Une transformation en profondeur du système de santé
Lors du Conseil des ministres du 12 juin 2024, Frédéric Valletoux, ministre délégué auprès de la ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités, chargé de la Santé et de la Prévention, a présenté une communication relative au déploiement de la prévention en santé. Y occupant une place de plus en plus importante, la prévention transforme le système de santé. Il s’agirait désormais pour le gouvernement de “franchir une nouvelle étape en prenant en compte, pour toute la population, et tout au long de la vie, un maximum des déterminants de la santé : des facteurs personnels, familiaux, sociaux, économiques et environnementaux qui conditionnent l’état de santé des individus ou des populations”.
Plusieurs actions de prévention déjà lancées :
Puisque “prévenir coûte toujours moins cher que guérir”, le ministère de la Santé exprime son ambition d’inscrire son action dans la continuité des efforts fournis ces dernières années, à l’instar de :
📌 la vaccination et le dépistage :
- les campagnes de vaccination, comme celle contre la bronchiolite et le HPV, continuent de protéger la population. Le traitement préventif contre la bronchiolite a réduit les hospitalisations, et la vaccination HPV a débuté pour les élèves de cinquième ;
- les dépistages néonataux seront étendus à la drépanocytose dès l’automne ;
- es dépistages organisés pour le cancer du sein, colorectal, et du col de l’utérus se poursuivent avec un objectif de 10 millions de dépistages par an d’ici 2025 ;
📌 la lutte contre le tabac :
- le Programme national de lutte contre le tabac (PNLT) 2018-2022 a montré des résultats prometteurs avec une baisse significative de la consommation de tabac ;
- le nouveau PNLT (2023-2027) introduira des mesures supplémentaires, telles que l’interdiction des produits de vapotage à usage unique et l’augmentation du prix des cigarettes ;
📌 la santé sexuelle et menstruelle des jeunes :
- préservatifs et dépistages des infections sexuelles transmissibles (IST) : en 2023, 17 millions de préservatifs masculins ont été pris en charge intégralement ;
- le dépistage des IST pour les moins de 26 ans est désormais remboursé par l’assurance maladie ;
- protections menstruelles réutilisables : les protections menstruelles réutilisables seront remboursées pour les femmes de moins de 26 ans et pour les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S) ;
📌 la prévention pour les personnes âgées :
- le programme de détection précoce de la perte d’autonomie des plus de 60 ans (programme ICOPE) sera généralisé dès l’an prochain, après une phase d’expérimentation commencée en 2022.
“Mon bilan prévention”, pilier d’une stratégie globale
Le dispositif “Mon bilan prévention” vise ainsi à changer le rapport des Français à leur santé. Il permet à chaque citoyen adulte d’accéder à une nouvelle offre personnalisée pour prendre le temps, lors d’un échange avec un professionnel de santé de faire le point sur sa santé et ses habitudes de vie.
En cours de déploiement, il “va être généralisé au cours des prochains mois”, accompagné de plans de communication en direction des professionnels de santé concernés et du grand public. Les 20 millions de personnes concernées par le dispositif sur l’année à venir recevront une invitation directement de l’Assurance maladie. L’objectif de cette généralisation est “que chaque Français puisse bénéficier de quatre rendez-vous au cours de sa vie”.
Plus de 120 000 personnes déjà engagées :
Pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie, sans avance de frais, “Mon bilan prévention” est accompagné d’une stratégie “d’aller-vers” qui sera mise en œuvre afin de “de ramener vers le système de santé les personnes qui en sont les plus éloignées” et de faire de chaque patient un “acteur de sa propre santé”. En amont de son rendez-vous de prévention, le patient est invité, s’il le souhaite, à remplir un auto-questionnaire adapté à sa tranche d’âge, une démarche possible via la plateforme “Mon espace santé“. Le ministère rapporte plus de 120 000 personnes qui ont déjà rempli leurs auto-questionnaires.

8 thématiques de prévention prioritaires :
- activité physique ;
- sédentarité ;
- vaccins et dépistage ;
- sommeil ;
- habitudes alimentaires ;
- addictions (tabac, alcool, cannabis, autres drogues, jeux, écrans…) ;
- bien-être mental et social ;
- et santé sexuelle et reproductive.
Un plan dédié à l’infertilité chez les plus jeunes :
- à l’amélioration de l’information ;
- au développement d’une recherche dédiée ;
- au renforcement de la formation des professionnels de santé ;
- et à l’amélioration de l’offre et des parcours d’assistance médicale à la procréation.
Une feuille de route sur l’obésité à venir :
Autres actions de prévention présentées
Prévention en santé de l’enfant :
- La feuille de route 2024-2030 pour la santé de l’enfant vise à ce que 100 % des enfants bénéficient d’un dépistage en maternelle d’ici 2027. Un nouvel examen obligatoire à 6 ans est instauré pour renforcer le suivi médical des enfants. L’accès direct aux orthophonistes est facilité pour améliorer la détection des troubles.
- Le rôle des maisons des adolescents sera amplifié grâce à des partenariats plus systématiques avec d’autres structures et à la formation du personnel aux premiers secours en santé mentale.
Protection maternelle et infantile (PMI) :
- En 2025, le rôle de la PMI sera renforcé par une nouvelle contractualisation entre l’assurance maladie, les agences régionales de santé et les départements, avec des objectifs de santé publique et des moyens supplémentaires dédiés.
- La santé à l’école sera consolidée, permettant aux médecins de l’éducation nationale d’exercer en libéral. Une concertation sera ouverte pour rénover les missions et l’organisation des acteurs de la santé scolaire.
Santé mentale des jeunes :
- La santé mentale des jeunes est une priorité, avec des données alarmantes montrant que plus d’un tiers des 18-24 ans néglige leur santé mentale.
- Le dispositif “Mon Soutien Psy” sera rénové pour devenir plus attractif pour les psychologues et plus accessible aux patients. Le tarif des séances sera revalorisé à 50 euros, la condition d’adressage par un médecin ou une sage-femme sera supprimée, et le nombre de séances remboursées passera de 8 à 12 par an.
Innovation et prévention :
- En lien avec l’Agence de l’innovation en santé (AIS), la feuille de route dédiée à la prévention dans le cadre de France 2030, dotée de 170 millions d’euros, visera à mobiliser l’innovation pour améliorer la santé et la qualité de vie. L’objectif des financement et de faire “émerger des innovations de rupture qui permettront de repenser nos stratégies de prévention et d’agir plus efficacement pour développer des environnements favorables à la santé”. Cela se fera via deux axes principaux : l’intensification de la recherche en prévention et la démonstration de la valeur clinique des dispositifs innovants.

