La digitalisation transforme le secteur de la santé avec des innovations telles que les dossiers de santé électroniques, la télémédecine et les diagnostics pilotés par l’IA. Cette transition s’accompagne de risques importants. Les cyberattaques perturbent les services vitaux, retardent des interventions médicales, et mettent en danger des vies. En 2023, les États membres ont signalé 309 incidents significatifs de cybersécurité dans les infrastructures de santé, un nombre supérieur à tout autre secteur critique. La Commission européenne a donc présenté un plan d’action de cybersécurité spécifique au secteur de la santé.
Un plan en quatre priorités
Le plan repose sur quatre axes principaux pour protéger les infrastructures de santé :
1. Renforcer la prévention
L’UE vise à améliorer la capacité des hôpitaux à prévenir les incidents, notamment via :
La mise à disposition de guides pratiques sur les bonnes pratiques en cybersécurité.
Le lancement de cybersecurity vouchers, une aide financière pour les petits et moyens hôpitaux.
Le développement de ressources pédagogiques pour sensibiliser les professionnels de santé.
2. Mieux détecter et identifier les menaces
L’Agence européenne pour la cybersécurité (ENISA) jouera un rôle en établissant un Centre paneuropéen de soutien à la cybersécurité pour les hôpitaux et prestataires de soins. Ce centre sera opérationnel d’ici 2026 et proposera un service d’alerte précoce à l’échelle européenne pour détecter les menaces en temps réel.
3. Réagir rapidement pour minimiser l’impact
Une réserve européenne de cybersécurité, prévue dans le cadre de l’Acte de solidarité numérique, fournira un service de réponse rapide aux incidents.
Les États membres sont encouragés à :
Réaliser des exercices de cybersécurité réguliers.
Élaborer des playbooks pour guider les hôpitaux dans la gestion de menaces spécifiques comme les ransomwares.
Mettre en place des mécanismes de signalement des paiements de rançons pour permettre un suivi par les autorités.
4. Dissuader les cybermenaces
Pour protéger les systèmes de santé européens, l’UE mobilisera son Cyber Diplomacy Toolbox, permettant une réponse diplomatique coordonnée face aux cyberactivités malveillantes.
Une mise en œuvre progressive et collaborative
Le plan sera déployé progressivement à partir de 2025, avec des actions s’étendant jusqu’en 2026. Une consultation publique sera lancée dans les prochains mois pour affiner les mesures proposées et inclure les contributions des citoyens, des professionnels de santé et des acteurs du numérique. L’objectif de la Commission est de créer un environnement numérique sûr pour les patients et les professionnels de santé, tout en consolidant la résilience des infrastructures critiques face à des cybermenaces de plus en plus sophistiquées.
En 2020, le Duke Institute for Health Innovation de l’université de Durham (Caroline du Nord) avait publié le label « Model facts » dans la revue Nature Digital Medicine. But de l’opération : donner aux utilisateurs d’un modèle d’IA les informations essentielles concernant ce modèle, telles que ses caractéristiques, sa conception, ses performances, et d’autres détails techniques. Le premier modèle qui a reçu ce que l’équipe du Duke Institute appelle une « étiquette » était Sepsis Watch, un système de détection du sepsis.
L’équipe du Duke Institute vient de mettre à jour son label “Model Facts”pour inclure des informations supplémentaires afin qu’elle soit conforme aux exigences de la règle du Health Data, Technology, and Interoperability: Certification Program Updates, Algorithm Transparency, and Information Sharing (HTI-1), qui exige depuis le 1er janvier 2025 la divulgation de 31 informations spécifiques concernant les données ou les modèles utilisés dans un produit d’intelligence artificielle. Cela permet de mieux documenter l’origine et la transparence des modèles d’IA utilisés dans le secteur de la santé. Et ainsi qu’ils deviennent évaluables et compréhensibles. En effet, il est essentiel que les utilisateurs finaux (les médecins ou les gestionnaires de soins de santé) sachent exactement d’où viennent les données et comment elles ont été traitées afin de garantir que les décisions basées sur l’IA sont prises de manière éclairée. Tout en réduisant les risques d’erreurs dues à des biais, des lacunes ou des données incorrectes.
Les concepteurs de ce label tiennent à rappeler qu’il a été publié sous une licence Creative Commons Attribution 4.0. Cela signifie que n’importe qui peut utiliser, adapter et redistribuer « l’étiquette », à condition de créditer l’équipe du Duke Institute et de citer la source originale. Et ils se félicitent du fait que « Model facts » a été citée plusieurs fois dans le (HTI-1), « ce qui montre que le travail de l’Institut influence la régulation de l’IA dans le secteur de la santé », précisent-ils. Ils plaident en outre pour que « les praticiens et les régulateurs collaborent dans le but de standardiser la présentation des informations sur les modèles d’apprentissage automatique à destination des utilisateurs cliniques finaux afin de prévenir tout dommage pour les patients. »
D’autres outils de standardisation en gestation
Le label « Model Facts » n’est pas unique en son genre. Il existe en effet plusieurs initiatives similaires visant à améliorer cette transparence dans les modèles d’IA. Des chercheurs de Google ont développé AI Model Cards qui vise à fournir un cadre standardisé pour la documentation des modèles d’IA. Des chercheurs de l’Université de Washington et d’autres institutions ont quant à eux mis au point une sorte de fiche descriptive pour chaque jeu de données utilisé pour l’entraînement des modèles d’IA, afin de détailler son origine, ses caractéristiques, ses biais potentiels et ses limites. Ce combat pour la transparence et la fiabilité des modèles d’IA est aussi mené par des organisations gouvernementales et internationales. De son côté, l’Union européenne a adopté en mai 2024 un règlement sur l’IA qui prévoit notamment des mesures de transparence et de documentation minimales, plus ou moins strictes en fonction du niveau de risque.
La maladie d’Alzheimer : la forme de démence la plus répandue au Japon
Une équipe de recherche de l’Université de Tokyo a détecté des accumulations de protéines suspectées de provoquer la maladie d’Alzheimer dans des échantillons sanguins de Japonais présentant des symptômes légers ou inexistants.
Selon une étude du ministère japonais de la Santé, 4,6 millions de Japonais âgés de plus de 65 ans souffraient de démence en 2017, la cause principale étant la maladie d’Alzheimer. Ce chiffre pourrait atteindre 6,45 millions d’ici 2060, représentant environ une personne sur six âgée de 65 ans et plus.
Première étude à grande échelle sur la population japonaise
L’équipe du Département de Neuropathologie de la Faculté de Médecine de l’Université de Tokyo a développé une méthode combinant des biomarqueurs sanguins (protéines bêta-amyloïde et p-tau 217) pour améliorer la détection de l’amyloïde cérébrale chez les personnes âgées non démentes.
L’étude transversale à laquelle ont également collaboré le Centre National de Gériatrie et de Gérontologie. et trois universités japonaises : Osaka, Kobe et Niigata. a inclu
Une cohorte japonaise de 474 participants
Trois biomarqueurs plasmatiques ont été mesurés : Aβ40, Aβ42 et p-tau 217.
Les résultats ont été croisés avec des données issues d’imageries TEP amyloïdes pour évaluer la performance des biomarqueurs dans la détection précoce de l’amyloïde cérébrale.
Une aire sous la courbe (Area under Curb ou AUC) de 0,936 : pour le modèle combinant p-tau 217/Aβ42, APOE un gène associé au risque de la maladie d’Alzheimer), âge et sexe dans l’ensemble de la cohorte japonaise.
Une aire sous la courbe de 0,958 : pour le modèle combinant p-tau 217, Aβ40, Aβ42, APOE, âge et sexe, spécifiquement dans le groupe japonais sain de totu trouble Alzheimer.
L’analyse combinée des biomarqueurs plasmatiques Aβ et p-tau 217 démontre une forte capacité discriminante, permettant de différencier avec précision les individus présentant des dépôts amyloïdes cérébraux, signes précurseurs de la maladie d’Alzheimer, de ceux qui n’en présentent pas
Vers un diagnostic précoce et un traitement plus efficace
Cette avancée est prometteuse, d’autant que le médicament Leqembi, développé par le laboratoire japonais Eisai et la biotech américaine Biogen, a été lancé l’année dernière au Japon pour traiter les patients présentant des dépôts de bêta-amyloïdes. Toutefois, son utilisation nécessite actuellement des procédures invasives coûteuses, comme des scanners et des ponctions lombaires. Un test sanguin simple pourrait donc simplifier et améliorer considérablement le diagnostic et le traitement de la maladie d’Alzheimer.
Depuis le 22 janvier 2025, les infirmiers en pratique avancée (IPA) disposent de nouvelles prérogatives leur permettant de recevoir directement des patients et de prescrire des soins, sans validation médicale préalable. Cette mesure, prévue par la loi Rist de 2023 et traduite par un décret, répond à l’urgence d’améliorer l’accès aux soins, notamment pour les patients atteints de pathologies chroniques sans médecin traitant. Ces compétences élargies concernent les IPA exerçant dans des structures coordonnées telles que les hôpitaux, les centres de santé, et les maisons de santé. Les IPA en exercice libéral restent exclus du dispositif.
L’Ordre national des infirmiers (ONI) qualifie cette évolution de « victoire » pour la profession et les patients. Selon l’ONI, cette mesure est une réponse directe à la saturation des structures de soins et à la diminution du nombre de médecins disponibles, particulièrement dans les zones sous-dotées.
Des compétences renforcées
Le métier d’infirmier en pratique avancée, créé en 2018, nécessite deux années de formation supplémentaires. Ces professionnels interviennent dans des domaines variés tels que les pathologies chroniques stabilisées, l’oncologie, la néphrologie, et les urgences. Le décret élargit également leurs possibilités en supprimant l’obligation de faire signer un protocole d’organisation des soins par un médecin. Toutefois, la liste des médicaments et soins accessibles à leur primo-prescription devra être précisée dans un arrêté ministériel à venir. Malgré cet élargissement, la formation des IPA reste insuffisante. En 2023, seulement 1 700 professionnels avaient été formés, loin de l’objectif gouvernemental initial de 3 000 prévu pour 2022. La Cour des comptes qualifiait alors la mise en œuvre de cette profession de « laborieuse ».
Réactions contrastées au sein des professions de santé
Si les infirmiers saluent majoritairement cette avancée, les critiques sont nombreuses chez certains médecins. Le Dr Sophie Bauer, présidente du Syndicat des Médecins Libéraux, met en garde contre des risques de « perte de chance pour les patients » en raison de prescriptions réalisées sans diagnostic médical préalable. Le ministre de la Santé a déclaré que « les concertations se poursuivent » afin de préciser les modalités d’application et d’assurer une coordination efficace entre IPA et médecins.
Un potentiel encore à concrétiser
Le décret marque une étape dans l’évolution des compétences des infirmiers, mais sa portée reste conditionnée à une mise en œuvre effective et à une concertation approfondie. Avec une formation encore insuffisante en nombre et des zones d’exclusion pour les IPA libéraux, cette réforme, bien que prometteuse, ne résoudra pas à elle seule les problèmes structurels du système de santé français. Les attentes sont désormais tournées vers les prochains textes, notamment sur la liste des prescriptions autorisées, pour consolider cette évolution.
Avec un marché mondial de la santé numérique évalué à plus de 250 milliards USD, les GAFAM ciblent des domaines variés : prévention, médecine personnalisée, télésanté et recherche clinique. En 2023, leurs investissements représentaient un tiers des financements dans ce secteur ce qui met en avant des stratégies axées sur l’interopérabilité, la collecte de données et une vision à long terme. Grâce à leurs innovations, les GAFAM transforment la manière dont les soins sont délivrés, analysés et coordonnés. En mettant l’accent sur des gains concrets tels que la réduction des erreurs médicales, l’augmentation de la précision des diagnostics et une gestion plus efficace des flux hospitaliers, ces entreprises redéfinissent le paysage de la santé numérique.
📌 Comment les GAFAM redéfinissent l’écosystème médical ?
La stratégie de ces géants de la tech repose sur trois piliers : la collecte et l’exploitation des données, l’intégration verticale via des acquisitions stratégiques, et une vision à long terme intégrant la médecine personnalisée et les soins connectés. Les GAFAM ambitionnent de créer un écosystème de santé intégré pour résoudre les grands défis du secteur : vieillissement de la population, inégalités d’accès aux soins, et soutenabilité des systèmes de santé.
👉 H&TI dresse un aperçu détaillé de différents aspects de leurs stratégies dans un article à retrouver ici.
Chiffre clé : En 2022, Amazon a investi 3,9 milliards USD pour acquérir One Medical et intégrer soins primaires et télémédecine.
📌Nvidia : des cartes graphiques à la santé numérique
Deuxième entreprise mondiale en termes de capitalisation boursière, Nvidia consacre une part significative de ses capacités de calcul aux sciences de la vie, avec des applications révolutionnaires dans l’imagerie médicale, la génomique et la découverte de médicaments. Grâce à des programmes innovants tels que MONAI et Clara™, Nvidia transforme la recherche clinique et facilite l’implémentation de solutions d’IA dans les hôpitaux et laboratoires du monde entier. Nvidia favorise aussi la collaboration à travers des initiatives open-source et en soutenant les startups grâce à son programme Inception.
👉Découvrez dans cet article comment Nvidia s’appuie sur trois piliers stratégiques – MONAI, Clara™ et Inception – pour remodeler le paysage de la santé numérique et accompagner des acteurs clés du secteur.
Chiffre clé : 1/4 des startups accompagnées par Nvidia Inception évolue dans le domaine de la santé, témoignant de l’importance stratégique de ce secteur.
📌Panorama des solutions en santé numérique des GAFAM
Avec 24 solutions numériques identifiées, les GAFAM couvrent plusieurs domaines : notamment les plateformes de données (11), les solutions IA (7), les dispositifs connectés (4), et la réalité augmentée (2). En collaborant avec des institutions de santé, des laboratoires pharmaceutiques et des startups innovantes, ils accélèrent l’adoption de leurs outils dans le domaine médical et contribuent à une médecine plus connectée et personnalisée.
👉 Cet article explore comment chaque acteur apporte sa contribution unique à la santé numérique que cela soit avec les objets connectés comme l’Apple Watch jusqu’à des solutions d’IA dédiées à la recherche clinique et à la prévention des maladies.
Chiffre clé : Les solutions de Google ont permis plus de 3 000 publications scientifiques grâce à leurs outils IA.
📌Cas d’usage de l’IA en France
En France, 6 cas d’usage de l’IA par Microsoft, Google et Amazon ont été recensés. Leurs solutions répondent à des problématiques telles que la surcharge administrative, les diagnostics complexes, la gestion des ressources hospitalières et les délais dans la recherche biomédicale. Grâce à l’IA, ces géants de la tech offrent des outils qui améliorent significativement l’efficacité des soins et l’expérience des professionnels de santé. Les indicateurs de performance démontrent des résultats tangibles : réduction des délais de diagnostic, meilleure gestion des ressources, et précision accrue dans les traitements.
👉 Cet article explore en détail les cas d’usages et leur impact concret ici.
Chiffres clés : 2 heures de temps gagnées par jour pour les médecins grâce à AWS HealthScribe.
Nvidia deuxième plus grosse entreprises mondiale et acteur majeur de la santé numérique
Nvidia,deuxième entreprise mondiale en termes de capitalisation boursière, est surtout connue pour son expertise en cartes graphiques. L’entreprise est également très active dans la santé numérique. Deux domaines, l’imagerie médicale et la simulation des dynamiques moléculaires, demandent de grandes capacités de calcul, spécialité de Nvidia, d’où la volonté de s’impliquer dans le domaine de la santé.
Les 3 piliers de la stratégie de Nvidia
Actuellement 3 projets de Nvidia dans la santé numérique se distinguent particulièrement :
Nvidia Inception
Nvidia Inception est un programme gratuit conçu pour aider les startups à grandir plus rapidement. Le programme donne notamment accès aux avantages suivants : Des cours gratuits du Nvdia deep learning institute, des crédits cloud gratuits, la participation à des évènements spéciaux ainsi que des relations facilitées avec des investisseurs. Près de 20 000 start-up participent à ce programme, dont 25 % dans la santé.
MONAI
MONAI (Medical Open Network for Artificial Intelligence), cofondée par NVIDIA et le King’s College de Londres, est un ensemble de cadres collaboratifs open-source et gratuits. Son objectif est d’accélérer la recherche et la collaboration clinique.
Monai est composé de 3 outils, MONAI Label, qui permet de faciliter l’annotation d’image grâce à l’IA, et d’entrainer un modèle d’IA grâce aux interactions des utilisateurs. MONAI CORE, une bibliothèque logicielle conçue pour aider les chercheurs et les développeurs à créer et entraîner des modèles d’intelligence artificielle (IA). Par exemple un outil pour modifier une image pour la rendre plus adaptée avant de les utiliser dans un modèle d’IA. MONAI Deploy qui a pour but d’aider à passer des recherches en IA médicale (souvent réalisées en laboratoire) à une utilisation concrète dans des hôpitaux ou des cliniques. Cela inclut tout le processus, depuis la conception des applications d’IA jusqu’à leur déploiement dans un environnement clinique réel.
La plateforme a 5 ans et a enregistré plus de 3,5 millions de téléchargements, 220 contributeurs du monde entier, des mentions dans plus de 3 000 publications, et est utilisé dans des produits cliniques.
Parmi les entreprises utilisant MONAI il y a notamment Siemens Healthineers dont les solution d’imagerie Syngo Carbon et syngo.via comptent 15 000 dispositifs installés, le Centre allemand de recherche sur le cancer (German Cancer Research Center) qui développe des indicateurs pour mesurer la performance de l’intelligence artificielle ainsi que des conseils d’utilisation, ou encore GSK pour la segmentation d’image (division d’images médicales en différentes zones ou structures, facilitant ainsi l’analyse)
Clara™
Clara est une suite de services logiciels conçue pour faciliter l’implémentation de solutions d’intelligence artificielle (IA) dans le domaine de la santé. De très nombreuses entreprises dans différents secteurs de la santé numérique collabore avec Nvidia et utilise ses logiciels. Ci-joint une infographie de l’écosystème Clara.
@Nvidia Clara
Dans cette infographie Nvidia a classé ses activités dans la santé numérique en 5 catégories principales : imagerie médicale, dispositif médicaux (partie software des dispositifs médicaux), découverte de médicament, génomique, edge computing et capteurs. Elle a ensuite positionné les entreprises dans les catégories correspondantes, en fonction de leur utilisation des outils Clara™.
Pour chacune des catégories mentionnées il existe plusieurs “microservices”. Par exemple en découverte de médicaments il en existe une dizaine : Genmol qui permet de générer informatiquement des molécules à partir de fragments synthétisables, AlphaFold-3 Multimer qui prédit la structure 3D de deux protéines se liant l’une à l’autre, AlphaFold 2 qui prédit la structure 3D d’une protéine à partir de sa séquence d’acides aminés, DiffDock qui prédit la structure 3D de liaison d’une molécule à une protéine…etc.
On notera la présence d’Iktos dans l’infographie de Nvidia, une start-up française travaillant sur le développement de nouveaux traitements à l’aide de l’IA.
Nvidia développe également des outils graphiques pour les bots conversationnels, des modèles d’intégration de LLM, et de la compréhension de texte avec l’entreprise française Mistral AI.
En répondant à des problématiques majeures : surcharge administrative, diagnostics complexes, gestion des ressources – les solutions des géants de la Tech apportent des gains mesurables pour les hôpitaux, les professionnels de santé et les patients.
Les indicateurs de performance montrent des améliorations tangibles :
réduction des délais de diagnostic ;
précision accrue ;
meilleure gestion des ressources ;
et satisfaction des utilisateurs.
Au-delà des bénéfices opérationnels, l’impact clinique est significatif : détection précoce des maladies, optimisation des thérapies, et une avancée accélérée dans la recherche biomédicale.
Google : de la structure des protéines aux diagnostics cliniques
Prédiction des structures protéiques pour la biologie structurelle
La recherche sur les structures protéiques a longtemps constitué un défi majeur en biologie, nécessitant des années de travail expérimental pour modéliser une seule protéine. DeepMind, filiale de Google, grâce à la solution AlphaFold permet de modéliser des protéines embarquant une intelligence artificielle (IA) capable de prédire la structure tridimensionnelle des protéines avec une précision inégalée.
Cette innovation accélère la recherche biomédicale en permettant aux laboratoires de réduire drastiquement le temps et les coûts nécessaires à la conception de nouveaux traitements. Les chercheurs peuvent désormais identifier des cibles thérapeutiques plus rapidement, accélérant ainsi la mise au point de médicaments. Grâce à AlphaFold, la durée moyenne pour modéliser une protéine est passée de plusieurs mois à quelques jours, une avancée qui a déjà montré son potentiel dans le développement de traitements contre des maladies complexes.
Aide au dépistage du cancer du sein
Le cancer du sein nécessite une détection précoce pour maximiser les chances de survie cependant, les délais et les erreurs dans l’interprétation des mammographies freinent souvent le diagnostic. Google Health répond à cette problématique en développant des algorithmes d’IA capables d’analyser des images radiologiques avec une précision équivalente à celle des radiologues.
Ces outils apportent un soutien précieux aux radiologues en automatisant les analyses de mammographies, réduisant ainsi la charge de travail et les risques d’erreurs humaines. Pour les patients, cela se traduit par des diagnostics plus rapides et plus fiables avec une réduction significative des faux négatifs. Grâce à l’IA, les délais de diagnostic peuvent diminuer jusqu’à 30 % ce qui offre la possibilité de débuter des traitements plus tôt.
Amazon : automatiser et centraliser les soins
Réduction de 50% le temps consacré aux tâches administratives
Partant du constat que les médecins consacrent une part importante de leur temps à des tâches administratives, Amazon a lancé AWS HealthScribe, une solution qui utilise le traitement du langage naturel pour générer automatiquement des notes cliniques à partir des conversations entre médecins et patients.
Grâce à cette technologie, les médecins peuvent se concentrer sur les soins plutôt que sur la documentation. L’automatisation des notes médicales permet de réduire de 50 % le temps consacré aux tâches administratives, libérant ainsi jusqu’à deux heures par jour pour des consultations supplémentaires. Cela se traduit également par des dossiers médicaux plus précis et standardisés, réduisant les risques d’erreurs et optimisant la qualité des soins.
Réduction de 40% des délais pour accéder aux données
La gestion des données médicales est souvent fragmentée ce qui complique la coordination des soins et ralentit les recherches cliniques. AWS HealthLake résout ce problème en centralisant toutes les données de santé, qu’elles soient structurées ou non, dans un entrepôt numérique sécurisé.
Cette solution offre aux chercheurs et aux établissements de santé une vue d’ensemble des informations des patients, permettant des analyses avancées en temps réel. Les délais pour accéder aux données critiques sont réduits de 40 % et les décisions médicales peuvent être prises de manière plus éclairée. Pour les patients, cela signifie des traitements mieux coordonnés et adaptés à leurs besoins spécifiques tout en facilitant les avancées en recherche médicale.
Réduction de 30% des délais d’analyses des images
Amazon SageMaker offre une solution en permettant de développer et d’entraîner des modèles de machine learning capables d’automatiser l’interprétation des images médicales. En réduisant les délais d’analyse de 30 % et en augmentant la précision des diagnostics, cette solution améliore directement la prise en charge des patients. Les radiologues peuvent se concentrer sur des cas complexes tandis que les tâches répétitives sont déléguées aux algorithmes d’IA. Cela se traduit par une identification plus rapide des pathologies, favorisant des interventions précoces et efficaces.
Microsoft : automatisation des tâches non médicales et aide à la planification des soins
20% d’amélioration pour l’identification de cibles thérapeutiques
L’abondance des publications scientifiques rend difficile l’extraction rapide d’informations utiles. Cette surcharge d’information ralentit la recherche et retarde le développement de nouveaux traitements. Pour répondre à ce défi, Microsoft a conçu BioGPT, une IA générative spécialement entraînée sur des données biomédicales.
BioGPT permet aux chercheurs d’extraire rapidement des relations complexes entre gènes, maladies et médicaments à partir de publications scientifiques. Grâce à cette solution, le temps nécessaire pour effectuer des analyses approfondies est réduit de 30 % tandis que la précision dans l’identification des cibles thérapeutiques est améliorée de 20 %.
Un gain de 2h par jour pour les médecins
Les médecins passent en moyenne plusieurs heures par jour à rédiger des dossiers médicaux ce qui limite leur disponibilité pour les patients. Dragon Medical One, développé par Microsoft en partenariat avec Nuance Communications propose une solution : la documentation médicale par reconnaissance vocale.
Cette technologie permet aux professionnels de santé de dicter leurs observations directement dans les dossiers patients éliminant le besoin de saisir manuellement les données. Résultat : un gain de deux heures par jour pour les médecins leur permettant de se consacrer davantage à leurs consultations. Les dossiers médicaux deviennent plus précis et les erreurs liées à la saisie manuelle sont réduites.
Une réduction de 25% des erreurs liées à la planification des ressources
La gestion des ressources dans les établissements de santé est un défi constant avec des erreurs de planification pouvant entraîner des retards, des surcharges ou une sous-utilisation des capacités. Polypoint, développé en partenariat avec Microsoft, utilise des algorithmes d’IA pour prévoir et organiser la répartition des ressources humaines et matérielles.
Grâce à cette solution, les hôpitaux peuvent mieux anticiper les besoins en lits, en personnel ou en équipements. Les erreurs de planification sont réduites de 25 %, et l’efficacité opérationnelle des services hospitaliers augmente de 15 %. Pour les patients, cela signifie des temps d’attente plus courts et des soins mieux coordonnés. Polypoint permet ainsi de transformer la gestion hospitalière, en offrant une meilleure expérience tant pour les patients que pour les professionnels de santé.
Des solutions qui vont du dispositif médical au casque de réalité augmenté
Les 5 géants de la tech, appelés aussi Gamam (anciennement Gafam), pour Google (Alphabet), Amazon, Microsoft, Apple et Meta, investissent massivement dans le numérique en santé depuis plusieurs années, même si la part d’investissement varie en fonction des entreprises. Grâce à une combinaison de technologies avancées, d’intelligence artificielle (IA), de cloud et d’objets connectés, ils souhaitent redéfinir le parcours de soin, tout en nouant des partenariats stratégiques avec des institutions de santé. Ces collaborations, qu’elles soient avec des hôpitaux, des entreprises pharmaceutiques ou des chercheurs, renforcent l’impact de leurs solutions et accélèrent leur adoption dans le domaine médical.
Les Gamam et leurs filiales possèdent au total 24 solutions numériques pour la santé. Les plateformes numériques sont les plus représentés (11), – One Medical (Amazon), Microsoft Cloud for Healthcare (Microsoft), Onduo (Google)… -, suivi de près par les solutions d’IA (7) – Med-Gemini (Google), Coach AI (Apple)… -. Les deux autres catégories de solutions sont les dispositifs connectés (4), tels que la Apple Watch ou l’Amazon Halo Band, puis les casques de réalités virtuels (2).
Les solutions de Google gravitent autour des données de santé
Google, via ses diverses filiales comme Verily Life Sciences et Google Health, joue un rôle central dans l’évolution de la santé numérique, en combinant des technologies de pointe et des partenariats stratégiques.
Verily Life Sciences et l’innovation dans la gestion des maladies chroniques :
Verily Life Sciences, une filiale d’Alphabet, développe des solutions technologiques avancées pour la gestion des maladies chroniques et la prévention. Une des solutions phare est the Verily Study Watch, un dispositif porté au poignet conçu pour surveiller la santé cardiovasculaire et collecter des données en temps réel. En complément, Verily a créé des solutions pour la gestion du diabète avec the Continuous Glucose Monitoring System (CGM), un capteur capable de suivre en temps réel les niveaux de glucose dans le sang, offrant aux patients un suivi précis sans piqûres répétées.
En plus de ces dispositifs, Verily propose des solutions pour la gestion des maladies cardiovasculaires avec des outils permettant de mesurer en continu des indicateurs comme la fréquence cardiaque et la pression artérielle. Ces technologies visent à offrir une surveillance proactive des maladies chroniques, permettant aux utilisateurs et aux professionnels de santé de suivre de près leur état de santé.
Fitbit et l’intégration des objets connectés dans la santé préventive :
Fitbit, acquis par Google, propose des dispositifs connectés comme des montres intelligentes et des bracelets d’activité, mais également des solutions numériques destinées à la prévention et au suivi de la santé. Une des solutions phares est Fitbit Premium, un service d’abonnement qui offre des programmes de santé personnalisés. Ce service utilise des algorithmes d’intelligence artificielle pour fournir des conseils personnalisés sur l’activité physique, le sommeil, et l’alimentation. Les utilisateurs peuvent suivre leurs progrès, définir des objectifs et recevoir des recommandations adaptées à leurs besoins de bien-être.
Fitbit propose également un dispositif de surveillance de la santé cardiaque avec des fonctionnalités comme l’ECG (électrocardiogramme) intégré à certains de ses modèles, comme la Fitbit Charge 5. Ce dispositif aide à détecter des problèmes cardiaques tels que la fibrillation auriculaire, une condition qui peut être détectée à l’aide de l’ECG et signalée pour un suivi médical plus approfondi. En outre, les appareils Fitbit peuvent être connectés à des professionnels de santé via des plateformes de données pour un suivi à distance, favorisant ainsi la santé connectée.
Med-Gemini et l’IA pour une gestion des soins améliorée :
Med-Gemini, une initiative de Google Health, utilise l’intelligence artificielle pour optimiser la gestion des données de santé. Cette solution permet une analyse approfondie des dossiers médicaux électroniques (DME) et de données provenant de dispositifs connectés. Elle aide les professionnels de santé à prédire les évolutions des maladies et à prendre des décisions plus éclairées. En intégrant des outils d’IA, Med-Gemini améliore la prise en charge des patients, en facilitant la détection précoce des maladies et en optimisant la personnalisation des traitements.
Med-Pix et l’IA au service de la recherche médicale :
Google Health a mis en place des partenariats pour exploiter l’intelligence artificielle dans le domaine de la recherche médicale. En collaborant avec des institutions comme St. Jude Children’s Research Hospital, Google utilise l’IA pour analyser des milliers d’images médicales, contribuant ainsi à la détection précoce de maladies comme le cancer et d’autres affections. Ces initiatives ouvrent de nouvelles possibilités pour le diagnostic et le traitement des maladies graves.
Amazon comme acteur important de la télésanté
Amazon est devenu un acteur incontournable de la santé numérique, principalement avec des solutions comme Amazon Care, Amazon Pharmacy, Amazon HealthLake et son acquisition de One Medical, tout en s’associant à divers partenaires pour étendre son impact.
Amazon Care et l’essor des services de télémédecine :
Lancé initialement pour ses employés, Amazon Care a évolué pour devenir un service de télémédecine accessible aux entreprises partenaires. Grâce à des partenariats avec des sociétés comme Marathon Health, Amazon propose une gamme complète de soins à distance, incluant des consultations virtuelles et des visites à domicile. Ce modèle montre comment Amazon réussit à combiner sa technologie avec des services de santé personnalisés.
Amazon HealthLake et l’optimisation des données de santé avec le cloud :
Avec Amazon HealthLake, Amazon propose une plateforme de gestion des données médicales basée sur le cloud. Ce service permet aux hôpitaux et cliniques de stocker, d’analyser et de sécuriser les informations médicales des patients, en garantissant leur confidentialité. En s’associant à des entreprises comme Cerner et Epic Systems, deux leaders du secteur des dossiers médicaux électroniques (DME), Amazon facilite l’intégration de HealthLake dans les systèmes existants.
L’offre One Medical intègre les services Amazon Clinic et Amazon Pharmacy :
Avec l’acquisition de One Medical, un fournisseur de soins primaires offrant des services en personne et à distance, Amazon se positionne sur un modèle hybride de soins car ce dispositif numérique propose des téléconsultations, ainsi que des consultations en présentiel, qui sont accessibles au travers d’un abonnement mensuel. En plus de cela, l’offre One Medical a intégré la plateforme Amazon Clinic qui propose des téléconsultations, cette fois-ci, payantes “à l’unité”. Cela permet au patient de choisir entre un abonnement mensuel ou une consultation unique via le service One Medical.
Amazon Pharmacy qui permet aux utilisateurs d’Amazon d’acheter des médicaments en ligne, tout en bénéficiant de services de livraison à domicile, a aussi été intégré à l’offre One Medical pour que les patients qui utilise ce service n’aient pas à payer pour la livraison de leur médicament, s’ils sont passés par une consultation sur la plateforme One Medical.
Les solutions cloud et IA de Microsoft
Microsoft est un acteur majeur de la santé numérique, avec des solutions cloud comme Microsoft Cloud for Healthcare, des outils d’IA pour la santé et des partenariats solides avec le secteur médical.
Microsoft Cloud for Healthcare et la gestion des données de santé :
Microsoft Cloud for Healthcare permet aux établissements de santé de centraliser, d’analyser et de sécuriser les données médicales, tout en favorisant l’interopérabilité entre différents systèmes. Grâce à des partenariats avec des entreprises comme GE Healthcare, Cerner et Allscripts, Microsoft facilite l’intégration de ses solutions cloud dans les infrastructures existantes des hôpitaux et des cliniques.
L’acquisition de Nuance Communications et la révolution de la transcription médicale :
En 2021, Microsoft a acquis Nuance Communications, un leader de la reconnaissance vocale appliquée à la médecine. Ce partenariat permet à Microsoft d’intégrer les technologies d’IA de Nuance pour offrir des solutions de transcription médicale, améliorant l’efficacité des médecins et réduisant le temps passé à saisir des informations. Cela transforme la manière dont les professionnels de santé documentent les consultations et facilitent les échanges d’informations médicales.
Apple, pour une gestion proactive du bien-être
Apple est devenu un acteur majeur de la santé numérique, avec des produits comme l’Apple Watch et des plateformes comme HealthKit et ResearchKit. Ses partenariats avec des établissements de santé renforcent l’impact de ces technologies.
Apple Watch, des outils pour surveiller la santé cardiovasculaire et le bien-être :
L’Apple Watch propose des fonctionnalités comme le suivi de la fréquence cardiaque et l’électrocardiogramme (ECG), des outils qui permettent une surveillance proactive de la santé cardiovasculaire. En partenariat avec des institutions comme l’American Heart Association, Apple a utilisé l’Apple Watch pour détecter des maladies cardiaques comme la fibrillation auriculaire, une maladie qui peut être détectée précocement pour améliorer les traitements et sauver des vies.
Apple One, un coach IA pour une santé personnalisée :
En 2025, Apple s’apprête à révolutionner la gestion de la santé personnelle avec le lancement de Apple One, qui intégrera un coach IA. Ce service permettra de suivre les habitudes alimentaires, l’activité physique et le sommeil des utilisateurs, en leur offrant des recommandations personnalisées. L’objectif est de rendre la gestion de la santé plus interactive et accessible, avec une intégration fluide dans l’écosystème Apple, tel que l’Apple Watch et l’iPhone, pour un suivi complet et sécurisé.
Améliorer la santé mentale par la réalité virtuelle de Meta
Meta, anciennement Facebook est l’acteur des Gamam qui est le moins impliqué dans le numérique en santé, mais qui investit depuis plusieurs années investit dans la santé mentale en utilisant la réalité virtuelle pour offrir des thérapies immersives.
Reality Labs et les thérapies par réalité virtuelle pour traiter les troubles mentaux :
Reality Labs, la division de Meta dédiée à la réalité virtuelle, a développé des programmes de thérapie virtuelle pour aider les patients souffrant de troubles comme l’anxiété, le stress post-traumatique ou les phobies. Meta collabore avec des cliniques spécialisées et des psychologues pour évaluer l’efficacité de ces thérapies. Ces solutions offrent une alternative aux méthodes traditionnelles en permettant aux patients de se soigner dans un environnement contrôlé et immersif.
Cartographie des solutions numériques des GAMAM :
Cartographie des solutions numériques des GAMAM – @Health&Tech Intelligence
Placée sous le haut patronage d’Emmanuel Macron, cette initiative bénéficie du soutien stratégique de partenaires tels que le ministère de la Santé, PariSanté Campus et l’Hôtel-Dieu. L’objectif du HIIT est d’offrir aux startups des ressources, des expertises et des réseaux pour relever les défis technologiques et sociétaux de la médecine de demain. Alexandra André, Directrice Générale de la French Tech Grand Paris, met en avant la mission du programme : “Dans un contexte où l’intelligence artificielle et les technologies numériques redéfinissent la médecine, notre rôle est d’accélérer l’impact des startups pour répondre aux enjeux de santé publique.”
Une semaine d’accompagnement intensif et pluridisciplinaire
La troisième édition du HIIT se déroulera du 19 au 23 mai 2025. Pendant ces cinq jours, les participants bénéficieront d’une combinaison de :
Conférences et tables rondes en matinée, avec des experts partageant leur vision stratégique.
Ateliers personnalisés en après-midi, pour approfondir les problématiques spécifiques des startups.
Parmi les thématiques abordées :
Collaboration avec les utilisateurs (patients et soignants).
Contraintes réglementaires (marquage CE, SMQ, AI Act).
Accès au marché (modélisation des prix, remboursement).
Feuilles de route du numérique et politiques de santé.
Financements dilutifs et non dilutifs.
Des opportunités au-delà de la session intensive
Le HIIT va au-delà de cette session intensive en proposant des événements tout au long de l’année :
Une soirée partenaires, lors de l’annonce des lauréats.
Des rendez-vous réguliers pour les alumni, afin de favoriser les échanges et la collaboration.
Les startups sélectionnées bénéficieront ainsi d’un accompagnement continu, intégré dans un écosystème dynamique d’experts, de chercheurs et de soignants.
Modalités et critères de sélection
L’appel à candidatures est ouvert aux startups francophones de la e-santé en phase préclinique, présentant un potentiel de développement élevé. Les entreprises intéressées ont jusqu’au 28 février 2025 pour déposer leur dossier.
Les 24 startups sélectionnées seront dévoilées le 10 mars 2025 au salon MedInTechs, au Parc Floral de Paris.
Pour candidater et rejoindre le programme : Postulez ici.
Diversifier les revenus et anticiper les tendances futures
Le secteur de la santé numérique est un marché dynamique, avec une valeur mondiale estimée à plus de 250 milliards USD et une croissance prévue à deux chiffres dans les années à venir. De la prévention à la médecine personnalisée, en passant par l’assurance santé et la recherche médicale, les GAFAM investissent largement ce secteur. En 2023, ces entreprises technologiques capturent un tiers des investissements dans ce domaine, essentiellement dans l’intelligence artificielle (IA) et le machine learning. Les GAFAM adoptent une approche combinant hardware, software et logistique. Leur vision est de transformer un secteur encore fragmenté en un écosystème intégré, où les technologies numériques facilitent plusieurs pans de la santé, comme la prévention, le suivi, ou même l’organisation. Le contexte sanitaire mondiale est favorable à l’émergence de ces stratégies. Epidémies, accès inégalitaire aux soins, soutenabilité financière des systèmes de santé, vieillissement de la population, les GAFAM apportent leur réponse, malgré des barrières importantes (réglementaire, technologiques) pour accéder à ce type de marché. Ces entreprises bénéficient de plusieurs avantages compétitifs, notamment une grande quantité de données, des modèles d’analyse développés grâce à leurs activités première, ainsi qu’une notoriété et une base d’utilisateurs acquises depuis plusieurs années.
Données de santé, interopérabilité ; les moteurs stratégiques des GAFAM
Les choix stratégiques des GAFAM s’appuient sur trois axes :
Collecte et exploitation des données : La capacité des GAFAM à capter et analyser les données constitue leur principal avantage concurrentiel. Ces données permettent de construire des modèles prédictifs, d’offrir des services adaptés tout en optimisant les coûts. Avec son application Health par exemple, Apple stocke plus de 150 types de données de santé et collabore avec 800 structures de soins pour simplifier l’accès aux dossiers médicaux.
Intégration verticale et diversification : En multipliant les acquisitions stratégiques, comme Fitbit pour Google ou Nuance pour Microsoft, les GAFAM visent une intégration verticale de leurs services. Ils explorent la diversification, à l’image d’Amazon qui passe de la logistique à la gestion des soins.
Une vision à long terme : Leur stratégie repose sur une vision à long terme de la santé. Apple, par exemple, ambitionne de transformer ses produits phares en dispositifs médicaux certifiés, ouvrant la voie à des opportunités dans la recherche clinique et le suivi patient.
Les GAFAM investissent plus de 25 milliards de dollars dans l’innovation médicale
Google : Intelligence artificielle et médecine de précision
Alphabet, maison mère de Google, concentre ses efforts sur la recherche médicale, l’intelligence artificielle (IA) et la médecine de précision. Sa filiale Verily, dédiée aux sciences de la vie, a levé 1 milliard de dollars pour développer des solutions de médecine personnalisée. Des partenariats stratégiques ont été établis, notamment avec la Mayo Clinic et HCA Healthcare, pour utiliser l’IA dans l’optimisation des traitements et la personnalisation des soins médicaux.
Apple : Intégration des technologies de santé dans les dispositifs grand public
Apple se distingue par l’intégration de fonctionnalités de santé dans ses produits, notamment l’Apple Watch, qui permet le suivi de la fréquence cardiaque et la détection des irrégularités. L’entreprise a également développé des applications dédiées aux professionnels de santé et a créé en 2018 la filiale AC Wellness Network, chargée de tester des solutions numériques innovantes et de gérer des centres de santé pour ses employés.
Amazon : Expansion dans les services de santé et la distribution pharmaceutique
Amazon développe une stratégie en santé. Après le rachat de PillPack pour 753 millions de dollars, Amazon a lancé Pharmacy pour livrer des médicaments sur ordonnance. RxPass, un service d’abonnement à 5 dollars par mois, propose des médicaments génériques illimités. Avec l’acquisition de One Medical pour 3,9 milliards, le géant s’attaque aussi aux soins primaires et investit dans la télémédecine via Amazon Care, un service initialement réservé à ses employés, pour le moment.
Microsoft : Solutions cloud et interopérabilité des données de santé
Microsoft se concentre sur l’interopérabilité des données de santé et le développement de solutions logicielles. Son cloud Azure a été retenu en France comme prestataire d’hébergement du Health Data Hub. Aux États-Unis, des partenariats avec des groupes hospitaliers, tels que Providence St. Joseph Health, visent à exploiter les données de santé pour des études cliniques, soutenant une médecine axée sur les résultats. En parallèle, l’acquisition de Nuance pour 19,7 milliards de dollars permet d’exploiter la reconnaissance vocale en milieu hospitalier.
Facebook : Initiatives en santé publique et recherche médicale
Facebook explore les opportunités dans le secteur de la santé par l’intermédiaire de sa filiale Calico, qui se concentre sur la recherche sur la biologie du vieillissement et le développement de thérapies pour prolonger la durée de vie humaine. La plateforme utilise également son réseau social pour soutenir des initiatives de santé publique, telles que le don d’organes et le don de sang. Globalement, Meta se concentre sur la santé publique et le suivi des maladies chroniques. Des initiatives telles que les alertes au don de sang sur Facebook et les recherches de Calico, une filiale dédiée à la biologie du vieillissement, illustrent son intérêt pour l’allongement de la vie et les applications sociétales.
@ Health and Tech Intelligence
Rôle des GAFAM dans la santé : un tiers seulement des patients en France en est conscient
Difficile d’évoquer ces stratégies sans parler des craintes en matière de confidentialité des données, de souveraineté des systèmes de soins nationaux, ou plus globalement, de l’accessibilité de ces technologies au plus grand nombre, en évitant l’écueil d’une médecine à deux vitesses. Ces questions se discutent sur plusieurs terrains.
L’opinion publique vis à vis des GAFAM : un rôle méconnu pour deux tiers du grand public
Une étude Ipsos pour la MACSF révèle que seuls 34 % des patients connaissent le rôle des GAFAM dans la santé, contre 64 % des professionnels de santé. Si 62 % des soignants estiment que les investissements des GAFAM n’apportent aucun bénéfice, seulement 44 % des patients partagent cet avis. La sécurité des données est le principal risque pour 48 % des professionnels, mais seulement 28 % des patients s’en inquiètent. Enfin, 47 % des patients et 34 % des professionnels craignent que ces innovations technologiques contribuent à déshumaniser les relations dans les soins.
Les instance réglementaires : un manque de prestataires européens.
En février 2024, la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) a autorisé Microsoft à héberger les données de santé des Français sur son cloud pour une durée minimale de trois ans dans le cadre du projet EMC2. Cette plateforme centralisera des données médicales et personnelles pour soutenir la recherche, notamment sur les traitements à long terme. Malgré les inquiétudes liées à la souveraineté des données et à leur possible transfert vers les États-Unis, la Cnil invoque un choix pragmatique, soulignant l’absence d’alternatives françaises ou européennes répondant aux exigences techniques. Une pétition contre l’attribution du contrat à Microsoft a recueilli un millier de signatures en 24 heures.
Les géants du numérique s’attaquent à des segments stratégiques. Amazon cherche à couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur, de la télésanté à la distribution de médicaments, en passant par les soins primaires avec l’acquisition de One Medical. Google, de son côté, mise sur l’intelligence artificielle et les données de santé, consolidant sa position avec des outils d’analyse avancés et des objets connectés comme Fitbit. Plus largement, les données de vie réelle deviennent un enjeu , permettant à ces acteurs d’améliorer la personnalisation des soins et d’alimenter la recherche clinique.