Les derniers chiffres de l’Organisation mondiale de la santé montrent qu’une personne sur huit dans le monde était obèse en 2022 (soit 890 millions de personnes) et qu’un peu moins de la moitié (43 %) de la population adulte mondiale (soit 2,5 milliards de personnes) étaient en surpoids. Ces chiffres font de le surpoids et l’obésité le cinquième facteur de risque de décès, avec près de 5 millions d’adultes qui en meurent chaque année.
Pour permettre une meilleure prise en charge de ces problèmes de santé public mondiaux qui concernent pour le surpoids, près d’un adulte sur deux en France (47,3 % selon une étude de l’Inserm) et pour l’obésité, 17 % des adultes français, la société Livi propose depuis peu un parcours de soins surpoids et obésité. Ce dernier doit notamment permettre de lutter contre les déserts médicaux qui empêchent une prise en charge rapide et efficace des patients atteints de ces deux pathologies. Pour se faire, il est disponible sur l’application mobile de Livi sur laquelle les patients en surpoids ou atteints d’obésité sont suivis à distance par des professionnels de santé, afin de permettre au plus grand nombre d’en bénéficier.
Un point d’honneur à la formation des médecins
Livi souhaite que les médecins qui vont s’occuper des patients dans le cadre de leur parcours obésité et surpoids puissent être formés à la meilleure manière d’aborder des discussions qui peuvent être délicates avec les patients. En effet, dans une enquête menée par la société en mars 2023 : “39 % des personnes obèses déclarent avoir des difficultés à parler de leur poids avec le corps médical et 35 % estiment que les médecins ont tendance à porter un regard critique sur les personnes en surpoids ou obèses”. Ces chiffres peuvent expliquer une réticence des patients à consulter pour parler de leurs problèmes de poids et peut conduire à un arrêt prématuré du parcours de soin.
La filiale du suédois Kry a donc mis en place, en même temps que ces nouveaux parcours de soins, une formation spécifique des médecins pour améliorer la qualité de la prise en charge des patients. Toujours dans un objectif de qualité de la prise en charge, Livi souhaite que cette dernière soit personnalisée au maximum en fonction du profil du patient, mais aussi qu’elle soit pluridisciplinaire avec, en plus du médecin généraliste qui va suivre le patient, des psychiatres, des psychologues et des diététiciens pour l’aider dans tous les aspects de son parcours.
Au-delà de la perte de poids
L’objectif de Livi est donc simple avec la création de ce parcours de soins : aller au-delà de la perte de poids, notamment grâce à la mise en place de ces équipes pluridisciplinaires. L’entreprise explique qu’il est important de prendre en compte la situation de vie du patient dans son ensemble afin de “l’accompagner vers une amélioration de sa qualité de vie et non pas seulement vers un objectif de perte de poids”.
Concrètement, ce parcours de soins va se dématérialiser par une première étape qui consiste en une évaluation de l’état de santé du patient, suite à laquelle il s’entretiendra avec le médecin “pour s’approprier les résultats et voir ensemble les conditions d’une prise en charge efficace” qui variera en fonction des modes de vie, les niveaux de risques et les éléments de prise en charge de chaque patient. Si ce parcours à vocation à être réalisé à 100 % de manière digitale, Livi n’exclue pas la possibilité d’une orientation vers un centre spécialisé en présentiel dès que nécessaire et explique même que les patients qui ont un médecin traitant peuvent choisir de leur transmettre les éléments de leur parcours permettant d’assurer la continuité et la coordination des soins.
Comme le prévoit son projet régional de santé (PRS) 2023-2028, et “dans le prolongement de l’impulsion nationale”, l’Agence régionale de santé (ARS) Provence Alpes Côte d’Azur (Paca) s’engage depuis plusieurs années dans l’accompagnement des projets de télémédecine. Un axe par ailleurs intégré au schéma directeur régional des systèmes d’information depuis 2019. Pouvant contribuer à l’amélioration du parcours de soins coordonné, la télésanté se présente comme une réponse aux difficultés d’accès aux services de santé rencontrées par certains patients, particulièrement dans le secteur médico-social, mais aussi à l’isolement qui peut toucher des professionnels de santé dans certains territoires.
Dans le but d’améliorer “la qualité de la prise en charge des patients” et de faciliter notamment l”’accompagnement des personnes dans le secteur du médico-social en région Provence Alpes Côte d’Azur”, l’ARS exprime à travers cet AAP son ambition de dynamiser la coopération territoriale pour faciliter “l’essor de la télésanté”. Il a ainsi “pour objet d’accompagner et de soutenir le développement d’activités de téléexpertise, de téléconsultation et de télésoin en région Paca”.
Modalités de participation
Publics cibles et acteurs concernés :
Cet AAP cible 3 catégories de bénéficiaires finaux pour les porteurs de projet souhaitant y répondre. Qu’ils soient des établissements de santé, des établissements médicaux-sociaux, des regroupements de professionnels de santé (CPTS, MSP, DAC…) ou des centres de santé, ils doivent proposer leurs services de télésanté :
aux patients pris en charge dans le cadre d’un parcours de soins en cancérologie ;
aux patients pris en charge dans le cadre d’un parcours de soins en santé mentale ;
et aux usagers résidant en structure médico-sociale ou accompagnés au domicile.
Sont également éligibles à cet AAP tous les acteurs concourant à l’activité de télémédecine, en l’occurrence :
des professionnels de santé médicaux justifiant des compétences nécessaires ;
ou des professionnels de santé non médicaux qui, eux, doivent agir en application d’un protocole de coopération pris sur le fondement de l’article 51 de la Loi HPST.
L’AAP cible aussi les acteurs concourant à l’activité de télésoin (pharmaciens, auxiliaires médicaux, etc.).
Périmètre des actions financées :
L’accompagnement de l’ARS, dans le cadre de cet AAP, sera de nature financière et pourra porter les charges ou les investissements suivants :
coûts des prestations d’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMOA) visant à faciliter et assurer le déploiement du projet ;
couts de chefferie de projet dédiées au pilotage du projet : c’est une ressource interne dont la mission est clairement identifiée pour assurer ce rôle ;
dépenses d’investissements en matériel de télémédecine ou associé au dispositif ;
coûts d’installation du matériel de télémédecine et coûts divers liés au démarrage du projet ;
coûts de la formation des professionnels de santé à l’utilisation du dispositif de télésanté.
Soumission des candidatures :
La date limite d’envoi des candidatures est fixée au 6 septembre 2024 à 12h00. Tous les détails relatifs modalités de l’AAP sont disponibles dans ce cahier des charges.
👉 Les dossiers de candidature sont à adresser exclusivement par voie électronique aux formats “.pdf” et “.doc” à l’adresse : ars-paca-telemedecine@ars.sante.fr.
Sécuriser le développement et le déploiement de l’IA
L’initiative AI Airlock de la MHRA est une approche proactive, collaborative et agile, conçue pour soutenir le développement et le déploiement sécurisés des DM utilisant de l’IA, afin que leurs fabricants puissent garantir la viabilité de ces dispositifs dans le monde réel. Il s’agit d’un bac à sable réglementaire – espace isolé et protégé dans lequel des scripts ou programmes sont exécutés – qui permet aux entreprises :
de détecter les menaces et les comportements malveillants sans compromettre la sécurité du système hôte ;
et, dans ce contexte, d’explorer et d’expérimenter de nouveaux produits ou services, sous la supervision du régulateur.
Ce projet a été mis en place par la MHRA après une analyse des réussites d’autres régulateurs utilisant des bacs à sable réglementaires. Ce qui le distingue, c’est la collaboration nécessaire entre diverses organismes de régulation, de gouvernance et de certification dans le secteur de la santé. En utilisant des produits de vie réelle, l’AI Airlock réunira l’expertise de la MHRA et de ses partenaires, y compris le National health service (NHS). Les résultats nourriront les prochaines phases du projet à court terme, ainsi que les futures directives et politiques de la MHRA à long terme, tout en explorant les limites des approches existantes pour évaluer la conformité réglementaire des solutions d’IA.
La MHRA précise que le projet AI Airlock est déjà en cours, dans un format de “pilote”, et qu’un appel à candidatures pour les produits sera bientôt lancé.
Une stratégie globale de la MHRA pour l’IA
Le lancement du bac à sable réglementaire fait partie d’une approche stratégique plus globale de la MHRA pour l’IA. En avril 2024 le régulateur britannique a publié ses orientations dans un livret intitulé “Impact of AI on the regulation of medical products. Implementing the AI White Paper principles“. Cette stratégie vise à “identifier et relever les défis de la régulation des dispositifs médicaux autonomes à IA, en recherchant et en soutenant initialement quatre à six projets virtuels ou réels à travers des simulations”.
En 2023, le gouvernement britannique avait déjà publié un livre blanc intitulé “Une approche pro-innovation de la régulation de l’IA“, que la MHRA a accueilli favorablement en prenant, au cours des 12 derniers mois, des mesures significatives pour adopter ses recommandations qui reposent sur cinq principes clés :
sécurité et robustesse ;
transparence et explicabilité appropriées ;
équité, responsabilité et gouvernance ;
et contestabilité et réparation
Face à l’augmentation du nombre de DM innovants basés sur l’IA entrant sur le marché britannique, la MHRA estiment que les bénéfices potentiels d’une telle stratégie sont doubles :
des gains d’efficacité amélioreront l’accès sécurisé des patients britanniques aux produits médicaux plus tôt qu’auparavant ;
tandis que l’Agence pourra se concentrer davantage sur des priorités telles que l’innovation et l’engagement des patients.
C’est dans ce sens que le lancement de AI Airlock pourrait “améliorer la compréhension collective et accélérer les solutions vers de nouveaux défis réglementaires, améliorant finalement l’expérience des patients”. Le bac à sable permettrait de tester et de clarifier certaines de ces problématiques qui risquent de freiner des cas d’usage plus ambitieux de l’IA, permettant ainsi aux éditeurs d’investir dans le développement de nouvelles technologies avec plus de confiance et au système de santé d’adopter ces technologies avec assurance.
Quel rôle de l’IA dans la sécurité des patients ?
La MHRA met actuellement en œuvre son propre programme de réforme réglementaire lié aux DM pilotés par l’IA. Dans les années à venir, l’IA pourrait devenir essentielle dans la régulation efficace des produits et la sécurité des patients. Il est donc indispensable pour l’Agence d’anticiper et de comprendre son impact, afin de rester un régulateur efficace et innovant.
Par ailleurs, en se basant sur des travaux fondés sur des preuves produits par d’autres organismes, la MHRA collaborera avec le NHS AI Lab et le Département de la santé et des soins sociaux (DHSC). Les résultats de ce partenariat orienteront les futurs projets AI Airlock et pourront influencer les futures directives autour des DM basés sur l’IA au Royaume-Uni et à l’international.
Mesurer la préparation des entreprises à intégrer l’IA
L’IA générative (GenAI), comme l’IA prédictive avant elle, suscitent l’intérêt des dirigeants d’entreprise. L’adoption de ces nouvelles technologies pour des applications commerciales a le potentiel d’améliorer les chiffres d’affaires et les résultats nets des organisations qui sauront les exploiter. Pour comprendre comme ces dernières se préparent à la nouvelle ère qui s’annonce, MIT Technology Review Insights publie, en partenariat avec leader mondial de la circulation des données, Fivetran, ce nouveau rapportintitulé “AI readiness for C-suite leaders“, qui synthétise les résultats d’une enquête mondiale menée auprès de 300 cadres dirigeants et responsables technologiques dans 11 secteurs d’activité, dont la santé.
L’indispensable stratégie data :
L’étude révèle que les dirigeants considèrent l’intégration des données et l’accès sécurisé à toutes leurs sources comme des domaines d’investissement essentiels pour exploiter les technologies d’IA et d’IA générative. Ils jugent également indispensable de pouvoir partager et combiner les données provenant de tous types de sources, y compris :
les applications Saas (service as a software) ;
les bases de données héritées ;
et les applications personnalisées.
Une telle conclusion démontre le rôle primordial pour une entreprise d’avoir une stratégie data solide, qui lui permettra de libérer tout le potentiel de l’IA et de la GenAI en matière d’innovation et d’excellence opérationnelle.
Pour George Fraser, PDG de Fivetran : “L’intégration des données n’est pas seulement un défi technique – c’est un impératif stratégique qui sous-tend toutes les initiatives d’IA réussies.” Et d’ajouter : “Alors que les technologies d’IA continuent d’évoluer, la capacité à intégrer et à gérer efficacement les données distinguera les leaders de l’industrie de ses concurrents.”
L’intégration des données arrive en tête des priorités – @ MIT Technology Review Insights
Principales conclusions du rapport de MIT
Préparer les données d’une organisation pour l’IA présente cependant un ensemble de nouveaux défis et opportunités. Ce rapport examine la préparation des fondations de données des entreprises, ainsi que les défis de la construction d’une infrastructure de données nécessaire pour tirer pleinement parti de cette technologie. Ses principales conclusions concernent les trois points suivants :
1️⃣ L’intégration des données, priorité absolue pour préparer l’exploitation de l’IA :
82 % des dirigeants de niveau C-suite et autres cadres supérieurs conviennent que “la mise à l’échelle de l’IA ou de l’IA générative pour créer de la valeur commerciale est une priorité absolue”. Mais pour s’y préparer, 45 % d’entre eux estiment que le principal défi pour atteindre une bonne préparation à l’IA est “l’intégration des données et les pipelines”. Interrogés sur les aspects difficiles de ladite intégration, ils citent quatre éléments :
la gestion du volume de données ;
le transfert des données des installations sur site vers le cloud ;
la facilitation de l’accès en temps réel ;
et la gestion des changements de données.
2️⃣ La recherche de solutions durables :
83 % des participants à l’enquête affirment que leur “organisation a identifié de nombreuses sources de données” à réunir pour lancer leurs projets d’IA. Bien que les technologies dépendantes des données des dernières décennies aient conduit à des programmes d’intégration et d’agrégation de données, ceux-ci étaient généralement adaptés à des cas d’utilisation spécifiques. Désormais, les entreprises recherchent quelque chose de plus évolutif et indépendant des cas d’utilisation : 82 % des répondants donnent la priorité aux solutions “qui continueront à fonctionner à l’avenir, indépendamment des autres changements apportés” à leur stratégies et leurs partenariats.
3️⃣ 2 préoccupations majeures : gouvernance et sécurité des données
Les préoccupations en matière de gouvernance et de sécurité des données sont le deuxième défi le plus fréquent en matière de préparation des données, citées par 44 % des répondants. Ceux des secteurs hautement réglementés étaient deux à trois fois plus susceptibles de citer la gouvernance et la sécurité des données comme une préoccupation, et les directeurs des données, ou chief data officers (CDO), considèrent ce défi deux fois plus souvent que leurs pairs de la C-suite. D’où la nécessité, selon le rapport, d’aborder ces deux problématiques dès le début de toute stratégie d’IA, afin de garantir que les données sont utilisées et accessibles de manière appropriée.
Défis d’intégration des données identifiés par l’enquête de Fivetran, 2024 – @ MIT Technology Review Insights
Maximiser la valeur commerciale de l’IA Générative :
Bien que l’IA générative offre un ensemble impressionnant et puissant de capacités, sa valeur commerciale n’est pas garantie, conclue l’étude de Fivetran et de Technology Review Insights. Si certains modèles puissants sont aujourd’hui ouverts à l’utilisation publique, ils ne servent pas de différenciateur pour les organisations qui cherchent à devancer la concurrence et à déployer l’IA de manière généralisée et efficace. Pour obtenir de tels avantages, il serait primordial pour ces organisations d’enrichir les modèles d’IA “avec leurs propres données, afin de créer des perspectives et des opportunités commerciales uniques.”
Dans ce rapport, les membres du panel d’experts du think thank Lucian Leape Institute de l’IHI sont globalement optimistes quant au potentiel de la GenAI pour améliorer de nombreux aspects des soins, y compris la sécurité des patients. Cependant, ils indiquent qu’une navigation prudente est nécessaire pour atténuer les nouveaux risques.
2️⃣ 3 cas d’usage majeurs :
Le panel d’experts a examiné trois cas d’utilisation, sélectionnés pour leur large représentation des utilisations cliniques anticipées de l’IA au cours des prochaines années.
aide à la documentation : réduit l’épuisement des cliniciens et améliore la précision des dossiers des patients ;
aide à la décision clinique : aide à la détection précoce des préoccupations de sécurité, y compris les infections et les événements indésirables liés aux médicaments ;
chatbots à destination des patients : améliore l’engagement et l’éducation des patients.
3️⃣ Des risques potentiels :
Le panel d’experts a également identifié divers risques notamment :
la dépersonnalisation des soins ;
la possibilité que l’IA générative produise des prédictions et des recommandations inexactes (voire fabriquées) ;
la faiblesse de la supervision humaine des résultats technologiques généralement précis ;
la tendance des organisations de soins à transformer toute efficacité générée par l’IA en attentes accrues de productivité ;
et les défis de l’intégration de l’IA dans les flux de travail existants pour les cliniciens et les patients.
Bénéfices et défis de l’IA
Biais potentiels et risque de perte de compétences :
Il est possible que le biais puisse être atténué en garantissant une représentation large dans les ensembles de données de l’IA, une transparence totale concernant les conflits d’intérêts qui peuvent influencer les résultats, et par de nouvelles méthodes computationnelles. De nouveaux cliniciens, entrant en exercice après la mise en œuvre généralisée de l’IA, pourraient ne jamais acquérir les compétences des cliniciens plus expérimentés.
Charge de travail réduite :
Les gains d’efficacité de l’IA ne devraient pas conduire à une augmentation de la charge de travail des cliniciens sans soulagement cognitif. Les membres du panel sont enthousiastes quant au potentiel des outils d’IA générative pour réduire l’épuisement des cliniciens et la charge cognitive, faciliter la fourniture de pratiques fondées sur des preuves, améliorer la précision diagnostique et potentiellement réduire les coûts. Une IA bien conçue a également le potentiel d’identifier les lacunes dans les soins et les situations sujettes aux erreurs ; le faire en temps réel peut offrir des opportunités d’intervention rapide pour prévenir certaines erreurs.
Amélioration des méthodes d’évaluation et plans d’action :
Jusqu’à présent, les méthodes d’évaluation dominantes — l’analyse des événements indésirables et des conditions dangereuses — ont été réalisées par le biais de rapports d’incidents et d’analyses des causes profondes. De nombreuses études ont montré que les rapports d’incidents produisent des résultats insatisfaisants, manquant de nombreux problèmes et capturant souvent des problèmes périphériques au problème de sécurité pertinent.
En termes de plans d’action, les analyses des causes profondes — examens interdisciplinaires détaillés des événements indésirables — ont été le principal moyen par lequel les systèmes de santé ont compris et abordé les problèmes de sécurité. L’utilisation créative de l’IA générative pourrait identifier des modèles de soins et suggérer des solutions basées sur des événements passés au sein d’un établissement de soins donné (ou d’autres si leurs données sont accessibles). Les outils d’IA pourraient également aider à surveiller si ces solutions fonctionnent au fil du temps.
Surveillance en temps réel et gestion documentaire :
En créant un mécanisme pour examiner continuellement le dossier patient à la recherche de signes d’événements indésirables et de conditions dangereuses, l’IA générative a le potentiel de transformer la manière dont les systèmes apprennent sur la sécurité. En effet, une telle surveillance en temps réel des systèmes d’IA a déjà été intégrée dans les DPI et a permis de détecter plus de 10 fois plus d’incidents de dommages, en temps réel, et de prédire les dommages jusqu’à 72 heures avant qu’ils ne se produisent.
Parallèlement aux problèmes de charge de documentation pour les cliniciens, le travail des professionnels de santé est actuellement caractérisé par une énorme quantité de temps (plus de 50 % selon certaines estimations) consacrée à l’examen des dossiers, souvent dans le but de remplir les exigences de documentation pour les assureurs et autres. L’examen des dossiers basé sur l’IA générative a le potentiel de libérer une grande partie de ce temps peu productif. Il est crucial que les organisations de soins réaffectent une partie de ce temps libéré à des activités de sécurité et de qualité plus significatives, plutôt que de réduire proportionnellement les effectifs du département.
Recommandations de l’Institut Lucian Leape
Malgré ces préoccupations sérieuses, les panelistes restent généralement enthousiastes quant aux promesses de l’IA générative pour améliorer la sécurité et la qualité. En poursuivant le développement continu des outils d’IA générative et leur intégration dans la prestation des soins cliniques, le panel d’experts a formulé les recommandations suivantes :
impliquer les patients et les associations de patients dans le développement, la mise en œuvre, la gouvernance et la surveillance des outils d’IA générative ;
apprendre avec, engager et recueillir le feedback des cliniciens ;
évaluer et assurer l’efficacité de l’IA et son absence de biais ;
établir une gouvernance stricte de l’IA, une supervision et des directives à la fois pour les systèmes individuels de prestation de soins et le gouvernement ;
être intentionnel avec la conception, la mise en œuvre et l’évaluation continue des outils d’IA ;
et s’engager dans un apprentissage collaboratif entre les éditeurs.
En plus de ces recommandations, d’autres garde-fous doivent être mis en place en fonction des préoccupations suivantes soulignées par le panel :
se fier uniquement aux cliniciens pour vérifier l’exactitude des résultats et des recommandations de l’IA est une stratégie de sécurité peu fiable ;
le risque de déqualification est élevé et nécessitera des stratégies de mitigation proactives ;
les gains d’efficacité générés par l’IA entraîneront simplement davantage de tâches assignées aux cliniciens, sans soulagement de leur charge de travail et de leur fardeau cognitif actuels.
Comment l’IA peut améliorer la sécurité des patients ?
L’IA générative pourrait aider à rationaliser les tâches lourdes associées à la déclaration des incidents et à exploiter les données des épisodes de soins et des patients pour mieux identifier les conditions dangereuses et proposer des solutions. Par exemple, les outils d’IA générative pourraient soutenir les fonctions suivantes :
agrégation et analyse des rapports d’incidents, des épisodes de soins et des données d’analyse des causes profondes ;
utilisation des données pour l’identification et la résolution en temps réel des préoccupations de sécurité ;
identification des facteurs contributifs aux problèmes de sécurité au fil du temps ;
amélioration du suivi des audits et aide à la refonte des flux de travail pour les rendre plus efficaces et intuitifs ;
formation des professionnels de la sécurité et de la qualité ;
intégration des expériences et des retours des patients dans les efforts de sécurité ;
aide à l’identification des diagnostics et à la détection précoce des problèmes courants de sécurité des patients hospitalisés, y compris les infections nosocomiales, les événements indésirables liés aux médicaments, la thrombo-embolie veineuse et les complications chirurgicales ;
réduction de la charge de travail du personnel de sécurité des patients et d’amélioration de la qualité, permettant une meilleure allocation des ressources pour la mise en œuvre des efforts de sécurité des patients.
L’intégration de ces capacités IA dans les systèmes de soins de santé pourrait transformer les approches de la sécurité des patients, passant d’une réaction aux erreurs à une prévention proactive, améliorant ainsi globalement la qualité des soins et réduisant les incidents de sécurité
Chacune de ces fonctions a le potentiel d’aider les professionnels de la santé à passer d’une réaction aux erreurs et aux dommages à une prédiction proactive. Elles pourraient également améliorer la capacité des professionnels de la sécurité à répondre en temps réel avec des solutions basées sur les données.
Après des mois de négociations, l’Assurance maladie et les syndicats représentatifs de médecins ont signé, le 4 juin 2024, une nouvelle convention médicale. Celle-ci décline les 4 axes prioritaires définis par la lettre de cadrage du ministère de la Santé et de la prévention en novembre dernier :
améliorer l’accès aux soins ;
soutenir l’attractivité de la médecine libérale ;
renforcer la qualité et la pertinence des soins ;
faire évoluer les modes de rémunération des médecins libéraux.
Des mesures phares pour soutenir l’attractivité de la médecine libérale
Visant à valoriser l’exercice de la médecine libérale, des généralistes comme des spécialistes, la nouvelle convention médicale s’articule autour de différentes mesures emblématiques qui seront mises en œuvre dans les prochains mois.
La consultation chez le généraliste passera à 30 euros :
C’était l’une des principales revendications des médecins : la consultation chez le généraliste passera, en décembre 2024, de 26,50 euros actuellement à 30 euros.
Certains spécialistes plus chers, mais en deux temps :
Pour certaines spécialités en perte d’attractivité, les tarifs de consultation sont également revalorisés et entreront en vigueur en deux temps : une première augmentation en décembre 2024, puis une autre en juillet 2025. Cela concerne des spécialités cliniques comme la pédiatrie, la psychiatrie, la rhumatologie, la gynécologie médicale, la gériatrie ou encore l’endocrinologie, qui bénéficieront de revalorisations ciblées et importantes.
la consultation de psychiatrie passera à 57 euros ;
la consultation de pédopsychiatrie sera quant à elle revalorisée de 40 %, à 75 euros, et par ailleurs étendue aux adolescents et aux jeunes jusqu’à 25 ans ;
la consultation des gynécologues passera de 30 à 32 euros puis à 35 euros ;
en pédiatrie, les trois examens obligatoires de l’enfant pourront s’élever à 54 euros puis à 60 euros.
pour les gériatres, la facturation passera à 32 euros puis à 37 euros ;
et la consultation des médecins spécialisés en médecine physique et réadaptation passera à 31 euros puis à 35 euros.
Une “consultation longue” pour les patients âgés :
Afin de valoriser la prise en charge d’épisodes complexes et chronophages, une consultation longue du médecin traitant, tarifée à 60 euros, est créée pour les patients de plus de 80 ans. Ce tarif pourra être utilisé, en cas de besoin, à trois reprises dans l’année comme dans les cas :
de sortie d’hospitalisation ;
d’entrée dans un parcours médicosocial ;
ou de déprescription en cas de polymédication (janvier 2026).
D’autres mesures à retenir :
📌 Une “dotation numérique” est créée pour valoriser l’usage numérique des médecins libéraux.
📌 Un nouveau forfait médecin traitant (FMT) est créé et sera mis en place en 2026. Le médecin bénéficiera d’une rémunération annuelle pour chacun de ses patients, individualisée selon la complexité du suivi de celui-ci. Le FMT sera ainsi calibré par patient selon son âge, son état de santé, sa situation sociale, et son parcours de prévention :
son montant socle ira jusqu’à 100 euros pour un patient de plus de 80 ans en ALD ;
pour tout bénéficiaire de la Complémentaire santé solidaire, le montant par patient sera augmenté de 10 euros ;
le respect effectif du parcours de prévention préconisé par la Haute Autorité de santé (vaccination, dépistage, examens de suivi des patients atteints de pathologies chroniques) aboutira à une majoration de 5 euros par indicateur validé par patient (que l’acte ait été réalisé par le médecin ou non).
📌 Second recours et actes techniques :
le tarif de l’avis ponctuel de consultant (APC), valorisant l’expertise de second recours apportée par un médecin spécialiste à un médecin traitant, est porté à 60 euros en décembre 2024 ;
un soutien important (plus de 500 millions d’euros) est apporté à la valorisation des actes techniques avec des hausses de tarifs intervenant dès fin 2024 pour soutenir ces activités, une revalorisation spécifique des actes de chirurgie, d’anesthésie et d’obstétrique et le provisionnement d’une enveloppe de 240 millions d’euros allouée à la refonte de la nomenclature des actes techniques qui entrera en vigueur en 2026 ;
enfin, il sera désormais possible de cumuler sans décote certains actes techniques à des consultations, afin d’optimiser le temps médical et les déplacements des patients.
Améliorer l’accès aux soins
Les partenaires conventionnels ont défini 10 objectifs pour améliorer l’accès aux soins, notamment :
en stabilisant la part de patients ALD sans médecin traitant à 2 % d’ici 2025 ;
en augmentant le nombre de nouveaux médecins généralistes de 5 % par an ;
et en augmentant la patientèle moyenne de 2 % par an.
Ils visent également à réduire le délai d’accès aux spécialistes, augmenter le nombre de contrats assistants médicaux à 10 000 en 2025, et accroître l’installation de médecins dans les zones sous-dotées de 7 % par an.
Pour atteindre ces objectifs, des mesures telles que :
la création et le financement des équipes de soins spécialisés (ESS) avec un crédit d’amorçage de 80 000 euros et une dotation annuelle allant de 50 000 à 100 000 euros ;
le développement des consultations avancées dans les zones prioritaires avec un forfait de 200 euros par demi-journée ;
le renforcement de l’aide à l’emploi des assistants médicaux avec une revalorisation de l’aide de 5 % ;
et une majoration annuelle et pérenne du forfait médecin traitant de 10 % dans les zones prioritaires sont prévues.
Des aides à l’installation seront également attribuées aux nouveaux médecins dans les déserts médicaux, allant jusqu’à 10 000 euros dans les zones prioritaires et 5 000 euros dans les zones d’activité complémentaires.
Une juste allocation des ressources
L’Assurance maladie propose 15 programmes d’actions chiffrés sur la pertinence et la qualité des soins, fondés sur des recommandations scientifiques, couvrant des thèmes tels que le recours aux arrêts de travail, l’usage approprié des produits de santé, la sobriété des pratiques et l’amélioration des parcours des patients atteints de pathologies chroniques.
Par ailleurs, deux observatoires seront mis en place pour surveiller de près ces engagements et proposer des mesures correctives si nécessaire, portant sur l’accès aux soins ainsi que sur leur pertinence et leur qualité.
Fournir des alternatives aux essais cliniques randomisés
Autorisé par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) en 2023, cet EDS, développé par Euris health cloud, a été officiellement lancé le 29 mai 2024. Heva y a apporté son expertise dans la constitution du dossier de demande d’autorisation, un élément clé pour garantir la conformité et la sécurité des données. Son savoir-faire a été déterminant dans le choix de l’environnement technologique et dans la mise en place des conditions d’accueil des données du Groupe français de pneumo-cancérologie (GFPC). Heva a également accompagné le GFPC dans la réalisation de diverses études exploitant ces données, notamment à travers :
l’appui dans la constitution du dossier de demande d’autorisation Cnil de l’entrepôt ;
l’expertise et le retour d’expérience dans les choix de l’environnement technologique métier pour la réalisation des études ;
ains que la mise en place des conditions d’accueil des données du GFPC.
Une architecture souveraine et sécurisée :
Le cadre juridique, organisationnel et technique de Matrixlung, garantit une gestion sécurisée des données de santé. Euris fournit une architecture souveraine et sécurisée, conforme au référentiel EDS de la Cnil, qui permettrait au GFPC et à Heva de se concentrer pleinement sur l’analyse des données, accélérant ainsi les avancées dans la recherche clinique. Souvent limités par des difficultés au recrutement de patients, les essais cliniques randomisés dans le domaine de l’oncologie thoracique pourront à l’avenir exploiter ce nouvel entrepôt qui se présente comme une alternative fiable, ouverte également à des projets de recherche externes, encourageant les collaborations internationales.
État des lieux des EDS en France
Depuis la promulgation du règlement général sur la protection des données (RGPD) en 2018, les EDS doivent obtenir une autorisation spécifique de la Cnil avant de commencer à collecter et à traiter des données de santé. En France, les infrastructures sont souvent hébergées sur des clouds souverains, respectant les normes de sécurité les plus élevées. Ces plateformes offrent des capacités de stockage et de calcul nécessaires pour traiter de grandes quantités de données, facilitant de la sorte des analyses complexes et des recherches de grande envergure.
Pour maximiser l’impact des EDS, les autorités encouragent les collaborations entre différents acteurs du secteur de la santé (hôpitaux, centres de recherche, entreprises technologiques et autorités publiques). En témoigne le lancement en 2019 du Health data hub, qui regroupe de nombreuses bases de données de santé pour promouvoir la recherche et l’innovation. Toutefois, les EDS doivent encore surmonter plusieurs défis en France, dont notamment :
l’intégration des données de sources variées ;
l’équilibre entre l’utilisation des données pour la recherche et la protection des droits des patients ;
et la standardisation des formats de données qui restent des problématiques clés.
Avec une prévision de croissance atteignant 135 milliards de dollars d’ici 2030, selon le nouveau baromètre publié par Wavestone, le marché de la Femtech est en pleine expansion au niveau mondial. Cela est notamment marqué dans les segments du suivi menstruel, de la fertilité, de la ménopause mais aussi de la santé mentale.
En 2023, les États-Unis représentaient le principal marché avec plus de 700 entreprises. Un développement dû à plusieurs facteurs, notamment :
une sensibilisation accrue aux besoins de santé spécifiques des femmes ;
l’augmentation des investissements dans les technologies de la santé ;
ainsi que l’essor des start-ups innovantes.
42,8 M€ de chiffre d’affaire en France
De la même manière, le marché français de la femtech est lui aussi en plein essor, avec une croissance exponentielle attendue dans les années à venir. En 2023, le chiffre d’affaire cumulé des start-ups femtech françaises est évalué à 42,8 millions d’euros. En avril 2024, 140 entreprises sont recensés dans le secteur.
Source : Baromètre Wavestone 2024
La France représente le principal marché pour 87 % de ces entreprises, bien que beaucoup adoptent une stratégie de développement international dès le départ. Les régions les plus ciblées après l’Europe sont l’Amérique du Nord et l’Afrique. En termes de pays, les startups visent principalement la France, suivie de la Belgique et de la Suisse.
18 % du marché français sur le segment de la santé menstruel :
Les startups femtech françaises se concentrent majoritairement sur la santé menstruelle, représentant 18 % du marché. Viennent ensuite la santé globale (16 %), les pathologies chroniques hors cancer (14 %) et la santé pelvienne (14 %). En revanche, des segments cruciaux comme la ménopause et les maladies cardiovasculaires, qui constituent la première cause de mortalité chez les femmes en France, sont encore largement sous-exploités. Dans le domaine de la santé menstruelle, les produits de grande consommation sont les plus fréquents. Pour la santé globale, les espaces de santé sont les plus répandus. Les pathologies chroniques sont dominées par les tests diagnostics, tandis que la santé pelvienne voit une prévalence des objets connectés.
Concernant les secteurs d’activité, le bien-être, qui inclut des produits et services visant à améliorer la qualité de vie et la santé des utilisatrices, domine légèrement avec 53 % du marché, devant le secteur de la santé (47 %), qui regroupe les produits et services liés aux soins médicaux.
25 % des innovations concernent les produits de grande consommation :
Un quart des innovations créées par les startups femtech françaises interrogées concerne des produits de grande consommation, tels que les protections menstruelles, les produits nutritionnels ou les infusions. Viennent ensuite les logiciels de santé (10 %), suivis à égalité par les applications mobiles, les compléments alimentaires et les dispositifs médicaux (9 % chacun). Par secteur, les produits et services les plus fréquents en santé incluent les logiciels (Saas), les tests diagnostics et les dispositifs médicaux. En bien-être, les produits de grande consommation, les compléments alimentaires et les applications mobiles sont les plus courants.
Financements, partenariats et initiatives gouvernementales
59% des startups femtech françaises ont levé des fonds :
En 2023, 59 % des startups femtech françaises ont levé des fonds, tandis que 9 % se sont financées exclusivement via des fonds d’investissement. Par ailleurs, 50 % des startups bénéficient de financements combinant plusieurs sources, parmi lesquelles on trouve principalement :
Les fonds d’investissement combinés aux Business angels ;
La combinaison de fonds d’investissement, de la BPI et de Business angels.
L’autofinancement constitue la deuxième source de financement la plus fréquente, représentant 34 % des startups, en raison des difficultés d’accès aux fonds dans ce secteur. 4 % des startups n’ont recours à aucun financement externe, tandis que 3 % bénéficient de bourses ou de subventions. le financement reste un défi pour les startups femtech, qui ont vu un ralentissement en 2023 mais la présence d’entreprises de niveau série A et B sur le marché devrait encourager les acteurs du financement à créer des fonds spécialisés.
Samsung et Pierre Fabre misent sur la femtech :
En mai 2024, Samsung Medison a signé un accord pour acquérir la totalité des parts de Sonio pour 92,4 millions de dollars. Sonio, qui développe des solutions technologiques pour optimiser les soins prénataux, continuera d’opérer de manière indépendante tout en assurant la compatibilité de ses produits avec les dispositifs à ultrasons de différents fabricants. La finalisation de cette transaction est soumise à l’obtention des autorisations réglementaires nécessaires.
En septembre 2023, MiYé a annoncé l’entrée des Laboratoires Pierre Fabre dans son capital. Ce partenariat stratégique permettra à MiYé de bénéficier de l’expertise médicale et de la connaissance approfondie du marché des Laboratoires Pierre Fabre. Cette collaboration vise à accélérer la croissance de MiYé, à renforcer ses activités de recherche et développement, et à élargir sa présence dans les pharmacies et parapharmacies.
Pour surmonter les défis du secteur, 59 % des startups femtech bénéficient de partenariats stratégiques. Les hôpitaux, les professionnels de santé et les laboratoires de recherche sont les principaux partenaires. Ces collaborations couvrent divers domaines tels que la recherche et développement, l’innovation clinique, ainsi que l’éducation et la prévention. Par exemple, en 2023, Femtech France a noué un partenariat de trois ans avec l’AP-HP pour promouvoir l’innovation en santé des femmes à l’hôpital, réduire les disparités de données liées au genre et encourager les travaux de recherche.
L’Inserm consacre 30 M€ à la recherche en santé des femmes :
Les initiatives gouvernementales sont également essentielles pour soutenir le développement de la femtech. Depuis 2022, le gouvernement français a mis en place une stratégie nationale pour lutter contre l’endométriose, axée sur la recherche, le diagnostic rapide et la sensibilisation. Un programme de recherche “Santé des femmes, santé des couples” financé à hauteur de 30 millions d’euros sur cinq ans a été lancé par l’Inserm. De plus, la région Île-de-France a introduit le plan “Smart-Santé” 2023-2028, avec un accent particulier sur l’innovation en santé des femmes.
20 % des startups françaises ont entamé les démarches de remboursement :
Les startups femtech en France se heurtent à plusieurs obstacles majeurs dans leur développement. Parmi les principaux freins identifiés, la complexité et le coût élevé des démarches pour obtenir le remboursement par l’Assurance maladie constituent un défi significatif. Seulement 20 % des startups ont commencé les démarches de remboursement, tandis que 44 % prévoient de le faire mais n’ont pas encore entamé le processus. Le manque de connaissance des modalités de remboursement et la difficulté d’accès à des cahiers des charges adaptés aux solutions innovantes constituent des obstacles notables.
Glissement vers le B2B2C dans les offres de santé en entreprise :
La santé des femmes en entreprise émerge comme un thème fort, avec un glissement des modèles économiques du B2C vers le B2B2C. Les assureurs montrent un intérêt croissant pour des offres de santé globales, couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur. Toutefois, des domaines comme la santé hormonale et la santé mentale des femmes restent sous-adressés, mais représentent des opportunités de croissance future.
Incubateur de projets d’excellence dédié à la recherche en génétique et aux biotechnologies appliquées à la santé et à l’environnement, Genopole rassemble 66 entreprises de biotechnologies, 17 laboratoires de recherche, 24 plateformes technologiques, ainsi que des formations universitaires (Université d’Évry, Paris-Saclay). Il a pour objectifs de :
soutenir les entreprises de biotechnologies ;
favoriser le transfert de technologies vers l’industrie ;
et développer des enseignements de haut niveau dans les sciences de la vie.
Chaque année, Genopole soutient des projets innovants, à travers des programmes comme Shaker et Gene.io et s’engage à favoriser l’innovation et à accélérer le développement de startups biotech. Les programmes Shaker et Gene.io de Genopole offrent aux innovateurs en biotechnologie des moyens de valider, développer et commercialiser leurs projets avec un soutien scientifique et business.
Shaker : transformer les idées innovantes en start-ups
Le programme d’accompagnement Shaker transforme les idées d’innovation en startups biotech. Il offre un soutien complet pour valider la preuve de concept et créer une startup biotech solide. Les lauréats, sélectionnés sur appel à candidatures, bénéficient d’un accompagnement entièrement financé par Genopole, incluant un accès 24h/24 à un laboratoire équipé, des ateliers collectifs, des rencontres personnalisées et des sessions avec des acteurs financiers et industriels.
Objectifs du programme Shaker :
aider les porteurs de projets à démontrer la viabilité scientifique de leur innovation ;
fournir les ressources et l’accompagnement nécessaires pour transformer une innovation en une entreprise viable.
Modalités de participation :
les candidats doivent soumettre leur dossier en ligne avant la date limite ;
les projets sont évalués sur leur potentiel innovant et leur faisabilité scientifique.
Avantages pour les lauréats :
accès à un laboratoire complet pour mener leurs recherches ;
aide financière pour l’achat de consommables nécessaires aux expérimentations ;
support d’experts en bio-innovation pour les aspects commerciaux du projet ;
intégration dans l’écosystème Genopole, un réseau dynamique de chercheurs, d’entrepreneurs et d’institutions.
👉 La date limite d’envoi des candidatures pour le programme Shaker est le 28 juillet 2024. Les candidatures peuvent être déposées sur ce lien.
Gene.io : un soutien aux entreprises
La campagne Gene.io 2024 est ouverte jusqu’au 21 juillet 2024. Ce programme d’accélération offre des outils essentiels pour réussir une première levée de fonds, une collaboration industrielle ou un accord commercial. Ce financement initial crucial permet aux entreprises innovantes en biotechnologie de se développer, de lancer de nouveaux produits ou services, et de pénétrer le marché.
Objectifs du programme Gene.io :
aider les startups à démontrer la valeur de leurs recherches;
fournir les ressources pour une entrée plus rapide et efficace sur le marché.
Modalités de participation :
les dirigeants de startups doivent déposer leur dossier en ligne avant la date limite;
les projets sont évalués sur leur potentiel de marché et leur innovation technologique.
Avantages pour les lauréats :
20 000 € d’avance remboursable pour soutenir le développement du projet;
accès à des packs d’expertise adaptés aux besoins spécifiques de chaque projet;
évaluation complète des points forts et axes d’amélioration du projet;
support logistique pour l’installation de la startup;
accompagnement personnalisé par des mentors expérimentés.
👉 La date limite d’envoi des candidatures pour le programme Shaker est le 21 juillet 2024. Les candidatures peuvent être déposées sur ce lien.
L’informatique de gestion ne se limite pas à l’écriture d’algorithmes d’IA, mais comprend également la gestion de projets et la coordination avec des partenaires externes. Le Pr Adrien Depeursinge et son équipe de la Haute école spécialisée de Suisse occidentale, HES-SO Valais-Wallis, ont joué un rôle pivot dans le consortium Ibsi (imaging biomarker standardisation initiative), visant à standardiser la terminologie et les logiciels utilisés en radiologie. Cette étude, qui a été citée plus de 2 500 fois, est devenue une référence mondiale pour les chercheurs, les entreprises de logiciels et le personnel médical.
Entre imagerie et big data, la radiomique consiste à extraire des caractéristiques statistiques d’images médicales, telles que celles de la tomodensitométrie (TDM) ou de l’imagerie par résonance médicale (IRM), pour optimiser la prédiction des résultats. Ces caractéristiques, appelées biomarqueurs d’images, sont utilisées pour prédire le type de tumeur ou sa réponse à un traitement. Cependant, l’absence de standardisation des outils et des terminologies rendait difficile la comparaison des résultats entre différents centres. Le consortium Ibsi a permis d’harmoniser ces pratiques, facilitant une analyse cohérente des données à l’échelle mondiale.
Les variations entre logiciels réduites :
Cette méthode de caractérisation des images ne se limite pas aux cancers, mais s’étend à diverses maladies telles que les affections neurologiques (sclérose en plaques, Parkinson, Alzheimer), cardiaques et pulmonaires, entre autres. Elle met à disposition des médecins et des chercheurs des valeurs quantitatives, reproductibles et surtout objectives. En effet, cela permet aux professionnels de la santé d’être confortés ou aidés dans leurs décisions, augmentant ainsi leur efficacité.
Comparer les biomarqueurs d’images entre différents hôpitaux est donc devenue possible, malgré les difficultés à confronter les avis de la recherche, de l’industrie privée et des centres hospitaliers. La création de modèles robustes renforce la confiance des utilisateurs tout en réduisant les variations entre logiciels.
Une utilisation des données à l’échelle mondiale
Le projet Ibsi transforme l’industrie médicale en réunissant divers acteurs pour établir des normes communes. Des chercheurs ont travaillé pendant trois ans pour définir et adopter des valeurs de référence pour 169 caractéristiques radiomiques, créant ainsi un schéma standard de traitement des images et des lignes directrices pour les rapports d’études radiomiques.
Ce travail se concrétise par une plateforme en ligne permettant aux fournisseurs de logiciels :
de tester leurs solutions de manière autonome ;
et de garantir la production de données standardisées utilisables mondialement.
Le succès de cette initiative est attesté par sa reconnaissance par le Journal of Radiology et la participation de partenaires internationaux prestigieux, tels que le Centre national des maladies tumorales de Dresde, l’Université de Sherbrooke et l’Université de Cardiff.
Intégrer les résultats du projet dans la formation :
Afin de les capitaliser au mieux, la HES-SO Valais-Wallis intègre les connaissances acquises grâce au projet Ibsi dans la formation bachelor en informatique de gestion. Fort de son expérience dans la gestion de consortiums internationaux, le Pr Depeursinge partage avec ses étudiants des méthodologies de gestion de projet, de communication efficace et de collaboration interdisciplinaire. Cette approche vise à former des professionnels capables de coordonner des projets complexes et de collaborer avec divers acteurs, renforçant ainsi les compétences nécessaires pour relever les défis de la médecine personnalisée et de précision.