alors que le Royaume-Uni conforte sa deuxième place avec ses 164 initiatives en cours, les USA sont à l’origine de 273 initiatives, soit plus d’un quart des initiatives en cours pour faire progresser l’expérience du patient lors de sa prise en charge. C’est l’Australie qui vient compléter le podium avec ses 90 initiatives. La France apparaît quant à elle loin derrière avec seulement 9 initiatives en cours, dont deux pour la thrombose veineuse profonde, et une pour chacune de ces pathologies : la maladie inflammatoire de l’intestin, la santé des adultes, la santé des nouveau-nés prématurés et hospitalisés, la dépression et l’anxiété chez les enfants et les adolescents, la démence, le cancer de la prostate et l’arthrite inflammatoire.

    A l’inverse de la France, les USA ont amorcé des initiatives pour améliorer l’expérience patient dans presque toutes les pathologies présentes sur la cartographie de l’Ichom. Les pathologies dans lesquelles les USA sont le plus impliqués sont le cancer de la prostate avec 12 initiatives en cours, suivi du cancer colorectal, de l’autisme et de la maladie de l’artère coronaire avec pour chacune de ces maladies 11 initiatives en cours.

    Répartition des initiatives selon les aires thérapeutiques @ H&TI

     

     

  • Panorama des principaux acteurs de l’écosystème de l’expérience patient

    Recentrer la prise en charge sur le patient

    Si le patient est la personne qu’il faut traiter lors de la prise en charge, avec l’évolution scientifique des technologies qui permettent cette prise en charge, le patient est passé en second plan lors de son propre parcours de soins, l’intérêt ayant été déporté vers sa maladie. Pourtant, chaque patient est unique et le traitement d’une même maladie peut varié d’un malade à l’autre. C’est pourquoi les associations de patients prônent en France et dans d’autres pays, comme l’Espagne, les bienfaits de l’expérience patient qui permet de recentrer la prise en charge sur le patient, qui va devenir lui-même un acteur de son propre parcours de soins.

    C’est le cas notamment de France assos santé qui collabore souvent avec d’autres associations et organismes pour promouvoir l’investissement des représentants d’usagers dans l’expérience patient en coopération avec les membres de la commission des usagers et les autres usagers qui sont dans l’établissement, qu’ils soient des patients partenaires, ou des représentants d’association de patients ou de familles présentes dans l’établissement. C’est le cas aussi de l’association SPX qui organise régulièrement des séminaires et des événements pour faire des propositions relatives à l’expérience patient.

    Plus que la promotion de l’expérience patient, certaines associations développent des plateformes comme celle de Cancer contribution qui permet aux aidants et aux patients de s’informer sur les enjeux du cancer, mais aussi d’aider les autres à travers de leur partage d’expérience et donc “être acteur du changement”.

    Des instituts français et internationaux dédiés

    À une échelle plus large, l’Institut français de l’expérience patient (Ifep) a vocation à contribuer à “faire de l’expérience patient un levier de transformation du système de santé en France” et de “porter une mission d’intérêt général en résonance avec les attentes de la population”. Il fait parti des acteurs qui souhaitent que l’expérience du patient lors de son parcours de soins soit plus pris en compte de sorte à ce qu’il soit la cible privilégiée du traitement et que l’on considère non pas comme un simple patient, mais comme une personne à part entière “avec sa personnalité, ses préoccupations, ses attentes”. Dans son dernier baromètre, l’institut explique que l’expérience patient est un concept avec lequel les professionnels de santé ne sont pas encore familiers.

    Créé en 2016, l’Ifep s’inspire des structures qui ont vu le jour avant lui hors de la France pour faire de l’expérience patient un concept qui doit être pris en compte par les professionnels de santé lors de la prise en charge du patient. Le Beryl institute de Nashville (USA) fait partie des structures qui ont inspiré la création de l’Ifep. Dès 2010, cet institut a mis un point d’honneur a transformer l’expérience humaine dans le domaine des soins en offrant un accès à des recherches, à des pratiques éprouvées, des opportunités de réseautage et de développement professionnel ainsi qu’un espace sûr et neutre pour échanger des idées et apprendre pour améliorer l’expérience des patients lors de leur prise en charge.

    Les institutions comme boussole

    Les institutions de l’état prennent aussi le sujet de l’expérience du patient très à cœur. C’est le cas notamment de l’Agence nationale de la performance sanitaire et médico-sociale (Anap) qui explique qu’il est important de recueillir le besoin des patients et leur perception de leur parcours de soins afin « d’adapter les modes de prise en charge et de mettre en place un parcours plus performant et confortable ».

    Pour aider les hôpitaux à prendre en compte l’expérience de leurs patients, l’agence nationale propose un guide propose pour mettre en place des méthodes de recueil de l’expérience des patients et usagers afin de « faire émerger des pistes de travail et identifier des solutions d’amélioration ».

    L’outil e-Satis déployé par la Haute autorité de santé (HAS) à la même vocation que le guide de l’Anap : celui de mettre en place des solutions visant à prendre en compte à plus grande échelle l’expérience du patient lors de son passage à l’hôpital. Depuis 2016, cet outil sert à mesurer la satisfaction du patient lors de son séjour. Envoyé deux semaines après son passage à l’hôpital, cet outil se présente sous la forme de questionnaires qui « portent sur des dimensions qui suivent les étapes importantes du parcours de soins ». D’autres initiatives ont été mises en place pour recueillir l’expérience des patients lors de leur séjour en établissement de santé, comme la méthode Amppati développé par la Structure d’appui régionale à la qualité des soins et à la securité des patients d’Île-de-France.

    Une intégration grandissante dans les établissements

    Influencés par la tendance qui se dessine en France à propos de la prise en compte de l’expérience du patient, les établissements de santé commencent eux même à devenir des acteurs de l’expérience patient.

    Dès 2017, l’AP-HP a déployé le label « hospitalité » pour améliorer l’expérience du patient de son entrée à la sortie de l’hôpital. Et en 2024, dans le cadre de son plan « 30 leviers pour agir ensemble » , le plus grand CHU de France a mis en place 10 engagements pour l’expérience patient, notamment par la facilitation de la prise de rendez-vous et du premier contact avec l’hôpital, l’amélioration de la qualité des séjours à l’hôpital, mais aussi la prise en compte de l’avis des patients dans les décisions et cela à tous les niveaux.

    Et l’AP-HP n’est pas le seul hôpital à prendre en compte l’expérience patient. Les Hospices civiles de Lyon (HCL) déploient aussi le dispositif Peps (pour Partenariat et expérience patient en santé) qui a pour objectif de prendre l’avis des patients et des aidants construire des réponses adaptées à leurs besoins dans le cadre de la prise en charge.

    Cartographie des acteurs – @ H&TI