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  • IA : seules 20 % des entreprises des sciences de la vie européennes utilisent des outils (étude Expleo).

    Un fort intérêt pour l’IA dans les entreprises européennes, malgré un faible déploiement

    Diminution des coûts, meilleure qualité de travail, gain de productivité et accélération du développement des produits pour une mise sur le marché plus rapide… toutes ces avantages sont permis par l’IA pour plus de 9 dirigeants d’entreprises européennes sur 10 interrogés par Ipsos et Expleo qui ont publié, à la fin du mois d’août 2024, une étude sur l’intégration de l’IA dans les entreprises européennes. Pour ce faire, les deux sociétés ont interrogés 803 dirigeants d’entreprises européennes, dont 201 en France, qui exercent dans 8 secteurs, à savoir l’aéronautique et la défense, l’automobile, les sciences de la vie, les services financiers, les transports, les énergies, la vente et la manufacture.

    La majorité des dirigeants ont montré un fort intérêt pour cette technologie, puisque même si seulement 24% d’entre eux ont indiqué que des outils d’IA sont utilisés au sein de leur société, 72% souhaitent en déployer au cours de l’année qui arrive. Ce faible taux d’utilisation d’outils s’explique notamment par la faible présence d’experts en IA au sein des entreprises, mais  les dirigeants comptent répondre à cette problématique par une délégation externe concernant la question de l’IA, puisque 60% des interrogés ont indiqué qu’ils font déjà appel ou compte faire appel à des experts externes à l’entreprise pour mettre en place une stratégie autour de cette technologie.

    Une priorité urgente pour la majorité des entreprises

    Malgré ce faible taux d’utilisation, l’IA est une priorité urgente pour la grande majorité des entreprises et 50% des dirigeants indiquent que le comité exécutif de leur entreprise souhaitent une intégration rapide de l’IA. En effet, l’étude montre que même si seulement 24% des dirigeants interrogés dirigent une entreprise dans laquelle que des outils d’IA sont d’ores et déjà utilisés, 30% déclarent que l’acquisition d’outils est en cours, quand 33% disent se pencher sur la question d’une acquisition future. Au final, seul 13% des interrogés répondent négativement à la question “votre entreprise investit-elle dans l’IA ?”, même si là encore 9% indiquent que l’entreprise se penchera sûrement sur la question d’un tel investissement au cours des 12 prochains mois : seuls 3% des dirigeants ne souhaitent pas du tout intégrer ces outils au sein de leur société.

    Le taux des entreprises européennes qui utilisent des outils IA
    Le taux des entreprises européennes qui utilisent des outils IA

    Pour une intégration réussie de ces outils dans les entreprises européennes, Expleo a relevé au travers de ses sondages, 6 étapes importantes à suivre :

    1️⃣ tout d’abord, il doit y avoir une identification des besoins réels concernant l’IA pour l’entreprise, pour ne pas utiliser des outils qui coûtent chers et qui n’auraient pas de réel intérêt pour la société ;

    2️⃣ suite à cela, une évaluation technique et financière de la faisabilité de la mise en place d’outils est nécessaire, pour s’assurer que la société à les ressources tant en termes de personnel compétent, qu’en terme financier pour déployer ces outils ;

    3️⃣ l’entreprise doit ensuite s’assurer de choisir la bonne technologie d’intelligence artificielle qui saura le mieux convenir à ses besoins et qui pourra être utilisée le plus facilement possible par ses équipes pour en tirer le maximum d’avantages ;

    4️⃣ après le choix d’une solution qui convient le mieux aux besoins et au budget de l’entreprise, Expleo explique que le choix des données à faire travailler avec ces solutions et tout aussi important, voire plus important, que le choix de la solution : un pipeline doit être mis en place pour indiquer quelles données doivent être utilisées par les outils d’IA, en privilégiant des données qualitatives ;

    5️⃣ une fois la solution et le type de données choisis, il convient de faire entraîner la solution avec des données représentatives pour s’assurer de son intérêt pour l’entreprise ;

    6️⃣ la dernière étape consiste, quant à elle, à s’assurer de la supervision de l’outil et des données qui doivent constamment être mis à jour pour bénéficier d’un meilleur résultat.

    L’IA qui peine à être vue comme un vecteur de transformation dans le secteur des sciences de la vie

    Sur les 8 secteurs présents dans cette étude, celui des sciences et de la vie arrive en avant dernière place concernant le taux des dirigeants d’entreprises qui pensent que l’IA va transformer le secteur (juste avant le secteur des énergies) et en dernière position concernant le taux de dirigeants qui pensent que l’IA va transformer les procédés et l’organisation au sein des entreprises (avec seulement 45% des dirigeants qui pensent cela). Et même si plus de la moitié des entreprises seront prochainement équipées d’outils d’IA (59%) seuls 20% en sont dotées actuellement.

    Perception de l’impact transformationnel de l’IA dans les différents secteurs d’activité par rapport aux niveaux d’adoption des outils d’IA
    Perception de l’impact transformationnel de l’IA dans les différents secteurs d’activité par rapport aux niveaux d’adoption des outils d’IA

    Cela s’explique par de nombreuses barrières qui sont encore présentes dans le secteur et qui nuisent à une meilleure propagation et utilisation des outils d’IA, notamment les difficultés techniques à une telle mise en place – puisque 55% des interrogés indiquent qu’il est difficile d’intégrer l’IA dans les outils actuellement utilisés -, mais aussi le coût des solutions (pour 35% d’entre eux), le manque de compétences des employés (25%), ainsi que la crainte concernant la sécurité des données (25%).

    Une utilisation qui a pourtant fait ses preuves

    Cependant, l’utilisation de l’IA dans le secteur a fait ses preuves et plusieurs initiatives ont montré l’intérêt de cette technologie pour le secteur, surtout dans le monde de la santé. L’étude indique que l’IA permet notamment : aux équipes médicales de gagner en efficacité, en prenant l’exemple de la Mayo Clinic qui utilise un chatbot qui répond aux questions des patients ; d’accélérer la découverte de médicaments en prenant l’exemple de Sanofi qui utilise l’intelligence artificielle et son calcul pour analyser plusieurs cibles médicamenteuses ; ou encore de réduire le temps d’interprétation d’un scanner, comme c’est le cas en Irlande où plusieurs hôpitaux utilisent l’IA pour analyser les radios des patients pour prendre une décision en moins de 3 minutes.

    Les utilisations remarquables de l'IA dans le secteur des sciences de la vie
    Les utilisations remarquables de l’IA dans le secteur des sciences de la vie

     

  • Clarapath lève 36 M$ pour automatiser les laboratoires grâce à l’IA

    90 % d’erreurs en moins dans la préparation des échantillons tissulaires

    Clarapath, qui a réalisé ce tour de financement de série B-1, propose un système d’automatisation des examens histologiques, basé sur l’intelligence artificielle (IA) et la robotique, qui optimise la préparation des échantillons tissulaires. Baptisé SectionStar, ce système utilise la vision par ordinateur pour analyser et positionner avec précision les échantillons tissulaires, assurant une découpe uniforme et un alignement optimal sur les lames. L’IA automatise le sectionnement et le transfert des échantillons, optimisant ainsi le processus d’analyse en pathologie.

    Au cœur du dispositif, l’IA permet de :

    • standardiser la préparation des échantillons en éliminant les variations liées aux manipulations humaines. Elle assure un contrôle précis des étapes critiques, comme la découpe et l’alignement des tissus sur les lames, garantissant ainsi une qualité constante.
    • réduire considérablement les délais de traitement, passant de six heures en moyenne avec les méthodes traditionnelles à moins d’une heure.
    • et diminuer également de 90 % les erreurs humaines, particulièrement lors des phases de découpage et de transfert.

    En automatisant ces tâches répétitives, SectionStar ferait gagner aux pathologistes jusqu’à 60 % de leur temps, qu’ils peuvent consacrer à des activités à plus forte valeur ajoutée.

    Réduction de 90 % des erreurs dans la préparation des échantillons tissulaires

    Clarapath optimise révolutionne la préparation des échantillons tissulaires en combinant l’intelligence artificielle (IA) et la robotique. Son système SectionStar automatise le sectionnement et le transfert des échantillons, améliorant ainsi l’efficacité et la qualité des analyses pathologiques.Au cœur du processus, l’IA :

    • standardise la préparation des échantillons en éliminant les variations dues aux manipulations humaines en contrôlant précisément des étapes clés comme la découpe et l’alignement des tissus sur les lames, garantissant une qualité constante des préparations ;
    • réduit les délais de traitement qui passent de six heures avec les méthodes traditionnelles à moins d’une heure grâce à l’automatisation ;
    • réduit de 90 % les erreurs humaines, en particulier lors des étapes critiques de découpe et de transfert des échantillons.

    En automatisant ces tâches répétitives, le système robotique SectionStar libère jusqu’à 60 % du temps des pathologistes, leur permettant ainsi de se concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée, telles que l’interprétation des résultats et la prise de décisions diagnostiques complexes.

    Un marché mondial de 24 Mds$

    La récente levée de fonds de 36 millions de dollars porte le financement total de Clarapath à 75 millions de dollars. Cette nouvelle injection de capital vise à accélérer le déploiement mondial de sa solution d’automatisation, alimentée par l’intelligence artificielle. L’entreprise concentre d’abord son expansion sur les États-Unis, avec des extensions prévues vers l’Asie et l’Europe, où la demande pour des diagnostics plus rapides et des processus de laboratoire optimisés est en constante augmentation.

    Clarapath s’inscrit dans le marché en pleine croissance de la pathologie numérique, estimé à 24 milliards de dollars selon Market Research Future. Ce marché devrait atteindre 49 milliards de dollars d’ici 2028, avec un taux de croissance annuel composé de 15,6 %.

     

  • Réduction de 33 % du nombre d’hospitalisations d’urgence : le bilan prometteur du virage territorial de la santé

    Adapter l’organisation du système de santé aux enjeux locaux

    Le système de soins français fait face à deux défis : le développement et la prise en charge des pathologies chroniques, ainsi que le vieillissement de la population. Les pathologies chroniques concernent près de 25 millions de personnes et représentent 62 % des 158 milliards d’euros dépensés par l’Assurance maladie. En France, les plus de 60 ans représentent 26 % de la population. En 2040, ce sera 33 %, avec la question de la dépendance. Malgré des investissements importants (13 % du PIB), des dysfonctionnements persistent, à commencer par l’aspect hétérogène des soins, dont la qualité varie en fonction de la zone géographique des Français, mais aussi l’amélioration de la coordination entre les professionnels de santé et les établissements de soins (hôpital – ville).

    C’est dans ce contexte que la Fédération hospitalière de France a publié le livre blanc « Tous responsables de notre santé », dans lequel elle développe le concept de « responsabilité populationnelle ». Une approche collective qui intègre la dimension territoriale dans l’utilisation des ressources et la compréhension des contextes sanitaires.

    Un virage vers la territorialisation

    La responsabilité populationnelle redéfinit la manière dont les soins de santé sont organisés en France, avec un virage vers la territorialisation. Ce modèle repose sur une mobilisation des acteurs locaux – professionnels de santé, hôpitaux, collectivités – pour mieux répondre aux besoins de chaque région. L’objectif est de créer des parcours de soins sur mesure, adaptés aux réalités et aux profils épidémiologiques locaux.

     

    En Europe : réduction de 25 % des hospitalisations

    Le programme allemand Gesundes Kinzigtal est un exemple marquant de responsabilité populationnelle. Il a permis de réduire les dépenses de santé de 7 % tout en augmentant l’espérance de vie sans incapacité de 1,4 an. Ce modèle repose sur une coordination entre tous les acteurs de santé d’un territoire pour offrir une prise en charge personnalisée et proactive des patients, particulièrement dans la prévention des pathologies chroniques comme le diabète et les maladies cardiaques. En Espagne, la région du Pays basque a réorganisé son système de santé autour de 13 organisations de santé intégrées (OSI), axées sur la gestion des pathologies chroniques et le vieillissement. Cette approche a conduit à une réduction de 25 % des hospitalisations évitables, tout en améliorant l’accès aux soins de proximité et la coordination entre les professionnels de santé locaux.

    En France : le Douaisis et la Haute-Saône

    Dans plusieurs régions de France, la territorialisation des soins a montré ses atouts. Des territoires pionniers comme la Haute-Saône ou le Douaisis ont mis en place des modèles de santé intégrés, où la collaboration entre les différents acteurs de santé est centrale. En Haute-Saône, par exemple, la territorialisation s’est traduite par une coordination étroite entre médecins, infirmiers, pharmaciens et hôpitaux, permettant un suivi personnalisé des patients atteints de diabète. Dans le Douaisis, des actions de dépistage du diabète et de l’hypertension ont été déployées directement au cœur des quartiers, grâce à des réseaux de professionnels de santé et des citoyens ambassadeurs. Cette approche permet d’amener les soins directement aux personnes, de réduire les inégalités d’accès, notamment en zones rurales ou dans des quartiers moins bien desservis, et de renforcer la prévention.

    Carte des cinq territoires pionniers

    Haute-Saône : la durée moyenne de séjour aux urgences des patients diabétiques y est 50 % inférieure à la moyenne nationale

    Les résultats de cette responsabilité populationnelle sont visibles. En seulement 18 mois, les territoires pionniers ont réduit de 33 % le nombre d’hospitalisations d’urgence pour des complications liées au diabète de type 2. En Haute-Saône, les séjours hospitaliers pour les patients diabétiques ont diminué de moitié, tandis que le recours aux soins ambulatoires a progressé de 20 % par rapport à la moyenne nationale. Non seulement ces initiatives améliorent la qualité de la prise en charge des patients, mais elles permettent également une meilleure gestion des ressources, en évitant des hospitalisations longues et coûteuses. Ces premiers succès montrent que cette approche territoriale est un levier pour rendre le système de santé plus efficient.

     

     

    Le numérique pour fluidifier les parcours

    Grâce à des systèmes d’information partagés, les professionnels de santé, qu’ils soient en ville ou à l’hôpital, peuvent suivre en temps réel les patients et leurs parcours de soins. Par exemple, dans des territoires comme la Haute-Saône ou le Douaisis, des plateformes numériques permettent aux médecins généralistes, infirmiers et spécialistes de partager des informations clés, réduisant ainsi les délais de prise en charge et évitant les redondances de soins. Ce recours au numérique intègre la téléconsultation et la télésurveillance. La télé-expertise a réduit les consultations en urgence en favorisant des diagnostics précoces et en permettant une meilleure anticipation des complications. Les parcours de santé, tracés numériquement, sont plus fluides et cohérents, et facilitent la gestion des patients en ville comme à l’hôpital. Au Danemark, le télé-suivi des patients souffrant de maladies chroniques comme l’insuffisance cardiaque a permis une réduction des hospitalisations de 11 %.

     

     

  • 97,57% de précisions pour le diagnostic du paludisme grâce au deep learning

    Paludisme : 619 000 décès, détecter mieux pour sauver plus

    Une équipe internationale de chercheurs, comprenant des experts d’Arabie Saoudite, de Corée du Sud, d’Espagne, du Mexique, d’Angola et des États-Unis, a développé une solution automatisée basée sur le deep learning pour détecter le paludisme à partir d’images de frottis sanguins.

    Selon l’Organisation mondiale de la Santé, le paludisme a causé 619 000 décès l’année dernière, principalement en Afrique, en Asie du Sud-Est et dans la région Méditerranéenne. La détection précoce est cruciale pour éviter les décès et les complications graves. Les méthodes actuelles, comme la microscopie et les tests de diagnostic rapide (TDR), présentent des limitations : la microscopie peut générer jusqu’à 30 % de faux négatifs, tandis que les TDR sont moins sensibles en cas d’infections à faible densité parasitaire.

    Pour améliorer la détection, l’équipe a utilisé le modèle EfficientNet-B2, un réseau neuronal convolutif capable de classifier les images de frottis sanguins. Leur étude, publiée dans Scientific Reports, a impliqué

    • La collecte de 27 558 images de globules rouges, comprenant à parts égales des cellules saines et des cellules infectées par le parasite.
    • Le prétraitement des données,
    • L’entraînement du modèle avec les techniques de régularisation, Dropout et la normalisation par lots (Batch Normalization)
    • Une validation croisée en 10 plis.
    • Une comparaison des performances : les résultats obtenus avec EfficientNet-B2 ont été comparés à ceux d’autres modèles de machine learning préentraînés, tels que CNN, Visual Geometry Group (VGG16), Inception, DenseNet 121, MobileNet et ResNet

    97,57 % de précision et 80 % de temps gagné pour détecter le paludisme

    EfficientNet-B2 a montré une précision de 97,57 %, une sensibilité de 98,62 % et une aire sous la courbe (AUC) de 99,21 %, surpassant d’autres modèles de deep learning. Ce modèle, capable d’analyser des milliers d’images par jour, pourrait réduire le temps d’examen par pathologiste de 80 % et les erreurs de diagnostic, qui peuvent atteindre 20 % avec les méthodes manuelles. Cette solution pourrait être particulièrement bénéfique dans les régions endémiques où l’accès à des microscopes et à des techniciens est limité.

     

  • IA : 43 % des dispositifs médicaux approuvés par la FDA ne sont pas entraînés sur des données réelles de patients

    Une étude pour améliorer la confiance et la perception de l’IA

    Les cas d’usage de l’intelligence artificielle en santé sont nombreux : optimisation des traitements, identification des biomarqueurs, rédaction automatique de comptes rendus médicaux. Malgré ces avantages, le manque de compréhension et les biais potentiels suscitent parfois la méfiance pour les patientes et les soignants.

    En mai 2024, la Commission Européenne a créé le Bureau de l’IA, un organe de contrôle chargé d’assurer le respect de la réglementation et de la sécurité, tout en renforçant la confiance du public envers les technologies d’intelligence artificielle. 87 % des Français ne se sentent pas suffisamment informés sur l’IA et craignent ses effets négatifs (rapport Villani). Bien que les Français soient enthousiastes à l’idée d’améliorer le système de soins, 3/4 restent méfiants. Côté professionnels de santé, 58,7 % déclarent avoir confiance, et près d’un soignant sur deux intègre régulièrement l’IA dans ses pratiques (baromètre 2024 Pulselife).

    Face à l’émergence des usages de l’intelligence artificielle en santé, une équipe de chercheurs américains (UNC School of Medicine, Université de Duke, Ally Bank, Oxford University, Université de Colombie et Université de Miami) a évalué comment les dispositifs (approuvés par la FDA) qui utilisent l’IA en santé entrainent et intègrent les données dans leurs systèmes.  L’étude vise indirectement à renforcer la confiance du public. Le résultat est que presque la moitié des dispositifs médicaux approuvés par la FDA ne sont pas entraînés sur des données réelles de patients.

    43 % des dispositifs manquent de données réelles

    Depuis 2016, les autorisations de dispositifs médicaux basés sur l’IA par la FDA sont passées de 2 à 69. Ces technologies, principalement utilisées pour assister les médecins en imagerie radiologique, analyse de lames pathologiques, dosage de médicaments ou prédiction de l’évolution des maladies, doivent prouver leur efficacité non seulement avec des données d’entraînement, mais aussi en produisant des résultats précis sur de nouveaux cas.

    Chouffani El Fassi, Henderson et leur équipe ont mené cette étude en analysant plus de 500 dispositifs enregistrés dans la base de données officielle de la FDA dédiée à l’IA et à l’apprentissage automatique (IA/ML). Parmi les 521 dispositifs autorisés, 144 ont été validés rétrospectivement, 148 prospectivement et 22 via des essais contrôlés randomisés. Fait préoccupant, environ 43 % de ces dispositifs (226 au total) manquaient de données de validation clinique publiées. Certains utilisaient même des “images fantômes”, générées par ordinateur et non issues de patients réels, ce qui les excluait techniquement des exigences de validation clinique.

    Recommandation : préciser les méthodes de validation

    Les méthodes de validation, qu’elles soient rétrospectives, prospectives ou via des essais contrôlés randomisés, garantissent la fiabilité de ces dispositifs. La validation rétrospective teste les dispositifs sur des données historiques, tandis que la validation prospective, plus robuste, utilise des données en temps réel. Cette dernière méthode est jugée plus réaliste, car elle intègre des variables absentes lors de l’entraînement initial de l’IA. Les essais contrôlés randomisés sont aussi pertinents dans le cadre la validation clinique, car ils permettent une comparaison rigoureuse entre groupes expérimentaux et témoins, en isolant l’effet thérapeutique du dispositif.

    L’étude conclut donc que la distinction entre ces différentes méthodes de validation doit être clairement mentionnée dans les recommandations de la FDA et des fabricants. Une telle transparence est nécessaire pour garantir la crédibilité des dispositifs approuvés. Chouffani El Fassi insiste sur l’importance de renforcer la validation clinique de ces technologies et de rendre accessibles les résultats au public. Il espère que ces conclusions encourageront les chercheurs et les universités à intensifier les études de validation clinique, afin d’améliorer la sécurité et l’efficacité des dispositifs basés sur l’IA.

    “Nous espérons que notre publication incitera les chercheurs et les universités du monde entier à mener des études de validation clinique sur l’IA médicale afin d’améliorer la sécurité et l’efficacité de ces technologies.  déclare Chouffani El Fassi. Les résultats de cette étude ont été publiés dans Nature Medicine.

     

  • L’ARS Île-de-France lance un Open Data sur la périnatalité pour mieux comprendre et réduire la mortalité infantile 

    Un outil d’accès aux données récentes en santé périnatale

    Jusqu’à présent, les données périnatales étaient disponibles via des rapports diffusés avec un certain délai. L’Open Data Périnatalité change cette dynamique en offrant un accès aux données récentes, comme celles de 2023, accessibles aussi bien aux professionnels qu’aux non-initiés. Ces données, extraites du système national des données de santé (SNDS), peuvent être consultées via un moteur de recherche simple (à retrouver ici). L’outil permet de sélectionner le périmètre géographique et la période d’analyse, tout en classant les indicateurs par thématique. 

    @opendata-perinat.santé-idf

    Des graphiques dynamiques permettent de visualiser les évolutions et disparités territoriales. Pour les utilisateurs plus techniques, les codes SAS développés pour extraire les données sont disponibles sur simple demande, facilitant le partage et la mutualisation des ressources.

    Visualisations @opendata-perinat.santé-idf

    Un enjeu majeur pour réduire la mortalité infantile en Île-de-France

    Alors que la France, autrefois exemplaire en termes de mortalité infantile, voit son taux se dégrader depuis les années 80, l’Île-de-France fait face à des défis particulièrement complexes. Malgré la présence d’infrastructures médicales de qualité, la région enregistre une mortalité infantile nettement plus élevée que la moyenne nationale. En 2022, le taux de mortalité infantile en Île-de-France était de 4,1 % contre 3,5 % à l’échelle nationale, avec des écarts marquants entre départements, comme en Seine-Saint-Denis où il atteint 5,8 %. 

    L’ARS Île-de-France mène, depuis plusieurs années, le programme RéMI (réduire la mortalité infantile) pour remédier à cette situation. Initié en Seine-Saint-Denis, ce programme a été étendu à d’autres départements avec des indicateurs préoccupants.

    Pour rappel, le programme RéMI a adopté une méthodologie duale, reposant à la fois sur la recherche et sur des actions directes : 

    Programme de recherche : 

    • L’ARS a sollicité l’unité Epopé de l’Inserm pour mener des analyses épidémiologiques et auditer les bases de données existantes. Ce volet a inclus la mise en place d’un processus de consensus Delphi et un audit de cas pour mieux comprendre les causes de mortalité infantile;
    • une étude socio-anthropologique, confiée au Samusocial de Paris, a cherché à identifier les déterminants sociaux et environnementaux;
    • le projet Nemosis a été lancé pour améliorer la fiabilité des données sur la mortinatalité, c’est-à-dire les décès in utero.

    Programme d’actions directes : Parallèlement à la recherche, des actions ont été immédiatement déployées pour réduire la mortalité périnatale en agissant sur trois types de facteurs de risque : 

    • Facteurs liés à l’offre de santé : amélioration de la qualité des soins et de la sécurité, coordination des parcours de grossesse, et promotion des bonnes pratiques cliniques et organisationnelles;
    • facteurs environnementaux : des actions ciblées sur les milieux à risque, notamment en Seine-Saint-Denis, pour réduire les disparités territoriales;
    • facteurs comportementaux : renforcement de la prévention auprès des publics vulnérables pour encourager de meilleures pratiques de santé pendant et après la grossesse. 

    Un outil pour des stratégies ciblées en santé périnatale

    L’Open Data Périnatalité est conçu pour soutenir le pilotage des stratégies régionales en santé périnatale, offrant une réactivité et une précision accrues dans l’analyse des données locales. Grâce à cet outil évolutif, les acteurs de santé pourront ajuster plus efficacement leurs actions pour réduire la mortalité infantile et améliorer la santé périnatale dans toute la région. 

    Le lancement officiel de l’Open Data s’accompagne d’un webinaire en accès libre, prévu pour le 1er octobre 2024, permettant de présenter l’outil et ses fonctionnalités. Les détails sont disponibles sur le site de l’ARS Île-de-France. 

     

  • Chirurgie orthopédique : réduire les listes d’attente grâce à l’IA (Ecosse)

    Orthopédie : un marché en croissance

    En France, l’orthopédie représente 7,1 % des séjours en hospitalisation. Le marché mondial de l’orthopédie est en croissance. Malgré les contraintes réglementaires fortes (FDA, marquage CE) – qui font référence au scandale des prothèses PIP – les prévisions pour 2024 tablent sur une augmentation de 7,6 % par rapport à 2023, en cause, le vieillissement de la population, la prévalence de la traumatologie urbaine et de loisirs, l’obésité, etc. La population est de plus en plus susceptible de souffrir de pathologies articulaires, osseuses et musculaires. D’après François Bopp, président et co-fondateur de United Orthopedic, les nouvelles technologies ont « toute leur place dans le domaine de l’orthopédie ». C’est le cas pour la robotique, mais aussi l’intelligence artificielle, qui permet notamment d’identifier le traitement le plus adéquat pour le patient.

    Réduire le temps d’attente pour une arthroplastie de la hanche

    Une nouvelle étude menée par l’Université d’Aberdeen, en Écosse, propose une solution innovante pour accélérer les chirurgies de remplacement articulaire grâce à l’intelligence artificielle (IA). L’équipe, dirigée par le Dr Luke Farrow, a mis au point un outil capable de lire et d’analyser automatiquement les rapports de radiologie préopératoires, afin de prédire avec précision quels patients sont éligibles pour une arthroplastie, en particulier de la hanche. Publiée dans le Bone and Joint Journal, cette recherche s’inscrit dans le cadre du projet ARCHERY, qui vise à transformer les parcours de soins pour les patients ayant besoin de prothèses articulaires.

    L’étude utilise le traitement du langage naturel (NLP), en s’appuyant sur un modèle d’IA développé à partir de GatorTron, une technologie open source élaborée par l’Université de Floride et NVIDIA. Ce modèle, formé s ur plus de 82 milliards de mots issus de textes cliniques anonymisés, a été affiné et testé sur plus de 5 000 rapports de radiologie pour les remplacements de hanche (THA). Les résultats montrent une précision de 85 % pour la prédiction des candidats à la THA.

    Un modèle pas encore concluant pour l’arthroplastie du genou

    Les résultats sont plus mitigés pour les arthroplasties du genou (TKA). Sur plus de 7 000 rapports analysés, la précision tombe à 75,7 % avec une performance nettement moindre lors des validations externes. Les chercheurs reconnaissent que l’algorithme doit encore être ajusté pour mieux fonctionner dans des contextes cliniques variés.

    Le Dr Farrow souligne l’impact potentiel de cette IA pour le système de santé écossais, où les listes d’attente pour ces interventions sont longues. Cette technologie pourrait permettre de traiter plus rapidement les dossiers, en automatisant une partie du travail des radiologues, tout en réduisant les coûts et en améliorant l’efficacité des soins. Toutefois, avant une mise en œuvre à grande échelle, des ajustements sont encore nécessaires pour garantir la robustesse de l’outil dans différents établissements médicaux.

  • Alerte sur la situation financière des Ehpad

    Une situation qui se dégrade depuis plusieurs années

    Lors des Assises nationales des Ehpads, qui se sont tenues les 10 et 11 septembre, plusieurs voix se sont élevées pour tirer la sonnette d’alarme au sujet de la situation financière des Ehpad. Alors que leurs charges augmentent, ils disposent de peu de marges de manœuvre pour réduire leurs coûts fixes (personnel, restauration, énergie). Pour certains, la situation est « catastrophique » et les établissements qui n’ont pas de fonds propres pourraient fermer.

    Une étude de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) alerte sur l’état des finances des Ehpad. Elle porte sur les Ehpad publics et privés non lucratifs pour l’exercice 2022 : 60,3% d’entre eux étaient en situation de déficit en 2022, contre 49,3% un an plus tôt. Les difficultés sont plus marquées pour les Ehpad publics, dont 64,5% sont en déficit, que pour les Ehpad privés non lucratifs, dont 54,3% seulement sont dans la même situation. Un tiers des Ehpad, privé et public confondus, présentent même un déficit supérieur à 5% de leurs recettes.

    Part des EHPAD en déficit, 2017-2022 (en %)

    Lecture : En 2022, parmi l’ensemble des EHPAD publics, 64,5 % sont en déficit et 34,4 % ont un déficit supérieur à 5 %. Champ : EHPAD publics et privés non lucratifs. Source : CNSA (ERRD 2017-2022).  Certains départements sont particulièrement concernés : dans l’Aude, les Bouches-du-Rhône, le Var ou les Alpes-Maritimes, la part des EHPAD en déficit de plus de 5 % se situe entre 10 % et 22 %.

    Part des EHPAD en déficit de plus de 5 % par département en 2022 (en %)

    Plusieurs raisons sont avancées : la baisse du taux d’occupation, suite à la crise sanitaire, et l’augmentation des charges fixes, due à l’inflation et à la hausse des coûts de personnels liée aux mesures de revalorisation des salaires.

    Les Ehpad ont-ils encore un avenir ?

    La question est posée lors de la seconde table ronde des assises des Ehpad.

    La première réponse est démographique. Actuellement plus de 600 000 personnes vivent en Ehpad et le vieillissement progressif de la population va dans le sens d’une augmentation des besoins. Une étude de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), récemment actualisée, montrait que, en retenant l’hypothèse intermédiaire en matière d’évolution de la dépendance, il faudrait ouvrir 108 000 places en Ehpad et assimilés d’ici à 2030, puis 211.000 places d’ici à 2050, en plus des 611.000 déjà existantes. Les besoins d’hébergement spécialisé pour une clientèle très âgée sont donc réels.

    Une réponse positive suppose aussi des prises de position volontaristes :

    Les Ehpad doivent évoluer :

    • Vers plus de médicalisation, car le public accueilli est plus âgé et fait face à des pathologies de plus en plus lourdes ;
    • Vers plus de souplesse : l’Ehpad « Ehpado-centré » est appelé à devenir un « lieu d’animation d’une politique du grand âge », « une plate-forme multiservices », en faisant bénéficier les autres acteurs du grand âge de la compétence de ses personnels et de ses infrastructures. C’est le sens de l’évolution vers le Centre de ressources territorial (CRT), prévu par la LFSS 2022, avec des missions complémentaires d’accompagnement des services du domicile, de soutien aux aidants et de formation des professionnels. L’objectif est de 500 CRT en 2028.

    Le sujet de la tarification est à l’ordre du jour

    Plusieurs réformes récentes sont venues améliorer le modèle économique des Ehpad :

    • La fusion de la section soins et de la section dépendance, lancée par la LFSS 2024, se fera sous forme d’expérimentation dans 26 départements volontaires. L’instauration d’un forfait global « soins et entretien de l’autonomie » rend les tarifs plus lisibles et facilite la gestion.

    La valeur du point GIR doit être revue, car il y a actuellement un ticket modérateur à la charge des personnes dont le montant diffère selon les départements. Une convergence tarifaire entre les départements est prévue dès 2025 qui permettra, selon la DGCS, que « la majorité des départements voient leur taux évoluer à la hausse ».

    • Les Ehpad non lucratifs peuvent, depuis la loi Bien Vieillir d’avril 2024, augmenter leurs tarifs pour les résidents aux revenus les plus élevés, sans l’accord du département.

    Plus largement, pour stabiliser les finances des Ehpad et répondre aux besoins des personnes en perte d’autonomie, les acteurs du secteur demandent unanimement une loi de programmation grand Âge et Autonomie.

     

  • UK : L’Institut Tony Blair suggère de créer un dossier de santé numérique d’ici cinq ans

    Programme CIPHA, Manchester, Apple, s’inspirer des initiatives existantes

    L’institut Tony Blair pour le Changement Global, organisation à but non lucratif fondée en 2016 par l’ancien Premier ministre britannique, suggère de créer des dossiers de santé numériques (DSN) pour les citoyens britanniques. Selon le rapport publié en août 2024 (preparing the NHS for the AI era, a digital health record for every citizen), ces dossiers de santé centrés sur les patients seraient une étape pour préparer le NHS à l’ère de l’intelligence artificielle.

    Plusieurs initiatives de dossiers de santé électroniques sont mentionnées, telles que celles déployées à Manchester ou dans le cadre du programme CIPHA, qui relie les données de santé à travers 11 systèmes de soins intégrés. D’autres exemples incluent les initiatives de “Patients Know Best” et celles d’Apple, qui permettent aux patients de consulter leurs dossiers via leur smartphone.

    Une interopérabilité non appliquée aujourd’hui

    Le rapport critique la lenteur des avancées dans le domaine des plateformes de données fédérées, qui ne permettent pas encore un contrôle direct des données par les patients. Il recommande la création d’une unité dédiée au sein du ministère de la Santé et des Affaires sociales (DHSC), avec pour objectif de rendre opérationnelles un minimum de fonctionnalités des DSN dans un délai de deux ans et de développer un dossier complet d’ici cinq ans.

    Le rapport suggère que le gouvernement adopte des mesures législatives similaires au “21st Century Cures Act” des États-Unis, imposant l’interopérabilité des systèmes de santé. Le rapport souligne que, bien que les API ouvertes et les normes d’interopérabilité soient couramment exigées dans les contrats des fournisseurs du NHS, elles sont rarement appliquées faute d’un cadre législatif contraignant.

    Le document propose de nouvelles lois pour clarifier la propriété des données et obliger à l’interopérabilité.

    Commercialiser les données de santé pour financer la transition vers l’IA

    Lors d’une conférence en juillet 2024, le secrétaire d’État à la Santé, Wes Streeting, a affirmé que le Royaume-Uni deviendrait un acteur majeur dans les sciences de la vie et les technologies médicales. En outre, l’institut Tony Blair avait précédemment proposé que le NHS crée un partenariat public-privé pour commercialiser les données médicales anonymisées, afin de soutenir le développement de nouveaux traitements et technologies dans le domaine de la biotechnologie et de l’IA.

  • Avis : le CNRS alerte sur le risque d’attachement aux robots sociaux

    Les robots sociaux envahissent nos vies

    Pour rompre l’isolement des personnes âgées, de nombreux ehpad ont adopté Paro, la peluche phoque. Ce robot émotionnel a pour but de véhiculer les bénéfices de la thérapie animalière auprès notamment des personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer. Très populaire, ce robot ne fait cependant pas l’unanimité. Certains établissements préfèrent l’original à la copie, et accueillent donc des chiens et des chats. Ces différences d’approche illustrent la question sur laquelle le comité d’éthique du CNRS (Comets) s’est penché. Quelle est la place que nous devons accorder aux robots sociaux ? Il a publié son avis* le 1er juillet dernier.

    Trop humains ?

    Certes, plusieurs recommandations éthiques ont déjà été formulées sur les chatbots et autres agents conversationnels mais « toutes ces réflexions ont toutefois trop souvent négligé un phénomène qui accompagne l’usage croissant de certains de ces robots, à savoir l’attachement aux robots dits « sociaux », indique Christine Noiville, la directrice du Comets. La question est centrale puisque ces dispositifs ressemblent à des humains : ils parlent, ils détectent nos émotions et en simulent à leur tour… Résultat : « L’utilisateur tend alors à attribuer à la machine des capacités humaines (intelligence, conscience, bienveillance, empathie), à se projeter dans une interaction affective avec elle, à développer l’illusion que se noue un lien intime et de confiance entre elle et lui, voire à s’y attacher, » écrivent les auteurs de l’avis. Des risques d’emprise, d’addiction, de désocialisation, et surtout de manipulation sont donc pointés du doigt par le Comets. Alors que ces robots visent à nous apporter du bien-être, à combler des manques affectifs, ces derniers pourraient en effet avoir des effets pervers, nous éloigner des humains et nous faire croire que nos vrais amis sont ces robots.

    Face à de tels dangers, le Comets interpelle donc les chercheurs, les incitant à s’interroger sur « l’utilité de mettre au point des robots sociaux expérimentaux mimant le plus possible l’humain, jusqu’à ses hésitations dans le langage, l’expression des émotions. »

    Le CNRS interpelle les chercheurs

    Le Comets a donc formulé 5 recommandations en direction de la recherche publique :

    • développer des formations aux enjeux éthiques (dans les cursus scientifiques et techniques et pour les personnels de recherche concernés), et se familiariser davantage avec la littérature internationale consacrée à ces questions et en débatte collectivement ;
    • s’interroger sur les finalités de la recherche, des applications et des choix de conception, comme sur les avantages et les inconvénients à donner aux robots une forme ou un comportement humanoïde ou des capacités à capter et à simuler les émotions ;
    • mener des études scientifiques de long terme et à grande échelle sur : – les relations que les utilisateurs nouent avec « leurs » robots sociaux et sur les incidences en termes de cognition, de psychisme, d’attachement, d’autonomie d’actions et de décisions ; – les effets du déploiement des robots sociaux sur les relations entre humains ;
    • renforcer les recherches interdisciplinaires et indépendantes associant aux travaux en informatique, en robotique, en sciences du comportement, du traitement du langage, etc., des recherches en psychologie, neurosciences, linguistique, sociologie, droit, éthique, philosophie, anthropologie ;
    • créer un observatoire pour collecter à grande échelle et à long terme les données relatives à l’utilisation de robots sociaux.

    Concernant la ressemblance des robots sociaux avec les humains, plusieurs études ont été menées sur le sujet, dont une qui devrait interpeller les concepteurs de ces dispositifs. Parue dans Plos One en novembre 2023, elle révèle que les robots sociaux peuvent être victimes de violences de la part de leurs utilisateurs et surtout que les mieux acceptés étaient ceux qui ressemblaient… le moins à des humains.

    *Avis du COMETS  « Le phénomène d’attachement aux robots dits « sociaux ». Pour une vigilance de la recherche scientifique »