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  • Étude : l’analyse des ondes de l’EEG par IA prometteuse pour dépister les maladies neurodégénératives

    Des informations clés repérées par l’IA dans les EEG

    Les maladies neurodégénératives telles que la maladie d’Alzheimer et la maladie à corps de Lewy provoquent des perturbations électrophysiologiques. Ces anomalies dans les signaux électriques émis par le cerveau peuvent être détectées par électroencéphalogramme (EEG) et ces examens peuvent servir de mesure de la gravité de la maladie. Cependant, l’analyse d’un EEG suppose que les médecins aient sélectionné a priori les caractéristiques des ondes sur lesquelles ils vont se concentrer. Cette méthode traditionnelle a des limites. Elle repose sur le jugement humain pour sélectionner ces caractéristiques, ce qui peut introduire des biais. De plus, certaines informations pertinentes pourraient être ignorées.

    6 caractéristiques pour identifier les troubles cognitifs :

    Pour ne pas passer à côté d’informations médicales cruciales présentes dans les ondes cérébrales, des chercheurs américains de la Mayo Clinic ont développé un nouvel outil. Concrètement, ils ont d’abord rassemblé un grand volume de données, provenant de plus de 11 000 patients qui ont passé des EEG à la Mayo Clinic sur une période de dix ans. Pour analyser ces données complexes, ils ont utilisé des techniques d’IA et de ML qui ont simplifié ces motifs en les réduisant à six caractéristiques spécifiques. En outre, l’outil a ignoré automatiquement les données non pertinentes pour se concentrer uniquement sur les motifs d’ondes cérébrales permettant d’identifier des troubles cognitifs.

    Les résultats de leur étude ont été publiés le 31 juillet dans la revue Brain Communications.

    Résultats : l’IA fait la distinction entre les personnes saines et les malades

    • Les 6 six facteurs choisis pour différencier des sous-groupes de patients représentaient des activités cérébrales biologiquement significatives.
    • Les caractéristiques extraites automatiquement ont montré des précisions de classification élevées entre les sujets cognitivement normaux et ceux atteints de troubles cognitifs légers, et surtout chez les sujets atteints de démence.
    • Ces facteurs ont aussi permis de distinguer les patients souffrant de la maladie d’Alzheimer de ceux atteints par la démence à corps de Lewy.

    Les auteurs de cette étude estiment donc que l’association des EEG de routine avec des méthodes d’analyse automatisées et axées sur les données pourrait mener à un test rapide, non invasif et relativement peu coûteux pour différencier les différentes causes neurodégénératives de troubles cognitifs. En outre, l’IA peut également alerter les experts sur des motifs anormaux trop subtils pour être détectés par l’humain.

    Bien sûr, l’utilisation de l’EEG pour détecter les problèmes cognitifs n’a pas vocation à remplacer d’autres types d’examens, tels que les IRM ou les tomographies par émission de positons (TEP). Mais grâce à la puissance de l’IA, l’EEG pourrait se révéler une option intéressante, notamment dans des zones où l’accès à des équipements spécialisés est limité…

     

    *Data-driven retrieval of population-level EEG features and their role in neurodegenerative diseases

    Wentao Li, Yogatheesan Varatharajah, Ellen Dicks, Leland Barnard, Benjamin H Brinkmann, Daniel Crepeau, Gregory Worrell, Winnie Fan, Walter Kremers, Bradley Boeve,

    Hugo Botha, Venkatsampath Gogineni, David T Jones

    Brain Communications, Volume 6, Issue 4, 2024, fcae227, https://doi.org/10.1093/braincomms/fcae227

  • USA : la FDA approuve le premier outil de diagnostic de la septicémie basé sur l’IA

    Septicémie : 49 M de cas dans le monde, 11 M de décès

    Responsable de 20 % des décès mondiaux chaque année, la septicémietouche 49 millions de personnes et cause 11 millions de décès selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette urgence médicale survient lorsqu’une infection déclenche une réponse immunitaire incontrôlée, entraînant des défaillances organiques. Sa progression rapide et ses symptômes souvent non spécifiques compliquent le diagnostic et retardent la prise en charge.

    Spécialisée en IA appliquée au diagnostic médical, l’entreprise américaine Prenosis a créé un logiciel d’IA classé comme dispositif médical (DM) qui utilise sa biobanque et une base de données de plus de 100 000 échantillons sanguins de 25 000 patients.

    Une combinaison de 22 paramètres et un score de 4 catégories de risque :

    Le logiciel Sepsis Immunoscore analyse jusqu’à 22 paramètres, y compris les données démographiques, les signes vitaux, les tests de laboratoire et les biomarqueurs spécifiques à la septicémie. Le logiciel génère, en moins de 24 heures, un score de risque de septicémie, classant les patients en quatre catégories : faible, moyen, élevé, et très élevé. Ce score est lié au risque de détérioration du patient, mesuré par :

    • durée de séjour à l’hôpital ;
    • mortalité hospitalière ;
    • transfert en unité de soins intensifs dans les 24 heures ;
    • utilisation de vasopresseurs dans les 24 heures ;
    • besoin de ventilation mécanique dans les 24 heures.

    Un accord de distribution avec Roche Diagnostics :

    Avec son immunoscore qui s’intègre aux dossiers électroniques des hôpitaux, facilitant son accès pour les cliniciens, Prenosis a annoncé le lancement commercial de cet outil non invasif grâce à un accord de distribution avec Roche Diagnostics.

    Selon Research Nester PL, le marché mondial du diagnostic de la septicémie est estimé à 2 milliards de dollars.

     

  • Centre-Val de Loire : un AMI pour développer une stratégie territoriale de santé numérique (31/12)

    Inclusivité et territoires : les points clés du nouvel AMI

    Développer l’offre de soins, décloisonner les acteurs de la santé, et surtout rendre accessible le numérique dans les usages des professionnels de santé et des patients sont des objectifs auxquels les candidatures soumises doivent répondre. Tandis que les derniers AMI (2021 et 2022) ont mis l’accent sur le développement de la télésanté, cette nouvelle édition incite à “accompagner les territoires pour développer une stratégie territoriale d’inclusion du numérique dans les organisations et dans les pratiques du quotidien.”

    Les porteurs de projets devront donc aussi intégrer la dimension territoriale dans leurs dossiers, le tout en proposant la méthodologie et les modalités de gouvernance adéquates. Car si plusieurs propositions sont faites, un seul projet qualifié de prioritaire sera présenté et pourra faire l’objet d’un soutien de l’ARS Centre-Val de Loire.

    Une bonne identification des cas d’usage et des objectifs clairs :

    Concernant les facteurs clés de succès, un retour d’expérience a été réalisé lors des précédentes éditions et a permis de dégager les enseignements suivants :

    • accompagnement au changement : il est important d’accompagner les acteurs dans l’adaptation de leurs pratiques pour favoriser l’appropriation des nouvelles technologies.
    • préparation du projet : le projet de santé doit identifier et intégrer les prérequis nécessaires pour un lancement opérationnel efficace, en décrivant un projet organisationnel clair.
    • rôle du numérique : le projet collectif doit définir comment le numérique peut améliorer l’offre de soins sur le territoire, en s’assurant qu’il soit au service des besoins locaux.
    • collectif d’acteurs : les projets doivent être appropriés par un collectif d’acteurs sur la base de cas d’usage validés, permettant une meilleure intégration et coopération entre les parties prenantes.

    Sur ce dernier point, l’ARS précise les acteurs et les secteurs d’activités qu’il est nécessaire d’associer, tels que :

    • les établissements médico-sociaux ;
    • les collectivités ;
    • les équipes de soins spécialisées ;
    • les maisons de santé ;
    • ainsi que les associations, CPTS, etc.

    Modalités et financement

    Les projets sélectionnés pourront recevoir un financement couvrant de 40 à 80 % de leur coût total. Certains projets non retenus peuvent faire l’objet d’un accompagnement “spécifique” qui intègre une aide de 50 % des “dépenses d’ingénierie” ou de “maîtrise d’ouvrage”, bien que la région Centre-Val de Loire précise que ces données sont indicatives.

    La date limite de dépôt est le 31 décembre 2025, avec une étude des dossiers faite au fur et à mesure et une sélection trimestrielle.

    Valoriser l’expérience acquise

    Le CPER est un instrument de coopération entre l’État et les régions, structuré autour de plans pluriannuels pour le développement territorial. Le CPER 2021-2027 se concentre sur des axes stratégiques comme :

    • le développement de la santé numérique ;
    • l’accès aux soins ;
    • la modernisation des infrastructures de santé ;
    • et globalement l’intégration du numérique dans les pratiques médicales.

    L’édition 2021-2022 des appels à projets a servi de tremplin pour cette nouvelle phase en 2024. On observe une continuité dans les objectifs, mais avec un accent mis sur la structuration territoriale et la collaboration intersectorielle. Le nouvel AMI souhaite surmonter les obstacles rencontrés précédemment, comme :

    • la conduite du changement ;
    • l’appropriation collective ;
    • la bonne définition des cas d’usage ;
    • et une bonne compréhension de la vision organisationnelle, notamment en ce qui concerne les prérequis.

     

  • Note aux abonnés : le prochain RDV du Think Tank avec L. Alter (AIS) et D. Lepelletier (HCSP)

    Chers abonnés,

    Le Think Tank Health&Tech vous invite à assister à son événement exclusif qui se tiendra le 12 septembre, de 8h30 à 10h00, à Parisanté Campus.

    Une discussion avec le Pr Didier Lepelletier, président du Haut conseil de la santé publique (HCSP), et le Dr Lise Alter, directrice générale de l’Agence de l’innovation en santé (AIS), animée par la présidente du Think Tank, Anne-Marie Armanteras, portera sur les des nouvelles perspectives en matière de santé publique, à la lumière de la stratégie d’accélération dédiée à l’innovation en prévention, récemment dévoilée par l’AIS.

    L’objectif principal de cette stratégie est d’opérer une transition majeure dans le système de santé, passant d’une approche curative à une approche préventive, personnalisée et fondée sur des preuves. Elle vise ainsi à intégrer le numérique dans la prévention, afin de répondre aux besoins actuels et futurs de notre système de santé. L’occasion de réfléchir aux priorités et enjeux émergents auxquels il est confronté.

    👉 Si vous souhaitez participer à cette réflexion collective, nous vous invitons à confirmer votre inscription à cet événement – gratuite pour les membres de la communauté Health & Tech Intelligence -, en cliquant ici.

    L’équipe H&TI, by Care Insight

    Le RDV du Think Tank, septembre 2024
    Le RDV du Think Tank Health&Tech, le 12/09/2024 à Parisanté Campus

     

  • GenAI : une adoption croissante en entreprise mais encore des obstacles au déploiement (rapport)

    Une majorité de grandes entreprises françaises parmi les 16 organisations interrogées

    L’étude menée par Emerton Data et HUB Institute repose sur une méthodologie rigoureuse. Les chercheurs ont conduit des entretiens approfondis avec des dirigeants de 16 entreprises internationales représentant divers secteurs, allant de la finance à la santé, en passant par le commerce de détail et l’industrie manufacturière (parmi lesquelles Edenred, Sodexo, TotalEnergies, Crédit Agricole ou encore Crédit Mutuel Arkéa), mais également des institutions clés de l’économie du numérique (Bpifrance, la Direction Générale des Entreprises). Chaque entretien a été conçu pour recueillir des insights  sur les expériences de ces entreprises avec l’IA générative, en se concentrant sur les stratégies d’intégration, les résultats obtenus, les défis surmontés et les leçons apprises. Ce livre blanc propose de mettre sur pause les
    discussions sur le potentiel de valeur, la vitesse de l’innovation, et les fantasmes sur la singularité et le remplacement de l’humain, pour s’intéresser aux questions concrètes qui se posent quotidiennement dans les entreprises de toutes tailles. Ce processus a permis de capter un large éventail de perspectives, offrant ainsi une compréhension détaillée des tendances actuelles et émergentes dans l’adoption de l’IA générative.

    Questions auxquelles répond le livre blanc :

    • Comment faire les meilleurs choix de technologies et de cas d’usage ? A quels besoins métiers répondre en priorité ?
    • Quels “paris” faire sur les IA génériques ou spécialisées et cœur de métier ?
    • Comment assurer le contrôle, la robustesse et la confiance dans ces nouvelles technologies ?
    • Comment préparer les organisations à l’évolution du travail, par une intégration profonde de l’IA générative dans les processus décisionnels et fonctionnels ?

    Livre blanc à télécharger en suivant ce lien.

    Les points saillants du rapport en synthèse:

    Le rapport révèle plusieurs tendances majeures dans l’adoption de l’IA générative par les grandes entreprises :

    1. Adoption croissante de l’IA générative: Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à adopter l’IA générative, non seulement pour automatiser les processus mais aussi pour innover dans la création de produits et services. Près de 80 % des entreprises interrogées ont indiqué avoir déjà intégré des applications d’IA générative dans leurs opérations quotidiennes.
    2. Défis de mise en œuvre: Malgré l’enthousiasme généralisé, l’adoption de l’IA générative n’est pas exempte de défis. Les principaux obstacles incluent la gestion de la complexité technique, la sécurité des données et l’éthique, ainsi que la formation nécessaire pour préparer les équipes à travailler efficacement avec ces nouvelles technologies.

    Cas d’usage et stratégies innovantes

    Le rapport détaille plusieurs cas d’utilisation spécifiques de l’IA générative, illustrant comment ces technologies sont mises en œuvre pour améliorer les processus et stimuler l’innovation :

    • Sodexo : Amélioration des ventes, gestion des contrats et contenus marketing

    Pour automatiser et optimiser divers aspects critiques de ses opérations, Sodexo s’appuie sur l’intelligence artificielle générative. Grâce à des chatbots alimentés par l’IA, les équipes de vente reçoivent un soutien efficace par la réponse rapide aux questions courantes et l’apport d’informations détaillées sur les produits. En matière de gestion des contrats, l’IA facilite la rédaction et la révision des documents contractuels. De plus, l’IA générative joue un rôle clé dans le marketing en créant des contenus personnalisés, ce qui rend les campagnes plus attractives et efficaces.

    Le Crédit Agricole explore l’utilisation de l’IA générative pour répondre à des défis particuliers à travers son start-up studio, la Fabrique by CA. Cette technologie est mise à profit pour analyser des données clients complexes, anticiper les tendances du marché et développer des solutions financières personnalisées. Ces démarches ont pour but d’améliorer la satisfaction des clients tout en optimisant les processus internes.

    • TotalEnergies : Augmentation de la productivité avec Copilot

    TotalEnergies a introduit Microsoft Copilot, un outil basé sur l’IA générative, pour assister ses employés dans leurs tâches quotidiennes. Copilot est utilisé pour rédiger des documents, gérer les courriels et rechercher des informations internes, ce qui permet de diminuer le temps consacré aux tâches administratives répétitives. Ainsi, les employés peuvent se concentrer davantage sur des activités à plus forte valeur ajoutée.

    • Safran Aircraft Engines : Priorité à la souveraineté numérique et à la sécurité des données

    Chez Safran Aircraft Engines, la souveraineté numérique et la sécurité des données sont des priorités majeures. L’utilisation de l’IA générative permet d’analyser d’importantes quantités de données techniques et de maintenance, facilitant ainsi la prédiction des besoins de maintenance et la prévention des pannes. Ces analyses nécessitent une infrastructure informatique solide afin d’assurer la traçabilité et la sécurité des données sensibles.

    • Giskard : Garantir la fiabilité des chatbots

    Giskard se spécialise dans l’évaluation de la fiabilité des chatbots, particulièrement pour éviter les risques d’hallucination et de désinformation. L’entreprise conçoit des outils qui permettent de tester et valider les réponses des chatbots, garantissant qu’ils fournissent des informations précises et cohérentes. Cette démarche est cruciale dans des secteurs tels que la finance et la santé, où les erreurs peuvent avoir des conséquences graves.

    Défis et solutions

    Formation et montée en compétence, un défi majeur

    La plupart des entreprises reconnaissent la nécessité d’investir dans la formation de leurs équipes pour maximiser l’utilisation des technologies d’IA. Plusieurs d’entre elles ont mis en place des programmes de formation dédiés pour accompagner cette transition. Pour adopter efficacement l’IA générative, il est essentiel de maîtriser non seulement les aspects techniques, mais aussi de s’habituer aux implications stratégiques, éthiques et pratiques.

    Gestion de la sécurité et de l’éthique

    Les questions de sécurité des données et d’éthique sont au cœur des préoccupations des entreprises. Pour y répondre, certaines entreprises ont développé des solutions internes pour contrôler et superviser l’utilisation de l’IA générative, en assurant la conformité avec les réglementations en vigueur.

    Coûts et retour sur investissement (ROI)

    Bien que l’investissement initial soit souvent élevé, les entreprises constatent un retour sur investissement significatif à long terme grâce aux gains d’efficacité et à l’innovation accrue.

  • ARS Ile-de-France : rééducation post-AVC, analyseurs d’urine… quels sont les 7 lauréats de l’AAP 2024 de la Dirnov ?

    Prise en charge médicale, soutien aux patients, IA… Des thématiques variées

    Lancé en mars 2024, cet appel à projets initié par la Dirnov de l’ARS Île-de-France vise à faire émerger des innovations organisationnelles pour faciliter le parcours de soins des patients et optimiser le travail des professionnels de santé. Plus globalement, de faciliter ceux qui font, et ceux qui utilisent le système de santé.

    Par exemple, l’initiative « pair-aidance » s’adresse aux aidants, en leur permettant d’échanger entre eux pour faire face à l’isolement bien connu dont ils souffrent. Les critères de cet appel à projets se doivent d’être en cohérence avec « les orientations stratégiques régionales » ; à savoir de faciliter le travail et la coopération entre les professionnels de santé, de favoriser les formations, et d’améliorer le parcours de soins des patients. Ce qui inclut la prévention, l’accès aux soins, la communication et l’intégration des proches dans le dispositif.

    Tour d’horizon des 7 lauréats :

    Amélioration de la prise en charge médicale par des outils numériques :

    • Derminconnect : propose une solution de télésuivi pour les patients atteints de dermatoses inflammatoires, combinant suivi à l’hôpital et à distance.
    • Verti-go : améliore la prise en charge des troubles de l’équilibre via une application numérique qui coordonne les soins.

    Diagnostic assisté par l’intelligence artificielle :

    • Diagnostic en ophtalmologie : offre un parcours rapide et complet en ophtalmologie, en utilisant l’IA pour fournir un diagnostic exhaustif en quelques minutes.
    • Optalim : optimise la prise en charge nutritionnelle des patients atteints de maladies rénales chroniques grâce à un analyseur d’urines connecté utilisant l’IA.

    Rééducation et soutien aux patients ;

    • Autonomie AVC : offre un espace d’autorééducation pour les patients post-AVC, axé sur la rééducation motrice et cognitive.
    • Immer-soin : utilise la réalité virtuelle pour réduire l’anxiété des enfants ayant des handicaps psychiques ou intellectuels, en les habituant à différents environnements.
    • La pair-aidance : développe des services de pair-aidance pour améliorer le parcours de soins des patients via des échanges sécurisés avec des pairs aidants formés.

    La mise en œuvre des projets sélectionnés se fera sur deux ans.

     

  • La fusion des données médicales combinées à l’IA améliore le diagnostic de la tuberculose

    Un contexte de sous diagnostic de la tuberculose

    Un groupe de chercheurs colombiens ont étudié l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA), du machine learning (ML) et du traitement du langage naturel (NLP) pour améliorer le diagnostic de la tuberculose dans les zones rurales à ressources limitées. La tuberculose, déclarée urgence mondiale par l’OMS, est l’une des principales causes de décès avec plus de 7,5 millions de morts chaque année. L’écart entre les cas estimés et diagnostiqués est de 3,1 millions. Le dépistage est insuffisant dans les régions éloignées en raison du manque d’accès aux tests microbiologiques standards (1).

    La méthode de l’étude exploratoire et technologique

    Les chercheurs et cliniciens de l’Hôpital universitaire national, de l’École de Médecine et des Sciences de la Santé de l’Université de la Rosario, du Département d’Ingénierie Biomédicale de l’Université Antonio Nariño, ainsi que du Réseau Intégré des Services de Santé Centre-Est et de la Fondation Santa Fe, toutes situées à Bogotá, ont combiné le traitement du langage naturel des dossiers médicaux électroniques et l’analyse des données cliniques à l’aide de l’IA. Cinq algorithmes de ML  ont ainsi ont été testés :

    • L’algorithme d’apprentissage supervisé utilisé pour la classification et la régression Support Vector Machine (SVM). ,
    • L’algorithme de classification K-Nearest Neighbors (KNN),
    • Le modèle statistique utilisé pour la classification binaire Logistic Regression (LR),
    • Le modèle d’apprentissage automatique inspiré du fonctionnement du cerveau humain ANN (Artificial Neural Network)
    • L’ensemble de modèles d’arbres de décision utilisés pour la classification et la régression RF (Random Forest)

    Les résultats sur 151 patients montrent que l’utilisation exclusive des données cliniques, avec une aire sous la courbe ROC (2) de 69,9 %, offre la meilleure performance. Cette approche, plus efficace que les rapports médicaux ou leur combinaison, laisse une marge d’amélioration de 30,1 %.

    Des solutions diagnostiques accessibles pour maladies Infectieuses

    Cette étude propose des solutions pour améliorer le diagnostic de la tuberculose en Colombie et dans d’autres régions à faible infrastructure, comme en Afrique, en Asie et en Inde. L’IA pourrait également être adaptée pour d’autres maladies infectieuses telles que les infections respiratoires, le paludisme, les maladies tropicales, les hépatites virales, les infections sexuellement transmissibles et les maladies émergentes ou réemergentes comme la dengue et le chikungunya.

    (1) Microscopie, tests moléculaires, cultures

    (2) Receiver Operating Characteristic

    Etude : Romero-Gómez, A. F.; Orjuela-Cañón, A. D.; Jutinico, A. L.; Awad, C. E.; Vergara, E.; Palencia, M. A. « Data Fusion Using Medical Records and Clinical Data to Support TB Diagnosis ». Preprints 2024, 2024061316. https://doi.org/10.20944/preprints202406.1316.v1

  • Une plateforme internet pour faciliter l’accès à l’orthophonie : vers une généralisation à partir de 2025  

    Faciliter l’accès aux soins orthophoniques

    La Plateforme prévention et soins en orthophonie (PPSO) a pour objectif de faciliter l’accès aux soins orthophoniques en informant sur la prise en charge orthophonique, en régulant les demandes de soins et en organisant une réponse pertinente.

    La PPSO, association créée en 2018 à l’initiative de la fédération nationale des orthophonistes (FNO), est un dispositif gratuit pour les usagers, pensé par des orthophonistes et issu d’une collaboration avec les syndicats régionaux, les Unions régionales des professionnels de santé (URPS) et les associations de prévention.

    Ce dispositif permet de répondre aux questions des usagers, de déterminer la nécessité ou non d’un bilan orthophonique, de réguler la demande de soins, de proposer les premières recommandations en attendant le rendez-vous orthophonique et de répondre à la saturation des cabinets.

    La PPSO organise un dispositif en 3 étapes :

    Le site internet national, allo-ortho.com:

    Avec pour partenaire la plateforme de prise de rendez-vous inzee.care, est un site à destination du grand public et des patients : enfants ayant des problèmes de langage ou d’apprentissage mais également adultes en rééducation. Il donne des informations sur les compétences et modes d’intervention des professionnels.

    Un questionnaire en ligne doit être renseigné pour répondre à la question « Ai-je besoin d’un orthophoniste ? ». Après ce pré-diagnostic écrit, le site donne les adresses des professionnels les plus proches ou oriente sur la PPSO pour une orientation plus approfondie.

    Un dispositif de régulation régional :

    L’appelant en demande de soins est rappelé par un orthophoniste régulateur. Cet échange téléphonique a pour objectif d’évaluer si la demande correspond à un besoin d’orthophonie, à une urgence éventuelle ou si d’autres professionnels doivent être contactés. Selon les premières observations, 15 à 20% des appels ne correspondent pas à une prise en charge orthophonique.

    L’inscription sur la liste d’attente commune régionale :

    Si le patient a besoin d’un rendez-vous et s’il le souhaite, il sera orienté pour s’inscrire sur une « liste d’attente commune », afin d’être mis en relation avec un orthophoniste de son bassin de vie, via une solution de géolocalisation.

    Vers une généralisation du dispositif

    Avec le soutien des ARS, la PPSO est en cours d’expérimentation : la région Grand-Est a été la première à en disposer en 2220, suivie par les Hauts-de-France. La Normandie vient de lancer ce dispositif en juin 2024.

    Grâce aux premiers résultats positifs, la généralisation à l’ensemble du territoire est intégrée dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2025, afin d’apporter une réponse pertinente aux usagers et de soulager la pression sur les professionnels en activité.

    Une cible de 480 régulateurs (contre 112 actuellement) et un budget de près de 3,4 M€ par an (dont 2,4 M€ pour la régulation) est nécessaire pour atteindre cet objectif.

     

    https://www.inzee.care

    https://www.allo-ortho.com

    https://www.ppso-asso.org/actions-en-cours/

    https://infos.urps-orthophonistes-normandie.fr/author/ad-normurps22

  • Cancer du poumon : l’Inca lance un AAC pour un programme national de dépistage (03/10)

    L’enjeu du dépistage du cancer du poumon

    Le cancer du poumon est le troisième cancer le plus fréquent en France avec 46 300 nouveaux cas en 2018, cette tumeur maligne a vu son taux d’incidence augmenter chez les femmes de 5 % entre 2010 et 2018. Il est aujourd’hui la première cause de décès par cancer et la première toutes causes confondues chez l’homme de 45 à 64 ans, avec un  taux de survie nette à 5 ans pour les personnes diagnostiquées, tous stades confondus, de cette pathologie est de 20 %, la classant parmi les cancers de mauvais pronostic.

    En effet, souvent diagnostiqué à un stade tardif, le cancer du poumon est la tumeur maligne la plus meurtrière en France, causant chaque année plus de 33 000 décès. Aujourd’hui, six pays dans le monde ont mis en place un dépistage organisé pour le cancer du poumon : Canada, Croatie, Japon, Corée du Sud, Etats-Unis, Australie, Royaume-Uni. En France, le dépistage systématique n’est pas encore effectif. Au niveau Européen, la mise en place d’un dépistage organisé du cancer du poumon n’est effective qu’en Croatie et en Angleterre, illustrant la difficulté de passer à l’implémentation en vie réelle.

    Un financement et un soutien technique et logistique pour les lauréats

    L’objectif principal de cet appel à candidatures est de sélectionner des sites pour participer à un programme pilote de dépistage du cancer du poumon dans un délai de 5 à 10 ans. Ce programme pilote permettra de tester et d’évaluer les méthodes de dépistage avant une éventuelle généralisation à l’échelle nationale et évaluer le taux de détection des cancers du poumon dans la population dépistée. Le projet de recherche devra s’étendre sur plusieurs régions, impliquant divers centres d’investigation ou dispositifs de coordination régionaux, et répondre aux questions scientifiques et organisationnelles essentielles pour la mise en place d’un programme national de dépistage organisé.

    Les projets retenus recevront un financement de l’Inca pour la mise en œuvre du programme pilote, ainsi qu’un soutien technique et logistique. En plus de l’appui financier, les lauréats bénéficieront de :

    • accès à des ressources spécialisées : collaboration avec des centres d’expertise en oncologie et dépistage des cancers.
    • visibilité accrue : les résultats seront publiés sur le site de l’INCa, offrant une reconnaissance nationale pour les travaux menés.
    • opportunités de partenariats : connexions avec d’autres établissements de santé, organismes de recherche et partenaires publics pour enrichir les efforts de dépistage et de recherche.

    👉 La date limite d’envoi des candidatures pour le programme Shaker est le 03 octobre 2024 à 16h . Les candidatures peuvent être déposées via le portail des projets sur ce lien.

    Modalités de l’AAC

    Critères de sélection des projets :

    Les candidatures seront évaluées selon des critères suivants :

    • qualité scientifique : pertinence et clarté du dossier de candidature, structuration et cohérence du projet de recherche, adéquation des objectifs et de la méthodologie.
    • méthodologie et faisabilité : pertinence des moyens envisagés, qualité du protocole de recherche, respect des règles éthiques et des réglementations, et calendrier proposé.
    • coordination et partenariats : expertise du coordonnateur et des partenaires impliqués, qualité de la coordination et des collaborations inter-équipes.
    • faisabilité financière : justification des ressources humaines et financières allouées, crédibilité des co-financements.

    Calendrier :

    Les dossiers de candidature doivent être soumis en ligne avant le 3 octobre 2024 à 16h via le portail PROJETS de l’INCa : Lien de soumission. Voici les étapes clés du processus de sélection :

    • soumission des candidatures : jusqu’au 3 octobre 2024.
    • évaluation des candidatures : fin octobre 2024
    • publication des résultats : novembre 2024.

    Documentation à soumettre :

    • le dossier de candidature ;
    • une première version du protocole de recherche ;
    • la grille budgétaire dûment complétée ;
    • les documents d’accord des ARS ;
    • l’engagement des partenaires.

    Les documents relatifs à cet AAC peuvent être trouvés sur ces liens :

    Cahier des charges scientifique et organisationnel :

    Les objectifs du projet de recherche devront, a minima :

    • évaluer les performances du dépistage (spécificité, sensibilité, valeur prédictive positive…) ;
    • tester plusieurs modalités de repérage et d’invitation de la population cible ;
    • mesurer le taux d’adhésion aux invitations initiales, itératives et de suivi (indéterminé) et en analyser les déterminants ;
    • mesurer le taux de complications des investigations invasives chez les vrais positifs (personnes pour lesquelles le dépistage a conduit à un diagnostic de cancer du
      poumon), ainsi que chez les faux positifs (personnes pour lesquelles le dépistage a éliminé un cancer du poumon) ;
    • mesurer le taux d’adhésion à la proposition d’aide à l’arrêt du tabac et ses déterminants;
    • évaluer la faisabilité et la pertinence d’une double lecture (en début de projet afin d’arbitrer de sa poursuite et de ses modalités) ;
    • évaluer la faisabilité et la pertinence de l’intelligence artificielle en imagerie (IA) ;
    • documenter les taux de découverte de calcifications coronaires, d’emphysème pulmonaire, d’ostéoporose et d’« incidentalomes » ;
    • documenter les besoins et l’impact éventuel du programme sur les filières de soins impliquées, notamment en termes de saturation des filières diagnostique, oncologique et de prise en charge des addictions ;
    • produire des estimations de coûts en vue de nourrir l’étude médico-économique qui sera réalisée à l’issue de la recherche ;
    • définir de scores de risques, soit dans le cadre d’une étude ancillaire ou soit dans une région donnée.

     

  • Hôpital public : la FHF appelle à des solutions durables après un été sous tension

    Un été 2024 marqué par des difficultés croissantes

    Le 3 septembre 2024, la Fédération hospitalière de France (FHF) a organisé une conférence de presse pour dresser le bilan de la situation estivale des hôpitaux publics et appeler à la prise des mesures pérennes. Constatant une augmentation des difficultés rencontrées, elle souligne la nécessité de poursuivre les efforts de recrutement et de fidélisation des professionnels pour éviter une répétition annuelle des mêmes problèmes.

    La FHF appelle aussi les pouvoirs publics à agir rapidement pour assurer la pérennité de l’hôpital public et des Ehpad. Selon son président, Arnaud Robinet, sans mesures adéquates, ces institutions risquent de ne plus pouvoir assurer leurs missions de service public, mettant ainsi en danger l’accès aux soins pour tous les Français.

    L’été 2024 a été particulièrement difficile pour les hôpitaux publics, qui continuent d’assurer la majorité des passages aux urgences en France. La FHF rapporte que seulement 46 % des établissements ont constaté une stabilité et 39 % une dégradation par rapport à l’été précédent. Les principaux problèmes  identifiés sont :

    • la capacité d’accueil en médecine, en soins de réadaptation, et en psychiatrie ;
    • ainsi que les tensions sur les effectifs, tant médicaux que non médicaux.

    Pour faire face à ces défis, les hôpitaux ont largement recours aux heures supplémentaires et à l’intérim. Afin que ces difficultés “cessent de se répéter d’année en année”, la FHF demande :

    • d’une part, une meilleure orientation des patients entre médecine de ville et hôpital public, avec la poursuite du déploiement des Sas sur tout le territoire ;
    • et d’autre part, une meilleure contribution de tous les acteurs de santé des territoires, en particulier en matière de permanence des soins en établissement de santé.

    RH : des signaux positifs, mais des tensions persistantes :

    La FHF a également présenté les résultats d’une grande “enquête sur la situation des ressources humaines (RH) hospitalières pour l’année 2023”. Malgré quelques signaux encourageants en matière d’attractivité des métiers, notamment pour le personnel non médical, des difficultés majeures persistent. Le taux de vacance des postes diminue, et l’absentéisme est en baisse, mais le recrutement reste problématique, particulièrement pour le personnel médical, où 98 % des établissements rapportent des difficultés dans au moins une spécialité.

    Alors que deux tiers des établissements déclarent avoir recours à la prime de solidarité territoriale et devoir fermer des lits temporairement, ces difficultés de recrutement génèrent, dans 3 établissements sur 4 :

    • une augmentation du volume de temps de travail additionnel ;
    • une augmentation du recours aux praticiens à diplôme hors Union Européenne (Padhue) ;
    • et un recours à l’intérim.

    Dans les métiers du numérique, 55 % des établissements observent des difficultés “pour recruter suffisamment”, dont 17 % qui ont dû faire évoluer soit l’organisation au sein de leurs équipes, soit leur offre de soins.

    2 sur 3 établissements observent des difficultés de recrutement concentrées sur certains métiers - @ FHF

    2 sur 3 établissements observent des difficultés de recrutement concentrées sur certains métiers - @ FHF
    Personnel hospitalier non médical : 2/3 des établissements observent des difficultés de recrutement concentrées sur certains métiers – @ FHF

    Un appel urgent à des financements adaptés

    La FHF rappelle que la clé de la survie de l’hôpital public est budgétaire. Elle demande des financements supplémentaires de 2,4 milliards d’euros pour 2024 et une augmentation des financements de 3,9 milliards d’euros pour un objectif national des dépenses de l’Assurance maladie (Ondam) pour 2025 réévaluer à 111,9 milliards d’euros.

    Des fonds nécessaires, d’après Cécile Chevance, responsable du pôle Offres, et Marc Bourquin, conseiller stratégie à la FHF, pour compenser l’impact de l’inflation et corriger les désavantages fiscaux subis par rapport au secteur privé. Un décalage entre les besoins de l’hôpital public et les ressources allouées qui mettrait directement en danger sa capacité à assumer ses missions de service public.

    Pour éviter un tel scénario, la FHF plaide ainsi pour “une stratégie claire, assumée et pluriannuelle” afin de sortir de la gestion à court terme qui fragilise le système de santé. Elle appelle les pouvoirs publics “à la responsabilité” et propose une liste de priorités pour le PLFSS 2025 :

    • le soutien aux missions de l’hôpital public pour réduire le sous-recours aux soins ;
    • une loi de programmation en santé ciblée sur l’investissement public et la recherche ;
    • la révision des modes de régulation de l’Ondam ;
    • la sanctuarisation du financement de l’investissement public ;
    • l’encadrement des centres de soins non programmés ;
    • et enfin, le soutien financier des mesures de réorientation des urgences vers des solutions plus adaptées aux besoins des patients.

    Un plan de sauvetage urgent requis pour les Ehpad :

    La FHF a également alerté sur la situation des Ehpad publics, dont 85 % sont en déficit. Le cumul des déficits pour 2022-2023 atteint 1,3 milliard d’euros, ce qui menace l’existence de nombreuses structures. La FHF demande un plan de sauvetage pour les établissements les plus en difficulté, ainsi qu’une correction des inégalités socio-fiscales avec le secteur privé, mais aussi :

    • la libération de 134 millions d’euros de la réserve prudentielle et l’utilisation des excédents pour soutenir l’investissement ;
    • pour 2025, une augmentation d’au moins 6 % de l’Objectif global de dépenses (OGD) médico-social pour permettre la création de places et d’emplois dans les Ehpad ;
    • et une loi de programmation sur le Grand âge, soulignant l’urgence de créer 50 000 postes dans le secteur d’ici 2030 pour répondre à la transition démographique.