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  • Review : quelle efficacité de l’examen physique virtuel pendant une téléconsultation ?

    L’importance de l’examen physique pour poser le bon diagnostic

    La téléconsultation, définie comme la prestation de soins de santé à distance via des moyens électroniques, a connu un fort développement dans de nombreux pays, depuis la pandémie de Covid-19. Cependant, l’adoption des examens physiques virtuels (EPV) soulève toujours des questions. Certains patients préfèrent éviter la télésanté lorsque des examens physiques sont nécessaires. Or, ces derniers représentent jusqu’à 20 % des données essentielles au diagnostic. Ainsi, lors d’une téléconsultation, la réalisation d’EPV fournit des informations clés pour le diagnostic.

    Cette scoping review (étude de la portée), qui sera publiée en novembre 2024 dans l’International Journal of Medical Informatics, porte sur les études en langue anglaise avec des données de recherche primaire collectées entre décembre 2019 et janvier 2023. Elle a pour objectif :

    • d’aider à comprendre comment les EPV ont été réalisés pendant la pandémie, mais aussi de relever les défis rencontrés et de réaliser les adaptations nécessaires ;
    • d’éclairer d’autres disciplines médicales sur les obstacles et les leviers d’une mise en place réussie des EPV ;
    • et de mieux comprendre les expériences des patients et des cliniciens.

    Au bout de leur processus de sélection des études éligibles, les chercheurs ont retenu 25 études au total, couvrant des EPV réalisés par des professionnels de santé de 15 spécialités différentes (médicales, chirurgicales et de réadaptation). Les trois principaux types d’EPV inclus dans l’étude sont les examens musculosquelettiques, les examens de la tête et du cou et les examens du thorax.

    Une satisfaction globale mais variable selon le type d’examen

    La majorité des patients trouvent que les examens virtuels les aident à mieux évaluer leur état de santé et à faciliter la compréhension de leurs maladies par leurs soignants à distance. Tandis que les soignants estiment collecter assez de données cliniques pertinentes pour prendre leurs décisions cliniques dans les évaluations neurologiques.

    Résultats :

    📌 Supports technologiques : la majorité des études (64 %) ont utilisé des outils technologiques pour les EPV (otoscopes connectés, stéthoscopes électroniques, plateformes numériques pour l’auscultation, examen oculaire…).

    📌 Comparaison entre examen virtuel et examens en personne : la plupart des études (86 %) ont montré des résultats positifs, surtout pour les examens oculaires, respiratoires, musculosquelettiques et de la peau. Certains examens, articulaires notamment, ont cependant eu des résultats moins favorables.

    📌 Expérience patient : seules 28 % des études s’y sont intéressées, rapportant une satisfaction globale des patients, particulièrement pour les examens musculosquelettiques et neurologiques. Certains patients ont tout de même exprimé des préoccupations concernant la durée des examens et la précision de certains tests, comme ceux en neuro-ophtalmologie.

    📌 Expérience des cliniciens : seules 36 % des études l’ont évoquée, rapportant une acceptabilité de 56 %. Les professionnels de santé ont estimé que les EPV fournissaient suffisamment d’informations pour la prise de décision, tout en soulignant la difficulté de réaliser virtuellement certains examens, comme les réflexes et les ophtalmoscopies.

    📌 Obstacles et leviers : les principaux obstacles identifiés étaient liés à la technologie (mauvaise qualité des images, connexions internet instables, manque de compétences techniques chez les patients…), d’autres à l’état de santé des patients (problèmes neuromusculaires, difficultés cognitives, déficiences auditives…) et d’autres encore au manque de formation des cliniciens en télémédecine ou encore au remboursement. Les solutions potentielles proposées par les différents chercheurs se concentrent sur :

    • l’amélioration des outils technologiques ;
    • l’élaboration de standards et de lignes directrices pour les plateformes de téléconsultation ;
    • l’utilisation de dispositifs adaptés aux handicaps ;
    • ainsi que l’amélioration de la connectivité et de la littératie numérique dans les communautés marginalisées.

    Une configuration prometteuse

    Selon les auteurs de cette scoping review, la virtualisation de certains examens serait prioritaires pour l’avenir, en raison de leur importance pour la santé publique dans le monde. Il s’agit des examens respiratoires et cardiovasculaires et musculosquelettiques. Le rôle des dispositifs médicaux connectés innovants est par ailleurs souligné, les premiers résultats de leurs usages s’avérant globalement favorables.

    Sur le plan de la généralisation de cette configuration des examens physiques et leur accessibilité, des questions relatives à la connectivité se posent, en particulier dans les pays et régions moins bien desservis en internet. La majorité des EPV utilisent en effet des vidéos en temps réel, alors que dans certains contextes, les téléconsultations se font principalement par téléphone.

    L’adoption des examens virtuels dépendra aussi de la formation des professionnels de santé aux outils de la téléconsultation pour optimiser leur confort et renforcer leur confiance. Mais aussi de l’éducation des patients à la santé numérique. Les auteurs concluent que des recherches supplémentaires sur l’expérience patient demeurent indispensables : une meilleure compréhension de la perspective des patients faciliterait la mise en œuvre des EPV pour, in fine, des soins de meilleure qualité.

     

     

    * Virtual physical examination in teleconsultation: A scoping review

    Shuk Y.K. Tong, Tim M. Jackson, Annie Y.S. Lau

    International Journal of Medical Informatics, Volume 191, 2024, 105561, ISSN 1386-5056,

    https://doi.org/10.1016/j.ijmedinf.2024.105561.

     

  • ESSMS : un premier point d’étape sur l’évaluation de la qualité de l’accompagnement (HAS)

    3 000 structures évaluées avec le nouveau référentiel

    Dans le cadre de la réforme de l’évaluation des ESSMS, la HAS a publié en mars 2022 un nouveau référentiel centré sur la personne accompagnée. Il présente trois chapitres (personnes accompagnées, professionnels, gouvernance) et des principes s’articulent autour de quatre valeurs qui animent l’évaluation de la qualité soit :

    • le pouvoir d’agir de la personne ;
    • le respect des droits fondamentaux ;
    • l’approche inclusive des accompagnements ;
    • et la réflexion éthique des professionnels.

    L’évaluation de la HAS a porté en 2023 sur 3 028 ESSMS, soit 7 % des 40 000 ESSMS accompagnant les personnes âgées et les personnes en situation de handicap (PA-PH), les enfants protégés et les personnes confrontées à des situations de grande précarité ou concernées par des addictions. Les améliorations par rapport à l’ancien dispositif d’évaluation géré par l’Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (Anesm) résident dans :

    • l’harmonisation des modalités d’évaluation, grâce au référentiel unique ;
    • et l’accréditation des évaluateurs externes par le comité français d’accréditation (Cofrac), désormais obligatoire.

    Une évaluation sur pièce et sur place :

    Les évaluations prennent la forme de “visites au sein des structures”. Afin d’évaluer le niveau de respect du référentiel, les organismes procèdent par l’analyse de documents, l’observation, ainsi que par des entretiens avec des personnes accompagnées, leurs représentants au conseil de la vie sociale (CVS), des professionnels et la direction. Ce dispositif vient en complément des missions de contrôle et d’inspection des autorités de tarification (ARS et départements ).

    Le même référentiel peut être utilisé au sein des ESSMS pour réaliser en amont des auto-évaluations. A ce jour, plus de 10 000 grilles d’auto-évaluations ont été déposées sur la plateforme dédiée.

    Tous les types d’ESSMS engagés dans la nouvelle procédure :

    Parmi les 3 028 évaluations menées en 2023, plus de la moitié concernent le secteur médicosocial (établissements et services accompagnant des personnes âgées ou en situation de handicap). Les autres couvrent le secteur social (protection de l’enfance et inclusion sociale). Les établissements pour personnes âgées sont un peu moins représentés que leur poids dans l’échantillon, alors que ceux pour les adultes handicapés sont légèrement surreprésentés.

    Un bon niveau de qualité en moyenne mais des écarts importants

    Sur une échelle de 1 (niveau insatisfaisant) à 4 (niveau tout à fait satisfaisant), les cotations moyennes de ce premier échantillon sont supérieures à 3, mais cette moyenne recouvre des écarts importants, notamment sur les critères dit « impératifs ».

    Ces critères, 18 parmi les 157 critères du référentiel, désignent ceux qui doivent être totalement maîtrisés par les établissements et services et donc, normalement, obtenir une cotation de 4/4. Quand ce n’est pas le cas, les structures doivent élaborer un plan d’action immédiat, annexé au rapport.

    Aujourd’hui, seul un quart des établissements et services évalués maîtrisent ces 18 critères impératifs. Parmi ceux-ci, les critères relatifs aux droits fondamentaux des personnes accompagnées (liberté d’opinion, de croyances, vie privée et intimité, dignité et intégrité, droit à l’image…) sont respectés par plus de 85 % des ESSMS évalués.

    Quatre sujets sont moins maîtrisés :

    • la gestion des évènements indésirables ;
    • la gestion des plaintes et des réclamations ;
    • la définition d’un plan de prévention et de gestion des risques de maltraitance/violence ;
    • et enfin la définition d’un plan de gestion de crise et de continuité d’activité.

    Après ces premières remontées, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) a d’ores et déjà entamé une réflexion pour ajuster le dispositif, en harmonisant davantage les pratiques des évaluateurs externes et en s’assurant d’un nombre suffisant de personnes accompagnées interrogées.

    Synthèse du premier bilan 2023 :

    La qualité des 40 000 ESSMS est obligatoirement évaluée tous les 5 ans. Après la refonte du dispositif et son déploiement, la HAS dresse un premier bilan à l’issue de l’évaluation de 3 028 établissements et services en 2023.

    Évaluation de la qualité des ESSMS, premier bilan 2023 - @ HAS
    Évaluation de la qualité des ESSMS, premier bilan 2023 – @ HAS

    Pour aller plus loin :

  • Etude : la sélection des embryons par IA n’améliore pas le taux de grossesse (Nature)

    L’enjeu de la sélection du “bon embryon”

    Les techniques d’aide médicale à la procréation ont représenté une révolution mais ce n’est pas une baguette magique. Le taux de naissance atteint au mieux 22% pour les FIV. Sélectionner l’embryon avec les meilleures qualités morpho-cinétiques pour s’implanter reste en effet encore une tâche complexe. Actuellement, pendant la période de culture, l’embryologiste retire les embryons de l’incubateur, généralement à plusieurs reprises, et effectue une évaluation morphologique “instantanée” sous un microscope3. Cette approche est chronophage, subjective et, en substance, n’a guère changé depuis la première naissance par FIV il y a 45 ans. La technologie dite “Time Lapse” est certes intervenue. Concrètement, les embryons sont filmés en continu, des images étant prises toutes les 10 minutes pendant les 5 premiers jours suivant la fécondation.

    Plusieurs équipes de recherche ont donc mis au point des algorithmes aptes à sélectionner les embryons en analysant les images, après avoir été entraînés à repérer les plus susceptibles d’intérêt sur des milliers d’images.

    Cependant, il manque des preuves solides démontrant leur efficacité par rapport aux méthodes traditionnelles pour que ces techniques soient intégrées en routine dans la pratique clinique. Un certain nombre d’études sur l’IA ont bien suggéré des améliorations significatives dans la cohérence de la notation des embryons mais ces évaluations ont été rétrospectives.

    Un 1er essai prospectif :

    Une équipe de chercheurs australiens et européens a donc mis sur pied un essai prospectif randomisé de non-infériorité. Leur but : déterminer si l’apprentissage profond aboutit à un taux de grossesse clinique comparable à celle obtenue par des embryologistes formés utilisant les critères morphologiques standard (avec une marge d’infériorité de 5 %). Ils ont eu recours à l’algorithme d’apprentissage profond iDAScore, développé pour utiliser des motifs morphologiques et morphocinétiques à partir d’images de time-lapse sur les six premiers jours de développement de l’embryon. Quelque 1 066 patientes ont été incluses dans l’essai.
    Les résultats de cette étude ont été publiés le 9 août dans Nature Medicine.

    Résultats : l’IA plus rapide mais pas plus efficace

    • Un taux de grossesse de 46,5% a été obtenu dans le groupe de femmes ayant bénéficié de l’IA contre 48,2% dans le groupe témoin.
    • Le taux de naissance vivante était de 39,8 % dans le groupe iDAScore et de 43,5 % dans le groupe utilisant les critères morphologiques standard
    • Le taux de grossesses intra-utérines non viables était similaire dans les deux groupes.
    • L’évaluation de la qualité des embryons a pris 10 fois moins de temps dans le groupe IA comparé au groupe contrôle (21 secondes vs 208).

    Cette étude n’a donc pas pu démontrer la non-infériorité de l’apprentissage profond en termes de taux de grossesse par rapport à technique traditionnelle. « Cependant, elle a montré que l’apprentissage profond accélère de manière significative les temps d’évaluation par rapport à la sélection d’embryons basée sur la morphologie standard », tiennent à souligner les auteurs.

    Espoirs déçus pour le time lapse :

    Ces derniers font également remarquer que le taux de grossesse constaté dans cette étude est nettement supérieur à leurs prévisions, qui étaient de l’ordre de 35%. « Cette déviation a eu un impact négatif sur la puissance de cet essai à démontrer la non-infériorité », déclarent-ils.

    Cet échec s’ajoute à celui du système time-lapse. Le plus grand essai randomisé réalisé sur le sujet, paru dans The Lancet en 2023, a révélé que « ni les conditions de culture stables dans un incubateur à time-lapse ni la méthode de sélection des embryons informatisée n’améliorent les chances de succès d’un traitement de FIV », indiquaient déjà les auteurs.

     

     

    * Deep learning versus manual morphology-based embryo selection in IVF: a randomized, double-blind noninferiority trial

    Illingworth, P.J., Venetis, C., Gardner, D.K. et al.

    Nat Med (2024). https://doi.org/10.1038/s41591-024-03166-5

     

  • Medtech : IA et ML, principaux leviers pour améliorer la rentabilité (rapport Roland Berger)

    Une réorientation stratégique vers la rentabilité

    Le rapport de Roland Berger souligne qu’avec la baisse de la rentabilité, les entreprises MedTech réorientent leurs priorités stratégiques. Alors que 57 % favorisaient la croissance du chiffre d’affaires ces dernières années, ce taux atteint à peine les 31 % aujourd’hui. En revanche, 65 % des MedTech se concentrent désormais sur l’optimisation des bénéfices. Elles rationalisent leurs portefeuilles de produits et ciblent leurs marchés clés. Le rapport met en lumière que les leviers choisis, comme les ventes, achats et supply chain, ne sont pas toujours ceux offrant les meilleurs potentiels, comme la R&D et le service après-vente, pourtant plus prometteurs pour les marges.

    Les entreprises medtech misaient, dans le passé, “sur la croissance via le lancement de nouveaux produits ou l’entrée sur de nouveaux marchés, où des marges élevées étaient possibles par rapport à l’industrie”. Toutefois, la rentabilité s’est nettement réduite ces dernières années.” Cette baisse de la rentabilité des entreprise s’expliquerait par un contexte macroéconomique particulièrement difficile qui a fortement impacté la rentabilité des société (l’inflation, la hausse des taux d’intérêt ainsi que des incertitudes géopolitiques).

    Les entreprises les moins performantes devancent aux autres :

    Il en ressort que les medtechs adaptent leurs stratégies en se recentrant de plus en plus sur l’amélioration de leur rentabilité. Cette réorientation est particulièrement visible dans les entreprises avec des marges bénéficiaires inférieures à 15 % :

    • autrefois, 48 % de ces sociétés se concentraient sur la croissance du chiffre d’affaires, mais ce chiffre est désormais tombé à 20 % ;
    • actuellement, 72 % d’entre elles se recentrent sur l’optimisation de la rentabilité, contre 44 % auparavant ;
    • pour les entreprises dont les marges dépassent 15 %, 42 % privilégient encore la croissance (contre 65 % auparavant), tandis que 58 % se concentrent désormais sur la rentabilité (contre 35 % précédemment).

    Un écart entre les choix des entreprises et les leviers potentiels d’amélioration de la rentabilité

    Les entreprises interrogées lors de l’enquête réalisée permet de faire ressortir que ces dernières comptent avant tout augmenter leurs profits en se concentrant sur leur cœur de métier en  rationalisant leur portefeuille de produits et en se concentrant sur des marchés clés.

    Pour accroître la rentabilité sur leurs marchés principaux, les entreprises souhaitent se concentrer sur la technologie et la digitalisation, notamment :

    • l’intelligence artificielle (IA) et le machine learning (ML), pour la gestion de la supply chain ;
    • l’automatisation des processus robotisés, dans la production.

    Prioriser R&D et service après-vente ?

    L’enquête met en lumière un déséquilibre notable entre les leviers que les entreprises choisissent pour améliorer leurs performances et leur contribution potentielle à la rentabilité :

    📌 les répondants ont mis en avant l’optimisation des ventes, des achats et de la supply chain comme étant les plus susceptibles d’augmenter les bénéfices ;

    📌 si les ventes montrent un fort potentiel de marge (5 points), les achats et la supply chain sont moins performants, avec respectivement 2,9 et 2,7 points ;

    📌 en revanche, la R&D (6,3 points) et le service après-vente (5,7 points), bien que plus efficaces, sont moins priorisés.

    Classement des innovations technologiques selon leurs potentiels d'amélioration de la rentabilité - @ Roland Berger
    Classement des innovations technologiques selon leurs potentiels d’amélioration de la rentabilité – @ Roland Berger

     

  • Recherche paramédicale : une première étude clinique publiée par Vivalto Santé

    Le parti pris de la recherche paramédicale

    Déjà investi dans la recherche médicale depuis 2012, Vivalto Santé, un des acteurs majeurs de l’hospitalisation privée en Europe, s’est engagé il y a 3 ans dans la recherche paramédicale : un axe de développement complémentaire qui s’inscrit dans la stratégie du groupe, entreprise à mission depuis 2021. Stéphanie Durel-Pinson, directrice de la Recherche chez Vivalto Santé, parle de la volonté du groupe de valoriser la recherche paramédicale, “non seulement pour le bien de nos patients, mais également au bénéfice de toutes nos équipes soignantes”.

    Les équipes soignantes investies :

    Complémentaire à la recherche médicale, la recherche paramédicale relève du rôle des infirmiers et des professionnels paramédicaux (ergothérapeutes, psychomotriciens, manipulateurs d’électroradiologie médicale, techniciens de laboratoire médical, etc.). Elle vise à faire progresser la qualité des soins et la prise en charge des patients par l’amélioration des pratiques.

    Pour impliquer ses équipes, le groupe Vivalto Santé a mené différentes actions internes de communication et de pédagogie. Les sujets de recherche paramédicale proviennent, quant à eux, principalement du terrain et du quotidien des soignants eux-mêmes. Ils peuvent concerner des problématiques de prise en charge des patients ou d’organisation du travail et des soins. Le recherche se présente ainsi comme un levier pour fédérer les équipes autour de projets collaboratifs et utiles.

    La recherche comme levier d’attractivité :

    La recherche paramédicale devient ainsi peu à peu une composante essentielle des métiers paramédicaux. A titre d’exemple, la formation des infirmiers de bloc opératoire (Ibode) intègre désormais des modules et des stages pratiques de recherche.

    Tout en renforçant son attractivité en tant qu’employeur, Vivalto Santé démontre sa volonté de faire partie cette évolution à travers son investissement dans la recherche paramédicale mais aussi en accueillant des étudiants dans le cadre de leurs stages de recherche.

    De nombreux projets en cours et à venir

    C’est dans un tel contexte que le groupe privé publie aujourd’hui sa toute première étude clinique paramédicale, portant sur “la durée optimale du refroidissement du cuir chevelu pour prévenir l’alopécie pendant la chimiothérapie adjuvante du cancer du sein”. Cette technique peut être utilisée pour réduire la perte de cheveux – effet secondaire courant de la chimiothérapie et pouvant être pénible pour les patientes -, mais la durée optimale du refroidissement n’est pas claire. L’objectif de l’étude menée par l’équipe de Vivalto Santé était de déterminer si l’augmentation de cette durée améliorait la préservation des cheveux.

    Les résultats ont montré qu’un refroidissement de longue durée augmentait l’inconfort des patientes sans pour autant être efficace. Le casque de refroidissement du cuir chevelu pourrait donc être portée moins longtemps pour permettre aussi à un plus grand nombre de malades de bénéficier de cette innovation technologique lors des traitements.

    Parallèlement à cette première publication, plusieurs études sont en cours au sein du groupe qui explore “une multitude de sujets” : “L’augmentation croissante du nombre d’études cliniques au sein de Vivalto Santé témoigne de notre dynamisme et de notre volonté de contribuer activement à l’avancée de la recherche paramédicale”, souligne Stéphanie Durel-Pinson. Parmi les études cliniques actuellement en cours :

    • une étude organisationnelle au sein du territoire Ile-de-France, portant sur la délégation des tâches des équipes soignantes afin que ces dernières puissent se recentrer sur leur cœur de métier ;
    • une étude sur les soins de supports dans le cadre de prises en charge en cancérologie, avec l’introduction de l’hypnose médicale par réalité virtuelle (VR) lors des traitements ;
    • et une étude multidisciplinaire sur le parcours patient dans le cadre d’une chirurgie des tumeurs ORL.

     

     

    * Effectiveness of increasing the scalp cooling duration to prevent alopecia during adjuvant chemotherapy for breast cancer: a randomized pilot study

    Carton E, Blas AM, Perret C, Le Bihan M.

    Support Care Cancer. 2024 Jun 5;32(7):410. doi: 10.1007/s00520-024-08579-z. PMID: 38839667; PMCID: PMC11153286.

     

  • Imagerie : Carpl.ai s’associe à Casis pour des diagnostics plus fiables grâce à l’IA

    Carpl.ai renforce sa position sur le marché de l’IA médicale

    Carpl.ai, plateforme d’IA dédiée à la radiologie, a signé un partenariat stratégique avec Casis, spécialiste en imagerie cardiovasculaire et créateur de la suite logicielle Qir Suite (logiciel d’analyse en imagerie cardiovasculaire). Cette collaboration vise à intégrer les solutions d’IA de Casis sur la plateforme Carpl.ai, renforçant l’offre de cette dernière sur le marché mondial.

    Carpl.ai, qui s’est récemment distinguée en signant un contrat avec le gouvernement de Singapour pour optimiser l’utilisation de l’IA dans ses hôpitaux publics, continue de renforcer sa position sur le marché de l’IA médicale. Avec plus de 125 applications d’IA déjà disponibles, Carpl.ai est reconnue pour sa capacité à intégrer l’IA dans la pratique clinique, contribuant à améliorer la qualité et la rapidité des diagnostics.

    Les différentes fonctionnalités proposées par Carpl.ai – @ Carpl.ai

    Des diagnostics cardiovasculaires rapides et plus précis

    Casis a récemment lancé une version améliorée de sa Qir Suite, qui intègre des algorithmes d’IA précis pour l’analyse des images cardiovasculaires. On note par exemple l’analyse des tissus myocardiques. Une telle synergie entre la marketplace d’applications de Carpl.ai et la technologie de Casis pourrait permettre aux établissements de santé de bénéficier de diagnostics fiables et d’une meilleure prise en charge des patients. Les deux entreprises entendent ainsi répondre aux défis du secteur de l’imagerie cardiovasculaire à savoir précision et rapidité.

    Ce partenariat pourrait aussi avoir un impact sur la recherche clinique. En facilitant l’accès à des analyses plus précises des données d’imagerie cardiovasculaire, les chercheurs auront la possibilité d’améliorer leur compréhension des maladies cardiaques, voire d’accélérer le développement de nouvelles thérapies.

     

  • Maladies rares : Tekkare facilite l’accès aux connaissances médicales pour accélérer la recherche

    Faciliter l’accès et l’utilisation des connaissances

    Fondée en 2015 par Bruno Sarfati, Tekkare est une start-up française spécialisée dans la Healthtech, avec une mission claire : développer des écosystèmes de données de santé innovants pour faciliter l’accès et l’utilisation des connaissances médico-scientifiques. Grâce à une équipe internationale d’une trentaine de talents répartis entre le numérique, la science des données et la santé, Tekkare s’impose comme un acteur clé dans l’intégration et l’exploitation des données complexes des sciences médicales.

    Dans un monde où les décisions en matière de santé dépendent de plus en plus de la qualité et de la fiabilité des données, Tekkare se donne comme objectifs de :

    • créer une nouvelle source fiable de données de santé ;
    • promouvoir et étendre l’utilisation des données officielles des autorités sanitaires ou des systèmes de santé nationaux comme première étape des recherches opérationnelles ;
    • développer un écosystème numérique de la donnée pour assurer l’intégration à long terme des nouvelles sources ;
    • et faciliter les décisions stratégiques basées sur les données grâce à un accès à des sources fiables en illimité.

    Des bases de données publiques et internationales exploitées :

    Tekkare propose deux plateformes analytiques – l’OIP Healthcare et l’OIP Discovery – qui agrègent des sources de données publiques et scientifiques mondiales. Ces outils permettent aux équipes de recherche et de développement, ainsi qu’aux data scientists, de réaliser des analyses poussées sur les maladies, les molécules et les essais cliniques. Une opportunité pour accélérer la découverte de nouveaux médicaments et renforcer les preuves basées sur des données concrètes dans le domaine de la santé.

    Un autre service d’analyse des données de vie réelle, ReaLifeData, exploite des bases de données publiques pour fournir des informations viables sur divers aspects de la santé, comme les remboursements de médicaments ou les données d’hospitalisation.

    Réduire l’errance thérapeutique dans les maladies rares

    Parmi ses projets phares, Tekkare a co-développé, en partenariat avec Orphanet, le dispositif médical RDK (Rare disease knowledge), qui est distribué par la start-up à mission As we know. Un outil en passe de devenir une “référence mondiale en matière de données sur les maladies rares”. Disponible sous forme d’application et de version web, il offre aux professionnels de santé un accès simplifié aux connaissances sur les maladies rares et utilise un algorithme sophistiqué pour orienter rapidement les patients vers des centres experts.

    Dispositif médical (DM) de classe I, RDK repose exclusivement sur ses connaissances scientifiques. La contribution principale d’Orphanet consiste à fournir des informations de haute qualité pour améliorer le diagnostic, le traitement et la gestion des maladies rares. Cette innovation numérique est gratuite pour les professionnels de santé et propose trois fonctionnalités clés :

    • un outil d’assistance qui associe les signes et symptômes des patients à une liste de maladies rares ;
    • la suggestion de centres d’expertise pertinents pour le diagnostic et la prise en charge des maladies identifiées ;
    • l’accès à des informations actualisées sur les maladies rares, via des fiches pratiques, des  protocoles nationaux de diagnostic et de soins (PNDS) et des publications scientifiques.
    Interface de l'application mobile RDK - @ Tekkare
    Interface de l’application mobile RDK – @ Tekkare

    Une expansion internationale dès la fin 2024 :

    La roadmap pour RDK se décline en deux axes principaux : le développement de l’application et l’expansion internationale.

    Dans le cadre du développement de l’application, l’objectif est d’augmenter la sensibilisation des professionnels de santé grâce à divers moyens, tels que des congrès, des événements privés, la presse et des études scientifiques. De plus, l’équipe recueillera des retours des utilisateurs pour améliorer continuellement les données et l’expérience utilisateur. Un assistant vocal basé sur l’IA est, par ailleurs,  annoncé pour le deuxième trimestre de l’année 2025.

    Concernant l’expansion internationale, plusieurs étapes sont prévues :

    • un lancement en Espagne : dès le quatrième trimestre 2024 ;
    • un lancement aux États-Unis : dès premier trimestre 2025 ;
    • et une expansion vers de nouveaux pays européens : en 2026.

     

  • Télédermatologie : un premier centre de ressources inauguré en Saône-et-Loire

    Un modèle de téléexpertise en expansion 

    Soutenu par l’Agence régionale de santé (ARS) et la région Bourgogne-Franche-Comté, le projet de télédermatologie vise à déployer la téléexpertise à travers les cabinets de ville, maisons de santé, Ehpad et autres structures de soins de la région.

    Depuis son lancement, l’initiative a permis de réaliser plus de 17 000 actes de téléexpertise en 2024 via la plateforme “Telmi”, un service public dédié aux professionnels de santé. Particulièrement utilisé pour les consultations dermatologiques, ce service peut également être exploité dans d’autres spécialités, telles que la neurologie et la cardiologie. 

    Telmi, la plateforme de télémédecine régionale 

    Telmi est la plateforme de télémédecine de Bourgogne-Franche-Comté, développée par le Groupement régional d’appui au développement de l’e-santé (Grades) et soutenue par l’ARS. Elle permet aux professionnels de santé d’effectuer divers actes médicaux à distance :

    • la téléconsultation ;
    • la téléexpertise ;
    • la télésurveillance ;
    • la téléassistance ;
    • ainsi que la télérégulation.

    Entièrement financée par l’ARS, Telmi est accessible sans coût supplémentaire pour les patients et les professionnels de santé. La plateforme est sécurisée et ses données de santé sont hébergées en France par le Grades, dans le but de garantir une haute protection des informations personnelles. Telmi s’adapte aux besoins variés des professionnels de santé grâce à ses différents modes d’accès (client Covotem, application mobile et navigateur web). 

    Carte des sites demandeurs et experts de télémédecine (Telmi) - @ Grades Bourgogne-France-Comté
    Carte des sites demandeurs et experts de télémédecine (Telmi) – @ Grades Bourgogne-France-Comté

    280 sites connectés :

    Le modèle chalonnais de télédermatologie, salué par la Fédération française de la peau, a déjà été répliqué dans quatre autres centres de ressources en région :

    • les CHU de Besançon et Dijon ;
    • l’Hôpital Nord Franche-Comté ;
    • et le Groupement hospitalier de Haute-Saône.

    En tout, 280 sites sont aujourd’hui connectés à ces centres, offrant aux patients un accès facilité aux soins spécialisés et une réduction des délais de prise en charge. 

    Des bénéfices pour les patients et les professionnels de santé :

    Ce dispositif permet non seulement de simplifier l’accès aux soins pour les patients, en particulier ceux des zones rurales, mais aussi d’améliorer la qualité des diagnostics tout en optimisant la hiérarchisation des prises en charge. De plus, il contribue à la formation continue des médecins et renforce l’attractivité des métiers de la santé.

     

  • Inde : un outil d’IA pour diagnostiquer et prédire l’épilepsie (étude)

    Une solution pour 30 % des patients pharmaco-résistants

    Des chercheurs de la Faculté des sciences informatiques et d’ingénierie de l’université intégrale de Lucknow, en Uttar Pradesh, Inde, explorent l’IA pour améliorer la détection précoce des crises épileptiques, visant à réduire leurs impacts néfastes. Cette recherche répond aux besoins des 70 millions de personnes atteintes d’épilepsie mondialement, notamment les 30 % de patients pharmacorésistants nécessitant des interventions chirurgicales.

    Méthodologie : 3 prismes d’analyse

    L’étude, publiée dans l’International Journal of Computer Applications, passe en revue les techniques d’apprentissage automatique (machine learning) appliquées à l’épilepsie, incluant les approches classiques et les méthodes d’apprentissage profond (deep learning). Trois méthodes d’analyse des données EEG ont été comparées pour prédire les crises :

    • la machine à vecteurs de support (SVM) : Sépare les données en deux classes distinctes avec un hyperplan optimal ;
    • la régression logistique multinomiale : Gère la classification multiclasses en étendant la régression logistique ;
    • et l’arbre de décision logistique : Combine flexibilité des arbres de décision et robustesse de la régression logistique, utile pour des relations complexes et non linéaires.

    Résultats et perspectives

    Les techniques de machine learning et de deep learning atteignent des précisions de 90 à 100 % dans la classification des signaux EEG. Ces résultats montrent un potentiel considérable pour améliorer le diagnostic et le pronostic de l’épilepsie.

    Les ensembles de données limités et la sensibilité aux bruits des signaux EEG sont des défis persistants. Les chercheurs recommandent de se concentrer sur :

    • l’amélioration des techniques d’extraction de caractéristiques ;
    • l’optimisation des algorithmes d’apprentissage profond ;
    • et le développement de systèmes de détection en temps réel des crises.

     

     

    * Diagnosis and Prognosis: Literature Review on Prediction of Epilepsy using Machine Learning Techniques

    Alina Ahsan, Sifatullah Siddiqi

    International Journal of Computer Applications. 185, 15 ( Jun 2023), 10-29.

    DOI=10.5120/ijca2023922840

     

  • Cnam : lancement d’un dispositif de détection des fausses ordonnances pour les officines

    Vigilance pour les médicaments onéreux

    Dans son dernier rapport Charges et produits 2025, la Cnam préconise de dégager 1,56 milliard d’euros d’économies. Parmi ses propositions, on retrouve l’amélioration de la pertinence des soins, mais aussi la lutte contre la fraude, notamment les fausses ordonnances.

    Le 2 août 2024, l’Assurance maladie met à disposition le téléservice ASAFO (Alerte sécurisée aux fausses ordonnances). Disponible sur Amelipro, ce site permet aux pharmaciens de toute la France de vérifier si une ordonnance a déjà été identifiée comme frauduleuse, et, le cas échéant, prévenir la caisse d’assurance maladie. La Cnam invite les pharmaciens à être particulièrement vigilants sur les médicaments à prix élevé.

    Comment ça fonctionne ?

    Le pharmacien a accès à la plateforme Amelipro en utilisant sa carte CPS, e-CPS ou CPE. Pour se connecter, il doit suivre les étapes suivantes :

    Connexion à Amelipro : Le pharmacien utilise sa carte pour se connecter. Avec la carte CPS si il est titulaire ou adjoint. Ou bien avec la carte e-CPS reservée au titulaire d’officine. Pour les salariés avec une CPE, le titulaire doit établir une délégation pour leur permettre l’accès.

    Accès aux fonctionnalités : le pharmacien doit se rendre dans le bloc « Activités » et sélectionner « Fausses ordonnances (ASAFO) ».

    Une fois connecté, le pharmacien a la possibilité de :

    • Consulter la liste des ordonnances frauduleuses : Il peut accéder aux informations détaillées sur les ordonnances confirmées comme frauduleuses, y compris les données sur le prescripteur, le bénéficiaire des soins, les médicaments concernés, et visualiser une copie numérique de l’ordonnance falsifiée.
    • Déclarer un signalement : Le pharmacien peut également déclarer des signalements concernant des ordonnances suspectées d’être frauduleuses.

    En cas de doute sur une ordonnance, l’Assurance maladie mentionne que “ce nouveau service ne remplace pas l’échange avec le prescripteur”. En cas d’impossibilité de joindre le prescripteur, le signalement peut être réalisé.

    Un tutoriel diffusé par l’Assurance maladie précise, copies d’écran à l’appui, comment effectuer ce signalement sur Amelipro.