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  • Conseil des ministres : généralisation de « Mon bilan prévention » au cours des prochains mois

    Une transformation en profondeur du système de santé

    Lors du Conseil des ministres du 12 juin 2024, Frédéric Valletoux, ministre délégué auprès de la ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités, chargé de la Santé et de la Prévention, a présenté une communication relative au déploiement de la prévention en santé. Y occupant une place de plus en plus importante, la prévention transforme le système de santé. Il s’agirait désormais pour le gouvernement de “franchir une nouvelle étape en prenant en compte, pour toute la population, et tout au long de la vie, un maximum des déterminants de la santé : des facteurs personnels, familiaux, sociaux, économiques et environnementaux qui conditionnent l’état de santé des individus ou des populations”.

    Plusieurs actions de prévention déjà lancées :

    Puisque “prévenir coûte toujours moins cher que guérir”, le ministère de la Santé exprime son ambition d’inscrire son action dans la continuité des efforts fournis ces dernières années, à l’instar de :

    📌 la vaccination et le dépistage :

    • les campagnes de vaccination, comme celle contre la bronchiolite et le HPV, continuent de protéger la population. Le traitement préventif contre la bronchiolite a réduit les hospitalisations, et la vaccination HPV a débuté pour les élèves de cinquième ;
    • les dépistages néonataux seront étendus à la drépanocytose dès l’automne ;
    • es dépistages organisés pour le cancer du sein, colorectal, et du col de l’utérus se poursuivent avec un objectif de 10 millions de dépistages par an d’ici 2025 ;

    📌 la lutte contre le tabac :

    • le Programme national de lutte contre le tabac (PNLT) 2018-2022 a montré des résultats prometteurs avec une baisse significative de la consommation de tabac ;
    • le nouveau PNLT (2023-2027) introduira des mesures supplémentaires, telles que l’interdiction des produits de vapotage à usage unique et l’augmentation du prix des cigarettes ;

    📌 la santé sexuelle et menstruelle des jeunes :

    • préservatifs et dépistages des infections sexuelles transmissibles (IST) : en 2023, 17 millions de préservatifs masculins ont été pris en charge intégralement ;
    • le dépistage des IST pour les moins de 26 ans est désormais remboursé par l’assurance maladie ;
    • protections menstruelles réutilisables : les protections menstruelles réutilisables seront remboursées pour les femmes de moins de 26 ans et pour les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S) ;

    📌 la prévention pour les personnes âgées :

    • le programme de détection précoce de la perte d’autonomie des plus de 60 ans (programme ICOPE) sera généralisé dès l’an prochain, après une phase d’expérimentation commencée en 2022.

    “Mon bilan prévention”, pilier d’une stratégie globale

    Le dispositif “Mon bilan préventionvise ainsi à changer le rapport des Français à leur santé. Il permet à chaque citoyen adulte d’accéder à une nouvelle offre personnalisée pour prendre le temps, lors d’un échange avec un professionnel de santé de faire le point sur sa santé et ses habitudes de vie.

    En cours de déploiement, il “va être généralisé au cours des prochains mois”, accompagné de plans de communication en direction des professionnels de santé concernés et du grand public. Les 20 millions de personnes concernées par le dispositif sur l’année à venir recevront une invitation directement de l’Assurance maladie. L’objectif de cette généralisation est “que chaque Français puisse bénéficier de quatre rendez-vous au cours de sa vie”.

    Plus de 120 000 personnes déjà engagées :

    Pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie, sans avance de frais, “Mon bilan prévention” est accompagné d’une stratégie “d’aller-vers” qui sera mise en œuvre afin de “de ramener vers le système de santé les personnes qui en sont les plus éloignées” et de faire de chaque patient un “acteur de sa propre santé”. En amont de son rendez-vous de prévention, le patient est invité, s’il le souhaite, à remplir un auto-questionnaire adapté à sa tranche d’âge, une démarche possible via la plateforme “Mon espace santé“. Le ministère rapporte plus de 120 000 personnes qui ont déjà rempli leurs auto-questionnaires.

    Les 3 étapes de Mon bilan prévention - @ L'Assurance maladie
    Les 3 étapes de “Mon bilan prévention” – @ L’Assurance maladie

    8 thématiques de prévention prioritaires :

    En lien avec le Haut conseil de la santé publique, des thématiques de prévention ont été définies comme prioritaires pour ces bilans de prévention et dans les auto-questionnaires :
    • activité physique ;
    • sédentarité ;
    • vaccins et dépistage ;
    • sommeil ;
    • habitudes alimentaires ;
    • addictions (tabac, alcool, cannabis, autres drogues, jeux, écrans…) ;
    • bien-être mental et social ;
    • et santé sexuelle et reproductive. 

    Un plan dédié à l’infertilité chez les plus jeunes :

    En effet, les consultations des 18-25 ans seront ainsi l’occasion d’aborder avec les jeunes qui le souhaitent les questions d’infertilité, qui feront par ailleurs l’objet d’un plan national dédié afin de soutenir tous celles et ceux qui ont un désir d’enfant dans leur projet parental. Ce plan portera une attention particulière :
    • à l’amélioration de l’information ;
    • au développement d’une recherche dédiée ;
    • au renforcement de la formation des professionnels de santé ;
    • et à l’amélioration de l’offre et des parcours d’assistance médicale à la procréation. 

    Une feuille de route sur l’obésité à venir :

    Ces rendez-vous de prévention devront également permettre de lutter contre l’obésité, véritable épidémie qui touche aujourd’hui 8,5 millions de nos concitoyens. Une feuille de route sur l’obésité sera prochainement déployée et sera territorialisée, avec une attention particulière pour les départements et régions d’outre-mer.

    Autres actions de prévention présentées

    Prévention en santé de l’enfant :

    • La feuille de route 2024-2030 pour la santé de l’enfant vise à ce que 100 % des enfants bénéficient d’un dépistage en maternelle d’ici 2027. Un nouvel examen obligatoire à 6 ans est instauré pour renforcer le suivi médical des enfants. L’accès direct aux orthophonistes est facilité pour améliorer la détection des troubles.
    • Le rôle des maisons des adolescents sera amplifié grâce à des partenariats plus systématiques avec d’autres structures et à la formation du personnel aux premiers secours en santé mentale.

    Protection maternelle et infantile (PMI) :

    • En 2025, le rôle de la PMI sera renforcé par une nouvelle contractualisation entre l’assurance maladie, les agences régionales de santé et les départements, avec des objectifs de santé publique et des moyens supplémentaires dédiés.
    • La santé à l’école sera consolidée, permettant aux médecins de l’éducation nationale d’exercer en libéral. Une concertation sera ouverte pour rénover les missions et l’organisation des acteurs de la santé scolaire.

    Santé mentale des jeunes :

    • La santé mentale des jeunes est une priorité, avec des données alarmantes montrant que plus d’un tiers des 18-24 ans néglige leur santé mentale.
    • Le dispositif “Mon Soutien Psy” sera rénové pour devenir plus attractif pour les psychologues et plus accessible aux patients. Le tarif des séances sera revalorisé à 50 euros, la condition d’adressage par un médecin ou une sage-femme sera supprimée, et le nombre de séances remboursées passera de 8 à 12 par an.

    Innovation et prévention :

    • En lien avec l’Agence de l’innovation en santé (AIS), la feuille de route dédiée à la prévention dans le cadre de France 2030, dotée de 170 millions d’euros, visera à mobiliser l’innovation pour améliorer la santé et la qualité de vie. L’objectif des financement et de faire “émerger des innovations de rupture qui permettront de repenser nos stratégies de prévention et d’agir plus efficacement pour développer des environnements favorables à la santé”. Cela se fera via deux axes principaux : l’intensification de la recherche en prévention et la démonstration de la valeur clinique des dispositifs innovants.
  • Découverte de médicament par l’IA : Owkin s’apprête à lancer des essais cliniques en oncologie dès 2025

    Owkin démontre l’efficacité de l’inhibiteur grâce à l’IA

    Après des multiples levées de fonds, de nombreuses collaboration et l’amélioration de ses solutions d’intelligence artificielle (IA) pour la découverte de médicaments, Owkin est sur le point de commercialiser une thérapie qui n’a encore jamais été utilisée chez les patients souffrants de cancer, mais dont la découverte est très prometteuse. Il s’agit d’OKN4395, un double inhibiteur des récepteurs prostanoïdes EP2 et EP4, qui a été découvert par le suisse Idorsia Pharmaceuticals grâce à la chimie médicinale, mais dont l’efficacité a été démontré par l’utilisation de l’IA sur les données de patients. Owkin indique en effet que son pipeline dévoilé à la fin du mois de mai “résulte de l’intégration de plusieurs moteurs d’IA internes, alimentés par des données multimodales de patients provenant d’un réseau de 61 centres de recherche de renom, ainsi que par l’expertise avancée d’une équipe de 110 data scientists”.

    La licorne française a donc obtenu un accord de licence mondial exclusif avec Idorsia pour exploiter et commercialiser ce double inhibiteur. Mais avant d’être commercialisé, OKN4395 fera l’objet d’essais cliniques de phase 1 au premier trimestre de l’année 2025 pour démontrer son efficacité auprès des patients. L’entreprise se montre confiante quant à la réussite de ces essais, après que son moteur d’IA “a permis d’identifier les combinaisons thérapeutiques les plus prometteuses pour, en synergie avec les approches traditionnelles, fondées sur l’expertise”.

    Bloque le développement de la tumeur

    Owkin explique que la découverte de ce double inhibiteur est le fruit de 10 années de recherche de médicaments de la part d’Idorsia Pharmaceuticals et de ses collaborateurs. Grâce à leur accord exclusif avec Idorsia, Owkin pense être sur le point de commercialiser cette thérapie anticancéreuse, en estimant que cet actif “a le potentiel d’être le meilleur double inhibiteur de sa catégorie sur les cibles très complexes que sont les récepteurs EP2 et EP4”. L’IA d’Owkin a découvert “que la biologie EP2/EP4 perturbe de manière significative la connectivité des cellules T au sein du microenvironnement tumoral (TME) par des mécanismes directs et indirects”. L’utilisation de l’inhibiteur permettra ainsi d’empêcher le développement de cette biologie.

    L’utilisation de l’IA lors des essais cliniques :

    Lors des essais cliniques, Owkin utilisera l’IA pour “créer un bras de contrôle externe dans la phase 1B”, mais aussi les données multimodales des patients pour “sélectionner les critères d’inclusion/exclusion optimaux”. Ceci dans le but de réduire les risques d’échec des essais.

    En plus de son accord avec Isadoria pour l’utilisation d’OKN4395, Owkin annonce l’exploitation de ses moteurs d’IA “pour compléter la découverte de médicaments en interne avec des actifs sous licence dans les domaines de l’oncologie, et des maladies immuno-inflammatoires”.

     

  • AAP : lancement de la 2e édition du concours « Up to start » de l’Institut mines-télécom (30/06)

    Modalités de participation

    Le concours “Up to start by IMT” a pour vocation d’accompagner les porteurs et porteuses de projets entrepreneuriaux au positionnement scientifique et technologique, en vue d’intégrer l’un des 12  incubateurs de l’Institut mines-télécom. Cette année, le concours s’adresse aux projets entrepreneuriaux en phase de création ou créés depuis moins de 18 mois et portant sur l’un des 4 thèmes suivants :

    • industrie du futur responsable ;
    • souveraineté numérique et sobriété ;
    • ingénierie santé et bien-être et énergie ;
    • et économie circulaire et société.

    Dossier de candidature :

    Les candidats souhaitant valider leurs dossiers sont invités à fournir un “pitch deck” de 15 pages au maximum, au format PDF, qui devra contenir les éléments suivants :

    • le postulat de départ (problème ou opportunité repérée par l’entreprise) ;
    • la solution apportée par le projet ;
    • la description de la technologie ;
    • le business model (capacité à générer des revenus, sous combien de temps, selon quels indicateurs clés de performance) ;
    • le marché (taille et le volume du marché visé) ;
    • la stratégie marketing envisagée ;
    • le time-to-market (pourquoi maintenant ?) ;
    • la concurrence ;
    • la roadmap (chemin parcouru jusque-là et projection pour les 18 à 36 mois à venir) ;
    • ainsi que la présentation de l’équipe.

    Calendrier du concours :

    Lancé le 2 mai 2024, cet appel à projets (AAP) sera clos le 30 juin à midi. Entre ces deux dates, trois échéances sont prévues comme suit :

    •  le 4 juillet : présélection des dossiers ;
    • les 9, 10 et 11 juillet : audition des porteurs et porteuses de projets admissibles (pitch de 5 min) ;
    • le 18 juillet : annonce des startups lauréates.

    L’incubation des start-ups lauréates commencera en septembre 2024.

    👉 Le dépôt de dossier peut se faire en suivant ce lien.

    Financement et accompagnement

    L’Institut mines-télécom et son réseau d’incubateurs s’engagent à faire bénéficier les les 25 lauréats du concours des éléments suivants :

    • l’ensemble de leur offre et leurs dispositifs d’accompagnement au même titre que toutes les entreprises accompagnées par les incubateurs IMT ;
    • une bourse de 10 000 euros pour le vainqueur du concours ;
    • une bourse de 5 000 euros pour les projets désignés comme 2ème et 3ème du concours ;
    • une communication institutionnelle ;
    • un éventail d’outils et de solutions (hébergement cloud, IA et data, design de prototypes hardware, cybersécurité…) proposées par les entreprises partenaires du concours commun de recrutement afin d’accélérer leur développement technologique et d’affaires.

    Certains lauréats auront, en outre, l’opportunité de participer :

    • au Prix innovation IMT-Bercy 2024 (pour les start-ups pertinentes) ;
    • salon Vivatech, sur le stand institutionnel IMT (pour les trois premiers lauréats) ;
    • ainsi qu’à des learning expeditions thématiques ou géographiques organisées par l’IMT vers des salons internationaux (Bits & Pretzels, Slush, Websummit…).
    Carte des incubateurs IMT – @ Institut Mines Télécom

     

  • Data : Codoc facilite une étude rétrospective de données étalées sur 15 années

    Accélérer la réutilisation des données

    L’entreprise parisienne Codoc a développé une suite de logiciels qui a pour objectif de faciliter et d’accélérer la réutilisation des données de santé. Elle propose 3 applications :

    • warehouse pour la stockage des données ;
    • research hub pour faciliter la recherche et la réutilisation des données ;
    • et transparancy pour simplifier l’information des patients et la gestion des oppositions.

    Dans le cadre d’un de ses projets, l’Hôpital Necker-Enfants malades (AP-HP), a choisi la suite Codoc pour évaluer son algorithme de traitement du syndrome des spasmes épileptiques infantiles, dit “syndrome de West”, qui a été mis en place entre 2000 et 2018. Le but de cette évaluation était d’avoir accès à toutes les données de l’entrepôt (ou de la base) de données de santé auquel l’hôpital parisien était connecté, pour retrouver les dossiers des patients atteints de ce syndrome et traitées par le biais d’un protocole séquentiel différent du protocole de traitement habituel. Il s’agissait ensuite d’en déduire l’efficacité de ce traitement sur une période de près de 15 années. Le protocole consistait à introduire le vigabatrin (VGB), un antiépileptique dont le mécanisme d’action est clairement défini, avant d’ajouter des stéroïdes en alternative à une approche combinée VGB-stéroïdes.

    Des patients trouvés efficacement

    Pour retrouver les patients, la solution de Codoc opère selon les deux étapes suivantes : d’abord, elle scanne informatiquement tous les documents récoltés lors des passages des patients à l’hôpital ; ensuite elle recherche des mots dans ces documents pour être sur qu’il s’agisse bien du bon patient qui a été traité pour la bonne pathologie.

    Dans le cadre de cette étude rétrospective, une combinaison de mots a été utilisée pour être le plus précis possible, avec le prompt le suivant : “spasmes OU West syndrome ET vigabatrin OU sabril”. Les résultats ont par la suite été analysés par un neurologue pédiatrique depuis l’application Codoc, afin de sélectionner les patients répondants aux critères d’inclusion de cette étude.

    Quadrupler le nombre annuel d’études rétrospectives :

    La solution research hub de la suite codoc a permis :

    • d’identifier 399 patients suivis pour un syndrome de spasme infantile dans le Centre de référence des épilepsies rares (Créer), entre 2000 et 2018 ;
    • d’identifier et d’inclure dans une cohorte 198 patients répondants aux critères d’inclusion de l’étude ;
    • d’accéder et de visualiser les dossiers médicaux de ces 198 patients identifiés ;
    • puis d’extraire et d’étudier les documents médicaux pertinents pour l’étude.

    Les chercheurs ont ainsi pu fouiller rapidement dans la mémoire collective de l’hôpital, grâce au moteur de recherche multimodal de la suite Codoc. Ils ont réalisé un préscreening des données en quelques minutes et, de ce fait, accéléré l’identification des patients et l’étude de leurs dossiers médicaux. En quelques clics, les dossiers médicaux d’un ou plusieurs patients peuvent être visualisés sur une même interface. Codoc explique que cette facilité de recherche et d’utilisation des données permet aux établissements de santé de multiplier jusqu’à 4 fois leur nombre d’études rétrospectives réalisées chaque année.

     

  • HDH : les 8 lauréats de l’AAP P4DP visant à créer le premier EDS national de médecine de ville

    Exploiter les données de médecine de ville pour développer la recherche

    Le 11 juin, lors de l’événement Campus Live organisé par Parisanté Campus, le Collège national des généralistes enseignants (CNGE), le Collège de la médecine générale (CMG) et le Health Data Hub (HDH) ont dévoilé les huit lauréats de l’appel à projets (AAP) P4DP (Platform for Data In Primary Care). Lancée dans le cadre du plan d’investissements d’avenir France 2030, cette initiative vise à créer le premier entrepôt national de données de santé en médecine générale, en réunissant les principaux acteurs français du numérique et de la recherche en soins primaires.

    Considérées comme des outils stratégiques pour améliorer l’efficacité du système de santé, les données issues de la médecine de ville restent encore largement sous-exploitées en France. Pour y remédier, le HDH, le CNGE et le CMG souhaitent mobiliser la communauté médicale autour de ces enjeux. Cet AAP qu’ils ont lancé ensemble, le premier du genre en France, a suscité un grand intérêt, avec 45 candidatures reçues.

    Les 8 projets lauréats

    Les projets sélectionnés, dont chacun bénéficiera d’un financement de 100 000 euros, sont portés par des équipes de soins et de recherche issues de structures publiques et privées, ambulatoires et hospitalières, distribuées sur l’ensemble du territoire national. Le HDH leur fournira, en plus, un accompagnement technique et humain pour une durée de 24 mois, avec l’aide du CNGE et du CMG.

    1️⃣ Cascadeuse :

    Mené par le département de médecine générale de l’université de Nantes, le département de Santé publique de l’université de Bordeaux et l’université de Toronto, ce projet vise à étudier la cascade de prescriptions d’un diurétique de l’anse pour traiter la survenue d’œdèmes des membres inférieurs causés par un inhibiteur calcique dihydropyridine (ICDH).

    2️⃣ Indigo :

    L’équipe recherche en soins primaires de Rennes, CIC Inserm 1414, et PELyon ont lancé ce projet dans le but de comparer les résultats cliniques et la consommation de soins ainsi que les coûts associés, dans une cohorte de patients avec un diagnostic précoce de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) par rapport à une cohorte de patients avec un diagnostic tardif de BPCO.

    3️⃣ Epice :

    Avec l’ambition de décrire la prescription des inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 (IPDE5), en lien avec la prévalence de la dysfonction érectile et l’évolution des comorbidités associées, ce projet est porté par l’AP-HP et le département de médecine générale de l’université Paris Cité).

    4️⃣ Obsantico :

    Ce projet a pour objectif d’obtenir une vision exhaustive des conséquences hémorragiques et des récidives thrombotiques lors de l’exposition d’un patient aux anticoagulants. Il a été lancé par le CNRS en partenariat avec le CHU Grenoble Alpes.

    5️⃣ Pathocarto :

    Ipso Santé ambitionne, à travers ce projet, de confronter les algorithmes de détection des pathologies développés par la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) avec les diagnostics de pathologies établis par les médecins généralistes.

    6️⃣ Tarir :

    Ce projet, porté par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), le département de médecine générale de l’université Lyon 1, le Centre Léon Bérard et les Hospices civils de Lyon (HCL), vise à étudier l’impact des tensions d’approvisionnement en antibiotiques sur la prise en charge ambulatoire des infections respiratoires aiguës.

    7️⃣ Stip :

    Améliorer la surveillance des infections bactériennes sexuellement transmissibles et à mieux décrire l’observance des patients et les pratiques des médecins généralistes, tel est l’objectif de ce projet lancé par Institut Pierre Louis d’épidémiologie et de santé publique (Iplesp), le département de médecine générale de l’université Paris Cité, Sentinelles, l’Inserm, Santé Sorbonne université, Santé publique France, le Centre national de référence (CNR) et Antibioclic.

    8️⃣ Teleconso :

    Avec ce projet, les départements de médecine générale des universités Paris-Est Créteil et Limoges, en partenariat avec l’Inserm unités Cepia et Viesanté, visent à comparer les potentielles différences de prescriptions entre une téléconsultation ou une consultation en cabinet de médecine générale.

     

  • HAS : un guide pour le recueil des IQSS à partir du dossier patient grâce au logiciel Alice

    Une avancée majeur pour les audits médicaux

    Développé par l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH) selon les spécifications de la HAS, le logiciel Alice représente une avancée significative dans le domaine des audits de dossiers médicaux. Son objectif est de faciliter l’identification et l’analyse des dossiers des patients à partir des données hospitalières du Programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI). Alice permet une standardisation des pratiques en offrant un outil commun à tous les établissements de santé pour analyser les informations nécessaires au calcul des IQSS.

    Ces indicateurs de qualité et de sécurité des soins évaluent :

    • l’état de santé des patients ;
    • les pratiques professionnelles ;
    • ainsi que la survenue d’événements à analyser.

    Ils visent, par ailleurs, à mesurer de manière fiable la qualité des soins et la sécurité des patients. Les départements d’information médicale utilisent désormais Alice pour identifier les dossiers à analyser, en coordination avec les responsables qualité des établissements de santé. Seuls les gestionnaires des fichiers du domaine PMSI sur la plateforme Plage de l’ATIH peuvent accéder au logiciel. Au vu du caractère sensible des données, un niveau de protection élevé des données a été établi. Il est à noter que le logiciel Alice remplace tous les logiciels Lotas utilisés jusqu’en 2023.

    Fonctionnement du logiciel Alice

    Ce logiciel permet d’apporter une aide aux établissements de santé pour identifier les dossiers des séjours hospitaliers à analyser, en générant des données de correspondance entre les identifiants de séjours anonymisés et les données locales des établissements.

    Plus précisément :

    • a partir du début de la campagne, Alice permet d’apparier les identifiants des séjours tirés au sort et ceux conservés dans les archives locales de l’établissement ;
    • une liste de correspondance entre le numéro de tirage au sort du séjour figurant dans QualHAS et les identifiants locaux du séjour est ainsi produite et permet de retrouver chaque dossier ;
    • le dossier du patient peut alors être audité par l’équipe en charge du recueil, qui renseigne les informations demandées dans QualHAS ;
    • dès la fin du recueil, les résultats peuvent être récupérés par l’établissement.

    Recueil de données opéré par le logiciel Alice – @ HAS

    Périodes d’utilisation

    Alice doit être utilisé à différentes périodes :

    • lorsque la HAS organise les campagnes de mesure des indicateurs à partir du dossier patient, sur des périodes déterminées ;
    • toute l’année, pour analyser les dossiers d’intérêt, dès que la HAS restitue les résultats des indicateurs calculés à partir du PMSI.

    Grâce à sa capacité à standardiser et sécuriser les audits des dossiers médicaux, ce logiciel ouvre des perspectives prometteuses pour l’amélioration continue de la qualité des soins en France. En facilitant l’analyse des données de santé, il devrait permettre aux établissements de santé de mieux identifier leurs lacunes et de mettre en œuvre des actions correctives plus ciblées.

     

    👉 Le guide “Recueils nationaux d’indicateurs de processus à partir des données du dossier
    patient. Méthode et outil”, publié par la HAS le 11 juin 2024, est accessible sur lien.
  • Télémédecine : H4D intègre un dermatoscope connecté à sa cabine pour la détection des mélanomes

    Compenser le manque de dermatologues

    En France, le délai médian pour obtenir un rendez-vous chez le dermatologue est de 36 jours. Cette attente peut atteindre jusqu’à plus de 3 mois Dans certains départements de l’Hexagone, comme c’est le cas dans le Tarn et dans l’Aude. C’est le constat qui a été dressé par l’étude publiée par Doctolib en mai 2023, alors que chaque année, 80 000 nouveaux cas de mélanome sont détectés à travers le pays. Un chiffre élevé mais qui pourrait être loin du nombre réel de Français qui contractent ce cancer de la peau. La difficulté d’accès à un dermatologue ne permet pas de diagnostiquer tous les patients, ce qui peut conduire à des aggravations dans certains cas.

    Dans un tel contexte, la société parisienne H4D a décidé d’équiper ses cabines de télémédecine, Consult Station clinic (CS clinic), de dermatoscopes intelligents et connectés pour faciliter la détection du mélanome de la peau à distance. À l’occasion du mois de mai violet, l’association France Asso Cancer et Peau et le Département des Yvelines se sont associés à H4D pour installer une cabine à l’intérieur de l’université de Versailles afin de permettre au plus grand nombre d’obtenir un avis expert sur leurs “lésions cutanées douteuses”.

    L’IA pour confirmer le diagnostic du médecin

    Si les cabines CS clinic proposent déjà aux patients de faire un bilan autonome de leur état de santé grâce à une variété d’objets connectés, comme des tensiomètres ou des thermomètres, l’examen des lésions cutanées douteuses se fait au cours d’une téléconsultation avec un dermatologue. Concrètement, après avoir discuté avec le patient, le dermatologue lui demande d’utiliser le dermatoscope connecté et de prendre en photo la ou les zone(s) où se trouve(nt) la ou les lésions(s) douteuse(s). Il analyse ensuite cette photo en s’appuyant sur une IA intégrée dans le logiciel de H4D pour confirmer son diagnostic. C’est alors que le médecin peut juger si le patient a besoin ou non d’être examiné en présentiel.

    Cette initiative du mois de mai violet va se poursuivre avec la tournée du bus de santé des Yvelines, qui embarque une cabine de télémédecine et qui sillonner le département jusqu’à la fin du mois de juin. Pour rappel, H4D est un partenaire privilégié du département des Yvelines puisque l’entreprise y déploie 50 cabines. Un contrat d’une valeur de 10 millions d’euros avait été signé entre les deux partenaires en avril 2023, autour des cabines CS, qui intègrent ainsi le réseau de téléconsultation des Yvelines, à l’issue d’un appel d’offre remporté par H4D.

     

  • Etude : l’introduction de l’IA dans la pratique clinique peine, faute de cadre (Plos)

    L’IA en santé est à la traîne

    Les études sur la performance de l’intelligence artificielle (IA) en matière de santé ne manquent pas. Pourtant, à ce jour, seuls 600 outils d’IA ont été approuvés par la Food and Dru Administration (FDA). L’utilisation en pratique clinique est à la peine, comme le prouve le peu d’offres d’emploi dans le domaine de la santé exigeant des compétences en IA. Selon une étude portant sur la période 2015/2018, seuls 1250 offres exigeaient une telle compétence. Pour favoriser l’utilisation de l’IA en santé dans de bonnes conditions, des guidelines sont nécessaires.

    C’est pourquoi une équipe internationale de chercheurs a mené une revue systématique sur le sujet. Leur recherche bibliographique a donc pour but d’identifier des articles recommandant des pratiques, des cadres ou des lignes directrices pour l’acquisition, l’intégration, la surveillance et l’évaluation des outils d’IA. En effet, la mise en œuvre des outils d’IA est un processus en plusieurs phases qui implique tout d’abord « un processus de recherche avant l’intégration d’un outil d’IA, y compris les décisions de construire ou d’acheter l’outil, écrivent les chercheurs. L’intégration nécessite ensuite le déploiement d’un outil d’IA et son incorporation dans les flux de travail cliniques existants. La surveillance et l’évaluation se produisent après l’intégration et impliquent le suivi des métriques de performance de l’outil, la détermination de l’impact de l’intégration de l’outil et sa modification au besoin pour garantir qu’il continue de fonctionner au niveau de performance initialement prévu », poursuivent ces derniers.

    Ensuite, les données extraites de ces travaux ont été classées en fonction d’un outil d’évaluation de la qualité des soins : le cycle « Plan, Do, Study, Act », soit les étapes correspondant au fait de planifier, de développer, d’étudier puis d’ajuster un outil. La recherche a permis d’identifier 17 537 articles uniques, dont seulement 25 ont été inclus dans la revue.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 29 mai dans la revue Plos Digital Health.

    Résultats : un manque de recommandations sur les phases de l’aval

    • Des thèmes communs à ces différents cadres d’implémentation ont été relevés : la transparence, l’intégration dans les flux de travail existants, la validation de l’outil à l’aide d’indicateurs de performance prédéfinis et l’amélioration de l’algorithme et/ou l’ajustement de l’outil pour améliorer les performances.
    • Parmi les 4 domaines (Plan, Do, Study, Act), le domaine le plus courant était le Plan (84%), suivi par le Study (60%), le Do (52%), et le Act (24%).
    • Parmi les 172 auteurs, seulement 1 provenait d’un pays à faible revenu et 2 de pays à revenu intermédiaire.

    La justification de l’utilisation de l’IA trop peu abordée

    Les cadres visant à la mise en œuvre pratique de l’IA dans des contextes cliniques se concentrent clairement sur le « plan » et le « study ». Autrement dit les phases amont d’une implémentation. Pour les auteurs de l’étude, c’est « encourageant » dans la mesure où cela « peut aider à atténuer les risques potentiels liés à l’intégration des algorithmes, tels que le changement de jeu de données, l’ajustement accidentel des variables confondantes et les différences dans les métriques de performance dues à la généralisation à de nouvelles populations. » « Minimiser les effets indésirables » est, dans le domaine de la santé, une très forte exigence. Cependant, même dans cette phase amont, les chercheurs soulignent des lacunes. La justification de l’utilisation et la responsabilité légale en cas de préjudice n’étaient que très peu abordées, ce qui aux yeux des chercheurs rend « l’adoption de l’IA peu probable ».

    Dans le domaine Study, le thème le plus courant était la validation par rapport à des indicateurs de performance prédéfinis. En revanche, l’expérience utilisateur était relativement absente. « Seul un petit nombre d’études se sont concentrées sur l’acceptabilité par les utilisateurs, la formation des utilisateurs et les exigences en matière d’expertise technique, qui sont des facilitateurs clés d’une intégration réussie », regrettent-ils. Autre point faible mentionné : seulement 6 articles portaient sur l’amélioration de l’outil d’IA après intégration.

    Des guidelines peu généralisables aux pays à faible revenu

    Les chercheurs ont également tenu à souligner que les cadres existants ont été développé dans des pays riches, et donc pour des environnements riches en ressources et en capacités. Par conséquent, ces guidelines ne peuvent pas être généralisables ou applicables dans des pays à revenu faible ou intermédiaire.

    Enfin, ils pointent du doigt un autre aspect qui ralentit la mise en pratique de l’IA dans la santé : le décalage entre les développeurs et les utilisateurs finaux. « L’absence de ces “facilitateurs” de la technologie de l’IA signifie que la technologie émergente de l’IA pourrait rester confinée à une minorité de premiers adoptants, avec très peu d’outils gagnant une traction généralisée », prédisent les chercheurs.

     

    * Frameworks for procurement, integration, monitoring, and evaluation of artificial intelligence tools in clinical settings: A systematic review

    Sarim Dawar Khan, Zahra Hoodbhoy, Raja MHR, Kim JY, Hogg HDJ, Manji AAA, et al. (2024)

    PLOS Digit Health 3(5): e0000514. DOI: 10.1371/journal.pdig.0000514

  • Hypertension artérielle : quel apport du numérique aujourd’hui ? (Etat des lieux, cartographies, cas d’usage de l’IA)

    Etat des lieux de l’HTA et des innovations disponibles

    État des lieux de l’hypertension artérielle : épidémiologie, facteurs de risques, médicaments remboursés…

    1 adulte sur 3 est atteint d’hypertension artérielle (HTA) en France, selon le panorama 2023 de Santé publique France, soit 17 millions de personnes. Parmi eux, plus de 6 millions ignorent leur maladie. Facteur de risque majeur pour les maladies cardiovasculaires, l’HTA serait responsable de 62 % des AVC. Etat des lieux de ce “tueur silencieux”, fardeau pour les systèmes de santé du monde.

    👉 Dans cet article, H&TI fait le point sur :

    • les chiffres clés de l’hypertension artérielle en France et dans le monde ;
    • ses facteurs de risques de la maladie ;
    • sa prise en charge et les recommandations récentes de traitement ;
    • les coûts et les médicaments remboursés.

    Numérique et hypertension artérielle ? Une dynamique naissante mais une adoption encore faible

    Résistance au changement des professionnels et manque d’appétence des patients : pour le Pr Xavier Girerd, président de la Fondation de recherche sur l’hypertension artérielle (FRHTA), telles sont les premières causes de la très faible utilisation des outils numériques dédiés à l’hypertension artérielle (HTA).

    👉 Quelles opportunités le numérique offre-t-il aux patients et aux médecins pour la gestion de l’HTA ? Réponse dans cet article.

    Le dispositifs numériques “cuffless” pour la mesure de la pression artérielle : une solution d’avenir ?

    Pour la prévention, le diagnostic, le suivi, la mesure de la tension est primordiale, et doit pouvoir être facilement réalisée. A côté de la mesure de référence (brassard), de nouvelles techniques, en particulier sans brassard dites “cuffless“, cherchent à émerger.

    👉 Pour en savoir plus sur ces innovations, cliquez ici.

    IA : un bracelet connecté d’Aktiia pour le suivi continu de la pression artérielle

    Une surveillance moins invasive et plus fiable, contribuant à une meilleure qualité de vie pour le patient et à une réduction des risques associés à l’hypertension artérielle : la solution de la start-up suisse Aktiia, dédié au suivi de la pression artérielle, permet aux professionnels de santé de mieux comprendre et gérer cette maladie complexe.

    👉 Un focus sur la solution d’Aktiia est accessible sur ce lien.

    Cartographies

    Les acteurs spécialisés dans l’hypertension artérielle (centres, associations nationales et internationales…)

    19 centres d’excellence en hypertension artérielle, une fondation spécialisée, des sociétés savantes nationales et internationales… Différents acteurs œuvrent pour que les patients soient mieux pris en charge et les interventions des médecins plus efficaces. En France, les patients concernés se rendent chez le médecin 10 fois par an en moyenne.

    👉 Cette cartographie H&TI permet de comprendre les articulations entre ces différentes organisations dont les actions sont destinées au patient, au médecin ou aux deux en même temps.

    Panorama des solutions numériques de diagnostic, de suivi et de prise en charge de l’hypertension artérielle

    Appareils “cuffless”, “face video processing“, thérapies numériques (DTx)… Au moins 14 solutions numériques peuvent être recensées dans le domaine de l’hypertension artérielle, dont 12 sont dédiées au diagnostic et au suivi de la maladie.

    👉 Dans cet article, une analyse de l’offre existante aujourd’hui et une cartographie des innovations disponibles.

    Quels cas d’usage de l’IA dans la prévention et la prise en charge de l’hypertension artérielle ?

    De la prévention à la gestion de la maladie, en passant par la prédiction de son évolution : au moins 10 cas d’usage de l’intelligence artificielle (IA) peuvent être recensés dans le domaine de l’hypertension artérielle (HTA).

    👉 Dans cette cartographie, sont détaillées les applications de l’IA à différents étapes du parcours de soins de cette pathologie.

     

  • Le dispositifs numériques « cuffless » pour la mesure de la pression artérielle : une solution d’avenir ?

    Actuellement, la méthode de référence pour la mesure de la pression artérielle est réalisée, au cabinet ou au domicile, par mesure de variation de pressions. En comprimant puis relâchant la pression sur l’artère à l’aide d’un brassard, on peut mesurer la contre-pression artérielle en écoutant les variations de bruit induites. Les tensiomètres utilisent différentes méthodes : en cabinet, automesure, auscultatoire automatisée… Les tensiomètres automatiques sont tous validés et leur usage est recommandé par la Société européenne d’hypertension (ESH), la Société européenne de cardiologie (ESC) et la Haute autorité de santé (HAS) depuis deux décennies.

    Le cuffless et la photopléthysmographie

    La photopléthysmographie (PPG),  terme proposé pour représenter les changements volumétriques de la vascularisation au niveau de la peau, est une technique de mesure optique non invasive permettant de détecter les variations locales du volume sanguin capillaire dans les tissus.

    Ces variations sont dues à la nature pulsatile du système circulatoire. La PPG génère une onde pulsatile, très similaire à celle obtenue lors de la prise de tension par analyse des variations de pression. La PPG en fait une technique connue depuis longtemps, mais pour obtenir des pressions, y a été associé des algorithmes, voire de l’intelligence artificielle, de la gestion, de la data. Différents types de capteurs sont utilisés pour réaliser ces mesures de PPG : bague, bracelet, montre, webcam…

    D’après le Pr Xavier Girerd, président de la Fondation de recherche sur l’hypertension artérielle (FRHTA), tous ces appareils n’en sont pas au même stade de la validation, et/ou de la commercialisation en 2024. C’est, d’après lui le bracelet Aktiia qui est le plus avancé, mais ses concepteurs doivent encore résoudre quelques points pour leur bon fonctionnement. Les montres connectées (même de marques très connues – Google a arrêté de proposer ce dispositif pour la tension) sont encore loin derrière concernant leur validation.

    Intérêt de la PPG :

    Le Pr Girerd voit plusieurs intérêts à cette technique de mesure (en particulier le bracelet AKTIIA qu’il a testé) qui permet :

    • une facilité d’utilisation ;
    • des mesures aujourd’hui fiables ;
    • des mesures quasi continues pendant des jours, semaines ou mois ;
    • de vraies mesures nocturnes (sans réveiller le patient) : c’est une nouvelle donnée particulièrement importante :
      • L’hypotension nocturne est une donnée importante du pronostic cardiaque ;
      • Les données nocturnes sont mal connues, c’est un nouveau domaine à explorer ;
    • le suivi précis de l’effet d’un nouveau traitement antihypertenseur.

    Mais restent des aspects à adresser :

    • la complexité de la calibration mensuelle du système (qui reste dédié à un seul patient) ;
    • pas de mesure possible pendant le sport, pendant les mouvements du bras ou des doigts ;
    • la lassitude des patients qui ressentent au bout d’un moment le système comme un fil à la pate ;
    • pas d’accès aux données sources…

    Une technique pas encore suffisamment validée

    En 2023 les experts Européens de l’ESH ont considéré que ces tensiomètres de nouvelle génération (les montres, les bracelets, les bagues, les caméras de visage) n’entraient pas encore dans la catégorie des « appareils médicaux validés » pour la mesure de la pression artérielle. Leur usage n’est donc pas actuellement recommandé pour réaliser le diagnostic ou la surveillance d’une hypertension artérielle. Pour le Pr Girerd, ces techniques de mesure pourraient devenir la norme dans une dizaine d’années.

    Des validations complémentaires seront nécessaires avant de pouvoir en recommander l’usage pour le soin médical.

    Peut être l’IA pourra-t-elle apporter des solutions de validation et calibrage plus solides que celles actuellement utilisées.

    Exemple de système cuffless : la bracelet Aktiia 

    Le kit Aktiia est composé du bracelet, d’un brassard pour calibrer le bracelet au patient utilisateur, et d’une app lisible sur son mobile.

    La calibration est nécessaire, pour mettre à l’échelle la courbe de volume (obtenue par PPG), et la courbe de pression, référence obtenue avec le brassard. Cette calibration reste complexe, en particulier chez les hypertendus, et est des points d’attention des sociétés savantes.

    👉 Un focus sur la solution d’Aktiia est accessible sur ce lien.