Articles

  • Machine learning et ostéoporose : de nouveaux modèles pour détecter les risques en Chine

    Machine Learning : des modèles prédictifs pour l’ostéoporose

    Une équipe universitaire de quatre hôpitaux chinois a développé des techniques d’apprentissage automatique pour améliorer le dépistage de l’ostéoporose en Chine, où environ 210 millions de personnes ont plus de 65 ans, avec une croissance annuelle de 3,8 %. Cette maladie caractérisée par une diminution de la densité et de la qualité osseuse, est généralement diagnostiquée par des examens de densitométrie osseuse (DXA), mais seulement 15 % de la population à risque y a accès en raison de coûts élevés, d’une disponibilité limitée en zones rurales et d’une sensibilisation insuffisante.

    Coordonnée par le département d’orthopédie de l’hôpital First People’s de Guangzhou, les chercheurs chinois ont entraîné dix algorithmes de machine learning (ML) et leurs modèles prédictifs pour analyser des données cliniques, incluant les antécédents familiaux, afin d’identifier les risques avant les symptômes. Les résultats, publiés dans Scientific Reports, se fondent sur 10 000 dossiers médicaux et ont permis de créer un modèle « empilé » combinant trois algorithmes : Régression Logistique, AdaBoost, et Gradient Boosting.

    Vers un Déploiement Accru en Zones Rurales Chinoises

    Le modèle a permis d’identifier les facteurs les plus importants pour prédire l’ostéoporose, à savoir :

    • L’âge
    • Le sexe
    • les troubles du métabolisme lipidique
    • Le cancer
    • La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO)

    Les chercheurs visent maintenant à déployer cet outil d’intelligence artificielle pour améliorer le dépistage et la gestion de l’ostéoporose dans les zones rurales et les environnements à faibles ressources en Chine.

  • Iatrogénie médicamenteuse : la HAS prépare sur un bilan unique et partageable

    Retard, non-respect de la posologie, automédication et polymédication : des risques importants

    La iatrogénie médicamenteuse est responsable de plus de 10 000 décès chaque année, dont 7 500 chez les plus de 65 ans. C’est une population particulièrement concernée par les prises multiples de médicaments, entraînant mécaniquement un risque plus élevé d’incident lié à un mauvais usage.

    D’après un sondage réalisé par Opinion Way pour Notre Temps (2023), 28 % des sondés prennent leurs médicaments en retard. 10 % ne suivent volontairement pas leur traitement, voire l’arrêtent ou modifient les doses sans en discuter avec leur médecin. En cause, des effets indésirables qu’ils veulent éviter, des traitements différents délivrés par plusieurs médecins (56 % des patients ont des ordonnances prescrites par deux médecins différents), mais aussi la prise de médicaments de “confort” comme des antalgiques, sans ordonnance. Un mélange non sans risques, qui fait l’objet de nombreuses sensibilisations auprès du grand public.

     

    @ Bon Usage Du Médicament : Document Pharmacien sur la Iatrogénie Médicamenteuse

    Des bilans qui existent, et qui restent à harmoniser 

    La iatrogénie est un des quatre facteurs d’hospitalisation évitables. Pour ce faire, la Haute Autorité de Santé délivrera d’ici le premier trimestre 2025 un référentiel unique : “bilan médicamenteux partagé” pour lutter contre la iatrogénie médicamenteuse. Ce travail ne part pas de zéro, la HAS avait déjà publié des rapports sur la conciliation médicamenteuse sous forme de guide pour les professionnels de santé. Par ailleurs, deux bilans existent aujourd’hui :

    • Bilan partagé de médication (BPM) : réalisé en officine, destiné principalement aux personnes âgées polymédiquées (plus de 65 ans avec au moins 5 médicaments). Ce bilan passe par un recueil d’informations, une analyse du pharmacien, puis des entretiens réguliers d’observation.
    • Conciliation des traitements médicamenteux (CTM) : effectuée à l’hôpital à l’entrée ou à la sortie d’une hospitalisation, visant à assurer une continuité dans la prise en charge médicamenteuse du patient.

    Ces deux bilans ont le même objectif ; à savoir sécuriser la prise des traitements et éviter les erreurs. Pour autant, ils sont hétérogènes et non conformes en matière d’interopérabilité. Les établissements de santé peuvent créer des documents différents. Le partage entre hôpital et ville de ces informations est ainsi plus difficile.

    Un cadre unique et interopérable

    La tâche est donc moins de créer un nouveau référentiel que d’adapter le travail déjà réalisé et de concevoir un document unique et facilement partageable entre l’hôpital et la ville. Une grande partie de la méthodologie est similaire, et les saisines sont les mêmes. Les enjeux sont l’harmonisation des informations et l’interopérabilité qui permettra un “bilan unique” dans les systèmes d’information numériques comme “Mon espace santé” ou le DMP.

    En France, une hospitalisation sur 40 est causée par un “événement indésirable grave associé aux soins” (EIGS).

     

  • MGI Tec et SeqOne s’associent pour faire progresser l’analyse génomique

    Analyse génomique intégrée : 3 défis persistants en 2024

    MGI Tech, une entreprise chinoise spécialisées dans les technologies des sciences de la vie et SeqOne, start-up française de Montpelier spécialisée en IA ont formé un partenariat pour développer des solutions d’analyse génomique intégrées de bout en bout pour les laboratoires de génétique humaine et de pathologie à l’échelle mondiale.

    Les solutions d’analyse génomique intégrée représentent une avancée clé en médecine personnalisée, notamment pour l’oncologie et les maladies génétiques rares. Elles permettent l’automatisation complète, du traitement des échantillons à l’analyse bio-informatique. Toutefois, trois limitations majeures persistent en 2024 :

    • Gestion des données : Les volumes massifs de données, estimés à 40 exaoctets d’ici 2025, exigent des infrastructures de calcul plus performantes.
    • Précision génétique : Les scores de risque, souvent développés pour des populations européennes, voient leur précision diminuer de 30 à 40 % pour certaines pathologies cardiométaboliques chez les populations africaines.
    • Coûts élevés : Le séquençage d’un génome coûte environ 1 000 dollars, freinant l’adoption large de ces technologies, particulièrement dans les systèmes de santé sous-financés.

    Un partenariat autour de 2 initiatives technologiques majeures

    Le partenariat technologie entre la firme chinois et la start-up française se concentre sur deux initiatives stratégiques majeures :

    • Validation du test HRD (déficit de recombinaison homologue) : L’objectif est de créer une solution de bout en bout, automatisée et rentable pour le test HRD, en combinant le séquenceur DNBSEQ-G99 de MGI avec la technologie somaHRD de SeqOne. Cette collaboration vise à simplifier le travail des laboratoires de pathologie moléculaire.
    • Intégration bio-informatique : Ce volet repose sur la combinaison de la plateforme d’analyse tertiaire de SeqOne avec l’accélérateur bio-informatique MegaBOLT de MGI, permettant de simplifier l’analyse à haut débit des génomes humains, qu’il s’agisse de panels germinaux, d’exomes ou de génomes entiers.

    Un marché visé estimé à évalué à plus de 20 milliards de dollars

    Les deux partenaires ambitionnent de déployer à l’échelle mondiale leur technologie de pointe en analyse génomique, ciblant les 6 000 laboratoires répartis principalement en Amérique du Nord, en Europe et en Asie de l’Est. Ces laboratoires, qu’ils soient privés ou académiques, jouent un rôle clé dans la recherche génétique, le diagnostic clinique et le développement de nouvelles thérapies. Ce partenariat franco-chinois vise à capturer une part significative du marché mondial des solutions d’analyse génomique intégrée, un secteur évalué à plus de 20 milliards de dollars, selon Fortune Business Insight.

     

  • Indienov : une ceinture connectée pour prévenir les fractures des seniors

    Prévenir les chutes chez les personnes âgées

    Indienov Medical, la medtech française spécialisée dans le domaine de la prévention des fractures chez les personnes âgées, a développé une ceinture airbag intelligente conçue pour prévenir les fractures du col du fémur chez les seniors. Ce dispositif médical novateur répond à une problématique majeure de santé publique, en particulier chez les personnes âgées, qui subissent chaque année :

    • 80 000 fractures du col du fémur par an à la suite desquels 50% perdent leur autonomie et 30% décèdent ;
    • 600 000 fractures du col du fémur par an en Europe et 300 000 aux USA ;
    •  1,7 millions de fractures par an dans le monde ;
    • 6,3 millions de fractures par an à l’horizon 2050 selon l’OMS.

    La ceinture Indienov, d’un poids de 500 g , fonctionne grâce à un accéléromètre et un gyroscope intégrés qui détectent les signes avant-coureurs d’une chute. Lorsqu’une chute est prédite, l’airbag se déploie en seulement 200 millisecondes pour protéger les hanches et réduire le risque de fracture​. En parallèle, une alerte est envoyée via une application mobile aux proches ou aux soignants​. Grâce aux données collectées par l’intelligence artificielle intégrée, les informations alimenteront l’amélioration du logiciel actuel d’Indienov, avec pour objectif de lancer une version améliorée (V2) d’ici 2025. Notons que la ceinture est réutilisable après une chute.

    Principalement destinées aux établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), aux prestataires de soins à domicile, aux centres de réhabilitation et aux distributeurs de matériel médical, les ceintures airbag Indienov, protégées par des brevets et certifiées dispositif médical CE, visent à assurer la protection des patients les plus vulnérables. Les seniors mais aussi toutes les personnes atteintes de troubles de l’équilibre ou de maladies comme la spondylarthrite ankylosante.

     

     

     

    Caractéristiques de la ceinture Indienov

     

    Une entreprise à la recherche de nouveaux marchés

    Récemment, INDIENOV a finalisé une levée de fonds de 1,5 million d’euros, portant ainsi le total de ses financements à 4 millions d’euros depuis sa création.

    Ce nouvel investissement permettra à la société :

    • d’améliorer ses capacités en intelligence artificielle ;
    • de renforcer la production et la distribution de son dispositif médical ;
    • de déployer sa ceinture airbag connectée à grande échelle.

    En 2023, la start-up avait déjà levée 2,5 millions d’euros pour industrialiser la production de sa ceinture airbag connectée, poursuivre ses études cliniques en vue d’un remboursement par la sécurité sociale et étendre son déploiement en France et à l’international.

    L’entreprise pionnière dans la prévention des chutes a été saluée pour son caractère novateur, lors d’événements prestigieux comme le CES de Las Vegas et VIVATECH. Sa technologie de pointe a également été reconnue par plusieurs distinctions, notamment le « Coup de Cœur Innovation / Nouvelles Technologies » des Trophées SilverEco, le « Coup de Cœur du Public » du SNITEM, ainsi que le « Coup de Cœur » du Crédit Agricole Alpes Provence.

  • Cartographie de 37 entreprises de téléconsultation présentes en France

    Les plateformes de téléconsultation face à de nouveaux défis

    La téléconsultation est en train de redéfinir les contours de la pratique médicale. Un phénomène qui présente à la fois des opportunités et des défis pour les professionnels de santé en France. Grâce à des solutions de consultation à distance, une réponse prometteuse est proposée à la demande croissante d’accessibilité et de flexibilité dans le parcours de soins, ainsi qu’à la problématique de la pénurie des ressources médicales expertes.

    Cette transformation numérique implique cependant une réévaluation des pratiques cliniques traditionnelles, notamment en ce qui concerne la qualité des diagnostics à distance, la continuité des soins, et la gestion des données patient. Les professionnels de santé, en ville comme à l’hôpital, se trouvent dans l’obligation de s’adapter à un nouvel écosystème où la technologie est omniprésente, tout en veillant à préserver une relation de qualité avec leurs patients. L’intégration de ces outils exige ainsi plusieurs prérequis pour garantir la pérennité et l’efficacité des soins à l’ère numérique, dont :

    • une formation adaptée des soignants ;
    • un modèle de financement clair et viable ;
    • une vigilance accrue sur les questions de cybersécurité ;
    • et une réflexion éthique sur l’utilisation des algorithmes d’intelligence artificielle (IA).

    La recherche de différenciation :

    Dans un contexte aussi compétitif, les entreprises élaborent des stratégies d’innovation et d’expansion rapide pour se distinguer. Une démarche qui positionnent certaines d’entre elles au premier rang d’un marché à la fois en ébullition et en proie à des doutes sur son avenir, comme l’illustrent les trois exemples suivants :

    📌 Doctolib : déjà bien implantée en France, la licorne française spécialisée dans la prise de rendez-vous médicaux continue de se développer à l’international, notamment en Allemagne et en Italie. Elle investit massivement dans la recherche et développement (R&D), avec une enveloppe de 100 millions d’euros en 2024, avec une volonté d’intégrer des algorithmes d’IA afin d’améliorer l’efficacité des consultations et des tâches administratives pour les professionnels de santé​.

    📌 Livi : filiale du groupe suédois Kry, Livi a enregistré une croissance significative en France en 2023 atteignant un chiffre d’affaire de 25,5 millions d’euros (+56 %). Le marché français représente désormais entre 15 % et 20 % des revenus totaux du groupe, qui réalise entre 80 000 et 100 000 téléconsultations par mois dans l’Hexagone. Tout en continuant d’investir dans le numérique et l’IA, Livi prévoit de consolider son modèle hybride en étendant sa présence physique en France, après l’ouverture de deux centres de santé à Paris et Saint-Denis.

    📌 Qare : depuis ses levées de fonds (48 millions d’euros entre 2019 et 2020) et autres opérations de marché (rachat de Doctopsy et de l’application Mon Sherpa), Qare continue d’accroître son réseau de professionnels de santé et d’utilisateurs. En septembre 2023, l’entreprise rapporte le chiffre de 1,5 millions de patients pris en charge​.

    Améliorer l’accès au soins grâce aux cabines de téléconsultation

    Face à la pénurie croissante de médecins, notamment dans les zones rurales, les cabines de téléconsultation apparaissent comme une solution pertinente pour améliorer l’accès aux soins. Ces dispositifs, installés principalement dans des pharmacies mais aussi dans d’autres lieux publics, offrent aux patients la possibilité de consulter un médecin à distance, souvent sans délai. Ces cabines médicales sont équipées de dispositifs médicaux connectés (tensiomètres, dermatoscopes, stéthoscopes…), permettant au médecin de réaliser un examen aussi complet que possible.

    Medadom, l’un des acteurs majeurs du secteur, rapporte que ses installations enregistrent environ 200 000 consultations mensuelles​. Bien que les pharmacies soient le lieu principal d’implantation de ces cabines, des entreprises comme Tessan cherchent à élargir leur présence à d’autres lieux, tels que les cabinets infirmiers, les opticiens, les services d’urgence et même dans des supermarchés (chez Monoprix et Leclerc). Cette diversification vise à rendre les soins encore plus accessibles, en particulier dans les déserts médicaux.

    Les débats autour des cabines de téléconsultation :

    La prolifération des cabines de téléconsultation est tout de même source d’inquiétudes parmi certains professionnels de santé. Ils craignant que ces dispositifs ne conduisent à une « médecine au rabais », où la qualité des soins pourrait être compromise. Pour être véritablement efficaces, des experts suggèrent que ces cabines soient intégrées dans un parcours de soins coordonnés et ne pas remplacer les consultations en personne là où elles sont nécessaires​.

    Malgré les débats, l’impact positif de ces cabines ne peut être ignoré (voir l’article H&TI sur les études scientifiques dédiées aux examens physiques virtuels). Elles représentent une avancée majeure dans la lutte contre les déserts médicaux, offrant un accès rapide et pratique à des soins de qualité, souvent dans des zones où les alternatives sont limitées.

    3 exemples d’entreprises :

    Avec plus de 6 000 cabines installées en France, les entreprises spécialisées dans la téléconsultation jouent un rôle de plus en plus important dans le parcours de soin, en offrant un accès à des soins de qualité dans les régions où les médecins se font rares. Ces cabines, souvent situées dans des pharmacies, permettent aux patients de réaliser des consultations à distance avec des médecins, grâce à une panoplie d’équipements médicaux connectés.

    Les 3 principales entreprises de ce segment sont :

    📌 Medadom : est l’une des plus grandes entreprises de téléconsultation en France, avec plus de 4 000 cabines déployées à travers le pays, principalement dans les pharmacies. Elle réalise plus de 200 000 consultations par mois, ce qui en fait un acteur clé pour lutter contre les déserts médicaux. L’entreprise vise à atteindre 2,5 millions de consultations annuelles d’ici 2025, consolidant ainsi sa position de leader sur le marché.

    📌 Tessan : est un autre leader majeur avec plus de 750 cabines installées, principalement dans les pharmacies, mais aussi dans d’autres lieux de santé. L’entreprise enregistre environ 50 000 consultations mensuelles et travaille en partenariat avec plus de 200 médecins pour offrir une gamme complète de services, y compris des consultations spécialisées.

    📌 H4D : fondée en 2008, H4D est une entreprise pionnière de la télémédecine clinique, avec des publications scientifiques appuyant la validité de ses cabines, certifiées dispositif médical (DM) de classe II. En 2023, elle a enregistré un chiffre d’affaires de 2,5 millions d’euros, contre 3,2 millions en 2022 (-21,9%) et 3 millions en 2021. H4D a déjà levé plus de 20 millions d’euros, dont 15 millions en 2020 et a, depuis, développé des fonctionnalités basées sur l’IA et réussi à faire référencer ses cabines sur la plateforme de prise de rendez-vous de Doctolib. Avec 79 salariés, dont 20 CDI infirmiers en santé du travail, et deux filiales en Italie et au Royaume-Uni, la société française a été placée en redressement judiciaire le 4 juillet. A ce jour, deux offres de reprise sont en cours dans le cadre de cette procédure. Les résultats des négociations devraient être connus début octobre.

    Le choix de la spécialisation

    Aujourd’hui, un nombre croissant de plateformes se concentrent sur certaines spécialités médicales. Elles proposent des ressources et des soins adaptés à chaque patient et donnent un accès direct à des médecins spécialistes. Parmi elles, on peut citer les exemples de :

    📌 DoudouCare, plateforme pionnières, dédiée exclusivement à la pédiatrie. Elle permet aux parents de consulter rapidement des pédiatres et autres professionnels de santé de l’enfance, évitant ainsi les déplacements souvent difficiles avec de jeunes enfants. Cette approche garantit un suivi médical adapté, continu et rassurant pour les familles.

    📌 et Medoucine qui s’est imposée comme une référence dans le domaine des médecines douces. Cette plateforme réunit des thérapeutes spécialisés en pratiques alternatives telles que l’acupuncture, l’hypnose ou encore la naturopathie. Elle répond à une demande existante en France d’approches complémentaires à la médecine conventionnelle.

    Panorama

    Cartographie des entreprises de téléconsultation présentes en France :

  • Les investissements dans la téléconsultation se restructurent après une période post-Covid record

    Un déclin post-Covid des investissements en télémédecine

    Au premier semestre 2024, un rapport la banque mondiale d’investissement technologique, Drakestar, rapporte une chute de 25 % des valorisations dans le secteur de la télémédecine par rapport à l’année précédente, atteignant leur plus bas niveau en 8 ans.

    Les levées de fonds, quant à elles, diminuent de façon constante depuis 3 ans, principalement en raison du boom pendant la pandémie et de la hausse des taux d’intérêt en 2023. Bien que les investissements en pré-amorçage et en amorçage continuent de dominer en 2024, toujours selon Drakestar, ils ne représentant plus que 61 % des investissements, contre 68 % en 2023.

    En parallèle, les investissements de croissance ont presque doublé au premier semestre, passant de quatre à sept transactions en 2024. Ce qui indique un possible changement d’intérêt des investisseurs pour des entreprises plus matures.

    Index de télémédecine 2024 de Drakestar – @ Drakestar

    Repli et réajustements des investissements :

    Par ailleurs, les hausses des taux d’intérêt et la crise de liquidité sur les marchés poussent les investisseurs à avoir de grandes attentes de rentabilité, ce qui peut freiner leur activité financière. Ils sont désormais entrés dans une phase d’observation et suivent attentivement l’évolution du secteur.

    Si la valeur de la télémédecine a explosé pendant la pandémie, de nombreux patients ont depuis retrouvé leurs habitudes de consultations en personne. Cela se traduit aujourd’hui par un nombre excessif de services de télémédecine, alimenté par d’importants investissements réalisés pendant la crise. Il en résulte un marché consolidé et un glissement vers des investissements en capital-risque plus avancés.

    Seulement 3 opérations réalisées en France

    Comparativement à la période 2019-2022, Peu de levées de fonds ont été réalisées en 2023 et 2024 : 12 opérations en deux ans contre 17 au courant de l’année 2021 seule. En Europe comme aux États-Unis, les investissements en amorçage et pré-amorçage restent majoritaires.

    Cartographie synthétique :

    Etude Health&Tech sur la téléconsultation : cartographie des levées de fonds en 2023 et 2024

    Les levées de fonds en téléconsultation (2023-2024) :

    Année Mois Entreprise Tour Montant (M€) Pays Investisseur(s)
    2023 décembre I-virtual NA 3 France Malakoff Humanis
    2023 juin Santexpat Série A 3 France NA
    2023 mars Tytocare Série D 46,1 USA Insight Partners
    2023 janvier Firefly Health Série B 37,7 USA F Prime capital partners, Bossa
    2023 avril Uwill NA 27,4 USA EGP
    2023 janvier Medihive Série B 7 Italie Resmed
    2024 avril Kor Amorçage 3,5 France Raise seed for good, AFI Venture, Family office Evolem et des business angels
    2024 mars Tonicapp Série A 10,9 Portugal Iberis capital, Blue crow
    2024 février Healthsnap Série B 23,2 USA Sands capital
    2024 janvier Advantia Health NA 3 USA NA
    2024 janvier Vita Health Série A 20,5 USA CVS
    2024 mars Tava Health Série B 18,5 USA Rose parks advisors

    Focus sur les opérations de Fusion-acquisition

    Au premier semestre 2024, Drakestar enregistre une augmentation de l’activité de fusions et acquisitions (M&A) dans le secteur de la télémédecine, avec 28 transactions contre 22 au premier semestre de 2023 et 20 au second semestre. Les États-Unis représentent une plus grande part de cette activité, avec 20 transactions (71 % du total) contre 13 transactions (60 % du total) au premier semestre 2023. Seulement 8 transactions sont enregistrées en Europe.

    Les principales motivations des transactions M&A seraient :

    • l’intégration par des acteurs externes tels que les compagnies d’assurance et les entreprises de soins de santé ;
    • ainsi que le renforcement de l’offre des acteurs de la télémédecine par de nouveaux produits.

    Fusion d’Amazon Clinic et One Medical pour une offre simplifiée :

    En 2024, Amazon a restructuré ses services de santé en ligne en intégrant Amazon Clinic à sa filiale One Medical, acquise en 2023 pour un montant de 3,9 milliards de dollars. Ce regroupement vise à unifier les services de télémédecine sous une seule marque, mais aussi à réduire les prix et la complexité du processus pour les utilisateurs

    Ainsi, les utilisateurs peuvent désormais :

    • choisir entre un modèle de paiement à l’acte, avec des consultations par messagerie à partir de 29 dollars, et des consultations vidéo à 49 dollars ;
    • ou opter pour un abonnement annuel ou mensuel, qui leur donne accès à des soins virtuels en continu et à des consultations en personne dans plus de 150 cliniques aux États-Unis.

    Avant cette intégration, Amazon Clinic avait déjà étendu son service à l’échelle nationale et collaboré avec plusieurs fournisseurs de télémédecine. Ce repositionnement stratégique renforce l’offre d’Amazon dans le secteur de la santé et lui permet de concurrencer des entreprises spécialisées comme Teladoc, tout en proposant une gamme plus large de soins adaptés aux besoins immédiats et à long terme des patients​.

    Ancienne licorne de télémédecine, Babylon Health en liquidation judiciaire

    Babylon Health, valorisée à 4,2 milliards de dollars en 2021, a officiellement déposé son bilan en vertu du chapitre 7 du “Code de la faillite” des États-Unis le 9 août 2023. Ce dépôt marque la fin d’une période tumultueuse pour l’entreprise, marquée par des difficultés financières, un échec dans sa fusion avec la société suisse Mindmaze et une dette insoutenable, notamment 300 millions de dollars dus à son plus grand créancier, Albacore Capital. Les filiales concernées par la liquidation sont Babylon Inc. et Babylon Healthcare Inc.

    En dépit d’un chiffre d’affaires s’élevant à 1,1 milliard de dollars en 2022, Babylon a enregistré une perte nette de 221,4 millions de dollars. Au moment de son dépôt de bilan, les actifs et passifs de l’entreprise étaient estimés entre 100 et 500 millions de dollars. Ses activités au Royaume-Uni, y compris son service intégrée au NHS, ont été vendues pour tenter de rembourser ses créances.

    Plusieurs* transactions de fusion-acquisition réalisées entre 2023 et 2024 :

    Date Acquéreur Cible Objectifs Pays montant
    mai-23 Fabric (ex-Florence) Zipnosis
    • Optimiser l’efficacité clinique
    • Créer une expérience de soins omnicanal
    • Accroître l’accès aux soins de qualité
    USA 20 M$
    avr-23 Cosmos Health Zipndoctor
    • Étendre la plateforme de télémédecine
    • Offrir un accès abordable et illimité aux soins
    • Couverture nationale en anglais et en espagnol
    USA NA
    févr-23 Dr First Backline
    • Améliorer la communication clinique
    • Augmenter la part de marché
    • Accélérer la mise sur le marché
    USA NA
    janv-23 Humana Heal
    • Étendre les soins à domicile
    • Améliorer la qualité des soins pour les seniors
    • Accélérer l’approche de soins basés sur la valeur
    USA 100 M$
    janv-23 Revive Health Swiftmd
    • Innover et élargir les services de santé numériques
    • Étendre l’infrastructure et le réseau de fournisseurs
    • Offrir des soins de qualité à un coût compétitif
    USA NA
    mai-24 Centivo Edenhealth
    • Intégrer les services cliniques d’Eden Health
    • Élargir l’offre de soins virtuels
    • Améliorer l’accès aux soins pour les employeurs
    USA NA
    mars-24 GTCR Cloudbreak
    • Accélérer les investissements en développement de produits
    • Renforcer les services d’interprétation en télésanté
    • Améliorer l’accès équitable aux soins de santé
    USA 165,9 M$
    févr-24 Axa HBS UK
    • Renforcer l’offre de soins de santé en ligne
    • Accélérer l’accès direct aux soins pour les membres
    • Soutenir la capacité de service du NHS
    France NA
    févr-24 Compodium Confrere
    • Étendre l’offre de services téléconsultation
    • Renforcer la présence en région nordique
    • Assurer une transition fluide pour les clients de Confrere
    Norvège NA
    janv-24 Visibly Eyecare Liv
    • Lancer des consultations vidéo en temps réel pour des soins de la vue plus complets.
    • Augmenter l’accès aux soins de la vue en ligne grâce à des outils numériques.
    • Intégrer les technologies de tests de vision en ligne de Visibly avec les solutions de télésanté d’EyecareLive.
    USA NA
    janv-24 98point6 Bright MD
    • Introduire un module de soins asynchrones pour élargir l’offre de soins virtuels.
    • Accélérer la stratégie de croissance et renforcer les capacités technologiques de la plateforme.
    • Offrir des solutions pour atténuer l’épuisement des cliniciens et améliorer l’expérience patient.
    USA NA
    févr-24 Cegedim Visiodent (Veasy)
    • Étoffer l’écosystème de solutions
    • Soutenir le développement de l’offre Veasy
    • Répondre aux nouveaux enjeux réglementaires et à la digitalisation des parcours patients
    France NA

    * Liste non exhaustive.

     

  • Téléconsultation : comment réduire l’écart entre le dynamisme de l’innovation et son intégration dans les pratiques ?

    Bien que la téléconsultation ait été rapidement adoptée en réponse à la crise sanitaire, son intégration durable et structurée reste incertaine, surtout dans les établissements de santé publics. En effet, malgré le remboursement des consultations par la Caisse nationale d’Assurance maladie (Cnam), plusieurs obstacles freinent son développement.

    D’une part, les plateformes de téléconsultation revendiquent la possibilité de facturer des frais supplémentaires, ce qui introduit un débat sur l’accessibilité et l’équité des soins, d’autant plus que la Cnam s’y oppose fermement. D’autre part, les initiatives innovantes comme les cabines de téléconsultation suscitent des questions quant à leur acceptabilité, leur efficacité clinique et leur impact sur la relation patient-soignant.

    Notre étude propose d’analyser non seulement les défis logistiques et économiques que pose la téléconsultation, mais aussi les enjeux éthiques et organisationnelles qu’elle implique, en interrogeant la pérennité de ce modèle de soins dans un système de santé centré sur l’hôpital public. Comment, dans ce contexte, la téléconsultation peut-elle se développer sans compromettre l’universalité et la qualité des soins, tout en répondant aux exigences de modernisation et de rationalisation des services hospitaliers ? 

    Analyses

    Contexte : entre promesses de l’innovation et incertitudes sur une intégration durable dans le parcours de soins en France

    En 2023, la téléconsultation représente 2,7 % des dépenses de soins des généralistes, 0,5 % des soins spécialisés et 33 % des actes médicaux en France. Cela témoigne d’un écart entre l’innovation et son intégration concrète dans les pratiques médicales. L’utilisation croissante des plateformes de téléconsultation souligne cependant le potentiel d’adaptation et de diversification des soins.

    👉 Un état des lieux et les chiffres clés de l’environnement de la téléconsultation est accessible dans cet article.

    Evolutions réglementaires de la téléconsultation : limiter le risque d’une “ubérisation” de la médecine ?

    Qualité des soins, erreurs médicales, remboursement, risque d’une médecine à deux vitesses : l’essor récent de la téléconsultation a amené des interrogations et des impératifs de régulation. Depuis la convention médicale du 26 août 2016, qui en pose les bases, la réglementation continue de s’adapter pour encadrer cette pratique.

    👉 Cet article revient sur les différents enjeux éthiques et réglementaire autour de la téléconsultation, avec une synthèse des initiatives et des positions de différentes institutions et acteurs du secteur de la santé.

    Review : quelle efficacité de l’examen physique virtuel pendant une téléconsultation ?

    Malgré certaines inquiétudes exprimées, patients et professionnels de santé sont globalement satisfaits des examens physiques virtuels réalisés pendant une téléconsultation. C’est en tout cas ce que rapporte une nouvelle review* réalisée par une équipe de chercheurs australiens, avec des résultatys positifs pour la plupart des examens virtuels (oculaires, respiratoires et musculosquelettiques).

    👉 Pour consulter la synthèse de cette étude de la portée sur les examens physiques virtuels (EPV), veuillez suivre ce lien.

    Entretien expert avec Jean-Pascal Piermé, président du LET :

    “Des parcours hybrides et une étroite collaboration avec les territoires pour améliorer l’accessibilité des soins”. Dans un contexte de pénurie de ressources expertes au niveau des territoires, la téléconsultation suscite toujours des interrogations quant à son intégration dans les pratiques. A quels défis les opérateurs de la téléconsultation sont-ils confrontés et quelles sont les solutions envisageables pour lui garantir un avenir durable et efficace ? Entretien avec Jean-Pascal Piermé, président du LET.

    👉 Cet entretien, publié le premier octobre 2024, est accessible sur ce lien.

    Visualisation

    Cartographie de 37 entreprises de téléconsultation présentes en France :

    Plateformes généralistes (Medaviz, Qare) ou spécialisées en santé mentale (Eutelmed), gynécologie (Ginger) ou pédiatrie (Doudoucare) et cabines connectée (Tessan, Medadom) : en France, au moins 37 entreprises investissent le marché de la téléconsultation. Si cette innovation de parcours s’impose comme une solution aux déserts médicaux, plusieurs interrogations se posent sur son modèle économique.

    👉 L’article consacré à la compréhension du marché de la téléconsultation et la cartographie des entreprises présentes en France est disponible ici.

    Les investissements dans la téléconsultation se restructurent après une période post-Covid record

    Les années 2023 et 2024 enregistrent un recul dans le financement du marché de la télémédecine, dont la téléconsultation reste le segment la plus actif. Elle concentre près de la moitié des levées de fonds, réalisées majoritairement aux Etats-Unis.

    👉 Dans cet article, un tour d’horizon international des principales opérations menées en 2023 et 2024.

    Panorama des partenariats entre organismes assureurs et plateformes de téléconsultations :

    24h/24 et 7j/7, les assureurs, mutuelles et complémentaires santé proposent quasiment tous des prestations de téléconsultation pour leurs assurés (indépendants, PME/TPE, grands groupes, familles). Leurs offres sont plutôt homogènes en termes de services (facilité d’usage, zéro reste à charge, disponibilité), et rencontrent un grand succès. Tour d’horizon des offres et des partenariats.

    👉 Un benchmarking synthétique des différentes initiatives des organismes d’assurance de santé est accessible via ce lien.

     

  • Panorama des partenariats entre organismes assureurs et plateformes de téléconsultation

    La téléconsultation, un terrain commercial pour les mutuelles ?

    Remboursée par l’Assurance maladie et la complémentaire santé solidaire, la téléconsultation peut aussi faire l’objet de remboursements par les mutuelles et les complémentaires santé privées. Pendant la crise du Covid-19, la téléconsultation faisait l’objet d’un remboursement intégral de la part de l’Assurance maladie (800 millions d’euros de coûts entre 2020 et 2021). Depuis septembre 2022, ce régime d’exception est terminé. C’est le retour du cofinancement (70%/30%) entre Assurance maladie et les complémentaires santé. Les mutuelles sont entrées sur ce nouveau territoire commercial et proposent désormais des offres complètes de téléconsultation (dépistage, soutien psychologique, prévention, suivi des maladies chroniques).

    RDV dans l’heure, programmes de prévention… Des services premium pour les assurés

    L’offre de téléconsultation est souvent incluse dans les contrats santé. L’assureur adapte la tarification si cette option est souhaitée par l’assuré. Les assureurs font des partenariats avec des plateformes numériques et proposent des services avantageux et « premium » de consultations médicales à distance. Les patients peuvent consulter un généraliste ou un spécialiste rapidement, voire en urgence, bénéficier de programmes de prévention, d’un deuxième avis médical, d’applications numériques pour suivre leur état de santé. Par exemple, la Mutuelle Générale et Lifeaz proposent un suivi pour les patients avec des antécédents médicaux à risques. La prise en charge financière est aussi simplifiée du fait de la prise en compte du reste à charge. Pour les complémentaires santé, les avantages sont nombreux :

    Limiter les coûts de santé :

    La téléconsultation permet de réduire les coûts de prise en charge. En incitant les adhérents à consulter à distance pour des pathologies bénignes, elles évitent des consultations physiques ou aux urgences, parfois coûteuses. En facilitant l’accès aux soins des maladies chroniques, la téléconsultation améliore la prévention et réduit les complications à long terme.

    Améliorer la notoriété, l’image de marque et fidéliser les assurés :

    En investissant dans des solutions innovantes, numériques, qui proposent de la valeur, les mutuelles et complémentaires santé renforcent leur image d’organismes modernes, attentifs aux évolutions et aux besoins de santé des assurés/patients. C’est un levier de fidélisation dans un marché très concurrentiel. Aussi, les données collectées permettent de mieux comprendre les comportements et les besoins de santé, et ainsi d’adapter les offres et services en fonction des tendances observées.

    24/7, zéro à charge, des offres homogènes en matière de services :

    Les offres s’adressent aussi bien aux assurés particuliers qu’aux travailleurs (indépendants, petites et moyennes entreprises, grands groupes). La téléconsultation est souvent disponible 24h/24 et 7j/7, accessible parfois depuis l’étranger. Autre promesse, celle d’échanger avec un médecin quasiment à la demande, ou avec le minimum de temps d’attente (rendez-vous en moins de 20 minutes). Le volume de rendez-vous possible est souvent limité à 5 consultations par an.

    Les partenariats comme source de valeur, et des offres similaires 

    Face à l’essor de la téléconsultation, les mutuelles et complémentaires santé développent des offres de consultation médicale à distance. À l’instar d’Axa, qui a été l’un des premiers à proposer, en 2015, des rendez-vous avec des médecins en ligne. C’est l’occasion pour ces entreprises de se démarquer dans un paysage très concurrentiel. Pour ce faire, elles s’associent à des plateformes numériques dont c’est le cœur de métier, aussi bien sur le plan technique que médical.

    Voici quelques exemples de partenariats :

    Assureurs / complémentaires santé / mutuelles Offres de téléconsultation Partenaires / Plateformes numériques Cibles commerciales
    Alan Accès 24h/24 et 7j/7, accès à un médecin en moins de 5 minutes. Livi Travailleurs indépendants, PME/TPE, grands groupes
    Allianz La téléconsultation en ligne est une solution apportée par Allianz aux salariés pour consulter un médecin 7j/7 24h/24, pour un conseil ou une ordonnance. MySantéclair, Qare Particuliers et entreprises
    AG2R la Mondiale, Viasanté Service de téléconsultation 7j/7, 24h/24, en moins d’1h. Inclus dans le contrat santé. Test santé mentale avec Coronapsy.fr MédecinDirect (Teladoc Health) Particuliers et entreprises
    Apicil Téléconsultation 7j/7 incluse dans les contrats santé API Services. Inclus dans le contrat le 2ème avis et le soutien psychologique. API Services (propre à Apicil) Particuliers, TPE/PME
    April 5 téléconsultations prises en charge avec le contrat santé. Accès en moyenne sous 1h à médecin généraliste. 7j/7j de 6h à minuit. Teladoc Health Particuliers, entreprises
    Axa

    AXA propose une téléconsultation médicale via son service Angel. Inclus dans tous les contrats santé. Accès 7j/7, en France et à l’étranger.

    Angel Particuliers et entreprises
    CNP Assurances

    Consultations médicales à distance et prescription médicale avec envoi d’ordonnance.

    n.a Anticipa : une offre santé et prévoyance, pour la Fonction publique
    Generali Accès 24/7 pour le médecin généraliste  Med&Vous (Europ Assistance) Particuliers, travailleurs indépendants, entreprises
    Groupama Permet 6 téléconsultations par an pour chaque membre d’une même famille d’assurée. Qare Particuliers, entreprises
    Harmonie Mutuelle Accès  5 téléconsultations 24h/24 7j/7 sans rendez-vous par visio avec l’un des médecins généralistes ou spécialistes (dermatologues, gynécologues, ophtalmologues, psychiatres, sage-femme). Livraison de médicaments possible. MesDocteurs et Maiia (Cegedim Santé) Particuliers, entreprises, travailleurs indépendants, secteurs publics
    Klésia Accès à un généraliste accessible 24h/24
    et 7J/7 en moins de 30 min ou sur rendez-vous.
    Med&Vous Particuliers, familles, TPE/PME
    Maaf Accès 7j/7 et 24h/24 par vidéo avec un médecin. Les téléconsultations sont accessibles sans limite de nombre. MesDocteurs Particuliers
    Macif Accès au réseau de soins Carte Blanche : permet de bénéficier d’un service de téléconsultation 24h/24 et 7j/7. Sans rendez-vous MesDocteurs Particuliers, familles, TPE/PME
    Malakoff Humanis, Groupe Vyv, Pro BTP Téléconsultation (en moins d’1h), 7j/7 de 8h à 20h, de France comme de l’étranger. 5 Consultations par an. Consultation psychologie incluse. 5700 téléconsultations réalisées par an. Qare, Maiia (Cegedim Santé) Salariés couverts par un contrat de santé collectif
    MGEN Les téléconsultations et vidéos consultations sont prises en charge au même titre qu’une consultation classique en cabinet médical. MesDocteurs Fonctionnaires, enseignants
    MMA Un accès au service de téléconsultation sans limite de nombre et sans avance de frais. Une mise en relation sous 15 mn en journée et 2 heures la nuit. Mysantéclair Particuliers, TPE/PME
    Swiss Life Depuis 2020 : service de téléconsultation accessible 7j/7 et  24h/24. A venir, les “Confort Hospitalisation” et “Confort Santé”.  Med&Vous (Europ Assistance) Particuliers, travailleurs indépendants, entreprises

    Cartographie des partenariats entre assureurs/mutuelles/complémentaires santé et plateformes de téléconsultation :

    @ Health & Tech Intelligence

    Agenda, tâches administratives : les “plus” pour les médecins

    Certains assureurs développent eux-mêmes des applications de prise de rendez-vous médicaux, directement intégrées à l’environnement numérique de l’entreprise. C’est le cas de Generali vie et Europ Assistance qui ont développé la plateforme Med&Vous. L’application permet d’effectuer des tâches standards comme le suivi des remboursements, l’envoi de factures, mais aussi de prendre rendez-vous avec un médecin, en téléconsultation ou en cabinet. Les offres de téléconsultation des assureurs, mutuelles et complémentaires santé apportent plutôt les mêmes avantages : une disponibilité quasi 24h/24, plusieurs spécialités (médecine générale, pédiatrie, dermatologie), livraison de médicaments, une prise en charge des frais ainsi que des programmes de prévention et de suivi des maladies chroniques. Pour les professionnels de santé, ces plateformes facilitent la gestion des patients, l’emploi du temps et l’ensemble des tâches administratives.

    L’abonnement à la téléconsultation : l’ONM réagit

    Les sociétés spécialisées dans la téléconsultation sont souvent critiquées par les syndicats de médecins libéraux et les responsables politiques. En cause, une médecine qualifiée de déshumanisée, une réglementation floue, et une commercialisation excessive de la santé, où la rentabilité prime parfois sur la qualité des soins. Les téléconsultations, gérées par des entreprises privées, peuvent être perçues comme un modèle de profit au détriment des soins de qualité. En juin 2023, le service de téléconsultation Ramsay Santé a essuyé une vive polémique. La raison : son offre de consultations (en partenariat avec Medaviz) médicales accessible via un abonnement de 11,90 € par mois, donnant accès à 20 consultations par an. Les professionnels du secteur de la santé y voient une source de désorganisation du système de santé, mais aussi un modèle économique qui favorise une médecine à deux vitesses, entre ceux qui peuvent payer et les autres, qualifiant le système de “médecine Netflix”. Ramsay Santé s’est défendu en disant justement que ces offres sont déjà proposées par les mutuelles.

    Un agrément désormais nécessaire :

    Depuis le 1er mars 2024, les sociétés de téléconsultation doivent obtenir un agrément pour facturer l’Assurance Maladie. Seules celles respectant plusieurs critères peuvent être agréées : elles doivent être des sociétés commerciales, indépendantes des fabricants de médicaments ou de dispositifs médicaux, et garantir la protection des données personnelles selon le RGPD, suivre les recommandations de la Haute autorité de santé (HAS), respecter les exigences tarifaires. De plus, leurs outils numériques doivent être conformes aux référentiels d’interopérabilité. L’agrément doit être renouvelé chaque année, et en cas de fraude, un retrait définitif peut être prononcé.

    L’ambition de cette réglementation est de maintenir la téléconsultation comme un outil complémentaire au service des soins, et non une source de revenus complémentaire.

     

  • Evolutions réglementaires de la téléconsultation : limiter le risque d’une “ubérisation” de la médecine ?

    Un encadrement nécessaire

    Définie par l’article R. 6316-1 du Code de la santé publique (CSP), la téléconsultation est définie comme une pratique qui « a pour objet de permettre à un professionnel médical de donner une consultation à distance à un patient […] ». Tout professionnel médical (i.e. médecin, chirurgien-dentiste, sage-femme) peut recourir à la téléconsultation, indépendamment de sa spécialité, de son secteur d’exercice et de son lieu d’exercice. Bien qu’elle se stabilise (effet post-Covid) cette pratique est devenue très fréquente dans les habitudes des Français. Neuf millions de consultations médicales à distance sont réalisées chaque année depuis 2021. Soit 4 % des consultations de médecine générale. La crise sanitaire du Covid-19 a largement contribué à l’essor de la pratique.

  • La téléconsultation en France : des promesses de l’innovation aux incertitudes sur une intégration durable dans le parcours de soins

    Une place stable mais toujours marginale dans le paysage médical

    Selon le code de la santé publique défini par l’article R6316-1, la téléconsultation médicale « a pour objet de permettre à un professionnel médical de donner une consultation à distance à un patient. » Cette pratique a eu son pic d’usage durant la crise sanitaire en 2020, et connait depuis une stabilité relative, comme le montre le rapport de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) sur les dépenses de santé en 2022 (et dont la mise à jour est prévue pour novembre 2024). De son côté, la Caisse nationale de l’Assurance maladie (Cnam), qui rembourse la téléconsultation depuis 2018, en fait un de ses trois axes de santé numérique prioritaires en 2024 (voir cet article H&TI sur le rapport Charges et produits 2025).

    Le chiffres de la Drees présentent les dépenses des soins courants chez les des médecins généralistes et spécialistes en 2022, téléconsultation comprise. Cette dernière reste relativement faible parmi les dépenses des soins courants :

    • Chez les médecins généralistes, s’élevant à seulement 2,7 % du total. Après une hausse notable lors de la crise sanitaire de 2020, ce taux est en légère baisse par rapport à 2022 (2,9 %). Cela témoigne d’une intégration stable de la téléconsultation dans la pratique médicale actuelle, mais qui reste marginale comparée aux consultations classiques (68,1 % des dépenses totales).
    • Chez les médecins spécialistes, la téléconsultation ne représente qu’une part infime de 0,5 %, en 2022 .
    Structure de la dépense soin courant pour les médecins généralistes – @ Drees
    Structure de la dépense soin courant pour les médecins spécialistes – @ Drees

    Un écart “entre le dynamisme des innovations et leur intégration dans les pratiques” :

    Tel est le constat fait par la Cnam dans son rapport rendu au ministère chargé de la Sécurité sociale et au Parlement sur l’évolution des charges et des produits de l’Assurance maladie au titre de l’année 2025. En effet, en plus du fait qu’elle ne représente que 2 % en moyenne de la dépense des soins courants des médecins, une diminution de 32 % des actes de téléconsultations est constatée entre 2020 et 2023.

    11,6 M de téléconsultations facturées

    Le volume de téléconsultations est en décroissance depuis la fin de la crise sanitaire. En 2022, le nombre annuel total de téléconsultations s’est stabilisé à hauteur de plusieurs millions, avec une légère baisse par rapport à 2021 qui avait enregistré un pic en raison des vagues successives de la pandémie. Depuis, la téléconsultation s’est ancrée comme une pratique courante chez de nombreux médecins et patients.

    Toutefois, la part de téléconsultations effectuées par des “plateformes de téléconsultation” est en forte augmentation, passant de 1 % en 2020 à 33 % en 2023. Les “plateformes de téléconsultations” étant identifiées par la Cnam comme les “centres de santé dont les téléconsultations représentent plus de 90 % de l’activité”.

    Evolution du volume et du montant remboursable de téléconsultations (médecins libéraux, centres de santé et “plateformes”) – @ Cnam

    Quels facteurs influencent-ils le recours à la téléconsultation ?

    Le rapport identifie plusieurs facteurs influençant le recours à la téléconsultation, le profil des patients en étant le principal. En effet, les plus enclins à utiliser la téléconsultation sont :

    • les jeunes (une moyenne d’âge de 44 ans) ;
    • les femmes (62 %) ;
    • et les personnes vivant en milieu urbain (51,5 %).

    À l’inverse, les personnes âgées et celles vivant dans des zones rurales ou sous-connectées y recourent moins, en raison de l’accès limité à des équipements numériques ou d’une maîtrise insuffisante des outils.

    D’autres facteurs concernent le type de pathologie et la spécialité médicale. Par exemple :

    • la téléconsultation est plus fréquemment utilisée pour des consultations de suivi en médecine générale, en psychiatrie, ou pour des affections chroniques où l’examen physique n’est pas toujours nécessaire ;
    • les consultations nécessitant un examen clinique approfondi ou des interventions techniques spécifiques sont, aujourd’hui, moins adaptées à cette configuration.

    Le recours représente plus de 40 % des téléconsultations :

    Le fait de ne pas avoir de médecin traitant est associé à une probabilité plus élevée de recourir à une plateforme de téléconsultation. En effet, la part des patients sans médecin traitant représentent plus de 40 % de l’ensemble des téléconsultations, tandis que ceux qui sont suivis par un médecin n’en représentent que 17 %.

    Le statut socio-économique joue également un rôle : les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (C2S) sont généralement moins enclins à utiliser la téléconsultation, mais cette réticence est atténuée pour les téléconsultations via une plateforme. Un résultat qui varie selon l’âge :

    • chez les patients de moins de 60 ans, la C2S est associée à un recours plus faible aux téléconsultations via une plateforme ;
    • chez ceux âgés de 60 ans et plus, elle est associée à un recours plus élevé.

    La téléconsultation en pharmacie : la moitié des Français ignorent son existence

    Selon une étude publiée en septembre 2024 par l’Ifop et la Pharmacie Lafayette, le service de téléconsultation en pharmacie n’est connu que par moins d’un Français sur deux (48%), et seulement 6% l’ont déjà utilisé. Parmi ceux n’en ayant pas eu connaissance, 26% déclarent toutefois pouvoir l’utiliser à l’avenir, soit un total de 74% connaissant déjà le service ou étant prêt à l’utiliser à l’avenir.

    Cependant, chez les 18-24 ans, “digital natives et également plus enclins à se rendre en pharmacie plutôt que chez le médecin”, 85 % déclarent avoir connaissance de ce service de téléconsultation ou pouvoir l’utiliser à l’avenir (soit +11 points par rapport à la moyenne).

    Régulation et cadre éthique de la téléconsultation

    Dans ses propositions pour 2024 qui vise à améliorer la qualité du système de santé tout en maitrisant les dépenses, la Cnam recommande de stabiliser le cadre de régulation des sociétés de téléconsultation pour garantir une pratique médicale éthique et pertinente. Aujourd’hui, depuis l’article 53 de la Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) 2023, ces sociétés doivent obtenir un agrément préalable, basé sur des critères précis tels que :

    • le respect du référentiel de la Haute autorité de santé (HAS) ;
    • les règles de prise en charge de la Cnam (parcours de soins, seuil de 20 %, territorialité…) ;
    • et la certification de l’Agence du numérique en santé (ANS).

    Le rapport de la Cnam propose également de lancer des « Assises de la téléconsultation », en concertation avec l’ensemble des acteurs du secteur (professionnels de santé, sociétés de téléconsultation, patients, régulateurs, etc.). Ces assises auraient pour objectif d’identifier les bonnes pratiques, de discuter des défis à relever et de proposer des solutions pour optimiser l’usage de la téléconsultation en France.