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  • Institut Curie : 10 millions d’euros d’investissement dans les technologies de pointe

    Que « la génération qui va naître ne connaisse plus de cancers incurables »

    Le 25 mai 2024, le Pr Alain Puisieux a pris ses fonctions de président du Directoire de l’Institut Curie, succédant au Pr Thierry Philip qui occupait ce poste depuis 2013. L’occasion pour l’ensemble du directoire de présenter ses ambitions pour les années futures en matière de lutte contre le cancer : le plan Curie 2030.

    En introduction de la conférence du 12 septembre intitulée : “un monde où les cancers incurables appartiendront au passé”, le Pr Alain Puisieux explique que le cancer a été, est, et restera une pathologie avec laquelle le monde vivra. Éradiquer le cancer est donc impossible. Mieux le comprendre, le prévenir et le soigner l’est bien plus. C’est bien la distinction, et l’objectif de la feuille de route de l’Institut Curie : éradiquer les cancers, incurables.

    De grands progrès malgré des moyens limités

    Les moyens alloués à la recherche contre le cancer sont insuffisants. La France se situe à la 14e place mondiale en matière de recherche fondamentale. L’OMS place la France, en 2022, à la 12e place en termes d’innovation. 17 % seulement des fonds vont vers la recherche en biologie. Or, c’est un des leviers essentiels à l’émergence de nouveaux traitements, comme l’impact de la protonthérapie, une méthode avancée de radiothérapie de précision contre les cellules cancéreuses. L’Institut Curie est le 4e centre mondial prodiguer cette technique.

    Malgré des moyens insuffisants, la recherche contre le cancer avance. Aujourd’hui, 65 % des cancers sont guéris, contre moins de 50 % dans les années 70. Ces “progrès remarquables” sont le fruit des avancées médicales, technologiques et biologiques. Un projet en cours vise à rassembler des chimistes et des biologistes au sein d’une même structure (Pôle Chemical Biology).

    Pour “faire mieux”, le Pr Alain Puisieux insiste sur la recherche fondamentale. La nécessité de comprendre, sans nécessairement avoir une application en tête dès le départ. De nombreux médicaments contre le cancer sont issus de la recherche fondamentale. Il illustre ses propos avec l’exemple de la protonthérapie, fruit de 10 années de recherche fondamentale et qui aujourd’hui offre des perspectives de traitements. 40 % des cancers sont évitables, ce qui fait de la prévention un levier essentiel pour lutter contre le cancer.

    Patients et traitements : un accompagnement global personnalisé

    L’Institut Curie place le patient au centre de son dispositif. Face à la complexité croissante des traitements, il assure une prise en charge coordonnée entre les acteurs, établissements de santé et les patients. L’institut intègre l’avis des patients et de leurs proches dans les réflexions sur les soins et la recherche, notamment à travers des programmes de sciences participatives et intégratives pour renforcer les échanges entre chercheurs et citoyens. Prédire la réponse à un traitement est l’un des éléments clés de la thérapie. L’objectif est aussi de maintenir les efforts sur la recherche des biomarqueurs.

    IA : l’Institut Curie investit pour prédire les risques et identifier les biomarqueurs

    Quelle sera la prochaine innovation marquante en matière de lutte contre le cancer ? Difficile à prédire selon le Pr Puisieux. Ce dont il est persuadé en revanche est qu’il faut intensifier les efforts en cours :

    • “Remettre la science en culture” : investir dans la recherche fondamentale (notamment en biologie), grâce à des financements, notamment pour développer des thérapies innovantes. La générosité publique contribue au tiers du budget global.
    • Favoriser la pluridisciplinarité : rassembler toutes les sciences contre les cancers. Y compris les sciences humaines et sociales, la finance et le management afin de “penser la lutte dans toutes ses dimensions”.
    • Soutenir la prévention : un programme de prévention sera déployé, couvrant les origines des cancers, les rechutes mais aussi les effets secondaires des traitements.
    • Former : investir dans la “qualité des chercheurs”, développer des partenariats et ouvrir les connaissances à l’ensemble du monde médical.
    • S’ouvrir vers l’international : continuer d’accueillir des doctorants étrangers (près de la moitié aujourd’hui). Développer et maintenir des partenariats avec des établissements internationaux.

    L’Institut mise aussi sur l’intelligence artificielle (IA) pour améliorer le diagnostic, identifier de nouvelles molécules, optimiser les combinaisons thérapeutiques, prédire les cancers et personnaliser les soins. L’intensité et la diversité des applications de l’IA en cancérologie font de cette technologie un atout essentiel, précise Eric Nicolas (docteur en sciences économiques et président de WiseStratEdge), membre du Directoire, qui préfère d’ailleurs le terme “d’intelligence augmentée”. Enfin, l’Institut Curie renforce ses investissements dans les technologies de pointe. Il prévoit 10 millions d’euros pour optimiser les plateformes d’imagerie et d’analyse des cellules afin de mieux caractériser les tumeurs. Le développement des outils théranostiques et des techniques de radiothérapie, notamment avec l’IRM Linac et la protonthérapie, vise une personnalisation des traitements.

    En 2023, on dénombre 433 136 nouveaux cas de cancer en France, ce qui représente sur une année 1200 cas par jour.

     

  • IA et diagnostic : 98,2 % de taux de précision pour le modèle H-Optimus-O

    1,1 milliard de paramètres, 500 000 lames d’histopathologie

    Moins de cinq mois après sa création, la start-up parisienne Bioptimus a lancé H-Optimus-O, un modèle d’IA generative open-source pour la biologie. Ce modèle répond à cinq défis majeurs du diagnostic in vitro : la complexité croissante des analyses, l’augmentation du volume des cas, la nécessité d’automatisation, la rapidité d’exécution, et la précision des diagnostics.

    L’approche de Bioptimus se distingue par son caractère open-source, favorisant la collaboration entre chercheurs, cliniciens et développeurs. H-Optimus-O, avec 1,1 milliard de paramètres, a été intensivement entraîné sur des centaines de millions d’images provenant de plus de 500 000 lames d’histopathologie issues de 4 000 cliniques et instituts en Europe, Asie et Afrique.

    Un modèle de pathologie computationnelle : 40 blocs, 24 têtes d’attention

    Le modèle repose sur une architecture de :

    • Patches d’entrée de 14×14 pixels,
    • 40 couches de modèle,
    • 24 têtes d’attention, chaque couche effectuant des calculs parallèles.

    H-Optimus-O a été validé sur cinq tâches d’identification tissulaire et six tâches de détection de biomarqueurs et de métastases dans plusieurs types de cancer.

    Diagnostics de pointe, une nouvelle norme en pathologie numérique

    Les résultats et la documentation sont disponibles sur GitHub. Grâce à un entraînement approfondi, H-Optimus-O atteint un taux de précision de 98,2 % sur des tâches de classification, démontrant son efficacité prédictive.

    En tant que modèle open-source, H-Optimus-O ouvre des perspectives cliniques prometteuses, permettant l’intégration de données biologiques plus complexes et ouvrant la voie à la médecine personnalisée et à l’innovation en biotechnologie. Il pourra être utilisé pour accélérer le développement de nouveaux modèles en pathologie numérique.

     

  • Marché des Medtechs : la France en deuxième place européenne (Facts & Figures 2024 de Medectech Europe)

    Une industrie en pleine croissance et au cœur de l’innovation

    Le secteur de la MedTech, moteur de l’innovation et du progrès scientifique, joue un rôle central dans l’économie européenne. En 2023, le marché des technologies médicales en Europe est évalué à environ 160 milliards d’euros. Les principaux pays en termes de volume de marché sont :

    1. l’Allemagne (26,5 %) ;
    2. la France (14%) ;
    3. Italie (12,3%) ;
    4. Royaume-Uni (6,8%) ;
    5. l’Espagne (6,3%).
    Marché européen des dispositifs médicaux par pays

    Avec une part de 26,1 % du marché mondial, l’Europe se classe en deuxième position derrière les États-Unis, qui dominent le marché avec 47,2 % de parts. Caractérisé par une innovation continue, ce marché est porté par des investissements conséquents en recherche et développement. En moyenne, les entreprises consacrent environ 8 % de leurs ventes à la R&D. La plupart des produits ont une durée de vie relativement courte, entre 18 et 24 mois, avant d’être remplacés par des versions plus avancées.

    En 2023, plus de 15 900 demandes de brevets ont été déposées auprès de l’Office Européen des Brevets (OEB), faisant des technologies médicales le deuxième secteur le plus actif dans ce domaine après celui des communications numériques :

    • 40 % de ces brevets proviennent des pays de l’OEB ;
    • 38 % des États-Unis ;
    • 22 % d’autres régions du monde.

    Notons qu’en 2023, l’Allemagne a remboursé 57 technologies numériques, tandis que la France en a remboursé 56. Ces technologies couvrent des domaines variés, allant de la surveillance médicale à distance à des solutions pour la santé mentale, en passant par l’oncologie et le diabète.

    Le marché européen des dispositifs médicaux a enregistré une croissance annuelle moyenne de 5,4 % au cours des dix dernières années. En 2009, la crise économique a provoqué une baisse de la demande, réduisant le taux de croissance à 1 %, le plus bas observé depuis 14 ans. Toutefois, le marché a repris en 2010, avec des taux de croissance annuels fluctuants entre 2,4 % en 2017 et 9,3 % en 2015, pour s’établir à nouveau à 2,4 % en 2023.

    Taux de croissance du marché européen des dispositifs médicaux

    Un secteur à fort impact économique et sociétal en Europe

    En plus d’être un moteur d’innovation, le secteur des technologies médicales est un employeur majeur en Europe, avec plus de 880 000 personnes employées directement :

    1. L’Allemagne reste le leader en termes d’emplois dans ce domaine avec 257 000 employés ;
    2. l’Italie arrive derrière avec  17 607 employés ;
    3. suivi du Royaume-Uni qui compte 117 200 employés ;
    4. et enfin de la France avec 84 000 employés.

    À titre de comparaison, l’industrie pharmaceutique emploie environ 900 000 personnes dans l’ensemble du continent. En termes de contribution économique, le secteur de la MedTech génère une valeur ajoutée estimée à 177 000 € par employé, ce qui en fait un des secteurs les plus productifs d’Europe. 37 000 entreprises sont actives dans ce domaine en Europe, dont 90 % sont des petites et moyennes entreprises (PME), avec une majorité d’entre elles qui comptent moins de 50 employés.

    Les dépenses en technologies médicales représentent environ 7,9 % des dépenses totales de santé, soit une moyenne de 304 € par habitant en Europe. Malgré une variation entre les pays, les investissements dans ce secteur continuent de croître à un rythme constant. Le marché européen a connu une croissance annuelle moyenne de 5,4 % au cours des 10 dernières années, malgré un ralentissement temporaire en 2009 lié à la crise économique mondiale. Parallèlement, le marché des diagnostics in vitro (IVD) a lui aussi progressé avec un taux de croissance moyen de 4,3 % au cours de la même période, atteignant un pic en 2021 en raison de la pandémie de COVID-19.

    Sur le plan commercial, l’Europe bénéficie d’un excédent commercial de 11 milliards d’euros en 2023 pour les dispositifs médicaux. Les principaux partenaires commerciaux sont :

    • les États-Unis (40,4 %) ;
    • la Chine (11 %) ;
    • le Japon (5,4 %).
    Principales destinations européennes d’exportation des MedTech

    En termes d’importations, l’Europe continue de s’approvisionner principalement auprès des États-Unis (45,4 %) et de la Chine (14,6 %). Ce dynamisme commercial, associé à une régulation stricte et harmonisée à travers l’Union européenne, permet à l’Europe de maintenir sa position de leader dans le secteur de la MedTech tout en garantissant des normes élevées de sécurité et de performance pour les patients.

     

  • AAP télésanté : 8 initiatives soutenues par l’ARS Bretagne et la Préfecture de région

    Objectifs de l’appel à projets

    L’appel à projets, publié fin 2023, s’inscrit dans le projet régional de santé 3 (2023-2028) et le contrat de plan État-région Bretagne 2021-2027. Il vise à :

    • Intégrer la télésanté dans l’offre de soins pour améliorer la qualité des prises en charge;
    • Tester de nouvelles organisations pour développer l’accès aux soins et améliorer les conditions de travail des professionnels;
    • Capitaliser sur ces expérimentations pour identifier les modèles d’organisation les plus efficaces et pertinents.

    Les projets ciblent les patients ayant des difficultés de mobilité, les malades chroniques, et ceux vivant dans des zones sous-denses médicalement ou des quartiers prioritaires.

    Projets sélectionnés

    • Offre de téléexpertise en psychiatrie et pédopsychiatrie pour les médecins généralistes de Lorient-Quimperlé (Morbihan) — EPSM Sud Bretagne.
    • Téléexpertise pour améliorer l’accès aux soins sur le territoire de Pontivy-Loudéac (Morbihan, Côtes d’Armor) — GHT Centre Bretagne.
    • Dispositif de téléconsultation assistée en médecine générale, basé sur des points d’accès locaux — URPS Médecins, Infirmiers et Pharmaciens de Bretagne.
    • Expérimentation de téléconsultation assistée en gériatrie à domicile (Finistère) — GCS et Médico-Social Comète.
    • Développement de la télésanté à Landerneau (Finistère), incluant téléexpertise en gériatrie, cardiologie, et psychiatrie, ainsi que des téléconsultations en orthopédie — CHU de Brest et Centre Hospitalier de Landerneau.
    • Réseau territorial de télésanté pour les EHPADs (Ille-et-Vilaine) — CHU de Rennes, FIGAR.
    • Télésurveillance médicale en oncologie sur le territoire Sud Finistère — GHT, Union Hospitalière de Cornouaille.
    • Maintien de l’accès à l’échographie par téléassistance à Redon (Ille-et-Vilaine) — Centre Hospitalier Inter-Communal de Redon-Carentoir.

    Développement de la télésanté en Bretagne

    A travers cet appel à projet, les administrations bretonnes renforcent la couverture médicale du territoire et confirment leur volonté de proposer des alternatives numériques pour lutter contre la désertification médicale. Pour l’ARS Bretagne la télésanté permet d’assurer des soins à distance tout en maintenant les exigences de qualité et de sécurité. En plus de la téléconsultation et de la téléexpertise, elle inclut des activités de télésurveillance médicale et de téléassistance. Ces initiatives permettront d’identifier les conditions de réussite pour un déploiement plus large de la télésanté à travers la région.

  • JO : prise en charge anticipée numérique de dispositifs médicaux

    Objectifs de l’arrêté et conditions de prise en charge 

    L’arrêté vise à encadrer la prise en charge anticipée de la télésurveillance médicale, une méthode qui permet aux professionnels de santé de suivre à distance l’état de santé des patients à l’aide de dispositifs numériques. Cette prise en charge s’adresse aux patients atteints de cancers traités par des méthodes systémiques, tels que :

    • La chimiothérapie;
    • les thérapies ciblées;
    • l’hormonothérapie;
    • l’immunothérapie.

    Elle concerne également ceux sous traitement combiné ou associant une irradiation. 

    Pour bénéficier de cette prise en charge, les patients doivent remplir plusieurs critères d’éligibilité, notamment être majeurs, consentants, disposer d’un équipement numérique (smartphone, tablette ou ordinateur) et être suivis dans le cadre de leur traitement conventionnel. Les patients de moins de 18 ans, traités exclusivement par chirurgie ou radiothérapie, ou incapables d’utiliser le dispositif de télésurveillance pour des raisons physiques ou psychiques, ne sont pas éligibles. 

    L’arrêté définit également les spécifications techniques minimales des dispositifs médicaux numériques utilisés pour la télésurveillance. Le dispositif “Continuum+ Connect” par exemple, est conçu pour collecter et transmettre des données de santé à distance via une interface dédiée pour les patients et une autre pour les professionnels de santé.

    Voici les spécifications techniques minimales des dispositifs médicaux numériques mentionnées dans l’arrêté :

    • Type de dispositif : application web de télésurveillance médicale (exemple : “Continuum+ Connect”).
    • module d’alerte : statut de dispositif médical pour l’analyse des constantes physiologiques, des événements indésirables et de la douleur, permettant d’assigner un niveau d’alerte.
    • interfaces :
      • interface “patient/domicile” pour la collecte et transmission des données des patients.
      • interface “opérateur” pour les professionnels de l’équipe de télésurveillance.
      • interface pour les “professionnels de santé” désignés, non responsables de la télésurveillance.
    • données collectées : réponses à un questionnaire sur les effets indésirables, constantes physiologiques, douleur, etc.
    • compatibilité : dispositifs marqués CE pour les accessoires de collecte associés.
    • fonctionnalités : saisie, transmission des données et gestion des alertes.
    • exigences de formation : professionnels formés au dispositif et à l’oncologie, avec une mise à jour régulière des compétences.

    Responsabilités des professionnels et modalités de prescription

    Les professionnels de santé impliqués dans la télésurveillance, tels que les oncologues, les infirmiers ou les pharmaciens hospitaliers, doivent être formés à l’utilisation des dispositifs médicaux numériques et à l’oncologie. Ils sont responsables du suivi des patients, de l’analyse des données transmises, et de l’accompagnement thérapeutique, qui vise à aider les patients à mieux comprendre leur maladie et à gérer leur traitement.

    La prescription de la télésurveillance est initialement prévue pour une période d’essai de 1 mois, renouvelable jusqu’à 6 mois en fonction de l’intérêt et de l’adhésion du patient à ce type de suivi. Le consentement du patient est obligatoire pour toute collecte et transmission de données. 

    Vers une intégration durable de la télésurveillance médicale

    Cet arrêté s’inscrit dans une démarche de modernisation du suivi médical, renforçant l’intégration des technologies numériques dans le parcours de soins. Il contribue à améliorer l’accessibilité et la qualité des soins tout en garantissant la sécurité et la confidentialité des données des patients. Avec cet arrêté, la télésurveillance médicale bénéficie d’une prise en charge anticipée à des tarifs similaires à ceux de la télésurveillance de droit commun : un forfait de 28 euros par patient et par mois pour l’équipe médicale et un forfait technique de 50 euros TTC par patient et par mois pour maintenir la plateforme en conditions opérationnelles. Ce cadre, prévu pour une durée d’un an, permettra de confirmer l’inscription dans le droit commun après évaluation par la Haute Autorité de Santé (HAS) des bénéfices médicaux apportés. Cette initiative, inscrite dans le cadre de la stratégie d’accélération “Santé numérique” du plan France 2030, vise à faciliter l’adoption de solutions innovantes et à soutenir leur intégration durable dans le système de soins.

  • Diagnostic des maladies chroniques : une nouvelle architecture IoT-IA

    Le Nouvel Algorithme SH-CHO au Cœur du Nouveau Système

    Une équipe d’universitaires chinois et américains propose un cadre innovant pour les systèmes de santé intelligents, en exploitant l’Internet des objets (IoT) et une approche avancée d’intelligence artificielle (IA) pour améliorer le diagnostic du diabète et des maladies cardiovasculaires.

    Les maladies cardiovasculaires et le diabète sont parmi les pathologies chroniques les plus complexes à diagnostiquer, surtout lorsqu’elles sont associées à d’autres affections. Selon le National Diabetes Statistics Report des CDC, 30,7 % des adultes diabétiques aux États-Unis ne sont pas correctement diagnostiqués en raison de données incomplètes ou mal interprétées. De plus, entre 20 % et 30 % des cas de maladies cardiovasculaires échappent au diagnostic dans les systèmes de soins primaires, particulièrement dans les régions à infrastructure technologique limitée.

    Pour répondre à ce défi, des chercheurs des universités médicales de Guangxi et des postes et télécommunications de Nanjing, en collaboration avec des informaticiens du département d’ingénierie informatique de l’Université de Californie, ont développé une nouvelle architecture IoT-Fog intégrant une IA de pointe. Cette architecture utilise le calcul en périphérie (Fog Computing) pour traiter efficacement de vastes volumes de données médicales.

    Le modèle proposé inclut plusieurs étapes essentielles : la collecte des données, le prétraitement, la classification et le réglage des paramètres vitaux.

    • Les dispositifs médicaux connectés à l’IoT, tels que les capteurs portables, recueillent des données sur divers paramètres vitaux comme la température corporelle, la glycémie et la pression artérielle.
    • Ces données sont transmises via des réseaux sans fil à des systèmes de traitement basés dans le Cloud.
    • Elles sont ensuite utilisées pour entraîner des algorithmes d’IA reposant sur l’algorithme d’optimisation Smart Healthcare-Crow Search Optimization (SH-CSO), qui ajuste les paramètres du modèle, tels que les poids et les biais des réseaux neuronaux, afin d’optimiser la classification des données médicales.

    Performance et Limites

    L’étude publiée dans l’Ain Shams Engineering Journal montre que l’algorithme SH-CSO atteint des taux de précision de 97,26 % pour le diabète et 96,16 % pour les maladies cardiaques, surpassant les méthodes de diagnostic traditionnelles. Ce modèle prometteur offre une précision accrue et une réduction des erreurs diagnostiques pour les systèmes de santé intelligents.

    Cependant, des limitations persistent, notamment des préoccupations concernant la sécurité des données en raison de la vulnérabilité des systèmes IoT souvent exposés à des cyberattaques via des canaux publics non sécurisés. La variabilité des données collectées constitue également un défi. Il est donc crucial de poursuivre les recherches pour améliorer ces algorithmes et étendre leur application à d’autres maladies chroniques.

  • Prévention : AIS et HCSP appellent à une ambition politique coordonnée de financement des actions soutenues par le numérique

    Des défis de santé publique de plus en plus complexes

    Le Think Tank Health&Tech a accueilli le Pr Didier Lepelletier, président du Haut conseil de la santé publique (HCSP), et le Dr Lise Alter, directrice générale (DG) de l’Agence de l’innovation en santé (AIS) à l’occasion d’une rencontre le 12 septembre à ParisantéCampus. Les échanges orchestrés par Anne-Marie Armanteras, présidente du Think Tank, a porté sur l’importance d’une politique de prévention en appui de la stratégie d’accélération de l’innovation en prévention, récemment dévoilée par l’AIS.

    Didier Lepelletier a d’abord mis en avant l’ampleur des travaux du HCSP en 2023, avec 50 saisines réparties sur plusieurs domaines : la santé environnementale, les maladies infectieuses, l’évaluation des plans de santé publique, la prévention et la promotion de la santé, ainsi que la santé de l’enfant ou encore les produits biologiques. Il a, par ailleurs, souligné que les défis de santé publique à venir sont complexes, exacerbés par plusieurs facteurs, tels que les évolutions démographiques, les changements environnementaux, les innovations technologiques et les inégalités sociales. Parmi les principaux enjeux qu’il a ainsi identifiés :

    • le vieillissement de la population et l’augmentation des maladies chroniques ;
    • le risque de pandémies et la persistance des maladies infectieuses ;
    • les inégalités sociales et l’accès aux soins ;
    • la santé mentale ;
    • l’impact des changements climatiques sur la santé environnementale ;
    • la transformation numérique et la cybersécurité en santé ;
    • l’innovation et l’éthique en santé ;
    • et la résilience des systèmes de santé.

    Réduire l’écart entre espérance de vie et espérance de vie sans incapacité :

    En France, un des objectifs majeurs en matière de santé publique, selon Didier Lepelletier, est de réduire l’écart entre l’espérance de vie (EV) et l’espérance de vie sans incapacité (EVSI), cela signifie non seulement prolonger la vie, mais surtout améliorer sa qualité de vie pour les individus, en leur permettant de vivre en bonne santé le plus longtemps possible. C’est là que la prévention peut jouer un rôle clé, car elle vise notamment à éviter l’apparition ou l’aggravation de maladies chroniques ou invalidantes.

    Evolution de l'espérance de vie en France, chez les hommes et les femmes - @ InseeEvolution de l’espérance de vie en France, chez les hommes et les femmes – @ Insee

    Renforcer la prévention permettrait également de limiter les hospitalisations inutiles, en anticipant les problèmes de santé avant qu’ils ne nécessitent une intervention médicale lourde. Cela s’inscrit dans une approche globale de la santé publique, visant à réduire la pression sur les hôpitaux et à promouvoir des soins de proximité plus efficaces et personnalisés.

    Mener une politique interministérielle de prévention est un des virages importants que le HCSP appelle fortement pour rendre le système de santé soutenable. Parmi les indicateurs à infléchir, il partage notamment les données publiées récemment par l’Assurance maladie en termes de coûts du système de santé.

    Effectifs, dépenses moyennes par patient et dépenses totales en 2019 pour chaque catégorie de pathologies, traitements chroniques ou épisodes de soins - @ Assurance maladie
    Effectifs, dépenses moyennes par patient et dépenses totales en 2019 pour chaque catégorie de pathologies, traitements chroniques ou épisodes de soins – @ Assurance maladie

    👉 Pour aller plus loin :

    L’Innovation au cœur de la stratégie de prévention

    Lise Alter a, de son côté, mis en avant la pertinence de la stratégie d’accélération de l’innovation en prévention. Elle a expliqué que de nombreux projets innovants échouent à atteindre leur plein potentiel en raison d’un modèle économique inadéquat, et a insisté sur le rôle central des acteurs locaux et régionaux dans la prévention, précisant que les start-ups seules ne peuvent pas porter cet enjeu. Lise Alter a d’ailleurs rappelé que l’AIS travaille sur un projet de jumeau numérique au niveau national, développé avec l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria) : un exemple de modélisation des impacts des projets en matière de santé publique.

    C’est dans ce sens que s’inscrit l’appel à projet (AAP) “Challenge prévention”, qui vise à encourager l’innovation dans ce domaine, notamment par le numérique, “avec ou sans intelligence artificielle”. Afin d’anticiper les difficultés et maximiser les bénéfices collectifs de cet AAP, la DG de l’AIS a insisté sur l’importance de l’accompagnement méthodologique dont bénéficieront les porteurs des projets qui seront sélectionnés.

    👉 Pour aller plus loin :

    Le numérique et l’IA pour une prévention personnalisée

    Au HCSP comme à l’AIS, le numérique et l’IA sont perçus comme des leviers pour adapter la prévention aux spécificités des populations, contrairement aux approches “égalitaires” traditionnelles, qu’ils viennent compléter et non remplacer. Didier Lepelletier prend l’exemple des actions de vaccination pour démontrer qu’une approche personnalisée peut coexister avec des mesures universelles comme des campagnes à grande échelle. Le “Domiscore”, un outil destiné à évaluer les risques à domicile, intégré dans la Stratégie nationale de santé (SNS), en est un exemple concret. Tout ceci justifie l’importance accrue qui est accordée à la recherche en santé publique et à l’exposome (un concept englobant l’ensemble des expositions à des facteurs environnementaux que subit un organisme humain, depuis sa conception jusqu’à sa fin de vie).

    Quels financements pour les innovations en prévention ?

    Pour Lise Alter, le financement des innovations en santé est un véritable “nerf de la guerre”. Beaucoup de modèles de financement actuels sont centrés sur les actes thérapeutiques, “sans prendre en compte l’impact préventif d’éviter des maladies”. Il est donc indispensable, selon elle, de mettre en place des modèles de financement spécifiques pour ces nouveaux enjeux.

    Pour y répondre, l’AIS propose des modalités de financement transitoires et adaptées, “comme cela se fait déjà pour les médicaments, afin de soutenir les innovations, telles que l’IA, qui offrent une valeur ajoutée significative”.

    La nécessité d’un cadre politique incitatif :

    En réponse à une dernière question d’Anne-Marie Armanteras, les deux intervenants se sont accordés à dire que la prévention et l’innovation en santé exigent une mobilisation coordonnée des acteurs, des territoires et un cadre politique incitatif, afin de financer efficacement ces initiatives décisives pour l’avenir de la santé publique : inciter les acteurs du secteur, donc, notamment les industriels, à accompagner et à investir dans projets et initiatives de prévention.

    “Cette synergie permettra, conclut Didier Lepelletier, de personnaliser la prévention, d’améliorer la surveillance épidémiologique et de mieux cibler les interventions de santé. La convergence entre industriels et Recherche est également déterminante pour accélérer le virage préventif. Les outils numériques facilitent la collecte et l’analyse des données pour améliorer la prévention, la recherche oriente ces innovations en identifiant les priorités et en validant leur efficacité. Il souligne également “l’ attention particulière” qu’il faut porter “aux enjeux d’éthique, de biais et d’accessibilité”.

     

    👉 La présentation du Pr Didier Lepelletier lors de ce rendez-vous du Think Tank peut être consultée ici.

  • IA et hôpital : la Mayo Clinic, 1er en matière d’intégration et d’usage d’intelligence artificielle

    Brevets, acquisitions, partenariats, l’intégration de l’IA dans les hôpitaux américains

    L’usage de l’intelligence artificielle (IA) est devenu courant dans les établissements de santé américains. Gestion administrative, aide à la prise en charge des patients, outils chirurgicaux intelligents, les applications sont nombreuses, mais aussi difficiles à mettre en place. C’est dans ce contexte que CB Insights propose l’Hospital AI Readiness Index, une grille d’analyse pour mesurer le degré d’adoption et d’intégration de l’IA au sein des hôpitaux américains. L’index mesure plusieurs critères à travers deux prismes :

    • L’innovation, qui évalue la capacité d’un système à développer ou acquérir des technologies IA novatrices. Ce score est basé sur les données de CB Insights, incluant les brevets, les acquisitions et les activités de transactions. Il prend également en compte la présence d’un centre de recherche dédié à l’IA.
    • L’exécution, qui mesure la faculté d’intégrer ces innovations dans la pratique clinique quotidienne et les processus internes. Ce score est basé sur les données de CB Insights, incluant les relations d’affaires, les mentions dans les médias lors des lancements de produits, et les transcriptions des résultats financiers.

    Mayo Clinic en tête du classement

    La Mayo Clinic se distingue comme l’hôpital le plus préparé à adopter l’IA, notamment grâce à ses efforts d’innovation. L’institution a investi dans de nombreuses startups d’IA. En 2023, Mayo a participé à un tour de table pour Abridge, une startup spécialisée dans la transcription des conversations entre patients et médecins via l’IA générative. D’autres systèmes de santé, tels qu’Intermountain Health et la Cleveland Clinic, occupent également les premières places du classement. Intermountain a développé en interne une plateforme de support décisionnel clinique en temps réel, tandis que la Cleveland Clinic s’est illustrée par ses multiples partenariats axés sur l’IA, notamment avec PathAI pour l’amélioration des soins en oncologie.

    Plus de 50 brevets pour Mayo Clinic

    La Mayo Clinic a déposé plus de 50 brevets dans des domaines cruciaux comme la santé cardiovasculaire et l’oncologie. En 2022, la Mayo Clinic a obtenu un brevet pour un système capable de prédire les AVC grâce à l’analyse des données d’électrocardiogrammes à l’aide de l’IA. La Cleveland Clinic, de son côté, a développé un système de support décisionnel utilisant le machine learning pour individualiser les doses de radiothérapie, améliorant ainsi l’efficacité des traitements contre le cancer.

    Si l’innovation est essentielle, la capacité à intégrer ces technologies au sein des pratiques quotidiennes l’est tout autant. Plusieurs systèmes de santé se sont distingués par leur approche proactive. En 2024, la Mayo Clinic a collaboré avec Techcyte pour développer une plateforme d’IA dédiée à la pathologie. De son côté, Banner Health a travaillé avec Regard pour automatiser des tâches administratives, telles que la prise de notes et la revue de dossiers, soulageant ainsi les cliniciens. Enfin, quatre des systèmes de santé figurant dans ce classement ont déjà lancé des produits alimentés par l’IA. Intermountain Health a récemment mis en place une plateforme de support décisionnel clinique en temps réel, tandis que CommonSpirit Health a dévoilé un assistant IA interne, Insightli, capable de générer du contenu écrit.

     

  • Télésurveillance : le programme Smart Bear se déploie en France pour le suivi des personnes âgées à domicile

    20 M€, 5 pays : un projet d’envergure européenne 

    Le projet Smart Bear a été initié le 1er septembre 2019 dans le cadre du programme Horizon 2020 de l’Union européenne, au titre duquel il a été doté de près de 20 M€. Son pilotage a été attribué au Conseil national de la recherche d’Italie et son déploiement prévu dans cinq pays de l’Union : France, Grèce, Italie, Portugal et Roumanie. Il avait été prévu initialement que le projet se termine le 31 août 2024, puis le 28 février 2025 mais il se poursuivra un peu au-delà. Son déploiement en France s’effectue actuellement, pour des premiers résultats attendus à la fin du premier semestre 2025.

    Des objectifs en faveur du bien vieillir :

    Smart Bear est un projet innovant qui explore les potentialités de la technologie pour accompagner le vieillissement en bonne santé et permettre aux seniors de rester acteurs de leur vie. L’objectif principal de l’étude consiste à évaluer l’acceptabilité et l’efficacité de l’utilisation d’objets connectés pour le suivi de la santé et le bien-être des seniors.

    Il faut souligner que Smart Bear n’est pas un programme de télésurveillance médicale. Aucun professionnel ne suit en temps réel les données médicales collectées ni ne reçoit d’alerte sur l’état de santé des personnes. Il n’y a pas de suivi personnalisé des interactions entre les personnes et le système de collecte et d’analyse des informations, qui est effectué de façon anonyme et confidentielle.

    Les analyses de ces données permettront de développer des interventions personnalisées pour chaque classe de morbidité, afin d’améliorer à terme la santé, l’autonomie et la qualité de vie.

    La cible de l’étude : 4000 seniors autonomes, équipés d’appareils connectés

    L’expérience s’adresse à des personnes âgées autonomes de 65 à 80 ans, vivant à domicile ou en résidence seniors, ayant au moins deux des pathologies suivantes :

    • Maladies cardiovasculaires : hypertension artérielle et/ou maladie coronarienne et/ou insuffisance cardiaque (1ère cause de décès dans l’Union – coût 210 Md€/an) ;
    • Troubles de l’humeur : dépression et/ou troubles anxieux (coût dans l’UE : 118 Md€/an);
    • Troubles de l’équilibre (coût 45 Md€/an) ;
    • Perte auditive (coût 213 Md€) ;
    • Troubles cognitifs légers (240 Md€) ;
    • Fragilité (213 Md€).

    En fonction de leur profil sanitaire, les personnes participant à l’expérience sont équipées de certains des dispositifs connectés à la plateforme : téléphone mobile, montre connectée, balance connectée, oxymètre, tensiomètre, thermomètre et objets domotiques (par exemple, ampoule connectée).

    Les interactions avec l’équipe médicale référente se limitent à une visite médicale initiale pour l’inclusion dans l’étude, puis une visite médicale à 6 mois et à 12 mois, afin de faire une évaluation de l’état de santé des personnes et connaître leur avis sur l’utilisation des objets connectés qui leur ont été attribués. Les données collectées sont analysées de façon anonyme et confidentielle, sans interaction avec le suivi médical des personnes, qui se fait de façon classique avec le médecin traitant.

    La taille globale de la cible est de 4000 personnes dans l’Union, dont 800 pour la France, répartis assez équitablement sur le territoire et pilotés par le CHU de Lille.

    Son déploiement en France est piloté par le Pr Puisieux, qui dirige le Pôle de gérontologie du CHU de Lille, avec le concours de l’incubateur de communautés e-santé Catel. Onze villes sont déjà concernées (Lille, Amiens, Arras, Caen, Grenoble, Nice, Rennes, Tours, St Brieuc, Valencienne et Rouen) et deux vont s’adjoindre très prochainement (La Rochelle et St Quentin). Le recrutement des personnes de 65 à 80 ans, vivant à domicile ou en résidence seniors, se fait sur la base du volontariat.

    Une architecture ouverte intégrant l’IA

    L’architecture de la plateforme qui supporte le système a été définie, mise en œuvre et testée au Portugal avant d’être déployée dans chaque pays expérimentateur. Elle a été conçue pour répondre aux besoins et exigences spécifiques de SB et de ses utilisateurs et pour permettre également des synergies m2m (machine to machine) avec d’autres projets Horizon 2020 de l’UE.

    Sa conception poursuit 5 objectifs :

    • Intégration de systèmes hétérogènes
    • Conception modulaire
    • Usage d’algorithmes de l’IA
    • Sécurité et confidentialité
    • Convivialité

    L’intégration de données hétérogènes :

    La plateforme réalise l’intégration, efficace et respectueuse de la vie privée, d’appareils, systèmes et technologies IoT (Internet of Things) hétérogènes à l’écosystème SB et réalise la transmission des données en temps réel.

    Afin de remédier à l’hétérogénéité des données et au manque de sémantique partagée entre les sources, Smart Bear a exploité la norme HL7 (Health Level 7) FHIR (Fast Healthcare Interoperability Resources) et le SNOMED-CT (Systematized Nomenclature of Medicine – Clinical Terms) pour l’enrichissement sémantique des données, en se concentrant sur la modélisation des connaissances cliniques.

     L’interopérabilité avec les plateformes IoT :

    L’infrastructure dorsale mise en place est basée sur des normes ouvertes et une conception modulaire ; la plateforme est donc capable d’interopérer en temps réel avec les plateformes IoT, capable aussi d’évoluer pour s’adapter aux changements technologiques et aux normes IoT émergentes et de gérer le stockage et l’analyse approfondie des données.

    Le FHIR SB@Repository reçoit également, via des canaux de transmission m2m sécurisés, des données médicales et d’utilisation en provenance d’autres projets du programme Horizon 2020, comme Smart4Health (collecte, gestion et partage des données de santé dans toute l’UE) et Holobalance (kinésithérapie par hologramme), avec des structures adaptées aux analyses combinées de l’IA.

    La stratégie adoptée, compatible avec l’ouverture de l’architecture SB, permet la réutilisation des données d’utilisation ou médicales dans le cas de participants communs à l’étude et éventuellement de nouvelles analyses dérivées des exigences cliniques supplémentaires, même après la fin du projet.

    L’apport de l’IA :

    La plateforme fournit des capacités d’analyse et de déduction avec des connaissances incertaines, pour obtenir des informations sur les données historiques et prédire les situations futures ou pour détecter des anomalies dans les données, qui peuvent déclencher une enquête plus approfondie, et en fin de compte, pour soutenir l’aide à la décision personnalisée.

    L’application d’algorithmes d’intelligence artificielle aux ensembles de données collectées permet la production d’inférences statistiques au niveau de l’individu, ainsi qu’au niveau de groupes de patients. Cela constitue un banc d’essai pour corréler les preuves cliniques bien connues sur les traitements appropriés avec les résultats de l’apprentissage automatique sur les données complexes du groupe cible SB. On pourra en attendre à terme une amélioration de la qualité des soins fournis.

    Sécurité, confidentialité et convivialité :

    Pour répondre aux préoccupations en matière de sécurité et de confidentialité, la plateforme a été conçue conformément au principe de « Privacy by Design » ; elle intègre des méthodes et technologies de sécurité et de confidentialité de pointe, qui garantissent un bon niveau de confidentialité des données personnelles et ce statut est surveillé en permanence.

    Fort de ces caractéristiques, le système SB fournit des services électroniques conviviaux avec des fonctionnalités de l’IA, ce qui est de nature à renforcer la confiance des utilisateurs dans le système et faciliter la recherche et l’innovation dans le domaine de la médecine personnalisée.

  • Traitement des données : Cegedim Santé conteste sa condamnation par la Cnil

    Cegedim Santé sanctionnée par la CNIL pour non-conformité sur le traitement de données 

    La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a infligé une amende de 800 000 euros à Cegedim Santé pour avoir traité des données de santé non anonymisées sans autorisation. Selon la Cnil, les données utilisées pour des études et statistiques n’étaient pas anonymes, permettant une potentielle identification des patients, en violation du règlement général sur la protection des données (RGPD). 

    Détails des infractions relevées par la Cnil

    L’enquête de la Cnil, débutée en 2021, a révélé que le logiciel Crossway de Cegedim, utilisé par environ 2 000 médecins, traitait des données de santé sous pseudonymes, mais non anonymisées. Ces données incluaient des informations sensibles comme les antécédents médicaux, les prescriptions, et les diagnostics. La Cnil a jugé que l’identification des patients était possible, en raison du caractère « particulièrement riche » des données et de l’existence d’identifiants uniques permettant de reconstituer les parcours de soins des patients. 

    L’autorité a également souligné que ces pratiques constituaient un manquement aux obligations de licéité de traitement et de formalités préalables pour la gestion des données de santé. Toutefois, aucune injonction de mise en conformité n’a été émise, car Cegedim Santé n’est plus responsable de ce traitement spécifique. 

    Réponse de Cegedim Santé

    Via un communiqué de presse qui n’a pas tardé, Cegedim Santé conteste cette décision et prévoit de la contester devant le Conseil d’État. L’entreprise affirme que les données concernées avaient été anonymisées et que des démarches avaient été entreprises pour se conformer aux réglementations en vigueur. Elle met également en avant que la décision de la Cnil va à l’encontre de deux contrôles antérieurs menés par la Cnil elle-même, qui n’avaient pas relevé de non-conformité. 

    Cegedim Santé précise que l’infraction relevée concerne uniquement une utilisation particulière du logiciel Crossway par un nombre limité de médecins volontaires dans le cadre d’un observatoire épidémiologique, mené dans un objectif de santé publique. Selon l’entreprise, ces activités sont menées avec un haut niveau de sécurité et de conformité, reconnu par les autorités de santé et validé par de nombreux audits antérieurs. 

    Enfin, Cegedim réaffirme son engagement à respecter la réglementation et à collaborer avec la CNIL. L’entreprise entend poursuivre ses efforts de mise en conformité et appelle à une meilleure clarification des règles pour éviter des divergences d’interprétation à l’avenir.